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SONNET DE POUCHKINE (1830) L’austère Dante ne méprisait pas le sonnet – Суровый Дант не презирал сонета

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Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

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ALEXANDRE POUCHKINE 1830
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POESIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


SONNET 1830
L’austère Dante ne méprisait pas le sonnet

  Сонет 1830
Суровый Дант не презирал сонета
 

 

Суровый Дант не презирал сонета;
L’austère Dante ne méprisait pas le sonnet ;
 
В нем жар любви Петрарка изливал;
Pétrarque y versait ses éclairs d’amour ;
Игру его любил творец Макбета;
Le créateur de Macbeth en aimait le tour ;
Им скорбну мысль Камоэнс облекал.
Quand le mélancolique Camões s’y répendait.

И в наши дни пленяет он поэта:
Et aujourd’hui, il envoûte le poète :
Вордсворт его орудием избрал,
Wordsworth comme instrument l’avait choisi,
Когда вдали от суетного света
Quand à l’écart de l’agitation du monde
Природы он рисует идеал.
Il peignait la nature idéale.




Под сенью гор Тавриды отдаленной
Sous l’ombre des montagnes de Tauride
Певец Литвы в размер его стесненный
Adam Mickiewicz les chante dans ses Sonnets de Crimée
Свои мечты мгновенно заключал.
Leur livrant ses rêves pour qu’ils se réalisent.




У нас еще его не знали девы,
Nous ne le connaissions pas encore
Как для него уж Дельвиг забывал
Qu’Anton Delvig oubliait pour lui
Гекзаметра священные напевы.
Les chants sacrés de l’héxamètre.

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POUCHKINE
1830  

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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STANZAS – EMILY BRONTË (1840) I’ll not weep – Je ne pleurerai pas !

LITTERATURE ANGLAISE -English Literature – English poetry

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EMILY BRONTË
30 July 1818 – 19 December 1848
30 Juillet 1818 – 19 décembre 1848

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


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STANZAS

I’ll not weep
Je ne pleurerai pas !
1840

 




I’ll not weep that thou art going to leave me,
Tu me quittes mais je ne pleurerai pas,
There’s nothing lovely here;
Il n’y a rien de bon ici-bas ;
And doubly will the dark world grieve me,
Et ce sombre monde doublement m’attristera,
While thy heart suffers there.
Tant que ton cœur y souffrira.





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I’ll not weep, because the summer’s glory
Je ne pleurerai pas, même l’été dans sa gloire
Must always end in gloom;
Toujours se termine dans le noir ;
And, follow out the happiest story—
Et, la plus radieuse des histoires,
It closes with a tomb!
Se termine avec la tombe !
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And I am weary of the anguish
Et je suis fatiguée de l’angoisse
 Increasing winters bear;
Qui s’accroit avec l’hiver ;
Weary to watch the spirit languish
Déprimée de voir l’esprit languir
Through years of dead despair.
Dans le mortel désespoir du temps.





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So, if a tear, when thou art dying,
Si une larme, à ta mort,
Should haply fall from me,
De mes yeux se dérobe
It is but that my soul is sighing,
C’est que mon âme soupire
To go and rest with thee.
Du désir de te rejoindre.

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SUPPLEMENT

LES SOEURS BRONTË
DE FIN 1839 à 1841

Charlotte ne resta pas longtemps dans cette maison inhospitalière, où le maître seul avait trouvé grâce à ses yeux. Elle revint à Haworth à la fin de 1839. Deux années s’écoulèrent encore, et ses espérances reculaient sans cesse à l’horizon. Pour tromper les ennuis de sa vie monotone, Charlotte se remit à écrire avec une nouvelle rage. La grande dépense de Charlotte et de ses sœurs semble avoir été celle du papier durant les années qui précédèrent l’apparition de Jane Eyre. La quantité de papier qu’elles achetaient excitait l’étonnement de l’honnête marchand qui le leur vendait.




« Je me demandais ce qu’elles en faisaient, disait-il à Mme Gaskell ; je pensais quelquefois qu’elles devaient collaborer aux magazines. Lorsque mes provisions étaient épuisées, j’avais toujours peur de les voir venir ; elles semblaient si contrariées lorsque j’étais à sec. J’ai bien des fois fait le voyage d’Halifax pour acheter une demi-rame, dans la crainte d’être pris au dépourvu. » Charlotte s’était remise en effet à caresser ses rêves de littérature. Elle commença un roman qui devait avoir la proportion de ceux de Richardson. De temps à autre, elle et son frère Branwell envoyaient des essais à Wordsworth et à Coleridge. Branwell écrivait quelquefois dans un journal de province, Emilie composait ses poèmes. Toutes ces jeunes têtes étaient en fermentation, et ce tumulte intellectuel fait même un singulier contraste avec la vie silencieuse du presbytère. Charlotte n’a pas encore trouvé sa voie ; elle est pleine de maladresse, elle cherche, et s’égare. L’éducation n’est pas complète ; cinq ou six années de malheurs sont encore nécessaires à la formation de ce talent…

Émile Montégut
critique français (1825 – 1895)
Miss Brontë, sa Vie et ses Œuvres
I. — La Vie anglaise, la Famille et la Jeunesse de Miss Brontë
Revue des Deux Mondes
2e, tome 10, 1857






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LES TROIS SOEURS BRONTË
par/by Branwell Brontë
From left to right: Anne, Emily and Charlotte
De gauche à droite : Anne, Emily et Charlotte

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