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STATUE DE LOUISE LABE Sculpture de Jean-Robert IPOUSTEGUY – la Belle Cordière

FRANCE
STATUE DE LOUISE LABE
JEAN-ROBERT IPOUSTEGUY

1920- 2006
Montaigu de Quercy Jacky Lavauzelle

 


 PHOTOS JACKY LAVAUZELLE

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LYON

Statue de Louise Labé
sculpture de
Jean-Pierre Ipousteguy
*
la Belle Cordière
1982
*
Place Louis Pradel
Ier Arrondissement de Lyon

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Photo Jacky Lavauzelle

« Il faudrait faire une œuvre comme si on ne devait jamais mourir , et faire une sculpture comme si c’était la dernière. »
Jean-Pierre Ipousteguy

**

3,50 m
Bronze
1982

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Photo Jacky Lavauzelle

FOLIE

J’excuse un peu ta jeunesse, autrement je te pourrais à bon droit nommer le plus présomptueux fou du monde. Il semblerait à t’ouir que chacun tienne sa vie de ta merci : et que tu sois le vrai Seigneur & seul souverain tant en ciel qu’en terre. Tu t’es mal adressé pour me faire croire le contraire de ce que je sais.

Louise Labé
Débat de Folie & d’Amour
Œuvres de Louise Labé
Texte établi par Charles Boy, Alphonse Lemerre, éditeur, 

Photo Jacky Lavauzelle

Ie vis, ie meurs : ie me brule & me noye.
Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
 I’ay chaut eſtreme en endurant froidure :
J’ai chaud extrême en endurant froidure :
 La vie m’eſt & trop molle & trop dure,
La vie m’est et trop molle et trop dure.
I’ay grans ennuis entremeſlez de ioye :
J’ai grands ennuis entremêlés de joie.

Louise Labé
Sonnet VIII
Les Elégies
1555

Photo Jacky Lavauzelle

Depuis qu’Amour cruel empoiſonna
Depuis qu’Amour cruel empoisonna
 Premièrement de ſon feu ma poitrine,
Premièrement de son feu ma poitrine…
Louise Labé
Sonnet IV

Photo Jacky Lavauzelle

Tout auſſi tot que ie commence à prendre
Tout aussi tôt que je commence à prendre
 Dens le mol lit le repos deſiré,
Dans le mou lit le repos désiré
 Mon triſte eſprit hors de moy retiré
Mon triste esprit hors de moi retiré
 S’en va vers toy incontinent ſe rendre.
S’en va vers toi incontinent se rendre

Louise Labé
Sonnet IX

Photo Jacky Lavauzelle

Photo Jacky Lavauzelle

Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j’endure ;
Mon bien s’en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Louise Labé
Sonnet VIII
Les Elégies
1555

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Jacky Lavauzelle Ipousteguy Louise Labé
Louise Labé, Pierre Woeiriot, 1555
LOUISE LABE
« LA BELLE CORDIERE »

née  à Lyon vers 1524
morte le à Parcieux-en-Dombes

« Louise Charly, femme d’un cordier, fit, en 1550, un poème sur la liberté. Sa beauté et sa science ont formé l’emblème suivant :
« La belle Cordière est vêtue simplement, assise sur un lion ; une guirlande de fleurs lui descend de l’épaule gauche au côté droit ; de la main droite elle tient une pique entrelassée de lis, et surmontée du chapeau de Guillaume Tell, restaurateur de la liberté Helvétique ; à ladite pique est encore adapté un ruban sur lequel est cette légende :
Tu prédis nos destins, Charly, belle Cordière,
Car pour briser nos fers tu volas la première.
« De l’autre côté du ruban est gravé :
Belle Cordière, ton espoir n’était pas vain.

« Au chapeau de Guillaume Tell est le panache aux trois couleurs. De la main gauche, Louise Labé tient son poème sur la liberté Françoise, qui est appuyé sur un globe terrestre. Le lion tient sous une de ses pattes le livre de la Constitution ; à côté est l’autel de la patrie, où brûle le feu du patriotisme ; d’un côté est une plante d’olivier, signe de la paix, et de l’autre une de laurier, signe de la gloire ; des livres en désordre sont à ses pieds, qui désignent sa science. »
Inutile de dire que seuls parmi les bibliophiles, les gardes nationaux de 1790 ont eu connaissance de ce poème sur la liberté, composé en 1550 par la Belle Cordière.
Les derniers éditeurs ont cru pouvoir ajouter aux œuvres de Louise Labé un sonnet qui figure en tête des Amours d’Olivier de Magny, quatorze vers sur le tombeau d’Hugues Salel attribués à Castianire, la bien-aimée du poëte quercinois, et un sonnet d’une écriture du xvie siècle, trouvé sur les gardes d’un Nicandre (Paris, G. Morel, 1557) et portant en titre : Sonnet de la Belle C… L’attribution de ces trois morceaux — fort peu remarquables du reste — à Louise Labé n’ayant paru nullement justifiée, on n’a cru devoir ni les ajouter au texte, ni même les reproduire ici.

Louise Labé
Œuvres de Louise Labé
Texte établi par Charles Boy, Alphonse Lemerre, éditeur, 

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Statue de Louise Labé
Jean-Pierre Ipousteguy
LYON – FRANCE
Montaigu de Quercy Jacky Lavauzelle

Louise Labé Sonnet XXIII – Das dreiundzwanzigste Sonett

POESIE FRANCAISE
LOUISE LABE SONNET XXIII




LOUISE LABE
1524-1566

Sonnets Louise Labé par Pierre Woeiriot Artgitato
Louise Labé par Pierre Woeiriot




 

*

Œuvres de Louise Labé
 


SONNET XXIII
Das dreiundzwanzigste Sonett

-traduction Jacky Lavauzelle-
Übersetzt von Rainer Maria Rilke
Traduction allemande de Rilke

Louise Labé Les Sonnets Giovanni Bellini Jeune Femme à sa toilette 1515 Musée d'histoire de l'Art de VienneGiovanni Bellini
Jeune Femme à sa toilette
1515
Musée d’histoire de l’Art de Vienne

**********

Las ! que me sert, que si parfaitement
Las ! que me sert, que si parfaitement
Was hilft es mir, daß du so meisterhaft
Louas iadis et ma tresse doree,
Tu louas jadis ma tresse dorée,
 mein Haar besangst und sein gesträhntes Gold,
Et de mes yeux la beauté comparee
Et mes yeux à la beauté comparée
 und daß du diese meine Augen hold
À deus Soleils, dont Amour finement 
À deux Soleils, dont Amour finement
 wie Sonnen nanntest, deren reine Kraft 

*

Tira les trets causez de ton tourment ?
Tira les traits issus de ton tourment ?
der Gott benützt, dich innig zu verstören?
 Ou estes vous, pleurs de peu de duree ?
Ou êtes-vous, pleurs de peu de durée ?
Wo sind die Tränen, die dir schnell vergingen?
Et Mort par qui deuoit estre honoree
Et Mort par qui devait être honorée
 Wo ist der Tod? Ich höre dich noch schwören,
Ta ferme amour et iteré serment ?
Ton ferme amour et ton serment répété ?
 er einzig könne deine Liebe zwingen.

*

Donques c’estoit le but de ta malice
C’était donc le but de ta malice
Das also war der Sinn von deiner List,
De m’asseruir sous ombre de seruice ?
De m’asservir sous prétexte de service ?
 mir, da du mir dies alles zugetragen,
Pardonne moy Ami, à cette fois,
Pardonne-moi Ami, cette fois,
 Eintrag zu tun. Laß auch dirs heute sagen 

*

Estant outree et de despit et d’ire :
Etant outrée de dépit et de colère :
und dich im Zorn schon um Verzeihung bitten
Mais ie m’assure, quelque part que tu sois,
Mais je m’assure, où que tu sois,
 für dieses Wort. Es bleibt mir unbestritten:
Qu’autant que moy tu soufres de martire.
Qu’autant que moi, tu souffres le martyr.
 Du quälst dich so wie ich, wo du auch bist.

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Das dreiundzwanzigste Sonett
Louise Labé Sonnet XXIII

Louise Labé Sonnet XX – Das zwanzigste Sonett

Louise Labé
POESIE FRANCAISE
LOUISE LABE SONNET XX
Das zwanzigste Sonett




LOUISE LABE
1524-1566

Sonnets Louise Labé par Pierre Woeiriot Artgitato
Louise Labé par Pierre Woeiriot




 

*

Œuvres de Louise Labé
 


SONNET XX
Das zwanzigste Sonett

-traduction Jacky Lavauzelle-
Übersetzt von Rainer Maria Rilke
Traduction allemande de Rilke

Louise Labé Les Sonnets Giovanni Bellini Jeune Femme à sa toilette 1515 Musée d'histoire de l'Art de VienneGiovanni Bellini
Jeune Femme à sa toilette
1515
Musée d’histoire de l’Art de Vienne

**********

Prédit me fut, que deuois fermement
Il me fut prédit que je devais fermement
Mir ward gewahrsagt, daß ich einmal sicher
Un iour aymer celui dont la figure
Un jour aimer celui dont la figure
den lieben werde, den man mir beschrieb.
Me fut descrite : et sans autre peinture
Me fut décrite : et sans autre peinture
 und da er kam, erkannt ich ihn: wie glich er
 Le reconnu quand vy premièrement :
Le reconnu quand au premier abord je le vis :
den vorgesagten Bild. Ich sah, es trieb

*

Puis le voyant aymer fatalement,
Puis le voyant, l’aimer fatalement,
ihn sein Verhängnis, und er tat mir leid
Pitié ie pris de sa triste auenture :
Je pris pitié à sa triste aventure :
 in seiner Liebe blindem Abenteuer:
Et tellement ie forçay ma nature,
Et tant que je forçais ma nature,
 so hielt ich denn auch mich für ihn bereit
Qu’autant que lui aymay ardentement.
Qu’autant que lui j’aimais ardemment.
 und gab mir Mühe zu dem gleichen Feuer.

*

Qui n’ust pensé qu’en faueur deuoit croitre
Qui eût pensé que devait croitre
Wer hätte nicht gedacht, es müßte gut
 Ce que le Ciel et destins firent naitre ?
Ce que le Ciel et les destins firent naitre ?
fortschreiten, was Geschick und Himmel wollten?
Mais quand ie voy si nubileus aprets,
Mais quand je vois de si nébuleux apprêts,
 Doch wenn ich denke, was für Donner grollten 

*

Vents si cruels et tant horrible orage :
Vents si cruels et horrible orage :
und wie es sich umzog von allen Seiten:
Ie croy qu’estoient les infernaus arrets,
Je crois qu’étaient les infernaux arrêts,
 mein ich, die Hölle hätte nicht geruht,
 Qui de si loin m’ourdissoient ce naufrage.
Qui de si loin m’ourdissaient ce naufrage.
 mir diese Untergänge zu bereiten. 

********************

Das zwanzigste Sonett
Louise Labé Sonnet XX

Louise Labé Sonnet XIX – Das neunzehnte Sonett

Louise Labé
POESIE FRANCAISE
LOUISE LABE SONNET XIX
Das neunzehnte Sonett




LOUISE LABE
1524-1566

Sonnets Louise Labé par Pierre Woeiriot Artgitato
Louise Labé par Pierre Woeiriot




 

*

Œuvres de Louise Labé
 


SONNET XIX
Das neunzehnte Sonett

-traduction Jacky Lavauzelle-
Übersetzt von Rainer Maria Rilke
Traduction allemande de Rilke

Louise Labé Les Sonnets Giovanni Bellini Jeune Femme à sa toilette 1515 Musée d'histoire de l'Art de VienneGiovanni Bellini
Jeune Femme à sa toilette
1515
Musée d’histoire de l’Art de Vienne

**********

Diane estant en l’espesseur d’un bois,
Diane étant dans l’épaisseur d’un bois,
Diana, atemlos von manchem Tier,
 Apres avoir mainte beste assenee,
Apres avoir maintes bêtes chassées,
stand weit im Wald in einer stillen Lichtung,
Prenait le frais, de Nynfes couronnee :
Prenait le frais, de Nymphes couronnées :
 und ihre Nymphen kamen heiß zu ihr.
I’allois resuant comme fay maintefois,
J’allais rêvant comme maintes fois,
 Ich ging wie immer träumend, ohne Richtung 

*

Sans y penser : quand i’ouy une vois,
Sans y penser : quand j’entendis une voix,
und dachte nicht daran. Da rief mir eine:
Qui m’apela, disant, Nymfe estonnee,
Qui m’appela, disant : Nymphe étonnée,
 Nymphe! Was schaust du so? Nimmst du nicht teil?
Que ne t’es tu vers Diane tournee ?
Pourquoi ne t’es tu vers Diane tournée ?
 Diana wartet. Aber da sie meine
 Et me voyant sans arc et sans carquois,
Et me voyant sans arc et sans carquois :
Hände gewahrte, Bogen nicht noch Pfeil 

*

Qu’as tu trouué, ô campagne, en ta voye,
Qu’as tu trouvé, ô campagne, en ta voix,
in ihnen, staunte sie: was ist geschehn?
Qui de ton arc et flesche ait fait proye ?
Qui de ton arc et flèche ait fait proie ?
 Hat man dir Bogen und Geschoß genommen?
 Ie m’animay, respons ie, à un passant,
Je m’animais, répondis-je, à un passant,
 Ach sagte ich, das hat mich überkommen:

*

Et lui getay en vain toutes mes flesches
Et lui jetais en vain toutes mes flèches
ich folgte Einem, und im Handumdrehn
 Et l’arc apres : mais lui les ramassant
Et l’arc après : mais lui les ramassant
warf ich die Pfeile. Und den Bogen nach.
Et les tirant me fit cent et cent bresches.
Et les tirant me fit cent et cent brèches.
 Er hob sie auf und traf mich hundertfach.

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Das neunzehnte Sonett
Louise Labé Sonnet XIX

Louise Labé Sonnet XVII -Das siebzehnte Sonett

Louise Labé
POESIE FRANCAISE
LOUISE LABE SONNET XVII
Das siebzehnte Sonett




LOUISE LABE
1524-1566

Sonnets Louise Labé par Pierre Woeiriot Artgitato
Louise Labé par Pierre Woeiriot




 

*

Œuvres de Louise Labé
 


SONNET XVII
Das fünfzehnte Sonett

-traduction Jacky Lavauzelle-
Übersetzt von Rainer Maria Rilke
Traduction allemande de Rilke

Louise Labé Les Sonnets Giovanni Bellini Jeune Femme à sa toilette 1515 Musée d'histoire de l'Art de VienneGiovanni Bellini
Jeune Femme à sa toilette
1515
Musée d’histoire de l’Art de Vienne

**********

Ie fuis la vile, et temples et tous lieus,
Je fuis la ville, et les temples et tous les lieux,
Ich flieh die Stadt, die Kirchen, jeden Ort,
Esquels prenant plaisir à t’ouir pleindre,
Dans lesquels prenant plaisir à t’entendre plaindre,
 wo ich dich sehe, wo du dich beklagst
Tu peus, et non sans force, me contreindre
Tu peux, et non sans force, me contraindre
 und, wie du bist, gewaltsam, immerfort
De te donner ce qu’estimois le mieus.
De te donner ce que j’estimais le plus.
 dem näher kommst, was du zu fordern wagst.

*

Masques, tournois, ieus me sont ennuieus,
Masques, tournois, jeux me sont ennuyeux,
Turniere, Spiele, Maskenzüge: nichts
Et rien sans toy de beau ne me puis peindre :
Et sans toi, rien de beau  je ne me puis peindre :
 von alledem ist mit dir zu vergleichen.
Tant que tachant à ce désir esteindre,
Tant qu’essayant d’éteindre ce désir,
 Ich suche meinen Wünschen auszuweichen
Et un nouuel obget faire à mes yeus,
Et un nouvel objet faire à mes yeux,
 und, von dir abgekehrten Angesichts,

*

Et des pensers amoureus me distraire,
Et des pensées amoureuses me distraire,
daß etwas dem Verliebtsein mich entrisse,
Des bois espais sui le plus solitaire :
Être solitaire dans d’épaisses forêts :
 verlier ich im Gehölz mich hin und her;
Mais i’aperçoy, ayant erré maint tour,
Mais j’aperçois, ayant longtemps erré,
 doch alles ist gemacht, damit ich wisse:

*

Que si ie veus de toy estre deliure,
Que si je veux être délivrée de toi,
Ich müßte, um dich wirklich aufzugeben,
Il me conuient hors de moymesme viure.
Il me convient de vivre hors de moi-même.
 aus mir hinaus und außer meiner leben:
Ou fais encor que loin sois en seiour.
Ou encore que je séjourne loin.
 denn als Entfernter bist du dort noch mehr.

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Das siebzehnte Sonett
Louise Labé sonnet XVII

Louise Labé Sonnet XVI – Das sechzehnte Sonett

Louise Labé
POESIE FRANCAISE
LOUISE LABE SONNET XVI
Das sechzehnte Sonett




LOUISE LABE
1524-1566

Sonnets Louise Labé par Pierre Woeiriot Artgitato
Louise Labé par Pierre Woeiriot




 

*

Œuvres de Louise Labé
 


SONNET XVI
Das sechzehnte Sonett

-traduction Jacky Lavauzelle-
Übersetzt von Rainer Maria Rilke
Traduction allemande de Rilke

Louise Labé Les Sonnets Giovanni Bellini Jeune Femme à sa toilette 1515 Musée d'histoire de l'Art de VienneGiovanni Bellini
Jeune Femme à sa toilette
1515
Musée d’histoire de l’Art de Vienne

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Apres qu’un tems la gresle et le tonnerre
Apres que la grêle et le tonnerre
Wenn Wetter eine Zeit und Hagelschauer
 Ont le haut mont de Caucase batu,
Aient battu les monts du Caucase,
oben den hohen Kaukasus umfing,
 Le beau iour vient, de lueur reuétu.
Le beau jour vient ; de lueur revêtu.
kommt langsam wieder schönes Licht zur Dauer.
   Quand Phebus ha son cerne fait en terre,
Quand Phébus fait son auréole sur la terre,
Und Phöbus, wenn er seinen vollen Ring

*

Et l’Ocean il regaigne à grand erre
Et regagne à grande vitesse l’Océan
vollendet hat, tritt rückwärts in die Wogen
Sa seur se montre avec son chef pointu.
Sa sœur qui se montre avec son chef pointu.
 und läßt die schmale Schwester an die Reih.
 Quand quelque tems le Parthe ha combatu,
Quelques instants le Parthe l’a combattu,
Sogar des Parthers Kampfwut geht vorbei,
Il prent la fuite et son arc il desserre.
Il prend la fuite et desserre son arc.
 er flieht zuletzt und schleppt den schlaffen Bogen.

*

Un tems t’ay vù et consolé pleintif,
Un temps je t’ai vu plaintif,
War eine Zeit, da schien dir mein Gefühl
Et defiant de mon feu peu hatif :
Et je t’ai vu méfiant de mon feu peu hâtif :
 (ich tröstete dich manchmal) unentschlossen;
 Mais maintenant que tu m’as embrassee,
Mais maintenant que tu m’as embrassée,
doch jetzt, seit ich in deinen Armen war 

*

Et fuis au point auquel tu me voulois,
Et fuis comme tu me voulais,
und dort, wo du mich wolltest, ganz und gar:
Tu as ta flame en quelque eau arrosee,
Ta flamme s’en trouve quelque peu arrosée,
 hast du dein Feuer plötzlich fortgegossen
Et es plus froit qu’estre ie ne soulois.
Et tu es plus froid que .je n’étais.
 und bist, wie ich es niemals konnte, kühl.

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Das sechzehnte Sonett
Louise Loubé Sonnet XVI

Louise Labé Sonnet XV – Das fünfzehnte Sonett (Rilke)

POESIE FRANCAISE
LOUISE LABE SONNET XV




LOUISE LABE
1524-1566

Sonnets Louise Labé par Pierre Woeiriot Artgitato
Louise Labé par Pierre Woeiriot




 

*

Œuvres de Louise Labé
 


SONNET XV
Das fünfzehnte Sonett

-traduction Jacky Lavauzelle-
Übersetzt von Rainer Maria Rilke
Traduction allemande de Rilke

Louise Labé Les Sonnets Giovanni Bellini Jeune Femme à sa toilette 1515 Musée d'histoire de l'Art de VienneGiovanni Bellini
Jeune Femme à sa toilette
1515
Musée d’histoire de l’Art de Vienne

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Pour le retour du Soleil honorer,
Pour glorifier le retour du Soleil,
Der Sonne, eh sie wiederkommt, zu Ehren
Le Zéphir, l’air serein lui apareille :
Le Zéphyr, l’air serein, à lui s’unit :
erhebt sich leicht der reine Morgenwind.
Et du sommeil l’eau et la terre esueille,
Et éveille du sommeil l’eau et la terre,
Wasser und Erde, siehe, sie erwehren
Qui les gardoit l’une de murmurer
Qui les gardait l’une de murmurer
sich schon des Schlafes, der das eine lind 

*

En dous coulant, l’autre de se parer
En douces chutes, l’autre de se parer
hinrinnen ließ und stärker, lichterloher
De mainte fleur de couleur nompareille.
De maintes fleurs aux infinies couleurs.
 die andre blühen machte. Im Geäst
Ia les oiseaus es arbres font merveille,
Ià les oiseaux et arbres font merveille,
jubeln die Vögel, die’s nicht ruhen läßt,
 Et aus passans font l’ennui moderer :
Et tempère l’ennui des passants :
und wer vorübergeht, wird davon froher. 

*

Les Nymfes ia en mille ieus s’esbatent
Les Nymphes dans mille jeux s’ébattent
Und Nymphen: in den kühlen Wiesen, die
Au cler de Lune, et dansans l’herbe abatent :
Au clair de Lune, et dansant dans l’herbe coupées :
noch Mondschein haben, sind sie schon am Spiele.
Veus tu Zéphir de ton heur me donner,
Veux-tu Zéphire me donner de ton bonheur,
Günstiger Frühwind, wenn es dir gefiele,

*

Et que par toy toute me renouuelle ?
Et que par toi, toute je me renouvelle ?
daß ich mich selbst auch neu an dir belebe.
Fay mon Soleil deuers moy retourner,
Fait que mon Soleil vers moi se retourne,
 O tu nur, daß sich meine Sonne hebe,
 Et tu verras s’il ne me rend plus belle.
Et tu verras s’il ne me rend pas lui aussi plus belle.
 und du sollst sehn: ich werde schön wie nie.

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Louise Labé Sonnet XV

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Louise Labé Sonnet xv artgitato Zéphyr et Flore Jean-François de Troy collection Martha ed Snider PhiladelphieZéphyr et Flore
Jean-François de Troy
collection Martha & Ed Snider Philadelphie

 

Louise Labé Sonnet XII – Das zwölfte Sonett (Rilke)

POESIE FRANCAISE
LOUISE LABE SONNET XII




LOUISE LABE
1524-1566

Sonnets Louise Labé par Pierre Woeiriot Artgitato
Louise Labé par Pierre Woeiriot




 

*

Œuvres de Louise Labé
 


SONNET XII
Das zwölfte Sonett

-traduction Jacky Lavauzelle-
Übersetzt von Rainer Maria Rilke
Traduction allemande de Rilke

Louise Labé Les Sonnets Giovanni Bellini Jeune Femme à sa toilette 1515 Musée d'histoire de l'Art de VienneGiovanni Bellini
Jeune Femme à sa toilette
1515
Musée d’histoire de l’Art de Vienne

**********

 Lut, compagnon de ma calamité,
Luth, compagnon de mon infortune,
Laute, Genossin meiner Kümmernis,
De mes soupirs témoin irreprochable,
De mes soupirs, témoin irréprochable,
 die du ihr beiwohnst innig und bescheiden,
 De mes ennuis controlleur veritable,
De mes ennuis témoin véritable,
gewissenhafter Zeiger meiner Leiden:
   Tu as souuent avec moy lamenté :
Tu as souvent avec moi lamenté :
 wie oft schon klagtest du mit mir. Ich riß

*

Et tant le pleur piteus t’a molesté,
Et tant le désespoir t’obsédait,
 dich so hinein in diesen Gang der Klagen,
Que commençant quelque son delectable,
Qu’en commençant par quelques sons aimables,
 drin ich befangen bin, daß, wo ich je
 Tu le rendois tout soudein lamentable,
Tu les rendais soudainement lamentables,
seligen Ton versuchend angeschlagen,
Feingnant le ton que plein auoit chanté.
Feignant que tout était chanté.
 da unterschlugst du ihn und töntest weh.

*

Et si tu veux efforcer au contraire,
Et si tu veux persévérer au contraire,
Und will ich dennoch anders dich verwenden,
 Tu te destens et si me contreins taire :
Tu te détends et te tendre si tu veux te taire:
entspannst du dich und machst mich völlig stumm.
Mais me voyant tendrement soupirer,
Mais me voyant tendrement soupirer,
 Erst wenn ich wieder stöhne und mich härme,

*

Donnant fauueur à ma tant triste pleinte,
Donnant faveur à ma si triste plainte,
kommst du zu Stimme, und ich fühle Wärme
En mes ennuis me plaire suis contreinte,
Me satisfaire de mes ennuis je suis contrainte,
 in deinem Inneren; so sei es drum:
Et dous mal douce fin espérer.
Et espérer que ce doux mal doucement finisse.
 mag sanft als Leiden (was stets Leid war) enden.

***********************

Louise Labé Sonnet XII

Louise Labé Sonnet XI – Das elfte Sonett (Rilke)

POESIE FRANCAISE
LOUISE LABE SONNET XI




LOUISE LABE
1524-1566

Sonnets Louise Labé par Pierre Woeiriot Artgitato
Louise Labé par Pierre Woeiriot




 

*

Œuvres de Louise Labé
 


SONNET XI
Das elfte Sonett

-traduction Jacky Lavauzelle-
Übersetzt von Rainer Maria Rilke
Traduction allemande de Rilke

Louise Labé Les Sonnets Giovanni Bellini Jeune Femme à sa toilette 1515 Musée d'histoire de l'Art de VienneGiovanni Bellini
Jeune Femme à sa toilette
1515
Musée d’histoire de l’Art de Vienne

**********

Ô dous regars, ô yeus pleins de beauté,
Ô doux regards, ô yeux pleins de beauté,
O Blicke, Augen aller Schönheit voll,
 Petis iardins, pleins de fleurs amoureuses
Petits jardins, débordants de fleurs amoureuses
wie kleine Gärten, die in Liebe stehen:
 Ou sont d’Amour les flesches dangereuses,
Où sont, d’Amour, les flèches dangereuses,
was hab ich lange da hinein gesehen,
Tant à vous voir mon œil s’est arresté !
Qu’à vous voir mon regard s’est arrêté !
 obwohl ich eure Pfeile meiden soll.

*

Ô cœur félon, ô rude cruauté,
Ô cœur félon, ô rude cruauté,
Zweideutiges Herz, du hältst mich grausam fest
Tant tu me tiens de façons rigoureuses,
Tant tu me tiens de façons rigoureuses,
 mit deinem Starrsein, deinem fürchterlichen,
Tant j’ai coulé de larmes langoureuses,
Tant j’ai coulé de larmes langoureuses,
 wie viele Tränen hast du mir erpreßt,
Sentant l’ardeur de mon cœur tourmenté !
Sentant l’ardeur de mon cœur tourmenté !
 wenn ich mein Herz, das brennt, mit dir verglichen.

*

Donques, mes yeus, tant de plaisir auez,
Ainsi, mes yeux par tant de plaisir intéressés,
Ihr Augen, ja, je mehr ihr dorthin schaut,
Tant de bons tours par ses yeux receuez :
Tant de bons retours par ses yeux recevez :
 je mehr wird euch des Anblicks Lust vertraut;
Mais toy, mon cœur, plus les vois s’y complaire,
Mais toi, mon cœur, plus tu les vois s’y complaire,
 doch du mein Herz, wenn sie sich ganz verlieren 

*

Plus tu languiz, plus en as de souci,
Plus tu languis, plus tu en as souci,
 in ihrem Schauen, hast davon nur Qual.
 Or deuinez si ie suis aise aussi,
Or devinez si je suis aise aussi,
 Wie soll ich ruhig sein ein einziges Mal:
Sentant mon œil estre à mon cœur contraire.
Sentant mon œil à mon cœur contraire.
 dein Glück ist nicht vereinbar mit dem ihren.

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Louise Labé Sonnet XI

Louise Labé Sonnet X – Das zehnte Sonett (Rilke)

POESIE FRANCAISE
LOUISE LABE SONNET X




LOUISE LABE
1524-1566

Sonnets Louise Labé par Pierre Woeiriot Artgitato
Louise Labé par Pierre Woeiriot




 

*

Œuvres de Louise Labé
 


SONNET X
Das zehnte Sonett

-traduction Jacky Lavauzelle-
Übersetzt von Rainer Maria Rilke
Traduction allemande de Rilke

Louise Labé Les Sonnets Giovanni Bellini Jeune Femme à sa toilette 1515 Musée d'histoire de l'Art de VienneGiovanni Bellini
Jeune Femme à sa toilette
1515
Musée d’histoire de l’Art de Vienne

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Quand i’aperçoy ton blond chef couronné
Quand j’aperçois ta tête blonde couronnée
Seh ich dein Haupt, das blonde, schöngekrönt,
D’un laurier verd, faire un Lut si bien pleindre,
D’un vert laurier, faire si bien plaindre le luth,
 und deiner Laute Klagen, so beflissen,
 Que tu pourrois à te suiure contreindre
Que tu pourrais contraindre à te suivre
 daß Bäume ihr und Felsen, hingerissen,
 Arbres et rocs : quand ie te vois orné,
Arbres et rocs : quand je te vois ainsi orné,
 nachdrängen möchten, wo sie tönt; 

*

Et de vertus dix mile enuironné,
Et de dix mille vertus aussi entouré,
seh ich dich selbst inmitten deiner Kraft
 Au chef d’honneur plus haut que nul atteindre :
Au plus grand honneur que nul ne peut atteindre :
 auf alle Art den größten Preis erreichen
 Et des plus hauts les louenges esteindre :
Et des plus hautes louanges que nul ne peut éteindre :
und immer aufglühn und die andern bleichen,
Lors dit mon cœur en soy passionné :
Alors, mon cœur passionné dit en lui-même :
 so sagt sich meines Herzens Leidenschaft:

*

Tant de vertus qui le font estre aymé,
Par des vertus qui te font être aimé,
Kann so viel Eignung, Tugend und Talent,
Qui de chacun te font estre estimé,
Qui de chacun te font être estimé,
 die macht, daß jeder gleich für dich entbrennt,
 Ne te pourroient aussi bien faire aymer ?
Ne pourraient-elles point aussi bien te faire aimer ?
 dich selber nicht am Ende lieben machen? 

*

Et aioutant à ta vertu louable
Et ajoutant à ta louable vertu
Zu deinen tausend Titeln käme dies:
Ce nom encor de m’estre pitoyable,
Ce nom de m’être encore pitoyable,
 daß deine Liebe sich erbitten ließ,
De mon amour doucement t’enflamer ?
De mon amour doucement t’enflammer ?
 sich an der meinen zärtlich zu entfachen.

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Louise Labé Sonnet X