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MON FLEUVE – Poème de Eduard MÖRIKE – Mein Fluß

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Mörike
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Traduction Jacky Lavauzelle

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LITTÉRATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Gedichte – Poèmes

EDUARD MÖRIKE

8. September 1804  Ludwigsburg- 4. Juni 1875 Stuttgart
8 septembre 1804 – 4 juin 1875

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Mein Fluß
MON FLEUVE

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Isaac Levitan, L’Appel du soir, 1892

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O Fluß, mein Fluß im Morgenstrahl!
Ô fleuve, mon fleuve dans le rayon du matin !
Empfange nun, empfange
Reçois maintenant, reçois
Den sehnsuchtsvollen Leib einmal,
Mon corps impatient tout entier,
Und küsse Brust und Wange!
Et baise ma poitrine et baise ma joue !
– Er fühlt mir schon herauf die Brust,
– Il monte déjà à ma poitrine,
Er kühlt mit Liebesschauerlust
Sa fraîcheur déjà m’apporte un frisson d’amour
Und jauchzendem Gesange.
Et des doux chants.

*


Es schlüpft der goldne Sonnenschein
Les raies dorées du soleil
In Tropfen an mir nieder,
Glissent en gouttes sur mon corps,
Die Woge wieget aus und ein
La vague qui va et vient caresse
Die hingegebnen Glieder;
Mes membres dévoués ;
Die Arme hab ich ausgespannt,
J’étends mes bras,
Sie kommt auf mich herzugerannt,
La vague arrive en courant vers moi
Sie faßt und läßt mich wieder.
M’attrape et, à nouveau, me quitte.

*


Du murmelst so, mein Fluß, warum?
Tu marmonnes ainsi, mon fleuve, ô pourquoi ?
Du trägst seit alten Tagen
Tu portes depuis le temps
Ein seltsam Märchen mit dir um,
Un étrange conte de fées en toi
Und mühst dich, es zu sagen;
Et tu luttes pour le conter ;
Du eilst so sehr und läufst so sehr,
Tu te dépêches tant et tu cours tant,
Als müßtest du im Land umher,
Comme si tu devais faire le tour du pays
Man weiß nicht wen, drum fragen.
Sans que tu saches à qui parler.

*


Der Himmel, blau und kinderrein,
Le ciel, bleu et pur, comme un enfant,
Worin die Wellen singen,
Où les vagues chantent,
Der Himmel ist die Seele dein:
Le ciel est ton âme :
O laß mich ihn durchdringen!
Ô laisse-moi le pénétrer !
Ich tauche mich mit Geist und Sinn
Je plonge avec mon esprit et mes sens
Durch die vertiefte Bläue hin,
À travers le bleu profond,
Und kann sie nicht erschwingen!
Sans pouvoir vibrer !

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Was ist so tief, so tief wie sie?
Quoi de si profond, d’aussi profond que lui ?
Die Liebe nur alleine.
Seulement l’amour, l’amour seul.
Sie wird nicht satt und sättigt nie
Il n’emplit pas, ni ne sature jamais
Mit ihrem Wechselscheine.
Avec ses changements d’impression.
– Schwill an, mein Fluß, und hebe dich!
– Gonfle-toi, ô mon fleuve, et lève-toi!
Mit Grausen übergieße mich!
Enveloppe-moi d’horreur !
Mein Leben um das deine!
Ma vie contre la tienne !

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Du weisest schmeichelnd mich zurück
Tu me rejettes d’une façon si douce
Zu deiner Blumenschwelle.
À ton seuil fleuri.
So trage denn allein dein Glück,
Alors porte seul ta chance,
Und wieg auf deiner Welle
Et reflète sur ta vague
Der Sonne Pracht, des Mondes Ruh:
La splendeur du soleil, la paix de la lune :
Nach tausend Irren kehrest du
Tu reviens après mille détours
Zur ewgen Mutterquelle!
A ta maternelle source éternelle !


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