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Louise Labé Sonnet XIV Das vierzehnte Sonett

POESIE FRANCAISE
LOUISE LABE SONNET XIV




LOUISE LABE
1524-1566

Sonnets Louise Labé par Pierre Woeiriot Artgitato
Louise Labé par Pierre Woeiriot




 

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Œuvres de Louise Labé
 


SONNET XIV
Das vierzehnte Sonett

-traduction Jacky Lavauzelle-
Übersetzt von Rainer Maria Rilke
Traduction allemande de Rilke

Louise Labé Les Sonnets Giovanni Bellini Jeune Femme à sa toilette 1515 Musée d'histoire de l'Art de VienneGiovanni Bellini
Jeune Femme à sa toilette
1515
Musée d’histoire de l’Art de Vienne

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Tant que mes yeus pourront larmes espandre,
Tant que mes yeux  pourront répandre des larmes,
 Solange meine Augen Tränen geben,
 À leur passé auec toy regretter ;
Et regretter avec toi leur passé ;
 dem nachzuweinen, was mit dir entschwand;
 Et qu’aus sanglots et soupirs resister
Et qu’aux sanglots et aux soupirs
 solang in meiner Stimme Widerstand
 Pourra ma voix, et un peu faire entendre :
Pourra  résister ma voix, et un peu se faire entendre :
 gegen mein Stöhnen ist, so daß sie eben

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Tant que ma main pourra les cordes tendre
Tant que ma main pourra tendre les cordes
noch hörbar wird; solange meine Hand
Du mignart Lut, pour ces graces chanter :
Du mignard luth, pour chanter ces grâces :
 die schöne Laute von so lieben Dingen
 Tant que l’esprit se voudra contenter
Tant que l’esprit se voudra contenter
 kann singen machen, und sich unverwandt
  De ne vouloir rien fors que toy comprendre :
De ne vouloir rien que de te comprendre :
 mein Geist dir zukehrt, um dich zu durchdringen:

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Ie ne souhaitte encore point mourir.
Je ne souhaite point encore mourir.
so lang hat Sterben für mich keinen Sinn.
 Mais quand mes yeus ie sentiray tarir,
Mais quand je sentirai mes yeux se tarir,
 Doch wenn ich trocken in den Augen bin,
  Ma voix cassee, et ma main impuissante,
Ma voix se casser, et ma main devenir impuissante,
die Stimme brüchig wird, die Hand nicht mag,

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Et mon esprit en ce mortel seiour
Et mon esprit en ce mortel séjour
 und wenn mein Geist mir hier die Kraft entzieht,
 Ne pouuant plus montrer signe d’amante :
Ne pouvant plus alors montrer de signes d’amante :
 durch die ich mich als Liebende verriet:
  Priray la mort noircir mon plus cler iour.
Je prierai pour que la mort noircisse mon jour le plus lumineux.
so schwärze mir der Tod den klarsten Tag.

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Louise Labé Sonnet XIV