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SECURITE ROUTIERE 2018 : la fin des clignotants ?

 

SECURITE ROUTIERE




2018 : la fin des clignotants ?

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A LA VITESSE D’UNE PANDEMIE
A quoi peut donc servir ces clignotants que de plus en plus d’automobilistes n’utilisent plus, y compris nos policiers. Le phénomène s’accélère si vite qu’il y a urgence en matière de sécurité. A la vitesse d’une pandémie. Dans ce sens, les habitudes s’acquièrent plus vite.
Si rien n’est fait, cette obligation légale deviendra une option pour le conducteur.

LE CAÏMAN AVANT L’ATTAQUE
Il s’agit plus qu’un détail. Mais d’un profond trait d’égoïsme et un coup de canif dans notre vivre ensemble. Il ne s’agit pas que d’une obligation centenaire, anachronique dans notre monde de vitesse. Notre système capitaliste valorise l’individu, le résultat rapide, l’égoïsme. A quoi bon perdre une seconde pour prévenir les autres véhicules de nos intentions. Il faut s’avoir se camoufler comme le caïman avant son attaque.

LE DETAIL & LA DISCIPLINE
Le diable se cache dans les détails. Mais si détail il s’agit, je préfère reprendre le vieux sens militaire de ce mot, aujourd’hui oublié : « se dit dans l’Art militaire, de tout ce qui concerne l’ordre & la police des tems. Ainsi le détail d’une armée ou d’un corps de troupe comprend tout ce qui appartient aux régimens & à la discipline qu’on doit y observer. » (Diderot, Le Blond, Mallet – L’Encyclopédie, 1re éd. – 1751 -Tome 4, p. 900). Nous sommes bien dans la discipline, nous dirions plutôt les règles aujourd’hui, à suivre. Les petits détails participent à notre fluidité. Mieux à notre survie.

VOS PAPIERS !
La vie et le respect de l’autre ne sont sûrement pas un détail. Si le citoyen est de moins en moins capable d’en comprendre la nécessité, que l’Etat, et les moyens de contrôles qui vont avec, s’en charge. Sinon, le clignotant sera un vieux souvenir et comme pour beaucoup d’éléments le nombre de morts et d’accidentés continuera à croître.
« Pour bien juger, il faut conclure,  Même sur les thèses du ciel, Il faut discerner, puis exclure, Le détail de l’essentiel. » (Hippolyte Rodrigues – Midraschim et fabliaux -Imprimerie Vve P. Larousse et Cie, 1880 -pp. 67-69)




DES LIMITES DE L’ESPRIT
Depuis les années 50, les flèches de direction sont rendues obligatoires sur tous les véhicules et, depuis, bien des progrès techniques ont été réalisés. Cependant…

Le progrès technologique a trouvé sa limite dans l’esprit humain.

ET LA LOI ? QU’EST-CE QU’ELLE DIT LA LOI ? M’ENFIN !
« Tout conducteur qui s’apprête à apporter un changement dans la direction de son véhicule ou à en ralentir l’allure doit avertir de son intention les autres usagers, notamment lorsqu’il va se porter à gauche, traverser la chaussée, ou lorsque, après un arrêt ou stationnement, il veut reprendre sa place dans le courant de la circulation.» (art. R412-10 Code de la Route- Actualisation du 2 avril 2003) – Mais aucun contrôle sur aucune route ne vient verbaliser les infractions. A l’image des téléphones portables, des STOP non respectés, etc.
Moins il y a de contrôles policiers ou de gendarmerie, moins les conducteurs appliquent les règles. Les règles ne s’appliquent que s’il y a de grandes probabilités d’avoir une amende : radar de feux ou radar de vitesse. Et encore, avec ce dernier, il s’agit plutôt de savoir comment arriver à la bonne vitesse au bon moment et à ré-accélérer juste après.

SURFING THE DEATH
Sans la peur du gendarme, bien sûr, le conducteur ne respecte plus les règles, mais au-delà des codes, il ne respecte plus les autres. A quoi bon signaler mon changement de direction, je sais où je vais ; peu importe ceux qui sont derrières, peu importe les risques, je surfe sur la mort, celles des autres, la mienne.

MAIS QUE FAIT L’ETAT ? ou Y A-T-IL ENCORE UN ETAT ?
Dans le cas des clignotants, il faudrait créer un radar dans les lieux où les changements de direction sont incontournables, du genre rond point, sortie de rocade ou embranchements. Mais que fait l’Etat ?

Il ne s’agit pas de respecter une obligation par la peur du gendarme, ni de respecter une tradition ou un usage. Comme le soulignait Guy de Maupassant dans ses Chroniques de 1881 : « Les traditions, – C’est-à-dire ce que nous ont laissé l’ignorance la plus grande, l’étroitesse d’esprit, les préjugés et la sottise de nos ancêtres. » (Le Respect – Les Chroniques – Le Gaulois – 22 avril 1881)



DE LA FRAGILITE DE L’EXISTENCE
Il s’agit de respect l’autre et la vie. Rien que ça. Et ça passe par cette petite lumière qui se coupe et s’allume alternativement, comme pour signaler la fragilité de l’existence.

CHACUN MEPRISE L’AUTRE
Car comme le dit encore Guy de Maupassant dans le même article que celui cité plus haut : « Chacun respecte sa propre opinion, et méprise infiniment celle des autres. » Et si rien n’est fait pour qu’enfin les règles simples de la sécurité routière soient une réalité, on pourra paraphraser Maupassant et dire : « Chacun maintenant respecte sa propre direction et méprise infiniment celle des autres. »

GOUJAT ! CUISTRE ! GREDIN !
Il ne s’agit pas seulement « d’être considéré comme un goujat, ou comme un gredin, ou simplement comme un cuistre. » mais plutôt un inconscient/conscient criminel en puissance.

Maupassant dit en préambule sur le respect : « Le respect est l’hommage dont nous devrions être le plus avares ; c’est au contraire celui que nous prodiguons le plus. Nous respectons à tort et à travers, sans mesure, sans raison, confondant le respect avec la platitude. »

Et là où il est question de vie, il ne peut y avoir de platitude.



LE GROS VS LE PETIT
Sinon, le respect des autres deviendra la loi de la jungle et du plus fort. Nous nous arrêterons devant le véhicule le plus gros, le plus lourd, le plus puissant. Le petit s’inclinera devant le gros. Nous reviendrons à l’usage qu’avait le mot respect pour nos premiers encyclopédistes :  » le respect est l’aveu de la supériorité de quelqu’un : si la supériorité du rang suivoit toujours celle du mérite, ou qu’on n’eût pas prescrit des marques extérieures de respect, son objet seroit personnel, comme celui de l’estime, & il a dû l’être originairement de quelque nature qu’ait été le mérite de mode. » (Jaucourt – L’Encyclopédie, 1re édition – 1751 -Tome 14, p. 181).