Gustavo Adolfo BECQUER Poemas Rimas-Rimes Traduction française de poèmes

LITTERATURE ESPAGNOLE
POEMAS – POEMES
RIMAS – RIMES

Gustavo Adolfo Bécquer
1836 – 1870

poemas poèmes de Gustavo Adolfo Bécquer par Valeriano en 1862 Traduction Française Artgitato

Gustavo Adolfo becquer
Amor eterno
Amour éternel

Podrá nublarse el sol eternamente;
Il peut obscurcir le soleil pour toujours;
Podrá secarse en un instante el mar;
Il peut sécher immédiatement la mer entièrement;
Podrá romperse el eje de la tierra
Il peut briser l’axe de la terre
Como un débil cristal.
Comme un cristal fragile.
¡todo sucederá! Podrá la muerte
Tout cela peut arriver ! Il peut me donner la mort
Cubrirme con su fúnebre crespón;
Couvrez-moi alors d’une crêpe funèbre ;
Pero jamás en mí podrá apagarse
Mais il ne pourra jamais arrêter
La llama de tu amor.
La flamme de ton amour.

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RIMA VII 

Del salón en el ángulo oscuro,
Le salon dans l’angle sombre,
de su dueña tal vez olvidada,
de son propriétaire certainement oublié,
silenciosa y cubierta de polvo
couverte autant par le silence que par la poussière
veíase el arpa.
regardez la harpe.

¡Cuánta nota dormía en sus cuerdas
Combien de sommeil dans ses cordes
como el pájaro duerme en las ramas,
comme l’oiseau qui dort dans les branches,
esperando la mano de nieve
dans l’attente d’une main de neige
que sabe arrancarlas!
qui saurait l’arracher!

¡Ay!  ?pensé?; ¡cuántas veces el genio
Ah! ? je pensais?; Combien de fois le génie
así duerme en el fondo del alma,
s’endort dans les profondeurs de l’âme,
y una voz, como Lázaro, espera
et attend une voix, qui, comme avec Lazare,
que le diga: «¡Levántate y anda!».
lui dise : «Lève-toi et marche!« .

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RIMA LX 

Mi vida es un erial,
Ma vie est un désert,
flor que toco se deshoja;
la fleur que je prends s’effeuille ;
que en mi camino fatal 
car sur ma route fatale
alguien va sembrando el mal
quelqu’un sème le mal
para que yo lo recoja.
afin que je le cueille.

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RIMA LVI

Hoy como ayer, mañana como hoy,
Aujourd’hui comme hier, demain comme aujourd’hui,
¡y siempre igual!
C’est toujours la même chose !
Un cielo gris, un horizonte eterno
Un ciel gris, un horizon éternel
y andar… andar.

et marche marche.

Moviéndose a compás, como una estúpida
Se déplaçant dans le rythme, comme une stupide
máquina, el corazón.
machine, le cœur.
La torpe inteligencia del cerebro,
L’intelligence du cerveau,
dormida en un rincón.
endormi dans un coin ..

El alma, que ambiciona un paraíso,
L’âme, qui envisage un paradis,
buscándole sin fe,
et part à sa recherche sans la foi,
fatiga sin objeto, ola que rueda
fatigue sans but, vague qui roule
ignorando por qué.
ne sachant pas pourquoi.

Voz que, incesante, con el mismo tono,
Voix, implacable, avec le même ton,
canta el mismo cantar,
chante la même chanson,
gota de agua monótona que cae
goutte d’eau tombant monotone
y cae, sin cesar.
et qui tombe sans cesse

Así van deslizándose los días,
Ainsi, les jours vont, glissant,
unos de otros en pos;
les uns après les autres ;
hoy lo mismo que ayer…; y todos ellos,
aujourd’hui comme hier ; et chacun d’entre eux,
sin gozo ni dolor.  
sans joie ni douleur.

¡Ay, a veces me acuerdo suspirando
Ô, parfois je soupire
del antiguo sufrir!
de vieilles souffrances !
Amargo es el dolor, ¡pero siquiera
Amère est la douleur, mais au moins
padecer es vivir!
souffrir c’est vivre !

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RIMA III

Sacudimiento extraño
Domination étrange
que agita las ideas,
qui agite les idées
como huracán que empuja
comme un ouragan qui pousse
las olas en tropel.
les vagues en masse

Murmullo que en el alma
Murmure dans l’âme
se eleva y va creciendo
qui s’élève et va crescendo
como volcán que sordo
comme un volcan qui sourdement
anuncia que va a arder.
annonce que ça va chauffer

Deformes siluetas
Silhouettes difformes
de seres imposibles;
d’êtres impossibles ;
paisajes que
paysages qui
aparecen
apparaissent
como al través de un tul.
comme à travers un drap de tulle.

Colores que fundiéndose
Couleurs qui fusionnent
remedan en el aire
imitant dans l’air
los átomos del iris
les atomes de l’iris
que nadan en la luz.
qui flottent dans la lumière.

Ideas sin palabras,
Idées dépourvues de paroles,
palabras sin sentido;
paroles dépourvues de sens ;
cadencias que no tienen
avec des cadences qui n’ont
ni ritmo ni compás.
ni rythmes ni boussoles.

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RIMA LXXXIII

Solitario, triste y mudo
Solitaire, triste et silencieux
hállase aquel cementerio;
Il a été constaté que dans le cimetière
sus habitantes no lloran…
ses habitants ne pleurent pas
¡Qué felices son los muertos!
Comme vous semblez heureux, les morts !

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RIMA LV

Entre el discorde estruendo de la orgía
Parmi les bruits cacophoniques de l’orgie
acarició mi oído,
me caressa l’oreille,
como nota de música lejana,
comme une note de musique lointaine
el eco de un suspiro.
l’écho d’un soupir.

El eco de un suspiro que conozco,
L’écho d’un soupir que je connais
formado de un aliento que he bebido,
formé d’un souffle que je buvais,
perfume de una flor que oculta crece
parfum d’une fleur qui se développe secrètement
en un claustro sombrío.
dans l’ombre d’un cloître.

Mi adorada de un día, cariñosa,
Mon adorée d’un jour, ma chérie,
¿En qué piensas? me dijo.
à quoi penses-tu ? me demanda-t-elle ?
?En nada… ?En nada, ¿y lloras? Es que tengo
à rien… ? à rien ? et tu pleures ? C’est que tu as
alegre la tristeza y triste el vino.
la tristesse joyeuse et le vin triste.

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RIMA LXIV

Como guarda el avaro su tesoro,
Comme avare garde son trésor,
guardaba mi dolor;
Je gardais ma douleur ;
quería probar que hay algo eterno
Moi qui voulais prouver qu’il y a quelque chose d’éternel
a la que eterno me juró su amor.
sur lequel j’ai juré un amour éternel.

Mas hoy le llamo en vano y oigo, al tiempo
Mais aujourd’hui, je l’appelle en vain, le temps
que le acabó, decir: 
qu’il finisse en disant:
¡Ah, barro miserable, eternamente
Ah, boue misérable, éternellement
no podrás ni aun sufrir!
vous ne savez même pas souffrir!

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RIMA VIII

Cuando miro el azul horizonte
Quand je regarde l’horizon bleu
 perderse a lo lejos,
perdu dans le lointain,
al través de una gasa de polvo
à travers une étamine de poussière
dorado e inquieto,
dorée et agitée,
  me parece posible arrancarme
il me semble possible de m’arracher
del mísero suelo
de ce sol misérable
  y flotar con la niebla dorada
et flotter dans cette brume dorée
en átomos leves
en atomes légers
cual ella deshecho.
étendu comme elle.

Cuando miro de noche en el fondo
Quand je regarde la nuit en arrière-plan
oscuro del cielo
le ciel sombre
las estrellas temblar como ardientes
les étoiles tremblent comme d’ardentes
pupilas de fuego,
pupilles de feu,
me parece posible a do brillan
il semble possible, là où elles brillent
subir en un vuelo
d’y monter par un vol
y anegarme en su luz, y con ellas
et me noyer dans  cette lumière, et avec elles
en lumbre encendido
en feu rougeoyant
fundirme en un beso.
me fondre dans un baiser.

En el mar de la duda en que bogo
Dans la mer de doute, je navigue
ni aun sé lo que creo;
Je sais même plus ce que je crois ;
sin embargo estas ansias me dicen
cependant, ces élans fusionnels me disent
que yo llevo algo
que j’ai quelque chose
divino aquí dentro.
de divin en moi.

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
ARTGITATO