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EULALIE Poème d’EDGAR POE (1845)

POEME D’EDGAR POE
LITTERATURE AMERICAINE

Edgar Allan Poe Traduction Jacky Lavauzelle*******

Edgar Poe Poésie Traduction Jacky Lavauzelle Montage

EDGAR ALLAN POE
1809-1849




Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais


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*********




EULALIE
1845
*

Edgar Allan Poe Van Gogh Trad Jacky Lavauzelle
Van Gogh – Route avec un cyprès et une étoile, 1890 musée Kröller-Müller (Otterlo) – Détail

*****

I dwelt alone
Je demeurais seul
In a world of moan,
Dans un monde de gémissements,
  And my soul was a stagnant tide,
Et mon âme n’était plus qu’une mare stagnante,
Till the fair and gentle Eulalie became my blushing bride-
Jusqu’à ce que la belle et douce Eulalie devienne ma fiancée
   Till the yellow-haired young Eulalie became my smiling bride.
Jusqu’à ce qu’Eulalie, la jeune fille aux cheveux dorés, devienne ma souriante femme.

*

 Ah, less- less bright
Ah ! Elles n’étaient pas moins brillantes
The stars of the night
Les étoiles de la nuit
 Than the eyes of the radiant girl!
Que les yeux de la fille radieuse !
That the vapor can make
Ce que la vapeur peut faire
  With the moon-tints of purple and pearl,
Avec les teintes de lune, de pourpre et de perle,
Can vie with the modest Eulalie’s most unregarded curl-
Ne peut rivaliser avec la plus négligeable tresse d’Eulalie
Can compare with the bright-eyed Eulalie’s most humble and careless curl.
Ne peuvent se comparer en Eulalie les yeux brillants et la plus humble et indifférente de ses tresses.

*

 Now Doubt- now Pain
Maintenant le Doute-maintenant la Douleur
 Come never again,
Ne viennent plus jamais,
For her soul gives me sigh for sigh,
Car son âme me pousse à soupirer,
And all day long
Et toute la journée
     Shines, bright and strong,
Brille et luit intensément
  Astarte within the sky,
Astarté dans le ciel,
While ever to her dear Eulalie upturns her matron eye-
Pendant que la chère Eulalie lève pour toujours son œil vers elle
 While ever to her young Eulalie upturns her violet eye.
Pendant que la jeune Eulalie lève pour toujours son œil pourpre vers elle.

EULALIE

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LES PERSONNAGES DE POE
PAR
CHARLES BAUDELAIRE

Les personnages de Poe, ou plutôt le personnage de Poe, l’homme aux facultés suraiguës, l’homme aux nerfs relâchés, l’homme dont la volonté ardente et patiente jette un défi aux difficultés, celui dont le regard est tendu avec la roideur d’une épée sur des objets qui grandissent à mesure qu’il les regarde, — c’est Poe lui-même. — Et ses femmes, toutes lumineuses et malades, mourant de maux bizarres et parlant avec une voix qui ressemble à une musique, c’est encore lui ; ou du moins, par leurs aspirations étranges, par leur savoir, par leur mélancolie inguérissable, elles participent fortement de la nature de leur créateur. Quant à sa femme idéale, à sa Titanide, elle se révèle sous différents portraits éparpillés dans ses poésies trop peu nombreuses, portraits, ou plutôt manières de sentir la beauté, que le tempérament de l’auteur rapproche et confond dans une unité vague mais sensible, et où vit plus délicatement peut-être qu’ailleurs cet amour insatiable du Beau, qui est son grand titre, c’est-à-dire le résumé de ses titres à l’affection et au respect des poëtes.

Charles Baudelaire
Edgar Poe, sa vie et ses œuvres
1856
Histoires extraordinaires
Michel Lévy fr.
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POEME D’EDGAR POE

Poésie Traduction Jacky Lavauzelle Edgar Allan Poe

LE PROPHETE II – The Prophet KHALIL GIBRAN – II – L’AMOUR – LOVE

L’Amour – Love – Le Prophète II
KHALIL GIBRAN
Littérature Libanaise
Lebanese literature
le-prophete-khalil-gibran-fred-holland-day-1898Photographie de Fred Holland Day
1898





جبران خليل جبران
Gibran Khalil Gibran
1883–1931
le-prophete-khalil-gibran-the-prophete-n

Traduction Jacky Lavauzelle

 

THE PROPHET II
L’AMOUR LOVE
1923




Le Prophète II
LOVE
Amour

le-prophete-ii-amour-love-khalil-gibran-artgitato-self-portrait-auto-portrair-1887-1888-vincent-van-gogh

Van Gogh – Self portrait – Auto Portrait – 1887 – 1888

*******

II

Then said Almitra, « Speak to us of Love. »
Ensuite, Almitra demanda  : « Parle-nous de l’amour. »

And he raised his head and looked upon the people, and there fell a stillness upon them. And with a great voice he said:
Et il leva la tête et regarda le peuple, et un silence tomba sur eux. Et d’une voix forte, il dit :

When love beckons to you follow him,
Quand l’amour vous fait signe de le suivre,

Though his ways are hard and steep.
Bien que ses voies soient dures et raides.

And when his wings enfold you yield to him,
Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui,

Though the sword hidden among his pinions may wound you.
Même si l’épée cachée parmi ses plumes peut vous blesser.

And when he speaks to you believe in him,
Et quand il vous parle, croyez en lui,

Though his voice may shatter your dreams as the north wind lays waste the garden.
Même si sa voix peut briser vos rêves comme ce vent du nord qui dévaste le jardin.

For even as love crowns you so shall he crucify you. Even as he is for your growth so is he for your pruning.
Car même si l’amour vous couronne, il vous crucifie. De même, il vous grandit mais aussi vous taille.

Even as he ascends to your height and caresses your tenderest branches that quiver in the sun,
De même qu’il monte à votre hauteur et caresse vos branches qui frémissent au soleil,

So shall he descend to your roots and shake them in their clinging to the earth.
Il descend jusqu’à vos racines et les secoue dans leurs attachements à la terre.

Like sheaves of corn he gathers you unto himself.
Comme des gerbes de blé, il vous rassemble à lui.

He threshes you to make you naked.
Il vous bat pour vous mettre à nu.

He sifts you to free you from your husks.
Il vous soulève pour vous libérer de vos écorces.

He grinds you to whiteness.
Il vous broie jusqu’à la blancheur.

He kneads you until you are pliant;
Il vous pétrit jusqu’à ce que vous soyez flexible ;

And then he assigns you to his sacred fire, that you may become sacred bread for God’s sacred feast.
Et puis il vous assigne à son feu sacré, que vous puissiez devenir le pain sacré pour le festin sacré de Dieu.

All these things shall love do unto you that you may know the secrets of your heart, and in that knowledge become a fragment of Life’s heart.
Toutes ces choses sont réalisées par l’amour afin que vous puissiez connaître les secrets de votre cœur, et que la connaissance devienne un fragment de cœur de la Vie.

But if in your fear you would seek only love’s peace and love’s pleasure,
Mais si dans la crainte vous ne cherchiez seulement que la paix de l’amour et le plaisir de l’amour,

Then it is better for you that you cover your nakedness and pass out of love’s threshing-floor,
Alors il vaut mieux pour vous que vous couvriez votre nudité et sortiez de l’aire de l’amour,

Into the seasonless world where you shall laugh, but not all of your laughter, and weep, but not all of your tears.
Dans le monde sans saisons où vous rirez, mais pas tous vos rires, et pleurerez, mais pas de toutes vos larmes.

Love gives naught but itself and takes naught but from itself.
L’amour ne donne et ne prend que de lui-même.

Love possesses not nor would it be possessed;
Ni l’amour ne possède, ni il ne veut être possédé ;

For love is sufficient unto love.
L’amour se suffit à lui-même.

When you love you should not say, « God is in my heart, » but rather, « I am in the heart of God. »
Lorsque vous aimez, vous ne devriez pas dire : «Dieu est dans mon cœur», mais plutôt: «Je suis dans le cœur de Dieu. »

And think not you can direct the course of love, for love, if it finds you worthy, directs your course.
Et ne pensez pas que vous pouvez diriger le cours de l’amour, c’est lui qui vous dirige.

Love has no other desire but to fulfil itself.
l’amour n’a pas d’autre désir que de s’accomplir.

But if you love and must needs have desires, let these be your desires:
L’amour n’a pas d’autre désir que de se remplir.

To melt and be like a running brook that sings its melody to the night.
Mais si vous aimez et que vous deviez avoir des désirs, laissez-les s’exprimer : fondre et être comme un ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit.

To know the pain of too much tenderness.
Connaître la douleur de trop de tendresse.

To be wounded by your own understanding of love;
Être blessé par votre propre compréhension de l’amour ;

And to bleed willingly and joyfully.
Et à saigner volontiers et dans la joie.

To wake at dawn with a winged heart and give thanks for another day of loving;
Pour se réveiller à l’aube avec un cœur ailé et rendre grâce pour une autre journée d’amour ;

To rest at the noon hour and meditate love’s ecstasy;
Pour se reposer à l’heure du midi et méditer l’extase de l’amour ;

To return home at eventide with gratitude;
Pour revenir à la maison avec gratitude au crépuscule ;

And then to sleep with a prayer for the beloved in your heart and a song of praise upon your lips.
Et puis dormir avec une prière pour le bien-aimé dans votre cœur et un chant de louange sur vos lèvres.

 

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Khalil Gibran
The Prophet II
Le Prophète II

Les Fenêtres POEMES DE RAINER MARIA RILKE

Rainer Maria Rilke
LES FENÊTRES

LES FENÊTRES
1924-1925
Ecrits en Français

signature 2


LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

 

RAINER MARIA RILKE
1875-1926

 Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906
Portrait de Rainer Maria Rilke
1906
Par Paula Modersohn-Becker

*








 

LES FENÊTRES
de Rainer Maria Rilke

Gedicht von Rainer Maria Rilke

 

*

Les Fenêtres Rainer Maria Rilke Artgitato Van Gogh La Charcuterie 1888
Van
Gogh – La Charcuterie – 1888

*

LES FENÊTRES

I

Il suffit que, sur un balcon
ou dans l’encadrement d’une fenêtre
celle que nous perdons
en l’ayant vue apparaître.

Et si elle lève les bras
pour nouer ses cheveux, tendre vase:
combien notre perte par là
gagne soudain d’emphase
et notre malheur d’éclat !

II

Tu me proposes, fenêtre étrange, d’attendre;
déjà presque bouge ton rideau beige.
Devrais-je, ô fenêtre, à ton invite me rendre ?
Ou me défendre, fenêtre? Qui attendrais-je ?

Ne suis-je intact, avec cette vie qui écoute,
avec ce cœur tout plein que la perte complète
Avec cette route qui passe devant, et le doute
que tu puisses donner ce trop dont le rêve m’arrête ?

III

N’es-tu pas notre géométrie,
fenêtre, très simple forme
qui sans effort corconscris
notre vie énorme?

Celle qu’on aime n’est jamais plus belle
que lorsqu’on la voit apparaître
encadrée de toi; c’est, ô fenêtre,
que tu la rends presque éternelle.

Tous les hasards sont abolis. L’être
se tient au milieu de l’amour,
avec ce peu d’espace autour
dont on est maître.

IV

Fenêtre, toi, ô mesure d’attente,
tant de fois remplie,
quand une vie se verse et s’impatiente
vers une autre vie.

Toi qui sépares et qui attires,
changeante comme la mer, –
glace, soudain, où notre figure se mire
mêlée à ce qu’on voit à travers ;

échantillon d’une liberté compromise
par la présence du sort;
prise par laquelle parmi nous s’égalise
le grand trop du dehors.

V

Comme tu ajoutes à tout,
fenêtre, le sens de nos rites:
Quelqu’un qui ne serait que debout,
dans ton cadre attend ou médite.

Tel distrait, tel paresseux,
c’est toi qui le mets en page:
il se ressemble un peu,
il devient son image.

Perdu dans un vague ennui,
l’enfant s’y appuie et reste;
il rêve…Ce n’est pas lui,
c’est le temps qui use sa veste.

Et les amantes, les y voit-on,
immobiles et frêles,
percées comme les papillons
pour la beauté de leurs ailes.

VI

Du fond de la chambre, du lit, ce n’était que pâleur qui sépare,
la fenêtre stellaire cédant à la fenêtre avare
qui proclame le jour.
Mais la voici qui accourt, qui se penche, qui reste:
après l’abandon de la nuit, cette neuve jeunesse céleste
consent à son tour!

Rien dans le ciel matinal que la tendre amante contemple,
rien que lui-même, ce ciel, immense exemple:
profondeur et hauteur!
Sauf les colombes qui font dans l’air de rondes arènes,
où leur vol allumé en douces courbes promène
un retour de douceur.
(Fenêtre matinale.)

VII

Fenêtre, qu’on cherche souvent
pour ajouter à la chambre comptée
tous les grands nombres indomptés
que la nuit va multipliant.

Fenêtre, où autrefois était assise
celle qui, en guise de tendresse,
faisait un lent travail qui baisse
et immobilise….

Fenêtre, dont une image bue
dans la claire carafe germe.
Boucle qui ferme
la vaste ceinture de notre vue.

VIII

Elle passe des heures émues
appuyé à sa fenêtre,
toute au bord de son être,
distraite et tendue.

Comme les lévriers en
se couchant leurs pattes disposent,
son instinct de rêve surprend
et règle ces belles choses

que sont ses mains bien placées.
C’est par là que le reste s’enrôle.
Ni les bras, ni les seins, ni l’épaule,
ni elle-même ne disent: assez !

IX

Sanglot, sanglot, pur sanglot !
Fenêtre, où nul se s’appuie!
Inconsolable enclos,
plein de ma pluie !

C’est le trop tard, le trop tôt
qui de tes formes décident:
tu les habilles, rideau,
robe du vide !

X

C’est pour t’avoir vue
penchée à la fenêtre ultime,
que j’ai compris, que j’ai bu
tout mon abîme.

En me montrant tes bras
tendus vers la nuit,
tu as fait que, depuis,
ce qui en moi te quitta,
me quitte, me fuit….

Ton geste, fut-il la preuve
d’un adieu si grand,
qu’il me changea en vent,
qu’il me versa dans le fleuve ?




 

LES FENÊTRES
de Rainer Maria Rilke

Gedicht von Rainer Maria Rilke

 

*




Floare albastra Poème Roumain de Mihai Eminescu : FLEUR BLEUE

România – textul în limba română
Mihai Eminescu

EminescuEminescu

Traduction – Texte Bilingue
Traducerea Text bilingvă


LITTERATURE ROUMAINE
POESIE ROUMAINE

Literatura Română
Romanian Poetry

Mihai Eminescu
1850 – 1889

poet roman
Poète Roumain

 

Floare albastra

 Fleur Bleue

*

Floare albastra Fleur Bleue Mihai Eminescu Artgitato Van Gogh Saint-Rémy Les Iris mai 1889
Van Gogh
Les Iris
Mai 1889

*

« Iar te-ai cufundat în stele
« Dans les étoiles, es-tu
Si în nori si-n ceruri nalte ?
Et dans les nuages et dans le haut du ciel ?
De nu m-ai uita incalte
Pour ne pas l’oublier
Sufletul vietii mele. 
Âme de ma vie.

*

 In zadar rauri în soare
Dans les rivières en vain dans le soleil
Gramadesti-n a ta gandire
Ensembles dans ta pensée
Si campiile Asire
Les plaines Assyriennes
Si intunecata mare;
La mer sombre ;

*

Piramidele-nvechite
Pyramides ouvertes
Urca-n cer varful lor mare
Suivent la route céleste
Nu cata în departare
Là, pas là-bas
Fericirea ta, iubite ! »
Ton bonheur, mon amour ! « 

*

Astfel zise mititica,
Ainsi, la petite fille a dit,
Dulce netezandu-mi parul.
Ses cheveux caressant.
Ah ! ce spuse adevarul;
Ah! Pourquoi dire la vérité ;
Eu am ras, n-am zis nimica.
J’ai ri et n’ai rien dit.

*

– , , Hai la codrul cu verdeata,
– Viens dans la verdure de la forêt,
Und-izvoare plang în vale, 
Dans le bruit des sources de la vallée,
Stanca sta sã se pravale
La roche a chuté à rester
In prapastia mareata.
Près du grand abîme.

*

Acolo-n ochi de padure,
Sous les arbres protecteurs,
Langa bolta cea senina
Sereins sous le ciel
Si sub trestia cea lina
Et sous le charme de l’étang
Vom sedea în foi de mure.
Nous nous sommes assis sur les feuilles de mûrier.

*

Si mi-i spune-atunci povesti
Et puis tu conteras des histoires
Si minciuni cu-a ta gurita,
Et de doux mensonges de ta bouche,
Eu pe-un fir de romanita
Les herbes me diront
Voi cerca de mã iubesti.
Si ton amour durera.

*

Si de-a soarelui caldura
Et par la chaleur du soleil
Voi fi rosie ca marul,
Tu seras rouge comme une pomme
Mi-oi desface de-aur parul,
Je lâcherai les cheveux d’or,
Sã-ti astup cu dansul gura.
Qui danseront dans ta bouche.

*

De mi-i da o sarutare,
Pour moi un baiser,
Nime-n lume n-a s-o stie,
Au monde personne ne le saura,
Cãci va fi sub palarie –
Sous mon chapeau –
S-apoi cine treaba are !
Pour nous et pour personne d’autre !

*

Când prin crengi s-a fi ivit
Lorsqu’à travers les branches
Luna-n noaptea cea de vara,
La lune brillera dans cette nuit d’été,
Mi-i tinea de subsuoara,
Tu me tiendras dans tes bras,
Te-oi tinea de dupa gat.
Mes bras enlacerons ton cou.

*

Pe cararea-n bolti de frunze,
Le chemin et les feuilles,
Apucand spre sat în vale,
Vers le village dans la vallée,
Ne-om da sarutari pe cale,
Nous ramasserons les baisers sur la route
Dulci ca florile ascunse.
Fleurs douces cachées.

*

Si sosind l-al portii prag,
Et je suis arrivé au seuil de porte
Vom vorbi-n intunecime;
Nous parlerons dans le soir ;
Grija noastra n-aib-o nime,
Nous prendrons soin de nous,
« Cui ce-i pasa ca-mi esti drag ? »
« Qui se soucie de l’amour que je te porte ? »

*

Inc-o gura – si dispare…
Un baiser – elle disparaît …
Ca un stalp eu stau în luna !
Un pilier sous la lune !
Ce frumoasa, ce nebuna
Quelle belle folie
E albastra-mi, dulce floare !
Est ma bleue, ma douce fleur !

*****************

Si te-ai dus, dulce minune,
Et tu es partie, doux miracle
S-a murit iubirea noastra –
Notre amour était mort –
Floare-albastra ! floare-albastra !…
Fleur-bleue ! fleur-bleue ! …
Totusi este trist în lume !
Si triste en plein soleil !

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România – textul în limba română
Mihai Eminescu

EminescuEminescu

LA STEAUA (1886) Mihai Eminescu – Poème Roumain -A L’ETOILE

România textul în limba română
Mihai Eminescu

EminescuEminescu

Traduction – Texte Bilingue
Traducerea Text bilingvă


LITTERATURE ROUMAINE
POESIE ROUMAINE

Literatura Română
Romanian Poetry

Mihai Eminescu
1850 – 1889

poet roman
Poète Roumain

LA STEAUA

La Poésie de Mihai Eminescu 

A L’Etoile

 1 decembrie 1886
1er décembre 1886

*

La Steaua L'étoile Poésie Mihai Eminescu Artgitato Van Gogh nuit étoilée
Vincent Van Gogh
Nuit Etoilée

*

La steaua care-a rasarit
L’étoile qui a jailli
E-o cale-atât de lunga, 
Depuis une longue route a parcouru ,
Ca mii de ani i-au trebuit 
Des milliers d’années il a fallu
  Luminii sa ne-ajunga.
A sa lumière pour nous atteindre.

*

Poate de mult s-a stins în drum
Peut-être éteinte en route
  În departari albastre,
Dans le bleu des profondeurs,
   Iar raza ei abia acum
Et maintenant ici
Luci vederii noastre.
A réchauffer nos yeux.

*
Icoana stelei ce-a murit 
Elle est morte l’icône d’étoile,
   Încet pe cer se suie; 
Monte lentement au ciel ;
Era pe când nu s-a zarit, 
Elle ne brille plus,
   Azi o vedem, si nu e.
Mais nous la voyons, pas elle.

*

Tot astfel când al nostru dor
Alors, quand notre désir
Pieri în noapte-adânca, 
Se perd dans le profond de la nuit,
Lumina stinsului amor 
La lumière de notre amour éteint
  Ne urmareste înca.
Nous suit toujours.

**********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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România – textul în limba română
Mihai Eminescu
(1886, 1 decembrie)

EminescuEminescu