LE RÊVEUR POÈME D’ALEXANDRE POUCHKINE (1818) Мечтателю

*

ALEXANDRE POUCHKINE POÈME

*
1818

Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

ALEXANDRE POUCHKINE  1818
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POÉSIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


Мечтателю
1818

****


LE RÊVEUR
****

 

Ты в страсти горестной находишь наслажденье;
‎Tu trouves du plaisir dans une triste passion,
Тебе приятно слезы лить,
Tu te montres joyeux en versant des larmes,
Напрасным пламенем томить воображенье
En vain, tu laisses brûler la flamme de ton imagination
И в сердце тихое уныние таить.
Et tu caches dans ton cœur un calme désespoir.
Поверь, не любишь ты, неопытный мечтатель.
Tu n’aimes pas ! crois-moi, jeune rêveur, tu n’aimes pas !
О если бы тебя, унылых чувств искатель,
Tu n’as pas souffert dans tes recherches les douloureuses
Постигло страшное безумие любви;
Souffrances de l’amour dans sa terrible folie ;
Когда б весь яд ее кипел в твоей крови;
Ce poison n’a pas mis ton sang en ébullition,
Когда бы в долгие часы бессонной ночи,
Dans de longues heures d’une nuit sans sommeil,
На ложе, медленно терзаемый тоской,
Étendu sur ton lit, tourmenté par l’angoisse,
Ты звал обманчивый покой,
‎N’attendant plus le repos trompeur,
Вотще смыкая скорбны очи,
En vain, refermant des yeux éplorés et tristes,
Покровы жаркие, рыдая, обнимал
Remontant ta couverture en pleurant, la serrant comme ton unique étreinte
И сохнул в бешенстве бесплодного желанья, —
Et consumé finalement dans les feux d’inutiles désirs, –
Поверь, тогда б ты не питал
‎Crois-moi, tu n’as pas encore livré ton cœur
Неблагодарного мечтанья!
A ces rêves ingrats !
‎Нет, нет! в слезах упав к ногам
‎Non, non ! Tes larmes ne sont pas encore tombées aux pieds
Своей любовницы надменной,
D’une altière maîtresse,
Дрожащий, бледный, исступленный,
‎Frissonnant, pâle et soumis,
Тогда б воскликнул ты к богам:
Non, tes pleurs n’ont jamais imploré ensuite les dieux :
«Отдайте, боги, мне рассудок омраченный,
« Pitié, ô dieux, soulagez mon esprit assombri,
Возьмите от меня сей образ роковой!
Retirez cette image de ma vue !
Довольно я любил; отдайте мне покой!»
Je ne veux plus aimer ; rendez-moi la paix ! »
Но мрачная любовь и образ незабвенный
‎Mais le règne de ce sombre amour sera tyrannique,
Остались вечно бы с тобой.
Souverain à jamais sur ton cœur.

1818

*

 

 **********

POUCHKINE
 1818 

********

LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

*****

ALEXANDRE POUCHKINE POÈMES