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Apollo and Daphne – APOLLON ET DAPHNE – APOLLO E DAFNE – 阿波罗和达芙妮 – GALERIE BORGHESE – GALLERIA BORGHESE -博吉斯画廊

ROME – ROMA – 罗马
Apollo and Daphne
Bernini Apollon et Daphné
LA VILLA BORGHESE
博吉斯画廊

Armoirie de Rome

 Photos  Jacky Lavauzelle

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LA GALERIE BORGHESE
博吉斯画廊
GALLERIA BORGHESE

BERNINI
LE BERNIN

济安·贝尼尼
Gian Lorenzo Bernini
1598-1680

APOLLON ET DAPHNE
Apollo and Daphne
阿波罗和达芙妮
Apollo e Dafne
1622-1625

Marbre – Marmo statuario – marble – 大理石

Apollo and Daphne Apollon et Daphné Apollo e Dafne Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato (1)




Apollo and Daphne Apollon et Daphné Apollo e Dafne Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato (2) Apollo and Daphne Apollon et Daphné Apollo e Dafne Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato (3) Apollo and Daphne Apollon et Daphné Apollo e Dafne Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato (4) Apollo and Daphne Apollon et Daphné Apollo e Dafne Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato (5) Apollo and Daphne Apollon et Daphné Apollo e Dafne Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato (6) Apollo and Daphne Apollon et Daphné Apollo e Dafne Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato (7) Apollo and Daphne Apollon et Daphné Apollo e Dafne Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato (8)




Jean de La Fontaine
Daphné
Barbin et Thierry, 1682 (p. 132)

DAPHNÉ, ſe jetant à ſes genoux 
Faites-les arreſter.
Pouvez-vous bien me voir à vos pieds toute en larmes,
Sans vous laiſſer toucher le cœur ?

APOLLON
 Daphné, C’eſt contre vous que retournent ces armes.
La pitié redouble vos charmes ;
En combattant l’amour, elle le rend vainqueur.
Votre douleur vous nuit ; vous en eſtes plus belle.
Venez, venez eſtre immortelle :
Je l’obtiendrai du Sort, ou je jure vos yeux
Que les cieux
Regretteront noſtre préſence.
Zéphyrs, enlevez-la malgré ſa réſiſtance.




DAPHNÉ, s’enfuyant 
Ô dieux ! conſentez-vous à cette violence ?Apollo and Daphne Apollon et Daphné Apollo e Dafne Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato (9) Apollo and Daphne Apollon et Daphné Apollo e Dafne Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato (10) Apollo and Daphne Apollon et Daphné Apollo e Dafne Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato (11) Apollo and Daphne Apollon et Daphné Apollo e Dafne Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato (12) Apollo and Daphne Apollon et Daphné Apollo e Dafne Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato (13) Apollo and Daphne Apollon et Daphné Apollo e Dafne Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato (14) Apollo and Daphne Apollon et Daphné Apollo e Dafne Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato (15) Apollo and Daphne Apollon et Daphné Apollo e Dafne Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato (16) Apollo and Daphne Apollon et Daphné Apollo e Dafne Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato (17)

 
OVIDE
Les Métamorphoses, livre I




Traduction par auteurs multiples.
Texte établi par Désiré Nisard, Firmin-Didot, 1850
pp. 251-268

Le premier objet de la tendresse d’Apollon fut Daphné, fille du fleuve Pénée. Cette passion ne fut point l’ouvrage de l’aveugle hasard, mais la vengeance de l’amour irrité : Le Dieu de Délos, dans l’orgueil de sa victoire, avait vu Cupidon qui tendait avec effort la corde de son arc : « Faible enfant, lui dit-il, que fais-tu de ces armes pesantes ? Ce carquois ne sied qu’à l’épaule du dieu qui peut porter des coups certains aux bêtes féroces comme à ses ennemis, et qui vient d’abattre, sous une grêle de traits, ce monstre dont le ventre, gonflé de tant de poisons, couvrait tant d’arpents de terre. Contente-toi d’allumer, avec ton flambeau, je ne sais quelles flammes amoureuses, et garde-toi bien de prétendre à mes triomphes ». Le fils de Vénus, répondit : « Apollon, rien n’échappe à tes traits, mais tu n’échapperas pas aux miens : autant tu l’emportes sur tous les animaux, autant ma gloire est au dessus de la tienne ». Il dit, et, frappant la terre de son aile rapide, il s’élève et s’arrête au sommet ombragé du Parnasse : il tire de son carquois deux flèches dont les effets sont bien différents ; l’une inspire l’amour, et l’autre le repousse : la première est dorée, sa pointe est aiguë et brillante, la seconde n’est armée que de plomb, et sa pointe est émoussée. C’est de ce dernier trait que le dieu atteint la fille de Pénée ; c’est de l’autre qu’il blesse Apollon et le perce jusqu’à la moelle des os. Apollon aime aussitôt, et Daphné hait jusqu’au nom de son amant ; émule de la chaste Diane, elle aime à s’égarer au fond des bois, à la poursuite des bêtes féroces, et à se parer de leurs dépouilles. Un seul bandeau rassemble négligemment ses cheveux épars. Mille amants lui ont offert leur hommage ; elle l’a rejeté, et pleine d’un dédain sauvage pour les hommes qu’elle ne connaît pas encore, elle parcourt les solitudes des forêts, heureuse d’ignorer et l’amour et l’hymen et ses nœuds. Souvent son père lui disait : « Ma fille, tu me dois un gendre ». Il lui répétait souvent : « Ma fille, tu me dois une postérité ». Mais Daphné, repoussant comme un crime la pensée d’allumer les flambeaux de l’hymen, rougissait, et la pudeur donnait un nouveau charme à sa beauté ; et suspendue au cou de son père qu’elle enlaçait de ses bras caressants : « Cher auteur de mes jours, disait-elle, permettez-moi de garder toujours ma virginité ; Jupiter accorda cette grâce à Diane ». Pénée cède aux désirs de sa fille. Inutile victoire ! tes grâces, ô Daphné, s’opposent à tes desseins, et ta beauté résiste à tes vœux. Cependant Phébus aime ; il a vu Daphné et veut s’unir à elle : il espère ce qu’il désire ; espérance vaine ! car son oracle le trompe lui-même. Comme on voit s’embraser le chaume léger après la moisson, comme la flamme consume une haie dont l’imprudent voyageur approche son flambeau, ou près de laquelle il le laisse aux premiers rayons du jour, ainsi s’embrase et se consume le cœur d’Apollon, ainsi il nourrit, en espérant, d’inutiles ardeurs. Il voit les cheveux de la nymphe flotter négligemment sur ses épaules. « Et que serait-ce, dit-il, si l’art les avait arrangés ? » Il voit ses yeux briller comme des astres : il voit sa bouche vermeille (c’est peu que de la voir) : il admire et ses doigts et ses mains, et ses bras plus que demi-nus ; et ce que le voile cache à ses yeux, son imagination l’embellit encore. Daphné fuit plus rapide que le vent, et c’est en vain qu’il cherche à la retenir par ses discours : « Nymphe du Pénée, je t’en conjure, arrête : ce n’est pas un ennemi qui te poursuit. Arrête, nymphe, arrête ! la brebis fuit le loup, la biche le lion, et devant l’aigle s’envole la tremblante colombe ; chacun se dérobe à son ennemi. Mais c’est l’amour qui me précipite sur tes traces. Malheureux que je suis ! Prends garde de tomber ! Que ces épines cruelles ne blessent pas tes pieds délicats ! Que je ne sois pas pour toi une cause de douleur ! Les sentiers où tu cours sont rudes et difficiles : Ah ! de grâce, modère ta vitesse, ralentis ta fuite, et je ralentirai moi-même mon ardeur à te suivre. Connais du moins celui qui t’aime : ce n’est point un sauvage habitant des montagnes, ni un pâtre hideux préposé à la garde des bœufs et des brebis : imprudente, tu ne sais pas qui tu fuis, tu ne le sais pas, et c’est pour cela que tu fuis : Delphes, Claros, Ténédos et Patare obéissent à mes lois. Jupiter est mon père : ma bouche dévoile aux mortels l’avenir, le passé, le présent : ils me doivent l’art d’unir aux accents de ia lyre les accents de la voix. Mes flèches sont sûres de leurs coups : hélas ! il en est une plus sûre encore qui m’a percé le cœur. Je suis l’inventeur de la médecine ; le monde m’honore comme un dieu secourable, et la vertu des plantes est sans mystères pour moi ; mais en est-il quelqu’une qui guérisse de l’amour ? Mon art, utile à tous les hommes, est, hélas ! impuissant pour moi-même ! » Il parlait ; mais, emportée par l’effroi, la fille de Pénée précipite sa fuite, et laisse bien loin derrière elle Apollon et ses discours inachevés. Elle fuit, et le dieu lui trouve encore des charmes : le souffle des vents soulevait à plis légers sa robe entr’ouverte ; Zéphire faisait flotter en arrière ses cheveux épars, et sa grâce s’embellissait de sa légèreté. Las de perdre dans les airs de vaines prières, et se laissant emporter par l’amour sur les traces de Daphné, le jeune dieu les suit d’un pas plus rapide. Lorsqu’un chien gaulois découvre un lièvre dans la plaine, on les voit déployer une égale vitesse, l’un pour sa proie, l’autre pour son salut : le chien vole, comme attaché aux pas du lièvre ; il croit déjà le tenir, et le cou tendu, allongé, semble mordre sa trace ; le lièvre, incertain s’il est pris, évite la gueule béante de son ennemi, et il échappe à la dent déjà prête à le saisir. Tels on voit Apollon et Daphné : l’espérance le rend léger, la peur la précipite. Mais, soutenu sur les ailes de l’amour, le dieu semble voler ; il poursuit la nymphe sans relâche, et, penché sur la fugitive, il est si près de l’atteindre, que le souffle de son haleine effleure ses cheveux flottants. Trahie par ses forces, elle pâlit enfin, et, succombant à la fatigue d’une course aussi rapide, elle tourne ses regards vers les eaux du Pénée. « S’il est vrai, s’écrie-t-elle, que les fleuves participent à la puissance des dieux, ô mon père, secourez-moi. Et toi, que j’ai rendue témoin du funeste pouvoir de mes charmes, terre, ouvre-moi ton sein, ou détruis, en me changeant, cette beauté qui cause mon injure ». À peine elle achevait cette prière, que ses membres s’engourdissent ; une écorce légère enveloppe son sein délicat ; ses cheveux verdissent en feuillage, ses bras s’allongent en rameaux ; ses pieds, naguère si rapides, prennent racine et s’attachent à la terre ; la cime d’un arbre couronne sa tête ; il ne reste plus d’elle-même que l’éclat de sa beauté passée. Apollon l’aime encore, et, pressant de sa main le nouvel arbre, il sent, sous l’écorce naissante, palpiter le cœur de Daphné. Il embrasse, au lieu de ses membres, de jeunes rameaux, et couvre l’arbre de baisers, que l’arbre semble repousser encore : « Ah ! dit-il, puisque tu ne peux devenir l’épouse d’Apollon, sois son arbre du moins : que désormais ton feuillage couronne et mes cheveux et ma lyre et mon carquois. Tu seras l’ornement des guerriers du Latium, lorsqu’au milieu des chants de victoire et d’allégresse, le Capitole verra s’avancer leur cortège triomphal. Garde fidèle du palais des Césars, tu couvriras de tes rameaux tutélaires le chêne qui s’élève à la porte de cette auguste demeure ; et de même que ma longue chevelure, symbole de jeunesse, sera toujours respectée et du fer et des ans, je veux aussi parer ton feuillage d’un printemps éternel ». Il dit, et le laurier, inclinant ses jeunes rameaux, agita doucement sa cime : c’était le signe de tête de Daphné, sensible aux faveurs d’Apollon.

Apollo and Daphne Apollon et Daphné Apollo e Dafne Galerie Borghese Galleria Borghese artgitato (18)

STEPHANE MALLARME
LES DIEUX ANTIQUES
J. Rothschild, éditeur, 1880
pp. 213-214

ARÉTHUSE, MYTHE GREC ET LATIN.
(Grec : Arèthouça.)

Aréthuse est une des Néréides, ou filles de Nérée ; elle tient vis-à-vis de Zeus la situation d’Hélios vis-à-vis de Phoïbos.



L’histoire qu’on raconte à son sujet est charmante. Le chasseur Alphée la poursuivit, comme Apollon, Daphné ; et, ainsi que Daphné, Aréthuse, pour échapper, se jeta dans le courant, les nymphes de la mer la portant jusqu’aux rives d’Ortygie. Alphée l’y suivit ; et poussée au désespoir, Aréthuse plongea dans la fontaine qui porte son nom. Alphée, impuissant à supporter cette perte, plongea aussi dans les eaux, au fond desquelles il obtint cet amour que la nymphe lui avait refusé pendant sa vie. Ce conte n’est pas sans quelque signification, ni sans rapport avec un autre. Voyez-y la séparation d’Héraclès et d’Iole, laquelle retrouve le dieu seulement quand ses labeurs sont finis. Le rivage où se rencontrent Aréthuse et Alphée est la terre des crépuscules du matin et du soir.

Papa Paolo V BORGHESE – PAPE PAUL V BORGHESE – GALLERIA BORGHESE ROMA – GALERIE BORGHESE ROME

ROME – ROMA
PAUL V – PAOLO V
LA VILLA BORGHESE

Armoirie de Rome

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LA GALERIE BORGHESE
GALLERIA BORGESE

BERNINI –  LE BERNIN
Gian Lorenzo Bernini
1598-1680

Busto di Papa Paolo V Borghese
Buste du Pape Paul V Borghese
Camille Borghèse
Camillo Borghese
1618

Marmo – Marbre – Marble

Camille Borghèse – Camillo Borghese
1550-1621
PAUL V BORGHESE
PAOLO V BORGHESE

Pape élu le 16 mai 1605
Busto di Papa Paolo V Borghese Pape Paul V Borghese Rome Roma Camillo Borghese

« Sous Borghèse, Paul V, renaquit l’ancienne querelle de la juridiction séculière et de l’ecclésiastique, qui avait fait verser autrefois tant de sang. (1605) Le sénat de Venise avait défendu les nouvelles donations faites aux églises sans son concours, et surtout l’aliénation des biens-fonds en faveur des moines. Il se crut aussi en droit de faire arrêter et de juger un chanoine de Vicence, et un abbé de Nervèse, convaincus de rapines et de meurtres. »
VOLTAIRE
Essai sur les mœurs et l’esprit des nations
Chapitre CLXXXV
Des successeurs de Sixte-Quint
Edition Garnier – Tome 13

Busto di Papa Paolo V Borghese Pape Paul V Borghese Rome Roma Artgitato

« On convient généralement que le Vatican doit une grande partie de sa belle bibliothèque à celle de l’électeur Palatin, que le comte de Tilly prit avec Heidelberg en 1622. D’autres cependant prétendent, & ce semble avec raison, que Paul V. qui était pour lors pape, n’eut qu’une très-petite & même la plus mauvaise partie de la bibliothèque Palatine ; tous les ouvrages les plus estimables ayant été emportés par d’autres, & principalement par le duc de Bavière. »
BIBLIOTHEQUE
L’ENCYCLOPEDIE
Texte établi par D’Alembert – Diderot, 1751
Tome 2 – pp. 228-240

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« La seconde catégorie est d’origine pontificale. Ses titres et ses revenus ont leur source dans le népotisme. Durant le cours du XVIIe siècle, Paul V, Urbain VIII, Innocent X, Alexandre VII, Clément IX, Innocent XI ont créé les Borghèse, les Barberini, les Pamphili, les Chigi, les Rospigliosi, les Odescalchi. C’était à qui placerait plus haut sa petite famille. Les domaines des Borghèse, qui font une assez jolie tache sur la carte d’Europe, nous prouvent que Paul V n’était pas un oncle dénaturé. Les papes ont conservé l’habitude d’anoblir leurs parents, mais le scandale de leurs libéralités s’arrête à Pie VI, auteur de la famille Braschi (1775-1800). »
Edmond About
La Question Romaine
Chapitre VII La Noblesse
Michel Lévy Frères (coll. Hetzel)
1861 – 2e éd. – pp. 61-74

 

BERNINI : NETTUNO E UN DELFINO – NEPTUNE ET UN DAUPHIN – Neptune with a Dolphin

ROME – ROMA
Bernini Villa Borghèse ROMA
LA VILLA BORGHESE

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LA GALERIE BORGHESE
GALLERIA BORGHESE

 

BERNINI
LE BERNIN
Gian Lorenzo Bernini
1598-1680

NETTUNO E UN DELFINO
NEPTUNE ET UN DAUPHIN Neptune with a Dolphin
~1622
bronzo – bronze

NETTUNO E UN DELFINO Neptune et un dauphin Neptune with a dolphin 2

DIDEROT
L’ENCYCLOPEDIE
1ère édition – 1751

AMPHITRITE
Myth. fille de l’Océan & de Doris, qui consentit à épouser Neptune, à la persuasion d’un dauphin, qui pour sa récompense fut placé parmi les astres. Spanheim dit qu’on la représentoit moitié femme & moitié poisson.

Il y avoit aussi deux Néréides du même nom.

NETTUNO E UN DELFINO Neptune et un dauphin Neptune with a dolphin

BIOGRAPHIE UNIVERSELLE ANCIENNE & MODERNE
1ère édition
1811
AMPHITRITE
, Άμφιτρίτη, la plus célèbre des filles de Nérée et de Doris, épousa Neptune après avoir long-temps opposé des refus à ses vœux. Sa répugnance pour le mariage allait à un tel point, qu’elle se réfugia secrètement dans une grotte du mont Atlas, et qu’il fallut que Neptune, pour la retrouver, envoyât à sa recherche le fameux dauphin, que plus tard sa reconnaissance plaça parmi les astres (Eratosthène, Catastérism., 31 ; Apollodore, I, ii, 22 ; Hésiode, Théogonie, 243).

Bernini : L’Enlèvement de Proserpine – LE RAPT DE PROSERPINE – RATTO DI PROSERPINA – The Rape of Proserpina – GALERIE BORGHESE – GALLERIA BORGHESE

ROME – ROMA
Bernini Villa Borghèse ROMA
LA VILLA BORGHESE

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Rapt de Proserpine Ratto di Proserpina L'enlèvement de Proserpine artgitato Galleria Borghese Galerie Borghese 12

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LA GALERIE BORGHESE
GALLERIA BORGHESE

 

BERNINI
LE BERNIN
Gian Lorenzo Bernini
1598-1680

 

L’Enlèvement de Proserpine
Le Rapt de Proserpine
Ratto di Proserpina
1621-1622

Marbre Statuaire
Marmo Statuario

Rapt de Proserpine Ratto di Proserpina L'enlèvement de Proserpine artgitato Galleria Borghese Galerie Borghese 1 

Rapt de Proserpine Ratto di Proserpina L'enlèvement de Proserpine artgitato Galleria Borghese Galerie Borghese 2

« EPACHTES, s. f. (Hist. anc.) fêtes que les Athéniens célébraient en l’honneur de Cérès, & en commémoration de la douleur qu’elle ressentit de l’enlèvement de Proserpine sa fille. Le mot épachtes est composé de ἐπὶ, sur, & ἄχθος, douleur. »
« ACHÉENNE, adj. pris subst. (Myth.) surnom qu’on donna à Cérès à cause de la douleur qu’elle ressentit de l’enlèvement de Proserpine sa fille. Cérès achéenne, c’est-à-dire, Cérès la triste ou la désolée. »

DIDEROT
L’ENCYCLOPEDIE
1ère Edition – 1751

Rapt de Proserpine Ratto di Proserpina L'enlèvement de Proserpine artgitato Galleria Borghese Galerie Borghese 3

L’ENEIDE
Virgile
SIXIEME LIVRE
Traduction Jean-Nicolas-Marie Deguerle
Delalain, 1825 – 1
C’est là que l’énorme Cerbère fait retentir de son triple aboiement les livides royaumes ; Cerbère, hideux sentinelle, toujours veillant sous sa roche caverneuse. Déjà se dressaient les serpents qui sifflent sur sa tête : mais la prêtresse lui jette une pâte assoupissante, pétrie de pavots et de miel. Le monstre que la faim dévore, ouvrant à la fois ses trois gueules, engloutit la proie qui les tente. Soudain appesanti, son vaste corps chancelle, tombe, et de son immense étendue remplit son repaire immense. Énée franchit le passage dont le gardien sommeille ; et plus prompt que l’éclair, il s’éloigne du fleuve qu’on passe sans retour.

Rapt de Proserpine Ratto di Proserpina L'enlèvement de Proserpine artgitato Galleria Borghese Galerie Borghese 4

PIERRE CORNEILLE
MELITE
ACTE IV – Scène 9
ERASTE
Tu t’enfuis donc, barbare, et me laissant en proie

À ces cruelles sœurs, tu les combles de joie ?
Non, non, retirez-vous, Tisiphone, Alecton,
Et tout ce que je vois d’officiers de Pluton :
Vous me connoissez mal ; dans le corps d’un perfide
Je porte le courage et les forces d’Alcide.
Je vais tout renverser dans ces royaumes noirs,
Et saccager moi seul ces ténébreux manoirs.
Une seconde fois le triple chien Cerbère
Vomira l’aconit en voyant la lumière ;
J’irai du fond d’enfer dégager les Titans,
Et si Pluton s’oppose à ce que je prétends,
Passant dessus le ventre à sa troupe mutine,
J’irai d’entre ses bras enlever Proserpine.

Rapt de Proserpine Ratto di Proserpina L'enlèvement de Proserpine artgitato Galleria Borghese Galerie Borghese 5

Dans l’épaisseur d’un arbre touffu se cache un rameau mystérieux, dont la tige d’or s’incline sous le poids d’un feuillage d’or : c’est l’offrande consacrée à la Junon des enfers. Le vaste ombrage des bois le cache aux rayons du soleil, et l’obscurité d’un vallon tortueux en écarte les regards profanes. Nul ne peut percer la nuit des voûtes souterraines, qu’il n’ait détaché du tronc la branche précieuse. C’est le présent qu’on doit offrir à la belle Proserpine : elle en exige le tribut. Au rameau d’or cueilli succède un nouveau rameau d’or ; et l’immortel métal renaît toujours paré de sa brillante chevelure.

L’ENEIDE
Virgile
SIXIEME LIVRE
Traduction Jean-Nicolas-Marie Deguerle
Delalain, 1825 – 1

Rapt de Proserpine Ratto di Proserpina L'enlèvement de Proserpine artgitato Galleria Borghese Galerie Borghese 6 Rapt de Proserpine Ratto di Proserpina L'enlèvement de Proserpine artgitato Galleria Borghese Galerie Borghese 7 Rapt de Proserpine Ratto di Proserpina L'enlèvement de Proserpine artgitato Galleria Borghese Galerie Borghese 8 Rapt de Proserpine Ratto di Proserpina L'enlèvement de Proserpine artgitato Galleria Borghese Galerie Borghese 9 Rapt de Proserpine Ratto di Proserpina L'enlèvement de Proserpine artgitato Galleria Borghese Galerie Borghese 10  Rapt de Proserpine Ratto di Proserpina L'enlèvement de Proserpine artgitato Galleria Borghese Galerie Borghese 13 Rapt de Proserpine Ratto di Proserpina L'enlèvement de Proserpine artgitato Galleria Borghese Galerie Borghese 14 Rapt de Proserpine Ratto di Proserpina L'enlèvement de Proserpine artgitato Galleria Borghese Galerie Borghese 15 Rapt de Proserpine Ratto di Proserpina L'enlèvement de Proserpine artgitato Galleria Borghese Galerie Borghese 16

PROSERPINE
par Jaucourt
L’ENCYCLOPEDIE
1ère édition -1751
Tome 13

PROSERPINE, s. m. (Mythologie.) fille de Cérès, femme de Pluton & souveraine des enfers. Pluton ne put l’épouser qu’en l’enlevant à Cérès sa mère.

Les Siciliens célébraient tous les ans l’enlèvement de Proserpine par une fête qu’ils mettaient vers le tems de la récolte, & la recherche que fit Cérès de sa fille dans le temps des semailles. Celle-ci durait dix jours entiers, & l’appareil en était éclatant ; mais dans tout le reste, dit Diodore, le peuple assemblé affectait de se conformer à la simplicité du premier âge. On dit que Jupiter sous la figure d’un dragon eut commerce avec Proserpine sa propre fille ; de-là vient que dans les mystères sabasiens, on faisait entrer un serpent qui se glissait sur le sein de ceux qu’on initiait.
Proserpine était la divinité tutélaire de Sardes. Une médaille qui paraît avoir été frappée sous le règne de Gordien Pie, représente du côté de la tête une femme couronnée de tours, avec la légende ϹΑΡΔΙϹ ; & au revers la figure de Proserpine. On voit la même déesse représentée sur une médaille du cabinet de M. Pellerin, avec la légende ϹΑΡΔΙΑΝΩΝ Β. ΝΕΩΚΟΡΩΝ ; de l’autre côté, une tête de femme couronnée de tours & voilée, avec le nom ϹΑΡΔΙϹ. La tête de Proserpine sans légende paraît sur deux médailles du cabinet du roi, & au revers une massue dans une couronne de feuilles de chêne avec le nom ϹΑΡΔΙΑΝΩΝ. L’enlèvement de cette déesse par Pluton est représenté sur plusieurs autres médailles. Enfin les médailles frappées sous les Antonins, pour constater l’ΟΜΟΝΟΙΑ de cette ville avec Ephese, représentent Proserpine d’un côté, & Diane éphésienne de l’autre.
Les jeux ΚΟΡΑΙΑ, célébrés à Sardes en l’honneur de cette déesse tutélaire de leur ville, sont marqués sur deux médailles très-rares du cabinet de M. Pellerin, frappées sous Caracalla. Elles représentent d’un côté la tête de l’empereur couronnée de laurier avec la légende ΑΥΤ. Κ. Μ. ΑΥΡ. ϹΕ….. ΑΝΤΟΝΕΙΝΟϹ ; au revers Proserpine assise, ayant à droite un pavot, & à gauche un épi, légende ΕΠΙ ΑΝ. ΡΟΥΦΟΥ ΑΡΧ. Α. ΤΟ. Γ... dans le champ ; ΚΟΡΑΙΑ. ΑΚΤΙΑ sur une base, & au-dessous ϹΑΡΔΙΑΝΩΝ ΔΙϹ ΝΕΩΚΟΡΩΝ.
Les fêtes de Proserpine sont appellées ΚΟΡΕΙΑ par le scholastique de Pindare, par Plutarque & par Hésychius, dont Meursius cite les témoignages. Les Sardiens célébroient les jeux actiaques, ΚΟΡΑΙΑ ΑΚΤΙΑ, en l’honneur de Proserpine.
Dans les sacrifices qu’on offroit à cette déesse, on lui immoloit toujours des vaches noires ; le pavot étoit son symbole. Les Gaulois regardoient Proserpine comme leur mere, & lui avoient bâti des temples. Claudien, poëte latin, qui vivoit sous l’empire de Théodose, a donné un poëme sur le ravissement de Proserpine.
On sait que la plûpart des mythologues regardent cet enlèvement comme une allégorie qui a rapport à l’agriculture. Selon eux, Proserpine est la vertu des semences cachées dans la terre ; Pluton est le soleil qui fait son cours au-dessous de la terre au solstice d’hiver. Le grain qu’on jette dans le sein de la terre, & qui, après y avoir demeuré environ six mois, en sort par la moisson ; c’est Proserpine qui est six mois sur la terre & six mois aux enfers. D’anciens historiens croient que Proserpine, fille de Cérès, reine de Sicile, fut réellement enlevée par Pluton ou Aidonée, roi d’Epire, parce qu’elle lui avoit été refusée par sa mere.
Au reste, le peuple croyait que personne ne pouvait mourir que Proserpine par soi-même, ou par le ministère d’Atropos, ne lui eût coupé un certain cheveu dont dépendait la vie des hommes. C’est ainsi que Didon, dans Virgile, après s’être percé le sein, ne pouvait mourir, parce que Proserpine ne lui avait pas encore coupé le cheveu fatal, & ne l’avait pas encore condamnée à descendre aux enfers.
Nondum illi flavum Proserpina vertice crinem
Abstulerat, stygioque caput damnaverat orco.
(D. J.)
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CANTIQUE SPIRITUEL Saint Jean de la Croix CANTICO ESPIRITUAL Juan de la Cruz Texte & Traduction

musée diocésain de Valladolid   Espagne Traduction Jacky Lavauzelle
musée diocésain de Valladolid Espagne

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LITTERATURE ESPAGNOLE
Literatura española
JEAN DE LA CROIX
Juan de la Cruz
1542 – 1591

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Saint Jean de la Croix Trad Jacky Lavauzelle




Literatura española
Traduction Jacky Lavauzelle
Juan de la Cruz

Literatura española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro

Juan de la Cruz


San Juan de la Cruz- Saint Jean de la Croix
1542-1591

 

Cantique Spirituel Saint Jean de la Croix San Juan de la Cruz Cantico Espiritual Artgitato

CANTICO ESPIRITUAL
CANTIQUE SPIRITUEL

1584
Cántico A
Première Publication Française 1622

Canciones entre el alma y el Esposo
Chansons entre l’âme et l’Epoux

Esposa
La Femme

1
¿Adónde te escondiste,
t’es-tu caché,
Amado, y me dejaste con gemido?
Bien-aimé, en me laissant gémir?
Como el ciervo huiste,
Tu as fui comme le cerf,
habiéndome herido;
après la blessure;
salí tras ti clamando, y eras ido.
Je suis sortie t’appeler, et tu étais parti.

2
Pastores, los que fuerdes
Bergers, vous qui parcouraient
  allá por las majadas al otero:
avec vos troupeaux dans la montagne:
si por ventura vierdes
si par aventures vous rencontrez
aquel que yo más quiero,
celui que je désire le plus,
decidle que adolezco, peno y muero.
dîtes-lui quelle douleur, quelle peine et quelle mort.

3
Buscando mis amores,
A la recherche de mes amours,
iré por esos montes y riberas;
J’irai les chercher par ces collines et par ces rivières ;
ni cogeré las flores,
sans cueillir les fleurs,
  ni temeré las fieras,
ni craindre les bêtes sauvages;
y pasaré los fuertes y fronteras.
et passerai les forts et les frontières.

Pregunta a las criaturas
Demandez aux créatures

4
¡Oh bosques y espesuras,
Ô bois et fourrés,
plantadas por la mano del Amado!
plantés par la main de l’Aimé!
   ¡Oh prado de verduras,
Ô pré de verdure,
  de flores esmaltado!
de fleurs émaillées!
Decid si por vosotros ha pasado.
Dites s’il est passé parmi vous.

Respuesta de las criaturas
Réponses des créatures

5
Mil gracias derramando
Mille grâces il a semé
pasó por estos Sotos con presura,
il passa par ces bosquets à la hâte,
 e, yéndolos mirando,
et les a regardés,
con sola su figura
avec seulement son regard
vestidos los dejó de su hermosura.
il les a vêtus de sa beauté.

Esposa
La Femme

6
¡Ay, quién podrá sanarme!
Hélas, qui peut me guérir!
Acaba de entregarte ya de vero:
Juste dis-moi vraiment :
no quieras enviarme
je ne veux plus que tu m’envoies
  de hoy más ya mensajero,
à compter d’aujourd’hui de ces messagers,
que no saben decirme lo que quiero.
qui ne savent pas me dire ce que je veux.

7
Y todos cuantos vagan
Et tous ce qui errent
de ti me van mil gracias refiriendo,
de toi, me vient mille grâces,
  y todos más me llagan,
qui toutes me pénètrent,
 y déjame muriendo
et me laissent mourant
  un no sé qué que quedan balbuciendo.
Un je ne sais quoi qu’ils sont à balbutier .

8
Mas ¿cómo perseveras,
Mais comment tu persévères,
   ¡oh vida!, no viviendo donde vives,
Ô vie ! Ne vivant pas où tu vis,
 y haciendo porque mueras
et ce faisant pour que meurent
  las flechas que recibes
les flèches que tu reçois
de lo que del Amado en ti concibes?
que de l’Aimé en toi tu conçus ?

9
¿Por qué, pues has llagado
Pourquoi, puisque tu as blessé
 aqueste corazón, no le sanaste?
ce cœur, ne l’as-tu guéri ?
Y, pues me le has robado,
Et puisque tu l’as volé,
   ¿por qué así le dejaste,
Alors, pourquoi l’as-tu abandonné,
y no tomas el robo que robaste?
et ne pas prendre le vol que tu as volé ?

10
Apaga mis enojos,
Etouffe ma colère,
pues que ninguno basta a deshacellos,
parce qu’aucun autre n’en est capable,
 y véante mis ojos,
et par mes yeux je te vois,
pues eres lumbre dellos,
tu es la lumière pour eux,
   y sólo para ti quiero tenellos.
et seulement pour toi, je veux les avoir.

11
¡Oh cristalina fuente,
Ô source cristalline,
 
si en esos tus semblantes plateados
si, de ta face d’argent, tu pouvais
formases de repente
donner forme soudainement
los ojos deseados
aux  yeux ayant désiré
  que tengo en mis entrañas dibujados!
ce qu’au plus profond de mes entrailles j’ai dessiné !

12
¡Apártalos, Amado,
Retire-les, Bien-Aimé
que voy de vuelo!
que je vole !

El Esposo
L’Epoux

­Vuélvete, paloma,
Reviens, colombe,
que el ciervo vulnerado
que le cerf attaqué
por el otero asoma
par la colline revienne
al aire de tu vuelo, y fresco toma.
dans l’air de ton vol, et prenne de ta fraîcheur.

La Esposa

L’Epouse

13
Mi Amado, las montañas,
Mon bien-aimé, les montagnes,
los valles solitarios nemorosos,
les vallées boisées solitaires,
las ínsulas extrañas,
les îles étranges,
  los ríos sonorosos,
les fleuves retentissants,
el silbo de los aires amorosos,
le sifflement de l’air amoureux,

14
la noche sosegada
la nuit calme
 en par de los levantes del aurora,
en couple avec le lever de l’aurore,
la música callada,
la musique silencieuse,
la soledad sonora,
la solitude sonore,
la cena que recrea y enamora.
le repas qui rafraîchit et énamoure.

15
Nuestro lecho florido,
Notre lit fleuri,
de cuevas de leones enlazado,
de caverne de lions lié,
en púrpura tendido,
en pourpre tendue,
de paz edificado,
de paix édifiée,
 de mil escudos de oro coronado.
de mille écus d’or couronné.

16
A zaga de tu huella
Derrière vos empreintes de pas
 
las jóvenes discurren al camino,
les jeunes filles courent sur la route,
al toque de centella,
au contact d’une étincelle,
 al adobado vino,
au bouquet d’un vin,
emisiones de bálsamo divino.
aux  fragrances de ton baume divin.

17
En la interior bodega
Dans la cave intérieure
 de mi Amado bebí, y cuando salía
Je buvais à mon Bien-Aimé, et quand je partis
por toda aquesta vega,
par la vaste vallée,
 ya cosa no sabía;
plus rien je ne savais;
y el ganado perdí que antes seguía.
et le troupeau je perdis, celui qui, auparavant, me suivait.

18
Allí me dio su pecho,
Là, il m’a donnée son sein,
allí me enseñó ciencia muy sabrosa;
Là, il m’a enseignée la science très savoureuse ;
y yo le di de hecho
et je me donnai, en fait,
  a mí, sin dejar cosa:
à moi, sans ne garder aucune chose :
 allí le prometí de ser su Esposa.
là, je promis d’être son Epouse.

19
Mi alma se ha empleado,
Mon âme s’est employée,
y todo mi caudal en su servicio;
ainsi que tous mes biens à son service;
 ya no guardo ganado,
Je ne garde plus le troupeau,
ni ya tengo otro oficio,
ni n’ai d’autres offices,
  que ya sólo en amar es mi ejercicio.
que de m’exercer seulement dans le seul amour .

20
Pues ya si en el ejido
Eh bien, si, dans la prairie
de hoy más no fuere vista ni hallada,
à compter de ce jour, on ne me voit ni ne me trouve,
diréis que me he perdido;
vous direz que je me suis perdue;
 que, andando enamorada,
car marchant dans l’amour,
me hice perdidiza, y fui ganada.
j’ai dit que je me perdrai, et j’ai réussi.

21
De flores y esmeraldas,
De fleurs et d’émeraudes,
en las frescas mañanas escogidas,
cueillies dans la fraîcheur des matins,
haremos las guirnaldas
nous construirons les guirlandes
  en tu amor florecidas
en ton amour fleuries
y en un cabello mío entretejidas.
et à un de mes cheveux entrelacées.

22
En solo aquel cabello
Un cheveu, un seul
que en mi cuello volar consideraste,
que tu aperçus voler dans mon cou,
mirástele en mi cuello,
tu le regardas sur mon cou,
y en él preso quedaste,
en lui tu te fis captif,
 y en uno de mis ojos te llagaste.
et en un seul de mes yeux, tu te blessas.

23
Cuando tú me mirabas
Lorsque tu me regardais
 su gracia en mí tus ojos imprimían;
Sa grâce en moi par tes yeux s’imprimait ;
por eso me adamabas,
pour cela tu m’aimais,
y en eso merecían
et  en cela ils méritaient
 los míos adorar lo que en ti vían.
d’adorer ce qu’en toi ils voyaient.

24
No quieras despreciarme,
Tu ne veux pas ce mépris,
  que, si color moreno en mi hallaste,
que même si tu as trouvé en moi ce teint hâlé,
ya bien puedes mirarme
tu peux bien me regarder
 después que me miraste,
et après que tu m’aies regardée,
 que gracia y hermosura en mi dejaste.
la grâce et la beauté en moi tu laissas.

25
Cogednos las raposas,
Chassez  les renards,
 que está ya florecida nuestra viña,
qu’ici fleurisse notre vigne,
en tanto que de rosas
tandis que des roses
hacemos una piña,
nous faisons un bouquet,
 y no parezca nadie en la montiña.
et personne ainsi ne sera vu dans la montagne.

26
Detente, cierzo muerto;
Arrête ! Vent mortel ;
  ven, austro, que recuerdas los amores,
Viens ! souffle, qui émoustille les amours,
aspira por mi huerto,
respire par mon verger,
 y corran sus olores,
et ranime ses odeurs,
 y pacerá el Amado entre las flores.
et que le Bien-Aimé se nourrisse parmi les fleurs.

Esposo

L’Epoux

27
Entrado se ha la Esposa
Est entrée l’Epouse
  en el ameno huerto deseado,
dans l’agréable jardin désiré,
y a su sabor reposa,
et se repose à son goût,
 el cuello reclinado
le cou incliné
sobre los dulces brazos deI Amado.
sur les doux bras du Bien-Aimé.

28
Debajo del manzano,
Sous le pommier,
 allí conmigo fuiste desposada.
comme mariée tu étais là à mes côtés.
allí te di la mano,
là, je te serrai la main,
y fuiste reparada
et tu as été soignée
donde tu madre fuera violada.
d’où ta mère a été violée.

29
A las aves ligeras,
Oiseaux légers,
leones, ciervos, gamos saltadores,
lions, cerfs, daims jaillissants,
montes, valles, riberas,
montagnes, vallées, ruisseaux,
 aguas, aires, ardores
eaux, airs, ardeurs
y miedos de las noches veladores,
et craintes des nuits de veille,

30
Por las amenas liras
par les douces lyres
  y canto de serenas os conjuro
et je conjure par le chant des sirènes
 que cesen vuestras iras,
de cesser votre colère,
y no toquéis al muro,
et ne pas toucher le mur,
 porque la esposa duerma más seguro.
pour que mon épouse dorme le plus tranquillement possible.

Esposa
L’Epouse

31
Oh ninfas de Judea!
Ô nymphes de Judée !
en tanto que en las flores y rosales
tandis que dans les fleurs et les roses
el ámbar perfumea,
l’ambre embaume,
morá en los arrabales,
habite aux alentours,
y no queráis tocar nuestros umbrales
mais ne touchez pas à nos seuils !

32
Escóndete, Carillo,
Cache-toi, Chéri !
y mira con tu haz a las montañas,
et tourne-toi vers les montagnes,
y no quieras decillo;
et ne dis rien ;
mas mira las compañas
Regarde seulement les compagnes
de la que va por ínsulas extrañas
dont celle qui part sur les îles étranges

Esposo
L’Epoux

33
La blanca palomica
La blanche palombe
al arca con el ramo se ha tornado
l’arche avec la branche, ce qu’elle est devenue
y ya la tortolica
et la tourterelle
al socio deseado
le partenaire désiré
en las riberas verdes ha hallado.
sur les rives vertes a trouvé.

34
En soledad vivía,
Elle vivait seule,
y en soledad ha puesto ya su nido,
dans cette solitude elle a fait son nid,
y en soledad la guía
en cette solitude la conduit
a solas su querido,
seul son bien-aimé,
también en soledad de amor herido.
également dans la solitude de l’amour blessé.

Esposa
L’Epouse

35
Gocémonos, Amado,
Réjouissons-nous, Bien-Aimé,
y vámonos a ver en tu hermosura
et voyons dans ta beauté
al monte ó al collado
la montagne ou la colline
do mana el agua pura;
d’où sort une eau pure;
entremos más adentro en la espesura.
rentrons, profondément, dans le fourré.

36
Y luego a las subidas
Et puis remontant
cavernas de la piedra nos iremos,
les grottes de pierre nous irons,
que están bien escondidas,
elles sont si bien cachées,
y allí nos entraremos,
et là nous entrerons,
y el mosto de granadas gustaremos
et le jus de grenades nous goûterons.

37
Allí me mostrarías
Là tu me montrerais
aquello que mi alma pretendía,
ce que mon âme voulait,
y luego me darías
et puis tu me donnerais
allí, tú, vida mía,
là,  ma vie,
aquello que me diste el otro día:
ce que tu me donnas l’autre jour :

38
El aspirar del aire,
Le souffle de l’air,
el canto de la dulce Filomena,
le chant du doux rossignol,
el soto y su donaire,
le bocage et sa grâce,
en la noche serena,
dans la nuit calme,
con llama que consume y no da pena
la flamme qui consume mais sans la peine.

39
Que nadie lo miraba,
Personne ne regardait,
Aminadab tampoco parecía,
Aminadab ne paraissait pas,
y el cerco sosegaba,
et le cercle se calmait,
y la caballería
et la cavalerie
a vista de las aguas descendía.
à la vue des eaux descendait.  

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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