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LA POÉSIE D’AFANASSI FET – Поэзия Афанасси Фета

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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AFANASSI FET
Афана́сий Афана́сьевич Шенши́н

5 décembre 1820 Novosselki, près de Mtsensk – 3 décembre 1892 Moscou
5 декабря 1820 г. Новоселки под Мценском – 3 декабря 1892 г. Москва

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Poésie d’Afanassi Fet
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Поэзия Афанасси Фета

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LA CASCADE
Водопад
1840

Там, как сраженный
Là, comme un terrassé
Титан, простерся
Titan prostré

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Hubert Robert, Paysage avec une cascade, 1802, Юбер Робер, Пейзаж с водопадом

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LE BOULEAU TRISTE
1842
Печальная берёза

Печальная берёза
Un bouleau triste
У моего окна,
À ma fenêtre,

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LA JOURNEE GRISE
1847
Непогода — осень — куришь…

Непогода — осень — куришь,
Temps exécrable – l’automne – la fumée,
Куришь — всё как будто мало.
La fumée – tout semble être étriqué.

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LA CITE DANS LE CIEL 
1848
Воздушный город

Вон там по заре растянулся
Là-bas, à l’aube, s’allongeaient
Причудливый хор облаков:
De pâles et étranges nuages :

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L’AUBE
1850
Шёпот, робкое дыханье

Шёпот, робкое дыханье,
Respiration, chuchotante et timide,
Трели соловья,
Doux trilles de rossignol,


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LA MAIN & LE COEUR 
1853
Люди спят; мой друг, пойдём в тенистый сад

Люди спят; мой друг, пойдём в тенистый сад.
Les gens dorment ; mon ami, partons au jardin ombragé.
Люди спят; одни лишь звёзды к нам глядят.
Les gens dorment ; seules les étoiles nous regardent.

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LA TEMPÊTE
Буря
1854

Свежеет ветер, меркнет ночь,
Le vent se rafraîchit, la nuit s’estompe,
А море злей и злей бурлит,
Et la mer écume d’une rage endiablée,

Ivan Aïvazovski, Иван Константинович Айвазовский, La Création ou Le Chaos, 1841, Сотворение или Хаос, Musée Arménien, Venise, Армянский музей, Венеция.

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LA TERRE DES PENSÉES PURES
1862
Какая грусть! Конец аллеи

Какая грусть! Конец аллеи
Quelle tristesse! La ruelle là-bas
Опять с утра исчез в пыли,
Encore ce matin a disparu dans la neige,

Ivan Chichkine, Hiver, Иван Шишкин, Зима, 1890

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EMBRASSER LE GLACIAL GRANIT
1862
Не избегай; я не молю…

Не избегай; я не молю
Ne fuie pas ; je ne prie
Ни слез, ни сердца тайной боли,
Ni ne pleure, sans secrète douleur du cœur,

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UNE NUIT MYSTERIEUSE 
1864
В тиши и мраке таинственной ночи

В тиши и мраке таинственной ночи
Dans le silence et l’obscurité d’une nuit mystérieuse
Я вижу блеск приветный и милой,
Je vois une douce étincelle accueillante,

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ALTER EGO
1878

Как лилея глядится в нагорный ручей,
Comme un lis regardant dans un ruisseau de montagne,
Ты стояла над первою песней моей,
Tu étais comme ma première chanson,

Isaac Levitan, Исаак Левитан, Silence, Тишина, 1898

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MAINTENANT
Теперь
1883

Мой прах уснёт забытый и холодный,
Mes cendres vont s’endormir froides et oubliées,
А для тебя настанет жизни май;
Et toi tu pénètres dans le doux moi de mai ;

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JE NE TE DIRAI RIEN
1885
Я тебе ничего не скажу

Я тебе ничего не скажу,
Je ne te dirai rien,
И тебя не встревожу ничуть,
Et je ne veux t’inquiéter nullement,


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LA GRÂCE EST DANS MON ÂME
1886
Жаждою света горя

Жаждою света горя,
Une flamme assoiffée de lumière,
Выйти стыдится заря;
L’aube se dresse honteuse ;

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DEVANT LES BEAUTES DU MONDE
Еще люблю, еще томлюсь…
1890

Еще люблю, еще томлюсь
Toujours amoureux, toujours languissant
Перед всемирной красотою
Devant la beauté du monde

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LA TEMPÊTE – Poème de AFANASSI FET – 1854 – Поэзия Афанасси Фета – Буря

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie d’Afanassi Fet
Поэзия Афанасси Фета


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AFANASSI FET
Афана́сий Афана́сьевич Шенши́н

5 décembre 1820 Novosselki, près de Mtsensk – 3 décembre 1892 Moscou
5 декабря 1820 г. Новоселки под Мценском – 3 декабря 1892 г. Москва

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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LA TEMPÊTE
Буря
1854

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Ivan Aïvazovski, Иван Константинович Айвазовский, La Création ou Le Chaos, 1841, Сотворение или Хаос, Musée Arménien, Venise, Армянский музей, Венеция.

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Свежеет ветер, меркнет ночь,
Le vent se rafraîchit, la nuit s’estompe,
А море злей и злей бурлит,
Et la mer écume d’une rage endiablée,
И пена плещет на гранит —
Et les vagues fracassent le calme granit –
То прянет, то отхлынет прочь.
Elles se dressent, puis s’éloignent.

Всё раздражительней бурун;
Le vacarme du ressac s’accroît ;
Его шипучая волна
Sa vague effervescente
Так тяжела и так плотна,
Devient si lourd et si compacte
Как будто в берег бьет чугун.
Comme si la fonte frappait le rivage.

Как будто бог морской сейчас,
Comme si le dieu de la mer maintenant
Всесилен и неумолим,
Omnipotent et implacable,
Трезубцем пригрозя своим,
Menaçant de son trident
Готов воскликнуть: «Вот я вас!»
S’exclamait : « Je vous suis ! »

1854



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LA TEMPÊTE ET LES RÊVES – Poème de Galaktion TABIDZE -გალაკტიონ ტაბიძე – წუხელი ღამით

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Miranda – John William Waterhouse – 1916
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POÈME DE GALAKTION TABIDZE
გალაკტიონ ტაბიძე
LITTÉRATURE GÉORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POÉSIE GÉORGIENNE
ქართული პოეზია

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Géorgie
საქართველო

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

Poème de Ilia Tchavtchavadze

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GALAKTION TABIDZE
გალაკტიონ ტაბიძე

17 novembre 1891 – 17 mars 1959
17 ნოემბერი 1891 – 17 მარტი 1959

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LA TEMPÊTE ET LES RÊVES
წუხელი ღამით ქარი დაჰქროდა
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წუხელი ღამით ქარი დაჰქროდა
La nuit dernière, le vent soufflait si fort
და დიდხანს, დიდხანს არ დამეძინა:
Que pendant très longtemps je n’ai pu dormir :…


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La Tempête de Giorgione : LES 5 PARADOXES

La Tempête – La Tempesta
(entre 1500 et 1510)

Les cinq paradoxes
de Giorgione

 

Giorgione Autoportrait en David

Il ne sert à rien ici d’élaborer des scénarii abracadabrantesques, du genre Moïse, Pâris, le repos de Saint Joseph, Aphrodite, la colère de Zeus, etc. et toutes les tentatives d’explication pour comprendre ce tableau.

 DES INVERSIONS DES VALEURS
Il suffit de voir et de lire l’évidence première, incontestable. Notre lecture se base sur d’évidentes contradictions. La tempête serait à la peinture ce qu’un des sonnets de Louise Labé est à la poésie : une totale et complète inversion des valeurs et des sens : « Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie. J’ai chaud extrême en endurant froidure : La vie m’est et trop molle et trop dure. J’ai grands ennuis entremêlés de joie. Tout à coup je rie et je larmoie, Et en plaisir maint grief tourment j’endure… » (Sonnet VII)
 Voyons d’un peu plus près.

 1/Le premier paradoxe : Giorgione appelle une tempête une scène qui représente un orage. La tempête est tumultueuse et large alors que notre orage est claquant, bref et localisé. La tempête assombrit alors que l’orage illumine de ses éclairs les bâtiments blancs qui longent la rivière. Nous attendons du noir et nous avons du blanc irradiant. Quand Tacite dans le Livre II des Annales parle d’une tempête par « un sombre amas nuages d’où s’échappe une effroyable grêle. Au même moment les vagues tumultueuses…ôtent la vue des objets » (XXIII). Le tableau de Giorgione est si clair que tous les détails sont visibles. Tout est transparent, limpide.

 

Giorgione la tempête

2/ Le second paradoxe : la tempête (ou l’orage) apporte de l’inquiétude et  de la peur. Les personnages de la scène sont sereins et tranquilles, comme absents. Pour eux, il ne se passe absolument rien. Nous ne sommes pas pendant l’orage, mais avant ou après. Nous ne sommes donc pas dans le temps présent. Le décalage est là.

 3/ le troisième paradoxe : le pont et les êtres. Le pont reste l’élément central du tableau ; en plein milieu. Le pont relie les deux rives, et plus généralement les êtres en permettant de communiquer, de se voir, de se parler. Dans notre tableau et malgré le pont, les êtres ne communiquent pas. Le promeneur regarde la dame qui nous regarde en donnant le sein à un bébé absorbé dans sa tâche.

 4/ le quatrième paradoxe : l’homme à gauche est en tenue de l’époque de son temps dans une partie composée d’un paysage antique en décomposition et en ruine. Alors que la dame dans la partie droite est quasiment nue dans une partie moderne d’un début XVIème siècle. Giorgione inverse les personnages en les positionnant dans des lieux devenus, par cette simple translation, étranges.

 5/ Gustav Friedrich Hartlaub parle d’une illustration des quatre éléments : l’eau, la terre, le feu et l’air. C’est exact, tous les éléments sont présents et c’est le cinquième paradoxe, ils se mélangent et s’interpénètrent. Dans le ciel, l’air avec ce feu qui déchire l’atmosphère en reliant les remparts aux frondaisons. Le bas du tableau où l’on suit le cours d’eau en le perdant, en retrouvant une motte de terre qui ne semble plus rien séparer, croyant même que la rivière a été déviée et retrouver notre eau dans le bas du tableau, par on ne sait quel chemin ou nappe secrète.

 En fait nous sommes là, au XVIème sans y être, dans ce lieu sans y être. Comme le souligne le paradoxe du lieu de Zénon, « Si tout ce qui est, est dans un lieu, ce lieu même doit être dans un autre lieu, et ainsi indéfiniment. »               

Jacky Lavauzelle