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ALPHONSE V NOUVEL HÉRACLÈS – OS LUSIADAS IV-55 LES LUSIADES LUIS DE CAMOES – Este pôde colher as maçãs de ouro

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ALPHONSE V DE PORTUGAL

Ferdinand de Portugal traduction Jacky LavauzelleOS LUSIADAS CAMOES CANTO IV
Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS IV-55 LES LUSIADES IV-55
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Ferdinand de Portugal Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades Trad Jacky Lavauzelle

 Obra Poética  (1556)




OS LUSIADAS IV-55
A Epopeia Portuguesa

 

Traduction Jacky Lavauzelle

Ferdinand de Portugal Camoes Traduction Jacky Lavauzelle
Vasco de Gama

 

Traduction Jacky Lavauzelle

 

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Alphonse V l’Africain


ALPHONSE V DE PORTUGAL

L’AFRICAIN
Sintra 15 janvier 1432 – Sintra 28 août 1481
succède à Edouard I son père en 1438

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ALPHONSE V NOUVEL HÉRACLÈS

« Este pôde colher as maçãs de ouro,

« Alphonse a pu récolter les pommes d’or du Jardin des Hespérides,
Que somente o Tiríntio colher pôde:
Que seul auparavant Héraclès, le héros de Tirynthe, s’était emparé :
Do jugo que lhe pôs, o bravo Mouro
A cause du joug qu’il lui imposa, le courageux Maure
 A cerviz inda agora não sacode.
Ne relève plus le cou désormais.
Na fronte a palma leva e o verde louro
Sur le front s’illuminent la palme et le vert laurier
Das vitórias do Bárbaro, que acode
Des victoires sur le peuple Barbare, venu
A defender Alcácer, forte vila,
Défendre Alcacer, ville fortifiée,
Tângere populoso e a dura Arzila.
La bouillonnante Tanger et la dure Arzila. 

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Traduction Jacky Lavauzelle
Nuno Álvares Pereira

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OS LUSIADAS CANTO IV

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Ferdinand de Portugal Traduction Jacky Lavauzelle

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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LA MORT DU VETERAN CAMOES

Et puis, pour qu’un royaume ait des gens de lettres, il lui faut de l’argent pour les pensionner. Le Portugal, qui épuisait son épargne en flottes, en armées, en constructions de citadelles, ne pouvait avoir dans son budget un chapitre d’encouragemens aux lettres et aux arts. Bientôt même l’état ruiné par ses conquêtes, obéré par la victoire, n’eut plus de quoi suffire aux besoins de ses armées : il finit par ne pouvoir plus nourrir ceux qui l’avaient servi. Camoens mourut à l’hôpital, ou à-peu-près ; mais ce ne fut pas comme poète ; ce ne fut pas comme Gilbert et Maifilâtre à côté d’autres écrivains largement rentes: ce fut comme un vétéran dont la solde manque, ou dont la pension de retraite est suspendue.il mourut comme beaucoup de ses compagnons d’armes, comme mouraient les vice-rois eux-mêmes, qui n’avaient pas toujours (témoin dom Joâo de Castro) de quoi acheter une pouie dans leur dernière maladie.

« Qu’y a-t-il de plus déplorable que de voir un si grand génie si mal récompensé ? Je l’ai vu mourir dans un hôpital de Lisbonne, sans avoir un drap pour se couvrir, lui qui avait si bravement combattu dans l’Inde orientale et qui avait fait cinq mille cinq cents lieues en mer. Grande leçon pour ceux qui se fatiguent à travailler nuit et jour et aussi vainement que l’araignée qui ourdit sa toile pour y prendre des mouches. »
Il peut résulter de cette apostille que José Indio a vu Camoens à l’hôpital, sans qu’il faille prendre à la lettre les mots je l’ai vu mourir.
Ce fut dans ces circonstances que le désastre d’AIkacer Kébir (4 août 1578) frappa de mort le Portugal. Il restait encore à Camoens une larme pour sa patrie : Ah ! s’écria-t-il, du moins je meurs avec elle ! Il répéta la même pensée dans la dernière lettre qu’il ait écrite. « Enfin, disait-il, je vais sortir de la vie, et il sera manifeste à tous que j’ai tant aimé ma patrie, que non-seulement je me trouve heureux de mourir dans son sein, mais encore de mourir avec elle. »
Il ne survécut que peu de mois à ce désastre, et mourut au commencement de 1579, à l’âge de cinquante-cinq ans.
Il fut enterré très pauvrement dans l’église de Santa Anna, dit Pedro de Mariz, à gauche en entrant et sans que rien indiquât sa sépulture. Ses malheurs firent une impression si profonde, que personne ne voulut plus occuper la maison qu’il avait habitée. Elle est restée vide depuis sa mort. Les prévisions de Camoens ne tardèrent pas à s’accomplir. Le Portugal, ce royaume né d’une victoire et mort dans une défaite, tomba bientôt sous le joug de Philippe IL Ce monarque visitant ses nouvelles provinces, s’informa du poète, et, en apprenant qu’il n’existait plus, il témoigna un vif regret….

Charles Magnin
Luiz de Camoëns
Revue des Deux Mondes
Période Initiale, tome 6

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Traduction Jacky Lavauzelle

ARTGITATO
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Ferdinand de Portugal Camoes Os Lusiadas IV Traduction Jacky Lavauzelle

ALPHONSE V DE PORTUGAL

 OS LUSIADAS IV

LUIS DE CAMOES LES LUSIADES


Camoes Canto III

LUIS DE CAMOES LES LUSIADES Chant 3 III-141 OS LUSIADAS – « E pois se os peitos fortes enfraquece »

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OS LUSIADAS CANTO 3
LES LUSIADES CHANT 3Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-141 LES LUSIADES III-141
LITTERATURE PORTUGAISE

Os Lusiadas Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes




Os Lusiadas Canto III Traduction Jacky Lavauzelle Les Lusiades de Luis de Camoes

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue




Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES III-141




OS LUSIADAS III-141
A Epopeia Portuguesa

 

CHANT III
Canto Terceiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso 141
Strophe 141

III-141

Les Lusiades Camoes os lusiadas canto III

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

 

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Luís de Camões Os Lusiadas
OS LUSIADAS III-141
LES LUSIADES III-141
OS LUSIADAS CANTO III

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« E pois se os peitos fortes enfraquece
« Et comme les âmes fortes s’affaiblissent en effet
 Um inconcesso amor desatinado,
 D’un amour incontrôlé et insensé,
Bem no filho de Alcmena se parece,
Comme Héraclès, le fils d’Alcmène, se soumet
Quando em Ônfale andava transformado.
A Omphale qu’elle a totalement transformé.
De Marco António a faina se escurece
  La gloire de Marc-Antoine se trouve  aussi assombrie
 Com ser tanto a Cleopatra afeiçoado.
Par Cléopâtre dans une passion infinie
  Tu também, Peno próspero, o sentiste
Toi aussi, prospère Annibal, tu ressentis ceci
Depois que uma moça vil na Apúlia viste.
Après avoir rencontré une simple fille en Apulie. 

 

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Précisions historiques
et
Retour sur les versets précédents


Sonnet 1 à Sonnet 94 : la naissance du Portugal – Règnes d’Alphonse I, Sanche I, Alponse II et Sanche II. Le sonnet 94 évoque la passation de pouvoir de Sanche II à Alphonse III en 1247, un an avant la mort de Sanche II.
Sonnet 94 : nous partons pour les 32 années de règne d’Alphonse III qui nous conduirons jusqu’en 1279, date du nouveau règne de Denis Ier.
Sonnet 95 : Camoes évoque les prises guerrières d’Alphonse III en Algarve sur les Maures.
Sonnet 96 : le règne de Denis Ier-  Second fils d’Alphonse III. Son règne s’étalera de 1279 à sa mort, le 7 janvier 1325. Il nomme déjà son successeur Alphonse IV Le Brave qui règnera 32 ans de 1325 à 1357. Denis Ier va pacifier son pays – Poète et troubadour, il laissera de nombreux cantigas : cantigas de amor, cantigas de amigo, cantigas de escarnio y maldecir.
Sonnet 97 : création de l’Université de Coimbra sur les bords du Mondego -A Leiria, Denis Ier signera le Scientiae thesaurus mirabilis. L’université de Coimbra est créée en 1290.
Sonnet 98 : Denis Ier reconstruit et renforce son pays. Atropos, une des trois Moires, coupe son fil de vie en 1325. (les 3 Moires : Clotho, celle qui tisse le fil de la vie, Lachésis, celle qui déroule et qui répare le fil et la dernière Atropos, celle qui coupe). Voici venu le règne d’Alphonse IV.

les lusiades

Les Moires
Francisco de Goya
1820-1823
Musée du Prado – Madrid

Sonnet 99 : la traditionnelle opposition entre les Castillans et les Lusitaniens. Mais celle-ci n’empêche pas la solidarité et l’entraide, notamment lors de l’invasion Mauritanienne en terre Castillane.
Sonnet 100 : Les troupes d’invasion sont énormes. Camoes évoque la reine légendaire de Babylone, Sémiramis, celle qui créa Babylone et ses fameux jardins suspendus. L’Hydapse décrit est l’actuel Jhelum (Inde & Pakistan). Les Sarrasins se rassemblent dans le Tartèse (Andalousie).
Sonnet 101 : Alphonse XI de Castille est dépassé par l’armée imposante de l’ennemi sarrasin. Il envoie Marie-Constance, sa femme, pour avoir le soutien d’Alphonse IV du Portugal, qui n’est autre que sa propre fille (que celui-ci a eu avec Béatrice de Castille). Ce n’était pas tout à fait « a caríssima consorte » d’Alphonse XI puisqu’il lui préférait sa maîtresse, Leonor de Guzmán.
Sonnet 102 : Arrivée de la belle Marie-Constance en sanglots devant son père Alphonse IV.
Sonnet 103 : Un rassemblement gigantesque d’armées venues d’Afrique sont derrière le grand Roi du Maroc.
Sonnets 104 & 105 : La supplique de Marie-Constance à son père Alphonse IV. S’il ne vient pas à l’aide d’Alphonse XI de Castille, Marie aura tout perdu.
Sonnet 106 : Camoes compare la demande de Marie à celle de Vénus pour Énée devant Jupiter.
Sonnet 107 : Alphonse IV accepte et regroupe ses forces dans les plaines d’Évora.
Sonnet 108 : Alphonse IV à la tête des troupes lusitaniennes pénètre en Castille avec sa fille Marie-Constance.
Sonnet 109 : 1340 La bataille de Tarifa (Province de Cadix) ou bataille du Salado (30 octobre 1340) se prépare entre les deux Alphonse (IV du Portugal et XI de Castille) face aux armées menées par Abu al-Hasan ben Uthman et Yusuf Ier de Grenade.
Sonnet 110 : Camoes évoque les troupes agaréenne (des descendants d’Agar). Agar, servante d’Abraham donne naissance à Ismaël considéré comme Prophète par les musulmans (Cf. la Sourate Ibrahim). Camoes fait un rapprochement audacieux et fallacieux entre les termes Sarrasins et Sarah. On retrouve couramment cette méprise, par exemple chez  Isidore de Séville (VIe et VIIe siècle, Étymologies, IX,2,57.
Sonnet 111 : Comparaison avec David et Goliath. La foi supérieure à la force.
Sonnet 112 : Avec l’aide de Dieu, les Castillans et les Portugais sont prêts à affronter les armées du Roi du Maroc (Abu al-Hasan ben Uthman) et du Souverain de Grenade (Yusuf Ier de Grenade).
Sonnet 113 : Au cœur du combat. 30 octobre 1340, bataille de Tarifa.
Sonnet 114 et Sonnet 115 : Défaite du Río Salado : Alphonse IV bat les armées de Grenade de Yusuf Ier et part ensuite aider son beau-père Alphonse XI de Castille qui lutte encore contre les Mauritaniens et les troupes de Abu al-Hasan ben Uthman.
Sonnet 116 : Camoes fait référence à deux batailles célèbres pour les comparer à la bataille de Salado : la première, la bataille  de Verceil où les Romains, menés par le général Marius  (157 av. J.-C.- 86 av. J.-C.) écrasèrent les Cimbres, originaire du Jutland, le
30 juillet de l’an 101 av. J.-C., et la Bataille de Cannes (en Italie, Cannæ en Apulie), une des grandes batailles de la deuxième guerre punique où Hannibal Barca et les Carthaginois démantelèrent les troupes de la République Romaine le 2 août 216 av. J.-C. menés par consuls Caius Terentius Varro et Lucius Æmilius Paullus.
Sonnet 117 : Bataille de Salado Seul Titus a tué autant d’âmes. Titus en 70 détruira Jérusalem et incendiera le Temple d’Hérode. Référence à  Daniel IX – 26 [26 Et après soixante et deux semaines le Christ sera mis à mort ; et le peuple qui le doit renier ne sera point son peuple. Un peuple avec son chef qui doit venir détruira la ville et le sanctuaire ; elle finira par une ruine entière, et la désolation qui lui a été prédite arrivera après la fin de la guerre. – La Sainte Bible traduite par Lemaistre de Sacy]
Le Cocyte :  fleuve des Enfers, affluent de l’Achéron ou du Styx.
Sonnet 118 : Alphonse IV victorieux rentre au Portugal. Début de l’histoire d’Inès de Castro qui deviendra la Reine Morte. Pierre Ier, fils d’Alphonse IV prendra le trône en 1357. En 1360, cinq après la mort d’Inès, Pierre rend public son mariage (par la proclamation de Cantanhede).
Sonnet 119 : Le pouvoir et les actions du cruel et pur Amour.
Sonnet 120 : La jeunesse innocente et paisible d’Inès sur les bords du Mondego.
Sonnets 121 & 122 : L’immense amour qui lie Inès à Pierre. Inquiétudes du père.
Sonnet 123 : Le père, le roi Alphonse IV, se prépare à retourner son glaive et frapper Inés de Castro, afin de rompre le sortilège qui les lie.
Sonnets 124 & 125 : Inès est portée devant Alphonse IV, d’abord saisi de pitié, ensuite, pressé par la foule, la condamnant.
Sonnets 126 & 127 : Début du réquisitoire d’Inès qui argumente sa défense en évoquant les colombes qui sauvèrent Sémiramis, la fondatrice de Babylone, et de la louve qui allaita Rémus et Romulus. Alphonse aurait-il moins de cœur qu’eux et serait-il sans pitié ?
Sonnets 128 & 129 : Inès implore l’exil, même dans les contrées les plus hostiles.
Sonnet 130 : Le roi souhaite le pardon mais il est soumis à la pression et à la colère du peuple qui souhaite qu’une exécution soit prononcée.
Sonnet 131 : Evocation de la digne mort de Polyxène, fille d’Hécube, aimée d’Achille, et tuée par Pyrrhus, le fils d’Achille.
Sonnet 132 : Inès assassinée. Camoes insiste sur le contraste entre la blancheur immaculée et sereine d’Inès et la rage déchaînée des tueurs.
Sonnet 133 : La supplique au Soleil, pour qu’il détourne ses rayons de telles atrocités, comme par le passé avec Thyeste.
Sonnet 134 : Inès tuée  dans l’éclat de sa jeunesse, telle une marguerite coupée prématurément.
Sonnet 135 : Les Nymphes du Mondego célèbrent la Source des Amours en mémoire d’Inès.
Sonnet 136 : Les meurtriers d’Inès sont arrêtés.
Sonnet 137 : Le règne juste et sanguinaire de Pierre Ier de Portugal, (Pedro I de Portugal) dit Pierre le Justicier (Pedro o Justiceiro)
Sonnet 138 : Le règne  désastreux de Ferdinand, le fils de Pierre, qui met en péril l’existence-même du Royaume.
Sonnet 139 : La passion désastreuse de Ferdinand Ier avec Leonor Teles de Meneses la Perfide,  « a aleivosa », qui deviendra par la suite reine consort de Portugal entre 1371 et 1383.

Éléonore Teles de Menezes
Éléonore Teles de Menezes la Perfide  A aleivosa

Sonnet 140 : Camoes évoque dans ce sonnet les personnages illustres qui furent condamnés par la justice divine en raison du péché de luxure :
Le viol de Lucrèce par Sextus Tarquin
Virginie déshonorée par Appius Claudius
(Extrait des Juges La Sainte Bible – traduite
par Le Maistre de Saci – Chapitre XIX)
« 24 : J’ai une fille vierge, et cet homme a sa concubine ; je vous les amènerai, et vous les aurez pour satisfaire votre passion : je vous prie seulement de ne pas commettre à l’égard d’un homme ce crime détestable contre la nature.
25 : Mais le Lévite voyant qu’ils ne voulaient point se rendre à ses paroles, leur amena sa femme, et l’abandonna à leurs outrages ; et ayant abusé d’elle toute la nuit, quand le matin fut venu, ils la laissèrent.
26 : Lorsque les ténèbres de la nuit se dissipaient, cette femme vint à la porte de la maison où était son mari, et y tomba étendue par terre.
27 : Le matin son mari s’étant levé, ouvrit la porte pour continuer son chemin, et il y trouva sa femme couchée par terre, ayant les mains étendues sur le seuil de la porte.
28 : Il crut d’abord qu’elle était endormie, et lui dit : Levez-vous, et allons-nous-en. Mais elle ne répondant rien, il reconnut qu’elle était morte ; et l’ayant prise, il la remit sur son âne, et s’en retourna en sa maison.
29 : Etant venu chez lui, il prit un couteau, et divisa le corps de sa femme avec ses os en douze parts, et en envoya une part en chacune des tribus d’Israël.
30 : Ce que les enfants d’Israël ayant vu, ils crièrent tous d’une voix : Jamais rien de tel n’est arrivé dans Israël, depuis le jour que nos pères sortirent d’Egypte jusqu’aujourd’hui : prononcez là-dessus, et ordonnez tous ensemble ce qu’il faut faire en cette rencontre. »
-David et Bethsabée, qu’il enleva de son mari Urie le Hittite en le faisant mourir au combat
– La vengeance contre les exactions des hommes de la tribu de Benjamin sur la tribu de Lévi
– L’épisode où Pharaon cherche à séduire Sarah, qui lui est présentée comme la sœur d’Abraham (Extrait de la Genèse – La Sainte Bible – traduite par Le Maistre de Saci – Chapitre XII) :
– « 13 : Dites donc, je vous supplie, que vous êtes ma sœur : afin que ces gens-ci me traitent favorablement à cause de vous, et qu’ils me conservent la vie en votre considération.
14 : Abram étant entré ensuite en Egypte, les Egyptiens virent que cette femme était très-belle.
15 : Et les premières personnes du pays en ayant donné avis à Pharaon, et l’ayant fort louée devant lui, elle fut enlevée et menée au palais du roi.
16 : Ils en usèrent bien à l’égard d’Abram à cause d’elle ; et il reçut des brebis, des bœufs, des ânes, des serviteurs et des servantes, des ânesses et des chameaux.  »
Sonnet 141 : les ravages de la passion dans l’histoire sur des cœurs aguerris et forts : Héraclès, Marc-Antoine, Annibal.

Jacky Lavauzelle
Camoes Les Lusiades

OS LUSIADAS CANTO 3
LES LUSIADES CHANT 3

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os lusiadas canto 3 les lusiades

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Luís Vaz de Camões Os Lusiadas Les Lusiades
OS LUSIADAS III-141 CAMOES LUSIADES III-141
Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Les Lusiades Chant 3 Camoes Canto III

 OS LUSIADAS III CANTO 3
LES LUSIADES CHANT 3
LUIS DE CAMOES LES LUSIADES

Camoes os lusiadas canto III

OS LUSIADAS II-62 LES LUSIADES

OS LUSIADAS II-62 LES LUSIADES II-62
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES II-62

OS LUSIADAS II-62

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT II
Canto Segundo

Traduction Jacky Lavauzelle

verso  62
Strophe 62

II-62

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

800px-nama_heracles__busirisHéraclès tuant le roi Busiris, péliké attique à figures rouges du Peintre de Pan, v. 470 av. J.-C.
Musée national archéologique d’Athènes

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LES LUSIADES II-62
OS LUSIADAS II-62

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« Não tens aqui senão aparelhado
« Tu ne trouveras rien ici, sinon
O hospício que o cru Diomedes dava,
 L’hospitalité que Diomède donna,
 Fazendo ser manjar acostumado
 En faisant régulièrement dévorer 
   De cavalos a gente que hospedava;
 Par ses chevaux les invités qu’il abritait ;
As aras de Busíris infamado,
 Les autels de l’infâme Busiris, 
Onde os hóspedes tristes imolava,
Lorsqu’il immolait les malheureux hôtes,
 Terás certas aqui, se muito esperas.
 Tu les auras ici si tu ne te hâtes.
 Fuge das gentes pérfidas e feras.
 Fuis ces gens perfides et féroces.

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os-lusiadas-ii-62-les-lusiades-ii-62-luis-de-camoes-artgitato-mercurius-mercure-hendrick-goltzius-1597Mercure
Hendrick Goltzius
1597

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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LES LUSIADES II-62
OS LUSIADAS II-62

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LA VIE DE LUIS DE CAMOES
par Charles Magnin

( Extrait )
Par En cherchant à montrer la différence qui sépare la vie aventureuse et active des écrivains portugais, notamment celle de Camoens, de la vie casanière et posée de la plupart de nos gens de lettres, je ne prétends pas élever par-là les œuvres des uns, ni déprimer les productions des autres. Je n’en crois pas les élégies de Camoens plus touchantes parce qu’elles sont datées d’Afrique, de la Chine et de l’Inde ; je n’en estime pas Polyeucte et Cinna moins admirables, parce que le grand Corneille n’a guère fait de plus longues pérégrinations que le voyage de Paris à Rouen. Je ne conseille à personne de louer un cabinet d’étude à Macao ; mais je crois que, généralement, si les ouvrages écrits au milieu des traverses et au feu des périls ne sont pas plus beaux, les vies de leurs auteurs sont plus belles. Indépendamment de la variété des aventures, on y trouve plus d’enseignements. J’admire et j’honore infiniment La Fontaine et Molière, mais j’honore et j’admire encore plus, comme hommes, Cervantès et Camoens. A mérite de rédaction égal, une histoire littéraire du Portugal serait un meilleur et plus beau livre qu’une histoire littéraire de notre dix-septième ou dix-huitième siècle. C’est une chose bonne et sainte que la lecture de ces vies d’épreuves, que ces passions douloureuses des hommes de génie, Je ne sache rien de plus capable de retremper le cœur. C’est pour cela que dans ce temps de souffrances oisives, de désappointements frivoles, de molles contrariétés et de petites douleurs, j’ai cru bon d’écrire l’étude suivante sur la vie de Luiz de Camoens.
….

HENRY KISTEMAECKERS (Le Roi des Palaces, 1919) : LE PORTIER DU MONDE

Henry Kistemaeckers




Le Roi des Palaces (1919)
Le Portier du Monde

Le monde se réduit à l’Italie, puis à Florence, pour ne garder qu’un hôtel. Mais pas un hôtel ordinaire, un Palace. Pas n’importe quel Palace, le Palace des Palaces, le « Palace Français ». Le Monde se retrouve sur ce rocher, au-delà des rires et des tempêtes. Tel un navire, qui toujours se trouve gouverné d’une main de maître, ce Palace garde sa trajectoire. Et le grand maître à bord, c’est Claude, le Portier. Les êtres qui accostent sur cette rive, lui donnent la main, comme s’ils cherchaient une bouée de sauvetage, dans ce monde inquiétant. Et Claude, noble et généreux, la tend à ceux qu’il choisit de sauver. Il est le nouvel Atlas, celui qui porte le monde, le Porteur de l’Univers. Germaine, à l’instar d’Héraclès, lui fera quitter son poste et le monde vacillera…

L’ARAIGNEE AU CENTRE DE SA TOILE



Le Roi des Palaces d'Henry Kistemaeckers (1)



« Régis Gignoux, dans le Figaro, et le nom même de ce journal oblige à le citer d’abord, puisqu’on put dire, dorénavant, le Portier de Florence comme on dit le Barbier de Séville : « Dans les villes, le palace contient le monde entier comme un transatlantique sur la mer. Le portier est le commissaire du bord. Il voit tout, il entend tout, il sait tout. C’est un souverain absolu qui est son propre chef de police, son propre ministre des Finances et des Affaires Etrangères. Il vous attend au détour de la porte à quatre tambours dans laquelle on roule comme une bête prise au piège. Il vous toise, vous ausculte, vous jauge, vous catalogue. C’est l’araignée au centre de sa toile ; c’est Briarée aux cent bras ; c’est Antée qui, chaque fois qu’il se courbe à terre, reprend des forces. M. Henry Kistemaeckers, qui a toujours aimé la mécanique, démonte aujourd’hui cet automate. Il lève la livrée comme un capot et nous découvre le moteur. O merveille ! Ce monstre fabriqué par la civilisation est encore un homme. » » (Robert de Beauplan, La Petite Illustration n°153, 14 juillet 1923)

CA M’A PRIS TRENTE ANS

Nous nous retrouvons au Palace Français, à Florence, où « les verrières laissent apercevoir les rives de l’Arno et les coteaux florentins ensoleillés. » Dans ce microcosme, où toutes les catégories sociales se retrouvent, bourgeois, nobles, servants, chasseurs, détectives, et où toutes les nationalités se mélangent, trône Claude, le Portier du Palace. C’est son royaume, il y règne avec tous les pouvoirs.

Le Roi des Palaces d'Henry Kistemaeckers (2)



Claude a fait ses dures classes dans l’ensemble des corps de métiers ; il n’a hérité de rien, mais acquit grâce à son travail et à sa sueur. Il est ainsi monté en grade petit à petit pour, enfin, détenir le grade suprême de Portier. « Ainsi, j’ai pris mes grades, vagabond de première classe, boy de grill-room, racoleur de gares, chasseur de restaurant, garçon de jeu, interprète extra, sous-portier de palaces, Portier ! …Je vous dis ça en trente secondes, mais ça m’a pris trente ans ! »

LE PORTIER, C’EST LE BON DIEU

Une fois Portier, il est devenu le maître incontesté. Il est capable de reconnaître la moindre variation d’accent ; Il connaît six langues. « Le portier est international. » Il sait qu’il a tous les pouvoirs, plus encore que le gérant ou le président. « J’ai celui d’avoir été, pendant trente ans, un des hommes les plus indépendants du monde entier (Claude)… Le portier, ici, c’est le bon Dieu (Le Maître d’Hôtel)…Quand je suis dans un Palace, il n’y a pas de gérant. Le gérant, c’est moi. Un portier qui, dans son hôtel, n’est pas maître après Dieu, ce n’est pas un portier !…C’est un concierge ! (Claude)…C’est un homme de bon vouloir (Pitalugue)…Votre couronne ! Car, décidément, vous vous croyez le roi des Palaces ! (Rochereau)»

LE CONSEILLER, LE CONFESSEUR, LE TYRAN OU L’AMI

Le Roi des Palaces d'Henry Kistemaeckers (4)

Il est plus que le roi de ce Palace, « C’est M. Rochereau qui l’a dit : je suis le roi des Palaces ! »,  il est la somme, la totalité des connaissances, l’intégralité des informations. Il sait tout et se doit de tout savoir, car il personnifie l’hôtel ; il en est la figure de proue, le grand mât, la coque, la structure flottante et l’ensemble des voiles. « Ce n’est pas l’homme qui parle, c’est l’hôtel. » Ernest Charles, dans l’Opinion, disait aussi que « le portier de grand hôtel observe et juge la société bariolée qui circule dans le hall. Il est le conseiller et souvent le confesseur. Il est le tyran ou l’ami. Il porte la livrée. Mais il est un  potentat. Il sait sa puissance et, s’il n’en abuse pas, c’est parce qu’il est maître de lui comme de son univers. Le roi des palaces n’est pas seulement une silhouette, une figure, il est un caractère. Dans le cosmopolitisme moderne, il a sa place, il joue son rôle. Il est clairvoyant, partant désabusé. Il est intelligent de tout et de tous. » (La Petite illustration n°153)

AVANT D’ÊTRE MEGALOMANE, J’ETAIS LECTOMANE



Il sait tout aussi des petits travers de chacun, d’un accent qui révèle la véritable identité d’un client. Il sait ce que chacun montre, ce qu’il évite de dire, ce qu’il cache. Il sait tout dès que l’on franchit la porte à tambours. Claude le clame haut et fort, notamment à Victoire : « Vous ne connaissez rien à la nature humaine. » Mais, par extension, il connaît tout ce qui touche de près ou de loin le Palace, la mondanité internationale ou la ville de Florence, « je connais tous les pendentifs de Florence. (Claude) » ; Vous cherchez des primitifs authentiques ? Demandez à Claude ! « Comment donc, monsieur !…Chez Giotto, monsieur ! Tout ce qu’il y a de plus authentique ! »  Depuis trente ans, Claude a appris, il a lu, beaucoup lu, jusqu’à se comparer à une bibliothèque ambulante. «Avant d’être mégalomane, j’étais lectomane…Simple groom, on m’appelait la Bibliothèque, parce que j’avais des bouquins plein les poches… »

Le Roi des Palaces d'Henry Kistemaeckers (5)

 

IL POURRAIT ÊTRE GRAND SEIGNEUR
Il possède aussi les êtres, surtout les femmes ; « j’en ai eu à la pelle ! Des veuves…Dans ma position, c’est le courant. » Et s’il sait les posséder, c’est qu’il sait être disponible, être à l’écoute du moindre besoin et apporter une attention particulière au plus petit souhait et au plus ténu désir. « Il protège…Je vous assure, pour une femme seule…Il prévient vos moindres désirs…Quand vous ne savez pas où aller, il vous donne une idée ; quand il pleut, il vous donne un parapluie ; quand la poste est fermée, il vous donne un timbre… (Germaine)» Ernest Charles, dans l’Opinion citée ci-dessus, il ajoutait que dans sa compréhension de la gente féminine, il se montrait toujours un grand seigneur : « Les femmes ne laissent pas de l’intéresser. Il leur est pitoyable. Il est clément à leurs caprices, indulgent à leurs folies. L’indulgence n’est-elle pas au fond de son âme de critique satiriste ! L’indulgence et la résignation. Il se hâte de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer. Et il se contente d’être un portier, parce qu’il pourrait être un grand seigneur… »

Les femmes, Claude les connaît « à fond » : « ça ne m’a pas pris longtemps. Il y a des gens à qui ça prend toute une vie…Moi, ça m’a pris un quart d’heure…J’ai compris pour toujours. Ce qu’il faut à la femme, c’est de la violence dans la mesure. »

ÊTRE OU NE PAS ÊTRE ENGUIRLANDE, VOILA LA QUESTION

C’est donc sur cette toute-puissance qu’un défi sera lancé à Claude. C’est Victoire qui s’y colle. Même deux défis ! Qui peut le plus, …Il faudra d’abord séduire Mme Berlingaux et ensuite Victoire elle-même, « Votre numéro, c’est le numéro 2. »

Le Roi des Palaces d'Henry Kistemaeckers (6)

Claude a des atouts en plus de sa divinité et de sa toute-puissance. Il est philosophe. Il pose des questions qui, sans être existentielles, restent fondamentales. Il se pose la problématique, comme tout philosophe, de la cause première et donc de la question : « Être ou ne pas être enguirlandé, voilà la question » ou encore « la question, c’est d’être calme. »

LE SECRET DU BONHEUR

Mais la recherche dernière reste celle du bonheur. Claude reprend, questionne, s’interpose, ajoute, finalise, mais toujours avec la bonne humeur, tout en sifflotant des airs. « Avec du calme et de la bonne humeur, on se rend sympathique à la vie ; elle vous aide…Tandis qu’un esclandre n’a jamais fait retrouver des perles dans un Palace. Au contraire, ça fait fuir les perles et, ce qui est plus grave, les clients…Il y a Claude, le secret du bonheur. »

Car bien plus qu’un métaphysicien, Claude est un moraliste. « Je parle au moral. Caractère ambitieux, tempérament de feu, préjugés absurdes, idées fausses, idées fixes… »

JE SUIS LE PRÊTRE, LE MEDECIN, LE PORTIER

Plus qu’un roi philosophe, Claude est le factotum, manager, confesseur, psychologue ou médecin. « Laissez-moi faire, je suis le prêtre, le médecin, le portier…D’où souffrez-vous ? De la tête, de l’estomac, du cœur ? Non, vous souffrez de votre nom. Votre maladie, c’est Berlingaux…J’ausculte, madame, je suis un ‘psychologue’. Et j’ausculte. Votre appendicite, c’est Berlingaux… » Claude est le médecin de cette petite société qui parcourt les couloirs, les chambres et le hall du Palace.

Mais loin d’être un dieu tutélaire et absolu, il aime que le hasard se glisse dans la vie du palace. Comme s’il ne se concevait véritablement maître qu’avec des sujets conscients de leur libre-arbitre. « Moi, j’aime l’imprévu, je ne suis pas comme vous, je ne veux rien me figurer d’avance. » (Claude à Germaine)

DE L’INDEPENDANCE A L’ESLAVAGE

Puis vient le moment où Claude, héritier d’un titre de noblesse ancien, accepte un mariage avec Germaine, et une contrepartie de quarante millions de francs. Il se retrouvera Prince de Luçange, dans un gros château. Mais, loin de son ancien prestige, il déclinera car il se retrouvera déconsidéré par tous, y compris par les domestiques. « Les larbins me traitaient comme un pédezouille !…Les jardiniers aussi, tout le monde me traitait comme un pédezouille ! Moi ! Moi, Claude de Coucy, qui avais été pendant trente ans l’homme le plus indépendant de l’univers, mon seul maître et maître des palaces, c’est-à-dire de toute la vie moderne, depuis qu’on m’avait foutu six cents ans de noblesse, je devais obéir à tout le monde, à mes ancêtres, à mes titres, aux lois de l’honneur, à la tradition, aux convenances, aux quarante millions de ma femme !…Et j’étais devenu un esclave, l’esclave de tout ça, moi qui n’ai même jamais pu consentir à être seulement l’esclave de ma parole ! »

En réalité, Claude, sans son statut de portier, n’est plus rien, comme un tigre sans dents. Il a besoin de sa liberté comme d’un soleil, comme de son oxygène. Il a besoin de gouverner, de commander. « Roi je suis, prince ne daigne, je suis le Portier !…Et, sur ce, j’ai marché vers le grand soleil de la liberté !…J’aime trop le pouvoir. »

Le pouvoir de Claude n’est pas triste et ne corrompt rien ; il n’en profite pas non plus. Ce pouvoir lui permet d’exister pleinement. Car Claude sait « être grand seigneur. »

 Jacky Lavauzelle

(Texte et photos sont parus dans la Petite Illustration n°153 du 14 juillet 1923)

Le Roi des Palaces a été représenté pour la première fois au Théâtre de Paris, le 12 avril 1919

Dans le rôle de Claude : Max Dearly ; dans celui de Germaine : Madame Cassive ; dans le rôle de Victoire : Alice Clairville

Le Roi des Palaces d'Henry Kistemaeckers (3)