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Adolf Kosárek – Zimni Noc – La nuit d’hiver de 1857

Adolf Kosárek
(1830-1859)

Adolf Kosárek Zimni noc Nuit d'hiver Winter night 1857 Artgitato 2

Zimni noc – Nuit d’hiver – Winter night
1857
(Palais Schwarzenberg – Schwarzenberský palác)

LE CIEL A PORTEE DE MAIN

Ozenfant et Jeanneret en reprochant le côté décoratif du cubisme soulignait « assez de jeux. Nous aspirons à une rigueur grave« . Cette rigueur, Adolf Kosárek  la trouve dans son Zimni noc, nuit d’hiver, de 1857, qu’il peint à 27 ans, deux ans avant sa mort.

Plus que du grave, il touche le dessus de la montagne. En mêlant ciel et terre, il rend irréel le réel. Où se tend le paysage qui dans le lointain se perd. Par le trouble et le doute, Adolf Kosárek nous montre que l’apparition se fait dans la disparition. Celle de la terre, de la neige, de la nuit, de nos doutes et de nos peurs.

 Adolf Kosárek  révolutionne dans une facture illusionniste, dans une nouvelle et étrange figuration. Révolutionner, c’est d’abord douter et ensuite troubler. Questionner l’ordre établi. Le ciel est à portée de pas, de main. Ainsi se conduit le rythme d’une discussion théologique, voire métaphysique.

Par petites touches indépendantes, là la chaumière, là l’arbre dans la tempête, là-bas les hommes retrouvant l’âtre et la chaleur. Ces apparitions se font alors dans la rapidité de l’éternité. Ainsi  Adolf Kosárek spatialise le temps qui passe. Les lumières et les ombres remplacent les aiguilles. Le jour et la nuit voudraient cohabiter. Le soir est là. Peut-être le matin.

C’est dans cette partition spatiale et symphonique, dans cet ensemble polyvalent, modulable que le chaud pénètre le spectateur, le chaud des lueurs et des feux. Le chaud du chaos du noir qui ne tardera pas à venir et à emporter et le ciel et la neige et nos yeux.

Dans cette direction,  Adolf Kosárek se met au service d’une doctrine, le romantisme, pour mieux l’étouffer et l’évacuer. C’est la cohérence interne qui domine et lisse l’œuvre afin de nous faire oublier la religiosité de la toile.

L’homme résiste par touches grises et noires. L’homme résiste encore à ce temps qui désormais est compté. L’homme est là, mais va bientôt disparaître. Il ne reste que les dos et les ombres. Pas plus qu’un sapin.

La nature est alors là pas aussi sereine que ça. Les lumières ne tarderont pas à s’éteindre les unes après les autres. Les rêves pourront alors cheminer du dedans des couches, au dessus des toits, par delà les chemins tracés de longues dates et par d’interminables balades.

Du calme de la neige, nous naviguons dans le tourbillon des nuages au-dessus d’une lune solaire. Du calme du cœur, nous glissons dans cette végétation étonnement inquiète et torturée. Mais notre regard reste au centre, constamment.

Sinon Adolf Kosárek nous glisse illico dans la chaumière de dieu, un peu plus haut que les yeux, mais toujours dans la toile.

Jacky Lavauzelle

Adolf Kosárek Zimni noc Nuit d'hiver Winter night 1857 Artgitato1

« Kosarek peint son célèbre nuit d’hiver après son retour de son voyage en Baltique; ce tableau était présenté à l’exposition annuelle en 1857.
La grande toile évoque l’ambiance d’hiver poétique du réveillon de Noël dans le paysage de fantaisie romantique, et a été autant inspiré par son voyage à Rügen que par des motifs tirés de ses hautes terres de Bohême-Moravie. »

Adolf Kosárek Zimni noc Nuit d'hiver Winter night 1857 Artgitato 7

Adolf Kosárek Zimni noc Nuit d'hiver Winter night 1857 Artgitato 8

Adolf Kosárek Zimni noc Nuit d'hiver Winter night 1857 Artgitato 3

Adolf Kosárek Zimni noc Nuit d'hiver Winter night 1857 Artgitato 4

Adolf Kosárek Zimni noc Nuit d'hiver Winter night 1857 Artgitato 5

Adolf Kosárek Zimni noc Nuit d'hiver Winter night 1857 Artgitato 6

 Photos Artgitato