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LE PARLEMENT – I – DELLA «CANZONE DI LEGNANO» de GIOSUÈ CARDUCCI

Traduction – Texte Bilingue
LITTERATURE ITALIENNE – letteratura italiana
TRADUCTION Jacky LAVAUZELLE

Giosuè Carducci
1835- 1907
Prix Nobel de Littérature 1906

IL PARLAMENTO
LE PARLEMENT
I

L’empereur Frédéric Barberousse, au milieu, aux côtés de ses deux fils, le roi Henri VI (à gauche) et le duc Frédéric VI (à droite).

DELLA «CANZONE DI LEGNANO»
DE LA « CANZONE DI LEGNANANO
PARTE I

[1879]

Sta Federico imperatore in Como.
Frédéric, empereur, séjourne à Côme.
ecco un messaggero entra in Milano
Et voici qu’un messager entre à Milan
Da Porta Nova a briglie abbandonate.
par la Porta Nuova à bride abattue.
“Popolo di Milano,„ ei passa e chiede,
« Peuple de Milan« , clama-t-il en passant,
“Fatemi scorta al console Gherardo„.
« Conduisez-moi vers le consul Gherardo ».
Il consolo era in mezzo de la piazza,
La consul se trouvait au milieu de la place,
E il messagger piegato in su l’arcione
Et le messager, courbé sur sa selle,
Parlò brevi parole e spronò via.
dit quelques mots et repartit.
Allor fe’ cenno il console Gherardo,
Alors le consul Gherardo fit un signe,
E squillaron le trombe a parlamento.
Et les trompettes sonnèrent devant le parlement.


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Frédéric Premier de Hohenstaufen
Frédéric Barberousse 
Friedrich I. – Barbarossa, 
1122 – 10 juin 1190
Empereur romain germanique
Roi des Romains
Roi d’Italie
Duc de Souabe
Duc d’Alsace,

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Carducci

HENRI HAUVETTE
Littérature Italienne
CINQUIÈME PARTIE
L’ITALIE RÉGÉNÉRÉE

L’influence exercée par G. Carducci sur le mouvement intellectuel de son temps a été considérable, et on a remarqué que son exemple avait suscité un nombre inusite de professeurs-poetes. Parmi ceux—ci, Giuseppe Chiarini, d’Arezzo ({8334908) fut lié au maitre par une étroite amitié, qui ne se démentit pas un seul jour. Théoricien et imitateur de la métrique a barbare », traducteur de H. Heine, poéte délicat lui-méme, notamment dans un volume intitulé Lacrymae ({880), il s’est fait le biographe de Carducci (Memorie della vim di G. Carducci, Florence, {903), comme il fut celui d’autres grande poétes, de Foscolo ({892) et de Leopardi (I 905).

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Le poète Giosuè Carducci
Maurice Muret
Revue des Deux Mondes
Tome 40 – 1907

Dans un temps où la littérature devient de plus en plus internationale, où les auteurs du monde entier sont traduits dans toutes les langues, Giosuè Carducci offre l’exemple exceptionnel d’un grand écrivain dont l’œuvre s’est fort peu répandue à l’étranger. Son nom, à vrai dire, était depuis longtemps célèbre. Tout le monde savait que Giosuè Carducci enseignait à Bologne la littérature italienne. On connaissait son Hymne à Satan ; on n’ignorait pas non plus que ce poète, naguère républicain farouche, s’était converti à la monarchie par admiration, par vénération pour la reine douairière d’Italie, Marguerite de Savoie. Lorsque, au mois de décembre 1906, le prix Nobel pour la poésie fut attribué, après plusieurs années d’hésitation, à Giosuè Carducci, journaux et revues lui consacrèrent des études un peu plus substantielles. La mort du poète, enfin, survenue le 16 février dernier, donna lieu hors d’Italie à toute une série nouvelle d’articles nécrologiques, mais cet événement provoqua en Europe des regrets beaucoup moins sentis et beaucoup moins éloquents que la mort d’Henrik Ibsen, par exemple. L’Italie fit à son enfant des obsèques dignes de son génie, mais les autres nations, insuffisamment renseignées, restèrent plutôt indifférentes au deuil pompeux de nos voisins d’outre-monts.
Hâtons-nous de dire qu’il n’y eut, dans cette indifférence de l’étranger, aucune ingratitude. L’œuvre de Carducci ne pouvait raisonnablement prétendre à la grande célébrité internationale. Giosuè Carducci doit à la poésie le meilleur de sa gloire. Or c’est par le roman, c’est par le théâtre, c’est par la littérature d’idées que se créent les célébrités universelles. Traduite dans une langue étrangère, une œuvre lyrique perd le principal de son charme, a l’instar de ces vins généreux dont l’arôme s’évanouit en passant à travers un filtre. On traduit parfois, par curiosité ou pour l’instruction des lettrés, les poèmes lyriques d’un auteur illustre parvenu à la renommée internationale par le roman ou le théâtre. On a traduit récemment les poésies d’Henrik Ibsen, on traduira quelque jour les Laudi de M. Gabriele d’Annunzio, mais la réputation d’un auteur ne saurait se fonder sur une traduction, si bonne fût-elle, de ses ouvrages en vers. Aussi la splendeur de Giosuè Carducci, poète uniquement lyrique, était-elle et reste-t-elle condamnée à n’être jamais pleinement goûtée de quiconque ignore la langue italienne.
Une autre raison de l’obscurité relative où demeura l’œuvre de Carducci tient à son caractère rigoureusement national. Exception faite d’une série de sonnets consacrés à la Révolution française, c’est l’histoire italienne uniquement qui l’inspira, pendant toute sa vie. L’Italie a traversé de 1821 à 1870 une époque de troubles, de succès politiques mêlés de revers, de vastes espoirs suivis de mornes découragements qui aboutirent enfin à la reconstitution de l’unité et dont l’ensemble constitue la période du Risorgimento. Un poète, mort cinquante ans exactement avant Carducci, Giacomo Léopardi, avait exprimé les aspirations nationales dans la première phase de cette lutte glorieuse. Giosuè Carducci les a traduites, presque au jour le jour peut-on dire, dans la deuxième phase, la plus heureuse : celle qui devait se terminer par l’entrée des Italiens dans Rome et l’installation de la monarchie au Quirinal. Les péripéties de cet âge héroïque, Carducci les a retracées d’un point de vue assez spécial, mais avec une telle ferveur patriotique qu’il finit par incarner, aux yeux des Italiens de ce temps, non point le sentiment d’un parti, mais l’idée nationale elle-même, si bien qu’en 1891, lorsque le barde mazzinien et garibaldien inclina son front naguère indocile devant la majesté de la reine Marguerite, on salua dans cette conversion le couronnement de son œuvre de poète et de citoyen. Le nom de Carducci avait pris dans les dernières années de sa vie un sens en quelque sorte symbolique. Il représentait les idées désormais inséparables de patrie et d’unité. Après lui avoir tenu longtemps rigueur, les catholiques d’outre-monts avaient généreusement rapporté la sentence naguère prononcée contre le poète révolutionnaire. Lors d’un jubilé professoral de Carducci, le marquis Filippo Crispolti, le plus connu des publicistes catholiques de la péninsule, tint même à honneur de joindre aux hommages spontanés de l’Italie libérale l’hommage réfléchi de l’Italie catholique. Et il loua en termes parfaits tout ce qui, dans l’œuvre de Carducci, pouvait être loué par un esprit religieux. Cette unanimité dans l’admiration et la reconnaissance se retrouva lorsqu’il s’agit de rendre à la dépouille mortelle du poète les honneurs suprêmes. Le 16 février 1907 plongea dans le deuil l’Italie entière. Jour néfaste pour la Nation ! Jour de larmes pour la Poésie ! La scène funèbre décrite dans l’ode barbare Aux sources du Clitumne dut se répéter sur toutes les rives italiques :
Les nymphes allèrent en pleurant se cacher dans les fleuves, rentrèrent dans le sein maternel, ou, poussant de longs cris, se dispersèrent ainsi que des nuages au-dessus des montagnes…
Et la voix mystérieuse qui jadis, tandis que se mouraient le monde romain, ses dieux et ses héros, s’écria au large de la Méditerranée : « Le grand Pan est mort ! » dut exhaler de nouveau sa plainte en ce triste jour où descendait dans la tombe le plus antique, le plus latin, le plus romain des poètes modernes.

MAURICE MURET

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INVITATION A CECILIUS de CATULLE XXXV CATULLUS – ad Caecilium iubet libello loqui

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CATULLE CATULLUS XXXV

litterarumLittérature Latine
Catulle

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

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CATULLE – CATULLUS
84 av J.-C. – 54 av J.-C.

POESIE XXXV

 Ad Caecilium iubet libello loqui
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INVITATION À CECILIUS
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Poetae tenero, meo sodali,
Au délicat poète, à mon ami,
velim Caecilio, papyre, dicas
A Cécilius, je voudrais, papyrus, que tu lui dises
  Veronam veniat, Noui relinquens
De venir à Vérone, laissant derrière lui
Comi moenia Lariumque litus.
Les murs de Nouvelle Côme et ses rives du Larius.
nam quasdam volo cogitationes
J’ai pour lui certaines pensées
amici accipiat sui meique.
Sur un de ses amis, qui est aussi le mien.





quare, si sapiet, viam vorabit,
S’il est sage, qu’il avale la route d’un seul trait,
  quamvis candida milies puella
Même si sa charmante jeune fille à la peau claire
  euntem revocet, manusque collo
lui jette ses deux mains au cou
 ambas iniciens roget morari.
en le suppliant de rester.
quae nunc, si mihi vera nuntiantur,
Elle qui là-bas, si les rapports sont véridiques,
illum deperit impotente amore.
lui voue un amour passionné.
nam quo tempore legit incohatam
Dès le jour où elle lut ses premiers vers
 Dindymi dominam, ex eo misellae
en l’honneur de la déesse de Dindyme, cette pauvre malheureuse
   ignes interiorem edunt medullam.
fut consumée par un feu intérieur.
  ignosco tibi, Sapphica puella
Je te pardonne, jeune fille,
 musa doctior; est enim venuste
Muse savante ; ils sont si charmants ces vers
Magna Caecilio incohata Mater.
de Cécilius écrits pour la mère des dieux.




Carmen Dianae
À IPSITHILLA

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO







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Catulle – Catullus
POESIE XXXV

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LA CANAILLE & LES DELICATS
par Ferdinand Brunetière
1882

On a voulu faire de Catulle, sans arguments bien solides, un poète aristocratique, un poète du grand monde, comme de sa Lesbie, sur des inductions plutôt que sur des preuves, ce que Brantôme appelait « une grande et honnête dame. » Je persiste à ne pas croire, pour ma part, que Lesbie fût la célèbre Clodia, mais je crois que bon nombre des fréquentations de Catulle furent parmi la bohème littéraire de Rome. Au surplus, la conciliation n’est pas si difficile. Ce que nous savons, en effet, c’est que, lorsque l’adolescent de Vérone arriva de sa province dans la capitale, il y subsistait, sous le raffinement de quelques habitudes, sous l’étalage du luxe et sous l’apparence de la civilisation, un grand fonds d’antique brutalité romaine. Si nous en pouvions douter, nous rapprendrions au moins de certaines épigrammes de Catulle lui-même, plus grossières que mordantes, et dont l’outrageuse crudité passe tout. C’est bien fait à M. Rostand de nous les avoir traduites. On ne peut pas juger d’un poète en commençant par faire exception de toute une partie de son œuvre, qui peut-être est celle que les contemporains en ont presque le plus goûtée. Là où Catulle est bon, il va jusqu’à l’exquis, et c’est bien de lui que l’on peut dire aussi justement que de personne qu’il est alors le mets des délicats ; mais là où il est grossier, il l’est sans mesure, et c’est bien encore de lui que l’on peut dire qu’il est le charme de la canaille. Or, à Rome, en ce temps-là, dans le sens littéraire de l’un et l’autre mot, la canaille et les délicats, c’était presque tout un. On ne distinguait pas encore, selon le mot d’Horace, la plaisanterie spirituelle de l’insolente rusticité. La curiosité de l’intelligence, vivement éveillée, capable de goûter les finesses de l’alexandrinisme, était en avance, pour ainsi dire, sur la rudesse des mœurs et la vulgarité des habitudes mondaines.





Quand on grattait ces soupeurs qui savaient apprécier les jolies bagatelles du poète, on retrouvait le paysan du Latium, qui s’égayait, au moment du vin, à faire le mouchoir. La raillerie, comme à la campagne, s’attaquait surtout aux défauts ou disgrâces physiques. Je sais bien que, jusque dans Horace, la grossièreté du vieux temps continuera de s’étaler, mais ce ne sera plus de la même manière naïvement impudente. Au temps de Catulle, la délicatesse n’avait pas encore passé de l’esprit dans les manières. Quand il s’élevait seulement un nuage sur les amours du poète et de sa Lesbie, le docte traducteur de Callimaque s’échappait en injures de corps de garde. Cette société très corrompue ne s’était pas encore assimilé la civilisation grecque. Elle s’essayait à la politesse, elle n’y touchait pas encore. Et sous son élégance toute superficielle, elle manquait étrangement de goût. — Il me paraît que, si l’on examinée quel moment de notre histoire la plupart de ces traits conviennent, on trouvera que c’est au XVIe siècle, dans le temps précis que le contact des mœurs italiennes opérait sur la cour des Valois le même effet qu’à Rome, sur les contemporains de César, le contact des mœurs de la Grèce.

Ferdinand Brunetière
Revue littéraire
À propos d’une traduction de Catulle
Revue des Deux Mondes
Troisième période
Tome 54 –  1882

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VIRGILIO Carducci Texte Bilingue Traduction du Poème de Carducci

Traduction – Texte Bilingue
VIRGILIO CARDUCCI
LITTERATURE ITALIENNE

letteratura italiana

CARDUCCI

virgilio carducci Giosuè Carducci 1870 Traduction Artgitato Poème


Giosuè Carducci
1835- 1907


Prix Nobel de Littérature 1906

Traduction Jacky Lavauzelle

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 Rime nuove, 1887

VIRGILIO


Vers 1870

Come, quando su’ campi arsi la pia
Comme, quand sur les champs brûlés, la pieuse
Luna imminente il gelo estivo infonde,
Lune imminente disperse la fraîcheur de l’été,
Mormora al bianco lume il rio tra via
Murmure à la blanche lumière le ruisseau dans son lit
   Riscintillando tra le brevi sponde;
Chatoyant entre les étroites rives ;

*

 E il secreto usignuolo entro le fronde
Et le rossignol secret dans le feuillage
  Empie il vasto seren di melodia,
Emplit l’immensité sereine de sa mélodie,
  Ascolta il viatore ed a le bionde
Il écoute le voyageur qui aux blondes
Chiome che amò ripensa, e il tempo oblia;
Boucles qu’il aima repense, et en oublie le temps;

*

 Ed orba madre, che doleasi in vano,
Et la mère en deuil, qui se désole en vain,
Da un avel gli occhi al ciel lucente gira
Ses yeux brillant vers le ciel se tournent
 E in quel diffuso albor l’animo queta;
Et dans cette diffuse lueur l’esprit se calme ;

*

 Ridono in tanto i monti e il mar lontano,
Scintillent pendant ce temps les montagnes et la mer au loin,
Tra i grandi arbor la fresca aura sospira:
Parmi les grands arbres, ma fraîche brise soupire :
  Tale il tuo verso a me, divin poeta.
Tel est pour moi ton vers, divin poète.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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virgilio carducci 1870