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LE PROGRES ITTHI KHONGKHAKUL อิทธิ คงคากุล PROGRESS KEMAJUAN ความคืบหน้า Kuala Lumpur

Malaysia

Voyage en Malaisie
PHOTO JACKY LAVAUZELLE

 




 

 

Itthi Khongkhakul
อิทธิ คงคากุล
PROGRESS – PROGRES
KEMAJUAN
ความคืบหน้า

 

 Visiter Kuala Lumpur
Meneroka kota Kuala Lumpur
Melawat Kuala Lumpur
吉隆坡
Куала-Лумпур

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อิทธิ คงคากุล
Itthi Khongkhakul
ความคืบหน้า
PROGRESS-PROGRES
KEMAJUAN
进度

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En 2003 (2546 année Thaïlandaise) Itthi Khongkhakul proposait une sculpture monumentale en bronze appelée Relation Durable, สัมพันธภาพที่ยั่งยืน , montrant deux clous enlacés se tenant en équilibre. Torsadées, les pointes se terminaient en deux jambes, sortes de danseurs enlacés. Les têtes des clous symbolisaient pour Itthi l’esprit de son peuple. La force était multipliée avec les deux clous torsadés. Bien que posée sur des pointes, la force du couple est incontestable. C’est un équilibre dans la puissance et la jonction des forces. Dans la solidarité invulnérable des individus qui s’assemblent.
La proposition qu’il nous fait à Kuala Lumpur sera multipliée par 3.

En ayant parcouru la Jalan Parlimen pour rejoindre  le Monument National, le Perdana Garden accueille en dessous du grand monument, de nombreuses sculptures dont cette création d’Itthi : le Progrès  (Progress, Kemajuan, ความคืบหน้า).
Il est indiqué sur une grande pancarte bleue en anglais et en malais ceci :
« Stainless steel is an industrial material which emphasises the industrial progress of ASEAN. Stainless steel pipes, despite their limitations, can be handled in creative manner and made to look beautiful. »
« Stainless steel ialah bahan industri yang menegaskan kemajuan di Rantau ASEAN. Paip stainless steel itu sungguh pun ada sekatannya boleh digunakan dengan kreatif dan menghasilkan sesuatu yang indah. »












« L’acier inoxydable est un matériau industriel qui met l’accent sur le progrès industriel de l’ASEAN. Les tuyaux en acier inoxydable, en dépit de leurs limites, peuvent être manipulés de manière créative et conçus pour être très beaux. »

Une sculpture à côté de celle d’Itthi, est celle de la singapourienne Han Sai Por 韩少芙 (TOWARDS PEACE – VERS LA PAIX – MENUJU KEAMANAN -1987) qui commémore les vingt ans de la création de l »ASEAN. Nous restons avec Itthi dans cet intérêt pour la puissance de cet ensemble majeur qui a participé à la modernisation rapide pour l’ensemble des pays signataires. En 1967, nous avions 5 pays signataires : Malaisie, Indonésie, Philippines, Thaïlande et Singapour. En 1984, vient se rajouter le petit état puissant de Brunei.

6 pays donc à partir de cette date. Itthi représente des séries de 6 tubes (un par pays) décalées ou assemblées. Toujours solidaires, ensembles ou complémentaires. C’est toute la symbolique de cette sculpture qui semble tourner telle une roue. Dans sa fixité, dans sa solidité, elle avance, vers le futur et le progrès. Et en même temps, il nous semble voir la structure d’une grande et immense bâtisse avec ses chevrons enchevêtrés et puissants.

Une bâtisse lisse sans aspérités, technologique. Le poli de l’ensemble brille dès que nous arrivons à la colline et illumine le décor déjà majestueux du parc. Edmund Burke soulignait déjà qu’ « une autre propriété qu’on remarque toujours dans les beaux corps, c’est l’uni ou le poli ; qualité si essentielle à la beauté, que je ne sache pas qu’il existe aucune belle chose qui n’en soit douée. » (Edmund Burke – On the Sublime and Beautiful – Traduction par E. Lagentie de Lavaïsse.Pichon et Depierreux, 1803.

Jacky Lavauzelle




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Acisclo Manzano : Homenaje a Balmis – Hommage à Balmis – A CORUÑA – 2003

Acisclo Manzano
homenaje a Balmis
Galice – GaliciaGaliza


acisclo-manzano-homenaje-a-balmis-hommage-a-balmis-a-coruna-2003-artgitato-1

Acisclo Manzano
LA COROGNE
A Coruña
科伦纳
コラナ
Corunna
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Photos Jacky Lavauzelle
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 Acisclo Manzano
homenaje a Balmis
hommage à Balmis
2003
LA COROGNE
A Coruña
コラナ
Corunna
科伦纳

LA COROGNE – A CORUÑA

Escultura de Acisclo Manzano por la que A Coruña rinde homenaje a Balmis. Inaugurada en el año 2003 en el Paseo del Parrote.
Sculpture d’Acisclo Manzano
La Corogne rend hommage à Balmis
La sculpture a été inaugurée en 2003 sur le Paseo del Parrote de La Corogne

Acisclo Manzano Freire nace en Orense en 1940
Acisclo Manzano est né à Orense (Ourense) en 1940

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Francisco Javier Balmis
vacuna de la viruela
vaccin de la variole
Alicante, 2 de diciembre de 1753 – Madrid, 12 de febrero de 1819
2 décembre 1753 – 12 février 1819

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Homenaje a Balmis
Hommage à Balmis

 a los niños huérfanos que partieron en la expedición
Balmis et les neuf orphelins qui partirent dans son expédition

acisclo-manzano-homenaje-a-balmis-hommage-a-balmis-a-coruna-2003-artgitato-1 acisclo-manzano-homenaje-a-balmis-hommage-a-balmis-a-coruna-2003-artgitato-3 acisclo-manzano-homenaje-a-balmis-hommage-a-balmis-a-coruna-2003-artgitato

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BALMIS A LA TÊTE
D’UNE EXPEDITION ESPAGNOLE

Juan Valera es tan de carne y hueso como el Sr. D. Manuel J. Quintana, el cual admito que es un monumento nacional, pero a condición de que se me conceda que es un monumento monolítico, de una sola pieza y sin juegos. Admito que un hombre sea sincero, sintiendo el furor pimpleo en vista de que una expedición española va a propagar la vacuna en América bajo la dirección de D. Francisco Balmis. Pero admítase también que puede ser sincero el poeta que quiere asuntos nuevos y formas nuevas, y busca y rebusca y encuentra algo original e inaudito en sus pensares de pensares, como dice doña Emilia Pardo de Bazán; en su espíritu y en su temperamento de artista refinado, nacido en el centro de una sociedad compleja, riquísima en experiencia, que tiene el cerebro excitadísimo por grandes gastos nerviosos y que ve más que vio nunca el mundo y siente especies de dolores, sino nuevos, renovados y complicados hasta lo infinito.

Mezclilla
 Baudelaire
de Leopoldo Alas

Gernot Rumpf – Heidelberger Brückenaffe- Affe Skulptur – Affe an der alten Brücke – Le Singe du Vieux-Pont- Heidelberg – 海德堡 – 1979

Allemagne
Deutschland
Германия – 德国 – ドイツ

Heidelberg
海德堡 – ハイデルベルク

Affe Skulptur
Heidelberger Brückenaffe
Alte Brücke – Le Vieux Pont

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Sculptures Allemandes
Deutsch Skulpturen
Gernot Rumpf

né le 17 avril 1941 à Kaiserslautern
17 April 1941

 

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Photo Jacky Lavauzelle

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Heidelberger Brückenaffe
Affe
Skulptur
Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux Pont
Affe mit Spiegel, Gedicht und zwei Mäusen
Le Singe au miroir, la Poésie et les deux Souris
1979

Gernot Rumpf

Heidelberger Brückenaffe

Gernot Rumpf Heidelberger Brückenaffe Affe Skulptur Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux-Pont Heidelberg Artgitato (1) Gernot Rumpf Heidelberger Brückenaffe Affe Skulptur Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux-Pont Heidelberg Artgitato (2)

Texte de
Martin Zeiller
Martin Zeiller17 Avril 1589-6 Octobre, 1661
17 avril 1589-6 octobre 1661

Gernot Rumpf Heidelberger Brückenaffe Affe Skulptur Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux-Pont Heidelberg Artgitato (4)

« Was thustu
Mich hie angaffen?
 Hastu nicht gesehen
Den alten Affen
 Zu Heydelberg
Sich dich hin unnd her 
 Da findestu wol
Meines gleichen mehr »

Martin Zeiller
Werk Itinerarium Germaniae
1632

Que faites-vous
Ebahis ainsi devant moi ?
N’avez-vous pas vu
Le vieux singe
de Heidelberg
Regardez ici et là
Vous trouverez bien
de fortes ressemblances

Gernot Rumpf Heidelberger Brückenaffe Affe Skulptur Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux-Pont Heidelberg Artgitato (5)

La main droite forme avec ses doigts le symbole qui doit combattre le mauvais œil
L’index et l’auriculaire sont tendus
Position appelée le Signe des Cornes ou les Cornes du Diable 

Gernot Rumpf Heidelberger Brückenaffe Affe Skulptur Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux-Pont Heidelberg Artgitato (7) Gernot Rumpf Heidelberger Brückenaffe Affe Skulptur Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux-Pont Heidelberg Artgitato (8) Gernot Rumpf Heidelberger Brückenaffe Affe Skulptur Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux-Pont Heidelberg Artgitato (9)

Zwei kleine Mausfiguren erinnern an das kurfürstliche Kornhaus
Deux petites souris se trouvent à la gauche du chat à l’endroit où se trouvait l’ancienne halle aux grains

Gernot Rumpf Heidelberger Brückenaffe Affe Skulptur Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux-Pont Heidelberg Artgitato (10)

La tête du singe est creuse
Elle permet a chacun de l’utiliser comme un masque grecque à la LeonidasGernot Rumpf Heidelberger Brückenaffe Affe Skulptur Affe an der alten Brücke Le Singe du Vieux-Pont Heidelberg Artgitato (11)

Heidelberger Brückenaffe

Jaroslav Róna – Odvaha – Courage – Brno – Moravské náměstí

TCHEQUIE
Česká republika
捷克共和国
République tchèque
BRNO

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Sculptures Tchèques
Jaroslav Róna

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Photo Jacky Lavauzelle

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ODVAHA
Courage

Jaroslav Róna
Sculpteur – sochař


27. dubna 1957, Praha
Né le 27 janvier 1957 à Prague

Moravské náměstí

Socha byla vytvořena na počest markraběte Jošta Lucemburskeho
La statue a été créée en l’honneur du Margrave Jobst du Luxembourg

Jošt_Lucemburský Jobst de Moravie

Jobst du Luxembourg ou Jobst de Moravie
Jošt Moravský
~1351 Brno – 18. leden 1411
Vers 1351 à Brno – 18 janvier 1411

Jaroslav Róna Odvaha Courage Brno Moravské náměstí artgitato (1) Jaroslav Róna Odvaha Courage Brno Moravské náměstí artgitato (2) Jaroslav Róna Odvaha Courage Brno Moravské náměstí artgitato (3) Jaroslav Róna Odvaha Courage Brno Moravské náměstí artgitato (4) Jaroslav Róna Odvaha Courage Brno Moravské náměstí artgitato (5)

Une vue de dessous
Pohled zdola
Jaroslav Róna Odvaha Courage Brno Moravské námestí artgitato 2

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DEFINITION DE MARGRAVE
DANS LA PREMIERE ENCYCLOPEDIE

MARGGRAVE, s. m. (Hist. mod.) en allemand marck-graf ; titre que l’on donne à quelques princes de l’empire germanique, qui possédent un état que l’on nomme marggraviat, dont ils reçoivent l’investiture de l’empereur. Ce mot est composé de marck, frontiere ou limite, & de graf, comte ou juge ; ainsi le mot de marggrave indique des seigneurs que les empereurs chargeoirent de commander les troupes & de rendre la justice en leur nom dans les provinces frontieres de l’empire.
Ce titre semble avoir la même origine que celui de marquis, marchio. Il y a aujourd’hui en Allemagne quatre marggraviats, dont les possesseurs s’appellent marggraviats, savoir ; 1°. celui de Brandebourg ; tous les princes des différentes branches de cette maison ont ce titre, quoique la Marche ou le marggraviat de Brandebourg appartienne au roi de Prusse, comme chef de la branche ainée : c’est ainsi qu’on dit le marggrave de Brandebourg-Anspach, le marggrave de Brandebourg Culmbach, ou de Bareuth, le marggrave de Brandebourg Schwedt, &c. 2°. Le marggraviat de Misnie, qui appartient à l’électeur de Saxe. 3°. Le marggraviat de Bade, les princes des differentes branches de cette maison prennent le titre de marggrave. 4°. Le marggraviat de Moravie, qui appartient à la maison d’Autriche. Ces princes, en vertu des terres qu’ils possedent en qualité de marggraves, ont voix & séances à la diete de l’empire.

Baron d’Holbach
L’Encyclopédie, 1re éd.
1751
Tome 10, p. 99

Tomáš Medek -Hommage à Edison – Pocta Edisonovi- Malinovského náměstí – BRNO Брно 布尔诺

TCHEQUIE
Česká republika
捷克共和国
République tchèque
BRNO

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Sculptures Tchèques
Tomáš Medek
Sochař T. Medek
Tomas MedekThomas Edison Artgitato Théâtre Mahen Brno

 

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Photo Jacky Lavauzelle

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Tomáš Medek

Malinovského náměstí
BRNO – Брно – 布尔诺
Théâtre Mahen
Mahenovo divadlo

Pocta Edisonovi
Hommage à Edison

Hommage à Thomas Edison qui installa l’électricité au Théâtre Mahen en 1882, année de sa construction
Malinovského náměstí

Tomáš Medek Pocta Edisonovi Hommage à Edison Artgitato Brno Théâtre Mahen (1) Tomáš Medek Pocta Edisonovi Hommage à Edison Artgitato Brno Théâtre Mahen (3) Tomáš Medek Pocta Edisonovi Hommage à Edison Artgitato Brno Théâtre Mahen (4) Tomáš Medek Pocta Edisonovi Hommage à Edison Artgitato Brno Théâtre Mahen (5)

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THOMAS EDISON
Vu par Louis Figuier en 1891

Ces essais avaient tous mal réussi, lorsqu’on annonça, en 1879, que le physicien américain, Edison, avait résolu le problème de l’éclairage électrique, par incandescence.
Cette annonce était prématurée, car M. Edison n’en était encore, en 1879, qu’à la période des essais, et le procédé qu’il employait alors était assez imparfait. Aussi des doutes bien légitimes accueillirent-ils, en Europe, l’annonce de cette découverte.
Cependant, M. Edison continua ses recherches, et à force de patience et de sagacité, il finit par réaliser sa lampe à incandescence, dont les visiteurs admirèrent les effets à l’Exposition d’électricité de Paris, en 1881.
La lampe à incandescence de M. Edison consiste en une petite cloche, de forme ovoïde, dans laquelle on a fait le vide, pour empêcher la combustion du charbon.
Le charbon est, en effet, le corps conducteur de l’électricité qui, porté à une très haute température par le passage du courant électrique, produit l’effet lumineux.
La manière de préparer ce charbon est ce qui présenta le plus de difficultés à M. Edison, comme aux autres inventeurs, ses rivaux. De la manière dont il est obtenu dépendent, en effet, l’éclat, la couleur et les qualités de la lumière.
M. Edison prépare aujourd’hui son charbon, non comme il le faisait d’abord, avec des feuilles de carton Bristol carbonisé en vase clos, mais avec des filaments de bambou carbonisé. Les filaments de bambou, après leur calcination, se réduisent à l’épaisseur d’un crin de cheval. On en fait une sorte d’arc, et on fixe les deux extrémités de cet arc charbonneux dans un petit fil de platine, en rapport avec le courant électrique. On fait ensuite le vide dans cette petite cloche ; enfin on la scelle, pendant qu’elle est parfaitement privée d’air, au moyen d’un ciment particulier.
Chaque petit luminaire a environ la puissance de deux becs Carcel.

T6- d402 - Fig. 314. — Bec de la lampe Edison.png
Fig. 314. — Bec de la lampe Edison.

La figure 314 représente le bec Edison, qui, placé à volonté sur différents supports, forme une lampe électrique (fig. 315).

T6- d402 - Fig. 315. — Lampe Edison.png
Fig. 315. — Lampe Edison.

En réunissant un certain nombre de ces lampes, on compose un lustre, tel que ceux qui figuraient à l’Exposition d’électricité. On voit dans la figure 316 l’un de ces lustres formé de la réunion d’un certain nombre de lampes.

T6- d403 - Fig. 316. — Lustre électrique Edison.png
Fig. 316. — Lustre électrique Edison.

On pourrait craindre que ces petits ustensiles soient de peu de durée. Ils peuvent cependant servir, pendant mille heures. D’ailleurs, vu leur prix minime (1 fr. 25), on peut les remplacer sans grande conséquence, quand ils sont usés, de même que nous remplaçons les verres cassés de nos lampes à l’huile.

T6- d404 - Fig. 317. — M. Edison.png
Fig. 317. — M. Edison.

Nous n’avons pas besoin de dire que chaque lampe doit être mise en communication avec un courant électrique continu, fourni par une machine dynamo-électrique.
Pendant que M. Edison construisait, à New-York, sa lampe à incandescence, en perfectionnant la lampe russe, d’autres physiciens ou constructeurs, s’appliquant aux mêmes recherches, arrivaient à des résultats à peu près semblables.

Louis Figuier
Les Merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes
Furne, Jouvet et Cie, 1891
Tome 2 des Suppléments, pp. 385-520
Supplément à l’art de l’éclairage

 

BERNINI ENEA E ANCHISE : Enée, Anchise et Ascagne fuyant Troie – Enea che fugge dalle fiamme di Troia salvando il padre Anchise e il figlio Ascanio

ROME – ROMA
BERNINI ENEA E ANCHISE
Enée et Anchise fuyant Troie
LA VILLA BORGHESE

Armoirie de Rome

 Photos  Jacky Lavauzelle

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Flag_of_Lazio


LA GALERIE BORGHESE
GALLERIA BORGESE

 BERNINI
LE BERNIN

Gian Lorenzo Bernini
1598-1680

 

BERNINI ENEA E ANCHISE
ENEE et ANCHISE Fuyant Troie
1618-1620
Enea che fugge dalle fiamme di Troia salvando il padre Anchise e il figlio Ascanio

 

Marbre
Marmo statuario 

Enea che fugge dalle fiamme di Troia salvando il padre Anchise e il figlio Ascani Bernini Le Bernin Galerie Borghese artgitato 1

TITE-LIVE
HISTOIRE ROMAINE
Traduction Nisard de 1864
LIVRE I

C’est d’abord un fait assez constant, qu’après la prise de Troie la vengeance des Grecs, s’étant exercée sur le reste du peuple troyen, ne respecta qu’Énée et Anténor, soit que le droit d’une ancienne hospitalité les protégeât, soit que les conseils qu’ils avaient toujours donnés, de rendre Hélène et de faire la paix, engageassent le vainqueur à les épargner.

Enea che fugge dalle fiamme di Troia salvando il padre Anchise e il figlio Ascani Bernini Le Bernin Galerie Borghese artgitato 2

Énée, rejeté de sa patrie par la même catastrophe, mais destiné par le sort à fonder de bien plus grandes choses, arriva d’abord en Macédoine, passa de là en Sicile, d’où, cherchant toujours une patrie, il vint aborder avec sa flotte au rivage de Laurente, appelé aussi du nom de Troie.

Enea che fugge dalle fiamme di Troia salvando il padre Anchise e il figlio Ascani Bernini Le Bernin Galerie Borghese artgitato 3

Lorsqu’il eut appris qu’ils étaient Troyens, que leur chef était Énée, fils d’Anchise et de Vénus, et que, fuyant leur patrie et leurs maisons en cendres, ils cherchaient un asile et un emplacement pour y bâtir une ville, pénétré d’admiration à l’aspect de ce peuple glorieux et de celui qui le conduisait, les voyant d’ailleurs disposés à la guerre comme à la paix, il tendit la main à Énée, pour gage de leur future amitié.

Enea che fugge dalle fiamme di Troia salvando il padre Anchise e il figlio Ascani Bernini Le Bernin Galerie Borghese artgitato 4

Les Aborigènes et les Troyens eurent une guerre commune à soutenir. Turnus, roi des Rutules, à qui Lavinie avait été promise avant l’arrivée d’Énée, indigné de se voir préférer un étranger, avait à la fois déclaré la guerre à Latinus et à Énée.

Enea che fugge dalle fiamme di Troia salvando il padre Anchise e il figlio Ascani Bernini Le Bernin Galerie Borghese artgitato 5

DICTIONNAIRE UNIVERSEL D’HISTOIRE ET DE GEOGRAPHIE BOUILLER (Marie-Nicolas) CHASSANG (Alexis)
1878 – 1
ACESTE
 roi d’Acesta, en Sicile, secourut Priam pendant la guerre de Troie, donna l’hospitalité à Énée, et fit ensevelir Anchise sur le mont Eryx. Virgile l’a célébré dans le Ve chant de l’Énéide.

Enea che fugge dalle fiamme di Troia salvando il padre Anchise e il figlio Ascani Bernini Le Bernin Galerie Borghese artgitato 6

L’ENEIDE
Virgile
SIXIEME LIVRE
Traduction Jean-Nicolas-Marie Deguerle
Delalain, 1825 – 1
Cependant le pieux fils d’Anchise s’avance vers la montagne où réside Apollon, et cherche le réduit solitaire de la redoutable Sibylle ; antre immense, où le dieu de Délos agite l’âme de sa prêtresse d’une sainte fureur, et lui découvre l’avenir. Déjà se déploient aux yeux des Troyens les bois sacrés d’Hécate et ses portiques éclatans d’or. Si l’on en croit la renommée, Dédale, fuyant autrefois les états de Minos, osa se confier sur des ailes rapides à l’océan des airs, vogua par des chemins nouveaux vers les glaces de l’Ourse, et s’arrêta dans sa course éthérée sur les hauteurs de Chalcis.

Enea che fugge dalle fiamme di Troia salvando il padre Anchise e il figlio Ascani Bernini Le Bernin Galerie Borghese artgitato 7

L’ENEIDE
Virgile
SIXIEME LIVRE
Traduction Jean-Nicolas-Marie Deguerle
Delalain, 1825 – 1
C’est là que l’énorme Cerbère fait retentir de son triple aboiement les livides royaumes ; Cerbère, hideux sentinelle, toujours veillant sous sa roche caverneuse. Déjà se dressaient les serpents qui sifflent sur sa tête : mais la prêtresse lui jette une pâte assoupissante, pétrie de pavots et de miel. Le monstre que la faim dévore, ouvrant à la fois ses trois gueules, engloutit la proie qui les tente. Soudain appesanti, son vaste corps chancelle, tombe, et de son immense étendue remplit son repaire immense. Énée franchit le passage dont le gardien sommeille ; et plus prompt que l’éclair, il s’éloigne du fleuve qu’on passe sans retour.

Enea che fugge dalle fiamme di Troia salvando il padre Anchise e il figlio Ascani Bernini Le Bernin Galerie Borghese artgitato 8 Enea che fugge dalle fiamme di Troia salvando il padre Anchise e il figlio Ascani Bernini Le Bernin Galerie Borghese artgitato 9 Enea che fugge dalle fiamme di Troia salvando il padre Anchise e il figlio Ascani Bernini Le Bernin Galerie Borghese artgitato 91

JAUCOURT
L’ENCYCLOPEDIE
1ère édition – 1765 – Tome 11
« 
Bernini (Jean-Laurent, surnommé le Cavalier) né en 1598, mort en 1680, étoit un génie bien rare par ses talens merveilleux dans la Sculpture & l’Architecture. Il a embelli Rome de plusieurs monuments d’architecture qui font l’admiration des connaisseurs ; tels sont le maître autel, le tabernacle, & la chaire de l’église de saint Pierre, la colonade qui environne la place de cette église, les tombeaux d’Urbain VIII. & d’Alexandre VII. la statue équestre de Constantin, la fontaine de la place Navone, &c. tous ces ouvrages ont une élégance, une expression dignes de l’antique. Personne n’a donné à ses figures plus de vie, plus de tendresse, & plus de vérité. Louis XIV. l’appella à Paris en 1665, pour travailler au dessein du Louvre, & le récompensa magnifiquement, quoique les desseins de Claude Perrault aient été préférés aux siens pour la façade de ce bâtiment du côté de saint Germain l’Auxerrois. »

VITTORIO MONTI – VICTOR MONTI – LES BUSTES DE LA VILLA BORGHESE – i busti della Villa Borghese

ROME – ROMA
LA VILLA BORGHESE

Armoirie de Rome

 Photos  Jacky Lavauzelle

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Les Bustes de la Villa Borghèse
I busti della villa Borghese

VICTOR MONTI
Vittorio Monti
Naples 1868-1922 Naples
Arrive à Paris en 1886 joue avec Camillo Sivori
Vers 1900 il devient le chef d’orchestre de l’Orchestre Lamoureux (Paris) – écriture de ballets et d’opérettes.
Orchestre Lamoureux – Fondation en 1881 par Charles Lamoureux

Vittorio Monti Villa Borghese artgitato

Chef d’orchestre – Musicien

Composition la plus connue est la Czardas – csardas
Sua composizione più famosa è la csardas
Ecrite par Victor Monti en 1904
Scritta nel 1904
Pour Violon et Orchestre
per Violino e Orchestra

 

Czardas, pour violon et orchestre
(1904)

« Mais jamais certes la qualité exceptionnelle, souventefois la perfection de ce qu’il nous avait accoutumé d’écouter, n’apparut aussi évidente que depuis qu’il n’est plus là. Privé de lui, l’orchestre Lamoureux ressemble à un esquif sans pilote, flottant au petit bonheur des marées, ballotté au caprice de houles éventuelles et ne retrouvant guère son équilibre qu’au hasard de tangages et de roulis contradictoires. On aperçoit quel danger peut s’ensuivre, pour un remarquable ensemble même, à changer constamment de chef. Ce caméléonisme spécial n’a malheureusement pas entraîné un adéquat imprévu des programmes, et s’attesta plutôt au détriment des « quatre heures de musique française inédite » imposées. Une grippe malencontreuse m’empêcha d’assister à la séance où un kapellmeister étranger, dont le nom m’échappe, fit ouïr, avec les Variations de M. Max Reger, la Symphonie en Do majeur de Schubert.  »
JEAN MARNOLD
LA SYMPHONIE EN DO DE FRANCOIS SCHUBERT
MERCURE DE FRANCE ANNEE 19
1908
Tome 72

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« Le meilleur interprète de Lohengrin à l’Opéra, c’est l’orchestre. M. Lamoureux lui donne la précision, la clarté, la souplesse et, dans l’accompagnement des voix, une exquise et constante douceur. Il ne saurait lui donner, parce qu’il ne les possède pas lui-même, la poésie, la grâce, le sourire et la flamme. Quant à la puissance, elle manque là où nous l’attendions le plus, notamment à l’arrivée du cygne. Peut-être est-ce la faute de cette salle maudite. Quelques mouvemens aussi nous ont paru trop lents. »
CAMILLE BELLAIGUE
REVUE MUSICALE
31 octobre 1891
REVUE DES DEUX MONDES
Tome 108 – 1891

DAVID ARONSON Museo Sefardí Toledo – David Aronson au Musée Sefardi de Tolède

TOLEDO – TOLEDE
Museo Sefardí – Musée Sefardi
DAVID ARONSON

David ARONSON
lituano-americano
Lituano – américain
Né en 1923 en Lituanie
Ecole de Boston

Museo Sefardí – Musée Sefardi
Calle de Samuel Leví, Toledo, Espagne
http://museosefardi.mcu.es

BRONCE – BRONZE
Trois Sculptures
Esculturas – Sculptures

UN TROUBADOUR DE L’ART
ENTRE PROFANE ET RELIGIEUX

WARRIOR II
GUERRIER II

david aronson musée safardi Toledo Tolède 1Warrior II david aronson musée safardi Toledo Tolède 1

Warrior II david aronson musée safardi Toledo Tolède 2 Detail

ESPINOSA
Baruch Spinoza
Philosophe (1632-1677)

Espinosa david Aronson Museo Sefardi Artgitato Toledo 4 DétailEspinosa david Aronson Museo Sefardi Artgitato Toledo2 Détail

Espinosa david Aronson Museo Sefardi Artgitato Toledo 3 Détail

PROFESOR Y ESTUDIANTE
Professeur et Elève

Profesor y estudiante david Aronson Museo Sefardi Artgitato Toledo 1Profesor y estudiante david Aronson Museo Sefardi Artgitato Toledo 2 DetailProfesor y estudiante david Aronson Museo Sefardi Artgitato Toledo 3 DétailProfesor y estudiante david Aronson Museo Sefardi Artgitato Toledo 4 Détail

PHOTOS ARTGITATO

Eva KMENTOVA : LA RESISTANCE A L’OPPRESSION (Femme au soleil – žena na slunci -1958, bronze 2005)






Eva Kmentova (1928-1980)
Femme au soleil
žena na slunci
(1958, bronze 2005)

 Eva Kmentova žena na slunci (1958, bronze 2005) (1)

La Résistance
à
L’Oppression

Dans une cour du Musée Kampa (Museum Kampa, U Sovových mlýnů 2, 118 00 Praha) au milieu d’autres statues, la Femme au soleil d’Eva Kmentova, seule, contre un mur, s’offre à nous.

Il s’agit d’une femme, les proportions sont là. Mais la féminité est peu marquée. Et nous sommes autant dans le corps de l’artiste que dans celui d’une humanité plus générale.

La femme est là, face contre terre. Comme jetée à terre. Presqu’humiliée. L’être est couché, comme soumis, mais tout son effort tend vers le redressement. Se mettre droit. Tenir debout. Ne pas rester dans la situation originelle. S’élever. Ne pas rester coucher. Ne plus rester soumise.

Eva Kmentova žena na slunci (1958, bronze 2005) (2)

Les masses s’équilibrent sur le socle en pierre blanche. Et les membres, la tête et les jambes, se lèvent, se jettent vers le soleil, comme s’il s’agissait de s’arracher de la terre. Ce corps lourd et massif veut partir, s’envoler. Il se tend un peu plus de chaque côté. Quelque chose peut casser à tout instant. Et ce corps qui part, laisse un peu plus la terre pour rejoindre les astres.

Dans cette forme, le corps devient céleste. Il va vers le soleil en devenant lune, croissant de lune. Ce corps en a besoin. Il a soif de cette chaleur. C’est une nécessité vitale pour lui, pour ce corps devenu satellite.

S’il se tend, il se tend comme un arc. Un arc qui enverrait dans le ciel, vers le soleil, ce besoin d’un ailleurs, ce besoin d’espoir, pour vaincre enfin sa peur. Pour laisser son désir s’épanouir.

Cette masse si imposante devient ligne par cette position tendue. La tension ne pourra pas durer éternellement, mais qu’importe, puisque, en existant, elle permet au corps de s’ouvrir, de s’entrouvrir.

Avoir gagné sur le lourd, le pesant, le joug, les interdits, la tyrannie et l’oppression, voilà ce que le corps, et plus que le corps, l’être gagne. C’est dans cette prouesse, simple et banale, mais tellement désagréable de cette tension du cou et de cette inflexion du bassin, que l’être peut se lever enfin et que la vie peut commencer, moins mécanique et plus humaine.

Elle se tend juste avant la cassure qui elle serait définitive. Inconfortable et seule, mais vivante encore et espérant.

Eva Kmentova žena na slunci (1958, bronze 2005) (4)Eva Kmentova, ainsi que son mari Olbram Zoubek, qu’elle a connu à l’Académie des Arts,  faisait partie du groupe Trasa, où figuraient notamment les sœurs Jikta er Květa Válovy. Eva apporta au groupe de cette nouvelle figuration une dimension poétique, plus sensuelle. Elle fut bridée tout au long de sa vie par le système communisme. Comme de nombreux artistes tchèques, elle vécut grâce à des petits boulots comme vendeuse et restauratrice de bijoux.

žena na slunci porte la trace de Fernand Léger. cette sculpture a été réalisée trois ans après la mort de l’artiste français.

« L’art est fait d’oppression, de tragédie, criblées discontinûment par l’irruption d’une joie qui inonde son site, puis repart. » (René Char, Eloge d’une soupçonnée, 1988)

 

Jacky Lavauzelle

Olbram Zoubek LA DISSOLUTION DU PEUPLE PAR LE SANG ( MEMORIAL AUX VICTIMES DU COMMUNISME Pomník obětem komunismu Prague)

Olbram Zoubek

Le Mémorial aux victimes du communisme (Pomník obětem komunismu -2002 Prague)
(en collaboration avec les architectes
Jan Kerel et Zdeněk Hoelzel)Olbram Zoubec Prague (12)

 La dissolution
du peuple par
le sang &les pleurs

En revenant du Musée Kampa, nous avons laissé dans une cour la femme au soleil d’Eva Kmentová et une œuvre d’Olbram Zoubek, Victimes (1958), son compagnon dans la vie.




Victimes 1958 Olbram Zoubek Musée Kampa Prague 1

Ces deux œuvres, diamétralement opposées, dans l’espace comme dans le style, séparées par d’autres sculptures sont là, face à face. Celle de Kmentová toute en rondeur, pleine, couchée, entière, face contre sol, celles de Zoubek en saillie, décharnées, vidées, pointues et droites. Ces œuvres si différentes sont celles d’un couple ayant vécu aussi longtemps ensemble et ayant participé à la même scène tchèque à travers le groupe Trasa.

Olbram Zoubec Prague (1)

 

Différentes mais parlant d’une même volonté, d’un véritable combat, la recherche d’un autre futur. L’œuvre de 1958 de Zoubek préfigure l’œuvre du Mémorial, par sa structure déchiquetée, fantomatique. Même si les sculptures n’ont encore pas d’expression et que les têtes sont réduites à leur plus simple expression. Mais déjà elles sont debout et elles marchent. La célèbre expression de Goethe : « Tout homme qui marche peut s’égarer » ne marche pas. Sous un tel régime, ne rien faire, ne rien dire, c’est avant tout s’égarer et mourir à petit feu.

 

Olbram Zoubec Prague (2)

En remontant vers le deuxième arrondissement, il suffit simplement de prendre deux rues, Vítězná ou Říční, et de se retrouver vers ce groupe de sculptures, mi humaines mi zombies qui déferlent de la petite colline Petrin. Un groupe d’hommes membrés et démembrés, condamné à rester là, figé dans le lieu et dans notre mémoire.  « La mémoire est à la base de la personnalité individuelle, comme la tradition est à la base de la personnalité collective » (Miguel de Unamuno). En effet, ce monument ne parle pas qu’à l’Homme, ne parle pas que son histoire, il parle de nous, il parle à chacun de nous.

 

Olbram Zoubec Prague (3)

Olbram Zoubek parle de son point de départ dans sa réflexion et de son travail sur le regard de chacun à travers son œuvre. Celui-ci ne peut que changer. Il est parti du mot MUKL, condamné : « Vycházel jsem ze slova mukl: muž určený k likvidaci. Nepadá, pořád stojí, postava nemá tendenci se vzdát, zlomit, podrobit, ale stojí, i když je štípaná blesky, ohlodávaná a ničená… Můžete se mezi nimi dívat i na Národní divadlo, je to pohled nový, jako by se ti mrtví dívali i na nás, na Vítěznou třídu k Národnímu divadlu. » (« Je suis parti du mot Condamné : Un homme destiné à être liquidé, à être éliminé. Quand il tombe, il se redresse encore. Il n’abandonne pas. Brisé, soumis, il résiste. Même si parfois il pense à abandonner. Parmi eux, vous changez votre vision, comme si les morts et nous regardions le Théâtre National « ).

 

Olbram Zoubec Prague (5)

Sept sculptures avancent donc vers la ville. Sortes de morts-vivants, les corps déchiquetés par la violence d’une idéologie, le communisme. Sept sculptures arrachées à la vie qui nous renvoient au septième cercle de l’Enfer de Dante. Toujours quand le démon des hommes frappe, la Divine Comédie ouvre ses ailes et ses pages. C’est notre miroir contemporain, notre abreuvoir. Rappelons ces vers du Chapitre XII : « Era lo loco ov’ a scender la riva venimmo, alpestro e, per quel che v’er’anco, tal, ch’ogne vista ne sarebbe schiva. » (« Nous arrivâmes à cet endroit difficile où nous devions descendre et où se trouvait cette monstruosité que tous les yeux fuyaient ») Le septième cercle s’ouvre à nous, celui des violents.

Olbram Zoubec Prague (6)

 

Nous ne franchirons pas « la riviera del sangue » (« la rivière de sang »), mais nous sentiront aux travers de leurs chairs « qual che per violenza in altrui noccia. » « E’ son tiranni cher dier nel sangue e ne l’aver di piglio. » (« Ces tyrans qui se baignent dans le sang et se complaisent aux pillages »)

Le communisme a pillé les êtres. Les ayant soumis, cassé, rompu, achevé. Mais les êtres sont restés droits. Ils continuent à marcher. Le rien de la première stèle, n’est qu’un commencement. Les communistes n’ont rien pu faire contre la détermination et la volonté de vivre inextinguible  de l’être humain. Celui s’est levé. Le corps en lambeau. 

Les sculptures marchent vers la ville. Vers le centre.

 

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Ils reviennent à nos mémoires qui trop facilement oublient. Les chiffres sont là rangés, 205486 personnes condamnés dans des procès politiques. Un acharnement au quotidien. 4500 morts en prison. 248 exécutions. Nous repensons aux chiffres d’Alexandre Soljenitsyne dans l’Archipel du Goulag, les grandes purges, les quinze millions de déportés russes entre 1920 et 1930, les exactions du régime chinois, cubains, de Pol Pot, …

Il parait loin le temps où Paul Vaillant-Couturier  répétait en toute bonne foi que « les communistes sont des missionnaires historiques de la liberté. » Mais certains dont Victor Hugo avait, très tôt, pressenti et  refusé ce rouleau-compresseur qui allait dévaster le siècle dernier : « Communisme. Une égalité d’aigles et de moineaux, de colibris et de chauves-souris, qui consisterait à mettre toutes les envergures dans la même cage et toutes les prunelles dans le même crépuscule, je n’en veux pas. » Bertolt Brecht disait mieux encore « si le parti communiste et le peuple ne sont pas d’accord, il n’y a qu’à dissoudre le peuple. » Le parti a toujours raison. Le peuple n’est qu’une triste nécessité à soumettre par tous les moyens.

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Les corps avancent et se reconstruisent. Ils restent nus et le regard vide. Mais ils avancent. Ils sont de nouveau parmi nous. La stèle indique pudiquement que « pomník obětem komunismu je věnován všem obětem, nejen popraveným a vězněnym, ale všem, jejichž životy byly totalitní zvůlí zničeny   » (« Le Mémorial aux victimes du communisme est dédié à toutes les victimes, non seulement emprisonnés et exécutés, mais tous ceux dont la vie a été détruite par le despotisme totalitaire »).

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Les corps sont là comme s’ils faisaient partis de séquences cinématographiques.

Comme si le vent de l’idéologie emportait sur les corps un peu plus de leur chair. Jusqu’à vouloir les faire disparaître. Comme s’il fallait les enfouir à jamais pour qu’enfin le régime les oublie et ne garde que les soumis.  Olbram Zoubek : « Naší snahou bylo vytvořit pomník nepřehlédnutelný a důstojný, přitom ale pojetím jednoduchý a civilní. Jeho základem je monumentální schodiště, na které jsme umístili celkem 7 bronzových plastik v mírně nadživotních velikostech. První socha stojí v popředí celého zástupu, mizejícího do ztracena ve stráni. Další sochy pak ustupují, ubývají, mění se v torza občanů – obětí. Mezi torzy cítíme ty, kdo nepřežili… Návštěvník prochází schodištěm a je konfrontován s metaforou oběti a utrpení. » (« Notre objectif était de créer un monument visible et digne. Sa base est un escalier monumental sur lequel nous avons placé un total de sept sculptures en bronze légèrement plus grandes que nature. La première statue se dresse à la pointe de la foule, disparaissant peu à peu, avec les autres statues,  par des multiples variations sur les corps et les torses.  Les victimes qui n’ont pas survécu sont symbolisées par ces torses déchirés … Le visiteur qui monte les escaliers se trouve alors confronté à la métaphore du sacrifice et de la souffrance. « )

Olbram Zoubec Prague (23)Le maire de Prague 1 lors de  la commémoration avait déclaré: « Praha jako hlavní město byla vždy srdcem odporu v letech komunistické totality. Důstojné místo pro uctění památky obětem komunismu zde však dosud bohužel chybělo. Proto jsme již od roku 1997 usilovali o vytvoření prostoru pro nadčasové památné místo, které by budoucím generacím připomínalo všechna násilí a křivdy komunistického režimu. Tento prostor jsme nakonec našli na úpatí Petřína v prodloužení Vítězné ulice. Podle našeho názoru má pro umístění pomníku všechny předpoklady: jde o frekventované místo s dobrým přístupem i dostatečnou plochou pro shromažďování. Přitom současně – vzhledem k umístění v Petřínských sadech – nutí při procházkách k zamyšlení. Věříme, že pomník je nejen svrchovaným výtvarným dílem, ale stane se také poctou obětem a stále živou připomínkou neslavné doby českých dějin. » (« Prague a toujours été au cœur de la résistance du totalitarisme communiste ; cet endroit commémore les victimes du communisme, mais il y a malheureusement toujours des portés disparus. Nous avons depuis 1997 cherché à créer un espace pour le souvenir. Olbram Zoubec Prague (22)Lieu de mémoire afin que les générations futures se souviennent de toutes les violences et les injustices du régime communiste. Cet espace se trouvé au pied du prolongement Petrin et de la Rue de la Victoire. A notre avis, cet emplacement convient pour de multiples raisons : c’est un endroit très fréquenté et accessible, ainsi qu’un espace suffisamment conséquent avec les jardins de Petrin qui amène à méditer. Ce n’est pas qu’une œuvre d’art, c’est avant tout un hommage aux victimes et une page tristement célèbre de l’histoire tchèque « .

Jacky Lavauzelle

(texte, traduction de la Divine Comédie et tchèque)