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Le Livre de l’intranquillité IV O Livro do Desassossego FERNANDO PESSOA

Fernando Pessoa

Traduction – Texte Bilingue
tradução – texto bilíngüe

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE PORTUGAISE
POESIE PORTUGAISE

 

FERNANDO PESSOA
1888-1935
Fernando Pesso Literatura Português Poesia e Prosa Poésie et Prose Artgitato

 

O Livro do Desassossego
IV

Le Livre de l’Intranquillité
IV

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Fernado Pessoa Le Livre de l'Intranquillité Artgitato O Livro do Desassossego

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E do alto da majestade de todos os sonhos, ajudante de guarda-livros na cidade de Lisboa.
Et du haut de la majesté de tous les rêves, moi, aide-comptable à Lisbonne.

Mas o contraste não me esmaga — liberta-me;
Mais le contraste ne me écrase pas – il me libère plutôt ;
e a ironia que há nele é sangue meu.
et cette ironie est mon sang.
O que devera humilhar-me é a minha bandeira, que desfraldo;
Ce qui devrait m’humilier, c’est mon drapeau que je porte ;
e o riso com que deveria rir de mim, é um clarim com que saúdo e gero uma alvorada em que me faço.
et ce rire qui se moque de moi, c’est un clairon que je salue et je génère une aube qui me génère à son tour.

A glória noturna de ser grande não sendo nada!
La gloire nocturne d’être grand sans être rien !
A majestade sombria de esplendor desconhecido…
La majesté sombre d’une splendeur inconnue …
E sinto, de repente, o sublime do monge no ermo, e do eremita no retiro, inteirado da substância do Cristo nas pedras e nas cavernas do afastamento do mundo.
Et moi, tout à coup, je sens le sublime du moine dans le désert et de l’ermite dans sa retraite, connaissant la substance du Christ sur les pierres et dans les cavernes isolées.

E na mesa do meu quarto absurdo, reles, empregado e anônimo, escrevo palavras como a salvação da alma e douro-me do poente impossível de montes altos vastos e longínquos, da minha estátua recebida por prazeres, e do anel de renúncia em meu dedo evangélico, joia parada do meu desdém extático.
Et sur la table de ma chambre absurde, petit, employé et anonyme, j’écris des mots comme le salut de mon âme et l’ouest impossible des vastes hautes collines, de ma statue reçue pour les plaisirs, et de l’anneau de renonciation à mon doigt évangélique, le joyau immobile de mon dédain extatique.

 

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Le Livre de l’Intranquillité
IV

DEDICACE D’UN VAISSEAU – IV- CATULLE – CATULLUS -DEDICATIO PHASELI

CATULLI CARMEN IV
C.V. CATULLI CARMINUM LIBER
litterarum
Littérature Latine
Catulle

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

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CATULLE – CATULLUS
84 av J.-C. – 54 av J.-C.

POESIE IV

Dedicacio Phaseli

Dédicace d’un vaisseau

Phaselus ille, quem videtis, hospites,
Ce bateau, que vous voyez, à ce que l’on dit,
Ait fuisse navium celerrimus,
Etait le plus rapide des navires
Neque ullius natantis impetum trabis
   Jamais on ne trouva équipage
  Nequisse praeterire, sive palmulis
 Capable de le dépasser, soit grâce à ses rames
Opus foret volare sive linteo.
  Qui le firent voler soit par ses voiles.
Et hoc negat minacis hadriatici
 Et il nia obstinément l’Adriatique menaçante
Negare litus Insulasve Cycladas
Il nia le danger des Cyclades
Rhodumque nobilem horridamque Thraciam
La noble Rhodes et la rugueuse Thrace 
  Propontida trucemve Ponticum sinum,
La mer agitée de Propontide [Marmara],
Ubi iste post phaselus antea fuit
  Où ce bateau était auparavant
Comata silva; nam Cyrotio in jugo
  Dans une forêt touffue ; Ainsi qu’à Cytore où jouait
Loquente saepe sibilum edidit coma.
Souvent le sifflement de tes frondaisons.
Amastri Pontica et Cytore buxifer,
Amastris Pontique et Cythore à la couronne de buis,
  Tibi haec fuisse et esse cognitissima
Tout cela vous connaissez trop bien












Ait phaselus, ultima ex origine
  Ce bateau depuis le début
 Tuo stetisse dicit in cacumine,
  Se tenait au sommet,
  Tuo imbuisse palmulas in aequore,
 Ses rames trempèrent dans vos eaux,
 Et inde tot per impotentia freta
 
Et il y avait alors une mer si violente et sauvage
Erum tulisse ; laeva sive dextera
Que son maître il ramena ; avec un vent de gauche ou de droite
 Vocaret aura, sive utrumque Iuppiter
 Qui soufflaient, ou les deux 
  Simul secundus incidisset in pedem,
 Simultanément ensemble
Neque ulla vota litoralibus deis
Nuls voeux  aux dieux du littoral
  Sibi esse facta, cum veniret a mari
 Depuis que revenu de la mer,
Novissimo hunc ad usque limpidum lacum.
  Il mouilla sur les côtes de ce lac limpide.
Sed haec prius fuere: nunc recondita
Mais c’était avant : maintenant dans un
Senet quiete seque dedicat tibi,
Calme reposant il se consacre à vous,
Gemelle Castor et gemelle Castoris.
Frères jumeaux Castor et Pollux.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Catulle – Catullus
Catulli Carmen IV