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MERCADO DE SAN MIGUEL – MARCHE DE SAINT MICHEL – Рынок Сан – Мигель – 圣米格尔市场

Madrid – Мадрид – 马德里
Mercado de san Miguel
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Madrid Blason Artgitato  Madrid L'Ours & L'arbousier Artgitato La estatua del oso y del madroño

Photo Jacky Lavauzelle
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Madrid Drapeau Artgitato


Mercado de san Miguel
Marché de saint-Michel
Market of San Miguel

Рынок Сан – Мигель

圣米格尔市场

 Construit en 1916
built in 1916
建于1916年
построенный в 1916 году

Centre for Culinary Culture
Centre de Culture Culinaire

 Mercado de san Miguel Marché de saint-Michel Market of San Miguel Artgitato Madrid (2) Mercado de san Miguel Marché de saint-Michel Market of San Miguel Artgitato Madrid (3) Mercado de san Miguel Marché de saint-Michel Market of San Miguel Artgitato Madrid (4)

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LES ANCIENNES TAVERNES DE MADRID

« À ce moment, les passants sont rares, le tout-Madrid est à table, préludant par un repas sommaire aux soirées, chantantes ou autres, qui bourdonnent dans la nuit madrilène.
Bientôt, j’abandonne la « Rue Grande » pour me jeter dans le dédale de voies étroites qui doit me conduire à la Taverne de Camoëns.
Enfin, voici la Taberna Camoëns !
Une baraque noire, sordide, dont le crépi a cédé par places, découvrant ainsi la maçonnerie de pierrailles cimentées de torchis. Des vitres huileuses, dont la surface épaissie par des poussières peut-être centenaires, laissent filtrer une lumière rougeâtre qui a l’air d’être, non de la clarté, mais de la pénombre…
Vraiment, la Taberna est malpropre, au delà de ce que peut souhaiter un fervent de la malpropreté… La clientèle ne doit certes pas payer de mine, et ma main instinctive, tâte mon revolver dans ma poche…
Un bec-de-cane, sur quoi les mains sales d’étranges consommateurs ont déposé un enduit gluant, permet seul d’ouvrir la porte basse accédant à la salle commune de la Taberna Camoëns.
À travers les carreaux, je cherche à voir à l’intérieur.
Des tables se devinent sous le voile crasseux embuant les vitres…
Et délibérément, j’appuie sur le bec-de-cane. J’entre. Les buveurs ont un sursaut. Je suis certain que tous ont pensé à la police ; mais ils reprennent leur beuverie, rassurés par mon apparence.
Je n’ai évidemment pas l’air d’un soldat de la loi…
J’arrive devant le tavernier, qui me considère d’un regard méfiant.
Noblement, je dépose devant lui deux piécettes (2 francs) avec cette explication murmurée :
– Une pour chaque œil.
Le drôle a une grimace qui prétend sourire. Il incline la tête, et agrippe l’argent d’une main velue, qui pourrait appartenir à un singe.
Je suis hors de la salle commune, dans une sorte de cuisine, absolument déserte et obscure ; mais devant moi une ouverture, que la pâle clarté qui tombe des étoiles rend lumineuse par comparaison. »

L’Homme sans visage
Paul d’Ivoi
Le Puits du maure
 Chapitre 6
Vers le puits