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SZÓZAT Poème de Mihály Vörösmarty – UNE VOIX (1836) – Poema – Uma voz

Mihály VörösmartyMihály Vörösmarty

 


TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

 

Mihály Vörösmarty

   1ᵉʳ décembre 1800 Kápolnásnyék
19 novembre 1855 Pest

Poète et écrivain hongrois

 




——–


Hongrie- Magyarországon
Szöveggyûjtemény
A magyar irodalom








Traduction – Texte Bilingue
Fordítás –  Kétnyelvű szöveget

Traduction française et portugaise Jacky Lavauzelle
Tradução para o português


LITTERATURE HONGROISE
POESIE HONGROISE

A Magyar Irodalom
Magyar Költészet

Flag_of_Hungary_(1920–1946)_svg

 

Magyar Költő
Poète Hongrois








Mihály Vörösmarty

SZÓZAT
Une Voix
Uma voz
1836

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Mihály Vörösmarty
Viktor Madarász – Hunyadi László a ravatalon (1859), Le deuil de Ladislas Hunyadi avec sa mère Erzsébet Szilágyi

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Hazádnak rendületlenűl
A ta patrie inébranlable
Para sua pátria inabalável
Légy híve, oh magyar;
Sois croyant, ô Magyar ;
Seja um crente, ó magiar;
Bölcsőd az s majdan sírod is,
C’est ton berceau et ton caveau,
Este é o seu berço e o seu cofre
Mely ápol s eltakar.
Qui te soigne et t’inhume.
Quem te cura e te enterra.

*

A nagy világon e kivűl
Dans le grand monde, au-delà,
No grande mundo, além,
Nincsen számodra hely;
Il n’y a pas de place pour toi.
Não há lugar para voce.
Áldjon vagy verjen sors keze;
Béni ou maudit
Abençoado ou amaldiçoado
Itt élned, halnod kell.
Tu dois vivre ici, tu dois mourir.
Você tem que viver aqui, você tem que morrer.

*

Ez a föld, melyen annyiszor
C’est la terre où tant de fois
É a terra onde tantas vezes
Apáid vére folyt;
Le sang de tes pères a coulé ;
O sangue de seus pais fluiu;
Ez, melyhez minden szent nevet
Cette terre que tous les saints noms
Esta terra todos os nomes sagrados
 Egy ezredév csatolt.
Ont assemblé depuis un millénaire.
Reunidos por mil anos.

*

Itt küzdtenek honért a hős
Ici, le héros se bat pour l’honneur
Aqui, o herói está lutando pela honra
 Árpádnak hadai;
Dans les troupes d’Arpad ;
Nas tropas de Arpad;
 Itt törtek össze rabigát
Ils sont déchaînés ici
Eles estão furiosos aqui
Hunyadnak karjai.
Les bras de l’immense Hunyad.
Os braços do enorme Hunyad.

*

Szabadság! itten hordozák
Liberté ! Ici, contemple le théâtre
Liberdade! Aqui, contemple o teatro
   Véres zászlóidat,
Où se sont ensanglantées tes bannières,
Onde seus banners estão sangrando,
S elhulltanak legjobbjaink
Et où les meilleurs sont morts
E onde os melhores estão mortos
 A hosszu harc alatt.
Pendant ce long combat.
Durante esta longa luta.

*

És annyi balszerencse közt,
Et après tant de malchance,
E depois de tanto fracasso,
 Oly sok viszály után,
Après tant de controverses,
Depois de muita controvérsia,
 Megfogyva bár, de törve nem,
Épuisée cependant, mais pas vaincue,
Exausto no entanto, mas não derrotado,
Él nemzet e hazán.
La nation irrigue la patrie.
A nação vive na terra natal.

*

S népek hazája, nagy világ!
Ô patrie des peuples, ô vaste monde !
Ó pátria dos povos, ó vasto mundo!
 Hozzád bátran kiált:
Elle t’implore :
Ela te implora:
   « Egy ezredévi szenvedés
« Mille ans de souffrance
« Mil anos de sofrimento

 Kér éltet vagy halált! »
Donne droit à vivre pleinement ou à mourir !  »
Dê o direito de viver plenamente ou morrer! « 

*

Az nem lehet hogy annyi szív
Se peut-il qu’autant de cœurs
Pode ser que tantos corações
Hiában onta vért,
Aient souffert en vain,
Sofreu em vão,
 S keservben annyi hű kebel
Se peut-il qu’autant d’âmes
Pode ser que tantas almas
  Szakadt meg a honért.
Se soient consumées en vain pour la patrie.
Foram consumidos em vão pelo país.

*

Az nem lehet, hogy ész, erő,
Il n’est pas possible que tant d’esprit et tant de force,
Não é possível que tanto espírito e tanta força,
 És oly szent akarat
Et animé d’une si sainte volonté
E animado por tal vontade sagrada
 Hiába sorvadozzanak
En vain, s’enlisent
Em vão, atolar-se
Egy átoksúly alatt.
Sous le poids de la malédiction.
Sob o peso da maldição.

*

Még jőni kell, még jőni fog
Il doit encore venir, il reviendra
Ele ainda tem que vir, ele vai voltar
Egy jobb kor, mely után
Ce meilleur avenir
Este futuro melhor
 Buzgó imádság epedez
Que prient ardemment
O que deixe centenas de lábios 
  Százezrek ajakán.
Des centaines de lèvres.
Rezarem ardentemente.

*

Vagy jőni fog, ha jőni kell,
Ou qu’elle vienne, si elle doit venir,
Ou se ela vier, se tiver que vir
 A nagyszerű halál,
La grande mort,
A grande morte
Hol a temetkezés fölött
A l’enterrement
No funeral
 Egy ország vérben áll.
D’un pays en sang.
De um país em sangue.

*

S a sírt, hol nemzet sűlyed el,
Et ils pleureront le mort d’une nation,
E eles vão lamentar a morte de uma nação,
 Népek veszik körűl,
Les peuples réunis,
Os povos unidos,
 S az ember millióinak
Et de millions de personnes
E em milhões de pessoas
  Szemében gyászköny űl.
Scintilleront des yeux endeuillés.
Cintila os olhos enlutados.

*

Légy híve rendületlenűl
Sois inflexible
Seja inflexível
Hazádnak, oh magyar:
Pour ton pays, ô Magyar :
Para o seu país, ó Magiar:
 Ez éltetőd, s ha elbukál,
C’est ta vie, et si tu échoues,
É a sua vida e se você falhar
 Hantjával ez takar.
T’ensevelira sa poussière.
Sua poeira te enterrará.

*

A nagy világon e kivűl
Dans le grand monde, au-delà,
No grande mundo, além,
Nincsen számodra hely;
Il n’y a pas de place pour toi.
Não há lugar para voce.
Áldjon vagy verjen sors keze;
Béni ou maudit
Abençoado ou amaldiçoado
Itt élned, halnod kell.
Tu dois vivre ici, tu dois mourir.
Você tem que viver aqui, você tem que morrer.

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Mihály VörösmartyMihály Vörösmarty

 


TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

TRADUCTION HONGROIS JACKY LAVAUZELLE Magyar szövegek fordítása

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Traduction Hongrois Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
Magyar szövegek fordítása
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Traductions Artgitato Français Portugais Latin Tchèque Allemand Espagnol

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TRADUCTION HONGROIS

Magyar szövegek fordítása

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Traductions Artgitato Français Portugais Latin Tchèque Allemand Espagnol

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Endre Ady
Ady Endre

La Poésie d’Endre Ady – A versek Ady Endre
Ady Endre Poésie Poèmes d'Ady Endre Versek Artgitato**

János Arany

LETÉSZEM A LANTOT
J’ai déposé mon luth
Poème hongrois de 1850

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Reviczky Gyula

LA MORT DE PAN
Pán halála

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Dsida Jenő

Le Poème des Ténèbres – A sötétség verse

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Attila Jozsef
József Attila

Sélection de poème d’Attila Jozsef – József Attila válogatott versei

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 Sándor Petőfi

LE JUGEMENT – AZ ITÉLET 
(Avril 1847 – április1847)

A történeteket lapozám s végére jutottam,
Je suis arrivé à la fin de l’histoire,
Cheguei no final da história,
 És mi az emberiség története? vérfolyam, amely
Et quelle est-elle cette histoire de l’humanité ? Un long flux sanguin, qui
E qual é essa história da humanidade? Um longo fluxo sanguíneo, que

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Mihály Vörösmarty

SZÓZAT 
UNE VOIX
Uma voz
(1836)
Poème Poema

Hazádnak rendületlenűl
A ta patrie inébranlable
Para sua pátria inabalável
Légy híve, oh magyar;
Sois croyant, ô Magyar ;
Seja um crente, ó magiar;

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TRADUCTION HONGROIS
JACKY LAVAUZELLE
Magyar szövegek fordítása

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Texte de Charles-Eugène Ujfalvy de Mezőkövesd
1872

LA LANGUE MAGYARE

I

Origines de la langue magyare.

Nous savons aujourd’hui que les peuplades des quatre migrations successives, les Thraco-Pélasges, les Celtes, les Germains et les Slaves, parlaient toutes des langues issues de la même souche. L’antique Aryah est la mère de tous ces idiomes, et nous comprenons ces différents peuples sous le nom collectif d’Indo-Germains. La langue sanscrite proprement dite n’est que la sœur aînée, qui se rapproche le plus de la langue mère. Quant aux langues autochtones de l’Europe, nous ne savons pas encore au juste si le basque et le finnois en font partie. Un grand savant a trouvé des points de contact entre le basque et le finnois, conséquemment entre le basque et le magyare. L’hypothèse que ces trois peuples auraient une origine commune s’affermit de jour en jour davantage. Les Basques et les Finnois peuvent être considérés comme les autochthones de l’Europe ou du moins comme descendants d’une migration de beaucoup antérieure à celle des Thraco-Pélasges.

Il est avéré aujourd’hui que les peuples finnois qui occupent maintenant le nord de l’Europe habitaient autrefois comme population puissante et laborieuse le centre de notre continent, et ce sont probablement les peuples venant de l’Asie qui les ont refoulés vers le Nord, où le climat a exercé une si grande influence sur leur constitution physique. Quelle difference n’y a-t-il pas encore aujourd’hui entre les Lapons et les Esthoniens? Ce qui n’empêche pas que leurs langues ne soient des idiomes nés de la même souche. Les Basques ont, d’après toute probabilité, encore précédé les Finnois ou du moins se sont séparés d’eux de très bonne heure. Leur langue ressemble probablement encore plus à la langue mère, car le parler basque est un type tout à fait isolé, et les langues finnoises ou tchoudes ne s’en rapprochent que médiocrement. Il n’est pas dans notre intention de discuter les ressemblances qui peuvent exister entre le magyare et le basque : un écrivain d’une grande érudition et d’une compétence incontestable en pareille matière, le prince Lucien Bonaparte, a traité victorieusement ce sujet et a fait valoir des raisons qui ont dû attirer la juste attention de tous les linguistes. Mais quant aux analogies qui existent entre le magyare et le finnois, elles sont si évidentes que nous nous proposons d’en faire ressortir plus tard les points capitaux.

Un savant philologue a jadis émis l’opinion suivante sur le magyare : « La langue magyare est une agglomération d’un grand nombre de débris d’autres langues, et il faudrait la dépouiller entièrement de ses éléments étrangers pour prouver le contraire. L’homme qui se vouerait à cet immense travail ne s’est pas encore trouvé, il se trouvera peut-être ! etc. » Toujours est-il que nous ne pouvons admettre cette singulière supposition. Il est facile de reconnaître de prime abord les mots d’origine étrangère, et encore plus aisé de constater les tournures de phrases venues par le contact avec les peuples limitrophes (comme les Turcs, les Allemands, etc.). Mais quant à la grammaire, elle est typique et ne se rapproche d’aucune autre langue, le finnois excepté. Etant prouvé que les Magyares n’ont pas eu de rapports avec les peuples tchoudes depuis plus de mille ans, cette ressemblance, si elle n’est pas accidentelle, doit trouver son explication dans une origine commune des deux langues. Toutes les recherches faites jusqu’à présent par de célèbres linguistes ont prouvé que cette ressemblance n’était pas et ne pouvait pas être l’effet d’un simple hasard. C’est pourquoi nous soutenons que le magyare, langue natale des descendants des Magyares qui habitent depuis le XIe siècle la Hongrie et la Transylvanie, est un rameau complètement isolé de la grande race des langues tchoudes, finnoises, tartares, touraniennes, ouraliennes ou altaïques.

Les Hongrois s’appellent eux-mêmes Magyar, dénomination qui a été confondue à tort dans leurs anciennes œuvres avec Mager, Moger, Meger, tandis que les plus antiques sources orientales, celles de l’empire byzantin, les appellent Turcs (Türken), et les sources occidentales Hungari. A plusieurs reprises déjà on a essayé de trouver la signification de cette dénomination sans arriver à un résultat certain.

Le finnois et le magyare sont les seules langues de cette souche qui possèdent une riche littérature, empreinte de la civilisation ; nous faisons abstraction du turc trop anéanti par les influences limitrophes. Le finnois jouissait encore d’un grand avantage sur le magyare, grâce à sa position géographique vraiment exceptionnelle. Comme dit Kellgrén, cette langue, protégée par la position de son pays, au sein de ses forêts vierges et au bord de ses lacs solitaires, entretenue par les chants sacrés de ses pères, pouvait facilement garder son originalité et développer à son gré sa riche organisation. Ce qui prouve jusqu’à l’évidence quelle est l’importance du finnois comparativement aux langues touraniennes et par cela même vis-à-vis du magyare.

….

Charles-Eugène Ujfalvy de Mezőkövesd
La Hongrie
Son histoire, sa langue et sa littérature
1872