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Der Traumgott HEINE INTERMEZZO LYRIQUE LXI UN RÊVE DIVIN

INTERMEZZO LYRIQUE
Heinrich Heine

Der Traumgott

INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
LITTERATURE ALLEMANDE
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Christian Johann Heinrich Heine
Der Traumgott
UN RÊVE DIVIN




Deutsch Poesie
 Deutsch Literatur

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HEINRICH HEINE
1797- 1856

German poet
Poète Allemand
Deutsch Dichter

Heinrich Heine Oeuvre Poèmes Poésie Gedichte Artgitato

Übersetzung – Traduction
Jacky Lavauzelle




INTERMEZZO LYRIQUE HEINE
LXI

Der Traumgott

 

Lyrisches Intermezzo
LXI
Un Rêve divin

1823

INTERMEZZO LYRIQUE
Der Traumgott
Poésie HEINRICH HEINE

*

intermezzo-lyrique-heine-artgitato-marie-kroyer_1889_-_interior_med_marie_kroyerPeder Severin Krøyer
1889
Intérieur avec Marie Kroyer
Interiør med Marie Krøyer

*

Der Traumgott bracht’ mich in ein Riesenschloß,
Un divin rêve m’a transporté dans un immense château,
Wo schwüler Zauberduft und Lichterschimmer,
Où régnaient d’étouffants parfums et des lumières magiques,
Und bunte Menschenwoge sich ergoß
Où erraient des tragiques vagues humaines
Durch labyrinthisch vielverschlungne Zimmer.
A travers de vastes salles labyrinthiques.
Die Ausgangspforte sucht der bleiche Troß,
Cette masse humaine cherchait désespérément
Mit Händeringen und mit Angstgewimmer.
Avec les membres tordus et avec une angoisse absolue.
  Jungfrau’n und Ritter ragen aus der Menge,
Dames et cavaliers se détachaient de la foule,
Ich selbst bin fortgezogen im Gedränge.
Moi aussi, je me trouvais happé dans la foule.

*

Doch plötzlich steh’ ich ganz allein, und seh’,
Mais tout à coup, je me retrouvai tout seul,
Und staun’, wie schnell die Menge konnt’ verschwinden,
Etonné de voir que tous, subitement, avaient disparu,
Und wandre fort allein, und eil’, und geh’
Et continuai seul à errer, de plus en plus frénétiquement
Durch die Gemächer, die sich seltsam winden.
A travers les appartements qui s’entremêlaient étrangement.
Mein Fuß wird Bley, im Herzen Angst und Weh,
Mon pied était si lourd, dans mon cœur de la peur et de la douleur,
Verzweifl’ ich fast den Ausgang je zu finden.
Désespéré de ne jamais trouver d’issue.
  Da komm’ ich endlich an das letzte Thor;
Enfin, je trouvai la dernière porte ;
Ich will hinaus – O Gott, wer steht Davor!
J’allais sortir, mais…Ô Dieu, qui était donc devant ?

*

Es war die Liebste, die am Thore stand,
C’était mon aimée, qui se tenait à la porte,
Schmerz um die Lippen, Sorge auf der Stirne.
La douleur sur les lèvres, l’inquiétude sur son front.
Ich soll zurückgehn, winkt sie mit der Hand;
Je devais repartir, me dit-elle d’un signe de la main ;
Ich weiß nicht ob sie warne oder zürne.
Ne sachant si c’était pour me mettre en garde ou de la colère.
Doch aus den Augen bricht ein süßer Brand,
Mais dans son regard, je vis un feu doux,
 Der mir durchzuckt das Herz und das Gehirne.
Qui m’ébranla et le cœur et l’esprit.
Wie sie mich ansah, streng und wunderlich,
Elle me regardait d’un regard sévère et capricieux,
Und doch so liebevoll, erwachte ich.
Et pourtant, de manière si tendre, je me suis alors réveillé.

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LXI

Der Traumgott 

Heinrich Heine
INTERMEZZO LYRIQUE

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LA POESIE DE HEINRICH HEINE

A ce point de vue, Heine est traité en privilégié. Les Allemands peuvent bien maudire le pamphlétaire, ils savent par cœur les vers du poète. Éditeurs, biographes, critiques d’outre-Rhin lui ont consacré d’importans travaux. Chez nous, seul entre les poètes allemands, il bénéficie de ce privilège d’avoir un public. Je ne nie pas que nous n’ayons pour quelques autres, et pour Goethe par exemple, un juste respect. Nous admirons Gœthe, nous ne l’aimons pas. Au contraire, l’auteur de l’Intermezzo est pour quelques Français de France un de ces écrivains qui sont tout près du cœur. Cela tient à plusieurs raisons parmi lesquelles il en est d’extérieures. Heine a vécu pendant de longues années parmi nous ; il parlait notre langue, quoique avec un fort accent ; il l’écrivait, quoique d’une façon très incorrecte ; il nous a loués, quoique avec bien de l’impertinence ; il a été mêlé à notre société ; il a été en rapports avec nos écrivains, nos artistes et même nos hommes politiques. Nous nous sommes habitués à le considérer comme un des nôtres, et sa plaisanterie, fortement tudesque, passe encore pour avoir été une des formes authentiques de l’esprit parisien. Notre sympathie pour Heine se fonde d’ailleurs sur des motifs plus valables. Il a quelques-unes des qualités qui nous sont chères : son style est clair ; ses compositions sont courtes. Nous aimons ces lieds dont quelques-uns durent le temps d’un soupir, l’espace d’un sanglot. Leur pur éclat nous semble celui de la goutte de rosée que le soleil taille en diamant, ou d’une larme qui brille dans un sourire. C’est par eux que le meilleur de la sentimentalité allemande est parvenu jusqu’à nous. Ou, pour parler plus exactement, la poésie de Heine représente une nuance particulière de sensibilité, qu’il a créée et que nous avons accueillie. Aussi doit-elle avoir sa place dans une histoire de la poésie lyrique en France. De même qu’il y a une « critique allemande » de l’œuvre de Heine, il convient qu’il y en ait parallèlement une « critique française ».

René Doumic
Revue littéraire
La poésie de Henri Heine d’après un livre récent
Revue des Deux Mondes
4e période
tome 140
1897
pp. 457-468

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