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LA POESIE DE GIOSUÈ CARDUCCI – Poesie di Giosuè Carducci

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letteratura italiana
Littérature Italienne

Traduction – Texte Bilingue

Sélection de poèmes de
Giosuè Carducci
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Selezione di Poesie
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Poésie de Giosuè Carducci selezione di poesie artgitato
GIOSUÈ CARDUCCI
1835- 1907

Prix Nobel de Littérature 1906

Traduction Jacky Lavauzelle

———-  

Colloqui con gli Alberi
Colloques avec les Arbres
(vers 1872)

Te che solinghe balze e mèsti piani
Toi qui des rochers esseulés et tristes plaines
Ombri, o quercia pensosa, io piú non amo,
Tu ombres, ô chêne pensif, je ne t’aime plus,

*

Disperata
Désespérance

Su ’l caval de la Morte Amor cavalca
Sur le cheval de la Mort chevauche Amour
E traesi dietro catenato il cuore:
Qui charrie derrière lui son cœur captif :

*

Fiesole
(Sonetto – Sonet -Su l’arce onde mirò Fiesole al basso,

Sur les hauteurs d’où regarda Fiesole vers la plaine)

Su l’arce onde mirò Fiesole al basso,
Sur les hauteurs d’où regarda Fiesole vers la plaine,
 Dov’or s’infiora la città di Silla,
Coule dans la cité de Scylla fleurie,

*

Giuseppe Manzini
(poème de 1872)

Qual da gli aridi scogli erma su ‘l mare
Comme les arides roches abruptes au cœur de la mer
Genova sta, marmoreo gigante,
où Gênes se dresse, géant marmoréen,

*

Il Bove
Le Bœuf
(1872)

T’amo, o pio bove; e mite un sentimento 
Je t’aime, ô bœuf sacré ; et un sentiment doux
Di vigore e di pace al cor m’infondi,
De force et de paix au cœur m’imprègne,

*

Intermezzo IX
Intermède 9

Non contro te suoni maligno il verso,
Non, contre toi, je ne clame malignement mes vers,
 Terra a cui non risposi
Terre à qui ne répond

*

Momento Epico
Moment Epique
(vers 1886)

Addio, grassa Bologna! e voi di nera
Adieu, grasse Bologne ! et vous noirs
Canape nel gran piano ondeggiamenti,   

Chanvres dans les ondulations de la grande plaine,

*

Per il quinto anniversario della battaglia di Mentana
Pour l’Anniversaire de la Bataille de Mentana
(Giambi ed epodi
  LIBRO II- 1872)

Ogni anno, allor che lugubre
Chaque année, alors que, lugubre,
L’ora de la sconfitta
Le temps de la défaite

*

Pianto Antico
Plainte Antique
(1871)

L’albero a cui tendevi
L’arbre à qui tu tendais
 la pargoletta mano,
ta petite main,

*

Qui Regna Amore
Ici Règne Amour
(vers 1872)

Ove sei? de’ sereni occhi ridenti
Où es-tu ? De tes yeux souriants et sereins
A chi tempri il bel raggio, o donna mia?
A qui destines-tu ce beau regard, ô dame?

*

San Martino
(1883)

La nebbia a gl’irti colli
Des collines hérissées le brouillard
piovigginando sale,
s’élève en ondées,

*

Santa Maria degli Angeli
Sainte-Marie-des-Anges
(1877)

Frate Francesco, quanto d’aere abbraccia
Frère Françoisque d’espace occupe
   Questa cupola bella del Vignola,
Cette belle coupole de Vignola,

*

Virgilio
(Vers 1870)

Come, quando su’ campi arsi la pia
Comme, quand sur les champs brûlés, la pieuse
Luna imminente il gelo estivo infonde,
Lune imminente disperse la fraîcheur de l’été,

***

ÇA IRA
(1883)

PREMIER SONNET
Lieto su i colli di Borgogna splende

Lieto su i colli di Borgogna splende
Heureux brille sur les collines de Bourgogne
e in val di Marna a le vendemmie il sole:
et sur les vendanges dans la vallée de la Marne le soleil :

SECOND SONNET
Son de la terra faticosa i figli

Son de la terra faticosa i figli
Fils de l’épuisante terre
Ohe armati salgon le ideali cime,
Armés, vous avez gravi les idéales cimes,

TROISIÈME SONNET
Da le ree Tuglieri di Caterina

Da le ree Tuglieri di Caterina
Des Tuileries de Catherine de Médicis
Ove Luigi inginocchiossi a i preti,
Louis le seizième devant les prêtres s’est soumis,

QUATRIÈME SONNET
L’un dopo l’altro i messi di sventura
LA CHUTE DE LONGWY

L’un dopo l’altro i messi di sventura
L’un après l’autre les messagers de malheur
Piovon come dal ciel, Longwy cadea.
Comme du ciel tombent ; Longwy a cédé.

CINQUIÈME SONNET
Udite, udite, o cittadini. Ieri
LA CHUTE DE VERDUN

Udite, udite, o cittadini. Ieri
Écoutez, écoutez, ô citoyens. Hier
Verdun a l’inimico apri le porte:
Verdun à l’ennemi a ouvert ses portes :

SIXIÈME SONNET
Su l’ostel di città stendardo nero
LES MASSACRES DE SEPTEMBRE (1792)

Su l’ostel di città stendardo nero
La bannière noire sur l’Hôtel de Ville,
— Indietro! — dice al sole ed a l’amore:
Dit : Reculez! au soleil et à l’amour :

SEPTIÈME SONNET
Una bieca druidica visione
UNE EFFROYABLE GÉNÉRATION DE CRIMES

Una bieca druidica visione
Une vision sombre druidique
Su gli spiriti cala e gli tormenta:
S’abat sur les esprits et les tourmente :

HUITIÈME SONNET
Gemono i rivi e mormorano i venti
LA MORT DE MADAME DE LAMBALLE

Gemono i rivi e mormorano i venti
Gémissent les rivières et murmurent les vents
 Freschi a la savoiarda alpe natia.
Frais sur les Alpes savoyardes.

NEUVIÈME SONNET
Oh non mai re di Francia al suo levare
LA PRIÈRE DE LOUIS XVI

Oh non mai re di Francia al suo levare
Oh ! jamais roi de France à son lever
 Tali di salutanti ebbe un drappello!
Ne fut salué par une telle armée !


DIXIÈME SONNET
LE RETOUR DES HÉROS NATIONAUX

Al calpestio de’ barbari cavalli
Les piaffements des barbares chevaux
  Ne l’avel si svegliò dunque Baiardo?
Ont-ils réveillé Bayard du tombeau ?

**

ONZIÈME SONNET
ET AU-DESSUS, LA MARSEILLAISE

Su ì colli de le Argonne alza il mattino
Se lève sur les hauteurs de l’Argonne, un matin
Brumoso, accidioso e lutolento.
Brumeux, boueux, indolent.

**

DOUZIÈME SONNET
UNE NOUVELLE HISTOIRE

Marciate, o de la patria incliti tìgli,
Marchez, ô enfants glorieux de la patrie,
De i caimoni e de’ canti a l’armonia:
Des canonnades et des chants en harmonie :

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Carducci

HENRI HAUVETTE
Littérature Italienne
CINQUIÈME PARTIE
L’ITALIE RÉGÉNÉRÉE

L’influence exercée par G. Carducci sur le mouvement intellectuel de son temps a été considérable, et on a remarqué que son exemple avait suscité un nombre inusite de professeurs-poetes. Parmi ceux—ci, Giuseppe Chiarini, d’Arezzo ({8334908) fut lié au maitre par une étroite amitié, qui ne se démentit pas un seul jour. Théoricien et imitateur de la métrique a barbare », traducteur de H. Heine, poéte délicat lui-méme, notamment dans un volume intitulé Lacrymae ({880), il s’est fait le biographe de Carducci (Memorie della vim di G. Carducci, Florence, {903), comme il fut celui d’autres grande poétes, de Foscolo ({892) et de Leopardi (I 905).

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Le poète Giosuè Carducci
Maurice Muret
Revue des Deux Mondes
Tome 40 – 1907

Dans un temps où la littérature devient de plus en plus internationale, où les auteurs du monde entier sont traduits dans toutes les langues, Giosuè Carducci offre l’exemple exceptionnel d’un grand écrivain dont l’œuvre s’est fort peu répandue à l’étranger. Son nom, à vrai dire, était depuis longtemps célèbre. Tout le monde savait que Giosuè Carducci enseignait à Bologne la littérature italienne. On connaissait son Hymne à Satan ; on n’ignorait pas non plus que ce poète, naguère républicain farouche, s’était converti à la monarchie par admiration, par vénération pour la reine douairière d’Italie, Marguerite de Savoie. Lorsque, au mois de décembre 1906, le prix Nobel pour la poésie fut attribué, après plusieurs années d’hésitation, à Giosuè Carducci, journaux et revues lui consacrèrent des études un peu plus substantielles. La mort du poète, enfin, survenue le 16 février dernier, donna lieu hors d’Italie à toute une série nouvelle d’articles nécrologiques, mais cet événement provoqua en Europe des regrets beaucoup moins sentis et beaucoup moins éloquents que la mort d’Henrik Ibsen, par exemple. L’Italie fit à son enfant des obsèques dignes de son génie, mais les autres nations, insuffisamment renseignées, restèrent plutôt indifférentes au deuil pompeux de nos voisins d’outre-monts.
Hâtons-nous de dire qu’il n’y eut, dans cette indifférence de l’étranger, aucune ingratitude. L’œuvre de Carducci ne pouvait raisonnablement prétendre à la grande célébrité internationale. Giosuè Carducci doit à la poésie le meilleur de sa gloire. Or c’est par le roman, c’est par le théâtre, c’est par la littérature d’idées que se créent les célébrités universelles. Traduite dans une langue étrangère, une œuvre lyrique perd le principal de son charme, a l’instar de ces vins généreux dont l’arôme s’évanouit en passant à travers un filtre. On traduit parfois, par curiosité ou pour l’instruction des lettrés, les poèmes lyriques d’un auteur illustre parvenu à la renommée internationale par le roman ou le théâtre. On a traduit récemment les poésies d’Henrik Ibsen, on traduira quelque jour les Laudi de M. Gabriele d’Annunzio, mais la réputation d’un auteur ne saurait se fonder sur une traduction, si bonne fût-elle, de ses ouvrages en vers. Aussi la splendeur de Giosuè Carducci, poète uniquement lyrique, était-elle et reste-t-elle condamnée à n’être jamais pleinement goûtée de quiconque ignore la langue italienne.
Une autre raison de l’obscurité relative où demeura l’œuvre de Carducci tient à son caractère rigoureusement national. Exception faite d’une série de sonnets consacrés à la Révolution française, c’est l’histoire italienne uniquement qui l’inspira, pendant toute sa vie. L’Italie a traversé de 1821 à 1870 une époque de troubles, de succès politiques mêlés de revers, de vastes espoirs suivis de mornes découragements qui aboutirent enfin à la reconstitution de l’unité et dont l’ensemble constitue la période du Risorgimento. Un poète, mort cinquante ans exactement avant Carducci, Giacomo Léopardi, avait exprimé les aspirations nationales dans la première phase de cette lutte glorieuse. Giosuè Carducci les a traduites, presque au jour le jour peut-on dire, dans la deuxième phase, la plus heureuse : celle qui devait se terminer par l’entrée des Italiens dans Rome et l’installation de la monarchie au Quirinal. Les péripéties de cet âge héroïque, Carducci les a retracées d’un point de vue assez spécial, mais avec une telle ferveur patriotique qu’il finit par incarner, aux yeux des Italiens de ce temps, non point le sentiment d’un parti, mais l’idée nationale elle-même, si bien qu’en 1891, lorsque le barde mazzinien et garibaldien inclina son front naguère indocile devant la majesté de la reine Marguerite, on salua dans cette conversion le couronnement de son œuvre de poète et de citoyen. Le nom de Carducci avait pris dans les dernières années de sa vie un sens en quelque sorte symbolique. Il représentait les idées désormais inséparables de patrie et d’unité. Après lui avoir tenu longtemps rigueur, les catholiques d’outre-monts avaient généreusement rapporté la sentence naguère prononcée contre le poète révolutionnaire. Lors d’un jubilé professoral de Carducci, le marquis Filippo Crispolti, le plus connu des publicistes catholiques de la péninsule, tint même à honneur de joindre aux hommages spontanés de l’Italie libérale l’hommage réfléchi de l’Italie catholique. Et il loua en termes parfaits tout ce qui, dans l’œuvre de Carducci, pouvait être loué par un esprit religieux. Cette unanimité dans l’admiration et la reconnaissance se retrouva lorsqu’il s’agit de rendre à la dépouille mortelle du poète les honneurs suprêmes. Le 16 février 1907 plongea dans le deuil l’Italie entière. Jour néfaste pour la Nation ! Jour de larmes pour la Poésie ! La scène funèbre décrite dans l’ode barbare Aux sources du Clitumne dut se répéter sur toutes les rives italiques :
Les nymphes allèrent en pleurant se cacher dans les fleuves, rentrèrent dans le sein maternel, ou, poussant de longs cris, se dispersèrent ainsi que des nuages au-dessus des montagnes…
Et la voix mystérieuse qui jadis, tandis que se mouraient le monde romain, ses dieux et ses héros, s’écria au large de la Méditerranée : « Le grand Pan est mort ! » dut exhaler de nouveau sa plainte en ce triste jour où descendait dans la tombe le plus antique, le plus latin, le plus romain des poètes modernes.

MAURICE MURET
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GIOSUÈ CARDUCCI

INTERMEZZO CARDUCCI IX – Texte & Traduction – INTERMEDE 9

Traduction – Texte Bilingue
INTERMEZZO CARDUCCI

LITTERATURE ITALIENNE

letteratura italiana

CARDUCCI

intermezzo Giosuè Carducci intermede 9 Traduction Artgitato Poème

 

Giosuè Carducci


1835- 1907


Prix Nobel de Littérature 1906

Traduction Jacky Lavauzelle


INTERMEZZO
IX

INTERMEDE
9

Non contro te suoni maligno il verso,
Non, contre toi, je ne clame malignement mes vers,
 Terra a cui non risposi
Terre à qui ne répond
 Amor già mai, cui sol vidi traverso
Jamais mon amour, que seulement je vis à travers
 I sogni lacrimosi
Les songes pleins de larmes

*

De l’infanzia. O sedente al tirren lido,
De l’enfance. Assise sur la côte Tyrrhénienne,
 
 Poggiata il fianco a i monti,
Reposant aux flancs des montagnes,
A dio, Versilia mia, ligure lido
Adieu, ma Versilia, rivage ligure
 Di longobardi conti!
Des comtes Lombard !

*

Se da le donne tue maschia dolcezza
Si de tes femmes tu as une douceur virile
 Tenne il mio tósco accento,
Qui fleurit mon accent toscan,
 
 Io non voglio i tuoi marmi, o Serravezza,
Je ne veux pas de tes marbres, ô Serravezza
 Per il mio monumento
Pour mon monument

*

Pe ’l monumento che vo’ farmi vivo,
Pour le monument que je veux faire de mon vivant,
 
Lungi da la mia culla
Loin de mon berceau
 
 Cerco altri marmi mentre penso e scrivo,
Je cherche d’autres marbres tandis que je pense et j’écris,
Che non costano nulla.
Qui ne coûtent rien.

*

Altrui le glorie. O dïamante bianco
Aux autres les gloires. O le blanc diamant
 Entro gli azzurri egei,
Dans le bleu égéen,
 Paro gentil dal cui marpesio fianco
Délicate Paros de laquelle par le flanc de Marpèse
 Uscían d’Ellas gli dèi,
Descendaient les dieux de l’Hellade,

*

Tu, che tra Nasso ove Arïanna giacque
Toi, qui entre Naxos où Ariane gisait
 In seno al bello iddio,
Dans le sein du beau dieu,
 E Delo errante dove Febo nacque
Et l’errante Délos où Phébus naquit
 Nume de’ greci e mio,
Dieu des Grecs et le mien,

*

Archiloco vedesti a i giambi ardenti
Archiloque tu vis aux ïambes brûlants
 Sciôr fra i tuoi nembi il freno
Desserrer le frein entre les nuages
 E de’ tristi alcïoni in fra i lamenti
Et entre les gémissements des tristes alcyons
 Ir l’elegia d’Eveno,
Se dresser l’élégie d’Evénos,

*

A me d’Italia Archiloco omai lasso
A moi, Archiloque d’Italie désormais las
Ed Eveno migliore
Et Evénos meilleur
Dona, Paro gentil, tanto di sasso
Donne, délicate Paros, une grande partie de pierres
 Ch’io v’intombi il mio cuore.
Pour que j’y enterre mon cœur.

*

Questo cuore che amor mai non richiese
Ce cœur qui jamais n’exigea l’amour
 Se non forse a le idee
Sauf peut-être aux idées
 E che ferito tra le sue contese
Et qui blessé par ses combats
 
 Ora morir si dee,
Maintenant doit mourir,

*

Vo’ sotterrarlo, e mi fia dolce pena
Je veux l’enterrer, et je cela me fera une ​​douce douleur
Ne l’opra affaticarmi:
de me fatiguer dans cette œuvre :

 O Paro, o Grecia, antichità serena,
O Paros, o Grèce, antiquités sereines,
  Datemi i marmi e i carmi.
Donnez-moi des marbres et des poèmes.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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intermezzo Carducci IX intermede

Per il quinto anniversario della battaglia di Mentana Carducci -Texte Bilingue -Pour l’Anniversaire de la Bataille de Mentana

Traduction – Texte Bilingue

LITTERATURE ITALIENNE

letteratura italiana

CARDUCCI

Per il quinto anniversario della battaglia di Mentana Giosuè Carducci Traduction Artgitato Poème

 

Giosuè Carducci


1835- 1907


Prix Nobel de Littérature 1906

Traduction Jacky Lavauzelle

Giambi ed epodi
LIBRO II

——–



Per il quinto anniversario della battaglia di Mentana

Pour l’Anniversaire de la Bataille de Mentana

4 NOVEMBRE 1872

Ogni anno, allor che lugubre
Chaque année, alors que, lugubre,
L’ora de la sconfitta
Le temps de la défaite
Di Mentana su’ memori
De Mentana sur les mémorables
Colli volando va,
Collines plane,
I colli e i pian trasalgono
Les collines et les plaines tremblent
E fieramente dritta
Car fièrement dressés
 
Su i nomentani tumuli
Sur les tumulus éphémères
La morta schiera sta.
 Les morts attendent.

*

 Non son nefandi scheletri;
Non, ce ne sont pas de néfastes squelettes ;
Sono alte forme e belle,
Ce sont des formes grandes et belles,
Cui roseo dal crepuscolo
Lorsque le rose du crépuscule
Ondeggia intorno un vel:
Autour ondule comme un voile :
Per le ferite ridono
Par les plaies sourient
Pie le virginee stelle,
Pieusement les étoiles virginales,
Lievi a le chiome avvolgonsi
Délicats, s’enroulent autour de leurs cheveux
Le nuvole del ciel.
Les nuages du ciel.

*

— Or che le madri gemono
Ou que les mères gémissent
Sovra gl’insonni letti,
Sur des lits d’insomnie,
 Or che le spose sognano
Ou que les épouses rêvent
Il nostro spento amor,
De notre amour éteint,
Noi rileviam dal Tartaro
Nous relevons du Tartare
I bianchi infranti petti,
Nos poitrines blanches détruites,
Per salutarti, o Italia,
Pour te saluer, ô Italie,
Per rivederti ancor.
Pour encore te revoir.

*

 Qual ne l’incerto tramite
Comme, sur la route incertaine,
Gittava il cavaliero
Le chevalier jetait
 Il verde manto serico
Le vert manteau de soie
 De la sua donna al piè,
Aux pieds de sa dame,
Per te gittammo l’anima
Pour toi, nous jetons nos âmes
Ridenti al fato nero;
Riant au sort funeste ;
E tu pur vivi immemore
Et pourtant tu vis inconsciente
Di chi moría per te.
De ceux qui meurent pour toi.

*

 Ad altri, o dolce Italia,
A d’autres, ô douce Italie,
 
Doni i sorrisi tuoi;
Tu fais don de tes sourires ;
Ma i morti non obliano
Mais les morts eux n’oublient pas
Ciò che piú in vita amâr;
Ce qu’ils aimèrent le plus dans la vie ;
Ma Roma è nostra, i vindici
Mais Rome est nôtre, les vengeurs
  Del nome suo siam noi:
De son nom nous sommes :
Voliam su ’l Campidoglio,
Volons sur le Capitole,
Voliamo a trïonfar. —
Volons vers le triomphe.

*

 Va come fósca nuvola
Elle va comme un sombre nuage
La morta compagnia,
La compagnie des morts,
E al suo passare un fremito
Et à son passage un frisson
Gl’itali petti assal;
assaille le cœur des Italiens ;
Ne le auree veglie tacciono
Dans les demeures joyeuses s’estompent
La luce e l’armonia,
La lumière et l’harmonie,
E sordo il tuon rimormora
Et sourd, le tonnerre tonne
 Su l’alto Quirinal.
Sur le haut du Quirinal.

 Ma i cavalier d’industria,
Mais les chevaliers d’industrie,
   Che a la città di Gracco
Qui, dans la ville de Gracchus,
 Trasser le pance nitide
Pavanaient des panses généreuses
E l’inclita viltà,
Et leurs illustres lâchetés,
Dicon — Se il tempo brontola,
Disent : « Si le temps gronde,
Finiam d’empire il sacco;
Finissons de remplir les sacs ;
Poi venga anche il diluvio;
Puis que vienne même le déluge ;
 Sarà quel che sarà. —
Il adviendra ce qu’il adviendra ! »

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Per il quinto anniversario della battaglia di Mentana

FIESOLE Carduci Texte Bilingue Poème de Giosuè Carducci

Traduction – Texte Bilingue
FIESOLE CARDUCCI

LITTERATURE ITALIENNE

letteratura italiana

CARDUCCI

Fiesole Giosuè Carducci Traduction Artgitato Poème

 

Giosuè Carducci


1835- 1907


Prix Nobel de Littérature 1906

Traduction Jacky Lavauzelle

Rime Nuove
1906
LIBRO II

——–


XIII
FIESOLE

Su l’arce onde mirò Fiesole al basso,
Sur les hauteurs d’où regarda Fiesole vers la plaine,
 Dov’or s’infiora la città di Silla,
Coule dans la cité de Scylla fleurie,
Stagnar livido l’Arno, a lento passo
Le livide Arno, d’un pas lent
Richiama i francescani un suon di squilla.
Un son de cloche rappelle les Franciscains.

*

 Su le mura, dal rotto etrusco sasso
Sur les murs des ruines étrusques
 La lucertola figge la pupilla,
Le lézard fige sa pupille,
E un bosco di cipressi a i venti lasso
Et une forêt de cyprès balayée par le vent
Ulula, e il vespro solitario brilla.
Ulule, et le crépuscule solitaire brille.

*

 Ma dal clivo lunato a la pianura
Mais de la semi-lunaire colline à la plaine
Il campanil domina allegro, come
Le clocher domine gaiement, comme
La risorta nel mille itala gente.
Les personnes ressuscitées de l’an mille.

*

 O Mino, e nel tuo marmo è la natura
Ô Mino, et dans ton marbre est la nature
Che de’ fanciulli a le ricciute chiome
Qui aux enfants aux cheveux bouclés
Ride, vergine e madre eternamente.
Sourit, vierge et mère éternellement.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Fiesole Carducci

Fiesole Façade de la Badia Fiesolana

DISPERATA CARDUCCI Texte Bilingue – DESESPERANCE

Traduction – Texte Bilingue
DISPERATA CARDUCCI

LITTERATURE ITALIENNE

letteratura italiana

CARDUCCI

DISPERATA Carducci Giosuè Carducci Traduction Artgitato Poème désespérance


 

Giosuè Carducci


1835- 1907


Prix Nobel de Littérature 1906

Traduction Jacky Lavauzelle

Rime Nuove
1906
LIBRO III

——–


DISPERATA

 Désespérance

 

Su ’l caval de la Morte Amor cavalca
Sur le cheval de la Mort chevauche Amour
E traesi dietro catenato il cuore:
Qui charrie derrière lui son cœur captif :
 Ma il cuor s’annoia tra la serva calca
Mais le cœur parmi la foule soumise s’ennuie
Sdegnoso di seguire il vil signore:
Dédaigneux de suivre le vil seigneur :
     I lacci spezza e glie li gitta in faccia
Il brise ses liens et lui jette au visage
Sorgendo con disdegno e con minaccia:
Surgissant avec dédain et avec menace :
— Giú da la sella, Amor, poltrone iddio!
 « Descends de la selle, Amour, dieu poltron !
 Io sol ti feci, e tu se’ schiavo mio.
 Moi seul te fis, et tu es mon esclave.

 Signor ti feci nel pensier mio vano,
 Seigneur je te fis dans ma pensée vaine,
 Schiavo ti rendo nel pensier mio forte:
Esclave je te rends dans ma pensée forte :
Tutte le briglie io voglio a la mia mano:
Toutes les rênes je les veux dans ma main :
A me il nero cavallo de la Morte! —
 A moi, le cheval noir de la mort ! »
       E monta e sprona il cavaliere ardito
Il monte et éperonne le hardi chevalier
Salutando co ’l cenno l’infinito.
Saluant d’un signe l’infini.
  E sotto il trotto del cavallo nero
Et sous le trot du cheval noir
Rimbomba il mondo come un cimitero.
Le monde résonne comme un cimetière.

****************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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disperata Carducci libro III

COLLOQUI CON GLI ALBERI Carducci Texte Bilingue – Colloques avec les Arbres

Traduction – Texte Bilingue
COLLOQUI CON GLI ALBERI CARDUCCI
LITTERATURE ITALIENNE

letteratura italiana

CARDUCCI

COLLOQUI CON GLI ALBERI Carducci Colloques avec les Arbres Giosuè Carducci Traduction Artgitato Poème


Giosuè Carducci
1835- 1907


Prix Nobel de Littérature 1906

Traduction Jacky Lavauzelle

Rime Nuove
1906

——–

COLLOQUI CON GLI ALBERI

Colloques avec les Arbres

 


Vers 1872

Te che solinghe balze e mèsti piani
Toi qui des rochers esseulés et tristes plaines
Ombri, o quercia pensosa, io piú non amo,
Tu ombres, ô chêne pensif, je ne t’aime plus,
Poi che cedesti al capo de gl’insani
Depuis que tu cédas au chef des insensés,
 Eversor di cittadi il mite ramo.
Dévastateurs de cité, ton doux rameau.

*

 Né te, lauro infecondo, ammiro o bramo,
Je ne t’admire et ne te veux plus aussi toi laurier infécond
Che mènti e insulti, o che i tuoi verdi e strani
Qui mens et insulte, ou tes verts et étranges
Orgogli accampi in mezzo al verno gramo
Orgueils tu campes dans le milieu du malheur de l’hiver
O in fronte a calvi imperador romani.
Ou sur la tête des chauves empereurs romains.

*

Amo te, vite, che tra bruni sassi
J’aime toi, ô vigne, qui parmi les pierres brunes
Pampinea ridi, ed a me pia maturi
Ris de tes treilles, et pieuse mûris avec moi
Il sapïente de la vita oblio.
Le sage oubli de la vie.

*

 Ma piú onoro l’abete: ei fra quattr’assi,
Mais plus encore j’honore le sapin : et entre quatre planches,
Nitida bara, chiuda al fin li oscuri
Du cercueil, qui enferme à la fin les obscurités
Del mio pensier tumulti e il van desio.
De ma pensée tumultueuse et de mon vain désir.

******************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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colloqui con gli alberi Carducci 1872

Santa Maria degli Angeli CARDUCCI Texte Bilingue -1877- SAINTE-MARIE-DES-ANGES

Traduction – Texte Bilingue
SANTA MARIA DEGLI ANGELI CARDUCCI
LITTERATURE ITALIENNE

letteratura italiana

CARDUCCI

Santa Maria degli Angeli Carducci Sainte Marie des anges Giosuè Carducci Traduction Artgitato Poème


Giosuè Carducci
1835- 1907


Prix Nobel de Littérature 1906

Traduction Jacky Lavauzelle

——–
 

SANTA MARIA DEGLI ANGELI

Sainte-Marie-des-Anges


1877

Frate Francesco, quanto d’aere abbraccia
Frère Françoisque d’espace occupe
   Questa cupola bella del Vignola,
Cette belle coupole de Vignola,
Dove incrociando a l’agonia le braccia
croisant les bras en agonie
  Nudo giacesti su la terra sola!
Tu gisais nu sur la terre abandonnée !

*

E luglio ferve e il canto d’amor vola
Et juillet fiévreux et le chant d’amour vole
Nel pian laborioso. Oh che una traccia
Dans la laborieuse plaine. Oh quel signal
Diami il canto umbro de la tua parola,
Me donne le chant ombrien de ta parole,
L’umbro cielo mi dia de la tua faccia!
Me donne le ciel ombrien de ton visage !

*

Su l’orizzonte del montan paese,
Sur l’horizon des pays de montagne,
Nel mite solitario alto splendore,
En légère et haute splendeur solitaire,
Qual del tuo paradiso in su le porte,
Comme sur les portes de ton paradis,

*

Ti vegga io dritto con le braccia tese
Que je te voie dressé avec les bras tendus
Cantando a Dio – Laudato sia, Signore,
Chantant à Dieu : « Loué sois-tu, Seigneur,
Per nostra corporal sorella morte! –
Pour notre corporelle sœur la mort! « 

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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santa maria degli angeli Carducci 1877

Basilica di Santa Maria degli Angeli
ASSISI

BASILIQUE DE SAINTE-MARIE-des-ANGES
ASSISE

Basilica_santa_maria_degli_angeli

VIRGILIO Carducci Texte Bilingue Traduction du Poème de Carducci

Traduction – Texte Bilingue
VIRGILIO CARDUCCI
LITTERATURE ITALIENNE

letteratura italiana

CARDUCCI

virgilio carducci Giosuè Carducci 1870 Traduction Artgitato Poème


Giosuè Carducci
1835- 1907


Prix Nobel de Littérature 1906

Traduction Jacky Lavauzelle

——–
 Rime nuove, 1887

VIRGILIO


Vers 1870

Come, quando su’ campi arsi la pia
Comme, quand sur les champs brûlés, la pieuse
Luna imminente il gelo estivo infonde,
Lune imminente disperse la fraîcheur de l’été,
Mormora al bianco lume il rio tra via
Murmure à la blanche lumière le ruisseau dans son lit
   Riscintillando tra le brevi sponde;
Chatoyant entre les étroites rives ;

*

 E il secreto usignuolo entro le fronde
Et le rossignol secret dans le feuillage
  Empie il vasto seren di melodia,
Emplit l’immensité sereine de sa mélodie,
  Ascolta il viatore ed a le bionde
Il écoute le voyageur qui aux blondes
Chiome che amò ripensa, e il tempo oblia;
Boucles qu’il aima repense, et en oublie le temps;

*

 Ed orba madre, che doleasi in vano,
Et la mère en deuil, qui se désole en vain,
Da un avel gli occhi al ciel lucente gira
Ses yeux brillant vers le ciel se tournent
 E in quel diffuso albor l’animo queta;
Et dans cette diffuse lueur l’esprit se calme ;

*

 Ridono in tanto i monti e il mar lontano,
Scintillent pendant ce temps les montagnes et la mer au loin,
Tra i grandi arbor la fresca aura sospira:
Parmi les grands arbres, ma fraîche brise soupire :
  Tale il tuo verso a me, divin poeta.
Tel est pour moi ton vers, divin poète.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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virgilio carducci 1870

IL BOVE Carducci (1872) Texte Bilingue – Le Bœuf

Traduction – Texte Bilingue
IL BOVE CARDUCCI
LITTERATURE ITALIENNE

letteratura italiana

CARDUCCI

il bove carducci le boeuf Giosuè Carducci 1872 Traduction Artgitato Poème


Giosuè Carducci
1835- 1907


Prix Nobel de Littérature 1906

Traduction Jacky Lavauzelle

——–
 Rime nuove, 1887

IL BOVE

LE BOEUF


23 novembre 1872

T’amo, o pio bove; e mite un sentimento 
Je t’aime, ô bœuf sacré ; et un sentiment doux
Di vigore e di pace al cor m’infondi,
De force et de paix au cœur m’imprègne,
 O che solenne come un monumento
Soit que solennel comme un monument
Tu guardi i campi liberi e fecondi,
Tu regardes les champs libres et féconds,

*

O che al giogo inchinandoti contento
Soit que sous le joug tu t’inclines heureux
L’agil opra de l’uom grave secondi:
L’agile œuvre de l’homme gravement tu secondes :
Ei t’esorta e ti punge, e tu co ’l lento 
Lui qui t’exhorte et te pique, et toi d’un lent
Giro de’ pazïenti occhi rispondi.
regard circulaire tes yeux lui répondent.

*

Da la larga narice umida e nera
De tes narines larges humides et noires
Fuma il tuo spirto, e come un inno lieto
Fume ton esprit, et comme un hymne heureux
  Il mugghio nel sereno aer si perde ;
Le mugissement dans l’air serein se perd ;

*

E del grave occhio glauco entro l’austera
Et du grave  œil glauque au sein de l’austère
 Dolcezza si rispecchia ampïo e quïeto
Douceur se reflète large et calme
Il divino del pian silenzio verde.
Le vert silence divin de la plaine.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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il bove Carducci 1872

Pianto Antico CARDUCCI Texte & Traduction – Plainte Antique (1871)

Traduction – Texte Bilingue
Pianto antico CARDUCCI
LITTERATURE ITALIENNE

letteratura italiana

CARDUCCI

Pianto antico carducci poème de Giosuè Carducci Plainte AntiqueTraduction Artgitato Poème


Giosuè Carducci
1835- 1907


Prix Nobel de Littérature 1906

Traduction Jacky Lavauzelle

——–
 Rime nuove, 1887

Pianto Antico

Plainte Antique


1871

L’albero a cui tendevi
L’arbre à qui tu tendais
 la pargoletta mano,
ta petite main,
il verde melograno
le vert grenadier
da’ bei vermigli fior,
aux belles fleurs vermeilles,

nel muto orto solingo
dans le jardin solitaire silencieux
 rinverdì tutto or ora,
reverdit tout juste maintenant,
 e giugno lo ristora
et juin le ravive
di luce e di calor.
de  lumière et de chaleur.

Tu fior de la mia pianta
Toi fleur de ma plante
percossa e inaridita,
battue et flétrie,
 tu de l’inutil vita
Toi de l’inutile vie
estremo unico fior, 
unique fleur dernière,

sei ne la terra fredda,
tu es dans la terre froide,
sei ne la terra negra
tu es dans la terre noire
né il sol più ti rallegra
le soleil ne t’enchante plus
né ti risveglia amor.
l’amour ne te réveille plus.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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pianto antico carducci