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FRANK WEDEKIND Frühlings Erwachen I-2 L’EVEIL DU PRINTEMPS 1891

*LITTERATURE ALLEMANDE
Dramatische Werke
Théâtre Allemand

Frank Wedekind

1864 Hannover Hanovre -1918 München Munich

 


L’EVEIL DU PRINTEMPS
Frühlings Erwachen
I-2
1891
Erscheinungsjahr
Année de publication

Franz Marc
Der Traum – Le Rêve
1912
Musée Thyssen-Bornemisza
Madrid

 

*********

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

****************

Acte 1
Erster Akt
 Scène 2
Zweite Szene

Sonntag abend
Dimanche soir

Melchior
Das ist mir zu langweilig. Ich mache nicht mehr mit.
Comme c’est ennuyeux ! J’arrête de jouer !

Otto
Dann können wir andern nur auch aufhören! 
Alors, arrêtons-nous aussi !
– Hast du die Arbeiten, Melchior?
– As-tu travaillé, Melchior ?

Melchior
Spielt ihr nur weiter!
Continuez votre jeu !

Moritz
Wohin gehst du?
Où vas-tu ?

Melchior
Spazieren.
Je vais faire un tour.

Georg
Es wird ja dunkel!
Il fait déjà bien sombre !

Robert
Hast du die Arbeiten schon?
Ton travail est déjà fini ?

Melchior
Warum soll ich denn nicht im Dunkeln spazierengehn?
Pourquoi ne devrais-je pas me promener en soirée ?

Ernst
Zentralamerika!
L’Amérique centrale !
 – Ludwig der Fünfzehnte!
– Louis XV !
– Sechzig Verse Homer!
Les soixante vers d’Homère !
– Sieben Gleichungen!
– et les sept équations !

Melchior
Verdammte Arbeiten!
Damné travail !

Georg
Wenn nur wenigstens der lateinische Aufsatz nicht auf morgen wäre!
Si seulement au moins le latin n’était pas pour demain !

Moritz
An nichts kann man denken, ohne daß einem Arbeiten dazwischenkommen!
Sur tout ce que vous pouvez penser, le travail vient s’y immiscer !

Otto
Ich gehe nach Hause.

Je retourne à la maison.

Georg
Ich auch,

Moi aussi.
Arbeiten machen.
Pour travailler.

Ernst
Ich auch, ich auch.
Moi aussi. Moi aussi.

Robert
Gute Nacht, Melchior.

Bonne nuit, Melchior.

Melchior
Schlaft wohl!
Dormez bien !

Alle entfernen sich bis auf Moritz und Melchior.
Tous partent, à l’exception de Moritz et de Melchior.












Melchior
Möchte doch wissen, wozu wir eigentlich auf der Welt sind!

J’aimerais tant savoir pourquoi nous sommes réellement dans le monde !

Moritz
Lieber wollt’ ich ein Droschkengaul sein um der Schule willen! –
Je préférerais être un cheval de fiacre plutôt que d’aller à l’école ! –
Wozu gehen wir in die Schule?
Pourquoi allons-nous à l’école?
– Wir gehen in die Schule, damit man uns examinieren kann!
– Nous allons à l’école afin que nous puissions passer nos examens !
– Und wozu examiniert man uns?
-Et pourquoi nous les passons ?
– Damit wir durchfallen.
– Pour nous les loupions.
– Sieben müssen ja durchfallen, schon weil das Klassenzimmer oben nur sechzig faßt.
– Sept doivent redoubler, parce que la classe au-dessus n’a que soixante places.
– Mir ist so eigentümlich seit Weihnachten…
– Je me sens si étrange depuis Noël…
hol mich der Teufel, wäre Papa nicht, heut noch schnürt’ ich mein Bündel und ginge nach Altona!
par tous les diables, si papa n’était pas là, aujourd’hui même je ferais mon paquetage et direction Altona !

Melchior
Reden wir von etwas anderem. –

Parlons d’autres choses.

Sie gehen spazieren.
Ils partent se promener

Moritz
Siehst du die schwarze Katze dort mit dem emporgereckten Schweif?
Est-ce que tu vois là-bas le chat noir avec sa queue dressée ?

Melchior
Glaubst du an Vorbedeutungen?
Crois-tu aux présages ?

Moritz
Ich weiß nicht recht. –
Je ne sais pas vraiment.
 – Sie kam von drüben her.
– Il vient de là-bas.
Es hat nichts zu sagen.
Cela ne veut rien dire.

Melchior
Ich glaube, das ist eine Charybdis, in die jeder stürzt, der sich aus der Skylla religiösen Irrwahns emporgerungen.
Je pense que c’est une Charybde, où tout le monde se précipite, quand il s’arrache à la Scylla de l’illusion religieuse.
– Laß uns hier unter der Buche Platz nehmen.
– Arrêtons-nous ici sous le hêtre.
Der Tauwind fegt über die Berge.
Le vent du dégel balaie les montagnes.
Jetzt möchte ich droben im Wald eine junge Dryade sein, die sich die ganze lange Nacht in den höchsten Wipfeln wiegen und schaukeln läßt.
Maintenant, je veux être une jeune dryade étage dans la forêt, toute la nuit sur la plus haute cime des arbres, me balançant.

Moritz
Knöpf dir die Weste auf, Melchior!
Déboutonne ta veste, Melchior !

Melchior
Ha – wie das einem die Kleider bläht!
Ha ! Comme il gonfle les vêtements ce vent !

Moritz
Es wird weiß Gott so stockfinster, daß man die Hand nicht vor den Augen sieht.
Dieu qu’il fait sombre à ne pas voir sa main devant les yeux.
Wo bist du eigentlich?
Où es-tu enfin ?
– Glaubst du nicht auch, Melchior, daß das Schamgefühl im Menschen nur ein Produkt seiner Erziehung ist?
– Ne penses-tu pas aussi, Melchior, que le sentiment de honte chez l’homme est seulement un produit de son éducation ?

Melchior
Darüber habe ich erst vorgestern noch nachgedacht.
J’y pensais aussi avant-hier encore.
Es scheint mir immerhin tief eingewurzelt in der menschlichen Natur.
Il me semble, après tout, profondément enraciné dans la nature humaine.
Denke dir, du sollst dich vollständig entkleiden vor deinem besten Freund.
Imagine, tu dois te déshabiller entièrement en face de ton meilleur ami.
Du wirst es nicht tun, wenn er es nicht zugleich auch tut.
Tu ne le ferais pas, sauf s’il se déshabille en même temps.
– Es ist eben auch mehr oder weniger Modesache.
– C’est aussi plus ou moins une question de mode.

Moritz
Ich habe mir schon gedacht, wenn ich Kinder habe, Knaben und Mädchen, so lasse ich sie von früh auf im nämlichen Gemach, wenn möglich auf ein und demselben Lager, zusammenschlafen, lasse ich sie morgens und abends beim An- und Auskleiden einander behilflich sein und in der heißen Jahreszeit, die Knaben sowohl wie die Mädchen, tagsüber nichts als eine kurze, mit einem Lederriemen gegürtete Tunika aus weißem Wollstoff tragen.
J’ai réfléchi là-dessus, si j’ai des enfants, garçons et filles, je les laisserais très tôt dans la même chambre, si possible dans le même lit, dormir ensemble, je les laisserais matin et soir s’aider les uns les autres pour se déshabiller et, à la saison chaude, les garçons comme les filles, ne porteraient rien de la journée, seulement une tunique de laine blanche cintrée avec une lanière de cuir
– Mir ist, sie müßten, wenn sie so heranwachsen, später ruhiger sein, als wir es in der Regel sind.
– Il me semble qu’ils seraient ainsi plus calmes en grandissant que nous ne le sommes.

Melchior
Das glaube ich entschieden, Moritz!
Je le crois vraiment, Moritz !
– Die Frage ist nur, wenn die Mädchen Kinder bekommen, was dann?
– La seule question est de savoir si les filles ont des enfants, alors quoi faire ?

Moritz
Wieso Kinder bekommen?
Comment si elles ont des enfants ?

Melchior
Ich glaube in dieser Hinsicht nämlich an einen gewissen Instinkt.
Je crois, à cet égard, à un certain instinct.
Ich glaube, wenn man einen Kater zum Beispiel mit einer Katze von Jugend auf zusammensperrt und beide von jedem Verkehr mit der Außenwelt fernhält, d. h. sie ganz nur ihren eigenen Trieben überläßt
Je crois que si, par exemple, on isole ensemble un chat avec une chatte très tôt dans leur jeunesse, leur empêchant toute communication avec le monde extérieur, ce qui veut dire qu’on les laisse complètement livrés à leurs propres instincts
– daß die Katze früher oder später doch einmal trächtig wird, obgleich sie sowohl wie der Kater niemand hatten, dessen Beispiel ihnen hätte die Augen öffnen können.
– la chatte se retrouvera pleine, tôt ou tard, bien qu’ils n’aient eu personne pour leur ouvrir les yeux.

Moritz
Bei Tieren muß sich das ja schließlich von selbst ergeben.
Chez les animaux, cela arrive naturellement.

Melchior
Bei Menschen glaube ich erst recht!
Chez l’homme, je crois plus que jamais !
Ich bitte dich, Moritz, wenn deine Knaben mit den Mädchen auf ein und demselben Lager schlafen und es kommen ihnen nun unversehens die ersten männlichen Regungen
Je t’en prie, Moritz, si tu mets dans le même lit les garçons avec les filles, ne penses-tu pas que viendraient tout à coup les premiers élans masculins
– ich möchte mit jedermann eine Wette eingehen…
– je ferai là un pari avec n’importe qui…

Moritz
Darin magst du recht haben.
Dans ce cas, tu as sans doute raison.
– Aber immerhin…
– Mais quand même …

Melchior
Und bei deinen Mädchen wäre es im entsprechenden Alter vollkommen das nämliche!
Et au sujet des filles, à l’âge appropriée, ce serait complètement la même chose !
Nicht, daß das Mädchen gerade…
Non pas que la jeune fille justement …
man kann das ja freilich so genau nicht beurteilen…
peut être, oui, bien sûr, aussi précisément …
Jedenfalls wäre vorauszusetzen…
Quoi qu’il en soit, supposons…
und die Neugierde würde das ihrige zu tun auch nicht verabsäumen!
et il ne faut pas négliger la curiosité !

Moritz
Eine Frage beiläufig –
Une question en passant

Melchior
Nun?
Quoi ?












Moritz
Aber du antwortest?
Mais tu réponds ?

Melchior
Natürlich!

Naturellement !




Moritz
Wahr?!

Vraiment ?!

Melchior
Meine Hand darauf. 
Ma main.
Nun, Moritz?
Eh bien, Moritz ?
So sprich doch frisch von der Leber weg!
Parle librement !
– Hier hört und sieht uns ja niemand.
– Ici, personne ne te voit ni ne t’entend.

Moritz
Selbstverständlich müßten meine Kinder nämlich tagsüber arbeiten, in Hof und Garten, oder sich durch Spiele zerstreuen, die mit körperlicher Anstrengung verbunden sind.
Bien sûr, mes enfants travailleraient pendant la journée, dans la cour et le jardin, ou feraient des jeux qui sont associés à un effort physique.
Sie müßten reiten, turnen, klettern und vor allen Dingen nachts nicht so weich schlafen wie wir.
Ils monteraient à cheval, feraient de la gymnastique, de l’escalade et surtout ils n’auraient pas de nuit douce comme nous.
Wir sind schrecklich verweichlicht.
Nous sommes terriblement ramollis.
– Ich glaube, man träumt gar nicht, wenn man hart schläft.
– Je pense qu’on ne rêve plus quand on dort à la dure.

Melchior
Ich schlafe von jetzt bis nach der Weinlese überhaupt nur in meiner Hängematte.
Je dors à partir de maintenant et ce jusqu’à ce qu’après les vendanges uniquement dans mon hamac.
Ich habe mein Bett hinter den Ofen gestellt.
J’ai fait mon lit derrière le poêle.
Es ist zum Zusammenklappen.
Il est repliable
 – Vergangenen Winter träumte mir einmal, ich hätte unsern Lolo so lange gepeitscht, bis er kein Glied mehr rührte.
– L’hiver dernier, j’ai rêvé une fois que, notre Lolo, je l’avais longtemps fouetté jusqu’à ce qu’il ne puisse bouger un seul de ses membres.
Das war das Grauenhafteste, was ich je geträumt habe.
Ce fut la chose la plus horrible que j’ai jamais rêvé.
– Was siehst du mich so sonderbar an?
– Pourquoi me regardes-tu si étrangement?

Moritz
Hast du sie schon empfunden?
Les as-tu ressenties déjà ?

Melchior
Was?
Quoi ?

Moritz
Wie sagtest du?
Comment disais-tu ?

Melchior
Männliche Regungen?
Les impulsions masculines ?

Moritz
M-hm.

Melchior
 Allerdings!

Naturellement !

Moritz
Ich Auch

Moi aussi

Melchior
Ich kenne das nämlich schon lange!
Je connais ça depuis longtemps!
Schon bald ein Jahr.
Depuis bientôt un an.

Moritz
Ich war wie vom Blitz gerührt.

Je me suis trouvé comme frappé par la foudre.

Melchior
Du hattest geträumt?
As-tu rêvé ?

Moritz
Aber nur ganz kurz…
Mais très brièvement …
von Beinen im himmelblauen Trikot, die über das Katheder steigen
des jambes sous le maillot bleu ciel qui montaient au-dessus du lutrin
– um aufrichtig zu sein, ich dachte, sie wollten hinüber.
– Pour être honnête, je pensais qu’elle voulait juste passer.
– Ich habe sie nur flüchtig gesehen.
– Je ne les ai vues que brièvement.

Melchior
Georg Zirschnitz träumte von seiner Mutter.
Georg Zirschnitz rêvait de sa mère.

Moritz
Hat er dir das erzählt?

Il te l’as dit ?

Melchior
Draußen am Galgensteg!
Dehors, sur la route de la potence !




Moritz
Wenn du wüßtest, was ich ausgestanden seit jener Nacht!
Si tu savais tout ce que j’ai enduré !

Melchior
Gewissensbisse?
Des remords ?

Moritz
Gewissensbisse??
Des remords ??
Todesangst!
L’angoisse de la mort !

Melchior
Herrgott…
Seigneur…

Moritz
Ich hielt mich für unheilbar.
Je me croyais incurable.
Ich glaubte, ich litte an einem inneren Schaden.
Je pensais que je souffrais d’une blessure interne.
Schließlich wurde ich nur dadurch wieder ruhiger, daß ich meine Lebenserinnerungen aufzuzeichnen begann.
Enfin, j’ai retrouvé mon calme dès que j’ai commencé à écrire mes mémoires.
Ja, ja, lieber Melchior, die letzten drei Wochen waren ein Gethsemane für mich.
Oui, oui, cher Melchior, les trois dernières semaines ont été un Gethsémani pour moi.

Melchior
Ich war seinerzeit mehr oder weniger darauf gefaßt gewesen.
J’étais à ce moment-là plus ou moins bien préparé.
Ich schämte mich ein wenig. 
J’ai eu un peu honte il est vrai.
Das war aber auch alles.
Mais ce fut tout.

Moritz
Und dabei bist du noch fast um ein ganzes Jahr jünger als ich!
Et tu as près d’un an de moins que moi !

Melchior
Darüber, Moritz, würd’ ich mir keine Gedanken machen.
Moritz, cela ne doit pas t’inquiéter.
All meinen Erfahrungen nach besteht für das erste Auftauchen dieser Phantome keine bestimmte Altersstufe.
D’après mes expériences, il n’y a pas d’âge précis pour la première apparition de ces fantômes.
Kennst du den großen Lämmermeier mit dem strohgelben Haar und der Adlernase?
Connais -tu le grand Lämmermeier avec ses cheveux couleur paille et le nez aquilin ?
Drei Jahre ist der älter als ich. 
Il a trois ans de plus que moi.
Hänschen Rilow sagt, der träume noch bis heute von nichts als Sandtorten und Aprikosengelee.
Hans Rilow a dit qu’il ne rêve encore à ce jour de rien d’autre que de tartes et de gelée d’abricots.

Moritz
Ich bitte dich, wie kann Hänschen Rilow darüber urteilen!

Comment Hans Rilow peut-il en juger ?

Melchior
Er hat ihn gefragt.
Il lui a demandé.

Moritz
Er hat ihn gefragt?
Il lui a demandé ?
Ich hätte mich nicht getraut, jemanden zu fragen.
– Je n’oserai jamais demander ça à quelqu’un.

Melchior
Du hast mich doch auch gefragt.
Tu me l’as demandé à moi.

Moritz
Weiß Gott ja! 

Dieu, oui !
Möglicherweise hatte Hänschen auch schon sein Testament gemacht.
Peut-être que Hans avait déjà fait son testament.
Wahrlich ein sonderbares Spiel, das man mit uns treibt.
Vraiment, c’est un jeu étrange qui nous pousse.
Und dafür sollen wir uns dankbar erweisen!
Et nous devons nous montrer reconnaissants !
Ich erinnere mich nicht, je eine Sehnsucht nach dieser Art Aufregung verspürt zu haben.
Je ne me souviens pas avoir jamais ressenti un désir pour ce genre d’excitation.
Warum hat man mich nicht ruhig schlafen lassen, bis alles wieder still gewesen wäre.
Pourquoi ne pas m’avoir laisser dormir tranquillement jusqu’à ce que tout  se soit calmé à nouveau.
Meine lieben Eltern hätten hundert bessere Kinder haben können.
Mes chers parents auraient pu avoir une centaine d’enfants meilleurs que moi.
So bin ich nun hergekommen, ich weiß nicht, wie, und soll mich dafür verantworten, daß ich nicht weggeblieben bin.
Je suis là maintenant, je ne sais pas comment, et je dois répondre du fait de n’être pas resté où j’étais.
Hast du nicht auch schon darüber nachgedacht, Melchior, auf welche Art und Weise wir eigentlich in diesen Strudel hineingeraten?
As-tu déjà pensé, Melchior, comment nous nous sommes retrouvés dans ce tourbillon?

Melchior
Du weißt das also noch nicht, Moritz?
Tu ne le sais donc pas que encore, Moritz?

Moritz
Wie sollt’ ich es wissen?
Comment puis-je le savoir ?
Ich sehe, wie die Hühner Eier legen, und höre, daß mich Mama unter dem Herzen getragen haben will.
Je vois comment les poules pondent des œufs, et j’entends dire que Maman m’a porté sous le cœur.
Aber genügt denn das?
Mais est-ce suffisant ?
Ich erinnere mich auch, als fünfjähriges Kind schon befangen worden zu sein, wenn einer die dekolletierte Coeurdame aufschlug.
Je me souviens aussi d’avoir été ému dès l’âge de cinq ans, quand on a sortait la Dame de Cœur, celle avec un large décolleté.
Dieses Gefühl hat sich verloren.
Cette émotion s’est envolée.
Indessen kann ich heute kaum mehr mit irgendeinem Mädchen sprechen, ohne etwas Verabscheuungswürdiges dabei zu denken, und
Pourtant, aujourd’hui, je peux à peine parler à une fille sans penser à quelque chose cas détestable, et
– ich schwöre dir, Melchior
– je te jure, Melchior –
ich weiß nicht was.
Je ne sais pas quoi.

Melchior
Ich sage dir alles.
Je vais tout te dire.
Ich habe es teils aus Büchern, teils aus Illustrationen, teils aus Beobachtungen in der Natur.
Cela vient en partie des livres et en partie à partir de photographies et en partie à partir d’observations dans la nature.
Du wirst überrascht sein;
Tu seras surpris ;
ich wurde seinerzeit Atheist.
Je suis devenu athée à partir de là.




Ich habe es auch Georg Zirschnitz gesagt!
Je l’ai dit à Georg Zirschnitz !
Georg Zirschnitz wollte es Hänschen Rilow sagen, aber Hänschen Rilow hatte als Kind schon alles von seiner Gouvernante erfahren.
Georg Zirschnitz voulait en parler à Hans Rilow mais Hans Rilow avait déjà tout appris quand il était enfant par sa gouvernante.

Moritz
Ich habe den Kleinen Meyer von A bis Z durchgenommen.
Je suis passé par le petit Meyer de A à Z.
Worte – nichts als Worte und Worte!
Des mots – rien que des mots et des mots !
Nicht eine einzige schlichte Erklärung.
Pas une seule explication simple.
O dieses Schamgefühl!
O cette honte !
Was soll mir ein Konversationslexikon, das auf die nächstliegende Lebensfrage nicht antwortet.
A quoi peut bien servir une encyclopédie qui ne répond à aucune question du quotidien.

Melchior
Hast du schon einmal zwei Hunde über die Straße laufen sehen?
As-tu déjà vu deux chiens qui traversent la rue ?

Moritz
Nein!

Non !
Sag mir lieber heute noch nichts, Melchior.
Ne me dis rien maintenant, Melchior.
Ich habe noch Mittelamerika und Ludwig den Fünfzehnten vor mir.
Je reste en Amérique centrale et j’ai Louis XV devant moi.
Dazu die sechzig Verse Homer, die sieben Gleichungen, der lateinische Aufsatz
Et avec tout ça, les soixante versets d’Homère, les sept équations, le latin
– ich würde morgen wieder überall abblitzen.
– Je voudrais tout pouvoir renvoyer à demain.
Um mit Erfolg büffeln zu können, muß ich stumpfsinnig wie ein Ochse sein.
Pour que tout rentre dans mon crâne avec succès, je vais devoir travailler comme un bœuf.

Melchior
Komm doch mit auf mein Zimmer. 
Viens dans ma chambre.
In dreiviertel Stunden habe ich den Homer, die Gleichungen und zwei Aufsätze.
En trois quarts d’heure, je te fais Homère, les équations et deux essais.
Ich korrigiere dir einige harmlose Schnitzer hinein, so ist die Sache im Blei.
Je vais y ajouter quelques fautes aux bons endroits, comme cela ce sera perlé !
Mama braut uns wieder eine Limonade, und wir plaudern gemütlich über die Fortpflanzung.
Maman nous préparera à nouveau une limonade, et nous bavardons confortablement à propos de la reproduction.

Moritz
Ich kann nicht. 
Je ne peux pas.
 – Ich kann nicht gemütlich über die Fortpflanzung plaudern!
– Je ne peux pas avoir une conversation au sujet de la reproduction ! Wenn du mir einen Gefallen tun willst, dann gib mir deine Unterweisungen schriftlich. 
Si tu veux me faire une faveur, dis-les moi par écrit.
Schreib mir auf, was du weißt.
Écris-moi ce que tu sais.
Schreib es möglichst kurz und klar und steck es mir morgen während der Turnstunde zwischen die Bücher.
Ecrit aussi clairement et que cela soit court, mets-moi le mot entre deux livres que je lirai pendant le cours de gymnastique.
Ich werde es nach Hause tragen, ohne zu wissen, daß ich es habe.
Je le porterai la maison sans savoir que je l’ai.
Ich werde es unverhofft einmal wiederfinden.
Je le trouverai et je lirai à nouveau de façon inattendue.
Ich werde nicht umhinkönnen, es müden Auges zu durchfliegen…
Je lirai à travers mes yeux fatigués …
falls es unumgänglich notwendig ist, magst du ja auch einzelne Randzeichnungen anbringen.
Si c’est absolument nécessaire, tu peux aussi y ajouter des dessins dans les marges.




Melchior
Du bist wie ein Mädchen. 
Tu es comme une fille.
– übrigens wie du willst!
– C’est comme tu veux !
Es ist mir das eine ganz interessante Arbeit. 
C’est un travail très intéressant pour moi.
Eine Frage, Moritz.
Une question Moritz.

Moritz
Hm?

Melchior
Hast du schon einmal ein Mädchen gesehen?
As-tu déjà vu une fille ?

Moritz
Ja!

Oui !

Melchior
Aber ganz?!
Mais entièrement ?!

Moritz
Vollständig!
Complètement !

Melchior
Ich nämlich auch! 
Moi aussi !
– Dann werden keine Illustrationen nötig sein.
– Les photos ne seront donc pas nécessaires.

Moritz
Während des Schützenfestes, in Leilichs anatomischem Museum!
Au cours de la Fête des Chasseurs, à Leilich, au musée d’anatomie !
Wenn es aufgekommen wäre, hätte man mich aus der Schule gejagt.
Si on l’avait vu, on m’aurait  chassé de l’école.
– Schön wie der lichte Tag, und – o so naturgetreu!
– Aussi belle que la lumière du jour, et – Oh ! si réaliste !

Melchior
Ich war letzten Sommer mit Mama in Frankfurt  
J’étais l’été dernier avec maman à Francfort
– Du willst schon gehen, Moritz?
– Tu veux partir déjà, Moritz ?

Moritz
Arbeiten machen.
Je vais finir mon travail.
– Gute Nacht.
-Bonne nuit.

Melchior
Auf Wiedersehen.
Au revoir.

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Frank Wedekind
Frühlings Erwachen
L’Eveil du Printemps
Acte 2 Erster Akt
 Scène 2 Zweite Szene

L’OURS TCHEKHOV SCENE 2

L’OURS TCHEKHOV Медведь

Шутка в одном действии
1888
TCHEKHOV

русская литература
Littérature Russe

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

 

Anton Pavlovitch Tchekhov
Антон Павлович Чехов
1860-1904

России театр
Théâtre Russe




——–


L’OURS

Farce en un acte

 

Медведь

Шутка в одном действии
1888

 Ivan Chichkine et Constantin Savitski
Un matin dans une forêt de pins
1886
Moscou, galerie Tretiakov.

**

Действующие лица
Les Personnages

Елена Ивановна Попова, вдовушка с ямочками на щеках, помещица.
Elena Ivanovna Popova, jeune veuve avec des fossettes, propriétaire.

Григорий Степанович Смирнов, нестарый помещик.
Grigory Stepanovich Smirnov, propriétaire d’âge mûr.

Лука, лакей Поповой, старик.
Louka, un valet de pied de Popova, vieil homme.

******

Гостиная в усадьбе Поповой
Dans le salon de la maison de Papova

*****

SCENE 2
сцена 2

Попова
Popova
(одна)
(seule)
*

Попова
Popova
(глядя на фотографию)
(Elle regarde la photographie)
Ты увидишь, Nicolas, как я умею любить и прощать…
Tu vois, Nicolas, je sais aimer et pardonner …
Любовь моя угаснет вместе со мною, когда перестанет биться мое бедное сердце.
Mon amour disparaîtra avec moi quand s’arrêtera de battre mon pauvre cœur.
(Смеется, сквозь слезы)
(Elle rit tout en pleurant)
 И тебе не совестно?
N’as-tu pas honte ?
Я паинька, верная женка, заперла себя на замо́к и буду верна тебе до могилы, а ты…
Je suis une bonne fille, une petite femme fidèle, enfermée dans son château, et je resterai avec toi dans la tombe, et toi…
и тебе не совестно, бутуз?
et toi, n’as-tu pas honte, mon potelé ?
Изменял мне, делал сцены, по целым неделям оставлял меня одну…
Tu m’as trompée, tu m’as fait des scènes pendant des semaines en me laissant seule …

**

*********************

L’OURS TCHEKHOV Медведь

L’Ours Anton Tchekhov

 

le café GOLDONI – LA BOTTEGA DEL CAFFE GOLDONI ATTO TERZO Scena Seconda- LE CAFE ACTE 3 Scène 2

le Café Goldoni

LA BOTTEGA DEL CAFFE GOLDONI
ATTO TERZO- Scena Seconda
Le Café GOLDONI
ACTE III Scène 2
Traduction – Texte Bilingue
Carlo Osvaldo Goldoni

LITTERATURE ITALIENNE

letteratura italiana

CARLO GOLDONI
1707- 1793

La bottega del caffe goldoni le cafe texte et traduction artgitato

 

Traduction Jacky Lavauzelle

La bottega del caffè

LE CAFE

1750 – 1751

*************

Carlo_Goldoni_-_1750Carlo_Goldoni_-_1750Carlo_Goldoni_-_1750Carlo_Goldoni_-_1750Carlo_Goldoni_-_1750

ATTO TERZO
ACTE III

Scène 2
Scena Seconda

Don Marzio che osserva coll’occhialetto, e ride fra sé, e detti.
Don Marzio qui observe avec son lorgnon, et rit de lui-même.

LEANDRO
Non avete meco gittato il tempo.

Non, vous n’avez pas perdu de temps.

LISAURA
Sì, sono stata anch’io a parte de’ vostri indegni profitti.

Oui, j’ai fait aussi partie de vos profits indignes.
Arrossisco in pensarlo;
Je rougis rien que d’y penser ;
andate al diavolo, e non vi accostate più a questa casa.
aller en enfer, et ne vous approchez plus de cette maison.

LEANDRO
Ci verrò a prendere la mia roba.

Je vais prendre mes affaires.

DON MARZIO
ride, e burla di nascosto Leandro

Qui rit, et plaisante sur Leandro

LISAURA
La vostra roba vi sarà consegnata dalla mia serva.

Vos affaires serons livrés par ma femme de chambre.
 entra, e chiude la porta
  elle entre et ferme la porte

LEANDRO
A me un insulto di questa sorta? 

A moi, me faire une insulte de ce genre?
Me la pagherai.
Tu me le paieras !

DON MARZIO
ride, e, voltandosi Leandro, si compone in serietà

Il rit, et, se tournant vers Leandro, redevient grave

LEANDRO
Amico, avete veduto?

Ami, vous avez vu ?

DON MARZIO
Che cosa?

Quoi ?
Vengo in questo punto.
J’arrive juste à l’instant.

LEANDRO
Non avete veduto la ballerina sulla porta?

Vous n’avez pas vu la danseuse à la porte?

DON MARZIO
No, certamente, non l’ho veduta.

Non, vraiment, je ne l’ai pas vue.

LEANDRO
a sé

à part
Manco male!
C’est le moindre mal !

DON MARZIO
Venite qua, parlatemi da galantuomo, confidatevi con me, e state sicuro, che i fatti vostri non si sapranno da chi che sia. 

Venez ici, me parler en homme, mettez votre confiance en moi, et soyez assuré que vos histoires ne seront connus de personne.
Voi siete forestiere, come sono io, ma io ho più pratica del paese di voi.
Vous êtes un étranger, comme moi, mais j’ai plus de pratique dans ce pays que vous.
Se vi occorre protezione, assistenza, consiglio, e sopra tutto segretezza, son qua io.
Si vous avez besoin de protection, assistance ou conseil, et surtout de confidentialité, je suis votre homme.
Fate pur capitale di me.
Faites de moi votre meilleur capital.
Di cuore, con premura, da buon amico; 
Ouvrez votre cœurcomme à un bon ami ;
senza che nessuno sappia niente.
sans que personne ne sache rien.

LEANDRO
Giacché con tanta bontà vi esibite di favorirmi, aprirò a voi tutto il mio cuore, ma per amor del cielo vi raccomando la segretezza.

Puisqu’avec tant de bonté vous m’offrez votre amitié, je vais vous ouvrir tout grand mon cœur, mais pour l’amour du ciel, je recommande le secret absolu.

DON MARZIO
Andiamo avanti.

Allons, je vous écoute.

LEANDRO
Sappiate che la pellegrina è mia moglie.

Sachez que la pèlerine est ma femme !

DON MARZIO
Buono!

Bien !

LEANDRO
Che l’ho abbandonata in Torino.

Que je l’ai abandonnée à Turin.

DON MARZIO
 da sé, guardandolo con l’occhialetto
à lui même en regardant avec ses lunettes
 Oh che briccone!
Oh ! Le coquin !

LEANDRO
Sappiate ch’io non sono altrimenti il conte Leandro.

Sachez que je ne suis pas le comte Leandro.

DON MARZIO
da sé, come sopra
à part, comme ci-dessus

 Meglio.
De mieux en mieux

LEANDRO
I miei natali non sono Nobili.

Ma naissance n’est pas noble.

DON MARZIO
Non sareste già figliuolo di qualche birro?

Vous ne seriez pas le fils d’un quelconque sbire, par hasard ?

LEANDRO
Mi maraviglio, signore;
Je vous demande pardon, monsieur;
son nato povero, ma di gente onorata.
Je suis né pauvre, mais de gens honorables

DON MARZIO
Via, via:
Bien, bien :
tirate avanti.
poursuivez.

LEANDRO
Il mio esercizio era di scritturale..
J’étais comptable

DON MARZIO
Troppa fatica, non è egli vero?

Trop de problèmes, n’est-ce pas ?

LEANDRO
E desiderando vedere il mondo…

Et je désirais tant voir le monde
Son venuto a Venezia…
Je suis venu à Venise …

DON MARZIO
A fare il birbante.

Pour faire le coquin.

LEANDRO
Ma voi mi strapazzate.

Mais vous m’insultez !
Questa non è la maniera di trattare.
Cela ne se fait pas de traiter les gens de cette manière !

DON MARZIO
Sentite:

Écoutez !
io ho promesso proteggervi, e lo farò;
J’ai promis de vous protéger, et je le ferai;
ho promesso segretezza, e la osserverò;
J’ai promis le secret, et je l’observerai;
ma fra voi e me avete da permettermi che possa dirvi qualche cosa amorosamente.
mais de vous à moi, vous devez me laisser vous dire quelque chose amicalement.

LEANDRO
Vedete il caso in cui mi ritrovo;

Vous voyez où je suis ;
se mia moglie mi scopre, sono esposto a qualche disgrazia.
si ma femme me trouve, je m’expose à un malheur.

DON MARZIO
Che pensereste di fare?

Que pensez-vous faire?

LEANDRO
Si potrebbe vedere di far cacciar via di Venezia colei?

On pourrait la chasser de Venise ?

DON MARZIO
Via, via.

Allez
 Si vede che siete un briccone.
Vous voyez que vous êtes un coquin.

LEANDRO
Come parlate, signore?

Comme vous me parlez, monsieur?

DON MARZIO
Fra voi e me, amorosamente.

Entre vous et moi, amicalement.

LEANDRO
Dunque anderò via io;

C’est donc moi qui partirai ;
basta che colei non lo sappia.
je souhaite seulement qu’elle ne le sache pas.

DON MARZIO
Da me non lo saprà certamente.

De moi, elle ne saura rien, certainement.

LEANDRO
Mi consigliate ch’io parta?

Vous me recommandez donc que je parte ?

DON MARZIO
Sì, questo è il miglior ripiego.

Oui, cela semble la meilleure option.
Andate subito:
Partez tout de suite:
prendete una gondola;
Prenez une gondole ;
fatevi condurre a Fusina, prendete le poste, e andatevene a Ferrara.
que l’on vous conduise à Fusina, prenez ensuite la poste, et sortez à Ferrare.

LEANDRO
Anderò questa sera;

Je m’en irai donc ce soir;
già poco manca alla notte.
et c’est déjà la nuit.
Voglio prima levar le mie poche robe, che sono qui in casa della ballerina.
Je veux récupérer les choses qui sont ici dans la maison de la danseuse.

DON MARZIO
Fate presto, e andate via subito.

Faites vite et partez immédiatement.
Non vi fate vedere.
Sans vous faire voir.

LEANDRO
Uscirò per la porta di dietro, per non esser veduto.

Je passerai par la porte arrière, pour ne pas être vu.

DON MARZIO
da sé 
à part
 Lo diceva io;
Je le disais :
  si serve per la porta di dietro.
Il se sert de la porte à l’arrière.

LEANDRO
Sopra tutto vi raccomando la segretezza.

Avant tout, je vous recommande le secret.

DON MARZIO
Di questa siete sicuro.

Vous pouvez être sûr de cela.

LEANDRO
Vi prego d’una grazia, datele questi due zecchini

S’il vous plaît une grâce, donnez-lui ces deux sequins
gli dà due zecchini;
Il lui donne deux sequins
poi mandatela via.
puis qu’elle parte.
Scrivetemi, e torno subito.
Écrivez-moi, et je reviendrai.

DON MARZIO
Le darò i due zecchini.

Je vais lui donner les deux sequins.
Andate via.
Allez-vous-en.

LEANDRO
Ma assicuratevi che ella parta…

Mais assurez-vous qu’elle est partie

DON MARZIO
Andate via, che siate maledetto!

Allez-vous, vous êtes maudit !

LEANDRO
Mi scacciate?

Vous me chassez ?

DON MARZIO
Ve lo dico amorosamente, per vostro bene;
Je vous le dis amicalement, pour votre bien ;
 andate, che il diavolo vi porti.
allez et que le diable vous emporte.

LEANDRO
Oh che razza d’uomo!

Oh quel genre d’homme!
Se strapazza gli amici, che farà poi coi nemici!
S’il malmène ses amis, que doit-il faire à ses ennemis !
va in casa di Lisaura
Il entre dans la maison de Lisaura

DON MARZIO
Il signor Conte! Briccone! Il signor Conte!

Monsieur le Comte ! Ah, le coquin ! Monsieur le Comte !
Se non si fosse raccomandato a me, gli farei romper l’ossa di bastonate.
S’il ne s’était pas recommandé à moi, je lui aurais rompu les os par une bonne bastonnade.

*****************
 Traduction Jacky Lavauzelle
    ARTGITATO
  *****************

la bottega del caffe Goldoni atto terzo Scena seconda
le café Goldoni acte 3 scène 2

La bottega del caffè
le café Goldoni

le café GOLDONI – LA BOTTEGA DEL CAFFE GOLDONI ATTO SECONDO Scena Seconda- LE CAFE ACTE 2 Scène 2

le Café Goldoni

LA BOTTEGA DEL CAFFE GOLDONI
ATTO SECONDO- Scena Seconda
Le Café GOLDONI
ACTE II Scène 2
Traduction – Texte Bilingue
Carlo Osvaldo Goldoni

LITTERATURE ITALIENNE

letteratura italiana

CARLO GOLDONI
1707- 1793

La bottega del caffe goldoni le cafe texte et traduction artgitato

 

Traduction Jacky Lavauzelle


La bottega del caffè

LE CA
FE

1750 – 1751

*************

ATTO SECONDO
ACTE II

Scène 2
Scena Seconda

Ridolfo, ed Eugenio
Ridolfo et Eugenio

EUGENIO
Ebbene, amico Ridolfo, avete fatto niente?
Eh bien, mon ami Ridolfo, vous n’avez rien pu faire ?

RIDOLFO
Ho fatto qualche cosa.
Si, j’ai fait quelque chose.

EUGENIO
So che avete avute le due pezze di panno, il giovane me lo ha detto. Je sais que vous avez eu les deux morceaux de tissu, le jeune homme me l’a dit.
Le avete esitate?
Avez-vous bien négocié ?

RIDOLFO
Le ho esitate.
J’ai négocié, en effet.

EUGENIO
A quanto?
A combien ?

RIDOLFO
A tredici lire il braccio.
A treize lire la brasse.

EUGENIO
Mi contento: danari subito?
Bien ! Et vous avez payé comptant ?

RIDOLFO
Parte alla mano, e parte col respiro.
Une partie à la main et une partie avec intérêts.

EUGENIO
Oimè! Quanto alla mano?
Hélas ! Combien au comptant ?

RIDOLFO
Quaranta zecchini.
Quarante sequins.

EUGENIO
Via non vi è male. Datemeli, che vengono a tempo.
ça pouvait être pire. Donnez-les moi, ils arrivent juste à temps.

RIDOLFO
Ma piano, signor Eugenio: V. S. sa pure che le ho prestati trenta zecchini.
Mais doucement, monsieur Eugenio : Votre Seigneurie sait bien que je lui ai prêté trente sequins.

EUGENIO
Bene, vi pagherete quando verrà il restante del panno.
Eh bien, je vais vous payer quand il restera le solde.

RIDOLFO
Questo, la mi perdoni, non è un sentimento onesto da par suo.
Cela ne me paraît pas être un sentiment bien honnête de votre part.
Ella sa come l’ho servita, con prontezza, spontaneamente, senza interesse, e la mi vuol far aspettare?
Vous savez bien comment j’ai rendu ce service : rapidement, spontanément, sans intérêt ; et vous voudriez que j’attende ?
Anch’io, o signore, ho bisogno del moi.
Moi aussi, monsieur,  j’en ai besoin.

EUGENIO
Via, avete ragione.
Va, vous avez raison !
Compatitemi, avete ragione. 
Désolé, vous avez raison en effet.
Tenete li trenta zecchini, e date quei dieci a me.
Gardez-les trente sequins et donnez en dix pour moi.

RIDOLFO
Con questi dieci zecchini non vuol pagare il signor Don Marzio?
Avec ces dix sequins, vous ne voulez donc pas payer monsieur don Marzio ?
Non si vuol levar d’intorno codesto diavolo tormentatore?
N’avez-vous pas l’intention de faire partir ce diable de bourreau ?

EUGENIO
Ha il pegno in mano, aspetterà.
Il a le gage, il attendra !

RIDOLFO
Così poco stima V. S. la sua riputazione?
Vous tenez donc si peu à votre réputation, Votre Seigneurie ?
Si vuol lasciar malmenare dalla lingua d’un chiacchierone?
Vous ne voulez donc pas arrêté d’être malmené par la langue de cette vipère ?
Da uno che fa servizio a posta per vantarsi d’averlo fatto, e che non ha altro piacere, che mettere in discredito i galantuomini?
De cet individu qui est n’a que comme objectif de se vanter de l’avoir fait, et qui n’a pas d’autre plaisir que mettre du discrédit sur les honnêtes gens ?

EUGENIO
Dite bene, bisogna pagarlo.
Vous avez raison, je dois le payer.
Ma ho io da restar senza danari?
Mais ne vais-je pas manquer d’argent ?
Quanto respiro avete accordato al compratore?
Combien de temps avez-vous accordé à l’acheteur?

RIDOLFO
Di quanto avrebbe bisogno?
De combien auriez-vous besoin?

EUGENIO
Che so io? Dieci, o dodici zecchini.
Que sais-je ? Dix ou douze sequins..

RIDOLFO
Servita subito;
Vous serez servi tout de suite ;
questi sono dieci zecchini, e quando viene il signor Don Marzio, io ricupererò gli orecchini.
ce sont ici les dix sequins, et quand monsieur don Marzio arrivera, je procèderai à la récupération des boucles d’oreilles.

EUGENIO
Questi dieci zecchini che mi date, di qual ragione s’intende che sieno?
Ces dix sequins, comment dois-je les comptabiliser ?

RIDOLFO
Gli tenga, e non pensi altro. A suo tempo conteggeremo.
Prenez et n’y pensez plus outre mesure. En son temps la  comptabilité.

EUGENIO
Ma quando tireremo il resto del panno?
Mais quand retirerons-nous le reste des ventes de la toile ?

RIDOLFO
La non ci pensi.
N’y pensez pas.
Spenda quelli, e poi qualche cosa sarà;
Dépensez ceux-là, et puis quelque chose arrivera ;
ma badi bene di spenderli a dovere, di non gettarli.
Mais attention à les dépenser correctement et à ne pas les jeter.

EUGENIO
Sì, amico, vi sono obbligato.
Oui, mon ami, je vous suis obligé.
Ricordatevi nel conto del panno Tenervi la vostra senseria.
Rappelez-vous pour le compte des tissus de vous garder une commission.

RIDOLFO
Mi maraviglio;
Vous me vexez ;
fo il caffettiere, e non fo il sensale.
je suis un cafetier, et non un banquier.
Se m’incomodo per un padrone, per un amico, non pretendo di farlo per interesse.
Si je fais le maximum pour un patron, pour un amije ne le fais nullement pour les intérêts.
Ogni uomo è in obbligo di aiutare l’altro quando può, ed io principalmente ho obbligo di farlo con V. S. per gratitudine del bene che ho ricevuto dal suo signor padre.
Chaque homme est dans l’obligation d’aider les autres quand il le peut, et j’ai d’abord obligation de le faire à Votre Seigneurie pour le bien que j’ai reçu de monsieur votre père.
Mi chiamerò bastantemente ricompensato, se di questi danari, che onoratamente le ho procurati, se ne servirà per profitto della sua casa, per risarcire il suo decoro e la sua estimazione.
Je serai récompensé suffisamment  si cet argent est utilisé pour le profit de votre maison, pour redorer sa grandeur et sa réputation.

EUGENIO
Voi siete un uomo molto proprio e civile;
Vous êtes un homme très juste et noble ;
è peccato che facciate questo mestiere;
il est bien regrettable que vous fassiez ce travail ;
meritereste miglior stato e fortuna maggiore.
Vous méritez un meilleur statut et une fortune plus grande.

RIDOLFO
Io mi contento di quello che il cielo mi concede, e non iscambierei il mio stato con tanti altri, che hanno più apparenza e meno sostanza.
Je heureux avec ce que m’apporte le ciel, et je n’échangerai pas mon état avec tant d’autres, qui ont moins de substance et plus d‘apparence.
A me nel mio grado non manca niente.
Pour moi, rien ne me fait défaut.
Fo un mestiere onorato, un mestiere nell’ordine degli artigiani pulito, decoroso e civile.
J’ai une profession honorable, une profession d’artisan propre, décente et civilisée.
Un mestiere che, esercitato con buona maniera e con riputazione, si rende grato a tutti gli ordini delle persone.
Un commerce qui, exercé de bonne manière et avec discernement, profite à toutes les couches de la société.
Un mestiere reso necessario al decoro delle città, alla salute degli uomini e all’onesto divertimento di chi ha bisogno di respirare.
Un commerce qui est nécessaire pour l’image de la ville, pour la santé des personnes et pour la jouissance honnête de ceux qui ont besoin de respirer.
entra in bottega
il entre dans la boutique

EUGENIO
Costui è un uomo di garbo;
C’est un homme bien;
non vorrei però che qualcheduno dicesse che è troppo dottore.
Mais je ne souhaite pas que quelqu’un le juge trop sévèrement.
Infatti per un caffettiere pare che dica troppo;
En effet, pour un cafetier il parle trop ;
ma in tutte le professioni ci sono degli uomini di talento e di probità.
mais dans toutes les professions, il y a des hommes de talent et de probité.
Finalmente non parla né di filosofia, né di matematica:
Enfin !  il parle ni de philosophie, ni de mathématiques:
parla da uomo di buon giudizio;
il parle comme un homme de bon jugement ;
e volesse il cielo che io ne avessi tanto, quanto egli ne ha.
et plût à Dieu que je possède autant de jugement que lui !

*****************
 Traduction Jacky Lavauzelle
    ARTGITATO
  *****************

la bottega del caffe Goldoni atto secondo Scena seconda
le café Goldoni acte 2 scène 2

La bottega del caffè
le café Goldoni

TANNHÄUSER ACTE 3 SCENE 2 Texte et Traduction DRITTER AUFZUG Zweite Szene

Traduction Jacky Lavauzelle

 OPERA  – OPER

RICHARD WAGNER
1813-1883

Tannhäuser Acte 3 Scène 2 Opera Richard Wagner Texte et Traduction Artgitato The Mirror of Venus Edward Burne Jones

TANNHÄUSER ACTE 3 SCENE 2
Tannhäuser und der Sängerkrieg auf Wartburg

1845

Dritter Aufzug
ACTE III

ZWEITE SZENE
Scène 2

WOLFRAM

Wie Todesahnung Dämmrung deckt die Lande,
Comme prémonition de la mort, le crépuscule couvre la terre,
umhüllt das Tal mit schwärzlichem Gewande;
enveloppe la vallée d’un manteau noir et dense;
der Seele, die nach jenen Höh’n verlangt,
l’âme, qui chercherait à rejoindre ces collines,
vor ihrem Flug durch Nacht und Grausen bangt.
craint avant son envol de traverser cette nuit et cette horreur.
Da scheinest du, o lieblichster der Sterne, –
Là tu te présentes, Ô la plus belle des étoiles,
dein sanftes Licht entsendest du der Ferne,
ta douce lumière se voit de loin,
die nächt’ge Dämmrung teilt dein lieber Strahl,
le crépuscule est transpercé par ton cher faisceau de lumière,
und freundlich zeigst du den Weg aus dem Tal.
et amicalement tu montres le chemin de la vallée.
O du mein holder Abendstern,
Ô ma fidèle étoile du berger,
wohl grüßt ich immer dich so gern;
toujours je t’accueille avec autant de plaisir ;
vom Herzen, das sie nie verriet,
du cœur, qu’elle n’a jamais trahi,
grüße sie, wenn sie vorbei dir zieht, –
salue quand elle passe près de toi
wenn sie entschwebt dem Tal der Erden,
si elle monte de la vallée de la terre,
ein sel’ger Engel dort zu werden.
pour devenir là-bas un ange radieux.

Er verbleibt mit gen Himmel gerichtetem Auge, auf der Harfe fortspielend
Il reste les yeux au ciel en continuant à jouer de sa harpe

 

*********************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
********************

Tannhäuser Acte 3 Scene 2

 

WALLENSTEINS LAGER Traduction SCHILLER et Texte ‘Le Camp de Wallenstein’ SCENE 2

LITTERATURE ALLEMANDE
Dramatische Werke
Théâtre

Friedrich von Schiller
1759-1805

Le Camp de Wallenstein Friedrich Schiller par Ludovike Simanowiz Traduction Française Artgitato


WALLENSTEINS LAGER
LE CAMP DE WALLENSTEIN

1799

SECONDE SCENE

Personen
Personnages

Wachtmeister, von einem Terzkyschen Karabinier-Regiment.
Maréchal des logis d’un régiment de carabiniers de Tersky
Trompeter
Une trompette
Konstabler
Canonnier
Scharfschützen
Fusiliers
Zwei Holkische reitende Jäger
Deux chasseurs à cheval de Holk
Buttlerische Dragoner
Dragons de Buttler
Arkebusiere vom Regiment Tiefenbach
Arquebusiers du régiment de Tiefenbach
Kürassier von einem wallonischen Regiment
Cuirassier d’un régiment wallon
Kürassier von einem lombardischen 
Cuirassier d’un régiment lombard
Kroaten
Craotes
Ulanen
Ulhans
Rekrut
Recrue
Bürger
Bourgeois
Bauer
Paysan
Bauerknabe
Fils de paysan
Kapuziner
Capucin
Soldatenschulmeiste
Maître d’école militaire
Marketenderin
Cantinière
Eine Aufwärterin
Une servante
Soldatenjungen
Jeunes soldats
Hoboisten
Musiciens

2. Auftritt
Scène 2

Vorige. Wachtmeister. Trompeter. Ulan
Les mêmes + Le maréchal des logis + le Trompette + le Uhlan

Trompeter
Le Trompette
Was will der Bauer da? Fort, Halunk!
Que veut le paysan là-bas? Dégage, Pendard !
Bauer
Le Paysan
Gnädige Herren, einen Bissen und Trunk!
Mes chers messieurs, une bouchée et à boire!
Haben heut noch nichts Warmes gegessen.
Nous n’avons toujours rien mangé aujourd’hui de chaud.
Trompeter
Le Trompette
Ei, das muß immer saufen und fressen.
Eh ! ça ne pense qu’à boire et à manger !
Ulan
Le Uhlan
(mit einem Glase)
(avec un verre)
Nichts gefrühstückt? Da trink, du Hund!
Pas de petit-déjeuner ? Viens donc boire, chien !

(Führt den Bauer nach dem Zelte; jene kommen vorwärts)
(Il pousse l’agriculteur vers la tente; les autres arrivent sur le devant de la scène)

Wachtmeister
Le maréchal des logis
(zum Trompeter)
(à la Trompette) 
Meinst du, man hab’ uns ohne Grund
Penses-tu qu’ils avaient une raison
Heute die doppelte Löhnung gegeben,
Aujourd’hui qu’ils nous offrent une double paye,
Nur daß wir flott und lustig leben?
Seulement pour s’empiffrer et s’amuser ?
Trompeter
La Trompette
Die Herzogin kommt ja heute herein
La duchesse arrive  effet aujourd’hui
Mit dem fürstlichen Fräulein –
En compagnie de la jeune princesse
Wachtmeister
Le maréchal des logis
Das ist nur der Schein.
C’est seulement un prétexte.
Die Truppen, die aus fremden Landen
Les troupes, des pays étrangers,
Sich hier vor Pilsen zusammen fanden,
De Pilsen se retrouvent ici ensemble,
Die sollen wir gleich an uns locken
Nous nous devons de les accueillir
Mit gutem Schluck und guten Brocken,
Avec une bonne gorgée et de bons morceaux,
Damit sie sich gleich zufrieden finden
Ainsi, ils s’en trouveront également satisfaits
Und fester sich mit uns verbinden.
Et communiqueront plus aisément avec nous.
Trompeter
La Trompette
Ja, es ist wieder was im Werke!
Oui, à nouveau il se goupille quelque chose !
Wachtmeister
Le maréchal des logis
Die Herrn Generäle und Kommendanten –
Les généraux et les commandants
Trompeter
La Trompette
Es ist gar nicht geheuer, wie ich merke.
Il me semble qu’il y a quelque chose dessous, je le sens.
Wachtmeister
Le maréchal des logis
Die sich so dick hier zusammen fanden –
ils se retrouvent assemblés ici en grand nombre…
Trompeter
La Trompette
Sind nicht für die Langweil herbemüht.
Ils ne sont pas là pour faire bombance !
Wachtmeister
Le maréchal des logis
Und das Gemunkel und das Geschicke –
Et les rumeurs et les fortunes
Trompeter
La Trompette
Ja, ja!
Oui, oui !
Wachtmeister
Le maréchal des logis
Und von Wien die alte Perücke,
Et de Vienne, la vieille perruque,
Die man seit gestern herumgehn sieht,
Que l’on voit, depuis hier, tourner,
Mit der guldenen Gnadenkette,
Avec sa chaîne en or,
Das hat was zu bedeuten, ich wette.
 Cela signifie quelque chose, je parie.
Trompeter
La Trompette

Wieder so ein Spürhund, gebt nur acht,
Un autre chien de meute, qui fait
Der die Jagd auf den Herzog macht.
La chasse au duc.
Wachtmeister
Le maréchal des logis
Merkst du wohl? Sie trauen uns nicht,
As-tu remarqué ? Ils ne nous font pas confiance,
Fürchten des Friedländers heimlich Gesicht.
Ils ont peur des vues secrètes de Friedland.
Er ist ihnen zu hoch gestiegen,
Il est monté bien haut pour eux.
Möchten ihn gern herunterkriegen.
Ils aimeraient bien le voir se casser la figure.
Trompeter
La Trompette
Aber wir halten ihn aufrecht, wir,
Mais nous le tiendrons debout, nous,
Dächten doch alle, wie ich und Ihr!
Mais si tous pouvaient penser comme moi et moi !
Wachtmeister
Le maréchal des logis
Unser Regiment und die andern vier,
Notre régiment et les quatre autres,
Die der Terschka anführt, des Herzogs Schwager,
De Terschka, le beau-frère du duc,
Das resoluteste Korps im Lager,
Représentent le corps le plus résolu du camp,
Sind ihm ergeben und gewogen,
Ils sont obéissants et réfléchis,
Hat er uns selbst doch herangezogen.
C’est lui-même qui nous a recrutés.
Alle Hauptleute setzt’ er ein,
Tous les capitaines d’une seule voix,
Sind alle mit Leib und Leben sein.
 Lui donneront et leur cœur et leur vie.
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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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