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C’EST DU LAPIN (1926)- Chanson créée par ALIBERT aux FOLIES-BERGÈRE – Paroles de Lucien BOYER et Louis MARCHAND – Musique de Jean BOYER

SELECTION ARTGITATO

CHANSON FRANCAISE
C’est du lapin

PAROLES de Lucien BOYER (né le 20 janvier 1876 à Leognan (Gironde) et mort le 16 juin 1942)et Louis MARCHAND (né en 18xxx et mort le 22 octobre 1967)
MUSIQUE de Jean BOYER

1926

Couverture de C’est du Lapin
Les Editions du Music-Hall

Premier Couplet

*****

poète, compositeur, chansonnier et goguettier français
LUCIEN BOYER
(père de JEAN BOYER 1901-1965)

Lucien Boyer
« Le Chansonnier des poilus »

Lucien Boyer dessiné par Jules Alexandre Grün en 1920

LES GRANDS COMPOSITEURS DE LA CHANSON FRANCAISE

SELECTION ARTGITATO
CHANSON FRANCAISE
!!! 
En Préparation !!!!

 MUSIQUE

LES GRANDS COMPOSITEURS de la CHANSON FRANCAISE

Louis Bénéch (Ferdinand Louis – 1875-1925)
Bengali Joli
Brunes ou Blondes
De Nice à Monte-Carlo
Les Bijoux
Sérénade à Rosinette

Jean BOYER (Paris 26 juin 1901 – Paris 10 mars 1965)
C’est du Lapin (1926)

CHARLYS (18xx-1955)
Petite Chose
Sur le Trottoir

Léo DANIDERFF (1878-1943)
Sur la Riviera

Romain DESMOULINS (1881-1939)
Chrysanthème Fox

B.  DEVAUX
Souvenirs de Venise

A. FATTORINI
Le Bon Vieux

Samuel FISCHER
Souvenirs de Venise

Abel GAY
La Valse des Cœurs

Georges KRIER (1872-1946)
La Valse Brune (1909)

René MERCIER (1867-1945)
Verdun On ne passe pas ! [1916]

MONTAGNON
Sur le Trottoir

Eugène ROSI (18xx-1928)
Si tu m’as aimé…pardonne !

Raoul SOLDER (18xx-1941)
Simple Cantilène

TAGNON
La Valse des Cœurs (harmonies)

Jules VERCOLIER (Jules Amable Vercolier (18..-1912))
Les Rubans de la vie (1910)

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Jean Boyer : LA CHALEUR DU SEIN

Jean Boyer
LA CHALEUR DU SEIN

1938

La Chaleur du sein affiche

Recherche
maman
désespérément
!

 IL EST UN PEU PARTOUT !

(1938)Michel Quercy (Michel Simon), éminent égyptologue, est l’homme d’un passé mort, comme on le dit d’une langue morte. Il vit sa passion à l’écart de sa famille, comme enfermé dans une pyramide, et s’enflamme à la lecture d’hiéroglyphes,  à discourir sur les colonnades d’Anubis ou les obélisques de Thoutmosis Ier à Carnac. Il n’est pas un père.
Il souhaiterait surtout devenir un père de l’égyptologie, un nouveau Champollion. « Le hiéroglyphe est figuratif dans le premier cas, idéographique dans le deuxième et phonétique dans le troisième. » Mais son fils est loin, qu’il a presque oublié, profitant de ses voyages pour tenter de séduire les jeunes filles.
Fuyant la riche américaine, malheureusement beaucoup trop vieille (Marguerite Moreno) pour lui et qui s’accroche à lui. Il batifole sur le ponton du paquebot, sans voir qu’il fait fuir tous les jeunes effrayés par sa science glacée,  froide et ennuyante. Comme le souligne le barman du paquebot (Henri Vilbert) « il est un peu partout ! ». 

A MUR OUVERT !

Il est partout mais pas où il devrait, c’est-à-dire chez lui, auprès de son fils qui vient de tenter de se suicider. Il décrypte et déchiffre à longueur de temps. Même les hiéroglyphes du bar sont pour lui source de traduction, et de ‘séduction’.  « Il faut savoir déchiffrer les caractères hiéroglyphiques ! Moi, le lis les hiéroglyphes à livre ouvert ! Je peux dire à mur ouvert ! » Il lit le lointain et laisse mourir le présent et l’avenir. Comme conclut Bernadette (Arletty), c’est « un beau cerveau, et c’est tout ! »… « Tu l’es l’archéologue, ça oui ! Tu n’as même été que ça toute ta vie. L’antiquité, le passé, tu t’en occupes. Mais le présent, l’avenir, enfin, je veux dire ton fils ? Et je ne te parle pas de nous… »
Lui, pense avoir donné tout ce qu’il fallait pour son fils. Se retrouvant parfois en panique devant cet enfant qui grandissait trop vite et n’ayant pas la grille de lecture adaptée, la solution était de trouver rapidement une mère, la chaleur d’un sein. « Comment ça, je ne me suis pas occupé de mon fils ? Je lui ai donné des mères jusqu’à dix-huit ans ! Ça ne suffit pas ? » Qu’ont-elles à lui reprocher ?  Une des premières questions lors des retrouvailles : « Pas d’ennuis du côté des mensualités » Il vit son rôle de père par procuration. Il n’est pas responsable de la situation… « Naturellement, j’aurai toujours tort ! »

NOUS SOMMES DES MORCEAUX DE MERE

En France, le fils, Gilbert Quercy (Jean Pâqui- Jean d’Orgeix) et ses trois mères, Mathilde (Jeanne Lion), la mère numéro 1, Adrienne (Gabrielle Dorziat), la mère numéro 2 et Bernadette (Arletty), la mère numéro 3. Une pour chaque période de sa vie avec un style et un âge différent. La moderne, la classique et la bourgeoise. Avec ça et sans sa mère maternelle, il doit se composer une vie. Une vie morcelée, déstructurée. Il ne manque pas d’amour, il manque de réponses à sa vie. Chacune est capable de comprendre, mais seulement une partie, un morceau de son problème, de sa vie : « il a dit a chacune de nous ce qu’elle pouvait comprendre. Une vraie mère aurait tout compris !…C’est vrai ! Nous ne sommes pour lui que des morceaux…des morceaux de mère! Je crois qu’il a besoin de nous trois ! »Aussi, Gilbert livre t-il une partie de la vérité à chacune, « c’est à toi seul que je dis ça ! Parce que toi, tu peux me comprendre ! ».

SENTIR LE MANQUE DANS LE NOMBRE

Pour la première, c’est pour son dégoût de la vie : « la vie me dégoûte ! Je suis un raté ! Tout ce que j’ai tenté, je l’ai raté ! Non par malchance, ni par injustice, mais par incapacité ! Je suis un médiocre ! ». Pour la seconde, la raison de son acte se résume aux conséquences du vol d’une somme d’argent : « l’andouille a voulu se tuer. J’ai pris l’argent à la caisse ! 30000 ! Ça me dégoûte trop ! » Et à la dernière enfin, un problème de cœur : « j’aime une femme qui ne m’aime pas ! Il n’y a que ça qui compte…parce que je l’aime ! »

Le puzzle est en construction. « C’est en les voyant si nombreuses que je sens que quelque chose me manque ! Quoi ? Maman ! »,  avoue t-il a son compagnon Batilly (François Périer)

OUVRE-MOI TON COEUR !

Gilbert, malgré ses 3 mères, n’a toujours pas sa maman. Une qui soit la synthèse des trois. Il la trouvera à la fin du film après avoir trouvé aussi son père. Lui, seul s’inquiète d’abord de son suicide et non des conséquences de son suicide : « j’ai besoin de savoir ce qui t’es arrivé. Ouvre-moi ton cœur ! » La réponse du fils est un flot de reproches retenus toute sa jeunesse : « Tu n’es jamais là !…Je t’ai attendu toute ma vie ! »
Enfin il retrouvera dans ses trois mères. Les voyant partir, il lâchera, doucement, entre ses dents : « au revoir maman ! ». Les pièces d’André Birabeau sont souvent des moments où l’homme ou la femme tente de dire un mot enfoui. Il n’y arrive pas. Toute la pièce sera cet accouchement tant attendu.

A LA RECHERCHE
DU MOT CABALISTIQUE

Les comédies peuvent se résumer ainsi. Dans Baisers Perdus (1932), Henriette n’arrive pas à se rapprocher de son père, à dire « Papa » : «  – (Cogolin) évidemment, ça serait trop beau s’il suffisait pour que tu m’aimes que tu m’appelles « papa »…Mais il n’y a pas de mot cabalistique – (Henriette, avec effort) Ecoute, père…- Et, tu vois, tu ne peux même pas m’appeler papa ! – Mais… – Tu es mon père, je suis ta fille. Il faut bien quelque chose qui nous permette de vivre côte à côte…Il y a un abîme entre nous, c’est certain, mais nous avons le devoir de chercher quelque chose que nous puissions nous jeter l’un à l’autre par-dessus lui. – Quoi ? – N’importe quoi…un lien quelconque…même fragile…quelque chose autour de quoi on pourra peut-être construire ensuite…peu à peu…- Quoi ? – Je ne sais pas, cherchons… » Pour finir avec une dernière réplique dite par Henriette : «  Tâche de revenir vite…Papa ! »

JETER UN LIEN
A TRAVERS L’ABÎME

Dans Un Jour de folie (1923), l’exploration du mot amour sera le thème de la pièce. Comment dire « je t’aime » à l’être aimé. A la fin de la pièce, les reproches de Nicole répondent à une indifférence feinte de Bernard : « – Ah ! Bernard…Ce sont autant de preuves d’amour tous les baisers que vous ne m’avez pas donnés. Vous n’osez peut-être pas vous le dire, mais vous m’aimez… – Non ! » Pour finir avec : J’épouse votre fille – Je croyais que vous ne m’aimiez pas ? – J’osais pas ».

La révélation du mot chez Birabeau se fait toujours dans les derniers instants, toujours avec une retenue extrême. La personne concernée souvent n’entend pas, ou à peine, la déclaration tant attendue.

L’essentiel est de jeter des ponts.

 

Jacky Lavauzelle