AMUSEMENT – Poème de EDUARD MÖRIKE – SCHERZ

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Mörike
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Traduction Jacky Lavauzelle

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LITTÉRATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

EDUARD MÖRIKE

8. September 1804  Ludwigsburg- 4. Juni 1875 Stuttgart
8 septembre 1804 – 4 juin 1875

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SCHERZ
AMUSEMENT

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Leo Putz, Le Petit Escargot chatouilleux, Das kitzlige Schnecklein,1904

Einen Morgengruß ihr früh zu bringen,
Afin de lui apporter mes salutations matinales,
Und mein Morgenbrot bei ihr zu holen,
Et pour quérir d’elle aussi mon petit-déjeuner,
Geh ich sachte an des Mädchens Türe,
Je vais à pas feutrés à la porte de ma bien-aimée,
Öffne rasch, da steht mein schlankes Bäumchen
J’ouvre vite, et la voici, tel un arbre svelte
Vor dem Spiegel schon und wascht sich emsig.
Devant son miroir, se lavant avec diligence.
O wie lieblich träuft die weiße Stirne,
Oh ! comme son front laiteux perle,
Träuft die Rosenwange Silbernässe!
Comme sa joue rose se retrouve ruisselante d’argent !
Hangen aufgelöst die süßen Haare!
Comme sa douce chevelure flotte négligemment !
Locker spielen Tücher und Gewänder.
Comme ses vêtements jouent avec elle librement.
Aber wie sie zagt und scheucht und abwehrt!
Mais effrayée, la voici qui me repousse !
Gleich, sogleich soll ich den Rückzug nehmen!
Immédiatement, je devrais donc me retirer !
« Närrchen », rief ich, « sei mir so kein Närrchen:
« Insensée », ai-je pleuré, « ne sois pas ainsi insensée :
Das ist Brautrecht, ist Verlobtensitte.
C’est la loi des mariés, c’est la coutume pour les fiancés.
Laß mich nur, ich will ja blind und lahm sein,
Laisse-moi juste ici, que je sois être aveugle et boiteux,
Will den Kopf und alle beiden Augen
Je veux déposer ma tête et mes deux yeux
In die Fülle deiner Locken stecken,
Dans la plénitude de tes boucles,
Will die Hände mit den Flechten binden – »
J’attacherai mes mains à tes tresses – « 
« Nein, du gehst! » « Im Winkel laß mich stehen,
« Non, pars ! » « Oh ! laisse-moi me tenir dans ce coin,
Dir bescheidentlich den Rücken kehren! »
Que je me retournerai en toute humilité ! »
« Ei, so mag’s, damit ich Ruhe habe! »
« Eh ! si cela te plaît ainsi, que je puisse avoir enfin la paix ! »
Und ich stand gehorsam in der Ecke,
Et je me tenais docilement dans le coin,
Lächerlich, wie ein gestrafter Junge,
Ridicule comme un garçon puni,
Der die Lektion nicht wohl bestanden,
Comme un garçon espiègle qui n’a pas réussi sa leçon,
Muckste nicht und kühlte mir die Lippen
Sans bouger, rafraîchissant mes lèvres
An der weißen Wand mit leisem Kusse,
Sur le mur blanc par de doux baiser ;
Eine volle, eine lange Stunde;
Quelle heure pleine et interminable !
Ja, so wahr ich lebe. Doch, wer etwa
Oui, aussi vrai qu’ici je vis. Et qui
Einen kleinen Zweifel möchte haben
Voudrait en douter,
(Was ich ihm just nicht verargen dürfte),
(Ce qui ne m’ennuierait nullement d’ailleurs)
Nun, der frage nur das Mädchen selber:
Demande simplement à ma bien-aimée en personne !
Die wird ihn – noch zierlicher belügen.
Elle lui mentirait aussi – mais plus gracieusement qu’à moi-même.



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