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Die Erde war so lange geitzig HEINRICH HEINE INTERMEZZO LYRIQUE XXVI

INTERMEZZO LYRIQUE
Heinrich Heine
Die Erde war so lange geitzig

INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
LITTERATURE ALLEMANDE
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Christian Johann Heinrich Heine
Die Erde war so lange geitzig




Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Heinrich Heine Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung – Traduction
Jacky Lavauzelle




INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
XXVI

Die Erde war so lange geitzig

 

 

Lyrisches Intermezzo
XXVI
LA TERRE LONGTEMPS AVARE

1823

INTERMEZZO LYRIQUE
Die Erde war so lange geitzig
Heinrich Heine

*

XXVI

Die Erde war so lange geitzig,
La terre, longtemps avare,
 Da kam der May, und sie ward spendabel,
Avec le mois de mai redevient généreuse,
 Und alles lacht, und jauchzt, und freut sich,
Et tout rit, se réjouit et s’enflamme
  Ich aber bin nicht zu lachen kapabel.
mais moi, je n’ai plus le cœur à rire.

*

Die Blumen sprießen, die Glöcklein schallen,
Les fleurs éclosent et les clochettes tintent,
Die Vögel sprechen wie in der Fabel;
Les oiseaux parlent comme dans la fable ;
Mir aber will das Gespräch nicht gefallen,
Mais je n’aime pas la conversation,
Ich finde Alles miserabel.
Je trouve tout misérable.

*

Das Menschenvolk mich ennuyiret,
Le monde des hommes m’ennuie,
Sogar der Freund, der sonst passabel; –
Même l’ami me paraît passable ; –
Das kömmt, weil man Madame tituliret
Cela vient qu’on la nomme Madame
 Mein süßes Liebchen, so süß und aimabel.
Ma douce aimée, si douce, si aimable.

 

 

*******

XXVI
Die Erde war so lange geitzig
HEINRICH HEINE
INTERMEZZO LYRIQUE

********

*********
LA POESIE DE HEINRICH HEINE

A ce point de vue, Heine est traité en privilégié. Les Allemands peuvent bien maudire le pamphlétaire, ils savent par cœur les vers du poète. Éditeurs, biographes, critiques d’outre-Rhin lui ont consacré d’importans travaux. Chez nous, seul entre les poètes allemands, il bénéficie de ce privilège d’avoir un public. Je ne nie pas que nous n’ayons pour quelques autres, et pour Goethe par exemple, un juste respect. Nous admirons Gœthe, nous ne l’aimons pas. Au contraire, l’auteur de l’Intermezzo est pour quelques Français de France un de ces écrivains qui sont tout près du cœur. Cela tient à plusieurs raisons parmi lesquelles il en est d’extérieures. Heine a vécu pendant de longues années parmi nous ; il parlait notre langue, quoique avec un fort accent ; il l’écrivait, quoique d’une façon très incorrecte ; il nous a loués, quoique avec bien de l’impertinence ; il a été mêlé à notre société ; il a été en rapports avec nos écrivains, nos artistes et même nos hommes politiques. Nous nous sommes habitués à le considérer comme un des nôtres, et sa plaisanterie, fortement tudesque, passe encore pour avoir été une des formes authentiques de l’esprit parisien. Notre sympathie pour Heine se fonde d’ailleurs sur des motifs plus valables. Il a quelques-unes des qualités qui nous sont chères : son style est clair ; ses compositions sont courtes. Nous aimons ces lieds dont quelques-uns durent le temps d’un soupir, l’espace d’un sanglot. Leur pur éclat nous semble celui de la goutte de rosée que le soleil taille en diamant, ou d’une larme qui brille dans un sourire. C’est par eux que le meilleur de la sentimentalité allemande est parvenu jusqu’à nous. Ou, pour parler plus exactement, la poésie de Heine représente une nuance particulière de sensibilité, qu’il a créée et que nous avons accueillie. Aussi doit-elle avoir sa place dans une histoire de la poésie lyrique en France. De même qu’il y a une « critique allemande » de l’œuvre de Heine, il convient qu’il y en ait parallèlement une « critique française ».

René Doumic
Revue littéraire
La poésie de Henri Heine d’après un livre récent
Revue des Deux Mondes
4e période
tome 140
1897
pp. 457-468

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INTERMEZZO LYRIQUE
XXVI
HEINRICH HEINE

POEMES DE HEINRICH HEINE – Gedichte von Heinrich Heine

*




LITTERATURE ALLEMANDE
Poèmes de Heinrich Heine

Deutsch Poesie




 Deutsch Literatur

Heinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich HeineHeinrich Heine

HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Übersetzung – Traduction
Jacky Lavauzelle




Poèmes de Heinrich Heine

Gedichte von Heinrich Heine

Heinrich Heine Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

*




Die heilgen drei Könige aus Morgenland
Les trois rois mages d’Orient

Die heilgen drei Könige aus Morgenland,
Les trois rois mages d’Orient,
 Sie frugen in jedem Städtchen:
Demandaient dans chaque ville :

les-trois-rois-mages-dorient-heinrich-heine-die-heilgen-drei-konige-aus-morgenland-artgitato-leonard-de-vinci-ladoration-des-mages-galerie-des-offices-florence

*

Die Wallfahrt nach Kevlaar
Le Pèlerinage à Kevlaar

I
« Ich bin so krank, o Mutter,
«Je suis si malade, ô mère,
  Daß ich nicht hör und seh;
 Que je n’écoute et ne regarde plus rien ;

II
Die Mutter Gottes zu Kevlaar
La Mère de Dieu à Kevlaar
 Trägt heut ihr bestes Kleid;
Porte aujourd’hui sa plus belle robe ;

III
Der kranke Sohn und die Mutter,
Le fils malade et la mère,
Die schliefen im Kämmerlein;
Dormaient dans une remise ;

*




Frieden
La Paix

Hoch am Himmel stand die Sonne,
Haut dans le ciel trônait le soleil,
Von weißen Wolken umwogt,
Au cœur de nuages blancs,
Frieden Heine La Paix Heine Heinrich Artgitato Gauguin Le Christ jaune

*




Lyrisches Intermezzo
Intermezzo Lyrique
Sammlung von Gedichten
Recueil de Poèmes
1823

intermezzo-lyrique-heine-artgitato-lyrisches-intermezzo-heine-willem-van-aelst-bloemenstilleven-met-horloge

*

LE LIVRE DES CHANTS
Buch der Lieder
Die Heimkehr – Le Retour
1823 – 1824

Le Livre des Chants I
In mein gar zu dunkles Leben
Dans ma vie si sombre

In mein gar zu dunkles Leben
Dans ma vie si sombre
Strahlte einst ein süßes Bild;
Se dégageait une douce image ;




Le Livre des Chants II
Loreley

Lorelei

Ich weiß nicht, was soll es bedeuten,
Je ne sais pourquoi
Daß ich so traurig bin;
Je suis si triste ?
loreley-heinrich-heine-lorelei-artgitato




Le Livre des Chants III
Mein Herz ist traurig
Mon cœur est accablé

Mein Herz, mein Herz ist traurig,
Mon coeur, mon coeur est accablé,
Doch lustig leuchtet der Mai;
Mais dehors éclate le mois de mai ;

Le Livre des Chants IV
Im Walde wandl’ ich und weine
Le Merle au-dessus de moi

Im Walde wandl’ ich und weine,
Dans la forêt, je marche et je pleure,
Die Drossel sitzt in der Höh’;
Le merle au-dessus de moi ;

Le Livre des Chants V
Die Nacht ist feucht und stürmisch
De Rage et de Mépris

Die Nacht ist feucht und stürmisch,
Nuit humide et orageuse,
 
Der Himmel sternenleer;
Un ciel vide d’étoiles ;

Le Livre des Chants VI
Als ich, auf der Reise, zufällig
La Fausse Désinvolture

Als ich, auf der Reise, zufällig
Quand, en voyage, je rencontrai
Meines Liebchens Familie fand,
La famille de mon aimée,

Le Livre des Chants VII
Wir saßen am Fischerhause,
La Maison du Pêcheur

Wir saßen am Fischerhause,
 Assis à la maison du pécheur,
Und schauten nach der See;
 Regardant la mer ;

Le Livre des Chants VIII
Du schönes Fischermädchen
Mon Cœur comme un océan

Du schönes Fischermädchen,
 Toi, belle fille du pêcheur
  
Treibe den Kahn an’s Land;
Approche ton bateau du rivage ;

Le Livre des Chants IX
Der Mond ist aufgegangen
Les Sirènes mes Sœurs

Der Mond ist aufgegangen
La lune s’est levée
Und überstrahlt die Well’n;
Et les vagues se sont éclipsées

Le Livre des Chants X
Der Wind zieht seine Hosen an
La Mer engloutie

Der Wind zieht seine Hosen an,
Le vent soulève tout,
Die weißen Wasserhosen;
Sous de blanches tempêtes ;

Le Livre des Chants XI
Der Sturm spielt auf zum Tanze,
La danse de la Tempête

Der Sturm spielt auf zum Tanze,
La tempête joue une danse :
Er pfeift und saust und brüllt;
Elle siffle, se précipite et rugit ;

Le Livre des Chants XII
Der Abend kommt gezogen
LA SIRÈNE

Der Abend kommt gezogen,
La soirée commence à se dessiner,
 Der Nebel bedeckt die See;
Le brouillard couvre la mer ;

Le Livre des Chants XIII
Wenn ich an deinem Hause
LES PIRES DOULEURS

Wenn ich an deinem Hause
Quand devant ta maison
 Des Morgens vorübergeh,
Le matin je passe,

Le Livre des Chants XIV
Das Meer erglänzte weit hinaus,
LES LARMES EMPOISONNÉES

Das Meer erglänzte weit hinaus,
La mer brillait dans le lointain,
Im letzten Abendscheine;
Dans les dernières lumières du soir ;

Le Livre des Chants XV
Da droben auf jenem Berge,
LA FÊTE AU CHÂTEAU

Da droben auf jenem Berge,
Là-haut sur cette montagne,
Da steht ein feines Schloß,
Il y a un superbe château,
Da wohnen drei schöne Fräulein,

Le Livre des Chants XVI
Am fernen Horizonte
DANS LE BROUILLARD

Am fernen Horizonte
A l’horizon, dans le lointain,
Erscheint, wie ein Nebelbild,
Comme une image dans le brouillard, apparaît
Die Stadt mit ihren Türmen

Le Livre des Chants XVII
Sey mir gegrüßt, du große
LA VILLE MYSTÉRIEUSE

Sey mir gegrüßt, du große,
Toi qui m’a accueilli, ô somptueuse
Geheimnißvolle Stadt,
Ville mystérieuse,

Le Livre des Chants XIII
So wandl’ ich wieder den alten Weg
LES MAISONS S’ÉCROULENT

So wandl’ ich wieder den alten Weg,
Je repars sur l’ancienne route,
Die wohlbekannten Gassen;
J’y connais bien les rues ;

Le Livre des Chants XIX
Ich trat in jene Hallen
LA MAISON AUX SERPENTS

Ich trat in jene Hallen,
Je suis entré dans cette salle,
 Wo sie mir Treue versprochen;
Où elle m’avait promis fidélité ;

Le Livre des Chants XX
Still ist die Nacht
MON DOUBLE

Still ist die Nacht, es ruhen die Gassen,
Calme est la nuit, tranquilles sont les rues,
In diesem Hause wohnte mein Schatz;
Dans cette maison vivait mon aimée,

Le Livre des Chants XXI
Wie kannst du ruhig schlafen
PLUS FORT QUE LA MORT

Wie kannst du ruhig schlafen,
Comment peux-tu dormir à poings fermés,
Und weißt, ich lebe noch?
Sachant qu’encore je vis ?

Le Livre des Chants XXII
Die Jungfrau schläft in der Kammer
LE BAL DU CIMETIÈRE

« Die Jungfrau schläft in der Kammer,
« La jeune fille dans la chambre dort,
Der Mond schaut zitternd hinein;
La lune la regarde frissonnante ;

Le Livre des Chants XXIII
Ich stand in dunkeln Träumen
LES SOMBRES RÊVES

Ich stand in dunkeln Träumen
Je restai dans ces sombres rêves
Und starrte ihr Bildniß an,
Et regardai son portrait,

Le Livre des Chants XXIV
Ich unglücksel’ger Atlas!
LE MONDE DE LA DOULEUR

Ich unglücksel’ger Atlas! eine Welt,
Ô Atlas ! Comme je suis misérable ! Le monde
 Die ganze Welt der Schmerzen muß ich tragen,
Que je dois porter est le monde entier de la douleur,

**

Le Livre des Chants XXV
Die Jahre kommen und gehen
UNE DERNIÈRE FOIS ENCORE

Die Jahre kommen und gehen,
Les années viennent et passent,
Geschlechter steigen in’s Grab,
Poussant les êtres dans la tombe,

**

Le Livre des Chants XXVI
Mir träumte
LE RÊVE

Mir träumte: traurig schaute der Mond,
Je rêvais ; tristement la lune regardait,
Und traurig schienen die Sterne;
Et tristes les étoiles paraissaient ;

**

Le Livre des Chants XXVII
Was will die einsame Thräne?
LA LARME SOLITAIRE

Was will die einsame Thräne?
Que veut la larme solitaire ?
Sie trübt mir ja den Blick.
Elle qui me ternit la vue.

**

Le livre des Chants XXVIII
Der bleiche, herbstliche Halbmond
À CÔTÉ DU CIMETIÈRE

Der bleiche, herbstliche Halbmond
Le pâle croissant automnal
Lugt aus den Wolken heraus;
Espionnait derrière les nuages ;

**
Le Livre des Chants XXIX
Das ist ein schlechtes Wetter
DANS L’OBSCURITÉ

Das ist ein schlechtes Wetter,
Quel mauvais temps !
Es regnet und stürmt und schnei’t;
Il pleut, il neige et tonne.

**

Le Livre des Chants XXX
Man glaubt, daß ich mich gräme
DES ANGES SCÉLÉRATS

Man glaubt, daß ich mich gräme
On croit que je m’abandonne
In bitter’m Liebesleid,
 A mon cruel chagrin d’amour,

**

Le Livre des Chants XXXI
Deine weichen Lilienfinger,
DANS UN CRI SILENCIEUX

Deine weichen Lilienfinger,
Tes doux doigts de lys,
Könnt’ ich sie noch einmal küssen,
Si je pouvais les embrasser encore

**

Le Livre des Chants XXXII
Hat sie sich denn nie geäußert
L’ÂNE

« Hat sie sich denn nie geäußert
« N’a t-elle jamais rien montré
Ueber dein verliebtes Wesen?
En voyant ton amour ?

**

Le Livre des Chants XXXIII
Sie liebten sich beide, doch keiner
ILS ÉTAIENT DÉJÀ MORTS

Sie liebten sich beide, doch keiner
Tous les deux s’aimaient, mais aucun
Wollt’ es dem andern gestehn;
A l’autre de n’osait l’avouer ;

**

Le Livre des Chants XXXIV
Und als ich Euch meine Schmerzen geklagt,
LE BÂILLEMENT

Und als ich Euch meine Schmerzen geklagt,
Et quand je me plaignais à vous de ma douleur,
Da habt Ihr gegähnt und nichts gesagt;
Vous bâilliez alors sans rien dire ;

**

Le Livre des Chants XXXV
Ich rief den Teufel und er kam,
AVEC LE DIABLE

Ich rief den Teufel und er kam,
J’ai appelé le diable et il est venu,
Und ich sah ihn mit Verwund’rung an.
Et je l’ai regardé avec surprise.

**

Le Livre des Chants XXXVI
Mensch, verspotte nicht den Teufel,
NE TE MOQUE PAS DU DIABLE

Mensch, verspotte nicht den Teufel,
Homme, ne te moque pas du diable,
Kurz ist ja die Lebensbahn,
Bref est le cours de la vie,

**

Le Livre des Chants XXXVII
Die heil’gen drei Könige aus Morgenland
LES TROIS ROIS

Die heil’gen drei Könige aus Morgenland,
Les trois Rois saints de l’est,
Sie frugen in jedem Städtchen:
Demandaient dans chaque ville :

**

Le Livre des Chants XXXVIII
Mein Kind, wir waren Kinder
NOS JEUX D’ENFANTS

Mein Kind, wir waren Kinder,
Mon enfant, nous étions
Zwei Kinder, klein und froh;
Deux enfants, petits et joyeux ;

**

Le Livre des Chants XXXIX
Das Herz ist mir bedrückt, und sehnlich
JADIS

Das Herz ist mir bedrückt, und sehnlich
Mon cœur est opprimé et pesant
Gedenke ich der alten Zeit;
Car je me souviens de l’ancien temps ;

**

Le Livre des Chants XL
Wie der Mond sich leuchtend dränget
DANS LES YEUX

Wie der Mond sich leuchtend dränget
Comme la lune qui brille vivement
Durch den dunkeln Wolkenflor,
À travers cet amas de noirs nuages,

**

Le Livre des Chants XLI
Im Traum sah ich die Geliebte
J’IRAI PLEURER SUR TA TOMBE

Im Traum sah ich die Geliebte,
En rêve, j’ai vu la bien-aimée,
Ein banges, bekümmertes Weib,
Une femme agitée et troublée,

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Le Livre des Chants XLII
« Theurer Freund!
LES ŒUFS DE L’AMOUR

« Theurer Freund! Was soll es nützen,
« Mon cher ami, à quoi bon,
 Stets das alte Lied zu leiern?
Toujours ressasser cette vielle chanson ?

*

Le Livre des Chants XLIII
Werdet nur nicht ungeduldig
LES DOULEURS ANCIENNES

Werdet nur nicht ungeduldig,
Ne soyez pas impatient,
Wenn von alten Schmerzensklängen
Quand des douleurs anciennes

*

Le Livre des Chants XLIV
Nun ist es Zeit
LA MORT DANS L’ÂME

Nun ist es Zeit, daß ich mit Verstand
Il est temps pour moi désormais de comprendre
Mich aller Thorheit entled’ge;
Et de mettre un terme à toutes ces folies ;

**

Le Livre des Chants XLV
Den König Wiswamitra
LE ROI VISHVAMITRA

Den König Wiswamitra,
Le roi Vishvamitra ,
Den treibt’s ohne Rast und Ruh’,
Jamais ne se repose de toute évidence :

**

Le Livre des Chants XLVI
Herz, mein Herz
MON CŒUR

Herz, mein Herz, sey nicht beklommen,
Cœur ! mon cœur, ne soit pas ainsi ému,
Und ertrage dein Geschick,
Et supporte ton destin,

**

Le Livre des Chants XLVI




*

Saphire sind die Augen dein
Yeux Saphirs
1823-1824

Saphire sind die Augen dein,
Saphirs sont tes yeux,
Die lieblichen, die süßen.
Aimables et doux.

*




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Aus der Harzreise
Voyage au Harz des Reisebilder
1824

Prolog
PROLOGUE

Schwarze Röcke, seidne Strümpfe,
Jupes noires, bas de soie,
Weiße, höfliche Manschetten,
Poignets blancs, polis,

Steiget auf, ihr alten Träume !
VENEZ VIEUX RÊVES !

Steiget auf, ihr alten Träume!
Venez vieux rêves d’autrefois !
Öffne dich, du Herzensthor!
Ouvre-toi, porte de mon cœur !

Der Hirtenknabe
LE GARCON DE BERGER

König ist der Hirtenknabe,
Le roi est le garçon de berger,
Grüner Hügel ist sein Thron,
La verte montagne est son trône,

Auf dem Brocken
SUR LE BROCKEN

Heller wird es schon im Osten
Une clarté arrive de l’est
Durch der Sonne kleines Glimmen,
A travers une petite lueur du soleil,

Die Ilse 
L’ISLE

Ich bin die Prinzessin Ilse,
Je suis la princesse Ilse,
 
 Und wohne im Ilsenstein;
Et je vis à Ilsenstein ;




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Heinrich Heine
par Edgar Quinet


Sous leur forme insouciante et frivole, les poésies de Heine dont je viens de prononcer le nom ont en effet un vrai sens social. Il y a trente ans, on les eût réputées impossibles, et les imaginations vierges de ce temps-là n’auraient jamais supporté leur cruelle morsure. Il y a là telles petites chansons de dix vers qui portent innocemment dans leurs corolles, car ce sont de vraies roses des bois, un venin qu’il a fallu trois siècles au moins pour distiller à ce point. Ce sont des fleurs charmantes, ouvragées et peintes avec l’ancienne habileté de l’art tudesque et qui toutes dardent un aiguillon de basilic. Il y a là des sonnets transparents et purs à la manière de ceux de Pétrarque, au fond desquels vous voyez ramper le reptile ; des ballades qui cachent sous leur sourire, comme une femme sous son voile, leurs mécomptes et leurs poisons. Il y a des canzone folâtres qui vous prennent et vous bercent d’amour et vous noient à la fin dans un mot satanique ; car c’est là le caractère et l’originalité de ce poète, de vous faire boire l’amertume et la lie de nos temps sous l’expression et le miel des époques primitives : le siècle de Byron dans le siècle de Hans de Sachs. A tous les sentiments d’une société avancée il donne le rythme populaire des sociétés qui commencent ; et ce désespoir qui emprunte la langue de l’espérance, cette mort qui parle comme la vie, ce berceau qui redevient un tombeau, ces passions vieillies et rassasiées qui se meuvent sur le mètre des passions naissantes, cette candeur et cette corruption, ce miel et ce fiel, ce commencement et cette fin qui se rencontrent et s’unissent dans l’étreinte de ces rapides poèmes, en font autant de petits chefs-d’œuvre d’art, de fantaisie, d’originalité et d’immoralité.




La plupart des poésies de Heine sont contenues dans un volume intitulé Livre des chants. Les premières datent de 1817. A cette époque le jeune poète appartient à l’école des Schlegel et de Tieck. C’est d’eux qu’il a appris la forme populaire et la naïveté que plus tard il aiguisera contre eux. Depuis ce temps, l’aiguillon croît et perce chaque année. Dans ses voyages du Hartz, d’Italie, et de la mer du Nord, il s’en va chercher et rapporte à la maison des impressions de fleurs, de bois, d’amour dont il garde l’épine, et qui se convertissent chez lui en un miel de colère et de haine. Nés dans des climats différents, ces chants en gardent peu ou point le caractère. C’est une espérance, un désir, rencontrés par hasard, qu’il flétrit en passant, et qui perdent ainsi leur date et leur origine, comme une feuille tombée perd son odeur et sa couleur. Il y a là de ces poèmes nés dans la pure Toscane, sous le soleil de Lucques et de Florence, qui n’ont rien gardé de l’odeur des orangers ni des myrtes, et ne sentent que l’absinthe. On dirait qu’un souffle satanique éteint la différence et l’enchantement des climats et ne laisse voir au fond que le même mot et le même dard partout. Le poète ne rencontre pas sur son chemin une voix de fille, une fleur sur sa tige, sans lui adresser un madrigal méphistophélique. Les étoiles ont beau se cacher toutes prudes sous leurs voiles ; il finit toujours, comme dans les Nuées d’Aristophane, par quelque ironique question qui leur fait pleurer des larmes d’or. Quand il approche de la mer du Nord, c’est le seul endroit où son ironie prenne quelque chose des lieux. Elle devient comme eux ample et colossale ; des nuages de la Baltique, il fait un linceul pour rouler et berner les dieux vivants et les dieux morts, le présent et le passé, et vous quitte là sur la grève avec un éclat de rires si bien que lorsque vous fermez ce livre, qui semblait si frivole, toute la nature est déjà vide, et le ciel désert, et le cœur aussi, et tous les fruits du grand arbre de vie ont été mordus l’un après l’autre d’un noir aiguillon ; et le ver les ronge.

Cruel poète que vous êtes ! Trouvez-vous donc que la ruine fait son chemin trop lentement ! Quand vous frappez si fort au cœur les arbres de cette forêt enchantée de l’Allemagne, n’entendez-vous pas les branches qui soupirent, et les feuilles qui tremblent, et les fleurs qui vous disent : Méchant ! Ce soir, si vous aviez attendu, nous nous serions fanées toutes seules, sans vous.




O Heine ! si vous aimez quelque chose, je vous demande à cause de moi merci pour ce qui vous reste encore de fleurs à sécher et de sources à tarir. Que vous ont fait, dites-moi, ces pauvres villes d’université, qu’il vous faille si amèrement les réveiller et leur barbouiller d’encre le visage avec leurs plumes séculaires ! et Goettingue, et Hambourg, et Munich, et votre ville Düsseldorf ! vous soufflez chaque matin sur elles, et la poussière des vieilles mœurs qui les recouvrait, comme des in-folio rangés depuis mille ans dans leurs bibliothèques, s’en va en fumée, et vous la prenez tout entière pour vous. Mais songez donc à ce qui nous menace aussi par contrecoup en France. Autrefois, quand nos révolutions et notre bruit nous lassaient pour un moment, nous traversions le Rhin, et nous trouvions là, pour nous reposer du présent, le passé tout entier. Il y avait là encore des pensées debout qui nous prenaient sous leurs ailes. Tout ce que nous avions perdu s’était conservé en cet endroit, et nous allions là pour un jour nous abriter dans votre foi. Mais maintenant que vous faites fi de ces rêves, il est bien vrai qu’il n’y a plus place au monde où reposer sa tête pour une heure. Il nous faut songer désormais à dormir debout dans le vent et la tempête.

Encore jusqu’à présent votre satire s’est contentée du Nord ; vous vous servez de la France pour railler l’Allemagne. Mais quand vous en aurez assez de ce jeu, n’y changerez-vous rien ? quand les vieilles coutumes seront chez vous nivelées à votre point, quand il n’y aura plus là bas ni princes, ni docteurs, ni villes, ni villages qui ne vous aient passé par les mains, êtes-vous sûr que votre dard ne se tournera pas vers nous, et que vous ne découvrirez pas chez nous quelque sérieuse espérance à désoler ? J’ai bien peur pour ma part, en voyant d’autres peuples, que vous ne résistiez pas toujours à l’ivresse de choquer ces verres vides l’un contre l’autre, et que dans cette danse des morts, où les croyances humaines font la ronde, vous ne continuiez de siffler joyeusement comme auparavant vos charmantes, et suaves, et sataniques mélodies.

Ainsi, il est donc vrai, le long monologue de l’idéalisme de l’Allemagne a fini par un éclat de rire. Elle a bu sa poésie jusqu’à la lie. Encore une fois son Rhin s’est perdu dans le sable.




Ainsi, un monde entier d’espérances et d’amour se noie en ce moment avec la vieille Allemagne, sans que personne ici tourne la tête pour s’en inquiéter. Là, près de nous, mille fantômes s’évaporent sans bruit, comme ils étaient nés sans bruit. Ces divins rêves, auxquels manque le souffle, ont vécu leur vie rapide. Tout-à-l’heure un univers va s’engloutir sans réveiller seulement l’oiseau dans son nid.

Que signifient donc ces accusations venues récemment de Vienne et d’Edimbourg contre la poésie de la France actuelle ? Croit-on que nous serions bien en peine de montrer ailleurs même misère ? Ruine ici, ruine là bas ; et qui a prétendu jamais que tout ceci fût autre chose qu’une grande mort ? Il s’agit bien vraiment, tant en France qu’en Allemagne, d’hémistiches et de prose qui croulent, quand c’est le poème entier de la société moderne qui s’en va par lambeaux. Ce n’est pas la page seule que j’écris qui est déjà usée et mangée par les vers, c’est le livre où nous écrivons tous, ce livre du présent où les peuples et les rois parlent chacun leur langue, et, qui à cette heure, n’a déjà plus ni marge ni feuillet pour y mettre son nom.




Il faudrait au moins, si l’on veut faire le procès aux fantômes des poètes, que le monde et les pouvoirs actuels fussent moins fantômes qu’eux. Or quelle loi, quelle société, quelle église, quelle religion, je ne dis pas quel homme, mais quelle institution qui ne se donne aujourd’hui pour une ombre et qu’on ne traite en ombre ? qui a aujourd’hui la prétention de vivre sérieusement et autrement qu’en rêve ? Qui se figure, par exemple, que nos lois sont des lois ? que nos rois sont des rois, et ne voit pas que ce sont des fantômes qui n’ont que le visage ? Êtres fantastiques s’il en fut, qui viennent on ne sait d’où, dont le plus grand demeure au plus un jour, qui s’en vont par hasard et qu’on ne revoit jamais. Dans quelle poussière les avez-vous pris hier ? dans quelle poussière les jetterez-vous demain ? Vous ne le savez pas vous-même. Royautés plus chimériques que les rêves d’Hoffmann, plus rapides, plus changeantes que les rêves de la fièvre, leurs couronnes ne sont pas des couronnes ; ce sont des bandeaux que vous leur mettez sur les yeux. Leurs sceptres ne sont pas des sceptres ; ce sont des verges avec lesquelles vous leur frappez le dos. Leurs peuples ne sont pas des peuples. Sans présent, sans passé, sans nom, sans héritage, véritables morts habillés du manteau de la vie, ils escortent dignement ces royautés décapitées.

Avec cela, ne dites pas que la poésie finit ; dites plutôt, telle qu’elle est, qu’elle seule reste vivante. Rien n’existe aujourd’hui que ce qui est dans les cœurs. Il n’est pas une tradition, pas une autorité, pas une lettre écrite qui ne tombe en cendre, si vous la touchez de la main. Dans ce bouleversement du réel, l’idée seule subsiste. Elle seule garde sa couronne éternelle sur sa tête, et il n’y a ni peuple ni roi qui la lui puisse ôter. Là où rien ne prend corps tout redevient pensée. Nous marchons et vivons non dans ce qui est, mais dans le fantôme de ce qui doit être et de ce qui sera demain. Ombres que nous sommes, nous sommes nous-mêmes une poésie, et nous ne la voyons pas.




Sans doute l’idéal que chaque peuple s’était fait de l’absolu se dissipe à chaque heure, en Angleterre, en Allemagne comme en France ; car cet idéal, c’était lui-même. Chacun se dépouille de ses traditions locales, de son art indigène, et jette autour de lui cette feuillée de mille ans. Mais de ces ruines particulières se forme la personnalité du genre humain. Un même génie cosmopolite se met à la place des génies différents d’idiomes et de races. Dans cette poétique du monde, toute idée sera à l’aise, et le vers ni la prose ne seront plus en peine d’y trouver le nombre qu’il leur faut de rimes et de pieds.




De là, véritablement, la mission réelle du poète ne fait que commencer. La vie sociale ne s’en est emparée que d’hier, et déjà il ne peut plus mourir tranquille dans son lit. Le temps est passé où il vivait en paix jusqu’au bout sous son clocher. A cette heure il faut qu’il quitte, avec Byron, avec Chateaubriand, avec Lamartine, sa frontière ou son île. Il faut qu’il supporte et la pluie et le vent, et le froid et le chaud, et l’amour et la haine des climats étrangers ; car son cœur est désormais trop grand pour que ni ville ni village le renferme tout entier. Sa vocation religieuse est d’être le médiateur des peuples à venir. Sa parole n’appartient plus à aucun. Dans l’interrègne des pouvoirs politiques, lui seul redevient souverain. Il est déjà le législateur de la grande fédération européenne qui n’est pas encore.




Le voilà donc désormais seul en compagnie avec son cœur ; toutes les imitations sont épuisées ; toutes les réalités sont évanouies ; tous les chemins connus ne mènent qu’au désert ; toutes les vieilles terres ont donné tous leurs fruits. Il faut que ce Christophe Colomb du nouveau monde idéal se risque au loin, lui seul, dans l’océan de sa pensée. Il va, il va, et cet infini s’accroît toujours. Il va encore, et ce que l’on appelait terre est à présent nuage ; et ce que l’on nommait espoir se nomme à cette heure illusion. Et le peuple qu’il entraîne lui crie : — Je me noie, maître, allons-nous-en. — Mais lui répond : — Demain ! — et demain est un siècle. Et dans la mer de son génie, jamais l’ancre ne se jette, jamais la voile ne se ploie, qu’il n’ait touché la rive où la vie a sa source et qui s’appelle Éternité.

Edgar Quinet
Poètes de l’Allemagne : Henri Heine
Revue des Deux Mondes, Période Initiale
tome 1, 1834
pp. 353-369

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Louise Labé Sonnet XXIII – Das dreiundzwanzigste Sonett

POESIE FRANCAISE
LOUISE LABE SONNET XXIII




LOUISE LABE
1524-1566

Sonnets Louise Labé par Pierre Woeiriot Artgitato
Louise Labé par Pierre Woeiriot




 

*

Œuvres de Louise Labé
 


SONNET XXIII
Das dreiundzwanzigste Sonett

-traduction Jacky Lavauzelle-
Übersetzt von Rainer Maria Rilke
Traduction allemande de Rilke

Louise Labé Les Sonnets Giovanni Bellini Jeune Femme à sa toilette 1515 Musée d'histoire de l'Art de VienneGiovanni Bellini
Jeune Femme à sa toilette
1515
Musée d’histoire de l’Art de Vienne

**********

Las ! que me sert, que si parfaitement
Las ! que me sert, que si parfaitement
Was hilft es mir, daß du so meisterhaft
Louas iadis et ma tresse doree,
Tu louas jadis ma tresse dorée,
 mein Haar besangst und sein gesträhntes Gold,
Et de mes yeux la beauté comparee
Et mes yeux à la beauté comparée
 und daß du diese meine Augen hold
À deus Soleils, dont Amour finement 
À deux Soleils, dont Amour finement
 wie Sonnen nanntest, deren reine Kraft 

*

Tira les trets causez de ton tourment ?
Tira les traits issus de ton tourment ?
der Gott benützt, dich innig zu verstören?
 Ou estes vous, pleurs de peu de duree ?
Ou êtes-vous, pleurs de peu de durée ?
Wo sind die Tränen, die dir schnell vergingen?
Et Mort par qui deuoit estre honoree
Et Mort par qui devait être honorée
 Wo ist der Tod? Ich höre dich noch schwören,
Ta ferme amour et iteré serment ?
Ton ferme amour et ton serment répété ?
 er einzig könne deine Liebe zwingen.

*

Donques c’estoit le but de ta malice
C’était donc le but de ta malice
Das also war der Sinn von deiner List,
De m’asseruir sous ombre de seruice ?
De m’asservir sous prétexte de service ?
 mir, da du mir dies alles zugetragen,
Pardonne moy Ami, à cette fois,
Pardonne-moi Ami, cette fois,
 Eintrag zu tun. Laß auch dirs heute sagen 

*

Estant outree et de despit et d’ire :
Etant outrée de dépit et de colère :
und dich im Zorn schon um Verzeihung bitten
Mais ie m’assure, quelque part que tu sois,
Mais je m’assure, où que tu sois,
 für dieses Wort. Es bleibt mir unbestritten:
Qu’autant que moy tu soufres de martire.
Qu’autant que moi, tu souffres le martyr.
 Du quälst dich so wie ich, wo du auch bist.

**********************

Das dreiundzwanzigste Sonett
Louise Labé Sonnet XXIII

Louise Labé Sonnet XX – Das zwanzigste Sonett

Louise Labé
POESIE FRANCAISE
LOUISE LABE SONNET XX
Das zwanzigste Sonett




LOUISE LABE
1524-1566

Sonnets Louise Labé par Pierre Woeiriot Artgitato
Louise Labé par Pierre Woeiriot




 

*

Œuvres de Louise Labé
 


SONNET XX
Das zwanzigste Sonett

-traduction Jacky Lavauzelle-
Übersetzt von Rainer Maria Rilke
Traduction allemande de Rilke

Louise Labé Les Sonnets Giovanni Bellini Jeune Femme à sa toilette 1515 Musée d'histoire de l'Art de VienneGiovanni Bellini
Jeune Femme à sa toilette
1515
Musée d’histoire de l’Art de Vienne

**********

Prédit me fut, que deuois fermement
Il me fut prédit que je devais fermement
Mir ward gewahrsagt, daß ich einmal sicher
Un iour aymer celui dont la figure
Un jour aimer celui dont la figure
den lieben werde, den man mir beschrieb.
Me fut descrite : et sans autre peinture
Me fut décrite : et sans autre peinture
 und da er kam, erkannt ich ihn: wie glich er
 Le reconnu quand vy premièrement :
Le reconnu quand au premier abord je le vis :
den vorgesagten Bild. Ich sah, es trieb

*

Puis le voyant aymer fatalement,
Puis le voyant, l’aimer fatalement,
ihn sein Verhängnis, und er tat mir leid
Pitié ie pris de sa triste auenture :
Je pris pitié à sa triste aventure :
 in seiner Liebe blindem Abenteuer:
Et tellement ie forçay ma nature,
Et tant que je forçais ma nature,
 so hielt ich denn auch mich für ihn bereit
Qu’autant que lui aymay ardentement.
Qu’autant que lui j’aimais ardemment.
 und gab mir Mühe zu dem gleichen Feuer.

*

Qui n’ust pensé qu’en faueur deuoit croitre
Qui eût pensé que devait croitre
Wer hätte nicht gedacht, es müßte gut
 Ce que le Ciel et destins firent naitre ?
Ce que le Ciel et les destins firent naitre ?
fortschreiten, was Geschick und Himmel wollten?
Mais quand ie voy si nubileus aprets,
Mais quand je vois de si nébuleux apprêts,
 Doch wenn ich denke, was für Donner grollten 

*

Vents si cruels et tant horrible orage :
Vents si cruels et horrible orage :
und wie es sich umzog von allen Seiten:
Ie croy qu’estoient les infernaus arrets,
Je crois qu’étaient les infernaux arrêts,
 mein ich, die Hölle hätte nicht geruht,
 Qui de si loin m’ourdissoient ce naufrage.
Qui de si loin m’ourdissaient ce naufrage.
 mir diese Untergänge zu bereiten. 

********************

Das zwanzigste Sonett
Louise Labé Sonnet XX

Louise Labé Sonnet XIX – Das neunzehnte Sonett

Louise Labé
POESIE FRANCAISE
LOUISE LABE SONNET XIX
Das neunzehnte Sonett




LOUISE LABE
1524-1566

Sonnets Louise Labé par Pierre Woeiriot Artgitato
Louise Labé par Pierre Woeiriot




 

*

Œuvres de Louise Labé
 


SONNET XIX
Das neunzehnte Sonett

-traduction Jacky Lavauzelle-
Übersetzt von Rainer Maria Rilke
Traduction allemande de Rilke

Louise Labé Les Sonnets Giovanni Bellini Jeune Femme à sa toilette 1515 Musée d'histoire de l'Art de VienneGiovanni Bellini
Jeune Femme à sa toilette
1515
Musée d’histoire de l’Art de Vienne

**********

Diane estant en l’espesseur d’un bois,
Diane étant dans l’épaisseur d’un bois,
Diana, atemlos von manchem Tier,
 Apres avoir mainte beste assenee,
Apres avoir maintes bêtes chassées,
stand weit im Wald in einer stillen Lichtung,
Prenait le frais, de Nynfes couronnee :
Prenait le frais, de Nymphes couronnées :
 und ihre Nymphen kamen heiß zu ihr.
I’allois resuant comme fay maintefois,
J’allais rêvant comme maintes fois,
 Ich ging wie immer träumend, ohne Richtung 

*

Sans y penser : quand i’ouy une vois,
Sans y penser : quand j’entendis une voix,
und dachte nicht daran. Da rief mir eine:
Qui m’apela, disant, Nymfe estonnee,
Qui m’appela, disant : Nymphe étonnée,
 Nymphe! Was schaust du so? Nimmst du nicht teil?
Que ne t’es tu vers Diane tournee ?
Pourquoi ne t’es tu vers Diane tournée ?
 Diana wartet. Aber da sie meine
 Et me voyant sans arc et sans carquois,
Et me voyant sans arc et sans carquois :
Hände gewahrte, Bogen nicht noch Pfeil 

*

Qu’as tu trouué, ô campagne, en ta voye,
Qu’as tu trouvé, ô campagne, en ta voix,
in ihnen, staunte sie: was ist geschehn?
Qui de ton arc et flesche ait fait proye ?
Qui de ton arc et flèche ait fait proie ?
 Hat man dir Bogen und Geschoß genommen?
 Ie m’animay, respons ie, à un passant,
Je m’animais, répondis-je, à un passant,
 Ach sagte ich, das hat mich überkommen:

*

Et lui getay en vain toutes mes flesches
Et lui jetais en vain toutes mes flèches
ich folgte Einem, und im Handumdrehn
 Et l’arc apres : mais lui les ramassant
Et l’arc après : mais lui les ramassant
warf ich die Pfeile. Und den Bogen nach.
Et les tirant me fit cent et cent bresches.
Et les tirant me fit cent et cent brèches.
 Er hob sie auf und traf mich hundertfach.

***********************

Das neunzehnte Sonett
Louise Labé Sonnet XIX

Louise Labé Sonnet XVII -Das siebzehnte Sonett

Louise Labé
POESIE FRANCAISE
LOUISE LABE SONNET XVII
Das siebzehnte Sonett




LOUISE LABE
1524-1566

Sonnets Louise Labé par Pierre Woeiriot Artgitato
Louise Labé par Pierre Woeiriot




 

*

Œuvres de Louise Labé
 


SONNET XVII
Das fünfzehnte Sonett

-traduction Jacky Lavauzelle-
Übersetzt von Rainer Maria Rilke
Traduction allemande de Rilke

Louise Labé Les Sonnets Giovanni Bellini Jeune Femme à sa toilette 1515 Musée d'histoire de l'Art de VienneGiovanni Bellini
Jeune Femme à sa toilette
1515
Musée d’histoire de l’Art de Vienne

**********

Ie fuis la vile, et temples et tous lieus,
Je fuis la ville, et les temples et tous les lieux,
Ich flieh die Stadt, die Kirchen, jeden Ort,
Esquels prenant plaisir à t’ouir pleindre,
Dans lesquels prenant plaisir à t’entendre plaindre,
 wo ich dich sehe, wo du dich beklagst
Tu peus, et non sans force, me contreindre
Tu peux, et non sans force, me contraindre
 und, wie du bist, gewaltsam, immerfort
De te donner ce qu’estimois le mieus.
De te donner ce que j’estimais le plus.
 dem näher kommst, was du zu fordern wagst.

*

Masques, tournois, ieus me sont ennuieus,
Masques, tournois, jeux me sont ennuyeux,
Turniere, Spiele, Maskenzüge: nichts
Et rien sans toy de beau ne me puis peindre :
Et sans toi, rien de beau  je ne me puis peindre :
 von alledem ist mit dir zu vergleichen.
Tant que tachant à ce désir esteindre,
Tant qu’essayant d’éteindre ce désir,
 Ich suche meinen Wünschen auszuweichen
Et un nouuel obget faire à mes yeus,
Et un nouvel objet faire à mes yeux,
 und, von dir abgekehrten Angesichts,

*

Et des pensers amoureus me distraire,
Et des pensées amoureuses me distraire,
daß etwas dem Verliebtsein mich entrisse,
Des bois espais sui le plus solitaire :
Être solitaire dans d’épaisses forêts :
 verlier ich im Gehölz mich hin und her;
Mais i’aperçoy, ayant erré maint tour,
Mais j’aperçois, ayant longtemps erré,
 doch alles ist gemacht, damit ich wisse:

*

Que si ie veus de toy estre deliure,
Que si je veux être délivrée de toi,
Ich müßte, um dich wirklich aufzugeben,
Il me conuient hors de moymesme viure.
Il me convient de vivre hors de moi-même.
 aus mir hinaus und außer meiner leben:
Ou fais encor que loin sois en seiour.
Ou encore que je séjourne loin.
 denn als Entfernter bist du dort noch mehr.

*********************

Das siebzehnte Sonett
Louise Labé sonnet XVII

Louise Labé Sonnet XVI – Das sechzehnte Sonett

Louise Labé
POESIE FRANCAISE
LOUISE LABE SONNET XVI
Das sechzehnte Sonett




LOUISE LABE
1524-1566

Sonnets Louise Labé par Pierre Woeiriot Artgitato
Louise Labé par Pierre Woeiriot




 

*

Œuvres de Louise Labé
 


SONNET XVI
Das sechzehnte Sonett

-traduction Jacky Lavauzelle-
Übersetzt von Rainer Maria Rilke
Traduction allemande de Rilke

Louise Labé Les Sonnets Giovanni Bellini Jeune Femme à sa toilette 1515 Musée d'histoire de l'Art de VienneGiovanni Bellini
Jeune Femme à sa toilette
1515
Musée d’histoire de l’Art de Vienne

**********

Apres qu’un tems la gresle et le tonnerre
Apres que la grêle et le tonnerre
Wenn Wetter eine Zeit und Hagelschauer
 Ont le haut mont de Caucase batu,
Aient battu les monts du Caucase,
oben den hohen Kaukasus umfing,
 Le beau iour vient, de lueur reuétu.
Le beau jour vient ; de lueur revêtu.
kommt langsam wieder schönes Licht zur Dauer.
   Quand Phebus ha son cerne fait en terre,
Quand Phébus fait son auréole sur la terre,
Und Phöbus, wenn er seinen vollen Ring

*

Et l’Ocean il regaigne à grand erre
Et regagne à grande vitesse l’Océan
vollendet hat, tritt rückwärts in die Wogen
Sa seur se montre avec son chef pointu.
Sa sœur qui se montre avec son chef pointu.
 und läßt die schmale Schwester an die Reih.
 Quand quelque tems le Parthe ha combatu,
Quelques instants le Parthe l’a combattu,
Sogar des Parthers Kampfwut geht vorbei,
Il prent la fuite et son arc il desserre.
Il prend la fuite et desserre son arc.
 er flieht zuletzt und schleppt den schlaffen Bogen.

*

Un tems t’ay vù et consolé pleintif,
Un temps je t’ai vu plaintif,
War eine Zeit, da schien dir mein Gefühl
Et defiant de mon feu peu hatif :
Et je t’ai vu méfiant de mon feu peu hâtif :
 (ich tröstete dich manchmal) unentschlossen;
 Mais maintenant que tu m’as embrassee,
Mais maintenant que tu m’as embrassée,
doch jetzt, seit ich in deinen Armen war 

*

Et fuis au point auquel tu me voulois,
Et fuis comme tu me voulais,
und dort, wo du mich wolltest, ganz und gar:
Tu as ta flame en quelque eau arrosee,
Ta flamme s’en trouve quelque peu arrosée,
 hast du dein Feuer plötzlich fortgegossen
Et es plus froit qu’estre ie ne soulois.
Et tu es plus froid que .je n’étais.
 und bist, wie ich es niemals konnte, kühl.

*****************

Das sechzehnte Sonett
Louise Loubé Sonnet XVI

Louise Labé Sonnet XV – Das fünfzehnte Sonett (Rilke)

POESIE FRANCAISE
LOUISE LABE SONNET XV




LOUISE LABE
1524-1566

Sonnets Louise Labé par Pierre Woeiriot Artgitato
Louise Labé par Pierre Woeiriot




 

*

Œuvres de Louise Labé
 


SONNET XV
Das fünfzehnte Sonett

-traduction Jacky Lavauzelle-
Übersetzt von Rainer Maria Rilke
Traduction allemande de Rilke

Louise Labé Les Sonnets Giovanni Bellini Jeune Femme à sa toilette 1515 Musée d'histoire de l'Art de VienneGiovanni Bellini
Jeune Femme à sa toilette
1515
Musée d’histoire de l’Art de Vienne

**********

Pour le retour du Soleil honorer,
Pour glorifier le retour du Soleil,
Der Sonne, eh sie wiederkommt, zu Ehren
Le Zéphir, l’air serein lui apareille :
Le Zéphyr, l’air serein, à lui s’unit :
erhebt sich leicht der reine Morgenwind.
Et du sommeil l’eau et la terre esueille,
Et éveille du sommeil l’eau et la terre,
Wasser und Erde, siehe, sie erwehren
Qui les gardoit l’une de murmurer
Qui les gardait l’une de murmurer
sich schon des Schlafes, der das eine lind 

*

En dous coulant, l’autre de se parer
En douces chutes, l’autre de se parer
hinrinnen ließ und stärker, lichterloher
De mainte fleur de couleur nompareille.
De maintes fleurs aux infinies couleurs.
 die andre blühen machte. Im Geäst
Ia les oiseaus es arbres font merveille,
Ià les oiseaux et arbres font merveille,
jubeln die Vögel, die’s nicht ruhen läßt,
 Et aus passans font l’ennui moderer :
Et tempère l’ennui des passants :
und wer vorübergeht, wird davon froher. 

*

Les Nymfes ia en mille ieus s’esbatent
Les Nymphes dans mille jeux s’ébattent
Und Nymphen: in den kühlen Wiesen, die
Au cler de Lune, et dansans l’herbe abatent :
Au clair de Lune, et dansant dans l’herbe coupées :
noch Mondschein haben, sind sie schon am Spiele.
Veus tu Zéphir de ton heur me donner,
Veux-tu Zéphire me donner de ton bonheur,
Günstiger Frühwind, wenn es dir gefiele,

*

Et que par toy toute me renouuelle ?
Et que par toi, toute je me renouvelle ?
daß ich mich selbst auch neu an dir belebe.
Fay mon Soleil deuers moy retourner,
Fait que mon Soleil vers moi se retourne,
 O tu nur, daß sich meine Sonne hebe,
 Et tu verras s’il ne me rend plus belle.
Et tu verras s’il ne me rend pas lui aussi plus belle.
 und du sollst sehn: ich werde schön wie nie.

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Louise Labé Sonnet XV

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Louise Labé Sonnet xv artgitato Zéphyr et Flore Jean-François de Troy collection Martha ed Snider PhiladelphieZéphyr et Flore
Jean-François de Troy
collection Martha & Ed Snider Philadelphie

 

Louise Labé Sonnet XII – Das zwölfte Sonett (Rilke)

POESIE FRANCAISE
LOUISE LABE SONNET XII




LOUISE LABE
1524-1566

Sonnets Louise Labé par Pierre Woeiriot Artgitato
Louise Labé par Pierre Woeiriot




 

*

Œuvres de Louise Labé
 


SONNET XII
Das zwölfte Sonett

-traduction Jacky Lavauzelle-
Übersetzt von Rainer Maria Rilke
Traduction allemande de Rilke

Louise Labé Les Sonnets Giovanni Bellini Jeune Femme à sa toilette 1515 Musée d'histoire de l'Art de VienneGiovanni Bellini
Jeune Femme à sa toilette
1515
Musée d’histoire de l’Art de Vienne

**********

 Lut, compagnon de ma calamité,
Luth, compagnon de mon infortune,
Laute, Genossin meiner Kümmernis,
De mes soupirs témoin irreprochable,
De mes soupirs, témoin irréprochable,
 die du ihr beiwohnst innig und bescheiden,
 De mes ennuis controlleur veritable,
De mes ennuis témoin véritable,
gewissenhafter Zeiger meiner Leiden:
   Tu as souuent avec moy lamenté :
Tu as souvent avec moi lamenté :
 wie oft schon klagtest du mit mir. Ich riß

*

Et tant le pleur piteus t’a molesté,
Et tant le désespoir t’obsédait,
 dich so hinein in diesen Gang der Klagen,
Que commençant quelque son delectable,
Qu’en commençant par quelques sons aimables,
 drin ich befangen bin, daß, wo ich je
 Tu le rendois tout soudein lamentable,
Tu les rendais soudainement lamentables,
seligen Ton versuchend angeschlagen,
Feingnant le ton que plein auoit chanté.
Feignant que tout était chanté.
 da unterschlugst du ihn und töntest weh.

*

Et si tu veux efforcer au contraire,
Et si tu veux persévérer au contraire,
Und will ich dennoch anders dich verwenden,
 Tu te destens et si me contreins taire :
Tu te détends et te tendre si tu veux te taire:
entspannst du dich und machst mich völlig stumm.
Mais me voyant tendrement soupirer,
Mais me voyant tendrement soupirer,
 Erst wenn ich wieder stöhne und mich härme,

*

Donnant fauueur à ma tant triste pleinte,
Donnant faveur à ma si triste plainte,
kommst du zu Stimme, und ich fühle Wärme
En mes ennuis me plaire suis contreinte,
Me satisfaire de mes ennuis je suis contrainte,
 in deinem Inneren; so sei es drum:
Et dous mal douce fin espérer.
Et espérer que ce doux mal doucement finisse.
 mag sanft als Leiden (was stets Leid war) enden.

***********************

Louise Labé Sonnet XII

Louise Labé Sonnet XI – Das elfte Sonett (Rilke)

POESIE FRANCAISE
LOUISE LABE SONNET XI




LOUISE LABE
1524-1566

Sonnets Louise Labé par Pierre Woeiriot Artgitato
Louise Labé par Pierre Woeiriot




 

*

Œuvres de Louise Labé
 


SONNET XI
Das elfte Sonett

-traduction Jacky Lavauzelle-
Übersetzt von Rainer Maria Rilke
Traduction allemande de Rilke

Louise Labé Les Sonnets Giovanni Bellini Jeune Femme à sa toilette 1515 Musée d'histoire de l'Art de VienneGiovanni Bellini
Jeune Femme à sa toilette
1515
Musée d’histoire de l’Art de Vienne

**********

Ô dous regars, ô yeus pleins de beauté,
Ô doux regards, ô yeux pleins de beauté,
O Blicke, Augen aller Schönheit voll,
 Petis iardins, pleins de fleurs amoureuses
Petits jardins, débordants de fleurs amoureuses
wie kleine Gärten, die in Liebe stehen:
 Ou sont d’Amour les flesches dangereuses,
Où sont, d’Amour, les flèches dangereuses,
was hab ich lange da hinein gesehen,
Tant à vous voir mon œil s’est arresté !
Qu’à vous voir mon regard s’est arrêté !
 obwohl ich eure Pfeile meiden soll.

*

Ô cœur félon, ô rude cruauté,
Ô cœur félon, ô rude cruauté,
Zweideutiges Herz, du hältst mich grausam fest
Tant tu me tiens de façons rigoureuses,
Tant tu me tiens de façons rigoureuses,
 mit deinem Starrsein, deinem fürchterlichen,
Tant j’ai coulé de larmes langoureuses,
Tant j’ai coulé de larmes langoureuses,
 wie viele Tränen hast du mir erpreßt,
Sentant l’ardeur de mon cœur tourmenté !
Sentant l’ardeur de mon cœur tourmenté !
 wenn ich mein Herz, das brennt, mit dir verglichen.

*

Donques, mes yeus, tant de plaisir auez,
Ainsi, mes yeux par tant de plaisir intéressés,
Ihr Augen, ja, je mehr ihr dorthin schaut,
Tant de bons tours par ses yeux receuez :
Tant de bons retours par ses yeux recevez :
 je mehr wird euch des Anblicks Lust vertraut;
Mais toy, mon cœur, plus les vois s’y complaire,
Mais toi, mon cœur, plus tu les vois s’y complaire,
 doch du mein Herz, wenn sie sich ganz verlieren 

*

Plus tu languiz, plus en as de souci,
Plus tu languis, plus tu en as souci,
 in ihrem Schauen, hast davon nur Qual.
 Or deuinez si ie suis aise aussi,
Or devinez si je suis aise aussi,
 Wie soll ich ruhig sein ein einziges Mal:
Sentant mon œil estre à mon cœur contraire.
Sentant mon œil à mon cœur contraire.
 dein Glück ist nicht vereinbar mit dem ihren.

***************************

Louise Labé Sonnet XI