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INVASIONS SARRASINES EN CASTILLE – OS LUSIADAS III-100 LES LUSIADES CAMOES – Nunca com Semirâmis gente tanta

* Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-100 LES LUSIADES III-100
LITTERATURE PORTUGAISE





Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-100




OS LUSIADAS III-100
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 100
Strophe 100

III-100

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-100
LES LUSIADES III-100

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Sémiramis
Reine Légendaire de Babylone
Semmiramide Regina di Babillone
XVIIIe

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« Nunca com Semirâmis gente tanta
« Jamais tant de guerriers avec Semiramis
Veio os campos idáspicos enchendo,
N’avaient pénétré les rivages de l’Hydaspe,
 
Nem Atila, que Itália toda espanta,
Jamais Attila, qui effraya toute l’Italie,
Chamando-se de Deus açoute horrendo,
Se nommant le terrible Fléau de Dieu,
 
Gótica gente trouxe tanta, quanta
Ne fut accompagné d’autant de soldats
 
Do Sarraceno bárbaro estupendo,
Que les barbares Sarrasins,
Co’o poder excessivo de Granada,
Renforcés par les armées de Grenade,
Foi nos campos Tartésios ajuntada.
Assemblés sur les plaines du Tartèse. 

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Invasion of the Barbarians or The Huns approaching Rome – Color Painting

Les Huns  déferlant sur l’Italie menés par Attila
Upiano Checa y Sanz
1887

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Alphonse IV Le Brave
( Lisbonne – )
Roi de Portugal et de l’Algarve par la grâce de dieu

Alphonse IV
Alfonso IV
Peinture du XVIIIe siècle

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Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

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Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-100 CAMOES LUSIADES III-100
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

 OS LUSIADAS
LES LUSIADES CAMOES

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS III-74 LES LUSIADES Tornado o Rei sublime finalmente

*Luís de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-74 LES LUSIADES III-74
LITTERATURE PORTUGAISE









Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue








Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-74








OS LUSIADAS III-74

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 74
Strophe 74

III-74

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-74
LES LUSIADES III-74

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Le siège de Lisbonne
O Cerco de Lisboa

Alfredo Roque Gameiro
1917

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« Tornado o Rei sublime finalmente,
« Il fut rendu le sublime Roi finalement,
  Do divino Juízo castigado,
Puni par la divine Justice,
 Depois que em Santarém soberbamente
 Après qu’à
Santarém superbement
 Em vão dos Sarracenos foi cercado,
 En vain il fut assiégé par les Sarrasins,
  E depois que do mártire Vicente
Et après que du martyr Vincent
  O santíssimo corpo venerado
Le saint corps vénéré
Do Sacro Promontório conhecido
  Du célèbre Promontoire Sacré.
A cidade Ulisseia foi trazido;
Dans la ville Ulysséenne fut porté ;

 

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Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents



  Sonnet 70 : Alphonse se brise des jambes au combat contre les troupes du Léon à Badajoz. Il est capturé et fait prisonnier.

Sonnet 71 : Camoes compare Alphonse à Pompée. Même battu par son ex-beau-père César [Julia Caesaris, la fille de Jules César et femme de Pompée meurt en 54 avant J.-C., donc avant l’opposition des deux protagonistes- L’année -53 verra déjà le rapprochement de Pompée avec le Sénat et l’année suivante, en -52, la rupture sera totalement consommée] il n’en reste pas craint et admiré.

Sonnet 72 : ce sonnet est relié au précédent et au suivant par le même « Posto que » utilisé, d’où une interprétation de la dernière ponctuation dans le Sonnet 71. Suit donc une énumération des sites conquis par Pompée : les Hénioques (peuple de Colchide) et les Colchidiens sont des peuples qui se retrouvent autour de la Mer Noire (actuelle Géorgie), le peuple de Sophène, royaume Arménien, situé dans l’actuelle Turquie (à l’est de la Colchide), la Cilicie est une région de l’Anatolie. Les « As águas dos dous rios » sont le Tigre et l’Euphrate qui naissent dans le haut-plateau arménien.  Pompée sera vainqueur définitivement de Mithridate VI Eupator en -66 sur l’Euphrate.

Sonnet 73 : suite du sonnet 72 et des victoires de Pompée sur Mithridate. Pour la Chaîne du Taurus Scythique, la Scythie où habitait les Scythes s’étendait de l’Ukraine à l’Altaï. Les Monts Taurus est une chaîne montagneuse au sud-est du plateau de l’Anatolie. « Taurus, (Geog. anc.) nom commun à quelques montagnes ; mais la principale de ce nom est le Taurus d’Asie, & c’est la plus grande montagne que nous connoissons, d’où vient aussi qu’on l’a nommée Taurus, car la coutume des Grecs étoit d’appeller ταῦροι, tauri, ce qui étoit d’une grandeur démesurée. Le plus grand nombre des auteurs, entr’autres Strabon, Pline & Pomponius Mela font commencer cette montagne au promontoire Sacrum ou Chelidonium, quoiqu’elle traverse toute la Carie jusqu’à la Perée, mais ses branches de ce côté-là n’ont pas semblé mériter le nom de Taurus. » (L’Encyclopédie, Première édition 1751-Tome 15). L’Imathie se trouve dans l’actuelle Macédoine-Centrale.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

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Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-74 CAMOES LUSIADES III-74
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS LES LUSIADES

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS III-58 LES LUSIADES

*Luís de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-58 LES LUSIADES III-58
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-58

OS LUSIADAS III-58

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 58
Strophe 58

III-58

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-58
LES LUSIADES III-58

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Précisions historiques

Camoes a évoqué du verset 42 au verset 54 la bataille d’Ourique qui sera gagné par le premier roi de Portugal sous le nom d’Alphonse Ier – Alfonso I – Afonso Henriques (1109 Guimarães /Viseu-1185  Coimbra) –
Alfonso sera couronné roi de Portugal en 1139 après la bataille d’Ourique.
Dans le sonnet, Camoes évoque la séquence suivante à partir de la bataille de Leiria. Cette bataille n’a pas la même portée symbolique d’Ourique qui méritait une dizaine de sonnets, il s’agissait de la Grande Victoire, grão vitória. Nous nous trouvons à 7 kilomètres du Campo de Ourique. Nous sommes ici à la limite entre le nouveau royaume et les possessions des musulmans Almohades. D’où les premiers vers de Camoes sur la conquête récente de la ville par les Mahométans. Paio Guterres da Cunha, un noble portugais, se fera remarquer à plusieurs reprises dans la défense du château de Leiria Nous le retrouverons aussi dans le siège par les maures de Lisbonne.
Les autres villes citées dans le sonnet 55 sont Arronches, petite ville de l’Alentejo, située à proximité de l’actuelle frontière avec l’Espagne et Scabelicastro – nommée Scalabis par les Romains, puis Shantarin par les Maures – s’appelle aujourd’hui Santarém et se trouve au nord de Lisbonne, dans le Ribatejo.
Sonnet 56, Alphonse Ier continue ses conquêtes avec Sintra et Mafra situées à une vingtaine de kilomètres au nord de Lisbonne. Sintra tombe en 1147. Les Monts de Sintra sont nommés les Montagnes de la Lune, serras da Lua ; lien fait entre Sintra et Cynthie. Cynthie est associée à Diane, la déesse de la Lune (Première Encyclopédie – Diderot – 1751 – Tome 4 : CYNTHIUS & CYNTHIA, surnoms d’Apollon & de Diane, ainsi appelés du mont Cynthie situé au milieu de l’île de Délos où ils avoient pris naissance.)
Sonnet 57, voici la ville de Lisbonne et des références à sa fondation par Ulysse. Dans la Première Encyclopédie, en 1765 (Tome 11), Louis de Jaucourt souligne à la définition Olysippo : « c’est ainsi que plusieurs auteurs écrivent le nom d’une ville très-ancienne, située à l’embouchure du Tage, & qui est aujourd’hui Lisbonne. Elle est si ancienne, que Solin a cru qu’elle avoit été fondée par Ulysse ; & Strabon même ne juge pas impossible qu’Ulysse ait été en Espagne. Dans le passage de Solin on lit : Ibi oppidum Olysipone Ulyxi conditum. Solin met ici un ablatif pour un nominatif ; car, selon l’usage de son tems, les noms de ville se mettoient à l’ablatif, & étoient regardés comme indéclinables. Ainsi Vopiscus dans la vie d’Aurelien dit, Copto & Plotemaïde urbes cepit. Dans Antonin, les noms sont de même à l’ablatif, tandis que chez les Grecs ils sont au génitif. » »
La Dardanie d’Asie Mineure est dans l’actuelle Anatolie du nord-ouest. Les Dardaniens et les Troyens sont ici confondus.
Les troupes qui viennent des régions boréales sont les troupes croisées des régions nordiques venues à la rescousse d’Alphonse Ier.
Sonnet 58 : précisions sur les troupes venues en renfort du nord de l’Europe, notamment la Germanie et la Grande-Bretagne actuelle, « la froide Bretagne« .

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

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« Lá do Germânico Albis, e do Rene,
« De l’Elbe et du Rhin germaniques,
E da fria Bretanha conduzidos,
  Et de la froide Bretagne froide était portée
 
A destruir o povo Sarraceno,
La volonté de détruire le Peuple Sarrasin,
Muitos com tensão santa eram partidos.
De nombreux guerriers partis saintement.
Entrando a boca já do Tejo ameno,
Ils entrèrent par la douce bouche du Tage,
Co’o arraial do grande Afonso unidos,
  Pour s’unir avec les troupes du grand Alphonse,
Cuja alta fama então subia aos Céus,
  Dont la grande renommée montait aux Cieux,
 
Foi posto cerco tos muros Ulisseus.
Et mirent le siège aux murs Ulysséens.

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Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-58 CAMOES LUSIADES III-58
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LUIS DE CAMOES OS LUSIADAS LES LUSIADES

CAMOES OS LUSIADAS III-23 LES LUSIADES

Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-23 LES LUSIADES III-23
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-23

OS LUSIADAS III-23

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso  23
Strophe 23

III-23

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-23
LES LUSIADES III-23

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« Um Rei, por nome Afonso, foi na Espanha,
« Un roi, nommé Alphonse VI de Léon, en Espagne,
  Que fez aos Sarracenos tanta guerra,
Guerroya tant contre les Sarrasins,
  Que por armas sanguinas, força e manha,
Que ses sanglantes armes, sa force et sa main,
 A muitos fez perder a vida o a terra;
Leur firent perdre la vie et la terre à nombre d’entre eux ;
Voando deste Rei a fama estranha
L’étrange gloire de ce Roi vogua
Do Herculano Calpe à Cáspia serra,
Des Colonnes d’Hercule aux monts Caspiens ;
 Muitos, para na guerra esclarecer-se,
Beaucoup, pour participer à cette odyssée guerrière,
Vinham a ele e à morte oferecer-se.
  Vinrent à lui et s’offrir à la mort.

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Les Lusiades
OS LUSIADAS III-23 LES LUSIADES III-23
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LA VIE DE LUIS DE CAMOES

ALPHONSE II – ALFONSO II -Альфонс II- 阿方索二世- PLACE DE L’ORIENT -Плаза-де-Ориенте – 东方广场

Madrid – Мадрид – 马德里
Plaza de Oriente Madrid
——

Madrid Blason Artgitato  Madrid L'Ours & L'arbousier Artgitato La estatua del oso y del madroño

Photo Plaza de Oriente Jacky Lavauzelle
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Madrid Drapeau Artgitato


PLAZA DE ORIENTE
La place de l’Orient
Плаза-де-Ориенте
东方广场

*
ALPHONSE II
Roi des Asturies
ALFONSO II
Rey de Asturias
Альфонс II
阿方索二世

vers 759- 842
759年-842年
Roi des Asturies de 791 à 842
阿斯图里亚斯791-842国王
Rey de Asturias 791-842
Король Астурии 791-842

ALPHONSE II Alfonso II Rey de Asturias Roi des Asturies Plaza de Oriente Madrid Artgitato

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EVENEMENTS DE 791 à 842

 791. Ambassade du calife Haroun-al-Raschid , qui envoie à Charlemagne les clefs du Saint-Sépulcre. Grande victoire remportée sur Issem, roi de Cordoue , par Bermude Ier , roi des Asturies ; 60.000 Maures restent sur le champ de bataille. Charlemagne porte la guerre en Pannonie, bat les Avares, les repousse jusqu’au delà du Raab, dont les rives deviennent les limites de ,l’empire des Francs. Conspiration de Pépin le Rossu, fils naturel de Charlemagne. Il est enfermé dans le monastère de Pruym, dans les Ardennes. Révolte des Saxons. Ils massacrent les Francs, près des bouches de l’Elbe, chassent leurs mis- sionnaires, brûlent les églises et retournent au paganisme. Charlemagne châtie les rebelles. Publication des livres Carolins, où les évêques , francs, comprenant mal la décision du concile tenu à Nicée en 787, où il avait été décidé que les images des saints devaient recevoir une adoration honoraire opposée à l’adoration de latrie, qui n’appartient qu’à Dieu seul, condamnent à la fois l’erreur des Iconoclastes et la décision de ce concile.
792. Charlemagne entreprend de joindre l’Océan germanique au Pont-Euxin, par un canal qui réunit le Rhin et le Danube. Les pluies et le défaut de machines l’empêchent d’achever cet ouvrage. Concile de Ratisbonne, où fut condamnée l’hérésie de Félix d’Urgel, qui soutenait que Jésus- Christ n’était fils de Dieu que par adoption. Alphonse le Chaste, roi des Asturies, transfère sa résidence à Oviédo.
793. Nouvelle expédition de Pépin, fils de Charlemagne, contre les Avares. Les limites de l’empire sont portées jusqu’à la Save. Le calife de Cordoue, Hescham Ier , reprend Barcelone. Son armée passe les Pyrénées et s’avance jusqu’à Narbonne. Charlemagne lui oppose son fils Louis.
794. Concile de Francfort sur le Mein, où fut condamnée l’hérésie d’Elipand, de Tolède, et de Félix d’Urgel, touchant l’adoption qu’ils attribuaient au fils de Dieu, et où fut rejeté de nouveau l’article du concile de Nicée sur les images, article encore mal compris par les évêques francs. Offa, roi de Mercie et d’Estanglie, étant allé à Rome, pour recevoir l’absolution d’un meurtre qu’il avait commis, ordonne que tous ses sujets contribueraient à l’entretien du collège fondé par Ina (voy. l’année 725) : cette contribution fut dans la suite regardée par les papes comme un tribut que l’Angleterre leur devait, et appelée le denier de saint Pierre.
795. Charlemagne marche contre les Saxons et les défait. Abdoulwaked, général d’Hescham, remporte, en Galice, une grande victoire sur les chrétiens; mais, dans le même temps, le roi Alphonse défait les Sarrasins à Lédos, sur les frontières des Asturies. Léon III, pape.
796. Les Saxons implorent la clémence de Charlemagne, qui disperse leurs principales familles dans les diverses provinces de son empire. Léon III, successeur d’Adrien Ier , reconnaît la souveraineté de Charlemagne. Mort d’Hescham Ier . Ce prince avait achevé la mosquée de Cordoue, commencée par Abdérame Ier . Il avait établi, à Cordoue et dans différentes villes, des écoles où l’on enseignait l’arabe; les chrétiens sont forcés d’apprendre cette langue et de renoncer au latin.
797 L’impératrice Irène fait crever les yeux à son fils, Constantin V. Soulèvement des Saxons, suivi d’une nouvelle dévastation de leur pays.
798. Alphonse le Chaste s’avance jusqu’à Lisbonne; mais le Douro redevient bientôt la limite de son royaume. Charlemagne bâtit, sur le Weser, le fort d’Héristal, destiné à contenir les Saxons.
799. Le pape Léon III vient à Paderborn réclamer l’appui de Charlemagne contre les parents d’Adrien I er , qui avaient tenté de le faire assassiner. Les îles de Majorque, de Minorque et d’Iviça, délivrées du joug des Sarrasins par les Francs, se soumettent à Charlemagne. Concile d’Aix-la-Chapelle, où Félix d’Urgel fut enfin déposé.
800. Le 24 novembre, Charlemagne arrive à Rome, où le pape Léon III se justifie des accusations de ses ennemis. Le jour de Noël, Charlemagne reçoit la couronne impériale des mains du pape, qui répand l’huile sainte sur sa tête et le proclame « toujours auguste, grand et pacifique. » — Pendant son séjour à Rome, Charlemagne reçoit une ambassade franque, qui avait été envoyée, en Palestine, à l’église du Saint-Sépulcre : elle rapporte de la part d’Haroun-al-Raschid l’étendard de Jérusalem, les clefs du Saint-Sépulcre un éléphant et une horloge à roue. Ibrahim-ben-Aglab est nommé gouverneur de l’Afrique par Haroun. Après la mort de ce calife il se rendra indépendant. Kairoan sera la capitale du nouvel Etat.
801. Louis, loi d’Aquitaine, enlève Barcelone aux musulmans, après 7 mois de siège.
802. Charlemagne envoie des ambassadeurs à Constantinople pour négocier un traité d’alliance avec Irène. Les grands se révoltent et proclament empereur le patrice Nicéphore. Irène est reléguée dans l’île de Lesbos. L’assemblée d’Aix-la-Chapelle étend à toutes les provinces l’institution des Missi Dominici, envoyés royaux chargés de surveiller toutes les parties de l’empire. — Célèbre capitulaire de Villis. renfermant des renseignements curieux sur les revenus de Charlemagne, qui consistent principalement dans les produits de ses fermes et de ses métairies. Haroun-al-Raschid extermine la famille des Barméeides. Egbert, roi de Wesséx ou des Saxons occidentaux.
803. Traité conclu entre Charlemagne et Nicéphore, pour régler les limites des deux empires. L’empire d’Occident obtient l’Istrie, la Liburnie et la Dalmatie, à l’exception des villes maritimes de cette dernière province, qui restent à l’empire grec. Dernière révolte des Saxons, qui se soumettent aux décrets de l’assemblée de Saltz, en Franconie, qui leur impose des prêtres et des juges. 10 000 familles sont transplantées sur différents points de l’empire.
804. 2 e voyage du pape Léon III en France. — Entrevue avec Charlemagne.
806. Diète de Thionville. Charlemagne fait le partage de sa monarchie entre ses trois fils, Charles, Louis et Pépin. — Charlemagne reçoit à Thionville Obelerio, doge de Venise, le duc de Dalmatie et l’évêque de Jadres, qui lui demandent son arbitrage dans leurs débats particuliers. — Décret de l’assemblée de Nimègue, qui interdit la conversion des terres bénéficiaires en terres allodiales, conversion préjudiciable aux intérêts de l’empereur. — Louis, roi d’Aquitaine, reprend Pampelune sur les musulmans. Guerre entre Nicéphore et Haroun-al-Raschid. Les Arabes s’avancent jusqu’à Héraclée, et forcent l’empereur à payer de nouveau le tribut qu’il refusait. Ils conquièrent l’île de Chypre et ravagent Rhodes.
807. Le Franc Burchard cause de grandes pertes aux Sarrasins, qui faisaient de fréquentes des- centes dans les îles de Sardaigne et de Corse.
808. l ve descente des Normands en France, sous la conduite de Godefried, roi de Danemark. — Charlemagne fait construire des vaisseaux pour défendre tout le littoral, depuis l’embouchure du Tibre jusqu’à celle de l’Elbe. Importante station de Boulogne. Construction de l’église de Saint-Jacques de Compostelle.
809. Mort du calife Haroun-il-Raschid. — Amin, son fils aîné, lui succède. Le 2 e concile d’Aix-la-Chapelle adopte le sentiment de l’Église d’Espagne, qui faisait procéder le Saint-Esprit à la fois du Père et du Fils, et qui ajoutait le mot filioqne au symbole de Nicée. Cette addition, toujours combattue par les Grecs, ne fut acceptée en Italie qu’en 1055, au concile de Florence. Guerre de Nicéphore contre les Bulgares.
810. Godefried, roi de Danemark, remonte la Moselle avec 200 navires. Il est repoussé par Charlemagne. Son neveu, Fleming, lui succède. Abdérame, fils d’Al-Hakem, roi de Cordoue, soumet Huesca et Saragosse. Traité de paix conclu entre Charlemagne et Al-Hakem. Le roi d’Italie, Pépin, s’empare, sur les Vénitiens, de Brendolo, de Chiozza, de Pellestiïne et de Malamocco, mais ne peut prendre l’île de Rialto. Il meurt peu après, à l’âge de 34 ans. Comme il ne laissait point d’enfants légitimes, Charlemagne reste seul roi d’Italie.
811. Fleming, roi de Danemark, conclut la paix avec Charlemagne. X’Eyder devient la limite des deux Etats. Les Frisons, qui s’étaient unis aux Danois, sont privés par Charlemagne du droit de succession. Charlemagne conclut la paix avec le calife de Cordoue. L’Èbre est fixé comme limite des deux États. Les Bulgares, après une horrible dévastation de leur pays, implorent inutilement la paix; mais bientôt après ils exterminent l’empereur Nicéphore, avec son armée. Staurace, son fils, essaye de lui succéder, mais est renversé par son beau-frère, Michel Curopalate. Mort de Charles, fils aîné et héritier présomp- tif de Charlemagne. Le doge de Venise, Angelo Particiaco, transfère son siège de l’île de Malamocco, presque entièrement ruinée dans la dernière guerre contre Pépin, à Rialto, et y fait bâtir un palais qui subsista durant plusieurs siècles.
812. Michel I er fait la paix avec les Bulgares et envoie une ambassade à Charlemagne. Celui-ci ratifie le traité fait avec Nicéphore et ratifié par Michel. Par ce traité, Charlemagne rend les îles vénitiennes à l’empereur grec, qui est toujours le souverain nominal de Venise, et qui même confère le titre de consuls aux doges. Bernard, fils naturel de Pépin, est déclaré roi d’Italie.
813. Charlemagne fait couronner son fils Louis et se l’associe dans l’assemblée d’Aix-la-Chapelle. Le concile de Tours prescrit au clergé de prêcher en langue tudesque. aussi bien qu’en latin et en langue romane vulgaire. Michel I er recommence la guerre avec les Bulgares. Il est vaincu et abdique. Un de ses officiers, Léon V l’Arménien, lui succède. Amin, calife de Bagdad, est vaincu et mis à mort par son frère, Almamon, qui lui succède.
814. Charlemagne meurt à Aix-la-Chapelle. Il a eu pour historien Ëginhard, qui fut peut-être son gendre. — Louis le Pieux (le Débonnaire), son fils, lui succède. Il s’attache les Saxons et les Frisons en leur rendant le droit de succession, que Charlemagne leur avait ôté. — Il se plaint de ce que le pape Léon III ait puni les auteurs d’une conspiration sans en référer à l’empereur, patrice de Rome. Taher est chargé par le calife Almamon d’apaiser les révoltes qui s’étaient élevées en Orient.
815. Les Vénitiens enlèvent d’Alexandrie et transportent dans leur ville les reliques de saint Marc, que la république adopte pour patron.
816. Louis le Pieux est couronné empereur, à Reims, par le pape Etienne IV. Un concile, tenu à Rome, reconnaît que le pape, élu par les évêques et le clergé, doit être consacré devant les députés de l’empereur. Léon V, empereur d’Orient, repousse les Bulgares.
817. Louis le Pieux associe son fils Lothaire à l’empire. Il donne à Pépin l’Aquitaine, à Louis le Germanique la Bavière. Mécontentement et révolte de Bernard, fils de Pépin, roi d’Italie. Il est fait prisonnier et con- damné à perdre les yeux. Concile d’Aix-la-Chapelle, où Louis le Pieux travaille, avec le concours de Benoît d’Aniane, à établir l’uniformité dans les monastères des États francs, qu’on soumet universellement à la règle de saint Benoît. Pascal I er , pape, qui se fait ordonner sans attendre le consentement de l’empereur. Celui-ci lui laisse néanmoins le gouvernement de la ville et du duché de Rome, en gardant la souveraineté.
818. Mort d’Irmengarde, Ière femme de Louis le Pieux. Révolte de Cordoue, comprimée par Al-Hakem.
819. Louis le Pieux épouse Judith, fille de Welf, comte de Bavière. Fin des royaumes d’Essex et de Kent, qu’Egbert, roi de Wessex, réunit à ses États.
820. Les Normands ravagent les côtes de France, entre les embouchures de la Seine et de la Garonne. Michel le Bègue, officier de Léon V, conspire contre la vie de ce prince , qui le condamne à être brûlé vif. Ses complices poignardent Léon V. Avènement de Michel le Bègue. Taher, ayant obtenu du calife Almamon le gouvernement du Khorasan, le convertit en une souveraineté dont il transmet la possession à ses descendants. Il commence la dynastie des Tahériens.
821. Michel le Bègue s’associe son fils Théophile.
822. Louis le Pieux se soumet à une pénitence publique à Attigny, pour expier la mort de Bernard, son neveu. Mort d’Al-Hakem, calife de Cordoue. Son fils Abdérame II lui succède. Louis le Pieux envoie son fils Lothaire commander en Italie.
823. Lothaire est couronné empereur à Rome par le pape Pascal. — Naissance de Charles le Chauve, fils de Louis le Débonnaire et de Judith. Thomas, esclave fugitif, se fait passer pour Constantin V, fils d’Irène. Soutenu par les Arabes, il assiège Constantinople. Il est vaincu, puis livré par les habitants d’Andrinople, où il se défendit pendant 5 mois, à Michel le Bègue qui le fait mutiler.
824. Michel le Bègue envoie une ambassade à Louis le Pieux au sujet des Iconoclastes. Eugène II, pape. Vers cette époque, des Sarrasins d’Espagne forcés de quitter Cordoue à la suite d’une sédition et qui s’étaient retirés à Alexandrie s’emparent de l’île de Crête sur les Grecs et y fondent Candie, qui donnera son nom à toute l’île.
825. Capitulaire de Louis le Pieux sur les obligations des MissiDominici.
826. Hériolt, roi d’une partie du Jutland, vient recevoir à Mayence le baptême avec sa famille et ses compagnons d’armes. Ses sujets mécontents refusent de le reconnaître, et il est obligé de se fixer avec ses partisans dans le comté de Rhius- tri (Rustringen) , canton de l’Ost-Frise , que Louis le Pieux lui donna pour asile. Saint Anschaire et saint Autbert, tous 2 moines de Corbie, accompagnent Hériolt dans cette contrée et y forment l’école des missionnaires qui devaient prêcber le christianisme aux Normands.
827. Egbert le Grand, roi des 4 royaumes saxons, étend sa suprématie sur les 3 royaumes des Angles : ils payent tribut, mais conservent des rois particuliers. L’abbé Anségise compose le premier recueil des Capitulaires de Charlemagne, y compris ceux de Louis le Débonnaire. Avènement du pape Valentin, et de son successeur Grégoire IV.
828. Euphémius, général du patrice Photin, gouverneur de Sicile, que celui-ci avait chargé de diriger une attaque contre les Aglabites d’Afrique, se révolte, se fait proclamer empereur, puis, menacé par un rival, appelle les Aglabites d’Afrique qui s’empareront peu à peu de toute la Sicile. Révolte de Mérida comprimée par Abdérame II.
829. Mort de Michel le Bègue. Son fils Théophile lui succède sous la régence de sa mère Théodore. Saint Anschaire prêche le christianisme en Suède. Louis le Pieux assemble une diète à Worms et donne à son 4e fils Charles le Chauve l’Alémanie et la Rhétie avec une partie de la Bourgogne. Mécontentement de ses autres fils.
830. Saint Anschaire est nommé archevêque de Hambourg et légat du pape pour tout le N. de l’Europe. Les fils de Louis le Pieux, Lothaiffe, Louis et Pépin, se révoltent, s’avancent jusqu’à Verberie, font enfermer leur père à Soissons, et Judith leur belle-mère à Poitiers. L’empereur, soutenu par le clergé, est rétabli au mois d’octobre de la même année, dans une assemblée tenue à Nimègue. Le calife Almamon déclare la guerre à l’empereur Théophile, qui avait refusé de laisser partir pour Bagdad le savant archevêque de Thessalonique mandé par le calife.
831. Les Gascons de la Navarre secouent le joug des Francs sous le comte Aznar. Ils s’allient tantôt avec le roi des Asturies, tantôt avec les Arabes. Le gouverneur de la Catalogne se rend indépendant de Louis le Pieux. Louis le Pieux retire Judith de son couvent. Il renvoie ses fils dans leurs provinces. Les chefs de la dernière révolte sont condamnés à moi t. Louis se contente de les exiler.
832. Pépin, de retour en Aquitaine, prépare une nouvelle révolte contre son père qui le fait arrêter. Il est délivré par ses partisans. Les Arabes s’emparent de toute la Cilicie.
833. Louis le Pieux donne l’Aquitaine à son 4 e fils Charles. — Nouvelle révolte de Lothaire, de Louis et de Pépin. — Ils réunissent leurs troupes dans la haute Alsace. Avec le secours du pape Grégoire IV, ils s’emparent de la personne de leur père qui est abandonné par ses troupes au champ du Mensonge. Conduit à Soissons, il est soumis à une pénitence publique, dégradé, déposé, comme coupable des calamités publiques. Lothaire reprend le titre d’empereur que lui donnait l’acte de partage de l’empire de 817. Le calife Almamon meurt à Tarse, en Cilicie. Cette même année, il avait fait exécuter la mesure de deux degrés du méridien au désert de Sandjar entre Racca et Palmyre, pour servir à la détermination de la grandeur de la terre. Sous le règne de son frère et successeur Motassem les Turcs commencèrent à entrer au service des califes.
834. Louis et Pépin, irrités de la hauteur de Lothaire, se liguent contre lui. — Louis le Pieux est rétabli dans une assemblée d’évêques tenue à Saint-Denis. Il pardonne à Lothaire qui retourne en Italie. 835. Mort d’Alphome le Chaste. — Ramire I  lui succède. Diète de Thionville. Tout ce qui avait été dé- crété contre Louis le Pieux est déclaré nul. Le calife Motassem fonde sur le Tigre, à 10 kilomètres de Bagdad, la ville de Samarah ou Sermenrai, dont il fera sa capitale. — Prise de Palerme par les Sarrasins après un siège de 5 ans.
836. Baldimer, roi des Bulgares, renvoie sans rançon les prisonniers grecs. Abdérame II s’empare après un siège de 3 ans de Tolède révoltée.
837. Assemblée d’Aix-la-Chapelle où l’empereur donne à Charles la meilleure partie de la France, à l’instigation de Judith. L’empereur Théophile marche en personne contre les Arabes. Il s’avance jusqu’à Sozopetia et Mélitène, dévastant tout sur son passage. Les pirates normands s’établissent dans l’île de Walcheren, d’où ils remontent l’Escaut, la Meuse et le Wahal.
838. Descente des Normands en France, par la Loire, sous la conduire d’Hastings, qui pille Tours. Mort d’Egbert le Grand, roi d’Angleterre. Ethelwulf lui succède. Les Normands commencent à faire des descentes en Angleterre. Les Sarrasins surprennent et pillent Marseille. L’empereur Théophile est forcé à la retraite par les troupes de Motassem qui brûlent Amorium et Ancyre.
839. 3ème partage de l’empire des Francs entre Lothaire et Charles. Louis n’obtient que la Bavière. Révolte des fils de Pépin en Aquitaine. Elle est réprimée. Révolte de Louis le Germanique.
840. Louis le Pieux marche contie Louis le Germanique, le bat et meurt bientôt après de douleur, dans une île du Rhin près de Mayence. Charles le Chauve, fils de Judith, est reconnu roi de France. Il fait alliance avec Louis le Germanique contre Lothaire qui réclame tout l’héritage de Charlemagne et contre les fils de Pépin. Les Normands profitent de ces dissensions. Ils remontent la Seine jusqu’à Rouen, sous la conduite d’Oger le Danois.
841. Charles le Chauve et Louis le Germanique gagnent sur Lothaire et Pépin, leur neveu, la mémorable victoire de Fontanet (aujourd’hui Fontaines, petit bourg de l’Auxerrois, à 28 kilomètres S. 0. d’Auxerre).
842. Charles et Louis renouvellent solennellement leur alliance à Strasbourg. Les serments qu’ils prononcent en présence de leurs troupes sont les plus anciens monuments de la langue française et de la langue allemande. Avènement de la dynastie de Piast au trône de Pologne. Mort de l’empereur d’Orient Théophile. Son fils Michel III, l’Ivrogne, lui succède à l’âge de 6 ans, sous la tutelle de sa mère Théodora. — Rétablissement du culte des images. Extinction de l’hérésie des iconoclastes qui avait trouble l’empire pendant plus de 120 ans. Mort du calife Motassem. Son fils Watek-Billan lui succède. 

Marie-Nicolas Bouillet
Bouillet – Atlas universel d’histoire et géographie, 1865 (1865)
1865 – pp. 151-158
VIIIe siècle après Jésus-Christ
IXe siècle après Jésus-Christ


Alfonso_II_of_Asturias_tumbo Alphonse II, manuscrit de Saint-Jacques-de-Compostelle

 

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Alphonse II Espagne


Guifred le Velu – Wifredo el Velloso – Plaza de Oriente Madrid Мадрид – 马德里 – Place de l’Orient

Madrid – Мадрид – 马德里
Wifredo el Velloso
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Madrid Blason Artgitato  Madrid L'Ours & L'arbousier Artgitato La estatua del oso y del madroño

Photos Jacky Lavauzelle
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Madrid Drapeau Artgitato


PLAZA DE ORIENTE
La place de l’Orient
Плаза-де-Ориенте

Guifred le Velu
Wifredo el Velloso

Guifré el Pilós
840-897

Fils de Sunifred Ier de Barcelone
Comte d’Urgell et de Cerdagne (870-897)
Hijo de Sunifredo de Urgel – Conde de Urgel y de la Cerdaña

Guifred le Velu Wilfredo el Velloso Guifre el Pilos Plaza de Oriente Madrid Artgitato

L’EXCEPTION DU COMTE D’URGELL

« Le plus ancien texte qui nous montre le service de guerre dû à un particulier est un acte de l’an 954. Ce service y est représenté comme condition de l’inféodation de certains châteaux. Il est dû par le feudataire envers et contre tous, à l’exception du comte d’Urgel, suzerain supérieur. Cet acte, dont les termes sont les mêmes que ceux des actes du XIIe siècle, offre déjà l’énumération des différentes formes du service militaire féodal, l’hostis, la cavalcata, et l’obligation de rendre les châteaux forts à la première réquisition. »

Charles-Victor Langlois
Histoire du Moyen Âge
1901 pp. 181-210
Chapitre VII – La Féodalité

Rotlle-genealogic-guifre-I-de-barcelona Guifred le Velu - Wifredo el Velloso

Rotlle genealògic del Monestir de Poblet
Reial Monestir de Santa Maria de Poblet

Arbre généalogique Rouleau du monastère de Poblet
Abbaye de Poblet – abbaye cistercienne
Rollo genealógico del Monasterio de Poblet
Real Monasterio de Santa María de Poblet 

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EVENEMENTS ENTRE 870 & 897

870. Louis le Germanique dispute la Lorraine à Charles le Chauve, qui la partage avec lui, par le traité de Mersen, qui donne à la France la Meuse pour limite. La Lorraine, dès ce moment, devint une source de guerres perpétuelles entre les Gallo-Francs et les Allemands d’outre-Rhin. — Les troupes de Charles le Chauve occupent la Provence, dont Lothaire avait obtenu une portion en 863- Résistance de Gérard de Roussillon, comte de Provence, qui défendait ces pays au nom de l’empereur Louis IL Ottfried, moine et instituteur au couvent de Weissembourg, en Alsace, est le premier poète ou versificateur connu des Allemands. Son Harmonie des S. Evangiles est écrite en strophes de quatre vers.
871. L’empereur Louis II est fait prisonnier dans son palais par le duc de Bénévent, qu’il avait secouru contre les Sarrasins, mais que commençaient à effrayer les progrès des Francs. Il est ensuite rendu à la liberté. Alfred le Grand succède à Ethelred, roi d Angleterre. Il défend ce royaume contre les Danois, qui occupent tout le pays des Anyles.
872. Louis le Germanique rend à Louis II une partie de la Lorraine. Jean VIII, pape.
873. Charles le Chauve achète la retraite des Normands. La France est un peu moins tourmentée par ces barbares. Charles le Chauve fait emprisonner son fils Carloman, révolté contre lui. Malgré les prières d’Hincmar, archevêque de Reims, et les lettres hautaines du pape Adrien II, il lui fait arracher les yeux. Yakoud, fils de Sonar, fonde dans le Khorasan la dynastie des Soffarides, qui remplace celle des Tahériens. Elle régna 30 ans sur le Ségestan, le Tabristan et le Khorasan.
874. Les Sorabes sont repoussés par Louis le Germanique. Alphonse le Grand fait éprouver une grande défaite aux Tolédains, près de la rivière d’Orbedo.
875. Mort de l’empereur Louis II. Charles le Chauve réclame son héritage. Il envahit l’Italie, force à la retraite les fils de Louis le Germanique et se fait couronner empereur à Rome par le pape Jean VIII. — Louis le Germanique reprend alors sa part de la Lotharingie, et la veuve de Louis II, Angilberge, aidera son gendre Boson à se faire roi de Provence.
876. 2e couronnement de Charles le Chauve à Pontyon. L’Italie est de nouveau dévastée par les Sarrasins, et la France par les Normands. Mort de Louis le Germanique. Charles le Chauve réclame ses États. Il est vaincu près d’Andernach par Louis de Saxe, fils de Louis le Germanique. La Germanie reste indépendante et forme 3 royaumes partagés entre les fils de Louis : 1° royaume de Bavière à Carloman l’aîné; 2nd royaume de Saxe à Louis; 3e royaume de Souabe à Charles le Gros. Prise de Rouen par les Normands. Prise de Coïmbre par Alphonse III.
877. La faiblesse de Charles le Chauve augmente avec l’extension de sa domination. Il est appelé par le pape en Italie pour s’opposer aux Sarrasins. Avant d’entreprendre cette expédition, il tient à Quierci-sur-Oise une grande assemblée, où il publie ce fameux capitulaire, d’où l’on peut dater la révolution féodale : « 1° Si quelqu’un de nos fidèles, saisi d’amour pour Dieu, veut renoncer au siècle, et s’il a un fils ou tel autre parent capable de servir la chose publique, qu’il soit libre de lui transmettre ses bénéfices et honneurs comme il lui plaira; 2° si un comte de ce royaume vient à mourir, nous voulons que les plus proches parents du défunt, les autres officiers du comté et les évêques du diocèse pourvoient à son administration, jusqu’à ce que nous ayons pu confier à son fils les honneurs dont il était revêtu. » Charles le Chauve passe en Italie, rencontre à Pavie le pape, et confère avec lui; mais apprenant l’arrivée de Carloman, roi de Bavière, avec une armée considérable, pour réclamer ses droits sur l’Italie, il reprend la route de France, et meurt à Brios, village situé en deçà du mont Cenis. Louis le Bègue, fils de Charles le Chauve, lui succède. L’autorité de ce prince ne s’étend ni sur l’Italie ni sur la Lorraine. — Alain le Grand la secoue en Bretagne, et Sanche Mitarra en Gascogne. — Son cousin Carloman, fils aîné de Louis le Germanique, lui dispute l’Italie. Alfred le Grand, après avoir livré jusqu’à 7 batailles aux Danois, est forcé de prendre la fuite, et de se tenir caché dans la cabane d’un berger pendant toute une année.
878. Alfred, roi d’Angleterre, ayant appris la défaite des Danois à Kinwith, sort de sa retraite, va reconnaître lui-même le camp ennemi, où il entre déguisé en ménestrel, lève une armée, et par une seule bataille recouvre son royaume; puis, après avoir conclu avec Gurthorm, chef danois, un traité qui établit ce dernier roi d’Estanglie, comme vassal, il fait creuser, pour prévenir de nouvelles irruptions des Danois, un large fossé, qui s’étend depuis les marais situés au N. jusqu’à la rivière d’Ouse. Les Sarrasins contraignent le pape Jean VIII à leur payer tribut. — Violences dans Rome d’Adal- bert, duc de Toscane, et de Lambert, duc de Spolète, partisans de Carloman de Bavière. Jean VIII s’enfuit en France, où il couronne le roi Louis le Bègue, qui l’avait été l’année précédente par Hincmar, de Eeims; ce prince se réconcilie avec son cousin, Louis de Saxe. Les Sarrasins achèventla conquête de la Sicile par la prise et la destruction de Syracuse. Ils renversent les fortifications de toutes les villes, excepté de Païenne, dont ils font leur place d’armes.
879. Louis le Bègue se met en marche pour aller châtier la révolte de Bernard, marquis de Septimanie. Il est arrêté par la mort à Compiègne. — Avènement de ses 2 fils Louis III et Carloman — Ambition de Boson, beau-frère de Charles le Chauve, qui se fait élire roi d’Arles ou de Provence dans une assemblée d’évêques tenue à Mantaille. Le pape Jean VI II demande et obtient des secours de l’empereur Basile le Macédonien contre les Sarrasins , qui ravagent l’Italie. Sur la demande de l’empereur Basile, Jean VIII reconnaît Photius comme patriarche de Constantinople. — Jean VIII autorise saint Méthodius, apôtre des Moraves et des Slaves, à employer la langue esclavone pour la célébration de l’office divin. Fondation en Egypte de la dynastie des Toulonides par Ahmed, fils de Toulon, gouverneur de cette contrée.
880. Louis et Carloman cèdent à Louis de Saxe, 2e fils de Louis le Germanique, la partie de la Lorraine qu’ils tenaient de Charles le Chauve et de Louis le Bègue. Assemblée de Gondreville, où Carloman, Louis III et Charles le Gros, roi de Souabe, s’allient contre les Normands et Boson, roi de Provence, qui est vaincu, mais non soumis. Mort de Carloman, roi de Bavière. La Bavière est réunie à la Saxe. Un fils bâtard de Carloman, Arnoul, a la Carinthie. — Charles le Gros est couronné roi d’Italie.
881– Charles le Gros vient prendre à Rome la couronne impériale. Louis III gagne sur les Normands une grande bataille à Jaucourt en Vimeu, dans le bassin de la Somme. Cette victoire a été célébrée par un chant national.
882. Louis III meurt à Saint-Denis, sans laisser d’enfants ; Carloman règne seul sur toute la France. — Charles le Gros succède à son frère Louis dans le royaume de Saxe. Les Normands s’emparent de Trêves qu’ils réduisent en cendre. Ils saccagent Liège, Cologne et plusieurs autres villes. Charles le Gros achète leur retraite par un tribut honteux et par la cession de la Frise occidentale, à Godefroy, qui em- brasse le christianisme. — Conversion du chef normand Hastings, qui reçoit le comté de Chartres. Mort d’Hincmar, archevêque de Reims. Les princes varègues de Kiev, Dir et Oskhold, qui s’étaient fait baptiser, sont assassinés par Oleg, tuteur du fils de Rurik, Igor. Oleg occupe Kiev, qui devient le siège de la domination russe.
884. Carloman, roi de France, meurt à la chasse, blessé par un sanglier. Charles le Gros, lui succède, au préjudice de Charles le Simple, fils posthume de Louis le Bègue, et réunit ainsi entre ses mains tout l’empire de Charlemagne. Adrien III, pape.
885. Charles le Gros fait difficulté de reconnaître le pape Etienne V, successeur d’Adrien III, parce qu’on n’a pas attendu son consentement pour la consécration de l’élu.
886. Les Normands, conduits par Godefroy et Sigefroy, assiègent Paris pendant une année. Ni l’empereur ni les nobles ne songent à secourir cette ville. Elle est défendue courageusement par Eudes, comte de Paris, et l’évêque Gozlin. Charles le Gros s’approche enfin de Paris, mais sans oser combattre. Honteux traité par lequel il écarte les Normands. Ces barbares font traîner leurs barques par terre, au-dessus de la ville, les remettent à l’eau, et, continuant à remonter la Seine, ils entrent dans l’Yonne et vont dévaster la Bourgogne. Mort de Basile le Macédonien. Son fils Léon VI lui succède. Il chasse Photius du siège patriarcal de Constantinople. Il a composé un traité de tactique.
887. Mort du roi Boson. Honte de Charles le Gros. A la diète de Kirckheim, il accuse son chancelier et sa femme. Les grands indignés le déposent solennellement à la diète de Tribur et lui substituent Arnoul, son neveu, dans le royaume de Germanie. Eudes, comte de Paris, fils de Robert le Fort (v. 866), est élu roi de France.
888. Charles le Gros meurt sans enfants dans une île du Rhin. Partage définitif de son empire; anarchie. Arnoul règne sur la Germanie et la Bavière ; Eudes sur la France occidentale et l’A- quitaine. Louis, fils de Boson, règne sur le royaume d’Arles ou de Provence. Rodolphe, fils de Conrad, fonde le royaume de la Bourgogne transjurane. Guy, duc de Spolète, et Bérenger, duc de Frioul, tous deux issus du sang de Charlemagne par les femmes, se disputent l’Italie. Raynulf, comte de Poitiers, et un grand nombre d’autres seigneurs se rendent indépendants. Organisation de la société féodale. Résistance qu’elle oppose aux Normands; la population commence à s’accroître. Les Normands sont deux fois repoussés de Paris.
889. Vers cette époque, 20 pirates Sarrasins partis d’Espagne sont poussés par la tempête dans le golfe de Grimaud et surprennent le village de Fraxinet, aujourd’hui la Garde-Fraisnet (Var). Ils y forment un établissement qui, pendant près d’un siècle, sera la terreur du midi de la France et du nord de l’Italie. Bérenger rend hommage à Arnoul pour l’Italie, où il reçoit le premier la couronne de fer de Lombardie.
890. Siméon, roi des Bulgares, commence contre l’empire grec une guerre qui durera trois années. Guy, vainqueur de Bérenger à la bataille de la Trébie, se fait couronner roi d’Italie. Vers cette époque, les Hongrois ou Magyars, comme ils s’appelaient du nom d’une de leurs tribus, passent des régions du Volga dans celles de la Theiss et du Danube, sous la conduite d’Arpad, fils d’Almus. A peine sont-ils établis dans ces contrées qu’ Arnoul, roi de Germanie, s’en sert pour ébranler l’empire des Moraves fondé par Swiatopolk. Eudes n’ose pas chasser les Normands des bords de l’Oise qu’ils ravagent. Fin du royaume, d’Estanglie, qu’Edouard le Vieux réunit à ses États.
891. Victoire des Normands sur les troupes de Lorraine, près Maestricht. Arnoul, roi de Germanie , remporte sur eux une grande victoire à Louvain sur la Dyle. Guy détrône Bérenger. Il est couronné roi d’Italie et empereur par le pape Etienne V, avec son fils Lambert qu’il s’associe.
892. Eudes, roi de France, bat les Normands et est cependant forcé de leur accorder des conditions avantageuses pour les engager à la retraite. Le comte Waltgaire se révolte contre lui.
893. Déclin du pouvoir d’Eudes. Les mécontents lui opposent Charles le Simple. L’incapacité de ce prince le fait bientôt abandonner de ses partisans.
894. Eudes marche contre Charles le Simple, qui s’enfuit à Worms et implore le secours d’Arnou qui lui envoie quelques troupes. Mort de Guy, roi d’Italie. Son fils Lambert lui succède. Borziwoi, duc de Bohême, reçoit le christianisme ; il est baptisé par l’évêque de Moravie, Méthodius.
895. Arnoul somme Charles et Eudes de comparaître devant lui à la diète de Worms. Il donne la couronne de Lorraine à son fils naturel Zwentibold. — Il descend en Italie, appelé parle pape Formose contre le jeune Lambert, fils de Guy de Spolète. Il passe les fêtes de Noël à Lucques, où Bérenger vient le trouver. Arnoul retient Béren- ger prisonnier et le dépouille de ses Etats. Le duché de Frioul est donné au comte Waltfred et celui de Milan ou de Lombardie au comte de Maginfred.
896. Arnoul s’empare de Rome et se fait couronner empereur par le pape Formose, mais son échec devant Spolète et la maladie le décident à quitter l’Italie. — Bérenger recouvre ses Etats et fait la paix avec l’empereur Lambert. — Le pape Etienne VI fait le procès à la mémoire de Formose ; il l’exhume, revêt le cadavre d’habits laïcs et lui fait couper la tête et les trois doigts de la main avec lesquels il a béni le peuple. Mais il est bientôt lui-même renversé et périt dans un cachot. A partir de cette époque et pendant plus d’un siècle l’élection des papes, livrée aux caprices de la populace et aux violences de l’aristocratie romaine, se décida parfois les armes à la main, et les candidats durent la tiare, moins à leurs vertus qu’à leur force et à leur audace. Le roi Eudes laisse à son rival, Charles le Sim- ple, les pays qui sont à l’E. de la Seine et de la Marne…

Marie-Nicolas Bouillet
Bouillet – Atlas universel d’histoire et géographie, 1865 (1865)
1865 – pp. 151-158
IXe siècle après Jésus-Christ