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DANTE ALIGHIERI – LA DIVINE COMEDIE – Divina Commedia

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LA DIVINE COMEDIE – Divina Commedia
Traduction – Texte Bilingue
LITTERATURE ITALIENNE
Letteratura Italiana

DANTE ALIGHIERI
Firenze 1265 Florence – Ravenna 1321 Ravenne

Portrait de Dante de la Chapelle du Palais de Bargello Florence
Cappella del Podestà Firenze
attribué à Giotto di Bondone
Il ritratto di Dante in un’elaborazione grafica
Détail
& Representación artística del purgatorio
Représentation artistique du purgatoire

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Traduction  Traduzione Jacky Lavauzelle

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DANTE ALIGHIERI

LA DIVINE COMEDIE
Divina Commedia
1303 – 1321

LE PURGATOIRE
PURGATORIO

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CANTO 1
CHANT 1

Per correr miglior acque alza le vele
A la recherche de meilleures eaux, elle hisse les voiles
 
omai la navicella del mio ingegno,
désormais de la nacelle de mon génie,

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CANTO 2
CHANT 2

Già era ‘l sole a l’orizzonte giunto
Déjà le soleil avait atteint l’horizon
lo cui meridïan cerchio coverchia
où le cercle méridien couvre

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UN POEME ENCYCLOPEDIQUE
(Félicité Robert de Lamennais – 1863)

Quoi qu’il en soit, le poème entier, sous ses nombreux aspects, politique, historique, philosophique, théologique, offre le tableau complet d’une époque, des doctrines reçues, de la science vraie ou erronée, du mouvement de l’esprit, des passions, des mœurs, de la vie enfin dans tous les ordres, et c’est avec raison qu’à ce point de vue la Divina Commedia a été appelée un poème encyclopédique. Rien, chez les anciens comme chez les modernes, ne saurait y être comparé. En quoi rappelle-t-elle l’épopée antique, qui, dans un sujet purement national, n’est que la poésie de l’histoire, soit qu’elle raconte avec Homère les légendes héroïques de la Grèce, soit qu’avec Virgile elle célèbre les lointaines origines de Rome liées aux destins d’Énée ? D’un ordre différent et plus général, le Paradis perdu n’offre lui-même que le développement d’un fait, pour ainsi parler, dogmatique : la création de l’homme, poussé à sa perte par l’envie de Satan, sa désobéissance, la punition qui la suit de près, l’exil de l’Éden, les maux qui, sur une terre maudite, seront désormais son partage et celui de ses descendants, et, pour consoler tant de misère, la promesse d’une rédemption future. Qu’ont de commun ces poèmes, circonscrits en un sujet spécial, avec le poëme immense qui embrasse non-seulement les divers états de l’homme avant et après la chute, mais encore, par l’influx divin qui de cieux en cieux descend jusqu’à lui, l’évolution de ses facultés, de ses énergies de tous genres, ses lois individuelles et ses lois sociales, ses passions variées, ses vertus, ses vices, ses joies, ses douleurs ; et non-seulement l’homme dans la plénitude de sa propre nature, mais l’univers, mais la création et spirituelle et matérielle, mais l’œuvre entière de la Toute-Puissance, de la Sagesse suprême et de l’Éternel Amour ?

INTRODUCTION A LA DIVINE COMEDIE
Félicité Robert de Lamennais
Dante Alighieri
La Divine Comédie
Traduction par Félicité Robert de Lamennais .
Didier, 1863 (1, pp. 101-117).

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但丁 DANTE ALIGHIERI 但丁·阿利吉耶里 VILLA BORGHESE – 贝佳斯别墅 – ROME – ROMA – 罗马

ROME – ROMA – 罗马
LA VILLA BORGHESE
贝佳斯别墅

Armoirie de Rome

 Photos  Jacky Lavauzelle

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Flag_of_Lazio


Les Bustes de la Villa Borghèse
贝佳斯别墅
I busti della villa Borghèse

Giorgio_Vasari_-_Six_Tuscan_Poets_-_Google_Art_Project

DANTE ALIGHIERI
但丁·阿利吉耶里

 

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Les Italiens d’aujourd’hui
RENE BAZIN
REVUE DES DEUX MONDES
Tome 118, 1893

 Il m’apprit qu’il était de Pistole, venu à Sienne à cause de la modicité des prix, — vingt francs une chambre, soixante francs de pension, — tandis que Bologne et Padoue entraînaient à d’assez fortes dépenses ; qu’il avait un grand amour pour l’antique cité toscane, et pour l’histoire, et pour Dante. « Je suis un passionné des études dantesques, me dit-il. J’ai étudié le point de savoir si jamais Dante était venu à Sienne, comme certains le prétendent, à cause du passage sur Pietro Vanucci. On veut qu’il ait passé dans toutes les villes dont il a parlé. Mais je conclus à la négative, dans une brochure. — Et comment est né cet amour ? — Très jeune, j’ai lu, là-haut, dans nos montagnes de Pistole, les passages de la Divine comédie où il était question de ma ville. Cela m’a conduit à fouiller tout le poème. J’aime Dante à ce point, monsieur, que j’ai réuni chez moi, — a casa, — plus de deux cents volumes sur mon poète. J’ai vingt bustes et médailles qui le représentent. Je collectionne les gravures où sa belle figure est dessinée. Et je fais une thèse de doctorat sur ce sujet : le Droit dans la Divine comédie et dans la Somme de saint Thomas. »

Codice miniato raffigurante Brunetto Latini, Biblioteca Medicea-Laurenziana, Plut. 42.19, Brunetto Latino, Il Tesoro, fol. 72, secoli XIII-XIV Dante Alighieri Villa Borghese Rome Roma artgitato 2 Dante Alighieri Villa Borghese Rome Roma artgitato

manca dida
manca dida

Sandro Botticelli, Dante Alighieri, olio su tela, 1495, Ginevra, collezione privata

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Saint-René Taillandier
Dante Alighieri et la Littérature dantesque en Europe au xixe siècle, à propos d’un livre du roi de Saxe
REVUE DES DEUX MONDES
2e période, tome 6, 1856
pp. 473-520

Ce serait une curieuse histoire que celle des commentateurs de Dante ; on saisirait sans peine dans leurs explications l’esprit parti culier de chaque époque. Le XIVe siècle et le commencement du XVe produisent des gloses naïves où la biographie, la linguistique et la capricieuse recherche des allégories s’entremêlent au hasard. Au premier rang sont les commentateurs contemporains, les deux fils de Dante, Pietro et Jacopo, l’écrivain anonyme à qui l’on doit l’Ottimo Comento, le franciscain Accorso de Bonfantini, le chanoine Micchino da Mezzano, le carme Riccardo, et les six interprètes (deux théologiens, deux philosophes et deux lettrés de Florence), à qui Jean Visconti, archevêque et seigneur de Milan, demanda en 1350 l’explication de la trilogie dantesque. Tous ces commentaires ne pouvaient être connus que des lettrés ; mais voici l’heure où Dante va être expliqué au public italien dans les chaires des églises. Florence donne l’exemple de cette institution ; par un décret du 9 août 1373, elle accorde un traitement annuel de 100 ducats d’or au savant qui sera chargé de traduire, pour la foule les enseignemens de la Divine Comédie. Boccace, avec Pétrarque son maître, est le plus célèbre écrivain du XIVe siècle, c’est à lui que ce ministère est confié ; il hésite, mais bientôt, vaincu par les instances de la cité, il ouvre son cours le 3 octobre de cette même année dans l’église San-Stefano. Malheureusement Boccace n’était plus jeune, il avait plus de soixante ans, et sa santé était ébranlée par le travail ; il meurt deux ans après, n’ayant fait qu’un petit nombre de leçons et commenté que les dix-sept premiers chants de l’Enfer. Boccace mort, maints érudits se disputent l’honneur de continuer son œuvre. Il y a déjà sur pied toute une phalange de rapsodes. Dante appartient à l’Italie entière, et tandis que le chroniqueur Philippe Villani et plus tard le grand philologue Francesco Filelfo s’asseoient dans la chaire de Boccace, Bartolo da Buti à Pise, Gabriello Squaro à Venise, Philippe de Reggio à Plaisance, surtout Benvenuto d’Imola à Bologne, expliquent aussi devant la foule la poétique encyclopédie du Florentin. Ce mouvement d’études occupait tellement les esprits, que le bruit s’en répandit bientôt dans les autres contrées de l’Europe. Ce fut à l’occasion du concile de Constance, au commencement du siècle suivant. Deux évêques anglais qui siégeaient au concile, Nicole Bubwich et Robert Halm, demandèrent à Jean de Serravalle, évêque et prince de Fermo, de leur donner une traduction latine de la Divine Comédie avec des explications et des notes. L’évêque de Fermo se mit à l’œuvre, le 1er février 1416, et impatient de répondre au désir des deux prélats anglais, il eut tout terminé le 16 février de l’année suivante. Ne vous étonnez pas qu’il leur demande grâce pour tout ce qu’Il y a de rustique dans son latin et de maladroit dans sa traduction (de rusticana latinitate, incomptaque et inepta translatione) : le temps qui lui a été accordé, dit-il, ne suffisait guère à une telle tâche. La plupart des commentateurs de cette période auraient besoin de la même excuse. De Boccace à Serravalle l’intelligence du grand poème italien a-t-elle fait des progrès ? Non certes. Ce qu’Il y a de plus curieux chez tous ces commentateurs, ce sont les renseignemens biographiques : encore tout près de l’époque de Dante, ils ont pu recueillir la tradition, et leur témoignage est précieux sur maintes questions de détail. Quant à l’interprétation du poème, ce n’est guère autre chose qu’un amas de subtilités pédantesques. On peut répéter hardiment la phrase dédaigneuse de Tiraboschi, applicable aussi, il faut bien le dire, à plus d’un commentaire de Dante au XIXe siècle : E chi sa quanti pensieri hanno essi attribuiti à Dante, che a lui non erano mai passati pel capo !

Cortille della Pigna – La Cour de la Pomme de Pin – Musées du Vatican – Musei Vaticani – La Città del Vaticano

ROME – ROMA
La Città del Vaticano
LES MUSEES DU VATICAN
Musei Vaticani

 

 Photos Jacky Lavauzelle

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La Cour de la Pomme de Pin
Il Cortille della Pigna

Cour supérieure

Cortille della Pigna La Cour de la Pomme de Pin Vatican Musei Vaticani artgitato 1 Cortille della Pigna La Cour de la Pomme de Pin Vatican Musei Vaticani artgitato 2

Dictionnaire raisonné de
l’architecture française du XIe au XVIe siècle
Définition FLEURON
 » La célèbre pomme de pin en bronze qui se voit dans les jardins du Vatican est un véritable fleuron terminant un grand monument antique. L’idée n’est donc pas neuve, et, en cela comme en beaucoup d’autres choses, les architectes gothiques ont suivi une tradition fort ancienne qui leur avait été transmise par les maîtres de l’école romane. »

Cortille della Pigna La Cour de la Pomme de Pin Vatican Musei Vaticani artgitato 3

DANTE
LA DIVINE COMEDIE
Divina Commedia
Chant 31
Traduction par Félicité Robert de Lamenais
« La faccia sua mi parea lunga e grossa
«Son visage me semblait long  et épais
… come la pina di San Pietro a Roma,
comme la Pomme de Pin de Saint-Pierre à Rome,
 e a sua proporzione eran l’altre ossa;… »
 et en même proportion étaient les autres os; .. »
 

Cortille della Pigna La Cour de la Pomme de Pin Vatican Musei Vaticani artgitato 4 Cortille della Pigna La Cour de la Pomme de Pin Vatican Musei Vaticani artgitato 5 Cortille della Pigna La Cour de la Pomme de Pin Vatican Musei Vaticani artgitato 6 Cortille della Pigna La Cour de la Pomme de Pin Vatican Musei Vaticani artgitato 7 Cortille della Pigna La Cour de la Pomme de Pin Vatican Musei Vaticani artgitato 8

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Cervantes et Dante – L’El Medio et La Paura

Cervantes et Dante
LA PEUR et L’ACTION

Dante & Cervantes La Peur Artgitato Divine Comédie et le Quichotte

L’EL MIEDO du QUICHOTTE
et
L
A PAURA DE LA
DIVINE COMEDIE

El Miedo, source d’inaction

L’ingénieux Don Quichotte, l’intrépide, une fois lectures et imaginaires amassés, veut agir. Il est homme d’action. « Hechas pues estas prevenciones, no quiso aguardar mas tiempo a poner en efeto su pensamiento, apretandole a ello la falta que el pensaba que hacia en el mundo su tardanza, … » (chapitre 2).

Devant la continuelle peur de Sancho, Quichotte va droit devant, se riant de la peur de son écuyer. A chaque combat, Sancho liquéfié donne encore plus de courage à notre chevalier. Lors de l’attaque des moulins ? Quichotte lui dit : « ellos son gigantes, y si tienes miedo quitate de ahi y ponte en oracion en el espacio que yo voy a entrar con ellos en fiera y desigual batalla. »(chapitre 8).

Une autre aventure (Chapitre 18), fait apparaître à Quichotte des moutons comme étant des chevaux hennissants prêts au combat. « El miedo que tienes, dijo don Quijote, te hace, Sancho, que ni veas ni oyas a derechas, porque uno de los efectos del miedo es turbar los sentidos, y hacer que las cosas no parezcan lo que son… ». Le livre est plein de ces moments de rencontres hardies et directes où la peur ne fait que ralentir ou annuler l’action (chapitre 23…).

Elle est contre-productive. Quichotte inverse la folie. Trop de peur floute le réel.

  • La Paura ou la connaissance pétrifiée

L’opposition avec Dante est totale. Avant son entrée en Enfer, celui-ci est pétrifié. La peur, la « paura » n’est plus l’  « el miedo » du Quichotte. C’est le mot qui revient le plus souvent dans le premier livre de l’Enfer. Dante se retrouve dès les premiers vers perdu dans une vallée profonde, dans une forêt obscure après une nuit d’angoisse, de « paura » : « Nel mezzo del camin di nostra vita, Mi ritrovai per una selva oscura, Que la diritta via era smaritta. Ahi quanto a dir quel era è cosa dura Esta selva selvaggia e aspra e forte Che nel pensier rinova la paura. La “paura” est le mot qui, dès le début du poème, revient le plus souvent : « Che m’aeva di paura il cor compunto…Allor fu la paura un poco queta…ma non si che paura non mi desse« . Apparition de trois bêtes : une panthère « leggera et presta molto », Dante a peur :  « ch’i fui ritornar piu volte volto »Puis un lion : « ma non si che paura non mi disse, la vista che m’apparve d’un leone ». Puis une louve “che di tutte brame sembiave carca ne la sua magrezza, e molte genti fé gia viver grame”. Cette “paura” omniprésente sera affaiblie (« parea fioco« ) par la venue de Virgile.

A TE CONVIEN TENERE ALTRO VIAGGIO

D’abord Virgile apparaît comme une figure étrange, Dante l’apostrophe : « Miserere di me , gridai a lui, qual che tu sii, od ombra od omo certo !” Virgile répond : “Non omo, omo gia fui”Il ne se présente pas comme Virgile, mais comme une énigme : « Nacqui sub…poeta fui…”Et lui pose la question : « ma tu perché ritornai a tanta noia ? » Mais pourquoi retournes-tu à tant d’angoisse ?

Puis suit une déclaration d’admiration, « bello stilo che m’ha fatto onore », de Dante à Virgile et la peur s’analyse, s’étudie « aiutami de lei, famoso saggio » …

« A te convien tenere altro viaggio ».

Jacky Lavauzelle