Archives par mot-clé : 2012

GIA GUGUSHVILI – გია გუგუშვილი – L’INIMAGINABLE TENDRESSE – THE INIMAGINABLE TENDERNESS

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PEINTURES
ნავთობის ფერწერა
Gia Gugushvili
გია გუგუშვილი

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Gia Gugushvili PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

 

Gia Gugushvili PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა - GEORGIE TBILISSI - ნარიყალა

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ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი





GIA GUGUSHVILI
გია გუგუშვილი
PEINTRE GEORGIEN
TBILISSI – ნარიყალა

Né le 16 août 1952


L’INIMAGINABLE TENDRESSE
THE INIMAGINABLE TENDERNESS

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Henry Bataille disait de la tendresse, dans sa comédie (La Tendresse,Théâtre complet, Ernest Flammarion, 1922, Tome XI), les mots suivants : « Tendresse ! Elle existe chez les criminels, comme elle existe chez les êtres supérieurs. Non, elle n’est pas une sœur pauvre de l’amour ; elle se tient aussi éloignée de l’amour passion que de l’amitié amoureuse… Elle a un royaume bien à elle dans le pays des âmes. Cela explique bien des anomalies ! Et, malgré des apparences souvent défavorables, elle constitue, au contraire, la plus sûre émanation de cette lumière merveilleuse qui semble la jonction entre l’homme et la divinité. Comme elle apparaît touchante, même au fond de la bête, dans le couple animal ! « 

La peinture de Gia fait se toucher l’homme et la divinité, comme dans le Vieux Pont de 2003, ou en prenant le rivage N60 dans l’immensité bleue de l’infini ciel ou de l’infinie mer.
Ce sont des couples qui s’associent et se fécondent entre l’animal et l’homme, l’infini et le proche, les temps d’avant et d’aujourd’hui.

[citations suivantes (entre guillemets) du poème de Guillaume Apollinaire, Nos Etoiles, poèmes tirés des Poèmes à Lou.]

« Et c’est l’heure, tout s’endort », et c’est à cette heure que Gia prend ses pinceaux pour rendre visible l’inimaginable tendresse.  » La nuit s’écoule, lente, lente,  Les heures sonnent lentement » et le pinceau trace d’infinis mouvements où se rencontrent les heures rouges du soir et les heures bleues du petit matin. « L’inimaginable tendresse  De ton regard parait aux cieux  Mon lit ressemble à ta caresse  Par la chaleur puisque tes yeux  Au nom de Nice m’apparaissent ». L’inimaginable tendresse des revers et des lignes, au-dessus des couleurs dans un temps incertain. La tendresse est soutenue par des milliers de plis et des infinis rayures et contours. Qu’ils sont longs les contours du monde dans la lenteur saccagée des mouvements des bras et de la frénésie des mains.
Gia nous livre ce dont nous manquons le plus, la tendresse. La tendresse; que de la tendresse, mais quelle tendresse !!
Rien n’est plus difficile que de nous la donner ainsi. Jason a pu récupérer avec l’aide de Médée la fameuse Toison d’Or, Ulysse revenir d’un périple harassant, Christophe Colomb traverser les mers démontées et hostiles, mais qu’est-ce que tout ça ? Qu’est-ce que tout ça face à ses étranges tendresses qui nous attendons tous ?
« La nuit s’écoule doucement Je vais enfin dormir tranquille »

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Henry Bataille said of tenderness, in his comedy (La Tendresse, Complete Theater, Ernest Flammarion, 1922, Volume XI), the following words: « Tenderness! » She exists in criminals, as it exists in higher beings. She is not a poor sister of love, she is as far away from passionate love as from amorous friendship … She has a kingdom of her own in the land of souls, which explains many anomalies! in spite of appearances which are often unfavorable, she constitutes, on the contrary, the surest emanation of that marvelous light which seems the junction between man and divinity, as she appears touching, even at the bottom of the beast, in the animal pair! « 

The painting of Gia makes touch the man and the divinity, as in Old Bridge of 2003, or taking the Bank N60 in the blue immensity of the infinite sky or the infinite sea.
They are couples who associate and fertilize between the animal and the man, the infinite and the near, the times of before and today.

[following quotes (in quotation marks) from Guillaume Apollinaire’s poem, Nos Etoiles, Poems from Poems to Lou.]

« And it’s time, everything falls asleep », and it is at this time that Gia takes her brushes to make visible the unimaginable tenderness. « The night goes by, slow, slow, the hours slowly sound » and the brush traces infinite movements where meet the red hours of the evening and the blue hours of the early morning. « The unimaginable tenderness Of your look appears in the sky My bed looks like your caress By heat since your eyes « . The unimaginable tenderness of reverses and lines, above colors in an uncertain time. Tenderness is supported by thousands of folds and infinite stripes and outlines. That they are long the contours of the world in the slowness of the movements of the arms and the frenzy of the hands.
Gia gives us what we miss the most, the tenderness. Tenderness; that tenderness, but what tenderness !!
Nothing is more difficult than giving it to us as well. Jason was able to recover with the help of Medea the famous Golden Fleece, Ulysses return from an exhausting journey, Christopher Columbus cross the seas disassembled and hostile, but what is all this? What is all this in the face of his strange tenderness that we all expect?
« The night goes slowly I’ll finally sleep quiet »

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ნაპირი N60
Napiri N60
RIVAGE N60
THE BANK N60
2012

Gia Gugushvili – Rivage N60

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on canvas
90×122.5

ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts

Gia Gugushvili – Rivage N60- Détail

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ლურჯი დილით
Lurji Dilit
LE MATIN BLEU
BLUE MORNING
2013

Gia Gugushvili – Le matin bleu

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on canvas
110×152

ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts

Gia Gugushvili – Le matin bleu – Détail

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თამაში ქვებით
Tamashi Kvebit
JEU DE PIERRES
GAME OF STONES
2014

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on canvas
147×180

ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts

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მაძიებელი
Madziebeli
CHERCHEUR
SEEKER
2004

Gia Gugushvili – Chercheur – 2004
Gia Gugushvili – Chercheur – 2004 – Détail

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on canvas
85×105

ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts

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TEMPS-3
TIME-3
2013

Gia Gugushvili – Temps-3 -2013
Gia Gugushvili – Temps-3 -2013 – Détail

 

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on canvas
162×230

ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts

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ძველი ხიდი
Dzeli Khidi
LE VIEUX PONT
OLD BRIDGE
2003

Gia Gugushvili – Le vieux pont – 2003

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on canvas
90×120

ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts

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წითელი საღამო
Tsiteli Saghamo
L’HEURE ROUGE
RED EVENING
2014

Gia Gugushvili – l’heure rouge – 2014

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on canvas
85×110

ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts

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წითელი
Tsiveli
ROUGE
RED
2012

Gia Gugushvili – Rouge – 2012

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on canvas
90×123

ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts

Gia Gugushvili – Rouge – 2012 – Détail

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ანარეკლი N2
REFLECTION N2
2016

Gia Gugushvili – Reflection N2
Gia Gugushvili – Reflection N2 – Détail

ტილო, ზეთი
Huile sur toile
Oil on canvas
140×190

ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts

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PEINTURES
ნავთობის ფერწერა
Gia Gugushvili
გია გუგუშვილი

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Gia Gugushvili PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

LE GRAND ENCHANTEUR Sculptures de David Monavardisashvili დავით მონავარდისაშვილი

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PEINTURES ET SCULPTURES
David Monavardisashvili
დავით მონავარდისაშვილი

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David Monavardisashvili დავით მონავარდისაშვილი SCULPTEUR GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

David Monavardisashvili დავით მონავარდისაშვილი SCULPTEUR GEORGIEN - GEORGIE TBILISSI - ნარიყალა

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ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი





DAVID MONAVARDISASHVILI
 დავით მონავარდისაშვილი

Né en 1959

 


LE GRAND ENCHANTEUR
დიდი ჯადოქარი
didi jadokari

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David Monavardisashvili utilise comme personne son talent avec sarcasme et raillerie. Mais la classe de David Monavardisashvili  vient de sa fraîcheur et de sa fantaisie. Il est capable de rire, ou de sourire de tout. Peu savent utiliser sa maîtrise pour dire autant dans une sensation de simplicité. Les sculptures regorgent de tant de détails et dans d’outils et d’objets anciens. Les combinaisons infinies de plaques, d’écrous, de clés pourront donner un banc, un personnage. Elles donneront toujours une âme et une énergie fondamentale. David Monavardisashvili  dédramatise son propos, même s’il est souvent d’une grande et éclatante actualité, la paix, l’harmonie, l’ouverture, la rencontre. Mais il est toujours profond. Il n’y a pas d’humour innocent, dit-on. Sigmund Freud disait même que l’humour ne se résigne pas, il défie. Nous aimons les défis que David se jette et qu’il nous jette. Le défi est de sauver cette étincelle qui nous éclaire tous un peu quand nous faisons l’effort incroyable de ne pas sombrer et de jeter l’éponge. Si chaque œuvre se découvre avec la joie de l’enfant découvrant un nouveau jouet et de nouvelles idées, c’est que sa création est magique et enchanteresse. Nous sommes dans un conte où se raconte à chaque instant des histoires nouvelles. David Monavardisashvili  se plonge dans le monde à la recherche d’objets du quotidien, à la recherche de notre quotidien. Il va rechercher des objets à jamais perdus et condamnés à l’oubli pour leur donner une âme globale et englobante d’une création qui les dépasse. Avec David Monavardisashvili , il y a de la magie partout et il est capable de rendre n’importe quel lieu magique. Les enchanteurs sont rares, il faut les préserver.

SERIE
ოთხი სავარძელი
otkhi savardzeli
Quatre sièges
მოქანდაკის ავტოპორტრეტი
mokandak’is avt’op’ort’ret’i
AutoPortrait de sculpteur
2005-2008

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კლოუნი
Klouni
CLOWN
2007

კენტავრი
Kentavri
LE CENTAURE
CENTAUR
2012

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ლითონი ტყავი, შერეული ტექნიკა
Cuir avec métal, techniques mixtes
რკინი, ტყავი
Rvini, Tkavi
Fer, cuir

Iron, leather
115x80x80

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ლითონის “ხე”
L’ARBRE D’ACIER
STEEL TREE
[“ნატვრის ხე” – L’arbre des arbres]
[“სიცოცხლის ხეს” – L’arbre de vie]
2016

Le tronc est constitué de 25 portes de four différentes
ფიგურის ტანზე კი ჩამონტაჟებულია სხვადასხვა პერიოდის 25 ღუმლის კარი.
L’arbre fait tellement parti du parc qui longe la Koura que vous pouvez passer à côté sans même le voir. Il a tout d’un arbre ordinaire, de loin et en plein jour. Dès que la nuit arrive, l’arbre ne peut pas être manqué. Les lumières apportent des ombres nouvelles et de nombreux détails se laissent entrevoir.
Une chaise et un chien ont été rajoutés depuis qui donne à l’ensemble un aspect familial. L’arbre est aussi un long arbre généalogique avec tous ses enfants et tous les parents de Tbilissi. L’arbre évoque l’histoire du vieux Tbilissi.
Dans la sculpture en bois, les oiseaux sont empilés à partir de divers matériaux, dont certains en céramique, en métal, et d’autres, par exemple, en pièces d’argent et en pièces d’horlogerie. Sur les branches de bois, comme les nids d’oiseaux, des vieilles maisons de Tbilissi sont dispersées. L’harmonie qui règne à Tbilissi entre les diverses religions est représentée par des synagogues, des minarets, des églises. L’arbre de vie est aussi un arbre pacifique avec un casque qui sert de nid sur l’une des branches. Les armements militaires sont détournées : des chars sont transformés en maison calme et sereine.
Tbilissi est aussi une ville d’ouverture et de partage. Ces échanges sont marqués par de nombreuses portes ouvertes.

VIDEO
დავით მონავარდისაშვილი, სიცოცხლის ხე ევროპის მოედანზე
David Monavardisashvili, Arbre de vie sur la place de l’Europe

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ATELIER DE L’ARTISTE

2012

2013

David Monavardisashvili 21.02.2013 Partie 2
დავით მონავარდისაშვილი 21.02.2013 ნაწილი 2

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PEINTURES ET SCULPTURES
David Monavardisashvili
დავით მონავარდისაშვილი

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David Monavardisashvili დავით მონავარდისაშვილი SCULPTEUR GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

David Monavardisashvili დავით მონავარდისაშვილი SCULPTEUR GEORGIEN - GEORGIE TBILISSI - ნარიყალა

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ZOURAB TSERETELI -ZURAB TSERETELI – ზურაბ წერეთელი PEINTURES & SCULPTURES

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PEINTURES ET SCULPTURES
Zourab Tsereteli
ზურაბ წერეთელი
Зураб Константинович Церетели

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Zourab Tsereteli ზურაბ წერეთელი PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

 

Zourab Tsereteli ზურაბ წერეთელი PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა

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ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი





ZOURAB TSERETELI
ლადო გუდიაშვილი
Зураб Константинович Церетели

Né le à Tbilissi
დაიბადა 1934 წლის 4 იანვარს თბილისში


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LES ARGONAUTES
არგონავტები
Argonavtebi
2012
MOMA de TBILISSI

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LA STATUE DE SAINT GEORGES
PLACE DE LA LIBERTE
TBILISSI

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ვინსენტი 1 & 2
VINCENT 1 & 2
Винсент 1 & 2

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საღამოს
Saghamos
LE SOIR
Вечером
IN THE EVENING
2013

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მზიანი ველი
Mziani veli
LE CHAMP ENSOLEILLE
Солнечное поле
THE SUNNY FIELD

1979

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ძმები
Dzmebi
FRERES
BROTHERS
братья
2015

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Zourab Tsereteli ზურაბ წერეთელი PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა

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PEINTURES ET SCULPTURES
Zourab Tsereteli
ზურაბ წერეთელი
Зураб Константинович Церетели

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LES ARGONAUTES – 2012 – SCULPTURE DE ZOURAB TSERETELI – არგონავტები

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LES ARGONAUTES

Zourab Tsereteli
ზურაბ წერეთელი
Зураб Константинович Церетели

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Zourab Tsereteli ზურაბ წერეთელი PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

Zourab Tsereteli ზურაბ წერეთელი PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა

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ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი





ZOURAB TSERETELI
ლადო გუდიაშვილი
Зураб Константинович Церетели

Né le 4 janvier 1934 à Tbilissi
დაიბადა 1934 წლის 4 იანვარს თბილისში


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LES ARGONAUTES
არგონავტები
Argonavtebi

2012

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MOMA
MUSEE D’ART MODERNE ZOURAB TSERETELI
Museum of Modern Art Zurab Tsereteli
27 Rustaveli Avenue
Tbilissi, Géorgie
რუსთაველის გამზირი 27
თბილისი, საქართველო

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MÉDÉE est la fille du roi de Colchide (Région occidentale de l’actuelle Géorgie (Svanétie, Ratcha, Abkhazie, Iméréthie, Gourie, Adjarie), la dépassant sur le sud actuellement Turc (Trabzon -Trébizonde Arvin) et sur le nord Russe). Elle a pour tante la magicienne Circé que l’on retrouve chez Ulysse, experte en poisons. Médée est aussi magicienne comme sa tante.

Le Roi usurpateur d’Iolcos, Pélias, qui a subtiliser le trône à son frère Aeson, père de Jason, conçoit une expédition vers la Colchide pour conquérir la fameuse Toison d’Or. La Colchide est gouvernée par le père de Médée,  Éétès. L’expédition impossible et suicidaire est forcément vouée à l’échec et permettra à Pélias d’éliminer Jason qui revendique naturellement le trône d’Ioclos.
La Toison d’Or provient de la fourrure d’un bélier nommé Chrysomallos

Une expédition impossible et suicidaire

Trois épreuves impossibles seront proposées à Jason. Jason réussira les épreuves grâce au concours de Médée, amoureuse de notre Jason.

Cf. ci-dessous les détails (Première Encyclopédie)

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les mains des héros valeureux qui allèrent chercher pour Pélias la Toison toute d’or

« Plût aux dieux que le navire Argo n’eût pas volé par-delà les Symplégades bleu sombre vers la terre de Colchide, que dans les vallons du Pélion le pin ne fût jamais tombé sous la hache et n’eût armé de rames les mains des héros valeureux qui allèrent chercher pour Pélias la Toison toute d’or ! « 

(Discours de la Nourrice)
Euripide
Médée
traduction Henri Berguin

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LA PUISSANCE
DE MEDEE LA MAGICIENNE

Dieux ! Que fera Médée, et quel affreux courroux
Ne l’enflammera point contre un parjure époux ?
Si vous l’abandonnez, redoutez sa vengeance.
Vous savez de son art jusqu’où va la puissance.
La nature est soumise à ses commandements :
Elle trouble le Ciel, l’Enfer, les Éléments ;
Elle arrête, à son gré, les Astres dans leur course.
Les torrents les plus fiers remontent vers leur source.
La Lune sort du Ciel, les Mânes des tombeaux :
Elle lance la foudre, et change en sang les eaux.
Iphite à Jason dans l’Acte I Scène 1
Médée d’Hilaire de Longepierre
Rien ne peut m’enlever à ma belle Princesse.
Je défie, à la fois, les Mortels et les Dieux,
Et tout l’art de Médée, et l’Enfer, et les Cieux.
Jason à Créuse dans l’Acte I Scène 2
Médée d’Hilaire de Longepierre

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Mais un puissant serpent garde la fameuse Toison d’Or

LE SERPENT
GARDIEN DE LA TOISON D’OR

Jason réussit les épreuves demandées, aidé par Médée, notamment la maîtrise des deux taureaux aux sabots d’airain et crachant le feu, et l’ensemencement d’un champ avec des dents de dragons qui se transforment en Spartes, c’est-à-dire en guerriers redoutables. Il arrive pour récupérer son trophée. Mais un puissant serpent garde la fameuse Toison d’Or.
Pour la récupérer, Médée fera des incantations qui endormiront le serpent.

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LA TOISON D’OR
Dans la Première Edition de l’Encyclopédie
1751

Médée que Jason avoit promis d’épouser & d’emmener dans la Grece, sollicitée encore par Calciope sa sœur, veuve de Phryxus, qui voyoit ses enfans en proie à l’avarice d’un roi cruel, aida son amant à voler les trésors de son pere, soit en lui donnant une fausse clé ou de quelqu’autre maniere, & s’embarqua avec lui. Cette histoire étoit écrite en phénicien, que les poëtes qui sont venus longtems après, n’entendoient que très-imparfaitement ; & les mots équivoques de cette langue donnerent lieu aux fables qu’on en a racontées. En effet, dans cette langue le mot syrien gaza signifie également un trésor ou une toison ; sam qui veut dire une muraille, désigne aussi un taureau ; & on exprime dans cette langue de l’airain, du fer & un dragon par le mot nachas ; ainsi au lieu de dire que Jason avoit enlevé un trésor que le roi de la Colchide tenoit dans un lieu bien fermé, & qu’il faisoit garder soigneusement, on a dit que pour enlever une toison d’or, il avoit fallu dompter des taureaux, tuer un dragon, &c.

il a fallu dompter des taureaux




L’amour de Médée pour Jason

L’amour de Médée pour Jason, ce grand ressort qu’Œlien croit avoir été inventé par Eurypide dans sa tragédie de Médée faite à la priere des Corinthiens n’a rien d’extraordinaire ; & cette princesse qui abandonna son pere & sa patrie pour suivre Jason, montre assez par sa conduite qu’elle en étoit amoureuse, sans qu’il soit besoin de faire intervenir Junon& Minerve dans cette intrigue qui fut l’ouvrage de Calciope. Cette femme pour venger la mort de son mari, & sauver ses enfans qu’Aëtès avoit résolu de faire mourir à leur retour de la guerre où il les avoit envoyés, favorisa de tout son pouvoir la passion que sa sœur avoit conçue pour Jason. On peut ajouter que les quatre jeunes princes que Jason avoit ramenés,& qui se voyoient exposés à la fureur de leur grand-pere, si les Grecs étoient vaincus, les secoururent de tout leur pouvoir.

LOUIS DE JAUCOURT
PREMIERE EDITION DE L’ENCYCLOPEDIE
1751
TOME 16

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MEDEE
Dans la Première Edition de l’Encyclopédie
1751

Cette fille d’Hécate & d’Aëtes, roi de Colchide, joue un trop grand rôle dans la fable, dans l’histoire & dans les écrits des poëtes, pour supprimer entierement son article.

Pausanias, Diodore de Sicile, & autres historiens nous peignent cette princesse comme une femme vertueuse, qui n’eut d’autre crime que d’aimer Jason, qui l’abandonna lâchement, malgré les gages qu’il avoit de sa tendresse, pour épouser la fille de Créon ; une femme qui, étant en Colchide, sauva la vie de plusieurs étrangers que le roi vouloit faire périr, & qui ne s’enfuit de sa patrie que par l’horreur qu’elle avoit des cruautés de son pere ; enfin, une reine abandonnée, persécutée, qui, après avoir eu inutilement recours aux garants des promesses de son époux, fut obligée de passer les mers pour chercher un asile dans les pays éloignés.

Les Corinthiens inviterent Médée à venir prendre chez eux possession d’un trône qui lui étoit dû ; mais ces peuples inconstans, soit pour venger la mort de Créon dont ils accusoient cette princesse, ou pour mettre fin aux intrigues qu’elle formoit pour assurer la couronne à ses enfans, les lapiderent dans le temple de Junon, où ils s’étoient refugiés. Ce fait étoit encore connu de quelques personnes, lorsque Euripide entreprit de l’altérer faussement en donnant sa tragédie de Médée. Les Corinthiens lui firent présent de cinq talens, pour l’engager de mettre sur le compte de Médée, le meurtre des jeunes princes dont leurs aïeux étoient coupables. Ils se flatterent avec raison, que cette imposture s’accréditeroit par la réputation du poëte, & prendroit enfin la place d’une vérité qui leur étoit peu honorable : en effet, les tragiques qui suivirent se conformant à Euripide, inventerent à l’envi tous les autres crimes de l’histoire fabuleuse de Médée ; les meurtres d’Absyrtes, de Pélias, de Créon & de sa fille, l’empoisonnement de Thésée, &c.

Cependant ceux qui ont chargé cette reine de tant de forfaits, n’ont pu s’empêcher de reconnoître que née vertueuse, elle n’avoit été entraînée au vice que par une espece de fatalité, & par le concours des dieux, sur-tout de Vénus, qui persécuta sans relâche toute la race du Soleil, pour avoir découvert son intrigne avec Mars. De-là ces fameuses paroles d’Ovide : Vidco meliora, proboque, deteriora sequor : paroles que Quinault a si bien imitées dans ces deux vers :

Le destin de Médée est d’être criminelle ;
Mais son cœur étoit fait pour aimer la vertu.

Outre Euripide qui choisit pour sa premiere piece de présenter sur la scène la vengeance que Médée tira de l’infidélité de Jason, Ovide avoit composé une tragédie sur ce sujet, qui n’est pas venue jusqu’à nous, & dont Quintilien nous a conservé ce seul vers si connu :

Servare potui, perdere an possins, rogas ?

« Si j’ai pu le sauver, ne puis-je le détruire ? »

On dit que Mécénas avoit aussi traité ce sujet à sa maniere ; mais il ne nous reste que la Médée de Séneque. Nous avons parmi les modernes la tragédie de Louis Dolce en italien, & en françois celle du grand Corneille. (D. J.)

LOUIS DE JAUCOURT
PREMIERE EDITION DE L’ENCYCLOPEDIE
1751
TOME 10

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Zourab Tsereteli
ზურაბ წერეთელი
Зураб Константинович Церетели

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Zourab Tsereteli ზურაბ წერეთელი PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

BOLLYWOOD MOVIES & SONGS – EVOLUTION 2010-2019

BOLLYWOOD Movies
बॉलीवुड
Songs & Movie
गाने  – फ़िल्म
Les années 2010 : 2010-2019

L’EVOLUTION DES CHANSONS INDIENNES DANS LE CINEMA DES ANNEES 2010

2010

Guzaarish de Sanjay Leela Bhansali
Avec Hrithik Roshan, Aishwarya Rai, Aditya Roy Kapoor, Monikangana Dutta, Rajit Kapoor, Shernaz Patel
« What A Wonderful World « 

Udaan de Vikramaditya Motwane
Avec Rajat Barmecha, Ronit Roy, Aayan Boradia, Ram Kapoor, Manjot Singh, Anand Tiwari, Suman Mastkar, Raja Hudda, Varun Khettry, Shaunak Sengupta, Akshay Sachdev
« Aazaadiyan « 

2011

Zindagi Na Milegi Dobara de Zoya Akhtar ज़ोया अख़्तर
Avec Farhan Akhtar, Abhay Deol, Hrithik Roshan, Katrina Kaif, Kalki Koechlin, Naseeruddin Shah, Ariadna Cabrol
« Senorita » chanté par Farhan Akhtar, Hrithik Roshan, Abhay Deol, Maria Del Mar Fernandez

2012

OMG : Oh My God! de Umesh Shukla
Avec Akshay Kumar, Paresh Rawal, Mithun Chakraborty, Om Puri
« Go Go Govinda « 

Gangs Of Wasseypur de Anurag Kashyap
Avec Manoj Bajpayee, Richa Chadda, Nawazuddin Siddiqui, Tigmanshu Dhulia
« I’m Hunter »

2013

Kai Po Che! de Abhishek Kapoor
Avec Sushant Singh Rajput, Asif Basra, Amit Sadh, Rajkummar Rao, Amrita Puri
« Meethi Boliyaan  » chanté par  Amit Trivedi ,Mili Nair

Goliyon Ki Raasleela: Ram-Leela de Sanjay Leela Bhansali
Avec Ranveer Singh, Deepika Padukone, Supriya Pathak Kapur, Richa Chadda, Homi Wadia, Sharad Kelkar, Gulshan Devaiah, Barkha Bisht Sengupta
« Nagada Sang Dhol  » chanté par Shreya Ghoshal et Osman Mir

2014

PK de Rajkumar Hirani
Avec Aamir Khan, Anusha Sharma, Sushant Singh Rajput, Roman Irani, Surabh Shukla, Sanjay Dutt
« Love is a Waste of Time  » chanté par Sonu Nigam et Shreya Ghoshal

Queen de Vikas Bahl
Avec Kangana Ranaut, Rajkummar Rao, Lisa Haydon, Mish Boyko

2015

AINSI SOIENT ILS : LE COURAGE A HAUTEUR DE LA VOLONTE – L’ENERGIE REBELLE DE JOSE

Série
Ainsi soient ils
Rodolphe TISSOT – Elizabeth MARRE – Olivier PONT

 SaAinsi soient-ils samuel jouy génériquemuel JOUY,

 L’énergie rebelle
Comme Augustin, José Del Sarte (Samuel Jouy) a compris qu’il y a quelque chose qui passe l’homme, qui le dépasse. Il veut comprendre et tout faire pour arriver à saisir un peu de cette vérité. Et ce, malgré son parcours. Mais Augustin, n’était-il pas loin de Dieu avant sa conversion, lui aussi : « C’est quoi, le problème ? – Ton profil ! Aide sociale à l’enfance, foyers, casier, ta vie, les trafics, les stupéfiants, le meurtre du russe. Tu sors à peine de prison. On la savait, que ça ne serait pas simple. »

LA VERITE DES HOMMES ET DU MONDE



Pourtant José va associer l’instinct du cœur et la maîtrise de la parole au service de son combat et de sa quête continuelle de la vérité des hommes et du monde. L’esprit de Dieu ne s’est-il pas reposé au premier jour sur des eaux bourbeuses et informes. C’est pour cela que le Père Etienne Fromenger (Jean-Luc Bideau), le directeur du Séminaire, refusera de lui qu’il utilise la violence. Il est la force. Il doit la canaliser au travers de sa foi, pour qu’elle se transforme en pure énergie : « pas de violence ici ! Je ne le tolérerai jamais … de personne, et surtout pas de toi…Tu as du cœur et du courage. Et ta foi, elle est unique ! Tu t’es battu pour qu’elle existe en toi et pour la préserver. Quand cesseras-tu de te comporter comme un coupable ? Allez ! Va ! »



 José est l’Augustin du XXIème siècle. Comme lui, il se retrouve dans une période troublée. Si Augustin passe par Cicéron, les manichéens, Ambroise et les prières de Monique, sa mère, José reçoit la révélation directement comme un coup de poing : « Je m’appelle José Del Sarte et j’ai rencontré Dieu en prison. Enfin, pas exactement en prison. J’ai rencontré Dieu, le jour où j’ai tué un homme. Je m’en souviens comme si c’était hier. Je me souviens du sang du russe sur mon visage, son sang tiède. Je me souviens de la sueur qui me brûlait les yeux, les gyrophares de la police…j’ai couru, j’ai couru et je suis arrivé devant une église, alors, je me suis planqué là, derrière l’autel et j’ai retenu ma respiration. C’est là que je l’ai senti pour la première fois. Un regard posé sur moi : le Christ ! Il y avait un grand crucifix de bois accroché dans mon dos ; alors, je suis tombé à genoux. J’ai demandé pardon et j’ai pleuré, j’ai pleuré. C’est là que j’ai senti dieu en moi, pour la première fois. »



TOLLE ET LEGE ! PRENDS ET LIS !

Mais Augustin, dans ses Confessions, parle d’une voix qui répète à plusieurs reprises « Prends et lis ! Prends et lis ! » En prenant les épîtres de Saint Paul, il lit : « Ne passez pas votre vie dans les festins et les plaisirs de la table… mais revêtez-vous de votre seigneur Jésus-Christ, et gardez-vous de satisfaire les désirs déréglés de la chair. »

Ils se retrouvent dans la  même lumière et le même contentement. Augustin continue : « à peine, avais-je achevé la lecture de cette phrase qu’une sorte de lumière rassurante s’était répandue en mon cœur, en y dissipant toutes les ténèbres de l’incertitude. »



DIEU VOMIT LES TIEDES !

José a une illumination. Sa découverte de Dieu est moins intellectuelle qu’Augustin. Pour autant, il se rattrape en prison. Il aura la culture et l’énergie. Lors de l’examen de son dossiers aux Capucins, il y a l’évidence de sa force intérieure : « Il semble avoir acquis une énorme culture pendant sa détention, mais la base ?…Qu’est-ce que la base nous cherchons si ce n’est la passion, l’engagement, l’énergie… « Dieu vomit les tièdes », cette phrase est choquante, mais elle est plus vraie que jamais ! « 

Mais juste avant, c’est avec Augustin qu’il rentre en contact avec le Père Fromenger : « Tolle et lege. Prends et lis. Avant sa conversion, Augustin, il était athée, et l’église l’a accepté à l’époque. Pourquoi ? Parce qu’il avait la foi, l’énergie. Vous, aujourd’hui, tout ce que vous acceptez c’est l’ordre des choses. Les vrais paris, les vrais risques, vous ne les prenez jamais ! Ça, la brebis égarée, vous n’allez jamais la chercher, vous ! Vous préférez nous laisser seuls avec les loups ! »



José va droit. Tout droit. Même si les autres pensent qu’il se trompe, que la direction vraie est de l’autre côté, sur l’autre rive. La vérité sera au bout. L’essentiel est d’avancer, de mettre un pied devant l’autre, sans tourner en rond : « en taule, on ne marche pas, on tourne en rond ! On fait les cent pas. Je vais y aller à pieds, c’est cool !
-Toulouse… c’est pas de ce côté ! « 

L’ESPRIT PLUTÔT QUE LA FORCE

Augustin posait le problème de la connaissance vraie dans l’âme. Comment l’expliquer ? La vérité se trouve dans la raison et au-dessus de la raison. José cherche à rentrer aussi dans la vérité, la vérité du monde et des êtres : « Si nous sommes parmi vous, c’est parce qu’ici c’est le monde vrai, le lieu de tous et de chacun, et parce que le monde, c’est vous, c’est nous aussi. Avant d’être ici, moi, je suis passé par d’autres espaces collectifs, la cité, la prison. Ce ne sont pas les espaces de tous et de chacun. Vous savez pourquoi ? Parce que c’est la force qui règne ! Ça c’est une autre vision de la vie ! C’est ça que vous préférez ? Le lieu de la relégation des pauvres, le lieu de l’arbitraire de la loi. Et moi, vous me mettez où ? Quelle place vous m’accordez ? Nous sommes venus ici justement pour ne pas nous exclure du monde, de sa réalité. Pour être à son écoute, pour nous laisser envahir par elle. Qu’est-ce qui va nous arriver si la réalité se retire dès que nous tentons de l’approcher. Nous aussi nous sommes le monde, avec nos erreurs, nos peurs. »



A FORCE D’ANGELISME, ON NE SUPPORTE PLUS LA REALITE !

Tout devient extraordinaire. Il repense le geste simple, le plaisir d’étaler une confiture, mais si celle-ci est à moitié pourrie et qu’il n’y a pas de chauffage : « Vous vous attendiez à quoi ? A un quatre étoiles ? Excusez-moi, mais ça fait huit ans que moi, mes Noëls, je les passe entre quatre murs et une barquette plastifiée et un petit colis de la Croix-Rouge. Le seul cadeau que j’ai reçu, c’est une balle, une petite balle de 9 mm, cadeau de la femme du russe, pour me dire qu’elle ne m’oubliait pas. Là, c’est le premier Noël que je peux passer dehors, libre, depuis huit ans. Avec votre caprice d’enfant gâté, vous êtes en train de tout gâcher. .. – José a raison. A force d’angélisme, on ne supporte plus la réalité. »  

Jacky Lavauzelle

MEKONG HOTEL : LE FLEUVE AUX MILLE FANTÔMES

Apichatpong Weerasethakul
อภิชาติพงศ์ วีระเศรษฐกุล

MEKONG HOTEL
(2012)

 Apichatpong Weerasethakul Portrait

Le Fleuve aux
mille fantômes

affiche Mekonh hotel d'Apichatpong Weerasethakul

Mekong Hotel est un film inachevé, une oeuvre de réflexion sur un parcours, un cheminement. Un film d’une respiration où l’on répète, comme avec Chai Bhatana à la recherche de la bonne mesure, comme Apichatpong qui veut se remettre à un projet de film qu’il a abandonné depuis plusieurs années, Ecstasy Garden. Chai Bhatana en oublie jusqu’à la mélodie.

Apichatpong se retrouve comme Dante dans l’Enfer de la Divine Comédie (I,1) « Nel mezzo del cammin di nostra vita,  mi ritrovai per una selva oscura  » parce que la voie droite était perdue (smarrita). Et comme avec Dante, il va descendre symboliquement vers les mondes étranges des esprits et des fantômes.

La caméra est donc bloquée sous le flot des réflexions du réalisateur. Comme un trop plein qui avait besoin de ce film pour se déverser. Les idées submergent le film qui doit son salut et son sauvetage à la stabilité des images en plan fixe. La caméra prend ce qui passe, calme comme le Mékong. Nous sommes comme la pelleteuse au bord du Mékong, devant une tâche énorme, les inondations sur le delta, avec des moyens dérisoires.

LA MEMOIRE ET L’OUBLI
Le film pose déjà le problème de la mémoire et de l’oubli. Que reste-t-il à ce nouveau film après des années d’attente ? Que reste-t-il de l’amour que se porte le couple formé par Tong et Phon ? Que reste-t-il comme envies à la mère après six cents années d’errance ? Que reste-t-il des combats contre les communistes d’alors ? Que reste-t-il à dire aujourd’hui à dire dans ce monde, et de ce monde, qui se pâme devant des starlettes de cinéma ?

Apichatpong Weerasethakul,  อภิชาติพงศ์ วีระเศรษฐกุล, pose sa caméra dans la province du nord-est dans l’Isan, à Nong Khai, หนองคาย, là où passe la ligne ferroviaire reliant les deux capitales des deux pays, Bangkok et Vientiane, là où passent les réfugiés, là où errent les âmes des défunts et celles des vivants, ces âmes  prêtent à partir dans de nouvelles vies jusqu’aux Philippines ou dans la peau d’un insecte.

LA ROUTE DE L’AMITIE ?
La caméra se pose un peu à l’est, à quelques kilomètres de Vientiane, avant de passer le pont de la frontière, le Thanon Mittraphap, ถนน มิตรภาพ, cette « Route de l’Amitié ». Nous ne prendrons pas, à l’évidence, cette route.

Nous sommes à la frontière. La frontière entre les laotiens et les thaïlandais, entre les morts et les vivants. Entre les cannibales et les esprits. Ceux qui viennent et ceux qui partent. Ce lieu est chargé de l’histoire des deux pays, des immigrations successives, de la lutte contre les communistes. « – Les Laotiens sont venus lorsque la frontière a été fermée. Ils sont venus ici et puis ils ont été détenus au poste de police. Mais les postes de police…- Ils ont émigré ici ? – Oui, mais les postes de police étaient bondés. Un fonds a été créé pour construire un camp de réfugiés. Ils ont établi une liste. Chaque réfugié avait un dossier et recevait une pièce d’identité. Les tribus montagnardes ont été séparées des Laotiens. Ils pouvaient déposer une demande d’asile dans un pays tiers. Ce n’était pas facile. Certains ont échoué au test de langue et n’ont pas pu partir… »

PLONGENT LES FANTÔMES
A côté de la frontière, l’appartement semble le lieu clos, hermétiquement. Personne ne quittera l’hôtel. Seuls les fantômes vaquent de-ci de-là. Plongent les fantômes, naviguent les jets-ski.

Apichatpong refuse le moindre esthétisme. La vue proposée n’est même pas belle, ni grandiose, ni cinématographique. Les lieux non plus. Tout au plus, une fausse statue grecque et deux ou trois palmiers en pot. L’image n’est même pas lumineuse, presque sombre, presque close, un rien fantomatique…

Nous ne verrons jamais le parc de Sala Kéo Kou ou de Phu Phra Bat, nous ne verrons pas ce que voient les touristes ou les autochtones de passage, ni Bouddha offert à Phra sai ni le marché de Tha Sadej. Pas plus que le pont qui enjambe le Mékong. L’image sera tenue par les propos rapportés et par la même musique de Chai Bhatana, lancinante, sans être triste, avec sa guitare.

La caméra restera immobile constamment. La caméra regarde fixement l’autre rive, comme une autre terre.  Fixée sur la surface lisse du Mékong, dans cet hôtel-bateau, le Thai-Lao, qui semble plonger dans le fleuve. Pendant une heure,  la caméra scrutera inlassablement comme si quelque chose devait apparaître, émerger de ce liquide plat.

TU ETAIS UN POB
Mais le passage se fait. Ce sont les âmes qui circulent, indéfiniment. Il y a celles qui sombrent, sans jamais pouvoir remonter, « Mon âme errante a été condamnée à rester sous l’eau. Il faisait sombre et froid. Je ne savais pas que tu étais un fantôme, un pob ». Il y a celles qui attendent dans l’eau, au bord de l’eau.

Il y a la mère de Phon, qui erre depuis 600 ans déjà et qui est lasse. « – Phon, est-ce ton âme errante ? – Oui – Tu te souviens encore de moi ? Oui, je me souviens. Je me sens triste. Je ne suis pas sûr… de continuer à t’aimer. C’était il y a longtemps. – Mais, au bord de la rivière, tu as dit que tu m’aimais. -Maintenant, je suis marié. J’ai des enfants. Je suis vieux, maintenant. Je perds la mémoire. – Crois-moi, Masato. Ne t’en va pas. – Je veux rentrer chez moi. – Ne t’en vas pas, je t’en prie. Tu m’entends, Masato ? – Je sais, je vais renaître cheval. Et sous plusieurs formes d’insectes. Je ne sais pas combien de temps ça prend…avant de redevenir humain. Je vais naître garçon aux Philippines. Et je sais que tu me suivras toujours. – Pourquoi ne t’arrêtes-tu pas, alors ? – Je ne peux pas, pour la même raison que toi. – Que poursuis-tu ? »
LES POB MANGENT LES HUMAINS ET LE BETAIL
C’est l’eau qui porte ici, qui maîtrise. Sous l’apparence du calme et de la quiétude, l’odeur du sang se fait sentir « – L’eau n’écoute pas – Qui écoute-t-elle ? -Méfiez-vous les enfants, l’eau va rentrer par votre bouche. – Comment vous en sortiez-vous ? – L’eau va rentrer dans votre plaie. »

Passent les pob, fantôme du Mékong. Les phi-pob (ผี Phi Fantôme) terrifiant nagent dans les eaux calmes et dévorent les entrailles. Ils suivent les êtres et non les lieux. « Les entrailles du chien ont été dévorées par un pob, un fantôme. Comme dans un film projeté en plein air, dans un temple…  Tante Jen m’a dit que les pob mangeaient les humains et le bétail. » Parfois, les habitants se débarrassent de fantôme, voire de pob, devenus trop encombrants. D’autres fantômes circulent, le Phi-grasue par exemple, plus attiré par le sang que par les entrailles. Mais de ces monstres-là, le film ne les aborde pas.

De l’Altaï, d’où naît le Mékong, jusqu’aux plaines de Bangkok, les terres sont inondées. Ce lieu qui semble si dépendant du fleuve devient un refuge pour ces millions d’habitants touchés. Ce refuge entre les morts et les vivants. Entre les vivants et les réfugiés. Entre les morts et les âmes errantes.

JE NE SUIS PAS UN ÊTRE HUMAIN, JE SUIS DESOLEE
Les Pob sont partout autour des vivants. Les fantômes glissent autour des vivants. La mère Jenira, Jenjira Pongpas, est un pob qui hante les abords du fleuve, elle s’en excuse auprès de sa fille : « Ma fille, je suis désolée…Je sais, je ne suis pas un être humain. Mais je ne pouvais pas te le dire. J’avais honte. Je t’en prie, pardonne-moi. » Les pob sont là ; ils peuvent être attrapés : « – Tu vas nager aujourd’hui ? – Non. Le courant est trop fort. Tu viens avec moi ? – Non, je ne sais pas nager. – Tu peux t’agripper à mon dos. – Ça va me faire encore plus peur… C’est quoi ce pot en terre ? – C’est pour enfermer l’esprit du pob, rappelle-toi, il a mangé le chien. – Il a été béni ? – Oui, par un moine. Mais il faut le bénir de nouveau. »

TU PEUX OUBLIER MON NOM, PAS MON VISAGE
Quand Phon rencontre Tong, ça pourrait ressembler à une rencontre ordinaire sur une terrasse. La jeune fille et le riche planteur de bananes. Mais cette rencontre est une longue histoire qui dure depuis des siècles. Les deux s’aiment, même si l’amour que porte Tong semble s’émousser. Il en oublie son nom. « Tu peux oublier mon nom, mais pas mon visage. »

La mère c’est l’Histoire. Un passé que ne comprennent plus les enfants. « L’armée nous a inculqué l’amour de la nation, de la communauté. C’était incroyable. Nous étions entraînés comme de vrais soldats. On nous a donné des fusils et montré comment les charger… Le M-16 avait un fort recul. L’effet était si brusque que je tombais à la renverse. On s’est bien amusés. Je n’avais pas peur. Durant ces deux, trois mois. Nous devions aimer notre nation, notre village et nous-mêmes. Pour protéger, j’étais prête à tuer. Ils nous ont entraînés tous les jours jusqu’à ce que l’on soit endoctrinés. »

LE PROGRAMME ECONOMIQUE D’AUTOSUFFISANCE
Et dans cette histoire, Apichatpong, tel un pob dans les eaux calmes de son film ; lance sa critique. Tant auprès des instances suprêmes : « – Ils adorent la princesse, celle-ci, pas les autres. Ils accrochent son portrait dans chaque ruelle. Ils disent qu’elle est leur sauveur. Elle reçoit beaucoup de dons. Elle donne beaucoup de sa personne, pas comme les autres. – Tu l’as déjà vue ? – Non, je n’étais pas là quand elle est venue. – Qu’est-ce qu’elle a visité ? – Notre village – Pour quoi faire ? – Elle est venue voir comment allaient les villageois. – Une excursion – Oui, en quelque sorte. Pour superviser le Programme économique d’autosuffisance.  Nous ne cultivions aucun légume, ni rien de ce genre. Mais nous ne faisons ces cultures que lorsque la princesse vient. Quand elle s’en va, le poisson se transforme en salade épicée. – Elle vient souvent ? Et les autres ? – Pas tant que ça. Elle est la seule. – Tu ne veux pas la rencontrer – Non. Ça ne me dit rien. – Et ta maman ? – Non, nous étions à Bangkok et nous avons regardé les infos. Et nous avons vu grand-mère au premier rang. Si admirative. – Les vieux sont comme ça. Lorsque la famille royale est en visite… Mais ta génération adore les stars de cinéma. » Que sur le courage des hautes autorités dans la gestion des inondations de Bangkok : « – Je lui ai dit d’économiser sur son salaire pour venir jusqu’ici en bus. Elle ferait mieux de venir ici puisqu’on ne peut pas prédire le niveau de l’eau. Son petit ami ne peut pas venir. – Non, la banque est toujours ouverte. Les banques ne sont pas autorisées à fermer. – Qui est autorisé à partir ? – C’est la banque qui décide. Le Premier ministre a annoncé un congé. Mais cela dépend des sociétés, elles décident ou non de fermer. -lls devraient fermer. – Certaines personnes devront rester à leur poste.- Les hauts fonctionnaires peuvent partir, ont-ils dit.- Tout Bangkok sera inondé. Les barrages vont être détruits ici et là. Combien de sacs de sable ont-ils demandés ? Un million. Où vont-ils les trouver ? »

LA VIE REPREND
 » – Un arbre flottant émerge. Puis un second. Un troisième et un quatrième. Et ainsi de suite. Les racines s’étirent à l’air libre. Les détails sont plus visibles. –
Certaines feuilles reprennent forme comme deux âmes errantes en train de se reconstruire…leurs univers. Une rivière apparaît dans le jardin. – Le Mékong prend sa source dans un pays lointain. – Dans les montagnes de l’Altaï ? –On dirait un enfant sur le jet-ski là-bas ?
Tu en as déjà fait ? –Oui. Avec mon premier copain. Non, pas le premier. Laisse-moi compter. Le troisième. Ils ont longé un seul côté de la rivière. – Au large de l’île de Samui avec mon frère. Ça me faisait agréablement mal au cul. (rires) »

L’arbre revit, alors qu’il n’a plus de terre autour des racines. Le Mékong revit avec ces enfants sur les jets-ski qui dessinent des lignes et des vagues sur cette surface restait plane pendant une heure. Les rires fusent enfin. La caméra sur un long plan qu’adore Apichatong s’éteint. La vie est là. Les Pob dorment enfin.

 

Jacky Lavauzelle

Thaïlande ประเทศไทย
Acteurs
Jenjira Pongpas : Jenira, La mère, le pob,

Sakda Kaewbuadee : Sakda, Tong, Masato
Apichatpong Weerasethakul, le réalisateur

Maiyatan Techaparn,
Chai Bhatana, le guitariste
Chatchai Suban

Musique  de Chai Bhatana