Archives par mot-clé : Manuel Peres Vigário

FRANCISCO DOS SANTOS – SUR LES PAS DE DOS SANTOS A LISBONNE – Nos passos de Dos Santos em Lisboa

FRANCISCO DOS SANTOS
LISBOA – LISBONNE





Francisco dos Santos

**

Photo Jacky Lavauzelle

 




 SUR LES PAS DE FRANCISCO DOS SANTOS A LISBONNE
Nos passos de Dos Santos em Lisboa

 

Francisco dos Santos
Sintra, 22 de Outubro de 1878 — 27 de Junho de 1930
22 octobre 1878- 27 juin 1930
Morreu em plena actividade de trabalho
Il meurt en plein travail à 51 ans

Escultor e pintor português
Sculpteur et peintre portugais

**

Nous partons aujourd’hui à la recherche des œuvres de Francisco dos Santos parsemées de-ci de-là dans la capitale portugaise. A la lumière des marques du burin laissées par ce grand Portugais. Grand Portugais à la manière dont Pessoa décrivait Manuel Peres Vigário :

« Por isso é com ternura que relembro o feito deste grande português, e me figuro, em devaneio, que, se há um céu para os hábeis, como constou que o havia para os bons, ali lhe não deve ter faltado o acolhimento dos próprios grandes mestres da Realidade – nem um leve brilho de olhos de Macchiavelli ou Guicciardini, nem um sorriso momentâneo de George Savile, Marquês de Halifax. »
« Pour cela, c’est avec tendresse que je rappelle les faits de ce grand Portugais, et j’imagine, en rêve, que, s’il se retrouve dans le paradis pour les habiles, comme il en existe un pour les bons, là, il ne manquera pas d’être accueilli par les grands maître de la Réalité -sans un éclat de lumière dans les yeux de Machiavel ou de Guicciardini, ni avec un sourire complice de George Saville, marquis de Halifax. »
(Traduction J Lavauzelle)
Cliquer ici pour retrouver le texte intégral

**

ESTATUA – STATUE
Salomé
1917

Wikipédia note dans sa version portugaise : « Na pintura, assinale-se a sensualidade dos seus nus femininos. » (« En peinture, notez la sensualité de ses nus féminins. »)
Il y a pourtant autant de sensualité dans ses sculptures de nus féminins que dans ses peintures.

Salomé – Francisco dos Santos Museu do Chiado – Musée du Chiado

Não ha mulher mais pallida e mais fria,
Il n’y a pas de femme plus pâle et plus froide,
 E o seu olhar azul vago e sereno
Et son regard bleu, vague et serein
 Faz como o effeito d’um luar ameno
Fait comme l’effet d’une douce lueur
 Na sua tez que é morbida e macia. 
Sur votre teint morbide et tendre.

António Gomes Leal
Os Brilhantes
Traduction J Lavauzelle

Salomé – Francisco dos Santos Museu do Chiado – Musée du Chiado
Salomé – Francisco dos Santos Museu do Chiado – Musée du Chiado
Salomé – Francisco dos Santos Museu do Chiado – Musée du Chiado

« com vistas fascinadas… « 

Museu do Chiado – Musée du Chiado
Mármore  Marbre 45 × 76 × 40 cm
assinado e datado – Signé et daté

**

Monumento ao Marquês de Pombal, Lisboa
Le Monument à Marques de Pombal
Monument à Marques de Pombal – Francisco dos Santos
Monument à Marques de Pombal – Francisco dos Santos
Monument à Marques de Pombal – Francisco dos Santos
Monument à Marques de Pombal – Francisco dos Santos
Monument à Marques de Pombal – Francisco dos Santos
Monument à Marques de Pombal – Francisco dos Santos

« O sofrimento do “hebreu errante”, o apátrida que é perseguido nas nações onde se hospeda, privado de exercer os mandamentos da sua fé, não é um mito, mas uma realidade histórica. No séc. XII, a Igreja Católica criou o Tribunal da Santa Inquisição para combater várias heresias (albingenses e cátaros, principalmente). Na península ibérica, a Inquisição atuou também contra os chamados “cristão-novos”, os hebreus que eram obrigados a renunciar ao Judaísmo e forçados a aderir ao Catolicismo. Da Espanha e de Portugal a perseguição contra os judeus chegou também ao Brasil e a outros países da América Latina. As penalidades iam do confisco dos bens, até à prisão e à condenação à morte. Essa infâmia só terminou na tradição lusitana com a Reforma do Marques de Pombal (1699-1782). »
« La souffrance du «juif errant», l’apatride qui est persécuté dans les nations où il séjourne, privé des commandements de sa foi, n’est pas un mythe mais une réalité historique. Au XIIe siècle, l’Église Catholique a créé le Tribunal de la Sainte Inquisition pour lutter contre diverses hérésies (Albigeoise et Cathare, principalement). Dans la péninsule ibérique, l’Inquisition a également agi contre les soi-disant «nouveaux chrétiens», ces Hébreux qui ont été forcés de renoncer au judaïsme et ont été contraints de se convertir au catholicisme. De l’Espagne et du Portugal, la persécution contre les Juifs a également atteint le Brésil et d’autres pays d’Amérique latine. Les sanctions alors vont de la confiscation des biens à l’emprisonnement, voire la mort. Cette infamie n’a pris fin que dans la tradition lusitanienne avec la Réforme du marquis de Pombal (1699-1782). »
Pensar é preciso por Salvatore D’ Onofrio
O Judaísmo depois de Cristo
Trad. J Lavauzelle

**

Prometeu
No Jardim Constantino, Lisboa
Prométhée au Jardin Constantino à Lisbonne
Le bienfaiteur de la race humaine

O Jardim Constantino

Prometeu Prométhée Francisco dos Santos – Lisboa O Jardim Constantino
Prometeu Prométhée Francisco dos Santos – Lisboa O Jardim Constantino

« Tes coups n’auront porté que sur un peu d’argile ;
Libre dans les liens de cette chair fragile,
L’âme de Prométhée échappe à ta fureur.
Sous l’ongle du vautour qui sans fin me dévore,
Un invisible amour fait palpiter encore
Les lambeaux de mon cœur. »
Louise-Victorine Ackermann
Poésies philosophiques
Œuvres de L. Ackermann
Editions Alphonse Lemerre 1885

Prometeu Prométhée Francisco dos Santos – Lisboa O Jardim Constantino

« PROMÉTHÉE
Aux dieux ? Je ne suis pas un dieu, et je me crois autant que l’un de vous. Infinis ?… Tout-puissants ?… Que pouvez-vous ! Pouvez-vous resserrer en balle dans ma main le vaste espace du ciel et de la terre ? Pouvez-vous me séparer de moi-même ? Pouvez-vous m’étendre, me déployer en un monde ? »
(Prométhée à Mercure)
Johann Wolfgang von Goethe
PROMÉTHÉE
Traduction par Jacques Porchat .
Théâtre de Goethe, Librairie de L. Hachette et Cie, 1860, tome I

Prometeu Prométhée Francisco dos Santos – Lisboa O Jardim Constantino

« PROMÉTHÉE.

Lorsque, tout ébranlée dans la dernière profondeur de ton être, tu sens tout ce que la joie et la douleur t’ont jamais fait éprouver, ton cœur se gonfle dans l’orage, il veut se soulager par les larmes, et il accroît son ardeur, et en toi tout résonne, tout tremble et frémit et tous tes sens défaillissent ; et il te semble défaillir toi-même et tu succombes ; et autour de toi tout se plonge dans la nuit, et toi, dans le sentiment toujours plus vif de toi-même, tu embrasses un monde et tu meurs.
(PROMÉTHÉE à PANDORE)
Johann Wolfgang von Goethe
PROMÉTHÉE
Traduction par Jacques Porchat .
Théâtre de Goethe, Librairie de L. Hachette et Cie, 1860, tome I

Prometeu Prométhée Francisco dos Santos – Lisboa O Jardim Constantino

« Quand le Titan roula des voûtes immortelles,
Foudroyé par le bras du Kronide irrité,
Les pleurs ne mouillaient point ses farouches prunelles.
Il se sentait vaincu, mais toujours indompté. »
José-Maria de Heredia
Prométhée
Le Parnasse contemporain
Recueil de vers nouveaux, Slatkine Reprints, 1971, I. 1866

Prometeu Prométhée Francisco dos Santos – Lisboa O Jardim Constantino

« Sous l’ongle du vautour à ses flancs incrusté,
Il amassait en lui les douleurs fraternelles,
Et gardait sur son front, meurtri de grands coups d’ailes,
L’espoir de la vengeance et de la liberté, »
José-Maria de Heredia
Prométhée
Le Parnasse contemporain
Recueil de vers nouveaux, Slatkine Reprints, 1971, I. 1866

Prometeu Prométhée Francisco dos Santos – Lisboa O Jardim Constantino
Prometeu Prométhée Francisco dos Santos – Lisboa O Jardim Constantino

**
ESTATUA – STATUE
António Gomes Leal
6 juin 1848 – 29 janvier 1921
6 de junho de 1848 — 29 de janeiro de 1921
Antonio Gomes Leal par Rafael Bordalo Pinheiro
Antonio Gomes Leal par Rafael Bordalo Pinheiro
Escultura mortuária Poeta para o túmulo de Gomes Leal, no Cemitério do Alto de São João, em Lisboa
Sculpture mortuaire pour la tome de Gomes Leal au Cimetière
Cemitério do Alto de São João
Cemitério do Alto de São João
Cemitério do Alto de São João Lisboa
Cemitério do Alto de São João Lisboa
Cemitério do Alto de São João Lisboa
Túmulo de Gomes Leal – Tombe de Gomes Leal – Francisco dos Santos
Túmulo de Gomes Leal – Tombe de Gomes Leal – Francisco dos Santos
Túmulo de Gomes Leal – Tombe de Gomes Leal – Francisco dos Santos
Túmulo de Gomes Leal – Tombe de Gomes Leal – Francisco dos Santos
Túmulo de Gomes Leal – Tombe de Gomes Leal – Francisco dos Santos

Deixa escrever-te, verde mar antigo,
Laisse-moi t’écrire, verte mer antique
 Largo Oceano, velho deus limoso,
Large Océan, vieux dieu limoneux,
 Coração sempre lyrico, choroso,
Cœur toujours lyrique, larmoyant,
 E terno visionario, meu amigo!
Et tendre visionnaire, mon ami !

 Das bandas do poente lamentoso
Des bandes de l’Ouest se lamentent
Quando o vermelho sol vae ter comtigo,
Quand le soleil rouge vient à toi,
  – Nada é mais grande, nobre e doloroso,
– Rien n’est plus grand, plus noble et plus douloureux,
   Do que tu, – vasto e humido jazigo!
Que toi, – voûte vaste et humide !

 Nada é mais triste, tragico e profundo!
Rien est plus triste, tragique et profond !
Ninguem te vence ou te venceu no mundo!…
Personne ne te surpasse ni ne t’a vaincu dans le monde !…
 Mas tambem, quem te poude consollar?!
Mais aussi, qui peut te consoler ?§

 Tu és Força, Arte, Amor, por excellencia! –
Tu es la Force, l’Amour, par excellence ! –
E, comtudo, ouve-o aqui, em confidencia;
Et pourtant, écoute-le ici, en confidence :
– A Musica é mais triste inda que o Mar!
– LaM usique est plus triste que la Mer !

**

PARCOURS DE FRANCISCO DOS SANTOS

Escola de Belas-Artes de Lisboa em 1893
Ecole des Beaux-Arts de Lisbonne en 1893
Escola de Belas Artes de Paris em 1903
Ecole des Beaux-Arts de Paris en 1903
Rome 1906
Regressou a Portugal em 1909
Retour au Portugal en 1909
Primeiro futebolista português a jogar no estrangeiro
Premier joueur de football portugais à jouer à l’étranger (La Lazio de Rome)

****************

FRANCISCO DOS SANTOS
LISBOA – LISBONNE





Francisco dos Santos

FRANCISCO DOS SANTOS

********

 

 

UN GRAND PORTUGAIS -Um grande português Fernando Pessoa et Traduction française

Um grande Português Fernando Pessoa
LITTERATURE PORTUGAISE
Literatura Português
FERNANDO PESSOA
1888-1935
 Um grande português Fernando Pessoa Artgitato Traduction Française Un grand Portugais Manuel Peres Vigario

UM GRANDE PORTUGUÊS
UN GRAND PORTUGAIS
[Manuel Peres Vigário]

1926

Vivia há já não poucos anos, algures, num concelho do Ribatejo, um pequeno lavrador, e negociante de gado, chamado Manuel Peres Vigário. 
Il y a de cela quelques années déjà,  vivait, quelque part, dans la communauté de Ribatejo, un petit agriculteur et marchand de bestiaux, appelé Manuel Peres Vicaire.
Da sua qualidade, como diriam os psicólogos práticos, falará o bastante a circunstância que dá princípio a esta narrativa.
Sa qualité, comme dirait les psychologues pratiquants, sera abordée assez dans les circonstances qui sont à l’origine de ce récit.

Chegou uma vez ao pé dele certo fabricante ilegal de notas falsas, e disse-lhe:
Un jour, un certain fabriquant illégal de fausses monnaies vint le voir et lui demanda :
«Sr. Vigário, tenho aqui umas notazinhas de cem mil réis que me falta passar.
« M. Vigario, il me reste des billets de cent mille réaux de côté.
O senhor quer? Largo-lhas por vinte mil réis cada uma.»
Les voulez-vous ? Va pour vingt mille réaux chacun. »
«Deixa ver», disse o Vigário; e depois, reparando logo que eram imperfeitíssimas, rejeitou-as:
 » Montrez-moi !« , déclara le Vigario ; et après, voyant qu’ils étaient loin d’être parfaits, les refusa :
«Para que quero eu isso?», disse; «isso nem a cegos se passa.»
«Que voulez-vous que je fasse de ça ?« , dit-il; « ils ne passeraient même pas avec un aveugle ! »
O outro, porém, insistiu; Vigário cedeu um pouco regateando; por fim fez-se negócio de vinte notas, a dez mil réis cada uma.
L’autre, cependant, insista ; Vigario céda un peu dans ce marchandage ; finalement il les négocia de vingt billets, à dix mille réaux chacun.

Sucedeu que dali a [alguns] dias tinha o Vigário que pagar a uns irmãos negociantes de gado como ele a diferença de uma conta, no valor certo de um conto de réis.
Il arriva quelques jours plus tard que Vigario devait, à des frères négociants de bestiaux comme lui,  payer la différence dans un compte, à la juste valeur de réaux.
No primeiro dia da feira, em a qual se deveria efectuar o pagamento, estavam os dois irmãos jantando numa taberna escura da localidade, quando surgiu pela porta, cambaleando de bêbado, o Manuel Peres Vigário.
Le premier jour de la foire, jour où il devait effectuer le dit-paiement, les deux frères étaient en train de dîner dans une taverne sombre de la ville quand arriva, par la porte, ivre assurément, Manuel Peres Vigario.
Sentou-se à mesa deles, e pediu vinho.
Il s’assis à leur table, et commanda du vin.
Daí a um tempo, depois de vária conversa, pouco inteligível da sua parte, lembrou que tinha que pagar-lhes.
Ainsi le temps passa, après plusieurs discours, peu intelligibles pour la plupart, il se souvint qu’il devait les payer.
E, puxando da carteira, perguntou se, se importavam de receber tudo em notas de cinquenta mil réis.
Et en tirant son portefeuille, il leur demanda s’ils voulaient bien être payés avec des billets de cinquante mille réaux.
Eles disseram que não, e, como a carteira nesse momento se entreabrisse, o mais vigilante dos dois chamou, com um olhar rápido, a atenção do irmão para as notas, que se via que eram de cem.
Ils acceptèrent, et virent que le portefeuille s’étant entrouvert, le plus vigilant des deux attira, d’un regard rapide, l’attention du frère sur les billetson pouvait voir qu’il y en avait une centaine.

Houve então a troca de outro olhar.
Puis il y  eu un échange de regard.
O Manuel Peres, com lentidão, contou tremulamente vinte notas, que entregou.
Manuel Peres, lentement, compta en tremblant une vingtaine de billets, qu’il leur remit.
Um dos irmãos guardou-as logo, tendo-as visto contar, nem se perdeu em olhar mais para elas.
L’un des deux frères les rangea immédiatement, après les avoir vu compter, ne perdant pas de temps à les recompter.
O vigário continuou a conversa, e, várias vezes, pediu e bebeu mais vinho.
Vigario continua à parler, et à plusieurs reprises demanda à boire encore plus de vin.
Depois, por natural efeito da bebedeira progressiva, disse que queria ter um recibo.
Ensuite, par l’effet naturel de la prise de boisson progressive, il leur demanda un reçu.
Não era uso, mas nenhum dos irmãos fez questão.
Cela ne se faisait pas, mais aucun des frères n’insista.
Ditava ele o recibo, disse, pois queria as coisas todas certas.
Il dictera le reçu, leur dit, parce qu’il voulait que tout cela soit fait dans les règles.
E ditou o recibo – um recibo de bêbedo, redundante e absurdo:
Et il dicta le reçu- un reçu d’ivrogne, redondant  et absurde :
de como em tal dia, a tais horas, na taberna de fulano, e «estando nós a jantar (e por ali fora com toda a prolixidade frouxa do bêbedo…), tinham eles recebido de Manuel Peres Vigário, do lugar de qualquer coisa, em pagamento de não sei quê, a quantia de um conto de réis em notas de cinquenta mil réis.
comment, ce jour, cette heure, dans la taverne, et « où nous nous sommes retrouvés pour dîner (etc. avec toute la prolixité de quelqu’un qui a bu … ), qu’ils avaient reçu de Manuel Peres Vigario, du lieu x, en paiement de je ne sais pas quoi, le montant d’un million de réaux par billets de cinquante mille réaux.
O recibo foi datado, foi selado, foi assinado.
  Le reçu fut daté, timbré, signé.
O Vigário meteu-o na carteira, demorou-se mais um pouco, bebeu ainda mais vinho, e daí a um tempo foi-se embora.
Le Vigario le mit dans son portefeuille, resta encore un peu,  bu plus de vin, puis partit.

Quando, no próprio dia ou no outro, houve ocasião de se trocar a primeira nota, o que ia a recebê-la devolveu-a logo, por escancaradamente falsa, e o mesmo fez à segunda e à terceira…
Lorsque, le même jour ou le suivant, il se trouva l’occasion de sortir le premier billet, celui qui devait le prendre le ramena au plus tôt, car manifestement faux, et pas mieux pour les deuxième et troisième
E os irmãos, olhando então verdadeiramente para as notas, viram que nem a cegos se poderiam passar.
et les frères, alors, en regardant les billets, virent qu’ils ne passeraient même pas avec les aveugles.

Queixaram-se à polícia, e foi chamado o Manuel Peres, que, ouvindo atónito o caso, ergueu as mãos ao céu em graças da bebedeira providencial que o havia colhido no dia do pagamento. 
Ils déposèrent une plainte à la police, qui convoqua Manuel Peres, qui, étonné d’entendre cet histoire, leva les mains au ciel pour remercier les grâces d’une ivresse providentielle qu’il avait eue le jour du paiement.
Sem isso, disse, talvez, embora inocente, estivesse perdido.
Sans cela, dit-il, peut-être, bien qu’innocent, il eût été perdu.

Se não fosse ela, explicou, nem pediria recibo, nem com certeza o pediria como aquele que tinha, e apresentou, assinado pelos dois irmãos, e que provava bem que tinha feito o pagamento em notas de cinquenta mil réis.
Sans cela, expliquait-il, il n’aurait pas exigé un reçu, ou en tout cas pas comme celui qu’il avait, et qu’il présenta, signé par les deux frères, et cela prouvé bien qu’il avait effectué le paiement avec des billets de cinquante mille réaux.
«E se eu tivesse pago em notas de cem», rematou o Vigário «nem eu estava tão bêbedo que pagasse vinte, como estes senhores dizem que têm, nem muito menos eles, que são homens honrados, mas receberiam.»
« Et si j’avais payé avec des billets de  cent»,  conclu le Vigario« et je n’étais pas si ivre qu’ils en payent vingt, comme ces messieurs disent qu’ils ont reçus, ni plus ni moins.»
E, como era de justiça foi mandado em paz.
Et, comme cela, la justice le laissa en paix.

O caso, porém, não pôde ficar secreto;
L’affaire, cependant, ne pouvait pas rester secrète ;
pouco a pouco se espalhou.
peu à peu, elle se répandit.
E a história do «conto de réis do Manuel Vigário» passou, abreviada, para a imortalidade quotidiana, esquecida já da sua origem.
Et l’histoire du « Million de Réaux de Manuel Vigario« , passa à l’immortalité quotidienne, oubliant déjà son origine.

Os imperfeitíssimos imitadores, pessoais como políticos, do mestre ribatejano nunca chegaram, que eu saiba, a qualquer simulacro digno do estratagema exemplar.
Les imitateurs imparfaits, personnels et politiques, du maître de Ribatejo n’ont jamais, à ma connaissance, utilisés un quelconque simulacre digne de ce stratagème exemplaire.
Por isso é com ternura que relembro o feito deste grande português, e me figuro, em devaneio, que, se há um céu para os hábeis, como constou que o havia para os bons, ali lhe não deve ter faltado o acolhimento dos próprios grandes mestres da Realidade – nem um leve brilho de olhos de Macchiavelli ou Guicciardini, nem um sorriso momentâneo de George Savile, Marquês de Halifax.
Pour cela, c’est avec tendresse que je rappelle les faits de ce grand Portugais, et j’imagine, en rêve, que, s’il se retrouve dans le paradis pour les habiles, comme il en existe un pour les bons, là, il ne manquera pas d’être accueilli par les grands maître de la Réalité -sans un éclat de lumière dans les yeux de Machiavel ou de Guicciardini, ni avec un sourire complice de George Saville, marquis de Halifax.

*****************
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
*****************