Archives par mot-clé : papillon

KHUTA IREMADZE – ხუტა ირემაძე – LES COULEURS DE LA VOLUPTE

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ხუტა ირემაძე
KHUTA IREMADZE
TBILISSI –  ნარიყალა

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KHUTA IREMADZE - ხუტა ირემაძე - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

KHUTA IREMADZE - ხუტა ირემაძე -- PEINTRE GEORGIEN -TBILISSI - ნარიყალა

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ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი
[kartveli mkhat’vari]

ხუტა ირემაძე
KHUTA IREMADZE
1952-2003

LES COULEURS DE LA VOLUPTE


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En regardant les toiles de Khuta nous pensons à ce poème de Lacaussade paru dans Les Salaziennes : Le Papillon. Et si nous ne ressentons pas les parfums de la volupté, nous voyons les couleurs de cette volupté.

Jeune et beau papillon, dont les ailes dorées
Réfléchissent du ciel les couleurs azurées,
Qui passes dans les airs comme un souffle animé,
Qui disputes les fleurs aux baisers du zéphyre
Et quand du jour mourant le crépuscule expire,
Dors sur leur calice embaumé ;

Si tu vois mes amours, comme à la fleur éclose,
N’offre pas ton hommage à ses lèvres de rose ;
Cette erreur est permise à ton œil enchanté ;
Mais je serais jaloux de ton bonheur suprême :
Je veux seul respirer sur la bouche que j’aime
Les parfums de la volupté.

Auguste Lacaussade
Les Salaziennes
Le Papillon

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Femme Orientale – 2000 – Khuta Iremadze

აღმოსავლეთია ქალი
Aghmosavletia Kali
FEMME ORIENTALE
ORIENTAL WOMEN
2000

 ტილო ზეთი
T’ilo zeti
Huile sur toile
Oil on Canvas
ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts
7 Shota Rustaveli Ave, Tbilissi
7 შოთა რუსთაველის გამზირი, თბილისი
Femme Orientale – 2000 – Khuta Iremadze – détail

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Nature morte – Khuta Iremadze – 1995

ნატურმორტი
Naturmorti
NATURE MORTE
Still life
1995

 ტილო ზეთი
T’ilo zeti
Huile sur toile
Oil on Canvas
ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts
7 Shota Rustaveli Ave, Tbilissi
7 შოთა რუსთაველის გამზირი, თბილისი
Nature morte – Khuta Iremadze – 1995 – Détail

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Nature Morte – Khuta Iremadze – 1984

ნატურმორტი
Naturmorti
NATURE MORTE
Still life
1984

 ტილო ზეთი
T’ilo zeti
Huile sur toile
Oil on Canvas
ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts
7 Shota Rustaveli Ave, Tbilissi
7 შოთა რუსთაველის გამზირი, თბილისი
Nature Morte – 1984 – Khuta Iremadze – Détail

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Printemps – Khuta Iremadze – 2000

გაზაფხულზე
Gazapkhulze
PRINTEMPS
Spring
2000

 ტილო ზეთი
T’ilo zeti
Huile sur toile
Oil on Canvas
ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts
7 Shota Rustaveli Ave, Tbilissi
7 შოთა რუსთაველის გამზირი, თბილისი
Printemps – Khuta Iremadze – 2000 – Détail

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მსახიობი ქალი
Msathiodi Kali
ACTRICE
ACTRESS
1996

 ტილო ზეთი
T’ilo zeti
Huile sur toile
Oil on Canvas
ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts
7 Shota Rustaveli Ave, Tbilissi
7 შოთა რუსთაველის გამზირი, თბილისი

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Papillon -1996 Khuta Iremadze

 პეპელა
Pepela
PAPILLON
BUTTERFLY
1996

 ტილო ზეთი
T’ilo zeti
Huile sur toile
Oil on Canvas
ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts
7 Shota Rustaveli Ave, Tbilissi
7 შოთა რუსთაველის გამზირი, თბილისი

 

Papillon -1996 –  Khuta Iremadze – Détail

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Repos – 1996 -Khuta Iremadze

დასვენება
Dasveneba
REPOS
REST
1996

 ტილო ზეთი
T’ilo zeti
Huile sur toile
Oil on Canvas
ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts
7 Shota Rustaveli Ave, Tbilissi
7 შოთა რუსთაველის გამზირი, თბილისი
Repos – Khuta Iremadze – 1995 – Détail

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Leila – Khuta Iremadze – 2000

 ლეილა
LEILA
2000

 ტილო ზეთი
T’ilo zeti
Huile sur toile
Oil on Canvas
ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts
7 Shota Rustaveli Ave, Tbilissi
7 შოთა რუსთაველის გამზირი, თბილისი
Leila – 2000 – Khuta Iremadze – Détail

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Modèle – Khuta Iremadze – 2001

 მოდელი
Modeli
MODELE
MODEL
2001

 ტილო ზეთი
T’ilo zeti
Huile sur toile
Oil on Canvas
ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts
7 Shota Rustaveli Ave, Tbilissi
7 შოთა რუსთაველის გამზირი, თბილისი
Modèle – Khuta Iremadze – Détail

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ხუტა ირემაძე
KHUTA IREMADZE
TBILISSI –  ნარიყალა*

KHUTA IREMADZE - ხუტა ირემაძე - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

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TWO YEARS LATER Yeats Texte & Traduction DEUX ANS PLUS TARD

William Butler Yeats
English literature
English poetry
Littérature Anglaise – Poésie Anglaise
 

YEATS
1865-1939
Responsibilities [1914]
II
TWO YEARS LATER
Deux ans plus tard

Two Years Later Yeats Traduction Artgitato & Texte anglais Deux Ans plus tard

 

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Has no one said those daring
Est-ce que personne ne t’a dit que ces audacieux
Kind eyes should be more learn’d?
Bons yeux devraient être plus avisés ?
Or warned you how despairing
Ou t’avertir comme désespèrent
The moths are when they are burned?
Les papillons quand ils se brûlent ?
I could have warned you; but you are young,
J’aurais pu t’avertir,  mais tu es jeune,
So we speak a different tongue.
Nous parlons donc une langue différente.
O you will take whatever’s offered
O tu vas prendre tout ce qui t’est offert
And dream that all the world’s a friend,
Et rêveras que tout le monde n’est qu’amitié,
Suffer as your mother suffered,
Tu souffriras ce que ta mère a souffert,
Be as broken in the end.
Et, finalement, tu seras brisée.
But I am old and you are young,
Mais je suis vieux et tu es jeune,
And I speak a barbarous tongue. 
Et je parle un langage barbare.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Mariposa no solo no cobarde de Luis de Gongora Texte et Traduction Le papillon non seulement n’est pas un lâche

 

Luis de Góngora y Argote
Literatura
española – Littérature Espagnole
Siècle d’or espagnol -Siglo de Oro 

 

Luis de Góngora y Argote
1561-1627

Sonetos – Sonnets

Mariposa no solo no cobarde
1623

Mariposa no solo no cobarde Luis de Góngora y Argote Artgitato Soneto Sonnet

 

Mariposa, no solo no cobarde

Le papillon non seulement
n’est pas un lâche

 

Mariposa, no solo no cobarde,
Le papillon non seulement n’est pas un lâche,
 mas temeraria, fatalmente ciega,
mais il est téméraire, fatalement aveugle,
 lo que la llama al Fénix aun le niega
ce que la flamme au Phénix n’a pas voulu
quiere obstinada que a sus alas guarde,
il veut obstinément qu’elle le garde à ses ailes,

**

pues en su daño arrepentida tarde,
Trop tard il s’est repenti, malheureux
del esplendor solicitada, llega
d’avoir sollicité la splendeur, il va
a lo que luce, y ambiciosa entrega 
vers la lumière, et, ambitieux, il livre
su mal vestida pluma a lo que arde; 
sa plume mal habillée à ce qui brûle ;

**

yace gloriosa en la que dulcemente 
dans lequel glorieux  il se retrouve doucement
huesa le ha prevenido abeja breve, 
prévenu par une abeille
,
¡suma felicidad a yerro sumo!
grande félicité pour une grande erreur !

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 No a mi ambición contrario tan luciente,
Comment mon ambition, qui brille autrement,
menos activo, sí, cuanto más leve,
moins active, oui, et plus légère,
  cenizas la hará, si abrasa el humo.

en cendres ne serait-elle pas consumée, si le feu brûle notre papillon.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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STILL WALKING – A L’ORIGINE DE LA SOUFFRANCE (Hirokazu Kore-Eda)

Hirokazu Kore-Eda
是枝 裕和
STILL WALKING
歩いても 歩いても
A L’ORIGINE
DE LA SOUFFRANCE

Nous vivons dans le trajet du fils (Hiroshi Abe), sa compagne (Kazuva Takahashi) et son fils d’un premier mariage (Shohei Tanaka), un retour aux origines.

A l’origine fœtale de sa naissance. Là où tout a commencé, dans son quartier, dans sa ville, Yokohama,  dans la maison de son enfance. A  l’origine du deuil surtout  qui a frappé les membres de cette famille : la mort du fils aîné, Junpei.

Ce fils qui revient prend sur lui pour affronter, une fois encore, les démons qui l’assaillent : la mort, son père, son échec professionnel. Le fils rentre dans la maison, crevasse matricielle, avec méfiance et réticence, moins effrayé par le souvenir de l’accident que par l’adoration du père pour ce frère disparu. Ceux qui « marchent encore » (still walking) sont-ils ceux qui habitent la maison de Yokohama ? La barre installée dans la baignoire souligne le temps qui passe et fait basculer vers ces âmes qui s’envolent le soir d’un unique battement d’ailes de papillon.

Still walking semble revêtir le kimono d’un haïku en trois mots : nature, corps et mort. Eux trois sont constamment présents et rythment le retour. A dépouiller les personnages, nous ne voyons souvent que des mains, des pieds et des dos. Les mains tentent de toucher les fleurs, râpent les légumes. Les dos nous montrent tout ce que l’individu a porté depuis tant d’années. Ils nous montrent tout ce que le visage ne veut ou ne peut exprimer. Ils cachent les traits et les rides, les émotions qui pourraient se libérer. Le corps dans ce puzzle parle. Même ainsi. Il dit le refus et la lâcheté en remplaçant des mots remplis de regrets, trop lourds à porter.

Ensuite, la caméra laisse passer les corps, dans les pièces ou sur la route menant au cimetière, et reste à filmer la nature.

« Seule, dans la chambre
Où il n’y a plus personne,
Une pivoine »
(haïku de Buson)

 L’image est dépouillée et tranquille comme la surface d’une eau plane. Comme ce bus qui transporte la famille au pèlerinage annuel. Vers la maison paternelle. Aller voir ce  père hirsute, « si peu aimable », qui s’enferme dans sa pièce de travail, tourne le dos à sa famille comme à ses invités, ou encore qui s’énerve sur ces enfants qui touchent à ses fleurs. La surface n’est  pas si douce. Rien n’est dit ou ne se dit vraiment. On regarde les photos et l’on parle de recettes qui ne feront jamais… Le fils (Hiroshi Abe) ne parle pas de la perte de son emploi. Le sujet est l’autre. L’autre fils. Celui qui devait remplacer le père et devenir médecin, prendre le cabinet…celui qui est mort en sauvant un enfant de la noyade. « Les grands arbres avalent beaucoup de vent » (proverbes japonais). Et ce fils prend beaucoup de place pour ces vivants qui étouffent.

Il rappelle qu’il n’est que le cadet. Il ne sera jamais l’aîné. Le père n’est plus docteur, mais il veut rester « Monsieur le Docteur » et souhaite ne pas être vu avec un sac de supérette, dégradant pour sa condition. Le fils ne dit rien, surtout ne parle pas de lui : « je n’ai rien à leur dire. Mon père croit que je suis toujours fan de base-ball »

Le temps s’est figé à l’heure du deuil. C’est une éternelle journée sans fin…

L’eau qui coule sur la pierre tombale rafraîchit le mort, le papillon qui franchit la porte symbolise l’âme du défunt fils, le tourne-disque plonge la famille dans la nostalgie, « on a tous une musique qu’on écoute en cachette. » Mais le fond reste âcre. Il faudrait blanchir la famille, comme l’on blanchit les radis : « ça leur enlève leur âcreté ! »

La maison et le cimetière. Et tout au long, un chemin. Difficile et pentu. Lourd déjà pour le jeune couple qui monte, harassé par la fournaise d’un soleil brûlant, ou pour ce vieux couple qui remonte lentement, marche après marche. Ce chemin est le pont qui relie les vivants des morts et permet aux uns de visiter les autres. « Il est entré dans la pièce. Tu nous as suivis depuis le cimetière, hein ? N’ouvre pas ! C’est peut-être Junpei. »

Tout est répétition palingénésique. Comme un rite. La visite annuelle, l’enfant sauvé que l’on fait souffrir tous les ans, et que l’on s’amuse à constater un peu plus gros chaque fois, la visite du cimetière.

Le fils aîné est là. C’est lui qui est le plus présent dans le film, qui pèse dans le film. Chaque image est pleine de son absence. Fragile comme un papillon et lourd comme un passé qui ne passe pas.

« La vie humaine est une rosée passagère » (proverbe japonais)

Jacky Lavauzelle