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LE GRAND ENCHANTEUR Sculptures de David Monavardisashvili დავით მონავარდისაშვილი

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PEINTURES ET SCULPTURES
David Monavardisashvili
დავით მონავარდისაშვილი

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David Monavardisashvili დავით მონავარდისაშვილი SCULPTEUR GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

David Monavardisashvili დავით მონავარდისაშვილი SCULPTEUR GEORGIEN - GEORGIE TBILISSI - ნარიყალა

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ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი





DAVID MONAVARDISASHVILI
 დავით მონავარდისაშვილი

Né en 1959

 


LE GRAND ENCHANTEUR
დიდი ჯადოქარი
didi jadokari

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David Monavardisashvili utilise comme personne son talent avec sarcasme et raillerie. Mais la classe de David Monavardisashvili  vient de sa fraîcheur et de sa fantaisie. Il est capable de rire, ou de sourire de tout. Peu savent utiliser sa maîtrise pour dire autant dans une sensation de simplicité. Les sculptures regorgent de tant de détails et dans d’outils et d’objets anciens. Les combinaisons infinies de plaques, d’écrous, de clés pourront donner un banc, un personnage. Elles donneront toujours une âme et une énergie fondamentale. David Monavardisashvili  dédramatise son propos, même s’il est souvent d’une grande et éclatante actualité, la paix, l’harmonie, l’ouverture, la rencontre. Mais il est toujours profond. Il n’y a pas d’humour innocent, dit-on. Sigmund Freud disait même que l’humour ne se résigne pas, il défie. Nous aimons les défis que David se jette et qu’il nous jette. Le défi est de sauver cette étincelle qui nous éclaire tous un peu quand nous faisons l’effort incroyable de ne pas sombrer et de jeter l’éponge. Si chaque œuvre se découvre avec la joie de l’enfant découvrant un nouveau jouet et de nouvelles idées, c’est que sa création est magique et enchanteresse. Nous sommes dans un conte où se raconte à chaque instant des histoires nouvelles. David Monavardisashvili  se plonge dans le monde à la recherche d’objets du quotidien, à la recherche de notre quotidien. Il va rechercher des objets à jamais perdus et condamnés à l’oubli pour leur donner une âme globale et englobante d’une création qui les dépasse. Avec David Monavardisashvili , il y a de la magie partout et il est capable de rendre n’importe quel lieu magique. Les enchanteurs sont rares, il faut les préserver.

SERIE
ოთხი სავარძელი
otkhi savardzeli
Quatre sièges
მოქანდაკის ავტოპორტრეტი
mokandak’is avt’op’ort’ret’i
AutoPortrait de sculpteur
2005-2008

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კლოუნი
Klouni
CLOWN
2007

კენტავრი
Kentavri
LE CENTAURE
CENTAUR
2012

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ლითონი ტყავი, შერეული ტექნიკა
Cuir avec métal, techniques mixtes
რკინი, ტყავი
Rvini, Tkavi
Fer, cuir

Iron, leather
115x80x80

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ლითონის “ხე”
L’ARBRE D’ACIER
STEEL TREE
[“ნატვრის ხე” – L’arbre des arbres]
[“სიცოცხლის ხეს” – L’arbre de vie]
2016

Le tronc est constitué de 25 portes de four différentes
ფიგურის ტანზე კი ჩამონტაჟებულია სხვადასხვა პერიოდის 25 ღუმლის კარი.
L’arbre fait tellement parti du parc qui longe la Koura que vous pouvez passer à côté sans même le voir. Il a tout d’un arbre ordinaire, de loin et en plein jour. Dès que la nuit arrive, l’arbre ne peut pas être manqué. Les lumières apportent des ombres nouvelles et de nombreux détails se laissent entrevoir.
Une chaise et un chien ont été rajoutés depuis qui donne à l’ensemble un aspect familial. L’arbre est aussi un long arbre généalogique avec tous ses enfants et tous les parents de Tbilissi. L’arbre évoque l’histoire du vieux Tbilissi.
Dans la sculpture en bois, les oiseaux sont empilés à partir de divers matériaux, dont certains en céramique, en métal, et d’autres, par exemple, en pièces d’argent et en pièces d’horlogerie. Sur les branches de bois, comme les nids d’oiseaux, des vieilles maisons de Tbilissi sont dispersées. L’harmonie qui règne à Tbilissi entre les diverses religions est représentée par des synagogues, des minarets, des églises. L’arbre de vie est aussi un arbre pacifique avec un casque qui sert de nid sur l’une des branches. Les armements militaires sont détournées : des chars sont transformés en maison calme et sereine.
Tbilissi est aussi une ville d’ouverture et de partage. Ces échanges sont marqués par de nombreuses portes ouvertes.

VIDEO
დავით მონავარდისაშვილი, სიცოცხლის ხე ევროპის მოედანზე
David Monavardisashvili, Arbre de vie sur la place de l’Europe

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ATELIER DE L’ARTISTE

2012

2013

David Monavardisashvili 21.02.2013 Partie 2
დავით მონავარდისაშვილი 21.02.2013 ნაწილი 2

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PEINTURES ET SCULPTURES
David Monavardisashvili
დავით მონავარდისაშვილი

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David Monavardisashvili დავით მონავარდისაშვილი SCULPTEUR GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

David Monavardisashvili დავით მონავარდისაშვილი SCULPTEUR GEORGIEN - GEORGIE TBILISSI - ნარიყალა

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Régis GIGNOUX : L’APPEL DU CLOWN (1923 au Théâtre du Grand Guignol)

Régis GIGNOUX
L’APPEL DU CLOWN
(Théâtre du Grand Guignol – le 23 mars 1923)

Régis Gignoux L'appel du clown 1923

 

 

 

 

 

 

BIM-BOUM-BEM-BAM-BOM-BÂOOOOOOOOO !!!!!!!

 L’Appel de la forêt, The Call of the Wild, le livre de Jack London sort en 1903 ; le livre suit les pattes du chien Buck qui finira par revenir vers une meute dans le Yukon et devenir enfin un mâle dominant. Notre mâle dominant se nomme Punch (M Gobet) et il attire la Dame (Jane Ader) dans L’Appel du clown, la pièce de théâtre en un acte jouait pour la première fois à Paris en 1923. Le Yukon glacial devient le Théâtre du Grand Guignol.

 

Gignoux L'appel du clown

Comme le loup dans sa forêt du nord-Canada, Punch lance un cri bestial et sauvage.  Ce cri peut enflammer un cœur désespéré. Un moment de fascination extrême et c’est tout le mondequi  bascule. Ce n’est pas son talent, son physique de clown, ses instruments, «-Non, c’est au moment où la salle éclate de rire, se tord en tire-bouchon que j’ai vu votre amoureuse, toute pâle, l’œil fixe, la narine dilatée, les lèvres tremblantes…au moment où vous reculez du piano, comme poursuivi par une bête, et où vous faites « bim-bem-bim-bâo » !  Je ne sais pas faire…ça commence par un cri de chien à la patte cassée, puis c’est un barrissement d’éléphant, un carillon d’amygdales, et votre voix finit en borborygme… »Bim-bem-boum-be-bi »…(Il tousse) Non…Je ne sais pas faire… (Le Monsieur) – Bim-boum-bem-bam-bom-bâooo ! (Punch) – Merveilleux ! Vous savez, vous ! Vous faites ça à volonté, sans effort…Je vous envie…Parce que j’ai essayé …Oui, monsieur…Elle a voulu que j’essaie…elle a exigé…Tout un après-midi, j’ai cherché, j’ai travaillé, j’ai gargouillé. Vous riez ! …Je vous comprends…Résultat : je me suis déchiré la gorge, avec inflammation de la glotte. (Le Monsieur) » (Scène 1)

Ce Bim-boum-bem-bam-bom-bâoo, c’est l’inexplicable, l’incompréhensible. Le trou noir de l’intelligence. Ce rien qui fait perdre tous les moyens. Cet appel de la forêt. Ce retour de l’animalité. L’appel du loup pour que la meute se forme et que les couples s’accouplent. Ce moment d’étrangeté qui accapare le réel et le domine, le soumet. Le Monsieur pose la question à Punch, le clown : «  Mais, entre nous, pourquoi est-ce bim-bada-boum qui l’a ravie, qui l’a affolée, qui l’a appelée ? Elle oublie tout, elle méconnaît tout pour répondre, à cet appel d’un inconnu, d’un rigolo, l’appel du clown…Comprenez-vous cette attraction, ce mystère, ce symbole ? » (Le Monsieur, Scène 1)

Régis Gignoux théâtre du Grand Guignol

Régis Gignoux se réfère au plus célèbre des clowns, Grock, le clown suisse, qui, dès 1922 fait sa tournée en France à L’Empire. Il utilise pour habiller Punch la même grande veste et le pantalon trop large qu’utilisait parfois Grock dans ses spectacles. Comme lui, il est reconnu et parcourt le monde entier. Il ne peut proposer à le Dame amoureuse qu’un rendez-vous dans plusieurs mois, plusieurs années. A la femme dans l’attente, il lui répond que, au mieux, il aura son premier jour de libre en 1926, trois ans plus tard : «  « Regarde ! …Encore huit jours ici, puis l’Angleterre, Londres, Manchester, Liverpool, matinée et soirée tous les jours…Oh ! la ! la ! …Après Copenhague, Stockholm…Christiania, pays pas gais, mais le change est bon…puis l’Amérique : que des chemins de fer, mais rien à faire dans le Pulmann à cause des nègres. Donc, 1923, 1924, on n’en parle pas ; 1925, toujours là-bas ; 1926, Paris du 4 au 7 janvier… » (Punch, scène 4)

Le clown Grock en 1903

Il arrivera à faire pleurer la Dame et de cette vie qu’elle imaginait merveilleuse et trépidante, à force de la rendre terne, routinière et usante : « – Le thé ! Cochonnerie ! Ça coupe l’appétit. Et je dîne de bonne heure. Faut que j’aie digéré avant mes quarante minute de bastringue…Alors bifteck, légumes verts, compote et une vieille bouteille d’Evian…C’est triste le succès. Il nous prive de tout. Je ne peux pas risquer d’être malade. Dans nos métiers, la vogue dure entre cinq et dix ans. Si tu n’as pas fait ta pelote, tu finis malheureux dans les boîtes. Alors, tu comprends, pas de blagues avec le travail, comme je disais au Monsieur ! » (Punch, scène 4)

A force de noirceur, la Dame retrouvera son homme, toujours là, à attendre, « Elle a eu une grande déception…Elle a fait un mauvais voyage…Heureusement que vous l’attendiez à la gare… » (Punch, scène 5) Et c’est dans les bras de son homme qu’elle repartira. Et Punch partira dans un « Bim-boum-bem-bam-bom-bâoo !. »  tonitruant. La belle est désormais vaccinée.

La notoriété de l’artiste, les feux de la rampe en attirent plus d’une dans les raies des lumières des  projecteurs. Mais l’aventure n’est pas où l’on croit : « Voici cet « envers du music-hall » cher à Madame Colette. M Régis Gignoux, lui aussi, oppose la réalité à la façade trompeuse. Mais il ne montre pas d’humbles détresses sous le sourire fardé, ni la mélancolie de la vie errante parmi les chambres d’hôtel solitaires et sans feu. Son clown qui a tourné la tête d’une jeune femme romanesque, est un gentleman méticuleux, soucieux de sa forme et de son hygiène et de son confort, qui tient registre de ses déplacements plusieurs années à l’avance et administre son art en parfait commerçant. La bohème, c’est bon pour la littérature : M Régis Gignoux, plus véridique, nous donne une leçon de bourgeoisie dans une loge de pitre. » (Robert de Beauplan, La Petite illustration n°158 du 18 août 1923)

 

L'appel du Clown 1923

Bien au contraire, Punch sait qu’il a tous les pouvoirs sur ce cœur ensorcelé. Il peut agir à sa guise. Mais il a vu le mari, malheureux et profondément amoureux dans sa loge. Il se doit, depuis le début, de démythifier son personnage. Elle ne le voit pas lui, mais elle voit une icône, un cri. Il la reconduit sur le bon quai de la gare. Il sait qu’il ne pourra que la rendre malheureusement et qu’elle l’aime pour de mauvaises raisons. Le clown a du cœur. Comme dans Tour est bien qui finit bien, de William Shakespeare, à la comtesse qui dit au clown qu’il restera un faquin calomniateur, celui-ci répondra  :  « Je suis un prophète, Madame, et c’est par le chemin le plus court que la vérité doit être dite. » (Acte I, scène 3)

Jacky Lavauzelle