LE TORÉADOR ANDALOU (1603) SONNET DE GONGORA Hermosas damas, si la pasión ciega

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LITTÉRATURE ESPAGNOLE
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Luis de Góngora Sonnet
Góngora Poemas
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Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 


 

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Luis de Góngora y Argote
1561-1627

Sonetos – Sonnets


Poésie de Luis de Góngora
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La poesía de Luis de Góngora

Hermosas damas, si la pasión ciega
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LE TORÉADOR ANDALOU
1603
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SONNET – SONETO

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El Gallo (Rafael Gómez Ortega)

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Hermosas damas, si la pasión ciega
Belles dames, si l’aveugle passion
     
no os arma de desdén, no os arma de ira,
Ne vous arme ni de dédain ni de colère,
  
¿quién con piedad al andaluz no mira,
       Ne regardez-vous pas avec joie l’Andalou,
        
y quién al andaluz su favor niega?
    Et osez-vous lui refuser sa faveur ?

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En el terrero, ¿quién humilde ruega,
Sur le parvis, qui prie humblement,
fïel adora, idólatra suspira?
Qui adore pieusement, qui soupire idolâtrement ?
¿Quién en la plaza los bohordos tira,
Qui, dans l’arène tire les banderilles,
 
mata los toros, y las cañas juega?
Et qui tue les taureaux ?

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En los saraos, ¿quién lleva las más veces
Dans les soirées, qui s’attardent le plus
los dulcísimos ojos de la sala,
Sur les doux yeux charmants de la salle,
sino galanes del Andalucía?
Sinon les galants d’Andalousie ?

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A ellos les dan siempre los jüeces,
Les juges leur donnent toujours,
en la sortija, el premio de la gala,
Le prix de la grâce d’un anneau,
en el torneo, de la valentía.
Pendant le tournoi, le prix du courage.



 

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LE PLUS BEAU GÉNIE
QUE L’ESPAGNE AIT PRODUIT

De manière qu’avec cela et ce que je pouvais avoir grappillé dans les petites commissions dont on avait chargé mon intégrité, je fus en état, en arrivant à Madrid, de me mettre proprement. Ce que je ne manquai pas de faire, quoique les écrivains de notre nation ne se piquent guère de propreté. Je connus bientôt Lope de Vega Carpio, Miguel Cervantès de Saavedra et les autres fameux auteurs ; mais, préférablement à ces grands hommes, je choisis pour mon précepteur un jeune bachelier cordouan, l’incomparable don Luis de Gongora, le plus beau génie que l’Espagne ait jamais produit. Il ne veut pas que ses ouvrages soient imprimés de son vivant ; il se contente de les lire à ses amis. Ce qu’il a de particulier, c’est que la nature l’a doué du rare talent de réussir dans toutes sortes de poésies. Il excelle principalement dans les pièces satiriques. Voilà son fort. Ce n’est pas, comme Lucilius, un fleuve bourbeux qui entraîne avec lui beaucoup de limon ; c’est le Tage qui roule des eaux pures sur un sable d’or.

Alain-René Lesage
Histoire de Gil Blas de Santillane
Chapitre XIII
Éditions Garnier
1920
Tome 2