Archives par mot-clé : géorgie

LE CHAMP ENSOLEILLE – THE SUNNY FIELD – ZURAB TSERETELI – ზურაბ წერეთელი

*****
CHAMP ENSOLEILLE

Zurab Tsereteli
ზურაბ წერეთელი
Зураб Константинович Церетели

*Zurab Tsereteli Les champs ensoleillés

Zurab Tsereteli ზურაბ წერეთელი PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

Zurab Tsereteli ზურაბ წერეთელი PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა

____________________________________________________________


ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი





ZURAB TSERETELI
ZOURAB TSERETELI
ლადო გუდიაშვილი
Зураб Константинович Церетели

Né le 4 janvier 1934 à Tbilissi
დაიბადა 1934 წლის 4 იანვარს თბილისში


________________________

მზიანი ველი
Mziani veli
LE CHAMP ENSOLEILLE
Солнечное поле
THE SUNNY FIELD

1979

____________________________________

Huile sur toile
Oil on canvas
холст, масло

Zurab Tsereteli – Le champ ensoleillé – 1979
Zurab Tsereteli – Le champ ensoleillé – 1979 – Détail

J’ai brûlé tant de matins tristes que des ombres sont venues
Avant j’admirai les étendues des légèretés des lieux
Avant les lèvres s’appelaient des lèvres
Et les fleurs se nommaient des fleurs
Maintenant les fleurs envahissent le dernier coin de mon monde
Où jamais aucun pas n’est passé
Quand nait la pluie
Le thé servi attend froid sur la table froide
La belle se contemple et mêle son âme aux choses les plus laides qui soient
La toison à foison dans les fonds des tréfonds s’enfonce
Mais les fleurs sont là qui poussent dans mes membres
Les gouttes pendues à sa jambe tendue
Se pendent après s’être pendues dix fois
Quand vient la nuit
Des fleurs encore des fleurs
Les lanternes se fanent aussi vite que le cri qui dans le fond s’attarde
Les lumières rendues à un ciel fendu
Quand vient l’ennui
Les maisons écrasées par le poids d’un pétale
Une goutte tombe et retombe sans cesse
Une larme nue pendue à l’embrasure
Quand vient l’envie
La belle à l’éventail retourne se coucher auprès de la montagne
Du charme cru qu’a connu la première fleur inconnue
Que couvrait le petit sentier
Nu comme un ver

Jacky Lavauzelle

I burned so many sad mornings that shadows came
Before I admired the expanses of the lightness of places
Before the lips were called lips
And the flowers were named flowers
Now flowers are invading the last corner of my world
Where ever no step has passed
When the rain begins
The tea served cold wait on the cold table
The beauty is contemplating and mixing her soul with the ugliest things that are
The fleece abundant in the depths deep sinks
But the flowers are there growing in my limbs
The drops hanging from his outstretched leg hang out after hung ten times
When comes the night
Flowers and flowers and more flowers
The lanterns are fading as fast as the cry that in the background lingers
The lights go to a destroyed and unbridled sky
When comes the boredom
Houses crushed by the weight of a petal
A drop falls and falls again and again
A naked tear hanging at the doorway
When comes the desire
The beautiful with feathers of fire goes back to sleep near the mountain
From the raw charm of the first unknown flower
What was covered by the small path
Nude as a worm

*****
CHAMP ENSOLEILLE
მზიანი ველი

Zurab Tsereteli
ზურაბ წერეთელი
Зураб Константинович Церетели

*Zurab Tsereteli Les champs ensoleillés

Zurab Tsereteli ზურაბ წერეთელი PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

LE GRAND ENCHANTEUR Sculptures de David Monavardisashvili დავით მონავარდისაშვილი

*****


PEINTURES ET SCULPTURES
David Monavardisashvili
დავით მონავარდისაშვილი

*

David Monavardisashvili დავით მონავარდისაშვილი SCULPTEUR GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

David Monavardisashvili დავით მონავარდისაშვილი SCULPTEUR GEORGIEN - GEORGIE TBILISSI - ნარიყალა

____________________________________________________________


ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი





DAVID MONAVARDISASHVILI
 დავით მონავარდისაშვილი

Né en 1959

 


LE GRAND ENCHANTEUR
დიდი ჯადოქარი
didi jadokari

________________________

David Monavardisashvili utilise comme personne son talent avec sarcasme et raillerie. Mais la classe de David Monavardisashvili  vient de sa fraîcheur et de sa fantaisie. Il est capable de rire, ou de sourire de tout. Peu savent utiliser sa maîtrise pour dire autant dans une sensation de simplicité. Les sculptures regorgent de tant de détails et dans d’outils et d’objets anciens. Les combinaisons infinies de plaques, d’écrous, de clés pourront donner un banc, un personnage. Elles donneront toujours une âme et une énergie fondamentale. David Monavardisashvili  dédramatise son propos, même s’il est souvent d’une grande et éclatante actualité, la paix, l’harmonie, l’ouverture, la rencontre. Mais il est toujours profond. Il n’y a pas d’humour innocent, dit-on. Sigmund Freud disait même que l’humour ne se résigne pas, il défie. Nous aimons les défis que David se jette et qu’il nous jette. Le défi est de sauver cette étincelle qui nous éclaire tous un peu quand nous faisons l’effort incroyable de ne pas sombrer et de jeter l’éponge. Si chaque œuvre se découvre avec la joie de l’enfant découvrant un nouveau jouet et de nouvelles idées, c’est que sa création est magique et enchanteresse. Nous sommes dans un conte où se raconte à chaque instant des histoires nouvelles. David Monavardisashvili  se plonge dans le monde à la recherche d’objets du quotidien, à la recherche de notre quotidien. Il va rechercher des objets à jamais perdus et condamnés à l’oubli pour leur donner une âme globale et englobante d’une création qui les dépasse. Avec David Monavardisashvili , il y a de la magie partout et il est capable de rendre n’importe quel lieu magique. Les enchanteurs sont rares, il faut les préserver.

SERIE
ოთხი სავარძელი
otkhi savardzeli
Quatre sièges
მოქანდაკის ავტოპორტრეტი
mokandak’is avt’op’ort’ret’i
AutoPortrait de sculpteur
2005-2008

***

კლოუნი
Klouni
CLOWN
2007

კენტავრი
Kentavri
LE CENTAURE
CENTAUR
2012

***

 

***

***

ლითონი ტყავი, შერეული ტექნიკა
Cuir avec métal, techniques mixtes
რკინი, ტყავი
Rvini, Tkavi
Fer, cuir

Iron, leather
115x80x80

***

***

ლითონის “ხე”
L’ARBRE D’ACIER
STEEL TREE
[“ნატვრის ხე” – L’arbre des arbres]
[“სიცოცხლის ხეს” – L’arbre de vie]
2016

Le tronc est constitué de 25 portes de four différentes
ფიგურის ტანზე კი ჩამონტაჟებულია სხვადასხვა პერიოდის 25 ღუმლის კარი.
L’arbre fait tellement parti du parc qui longe la Koura que vous pouvez passer à côté sans même le voir. Il a tout d’un arbre ordinaire, de loin et en plein jour. Dès que la nuit arrive, l’arbre ne peut pas être manqué. Les lumières apportent des ombres nouvelles et de nombreux détails se laissent entrevoir.
Une chaise et un chien ont été rajoutés depuis qui donne à l’ensemble un aspect familial. L’arbre est aussi un long arbre généalogique avec tous ses enfants et tous les parents de Tbilissi. L’arbre évoque l’histoire du vieux Tbilissi.
Dans la sculpture en bois, les oiseaux sont empilés à partir de divers matériaux, dont certains en céramique, en métal, et d’autres, par exemple, en pièces d’argent et en pièces d’horlogerie. Sur les branches de bois, comme les nids d’oiseaux, des vieilles maisons de Tbilissi sont dispersées. L’harmonie qui règne à Tbilissi entre les diverses religions est représentée par des synagogues, des minarets, des églises. L’arbre de vie est aussi un arbre pacifique avec un casque qui sert de nid sur l’une des branches. Les armements militaires sont détournées : des chars sont transformés en maison calme et sereine.
Tbilissi est aussi une ville d’ouverture et de partage. Ces échanges sont marqués par de nombreuses portes ouvertes.

VIDEO
დავით მონავარდისაშვილი, სიცოცხლის ხე ევროპის მოედანზე
David Monavardisashvili, Arbre de vie sur la place de l’Europe

*****

ATELIER DE L’ARTISTE

2012

2013

David Monavardisashvili 21.02.2013 Partie 2
დავით მონავარდისაშვილი 21.02.2013 ნაწილი 2

*****
PEINTURES ET SCULPTURES
David Monavardisashvili
დავით მონავარდისაშვილი

*

David Monavardisashvili დავით მონავარდისაშვილი SCULPTEUR GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

David Monavardisashvili დავით მონავარდისაშვილი SCULPTEUR GEORGIEN - GEORGIE TBILISSI - ნარიყალა

____________________________________________________________

Eglise d’Antioche Mtskheta – მცხეთა – ანტიოქიის ტაძარი

*****
Eglise d’Antioche MTSKHETA
მცხეთა  – ანტიოქიის ტაძარი

*

 L'église d'Antioche MTSKHETA -  მცხეთა  - ანტიოქიის ტაძარი

L'église d'Antioche MTSKHETA - მცხეთა - ანტიოქიის ტაძარი
Géorgie
საქართველო

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

L'église d'Antioche MTSKHETA - მცხეთა - ანტიოქიის ტაძარი

____________________________________________________________





L’EGLISE D’ANTIOCHE MTSKHETA
მცხეთა  – ანტიოქიის ტაძარი


________________________

ეკლესია დგას მცხეთაში მდინარე არაგვის მარჯვენა ნაპირზე, არაგვისა და მტკვრის შესართავთან
L’église se trouve à Mtskheta, sur la rive droite du fleuve Aragvi, à l’embouchure d’Aragvi et de Mtkvari

******

L’ENTREE DE L’EGLISE

**

LA MAQUETTE DE
L’EGLISE D’ANTIOCHE MTSKHETA

(à l’entrée)

L'EGLISE D'ANTIOCHE MTSKHETA

**

VUE DE L’EGLISE
(AU FOND LE MONASTERE DE DJVARI)

***

La conversion des Géorgiens à la religion Chrétienne
par
Patriarche Macaire d’Antioche

Apprends, ô lecteur, que dans les premiers temps du Christianisme, l’Apôtre André est venu chez les Géorgiens pour les éclairer par la foi chrétienne et le saint baptême. Mais après quelque temps ils sont redevenus païens. Bien des années plus tard ils ont été ramenés à la religion chrétienne par l’influence d’une femme chrétienne du nom de Nina qui était leur prisonnière. Elle y est parvenue à la suite de guérisons et de divers miracles qu’elle avait faits parmi eux. Entre autres, elle a guéri la reine de Géorgie qui souffrait depuis de longues années d’une maladie inguérissable.
La sainte qui avait refusé d’accepter les riches présents envoyés par la Reine, conseilla à cette dernière de se faire baptiser, avec son mari le Roi Mirbâne ainsi que tout le peuple de Géorgie.
La Reine lui obéit et conseilla au Roi de renier ses anciennes erreurs et d’avoir foi en Jésus-Christ. Le Roi ayant refusé d’embrasser le Christianisme, devint aveugle. Ce malheur le força de s’adresser à sainte Nina à laquelle il promit de se faire baptiser avec tout son peuple dans le cas où elle lui rendrait la vue.
Elle lui rendit la vue et lui ordonna d’envoyer une ambassade à l’Empereur Constantin le Grand pour l’entretenir des affaires de la Géorgie et le prier de leur envoyer un évêque qui les baptiserait et leur donnerait les premiers enseignements dans la religion chrétienne.
Le Roi s’étant conformé à la demande de la sainte, Constantin le Grand en fut très réjoui et leur envoya le Patriarche d’Antioche, Anastase, puisqu’ils avaient appartenu, jadis, à son Patriarcat.
Anastase se rendit donc en Géorgie dont il baptisa le peuple.
Il y construisit des églises, il y sacra des évêques, des prêtres et des diacres.
Le Roi de Géorgie fit don au Patriarche de mille bourgades, dont le revenu annuel devait être dépensé pour la préparation du saint Chrême que le Patriarche d’Antioche seul avait le droit de préparer, et c’est de cette ville qu’on la distribuait au monde entier.
Après avoir accompli tout cela il s’en retourna chez lui.
Les bourgades géorgiennes susmentionnées envoyaient tous les ans mille dinars au Patriarche d’Antioche et cet usage continua jusqu’au règne du Khalife d’Égypte el-Hâkim-biemr Allâh (l’an 400 de l’Hégire), qui envoya Oreste, Patriarche de Jérusalem, à Constantinople pour conclure un traité d’amitié avec les Byzantins. Lorsque le Patriarche Oreste passa par Antioche, Jean, Patriarche de cette ville, lui céda les mille dinars qu’il recevait de Géorgie, à condition qu’on priât toujours à Jérusalem pour le salut de son âme ; sans, pourtant, lui céder la suprématie du Patriarcat d’Antioche sur la Géorgie.
Les successeurs des archevêque morts devaient toujours aller se faire sacrer à Antioche et, après avoir été choisis par leur roi et leurs évêques, être sacrés par le Patriarche d’Antioche.
Effectivement, ce dernier les sacrait et les renvoyait dans leurs pays. Cet usage a été en vigueur jusqu’à la conquête d’Antioche et des autres pays Syriens par les musulmans.
Cet ordre de choses se maintint bien des années, mais après la conquête musulmane le Patriarcat d’Antioche resta vacant pendant quarante ans ; puis enfin, Stéphane le Dieux fut élu Patriarche. Il fut succédé par Théophilacte le prêtre de la ville de Roha (Édesse).
C’est de son temps que David, Roi d’Abhazie (en Géorgie) envoya un grand nombre de membres du clergé à Antioche, pour être sacrés évêques.
Pendant leur voyage ils furent assaillis par des brigands qui leur enlevèrent tous les cadeaux qu’ils portaient au Patriarche et les massacrèrent tous excepté deux, qui réussirent à se sauver et arrivèrent à Antioche. Ils firent le récit de tous leurs malheurs à Théophilacte et ils ajoutèrent que les Géorgiens souffraient beaucoup du manque d’évêques. Théophilacte convoqua, à cet effet, un concile d’un grand nombre de ses archevêques, et il y fut décidé qu’on sacrerait pour les Géorgiens un Catholicos indépendant, qui serait autorisé à sacrer leurs évêques, en leur imposant le devoir de mentionner toujours le nom du Patriarche d’Antioche pendant la sainte messe.
On avait décidé aussi d’y envoyer tous les ans d’Antioche, un exarque chargé de contrôler les faits et gestes du clergé et de relever les impôts institués par le canon ecclésiastique.
Le Patriarche délivra une charte à cet effet, aux deux individus qui avaient échappé aux brigands, après quoi il tira au sort, et comme le sort tomba sur Jean, il le sacra Catholicos de Géorgie. Son compagnon fut sacré Évêque.
Le Catholicos devait avoir sa résidence au pays des Abhazes. Après les avoir sacrés il les renvoya dans leur pays.
Bien des années plus tard, lorsque l’hérésie commença à semer la discorde dans la religion, le Patriarche Théodore envoya son secrétaire Basile pour apaiser les querelles des partis. Ce même Patriarche donna l’autorisation au Catholicos de Géorgie de préparer le saint Chrême.

Patriarche Macaire d’Antioche
Histoire de la conversion des Géorgiens au Christianisme
Traduction par Olga de Lébédew.
Casa editrice italiana
1905

**

eglise d'Antioche mtskheta
Eglise d’Antioche mtskheta

eglise d'Antioche mtskheta

*****

L’EGLISE D’ANTIOCHE
Par Renan

Selon la tradition, elle aurait été fondée en 38 par les apôtres Pierre et Paul. Un de ses évêques les plus célèbres est Ignace d’Antioche.
Dans le douzième chapitre de ses Apôtres, Ernest Renan s’attarde sur la fondation de l’Eglise d’Antioche :

« La foi nouvelle faisait de proche en proche d’étonnants progrès. Les membres de l’Église de Jérusalem qui avaient été dispersés à la suite de la mort d’Étienne, poussant leurs conquêtes le long de la côte de Phénicie, atteignirent Chypre et Antioche. Ils avaient d’abord pour principe absolu de ne prêcher qu’aux Juifs.
Antioche, « la métropole de l’Orient », la troisième ville du monde, fut le centre de cette chrétienté de la Syrie du Nord. C’était une ville de plus de cinq cent mille âmes, presque aussi grande que Paris avant ses récentes extensions, résidence du légat impérial de Syrie. Portée tout d’abord par les Séleucides à un haut degré de splendeur, elle n’avait fait que profiter de l’occupation romaine. En général, les Séleucides avaient devancé les Romains dans le goût des décorations théâtrales appliquées aux grandes cités. Temples, aqueducs, bains, basiliques, rien ne manquait à Antioche de ce qui faisait une grande ville syrienne de cette époque. Les rues bordées de colonnades, avec leurs carrefours décorés de statues, y avaient plus de symétrie et de régularité que partout ailleurs. Un Corso orné de quatre rangs de colonnes, formant deux galeries couvertes avec une large avenue au milieu, traversait la ville de part en part, sur une longueur de trente-six stades (plus d’une lieue). Mais Antioche n’avait pas seulement d’immenses constructions d’utilité publique ; elle avait aussi, ce que peu de villes syriennes possédaient, des chefs-d’œuvre d’art grec, d’admirables statues, des œuvres classiques d’une délicatesse que le siècle ne savait plus imiter. Antioche, dès sa fondation, avait été une ville tout hellénique. Les Macédoniens d’Antigone et de Séleucus avaient porté dans cette région du bas Oronte leurs souvenirs les plus vivants, les cultes, les noms de leur pays. La mythologie grecque s’y était créé comme une seconde patrie ; on avait la prétention de montrer dans le pays une foule de « lieux saints » se rattachant à cette mythologie. La ville était pleine du culte d’Apollon et des nymphes. Daphné, lieu enchanteur à deux petites heures de la ville, rappelait aux conquérants les plus riantes fictions. C’était une sorte de plagiat, de contrefaçon des mythes de la mère patrie, analogue à ces transports hardis par lesquels les tribus primitives faisaient voyager avec elles leur géographie mythique, leur Bérécynthe, leur Arvanda, leur Ida, leur Olympe. Ces fables grecques constituaient une religion bien vieillie et à peine plus sérieuse que les Métamorphoses d’Ovide. Les anciennes religions du pays, en particulier celle du mont Casius, y ajoutaient un peu de gravité. Mais la légèreté syrienne, le charlatanisme babylonien, toutes les impostures de l’Asie, se confondant à cette limite des deux mondes, avaient fait d’Antioche la capitale du mensonge, la sentine de toutes les infamies.

Ernest Renan
Les Apôtres
Chapitre XII
Fondation de l’Eglise d’Antioche
Editions Michel Lévy
1866

*******************

Eglise d’Antioche Mtskheta
მცხეთა  – ანტიოქიის ტაძარი

*

 L'église d'Antioche MTSKHETA -  მცხეთა  - ანტიოქიის ტაძარი

L'église d'Antioche MTSKHETA - მცხეთა - ანტიოქიის ტაძარი
Géorgie
საქართველო

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

*************

LA PEINTURE MAGICIENNE de GAYANE KHACHATURIAN – ჰაიანე ხაჩატურიანი – Գայանե Խաչատրյան

*****
PEINTURES ET SCULPTURES
GAYANE KHACHATURIAN
Գայանե Խաչատրյան
ჰაიანე ხაჩატურიანი

*

GAYANE KHACHATURIAN PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

GAYANE KHACHATURIAN PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა

____________________________________________________________


ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი





GAYANE KHACHATURIAN
Գայանե Խաչատրյան
ჰაიანე ხაჩატურიანი

Tbilissi 9 mai 1942 – Tbilissi 1er mai 2009
დაიბადა თბილისში, 1942 წლის 9 მაისს -თბილისში, 2009 წლის 1 მაისს გარდაიცვალა


LA PEINTURE MAGICIENNE de GAYANE KHACHATURIAN
ჯადოსნური ფერწერა

________________________




Etude au თბილისის იაკობ ნიკოლაძის სამხატვრო კოლეჯი, თბილისი, საქართველო (Tbilisi Iakob Nikoladze Art College)
Gayane Khatchatourian est décédée le 1er mai 2009 et est enterrée dans le cimetière arménien de Tbilissi (Panthéon Khojivank de Tbilissi – Panthéon Arménien – Quartier Avlabari – 1/26 Zhoneti – derrière la Cathédrale de la Trinité – სამების საკათედრო ტაძარი)
******

Gayane Khachaturian est une grande aventurière et elle ne nous oublie pas. Elle nous emporte vers un grand voyage.
Un voyage flamboyant et enchanteur.
Elle nous emporte et comme le disait Théophile Gautier, comme il est doux d’être emporté : « Au sein d’un nuage de poudre, Par un galop précipité, Aussi promptement que la foudre Comme il est doux d’être emporté ! » Et si Théophile Gautier voulait voir des sites nouveaux, Gayane nous y emmène dans une douceur infinie.
Gayane est une magicienne doublée d’une grande poétesse. Les deux sont indissociables dans son œuvre. Elle joue sans jouer d’un lyrisme exubérant et enchanteur. Elle s’amuse dans une profonde maîtrise des tons et des compositions.
Elle recherche, comme tout véritable artiste, un absolu, du moins un aspect de l’absolu. Une fenêtre qui s’ouvre vers un autre monde de couleurs somptueuses et de décors féériques. Nous pourrions nous trouver sur une autre planète, dans une demeure lombarde du XVIIIe, dans la cour de Louis XIV, dans une répétition d’une pièce de Molière.
Souvent les êtres sont absorbés par la scène. Les êtres sont là, ils nous regardent, mais ils n’existent qu’à peine. La scène est plus grande que tout. Et la pose est là, comme dans un atelier d’artiste. Même le cheval pose et attend, glorieux et triomphant.
Pour autant, rien de théâtral ne ressort de son œuvre. Rien de laborieux ou de savant ne pèse sur notre regard. Au contraire, nous regardons quelque chose d’ineffable, presque métaphysique.
C’est la magie et encore la magie qui nous enchante. Les choses devant nous ne sont plus naturelles, mais d’un autre monde, d’une dimension où les devins, les enchanteurs nous préparent quelques métamorphoses et quelques tours.
Nous nous attachons à la beauté des créatures pour ne retenir que la beauté des couleurs et enfin la beauté de l’œuvre. C’est simplement l’évidence d’un miracle ou d’un tour de passe-passe. Un grand tour qui serait capable de calmer le courroux de colère divine.
Pour se grand bonheur, nous disons merci à la magicienne en reprenant textuellement le texte de Henri de Régnier, dans ses Escales en Méditerranée, pour les couleurs du ciel, les couleurs de la mer, les beaux voyages et les beaux souvenirs  :

« Salut, Magicien, et merci ! C’est bien toi. Je te reconnais. Ton visage a toujours la couleur du ciel et ton vêtement la couleur de la mer. Salut, maître des beaux voyages et des beaux souvenirs… Merci de m’avoir confié la clé d’or et de m’avoir permis le jeu d’emprunter à une double mémoire des images successives que j’ai évoquées à mon gré et dans un ordre affranchi du temps, de m’avoir laissé mêler et confondre en un seul deux sillages dont je n’ai fait, d’escale en escale, qu’une seule route marine. Maintenant, ô Magicien, l’instant est venu de renoncer à la fiction véridique par laquelle j’ai revécu simultanément tant de belles heures juxtaposées. Celle du retour approche. Le yacht imaginaire qui m’a porté en cette croisière du souvenir est à l’ancre, et ton geste, ô Magicien, va dissiper son blanc fantôme, mais à sa place voici que s’offrent à moi le blanc Velleda et le blanc Nirvana. Comme en 1904 et en 1906 ils sont là et se proposent à moi pour achever le beau voyage auquel l’un et l’autre a contribué. 
Sur lequel des deux m’embarquerai-je ? Mais pourquoi choisir ? Pourquoi, comme en 1904, ne pas regagner Marseille sur le Velleda ? Pourquoi, comme en 1906, sur le Nirvana, ne pas finir à Venise ce beau et magique rêve d’Orient ? »
(Henri de Régnier – Escales en Méditerranée -COLLOQUE AVEC LE MAGICIEN – Paris – editions Ernest Flammarion, 

Merci beaucoup Gayanne !!
დიდი მადლობა, ჰაიანე !!

*****

ილუზიონისტის დახლი
LE STAND DU MAGICIEN
MAGICIAN’STAND
1994

GAYANE KHACHATURIAN – LE STAND DU MAGICIEN

ზეთი, ტილო
Zeti, Tilo
Huile sur Toile
Oil on Canvas
44×47.5

 

ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts

***




მხედარი
Mkhedari
CAVALIER
RIDER
1999

GAYANE KHACHATURIAN – CAVALIER
GAYANE KHACHATURIAN – CAVALIER – DETAIL

ზეთი, ტილო
Zeti, Tilo
Huile sur Toile
Oil on Canvas
40×50

ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts

***

მხედარი და მისი ცხენი
CAVALIER ET SON CHEVAL
RIDER AND HER HORSE
1998

GAYANE KHACHATURIAN – CAVALIER ET SON CHEVAL

ზეთი, ტილო
Zeti, Tilo
Huile sur Toile
Oil on Canvas
57×56

ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts

***
JEUX VISUELS DE BRUITS, DE SILENCES ET DE RIRES
VISUAL GAMES OF NOISE, WHISPER AND LAUGHTER
1998

GAYANE KHACHATURIAN – JEUX VISUELS

ზეთი, ტილო
Zeti, Tilo
Huile sur Toile
Oil on Canvas
30×39

ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts

***

ცეკვა მთებში
Tsek’va Mtebshi
DANSE DANS LES MONTAGNES
DANCE IN THE MOUNTAINS
1995

GAYANE KHACHATURIAN – DANSE DANS LES MONTAGNES
GAYANE KHACHATURIAN – DANSE DANS LES MONTAGNES – DETAIL
GAYANE KHACHATURIAN – DANSE DANS LES MONTAGNES – DETAIL

  ზეთი, ტილო
Zeti, Tilo
Huile sur Toile
Oil on Canvas
33×43

ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts

***

ROUET URBAIN
URBAN SPINNING WHEEL
1997

GAYANE KACHATURIAN – ROUET URBAIN

ზეთი, ტილო
Zeti, Tilo
Huile sur Toile
Oil on Canvas
40×50

ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts

*****

ქართული სახვითი ხელოვნების მუზეუმი
Au Musée géorgien des Beaux-arts
Georgian Museum of Fine Arts
7 Shota Rustaveli Ave, Tbilissi
7 შოთა რუსთაველის გამზირი, თბილისი

***

PEINTURES ET SCULPTURES
GAYANE KHACHATURIAN

*




GAYANE KHACHATURIAN PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

***

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

GAYANE KHACHATURIAN PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა

____________________________________________________________

VINCENT 1 & 2 – Peintures de Zourab TSERETELI -ზურაბ წერეთელი- ვინსენტი 1 & 2

*****
VINCENT 1 & 2

Zourab Tsereteli
ზურაბ წერეთელი
Зураб Константинович Церетели

*

Zourab Tsereteli ზურაბ წერეთელი PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

Zourab Tsereteli ზურაბ წერეთელი PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა

____________________________________________________________


ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი





ZOURAB TSERETELI
ლადო გუდიაშვილი
Зураб Константинович Церетели

Né le 4 janvier 1934 à Tbilissi
დაიბადა 1934 წლის 4 იანვარს თბილისში


________________________

ვინსენტი 1 & 2
VINCENT 1 & 2
Винсент 1 & 2

1969

 

____________________________________

Huile sur toile
Oil on canvas
холст, масло

VINCENT

J’ai la sensation bizarre qu’un parfum me porte
J’ai voyagé dans un corps le long d’une éternelle fièvre
Comme une ombre ivre porte les soirs du monde
J’ai entendu les noires hirondelles et j’ai regardé
Cette eau limpide qui s’échappait des ailes
Longtemps j’ai bu quelques mesures et de rares paradoxes
J’en ai oublié les amours passagers gémissants
J’ai rêvé de rameaux desséchés et de jaune d’abord
Plus brutal que le ciel dans un soleil craquant
Mon charmant asile est jaune et je le vois jaune ainsi
Douce liqueur flottant et mêlant des traces profondes
Une voix me porte aussi qui portait l’hirondelle
Je me suis assis sous cet arbre qui me fait tant mourir
Je ne me peigne plus
Depuis si longtemps déjà
Je couche ma dernière couche ridicule en me brisant les doigts
Je ris et je danse
Sur la rampe de la nuit
Dans ce corps plus léger qu’une dernière fièvre emporte

Poème Jacky Lavauzelle

 

Zourab Tsereteli Vincent 1 MOMA de Tbilissi

I have the strange feeling that a perfume is wearing me
I traveled in a body along an eternal fever
Like a drunken shadow wears the evenings of the world
I heard the black swallows and I looked
This limpid water escaping from the wings
For a long time I drank a few measurements and rare paradoxes
I forgot the groaning passenger loves
I dreamed of dried branches and yellow first
A yellow more brutal than the sky in a crackling sun
My charming asylum is yellow and I see it yellow as well
Sweet floating liquor with deep traces
A voice also carries me who carried the swallow
I sat under that tree that made me die so much
I do not comb myself anymore
For so long already
I put my last ridiculous layer breaking my fingers
I laugh and dance
On the ramp of the night
In this body lighter than a last fever carries off

Zourab Tsereteli Vincent 2 MOMA de Tbilissi

Eu tenho a estranha sensação de que uma fragrância me apoia
Eu viajei em um corpo ao longo de uma febre eterna
Como uma sombra bêbada perdura as noites do mundo
Eu ouvi as andorinhas negras e olhei
Esta água límpida escapando das asas
Durante muito tempo bebi algumas medições e raros paradoxos
Eu esqueci os gemidos de uma noite
Eu sonhei com galhos secos e amarelo primeiro
Um amarelo mais brutal que o céu em um sol escaldante
Meu encantador asilo é amarelo e eu o vejo amarelo também
Licor flutuante doce com traços profundos
Uma voz também me carrega que carregava a andorinha
Eu sentei debaixo daquela árvore que me fez morrer tanto
Eu não me penteio mais
Por muito tempo já
Eu coloquei minha última camada ridícula quebrando meus dedos
Eu rio e danço
Na rampa da noite
Neste corpo mais leve que uma última febre carrega

****

MOMA
MUSEE D’ART MODERNE ZOURAB TSERETELI
Museum of Modern Art Zurab Tsereteli
27 Rustaveli Avenue
Tbilissi, Géorgie
რუსთაველის გამზირი 27
თბილისი, საქართველო

*****
VINCENT 1 & 2

Zourab Tsereteli
ზურაბ წერეთელი
Зураб Константинович Церетели

*

Zourab Tsereteli ზურაბ წერეთელი PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

Zourab Tsereteli ზურაბ წერეთელი PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა

POEME DE NIKOLOZ BARATASHVILI (BARATACHVILI) MEDITATION SUR LES BORDS DU MTKVARI ნიკოლოზ ბარათაშვილი

*****
POEME DE NIKOLOZ BARATASHVILI
POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI
ნიკოლოზ ბარათაშვილი
LITTERATURE GEORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI NIKOLOZ BARATASHVILI
Géorgie
საქართველო

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI - POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI NIKOLOZ BARATASHVILI

____________________________________________________________

POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

NIKOLOZ BARATASHVILI
NIKOLOZ BARATACHVILI
ნიკოლოზ ბარათაშვილი

1817 წლის 4 დეკემბერი – 1844 წლის 21 ოქტომბერი
4 décembre 1817 – 21 octobre 1844

Nikoloz Baratachvili

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

__________________________________________________________________

MEDITATION SUR LES BORDS DU MTKVARI
ფიქრნი მტკვრის პირას

de Nikoloz Baratashvili

***

(Le Mtkvari est aussi appelé Koura თურქ – Il traverse notamment la capitale Tbilissi)

წარვედ წყალის პირს სევდიანი ფიქრთ გასართველად,
ts’arved ts’q’alis p’irs sevdiani pikrt gasartvelad,
Mes pas lourds m’avaient conduit vers les eaux fraîches,
აქ ვეძიებდი ნაცნობს ადგილს განსასვენებლად;
ak vedziebdi natsnobs adgils gansasveneblad;
Ici, à la recherche d’un lieu pour me détendre.
აქ ლბილს მდელოზედ სანუგეშოდ ვინამე ცრემლით,
ak lbils mdelozed sanugeshod viname tsremlit,
Ici une vive mélancolie me submergeait de larmes pourtant,
აქაც ყოველი არემარე იყო მოწყენით;
akats q’oveli aremare iq’o mots’q’enit;
Partout les flots participaient à ma peine ;
ნელად მოღელავს მოდუდუნე მტკვარი ანკარა
nelad moghelavs modudune mt’k’vari ank’ara
Et dans les eaux profondes du Mtkavari
და მის ზვირთებში კრთის ლაჟვარდი ცისა კამარა.
da mis zvirtebshi k’rtis lazhvardi tsisa k’amara.
Se perdaient même les reflets du ciel d’été.
იდაყვ-დაყრდნობილ ყურს უგდებ მე მისსა ჩხრიალსა
idaq’v-daq’rdnobil q’urs ugdeb me missa chkhrialsa
Agenouillé, ô fleuve, soumis à ton écoute
და თვალნი რბიან შორად, შორად, ცის დასავალსა!
da tvalni rbian shorad, shorad, tsis dasavalsa!
Mes yeux rougis attendent des réponses !
ვინ იცის, მტკვარო, რას ბუტბუტებ, ვისთვის რას იტყვი?
vin itsis, mt’k’varo, ras but’but’eb, vistvis ras it’q’vi?
Mtkvari, que sais-tu donc sur la vie ?
მრავალ დროების მოწამე ხარ, მაგრამ ხარ უტყვი!..
mraval droebis mots’ame khar, magram khar ut’q’vi!..
Toi, qui martyr t’es retrouvé à tant de reprises !
არ ვიცი, ამ დროს ჩემს წინაშე ჩვენი ცხოვრება
ar vitsi, am dros chems ts’inashe chveni tskhovreba
Quelle est cette vie triste et vaine
რად იყო ფუჭი და მხოლოდა ამაოება?..
rad iq’o puch’i da mkholoda amaoeba?..
Qui embrume notre esprit ?
მაინც რა არის ჩვენი ყოფა — წუთისოფელი,
maints ra aris chveni q’opa — ts’utisopeli,
Quelle est notre vie – qu’est-ce que le monde,
თუ არა ოდენ საწყაული აღუვსებელი?
tu ara oden sats’q’auli aghuvsebeli?
N’est-ce pas juste un vase sans fond ?
ვინ არის იგი, ვის თვის გული ერთხელ აღევსოს,
vin aris igi, vis tvis guli ertkhel aghevsos,
Qui est-il ce cœur à la recherche du bonheur,
და რაც მიეღოს ერთხელ ნატვრით, ისი ეკმაროს?
da rats mieghos ertkhel nat’vrit, isi ek’maros?
Et qu’en fait-il quand il l’obtient enfin ?
თვითონ მეფენიც უძლეველნი, რომელთ უმაღლეს
tviton mepenits udzlevelni, romelt umaghles
Les rois eux-mêmes ne sont pas meilleurs
არც ვინღა არის, და წინაშე არც ვინ აღუდგეს,
arts vingha aris, da ts’inashe arts vin aghudges,
Qui, même ayant acquis de belles gloires,
რომელთ ხელთ ეპყრასთ უმაღლესი სოფლის დიდება,
romelt khelt ep’q’rast umaghlesi soplis dideba,
Cherchent toujours des conquêtes nouvelles,
შფოთვენ და დრტვინვენ და იტყვიან: «როდის იქნება,
shpotven da drt’vinven da it’q’vian: «rodis ikneba,
Ils se fâchent et disent: « Quand ces terres
ის სამეფოცა ჩვენი იყოს?» და აღიძვრიან
is samepotsa chveni iq’os?» da aghidzvrian
Seront-elles donc rattachées au royaume ? » évoquant
იმავ მიწისთვის, რაც დღეს თუ ხვალ თვითვე არიან!..
imav mits’istvis, rats dghes tu khval tvitve arian!..
Leur pays d’aujourd’hui et de demain !
თუნდ კეთილ მეფე როდის არის მოსვენებული?
tund k’etil mepe rodis aris mosvenebuli?
Quand un bon et sage roi est-il en repos ?
მისი სიცოცხლე: ზრუნვა, შრომა და ცდა ქებული;
misi sitsotskhle: zrunva, shroma da tsda kebuli;
Sa vie : des soins, un travail acharné en gardant le sourire ;
მისი ფიქრია, თუ ვით უკეთ მან უპატრონოს
misi pikria, tu vit uk’et man up’at’ronos
Il pense comment faire pour le mieux
თავისს მამულსა, თვისთა შვილთა, რომ შემდგომსა დროს
taviss mamulsa, tvista shvilta, rom shemdgomsa dros
Comme de son propre père, aux enfants de ses enfants
არ მისცეს წყევით თვის სახელი შთამომავლობას!..
ar mistses ts’q’evit tvis sakheli shtamomavlobas!..
Il donne un nom valeureux à la postérité !
მაგრამ თუ ერთხელ უნდა სოფელს ბოლო მოეღოს,
magram tu ertkhel unda sopels bolo moeghos,
Mais si le monde devait s’éteindre,
მაშინ ვიღამ სთქვას მათი საქმე, ვინ სადღა იყოს?..
mashin vigham stkvas mati sakme, vin sadgha iq’os?..
Qui pourra louer ses actes et ses bienfaits ?
მაგრამ რადგანაც კაცნი გვქვიან — შვილნი სოფლისა,
magram radganats k’atsni gvkvian — shvilni soplisa,
Mais parce que nous sommes des hommes, des enfants de ce monde,
უნდა კიდეცა მივდიოთ მას, გვესმას მშობლისა.
unda k’idetsa mivdiot mas, gvesmas mshoblisa.
Nous devrions écouter les leçons des anciens.
არც კაცი ვარგა, რომ ცოცხალი მკვდარსა ემსგავსოს,
arts k’atsi varga, rom tsotskhali mk’vdarsa emsgavsos,
Un homme ne peut pas être comme un mort,
იყოს სოფელში და სოფლისთვის არა იზრუნვოს!
iq’os sopelshi da soplistvis ara izrunvos!
Être dans le monde et ne pas se soucier du monde !
*****
POEME DE NIKOLOZ BARATASHVILI
POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI
ნიკოლოზ ბარათაშვილი
LITTERATURE GEORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POESIE GEORGIENNE
ქართული პოეზია

POEME DE NIKOLOZ BARATACHVILI NIKOLOZ BARATASHVILI
Géorgie
საქართველო

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

LE QUARTIER DES BAINS TBILISSI – Abanotubani – აბანოთუბანი

*****
LE QUARTIER DES BAINS TBILISSI
Abanotubani
აბანოთუბანი

 

*

LES BAINS TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

LES BAINS TBILISSI - ნარიყალა

____________________________________________________________





Abanotubani
აბანოთუბანი
LE QUARTIER DES BAINS TBILISSI


________________________

 თბილისი
Tbilissi
Bains Tbilissi

****

Nous nous retrouvons dans le vieux quartier de Tbilissi où nous retrouvons les rues étroites dont parlait Barrès dans Les Déracinés par la voix d’Astiné : « Dans le vieux Tiflis, au milieu des maisons de bois à toitures persanes, on trouve à chaque instant, çà et là, de petits cimetières humides et sombres. De les côtoyer, quand je sortais des maisons de jeu, c’était une impression qui mêlait en mon âme les images du hasard et de la mort ; je me jurais de ne pas disparaître sans avoir amené quelques bons numéros à la loterie. Si tu avais passé par les mêmes ruelles, à seize ans, il t’en resterait dans tous tes actes quelque chose de plus décidé. » (Maurice Barrès – Les Déracinés – Chapitre IV – Bibliothèque-Charpentier -Eugène Fasquelle Éditeur -1897)
Les bains n’ont plus la moralité douteuse de certains établissements dont parlait Paul Müller-Simonis en 1892 dans sa traversée du Caucase, même si les massages restent toujours aussi énergiques : « Non loin du Bazar sont les bains chauds de Tiflis. Ils sont très fréquentés ; leur température varie de 43° à 46° centigrades. Comme pour les bains on emploie l’eau au sortir même des sources, la première sensation du baigneur en y entrant, est horriblement désagréable ; pour achever de désorienter le pauvre malheureux, un masseur, lui mettant violemment la main sur la tête, le force à disparaître complètement sous l’eau ; cette précaution est, paraît-il, indispensable pour éviter les coups de sang. Après le bain, vous subissez un massage en règle, et vous sortez de là parfaitement réconforté. Il y a plusieurs établissements de bain, et il est bon de prendre ses renseignements à l’avance, car quelques-uns d’entre eux peuvent paraître suspects au point de vue de la moralité. » (Paul Müller-Simonis –  Du Caucase au Golfe Persique –  TIFLIS ET SES ENVIRONS  Chapitre III – Université catholique d’Amérique –  1892)

  quartiers des bains tbilissi - Abanotubani - აბანოთუბანი quartiers des bains tbilissi - Abanotubani - აბანოთუბანი

quartiers des bains tbilissi - Abanotubani - აბანოთუბანი

quartiers des bains tbilissi - Abanotubani - აბანოთუბანი

***

La poésie des rues du Quartier des bains est palpable dans la moindre brique et le moindre rocher. Comme le soulignait Eugène-Melchior de Vogüé, en 1884, Tbilissi-Tiflis a été une terre aimée des grands poètes russes :

« Durant la première moitié de ce siècle, le Caucase fut pour la Russie ce que l’Afrique était pour nous, une terre d’aventures et de rêves, où les plus fous et les plus forts allaient jeter leur gourme de jeunesse. Mais tandis qu’Alger ne nous renvoyait que de bons officiers, Tiflis rendait des poètes. On comprend la fascination de ce pays merveilleux ; il offrait aux jeunes Russes ce qui leur manquait le plus : des montagnes, du soleil, de la liberté. Là-bas, tout au bout de l’accablante plaine de neige, l’Elbrouz, « la cime des bienheureux, » dressait dans l’azur ses glaciers étincelans. Par-delà la montagne, c’était l’Asie et ses féeries, nature superbe, peuples pittoresques, torrens chantans sous les platanes, filles de Kabarda dansant dans les aouls du Térek ; la large vie des bivouacs dans la forêt, la gloire ramassée sous le drapeau des héros légendaires : Paskévitch, Yermolof, Rariatinsky. Tous ceux qui étaient blasés ou croyaient l’être dans les ennuis de Pétersbourg couraient là-bas ; à tous on pouvait appliquer le vers de Musset :
Ils avaient la Lara, Manfred et le Corsaire ;
et l’obsession de Byron était si forte sur cette génération que leurs yeux prévenus voyaient l’Orient, où ils vivaient, à travers la fantaisie du poète. Tous jouaient au Childe-Harold et rapportaient des vers dont quelques-uns seront immortels. Ce fut au Caucase que débutèrent Pouchkine, Griboyédof, Lermontof ; mais, dans le Prisonnier du Caucase de Pouchkine comme dans le Démon de Lermontof, la leçon apprise transfigure les paysages et les hommes, les sauvages Lesghiennes sont de touchantes héroïnes, sœurs d’Haïdée et de la Fiancée d’Abydos. »

Eugène-Melchior de Vogüé
Les Grands écrivains russes contemporains
Revue des Deux Mondes
Troisième Période
Tome 64
1884

****

მინდა ავვარდე მამადავითზე,
minda avvarde mamadavitze,
Je voudrais partir,
იქ აირჩიე, სულო ბინა შენ;
ik airchie, sulo bina shen;
Trouver un refuge ;
მინდა უეცრად მუხლზე დავეცე
minda uetsrad mukhlze davetse
Je veux soudainement m’agenouiller
ჩემი თბილისის და მზის წინაშე.
chemi tbilisis da mzis ts’inashe.
Devant toi, Tbilissi, et devant le soleil.

TBILISSI – Poème de Paolo Iashvili პაოლო იაშვილი

****

Le quartier des bains tbilissi
Abanotubani –  აბანოთუბანი

LES BAINS TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

GEORGIE – DECOUVERTE DE LA GEORGIE – საქართველოს აღმოჩენა

**********

BERIKAOBA ბერიკაობა- LA RONDE EFFRENEE – SCUPLTURE DE Avtandil MONASELIDZE

*****
Avtandil MONASELIDZE
SCULPTURES DE TBILISSI
BERIKAOBA

*

Berikaoba TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

Berikaoba TBILISSI - ნარიყალა

____________________________________________________________


ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი
LA BERIKAOBA Photo Jacky Lavauzelle
LA BERIKAOBA – La Ronde Effrenée de Tbilissi





LA BERIKAOBA
LA RONDE EFFRENEE
1981


________________________

23 ნიკოლოზ ბარათაშვილის ქუჩა, თბილისი
23 rue Nikoloz Baratashvili, Tbilissi

________________________

La grande composition « Berikaoba » rue Nikoloz Baratashvili a été créée par l’architecte  George Janberidze et le sculpteur l’Avtandil Monaselidze en 1981

 

 

ბერიკაობა

La Berikoba est un spectacle masqué  d’improvisation  folklorique géorgien. Ce spectacle est une fête païenne de la fertilité et de la renaissance, il est célébré dans la perspective de la fécondation et du culte des enfants et provient de la racine géorgienne commune « ბერ » (fils).  Les scènes de Berikaoba peuvent être à caractère explicitement érotique, ou être une satire politique et servir une protestation sociale.
La Berikaoba implique généralement plusieurs hommes, les berika, qui sont pour la plupart déguisés en animaux. Les costumes et les masques pour le mystère sont en peau de bête. Les crânes d’animaux, les queues, les plumes, les cornes, les citrouilles, les rubans et les cloches sont utilisés pour ajouter de la couleur à la scène. Les mascarades typiques de berikaoba font participer le marié, la mariée, l’entremetteur, le juge, le médecin, le prêtre, le cochon, la chèvre, l’ours, et la liste n’est pas exhaustive. Les identités sont échangeables pour un même acteur. Les acteurs sont exclusivement des hommes.
La structure du Berikaoba a évolué au cours des années. Il existe de nombreux textes écrits néanmoins.
La fête commence par le rassemblement de villageois. Ce sont les villageois qui vont choisir les acteurs.
La procession des berikas, des acteurs, s’accompagne de sons de cornemuses,  სტვირი, stviri.
Ils se déplacent de porte en porte pour recueillir du vin, du miel, de la viande et d’autres victuailles servies par des hôtes. Les personnages principaux de la procession sont une « épouse » appelée Kekela კეკელა et un marié qui, après une série de tentatives, persuade la femme de l’épouser. Le mariage est alors perturbé par l’apparition d’un « tatar », référence aux siècles d’invasions des puissances musulmanes voisines. Le marié est tué et les berikas consolent la femme, lui promettant un meilleur mari.
Alors que les berikas tentent de réanimer le marié avec de l’eau de guérison, des herbes et des minéraux, la nouvelle se répand de l’enlèvement de Kekela. Cela ramène le marié à la vie. Il poursuit les ravisseurs et retrouve son épouse. La performance se termine par un long festin.
La tradition similaire, keenoba (ყეენობა, de « the Khan »), faisant la satire des envahisseurs étrangers de Géorgie et, plus tard, des autorités russes impériales, jouissait d’une popularité particulière à Tbilissi, au XIXe siècle, et dans ses environs.
La tradition du berikaoba a été inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de la Géorgie en 2013.

 

*******

FILMS SUR LA BERIKAOBA GEORGIENNE

ბერიკაობა. Berikaoba Georgia.

ბერიკაობა

 

*****

LE SCULPTEUR

 Avtandil Monaselidze
ავთანდილ მონასელიძე

მოქანდაკე – Sculpteur
Né 18 juin 1947, 71 ans
18 ივნისი, 1947  (71 წლის)
Né à Tbilissi
ქ. თბილისი
დაამთავრა თბილისის სახელმწიფო სამხატვრო აკადემიის ქანდაკების ფაკულტეტი 1974 წელს
Il est diplômé de l’Académie des beaux-arts de l’État de Tbilissi en 1974
1986 – ამიერკავკასიის რესპუბლიკების I ბიენალე, ვერცხლის მედალი
1986 – Biennale des républiques transcaucasiennes, médaille d’argent
1984 – პარიზის საერთაშორისო გამოფენა, ვერცხლის მედალი
1984 – Exposition internationale de Paris, médaille d’argent
1980 – საქართველოს მხატვართა კავშირის მედალი , წლის საუკეთესო ნამუშევრისთვის
1980 – Médaille de l’Union des artistes géorgiens pour le meilleur travail artistique de l’année
1975 – სსრკ-ის სამხატვრო აკადემიისა და სსრკ-ის მხატვართა კავშირის მედალი, საუკეთესო სადიპლომო ნამუშევარისთვის
1975 – Médaille de l’Académie des Beaux-Arts et de l’Union des Artistes de l’URSS pour le meilleur ouvrage

**

L’ARCHITECTE

პროექტის ავტ. გიორგი ჯანბერიძე
Auteur du projet

GEORGE JANBERIDZE
გიორგი ჯანბერიძე
Giorgi Janberidze

*****
Avtandil MONASELIDZE
SCULPTURES DE TBILISSI
BERIKAOBA

*

Berikaoba TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

LA PLACE DE LA LIBERTE LE MONUMENT DE SAINT GEORGES TBILISSI -თავისუფლების მოედანი – თბილისი

*****

თავისუფლების მოედანი

 géorgie LA REINE TAMAR DE GEORGIE
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

Géorgie თავისუფლების მოედანი

____________________________________________________________

TBILISSI
თბილისი

PLACE DE LA LIBERTE
თავისუფლების მოედანი

ex Place Erivan
T’bilisi, Géorgie


____________________________________________________________

PLACE DE LA LIBERTE
თავისუფლების მოედანი თბილისი
Monument à la Liberté
MONUMENT DE SAINT GEORGES
2006

 

 

ძეგლი თავისუფლებისკენ
Saint Georges de Lydda terrassant le dragon
Sculpteur Zourab Tsereteli
ზურაბ წერეთელი
(Sculpteur né le 4 janvier 1934)

Cadeau de Zourab Tsereteli président de l’Académie russe des beaux arts aux habitants de la capitale géorgienne

Saint Georges de Lydda
Fêté en Géorgie le 23 novembre
vers 275/280 à Lydda – saint patron de la chevalerie chrétienne et de la Géorgie

 

*****

SAINT GEORGES

Poème de
Émile Verhaeren

Ouverte en large éclair, parmi les brumes,
Une avenue ;
Et Saint Georges, fermentant d’ors,
Avec des plumes et des écumes,
Au poitrail blanc de son cheval, sans mors,
Descend.

L’équipage diamantaire
Fait de sa chute, un triomphal chemin
De la pitié du ciel, vers notre terre.

Héros des joyeuses vertus auxiliaires,
Sonore d’audace et cristallin,

 

Mon cœur nocturne, oh qu’il l’éclaire,
Au tournoiement de son épée auréolaire !
Que j’entende le babil d’argent
Du vent, autour de sa cotte de mailles,
Ses éperons, dans les batailles ;
Le Saint Georges, celui qui luit
Et vient, parmi les cris de mon désir,
Saisir
Mes pauvres bras tendus vers sa vaillance !

Comme un haut cri de foi
Il tient en l’air, sa lance,
Le Saint Georges ;
Il a passé, par mon regard,
Comme une victoire d’or hagard,
Avec, au front, l’éclat du chrême,
Le Saint Georges du devoir
Beau de son cœur et par lui-même.

Sonnez toutes mes voix d’espoir !
Sonnez en moi ; sonnez, sous les rameaux,
En des routes claires et du soleil !
Micas d’argent, soyez la joie, entre les pierres ;

 

Et vous, les blancs cailloux des eaux
Ouvrez vos yeux, dans les ruisseaux,
À travers l’eau de vos paupières ;
Paysage, avec tes lacs vermeils,
Sois le miroir des vols de flamme
Du Saint Georges, vers mon âme !

Contre les dents du dragon noir,
Contre l’armature de lèpre et de pustules,
Il est le glaive et le miracle.
La charité, sur sa cuirasse, brûle
Et son courage est la débâcle
Bondissante de l’instinct noir.

Feux criblés d’or, feux rotatoires
Et tourbillons d’astres, ses gloires,
Aux galopants sabots de son cheval,
Éblouissent les yeux de ma mémoire.

Il vient, en bel ambassadeur
Du pays blanc, illuminé de marbres,
Où, dans les parcs, au bord des mers, sur l’arbre
De la bonté, suavement croît la douceur.

 

Le port, il le connaît, où se bercent, tranquilles,
De merveilleux vaisseaux, emplis d’anges dormants
Et les grands soirs, où s’éclairent des îles
Belles, mais immobiles,
Parmi les yeux, dans l’eau, des firmaments.
Ce royaume, d’où se lève, reine, la Vierge,
Il en est l’humble joie ardente — et sa flamberge
Y vibre, en ostensoir, dans l’air ;
Le dévorant Saint Georges clair
Comme un feu d’or, parmi mon âme.

Il sait de quels lointains je viens
Avec quelles brumes, dans le cerveau,
Avec quels signes de couteau,
En croix noires, sur la pensée,
Avec quelle dérision de biens,
Avec quelle puissance dépensée,
Avec quelle colère et quel masque et quelle folie,
Sur de la honte et de la lie.

J’ai été lâche et je me suis enfui
Du monde, en mon orgueil futile ;
J’ai soulevé, sous des plafonds de nuit,
Les marbres d’or d’une science hostile,

 

Vers des sommets barrés d’oracles noirs ;
Seule la mort est la reine des soirs
Et tout effort humain n’est clair que dans l’aurore :
Avec les fleurs, la prière désire éclore
Et leurs douces lèvres ont le même parfum ;
Le blanc soleil, sur l’eau nacrée, est pour chacun
Comme une main de caresse, sur l’existence ;
L’aube s’ouvre, comme un conseil de confiance,
Et qui l’écoute est le sauvé
De son marais, où nul péché ne fut jamais lavé.

Le Saint Georges cuirassé clair
A traversé, par bonds de flamme,
Le frais matin, jusqu’à mon âme ;
Il était jeune et beau de foi ;
Il se pencha d’autant plus bas vers moi,
Qu’il me voyait plus à genoux ;
Comme un intime et pur cordial d’or
Il m’a rempli de son essor
Et tendrement d’un effroi doux ;
Devant sa vision altière,
J’ai mis, en sa pâle main fière,
Les fleurs tristes de ma douleur ;
Et lui, s’en est allé, m’imposant la vaillance

 

Et, sur le front, la marque en croix d’or de sa lance,
Droit vers son Dieu, avec mon cœur.

Émile Verhaeren
SAINT GEORGES
Poèmes
Troisième série
Société du Mercure de France
******

თავისუფლების მოედანი géorgie LA REINE TAMAR DE GEORGIE
Géorgie
საქართველო

LES ARGONAUTES – 2012 – SCULPTURE DE ZOURAB TSERETELI – არგონავტები

*****
LES ARGONAUTES

Zourab Tsereteli
ზურაბ წერეთელი
Зураб Константинович Церетели

*

Zourab Tsereteli ზურაბ წერეთელი PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო

PHOTO JACKY LAVAUZELLE

Zourab Tsereteli ზურაბ წერეთელი PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა

____________________________________________________________


ARTISTE GEORGIEN
ქართველი მხატვარი





ZOURAB TSERETELI
ლადო გუდიაშვილი
Зураб Константинович Церетели

Né le 4 janvier 1934 à Tbilissi
დაიბადა 1934 წლის 4 იანვარს თბილისში


________________________

LES ARGONAUTES
არგონავტები
Argonavtebi

2012

____________________________________

MOMA
MUSEE D’ART MODERNE ZOURAB TSERETELI
Museum of Modern Art Zurab Tsereteli
27 Rustaveli Avenue
Tbilissi, Géorgie
რუსთაველის გამზირი 27
თბილისი, საქართველო

****

             

MÉDÉE est la fille du roi de Colchide (Région occidentale de l’actuelle Géorgie (Svanétie, Ratcha, Abkhazie, Iméréthie, Gourie, Adjarie), la dépassant sur le sud actuellement Turc (Trabzon -Trébizonde Arvin) et sur le nord Russe). Elle a pour tante la magicienne Circé que l’on retrouve chez Ulysse, experte en poisons. Médée est aussi magicienne comme sa tante.

Le Roi usurpateur d’Iolcos, Pélias, qui a subtiliser le trône à son frère Aeson, père de Jason, conçoit une expédition vers la Colchide pour conquérir la fameuse Toison d’Or. La Colchide est gouvernée par le père de Médée,  Éétès. L’expédition impossible et suicidaire est forcément vouée à l’échec et permettra à Pélias d’éliminer Jason qui revendique naturellement le trône d’Ioclos.
La Toison d’Or provient de la fourrure d’un bélier nommé Chrysomallos

Une expédition impossible et suicidaire

Trois épreuves impossibles seront proposées à Jason. Jason réussira les épreuves grâce au concours de Médée, amoureuse de notre Jason.

Cf. ci-dessous les détails (Première Encyclopédie)

******

les mains des héros valeureux qui allèrent chercher pour Pélias la Toison toute d’or

« Plût aux dieux que le navire Argo n’eût pas volé par-delà les Symplégades bleu sombre vers la terre de Colchide, que dans les vallons du Pélion le pin ne fût jamais tombé sous la hache et n’eût armé de rames les mains des héros valeureux qui allèrent chercher pour Pélias la Toison toute d’or ! « 

(Discours de la Nourrice)
Euripide
Médée
traduction Henri Berguin

****

LA PUISSANCE
DE MEDEE LA MAGICIENNE

Dieux ! Que fera Médée, et quel affreux courroux
Ne l’enflammera point contre un parjure époux ?
Si vous l’abandonnez, redoutez sa vengeance.
Vous savez de son art jusqu’où va la puissance.
La nature est soumise à ses commandements :
Elle trouble le Ciel, l’Enfer, les Éléments ;
Elle arrête, à son gré, les Astres dans leur course.
Les torrents les plus fiers remontent vers leur source.
La Lune sort du Ciel, les Mânes des tombeaux :
Elle lance la foudre, et change en sang les eaux.
Iphite à Jason dans l’Acte I Scène 1
Médée d’Hilaire de Longepierre
Rien ne peut m’enlever à ma belle Princesse.
Je défie, à la fois, les Mortels et les Dieux,
Et tout l’art de Médée, et l’Enfer, et les Cieux.
Jason à Créuse dans l’Acte I Scène 2
Médée d’Hilaire de Longepierre

****

Mais un puissant serpent garde la fameuse Toison d’Or

LE SERPENT
GARDIEN DE LA TOISON D’OR

Jason réussit les épreuves demandées, aidé par Médée, notamment la maîtrise des deux taureaux aux sabots d’airain et crachant le feu, et l’ensemencement d’un champ avec des dents de dragons qui se transforment en Spartes, c’est-à-dire en guerriers redoutables. Il arrive pour récupérer son trophée. Mais un puissant serpent garde la fameuse Toison d’Or.
Pour la récupérer, Médée fera des incantations qui endormiront le serpent.

****

LA TOISON D’OR
Dans la Première Edition de l’Encyclopédie
1751

Médée que Jason avoit promis d’épouser & d’emmener dans la Grece, sollicitée encore par Calciope sa sœur, veuve de Phryxus, qui voyoit ses enfans en proie à l’avarice d’un roi cruel, aida son amant à voler les trésors de son pere, soit en lui donnant une fausse clé ou de quelqu’autre maniere, & s’embarqua avec lui. Cette histoire étoit écrite en phénicien, que les poëtes qui sont venus longtems après, n’entendoient que très-imparfaitement ; & les mots équivoques de cette langue donnerent lieu aux fables qu’on en a racontées. En effet, dans cette langue le mot syrien gaza signifie également un trésor ou une toison ; sam qui veut dire une muraille, désigne aussi un taureau ; & on exprime dans cette langue de l’airain, du fer & un dragon par le mot nachas ; ainsi au lieu de dire que Jason avoit enlevé un trésor que le roi de la Colchide tenoit dans un lieu bien fermé, & qu’il faisoit garder soigneusement, on a dit que pour enlever une toison d’or, il avoit fallu dompter des taureaux, tuer un dragon, &c.

il a fallu dompter des taureaux




L’amour de Médée pour Jason

L’amour de Médée pour Jason, ce grand ressort qu’Œlien croit avoir été inventé par Eurypide dans sa tragédie de Médée faite à la priere des Corinthiens n’a rien d’extraordinaire ; & cette princesse qui abandonna son pere & sa patrie pour suivre Jason, montre assez par sa conduite qu’elle en étoit amoureuse, sans qu’il soit besoin de faire intervenir Junon& Minerve dans cette intrigue qui fut l’ouvrage de Calciope. Cette femme pour venger la mort de son mari, & sauver ses enfans qu’Aëtès avoit résolu de faire mourir à leur retour de la guerre où il les avoit envoyés, favorisa de tout son pouvoir la passion que sa sœur avoit conçue pour Jason. On peut ajouter que les quatre jeunes princes que Jason avoit ramenés,& qui se voyoient exposés à la fureur de leur grand-pere, si les Grecs étoient vaincus, les secoururent de tout leur pouvoir.

LOUIS DE JAUCOURT
PREMIERE EDITION DE L’ENCYCLOPEDIE
1751
TOME 16

***

MEDEE
Dans la Première Edition de l’Encyclopédie
1751

Cette fille d’Hécate & d’Aëtes, roi de Colchide, joue un trop grand rôle dans la fable, dans l’histoire & dans les écrits des poëtes, pour supprimer entierement son article.

Pausanias, Diodore de Sicile, & autres historiens nous peignent cette princesse comme une femme vertueuse, qui n’eut d’autre crime que d’aimer Jason, qui l’abandonna lâchement, malgré les gages qu’il avoit de sa tendresse, pour épouser la fille de Créon ; une femme qui, étant en Colchide, sauva la vie de plusieurs étrangers que le roi vouloit faire périr, & qui ne s’enfuit de sa patrie que par l’horreur qu’elle avoit des cruautés de son pere ; enfin, une reine abandonnée, persécutée, qui, après avoir eu inutilement recours aux garants des promesses de son époux, fut obligée de passer les mers pour chercher un asile dans les pays éloignés.

Les Corinthiens inviterent Médée à venir prendre chez eux possession d’un trône qui lui étoit dû ; mais ces peuples inconstans, soit pour venger la mort de Créon dont ils accusoient cette princesse, ou pour mettre fin aux intrigues qu’elle formoit pour assurer la couronne à ses enfans, les lapiderent dans le temple de Junon, où ils s’étoient refugiés. Ce fait étoit encore connu de quelques personnes, lorsque Euripide entreprit de l’altérer faussement en donnant sa tragédie de Médée. Les Corinthiens lui firent présent de cinq talens, pour l’engager de mettre sur le compte de Médée, le meurtre des jeunes princes dont leurs aïeux étoient coupables. Ils se flatterent avec raison, que cette imposture s’accréditeroit par la réputation du poëte, & prendroit enfin la place d’une vérité qui leur étoit peu honorable : en effet, les tragiques qui suivirent se conformant à Euripide, inventerent à l’envi tous les autres crimes de l’histoire fabuleuse de Médée ; les meurtres d’Absyrtes, de Pélias, de Créon & de sa fille, l’empoisonnement de Thésée, &c.

Cependant ceux qui ont chargé cette reine de tant de forfaits, n’ont pu s’empêcher de reconnoître que née vertueuse, elle n’avoit été entraînée au vice que par une espece de fatalité, & par le concours des dieux, sur-tout de Vénus, qui persécuta sans relâche toute la race du Soleil, pour avoir découvert son intrigne avec Mars. De-là ces fameuses paroles d’Ovide : Vidco meliora, proboque, deteriora sequor : paroles que Quinault a si bien imitées dans ces deux vers :

Le destin de Médée est d’être criminelle ;
Mais son cœur étoit fait pour aimer la vertu.

Outre Euripide qui choisit pour sa premiere piece de présenter sur la scène la vengeance que Médée tira de l’infidélité de Jason, Ovide avoit composé une tragédie sur ce sujet, qui n’est pas venue jusqu’à nous, & dont Quintilien nous a conservé ce seul vers si connu :

Servare potui, perdere an possins, rogas ?

« Si j’ai pu le sauver, ne puis-je le détruire ? »

On dit que Mécénas avoit aussi traité ce sujet à sa maniere ; mais il ne nous reste que la Médée de Séneque. Nous avons parmi les modernes la tragédie de Louis Dolce en italien, & en françois celle du grand Corneille. (D. J.)

LOUIS DE JAUCOURT
PREMIERE EDITION DE L’ENCYCLOPEDIE
1751
TOME 10

*****

*****
Zourab Tsereteli
ზურაბ წერეთელი
Зураб Константинович Церетели

*

Zourab Tsereteli ზურაბ წერეთელი PEINTRE GEORGIEN - PEINTRE GEORGIEN TBILISSI - ნარიყალა
Géorgie
საქართველო