Archives par mot-clé : bilbao

Daniel Buren BILBAO -Arc Rouge – Arcos Rojos – Arku gorriak – – Puente Príncipes de España – LE PONT DE LA SALVE

 

DANIEL BUREN BILBAO
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Daniel Buren
Né le 25 mars 1938
Boulogne-Billancourt
France

 Arc Rouge
Arcos rojos
Arku gorriak
Daniel Buren Bilbao
Le Pont de la Salve
Puente Príncipes de España 

Daniel Buren Bilbao

Personne pour entendre la couleur
Aucun reflet dans l’eau
Partie rejoindre l’océan





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Ce matin le pont s’éveille et craque

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Un double pont
Celui qui se jette vers les étoiles
Celui qui plonge dans le cœur de la terre

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Ce matin la lumière est immense

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Une goutte de sang répandue
Un peu de l’ikurriña de l’âme basque
Une goutte de soleil en force

Les courbes s’agitent

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Mais le blanc résiste
Au-delà du rouge
Il résiste toujours

Et revient divin
Incertain
Jaungoikoa
Des restes de courbes en lignes tendues

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Des restes de courbes en lignes tendues
Ce matin tout vient du rouge
De la rouge heure du jour




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L’Heure Rouge

Ce matin le pont s’éveille et craque
Un double pont
Celui qui se jette vers les étoiles
Celui qui plonge dans le cœur de la terre
Ce matin la lumière est immense
Une goutte de sang répandue
Un peu de l’ikurriña de l’âme basque
Une goutte de soleil en force

Les courbes s’agitent
Mais le blanc résiste
Au-delà du rouge
Il résiste toujours
Et revient divin
Incertain
Jaungoikoa
Des restes de courbes en lignes tendues
Ce matin tout vient du rouge
De la rouge heure du jour
Ce matin les membres endormis
Le pont reste seul
Personne n’entend la tension
Personne pour entendre la couleur
Aucun reflet dans l’eau
Partie rejoindre l’océan

Poème de Jacky Lavauzelle

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Daniel Buren Bilbao

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Jorge Oteiza BILBAO Sculpture Variante Ovoide de la Desocupación de la Esfera – Poème de Jacky Lavauzelle

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  Jorge Oteiza
Variante ovoide de la desocupación de la esfera
Variante Ovoïde de l’inactivité de la Sphère

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Devant l’hôtel de ville de Bilbao
El Ayuntamiento de Bilbao
Bilboko Udala

bilbao-espagne-artgitato-jorge-oteiza-sculpture

Jorge Oteiza

Dans le creux doux du fleuve qui finit
La cédille signe dans les bleus du ciel
Au-dessus de la ville au-dedans de la terre
La matière brille
Dans la sphère des poussières brutales
Le cercle enferme les quais
Dans les nœuds un nuage se retrouve
Au-dedans du vide au-dessous des espaces
La rouge éclate
Dans la mer des rayons
Le soleil a rêvé
De toutes ses nuits perdues
De tous ce cris des ténèbres
Le soleil s’est donné
Fier comme la fille idéale
En un point lumineux
Le cercle a bougé
Dans le rien du temps
Il pose là
Mais déjà
N’est plus
Le point a disparu
Le fleuve s’est refermé
Et le ciel
Et la matière
Et la nuit
Et le temps
Et les cris
Et les gens
Et les mers
Du monde et des ondes
Seule la fille
Seul un quai
Un rire

Jacky Lavauzelle

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Le Nervion
Nervión
Nerbioi

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Jorge Oteiza

MAMAN LOUISE BOURGEOIS – MUSEE GUGGENHEIM – BILBAO – 1999

MAMAN LOUISE BOURGEOIS
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 MAMAN LOUISE BOURGEOIS
1999

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Louise Bourgeois
Paris 1911 – New-York 2010

 

MAMAN LOUISE BOURGEOIS
1999
Bronze, Acier inoxydable, Marbre

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Maman Louise Bourgeois

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Maman Louise Bourgeois

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Maman Louise Bourgeois

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Maman Louise Bourgeois

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Poème de Victor Hugo

J’aime l’araignée et j’aime l’ortie,
Parce qu’on les hait ;
Et que rien n’exauce et que tout châtie
Leur morne souhait ;

Parce qu’elles sont maudites, chétives,
Noirs êtres rampants ;
Parce qu’elles sont les tristes captives
De leur guet-apens ;

Parce qu’elles sont prises dans leur œuvre ;
Ô sort ! fatals nœuds !
Parce que l’ortie est une couleuvre,
L’araignée un gueux ;

Parce qu’elles ont l’ombre des abîmes,
Parce qu’on les fuit,
Parce qu’elles sont toutes deux victimes
De la sombre nuit.

Passants, faites grâce à la plante obscure,
Au pauvre animal.
Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,
Oh ! plaignez le mal !

Il n’est rien qui n’ait sa mélancolie ;
Tout veut un baiser.
Dans leur fauve horreur, pour peu qu’on oublie
De les écraser,

Pour peu qu’on leur jette un œil moins superbe,
Tout bas, loin du jour,
La vilaine bête et la mauvaise herbe
Murmurent : Amour !

Victor Hugo
Les Contemplations
1830-1855
Nelson, 1911
pp. 192-193

Juillet 1842

Musée Guggenheim – Museo Guggenheim Bilbao – Guggenheim Bilbao Museoan

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 Museo Guggenheim Bilbao
Musée Guggenheim Bilbao
Guggenheim Bilbao Museoan
Музей Гуггенхайма в Бильбао
古根海姆博物馆
グッゲンハイム美術館ビルバオ

Frank Gehry
Architecte – Arkitektoak
Arquitecto
建築家 – 建筑师 – архитектор

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Maman
Louise Bourgeois
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Louise Bourgeois
Paris 1911 – New-York 2010

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Jenny Holzer
Installation pour Bilbao Musée Guggenheim

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Jenny Holzer
Née le 29 juillet 1950

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Jeff Koons

Tulips – Les Tulipes
Le Bouquet du Musée
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PUPPY
L’ange Gardien de Fleurs du Musée

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Jeff Koons
21 janvier 1955
York en Pennsylvanie

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Mark Rothko
Sans Titre

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Mark Rothko
1903- 1970

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Richard Serra
La Matière du Temps
The Matter of Time
1994-2005

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« Les flots du temps, mon amour, se montrent… »

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« Avec tes bras de marbre, avec ta longue blonde chevelure  – »

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Richard Serra
Né en 1939 à San Francisco

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Les Flots du Temps
Extrait du Poème de Mihai Eminescu

Din valurile vremii, iubita mea, răsai
Les flots du temps, mon amour, se montrent
Cu braţele de marmur, cu părul lung, bălai –
Avec tes bras de marbre, avec ta longue blonde chevelure  –
Şi faţa străvezie ca faţa albei ceri
Un visage pâle comme de l’albâtre
Slăbită e de umbra duioaselor dureri!
Affaiblie par les ombres de la douleur!

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El Arenal BILBAO

 

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 El Arenal 

 

Kiosko del Arenal
Kiosque de l’Arenal

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Monumento al bertsolari Balendin Enbeita
Balendin Enbeita Goiria
20 mai 1906-20 Novembre 1986
1906ko maiatzaren 20a – 1986ko azaroaren 20a
Idazlea
Ecrivain
Escritor




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CATHEDRALE DE BILBAO – Catedral de Santiago de Bilbao – Bilboko Katedraleko

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BILBAO
毕尔巴鄂
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La Cathédrale de Bilbao
La Cathédrale de Saint Jacques
La Cathédrale de Saint Jacques
Catedral Basílica de Santiago  
 

Catedral de Santiago de Bilbao
Catedral de Bilbao
Bilboko Katedraleko
毕尔巴鄂大教堂
Бильбао собор
ビルバオ大聖堂 

 

XIIIe siècle

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Catedral Basílica de Santiago




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Portada de la fachada neogótica, lado oeste
Porte de la façade néo-gothique
Côté est




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saint Pierre

« Moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »
Matthieu, chapitre 16, 18-19

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saint Paul
Représenté avec son livre fermé et son épée
L’épée est l’instrument de son martyre
Les deux tranchants de l’épée représentent la destruction et la création
Elle symbolise aussi la parole et l’éloquence

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Pórtico, lado sur
Portique – Côté sud

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Portada del Pórtico, lado sur
Côté sud

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Rembrandt
Jacques de Zébédée

Jacques le Majeur
Sankt Jakobus der Ältere
Peinture de Saint Jacques
1661

Saint James the Greater *oil on canvas *92.1 x 74.9 cm *signed b.r.: Rembrandt f. 1661

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LA CATHEDRALE EN 1877

Après tant de vieilles cités, toutes couvertes encore de la poudre du passé, je fus heureux de retrouver dans Bilbao une ville vraiment moderne par son aspect, par son animation, par ses édifices. Quoique fondée, elle aussi, vers la fin du XIIIe siècle, elle a subi une série de transformations qui ont modifié complètement son caractère primitif, et sauf le vieux pont de pierre à trois arches inégales et l’église voisine de San-Antonio-Abad qui composent ensemble les armes de la cité, ou bien encore la basilique gothique de Santiago qui existait bien avant elle, on aurait peine à y relever un monument de quelque valeur. Aussi bien Bilbao peut s’en passer. Ses rues nettes et bien tracées, pavées en cailloux, forment l’éventail et remplissent tout l’espace compris par la courbe que suit la rive droite du Nervion.

Revue des Deux Mondes
 tome 22
 1877
L. Louis-Lande
Trois mois de voyage dans le pays basque

BILBAO – Bilbo – 毕尔巴鄂 – ビルバオ- билбао – VISITE – VISITA – BISITA

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BILBAO – Bilbo
毕尔巴鄂
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Bizkaia Delegation Palace

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La Cathédrale de Bilbao
Catedral de Bilbao
Bilboko Katedraleko
毕尔巴鄂大教堂
Бильбао собор
ビルバオ大聖堂

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El Arenal
 Paseo del Arenal

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Musée Guggenheim
Guggenheim Museoa
Музей Гуггенхайма
グッゲンハイム美術館
古根海姆博物馆

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Daniel Buren
Arc Rouge
Arcos Rojos
Arku gorriak
Puente Príncipes de España
LE PONT DE LA SALVE
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El Zubizuri
Puente blanco
Pont Blanc
Puente Peatonal del Campo de Volantín
ホワイトブリッジ
Белый мост
白渡桥

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Puente – Zubi – мост – 桥梁 – ブリッジ
Puente de San Antón
Pont de Saint Antoine

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Palacio Chávarri
Plaza Federico Moyúa

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劇場 – театр – 剧院
Le Théâtre Arriaga
Teatro Arriaga
Plaza Arriaga

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Tour Iberdrola
Iberdrola dorrea

Torre Iberdrola

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Ria de Bilbao
Ría del Nervión O de Bilbao
Le Fleuve Nervion
Nerbioi

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Puppy
Jeff Koons
L’Ange Gardien de fleurs du Musée Guggenheim

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Estatua Statue 雕像 статуя 彫像
Tulips – Tulipes
Le Bouquet du Musée Guggenheim
Jeff Koons

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Estatua Statue 雕像 статуя 彫像
A la deriva
José Zugasti

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Estatua Statue 雕像 статуя 彫像
de Don Diego López de Haro
en la Plaza Circular de Bilbao
Place Circulaire de Bilbao

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Estatua Statue 雕像 статуя 彫像
Giuseppe Verdi
Lourdes Umerez Arregi (1955)
Dentro del Parque de Doña

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Estatua Statue 雕像 статуя 彫像
John Adams
deuxième président des États-Unis ()
segundo presidente de los Estados Unidos
Ameriketako Estatu Batuetako bigarren presidentea
Lourdes Umerez Arregi (1955)

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« Les faits sont têtus; quels que soient nos souhaits, nos inclinations ou les voeux de nos passions, ils ne peuvent changer l’état de fait et la preuve »
John Adams

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Estatua Statue 雕像 статуя 彫像
Jesús María Loroño Elguezabal
1929 2008
Larrabetzu, 1929 – Bilbo, 2008
Musicien – Músico – Musikari
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Estatua Statue 雕像 статуя 彫像
Jorge Oteiza

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Devant l’hôtel de ville de Bilbao
El Ayuntamiento de Bilbao
Bilboko Udala

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Estatua Statue 雕像 статуя 彫
José Antonio Aguirre y Lecube
1904 1960
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Estatua Statue 雕像 статуя 彫
Maman
Louise Bourgeois

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Oroitzapenaren Ibilbidea
Route de la Mémoire
Paseo de la Memoria
Estatua Statue 雕像 статуя 彫
Maia
William Tucker
(né le 28 février 1935  – Le Caire)

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Oroitzapenaren Ibilbidea
Route de la Mémoire
Paseo de la Memoria
Estatua Statue 雕像 статуя 彫像
Judith Markus Lüpertz
1995

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Elisa – 教堂 -教会 – церковь
Iglesia del Sagrado Corazón
L’Église du Sacré Cœur

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Elisa – 教堂 – 教会 – церковь
Iglesia de San Antón
Église de saint Antoine

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Photos de Rues
Bilbao
Septembre 2016

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BILBAO
dans la Première Encyclopédie

 BILBAO, (Géog.) ville capitale & port de la Biscaye, à l’embouchure du Nervio qui s’y jette dans l’Océan, appellé en cet endroit mer de Biscaye. Il s’y fait un très-grand commerce. Long. 14. 30. lat. 43. 23.

Diderot
L’Encyclopédie, 1re édition
Texte établi par D’Alembert
 Diderot, 1751
Tome 2, p. 249

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BILBAO
dans le dictionnaire de 1771

BILBAO. Ville d’Espagne, dans la Biscaie, dont elle est capitale. Bilbaum. Quelques-uns la prennent pour la Floriobriga de Ptolomée. D’autres disent qu’elle ne fut fondée qu’en 1500 par Dom Diego Lopes de Haro. Elle est à l’embouchure de la rivière de Nerio, ou d’Ibaycaval ; & son port, qui est des meilleurs d’Espagne, est celui que les Anciens appeloient amanus portus.

Jésuites et imprimeurs de Trévoux
Dictionnaire universel françois et latin
6e édition – 1771
Tome 1, p. 902

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BILBAO et le Pays Basque
en 1877

J’arrivai à Bilbao dans les derniers jours de juin ; la chaleur commençait à devenir désagréable. Depuis plus de deux mois déjà je parcourais les campagnes de l’intérieur ; d’autre part, la côte cantabrique m’était recommandée comme le but d’excursion le plus charmant du monde. Ma résolution fut bientôt prise, et, sans même me donner le temps de visiter la ville, je me dirigeai vers le nord. J’allais à pied, l’unique manière profitable de voyager, de bonnes cartes dans les poches, car mon intention n’était pas de suivre toujours les chemins tracés. C’est ainsi que, dans le courant de la première journée, non loin de la petite ville de Munguia, j’aperçus, entourées d’épaisses futaies de chênes et de châtaigniers, les ruines du château de Butron. Vers le milieu du XIIIe siècle, à la suite d’une discussion futile qui s’était élevée pendant une cérémonie religieuse, la guerre civile éclata dans le pays basque, et toute la noblesse se partagea en deux camps : gamboinos et oñecinos. Comme les guelfes et les gibelins, ils arborèrent des couleurs, les uns le noir, les autres le blanc, et désormais il n’y eut plus de réunion publique, quel qu’en fût l’objet, fête, noce ou enterrement, qui ne servît de prétexte à des conflits où le sang coulait à flots. Vainement les rois de Castille, avec l’aide des corregidors et des villes, voulurent-ils intervenir ; vainement don Enrique IV donna-t-il l’ordre de démanteler tous les châteaux-forts du pays avec défense de les relever en pierres de taille à partir du premier étage ; vainement les plus dangereux des perturbateurs furent-ils saisis et déportés à l’autre bout de la Péninsule dans des villes voisines des Mores, où ils pouvaient satisfaire à loisir leurs instincts batailleurs : ces guerres, suite ininterrompue de sacs, d’incendies, de massacres, durèrent, jusqu’à la fin du XVe siècle, et il fallut la forte main d’Isabelle la Catholique pour y mettre un terme. Les Gomez de Butron étaient les principaux chefs du parti oñecino. Leur repaire s’élevait sur une hauteur escarpée, à proximité de la rivière de Plencia, dont les eaux, par un tunnel habilement creusé sous la montagne, alimentaient les fossés du donjon. Rabaissé comme tous les autres, sur l’ordre, du roi de Castille, le château de Butron a depuis longtemps perdu ses hôtes seigneuriaux : de vrais arbres, poussés au hasard dans l’épaisseur des murs, disjoignent lentement les pierres sous l’effort de leurs racines, et les paysans voisins s’y viennent fournir de moellons comme dans une carrière ; un pauvre cultivateur occupe un coin du premier étage avec sa famille, l’immense salle du bas lui sert à loger ses bestiaux. Le brave homme avait voulu me faire lui-même l’honneur de ses ruines, et il me racontait à sa façon les terribles événemens dont elles avaient été les témoins. Il est une tour, la mieux conservée, dominant à droite un ravin profond ; un jour, serré de près par ses deux mortels ennemis, les seigneurs de Villela et de Avendaño, le châtelain de Butron avait dû se retirer dans sa forteresse ; le siège traînait en longueur et la garnison, à bout de vivres, allait être forcée de se rendre, quand un écuyer, apparaissant entre les créneaux de la tour, imagina de jeter par petites poignées aux pigeons et aux volatiles qui picoraient dans le ravin les dernières mesures de blé qui restaient. A cette vue, le découragement s’empara des assiègeans : de vive force le château était imprenable ; croyant que ses défenseurs avaient des provisions en abondance, ils se décidèrent à lever le blocus. De fait, la tour et le ravin sont encore là ; mais quoi, l’histoire ancienne ne cite-t-elle pas mille ruses analogues, celle des Romains entre autres qui, assiégés dans le Capitole et réduits aux dernières extrémités, jetèrent, pour tromper les Gaulois, des pains de froment par-dessus les murs ? Assurément mon homme ne connaissait même de nom ni les Romains ni Tite-Live. Par quel prodige le même récit se retrouvait-il à une pareille distance, et qui expliquera jamais cette diffusion des fables et des légendes qui établit entre les esprits des époques et des races les plus diverses une sorte de parenté ?

Après tant de vieilles cités, toutes couvertes encore de la poudre du passé, je fus heureux de retrouver dans Bilbao une ville vraiment moderne par son aspect, par son animation, par ses édifices. Quoique fondée, elle aussi, vers la fin du XIIIe siècle, elle a subi une série de transformations qui ont modifié complètement son caractère primitif, et sauf le vieux pont de pierre à trois arches inégales et l’église voisine de San-Antonio-Abad qui composent ensemble les armes de la cité, ou bien encore la basilique gothique de Santiago qui existait bien avant elle, on aurait peine à y relever un monument de quelque valeur. Aussi bien Bilbao peut s’en passer. Ses rues nettes et bien tracées, pavées en cailloux, forment l’éventail et remplissent tout l’espace compris par la courbe que suit la rive droite du Nervion. Cette disposition heureuse la met de tous côtés en rapport avec le fleuve qui est navigable jusqu’au Puente Viejo, c’est-à-dire jusqu’à l’extrémité méridionale de la ville. Le port proprement dit s’étend de ce point au môle de Portugalete, sur une longueur de plus de 11 kilomètres ; de très bonne heure, il avait acquis une importance considérable, et de grands travaux furent faits pour l’améliorer. Tout d’abord, au XVIe siècle, un système de digues est construit aux frais de la casa de contratacion ou chambre de commerce de Bilbao. Plus tard, en 1712, on met à exécution le gigantesque et coûteux projet de canalisation du cours du Nervion. Malheureusement les travaux n’ont pas été poursuivis depuis avec la méthode ou l’énergie nécessaire. La passe va s’obstruant chaque jour, et les navires de fort tonnage sont obligés de s’arrêter en avant de Portugalete. Néanmoins le port est fort animé ; en 1872, le chiffre des navires, tant nationaux qu’étrangers, a été de 2,419 à l’entrée et de 2,369 à là sortie ; pour sa part, Bilbao, avec une population qui n’atteint pas 20,000 âmes, compte près de 900 bâtimens inscrits, sans parler des menues barques. Les quais, que longent de magnifiques allées d’arbres, s’étendant à perte de vue, sont encombrés de fûts, de sacs et de ballots. Pour voiturer les marchandises, les gens du pays se servent communément d’une sorte de traîneau tiré par une paire de bœufs et composé de deux madriers parallèles que relient entre eux de courtes traverses : on l’appelle narria ; mais, comme le frottement du bois sur le pavé risquerait de l’enflammer, un petit baril, placé sur le devant de la machine, laisse tomber goutte à goutte l’eau dont il est rempli et qui sans cesse humecte les madriers. Les femmes, elles aussi, prennent part aux travaux du port : il semble même que les plus rudes leur soient réservés ; les unes, dans de grands paniers, transportent le charbon ou le minerai, les autres, coiffées d’un vaste chapeau de paille, une grosse corde passée en travers des reins, remorquent péniblement les bateaux. Vers le soir, à mesure que s’apaise le mouvement du port, commence une agitation d’un nouveau genre ; les promenades avoisinantes, celle de l’Arenal surtout, si ombreuse et si vaste, sont littéralement envahies par des bandes tapageuses de petites filles et de petits garçons. Que d’enfans ! Je ne me souviens pas d’en avoir jamais tant vu. Dans certaines provinces de l’intérieur, à Tolède par exemple, la vieille cité impériale, fauve amas de décombres d’où la vie semble bannie pour toujours, j’avais cherché en vain cette gaîté que répand dans les rues et sur les promenades la sortie des écoles ; les familles y sont stériles, les maisons sans enfans. Ici au contraire c’est une fécondité, une exubérance de sève qui vous jette dans les jambes à chaque pas une envolée de lutins frais et roses : tout ce petit monde crie, court, saute, se poursuit, tombe et se relève ; les rondes se forment, et les parties de paume s’organisent sous les yeux des parens, heureux de cette joie. En raison même de sa position au centre d’une petite plaine dominée de trois côtés par de hautes montagnes, Bilbao en temps de guerre se trouve toujours exposée. Du mois de juin 1835 au mois de décembre 1836, assiégée à trois reprises par les armées du prétendant Carlos V, elle repoussa toutes les attaques avec un héroïsme qui lui valut du gouvernement de la reine Isabelle le titre de très noble, très loyale et invincible cité. De nos jours, les carlistes eussent gagné à sa possession, en même temps qu’une capitale de premier ordre et une base solide d’opérations, une garantie devenue nécessaire pour leurs emprunts à l’étranger. Le 29 décembre 1873, on sut à Bilbao que le passage du fleuve venait d’être coupé à quelque distance avec les chaînes d’un chemin de fer aérien qui servait naguère au transport du minerai ; depuis plusieurs mois déjà, la circulation était interrompue sur la voie ferrée. Sans perdre de temps, les carlistes ouvrirent un feu très vif sur Portugalete, qui, coupé lui-même de ses communications avec la mer, dut capituler ; deux détachemens de troupes, postés en observation entre Portugalete et Bilbao, eurent le même sort : le siège allait sérieusement commencer. Les fortifications, mises en état dès le début de l’été, consistaient en trois forts détachés et huit batteries : tous ces ouvrages étaient par malheur beaucoup trop proches de la place ; la garnison se composait de deux régimens de ligne et d’un petit nombre de soldats des autres armes, plus 400 hommes choisis de garde forale ; les bourgeois de la ville formèrent un bataillon de milice qui, comme il arrive en pareil cas, ne tarda pas à jouer dans la défense le rôle le plus important. Du reste, toute la population, dévouée de longue date aux idées libérales, était décidée à une énergique résistance. Une première tentative faite, par Moriones pour débloquer la place du côté de la mer avait misérablement échoué. Pendant ce temps, les carlistes élevaient au-dessus de la ville leurs batteries de bombardement. Leurs principaux chefs étaient Andechaga et le marquis de Valdespina : l’un vieillard convaincu, austère, vétéran de l’ancienne guerre, devenu impitoyable avec l’âge, l’autre, bien connu à Bilbao, où il avait habité longtemps, honnête lui aussi, énergique, mais tête faible, et joignant à une surdité devenue légendaire une déplorable exaltation d’esprit. Le bombardement commença le 21 février et se poursuivit près d’un mois et demi avec une extrême vigueur. Non contens de cribler la ville de bombes et d’obus, les assiègeans entretenaient autour d’elle une fusillade ininterrompue. Les libéraux répondaient de leur mieux : successivement ils avaient appris, de la bouche même de leurs adversaires, que Moriones, accouru de nouveau, avait été arrêté le 25 février devant San-Pedro-Abanto, puis qu’un mois après, jour pour jour, dans cette même vallée de Somorrostro, le maréchal Serrano, à son tour, avait éprouvé un cruel échec ; les provisions s’épuisaient, on en était réduit au pain de fèves et à la viande de cheval : les cartouches mêmes allaient manquer. C’est alors qu’un messager du dehors, trompant la surveillance de l’assiégeant, parvint à s’introduire dans la place : il apportait l’annonce d’une prochaine délivrance, et en effet le maréchal Concha, avec une armée de 20,000 hommes, en grande partie composée de gardes civils et de carabiniers, se préparait à prendre à revers par Valmaseda la gauche des ennemis, tandis que Serrano immobilisait leur centre et leur droite. L’opération réussit presque sans combat, et, pour n’être pas coupés dans leur ligne de retraite, pendant la nuit du 1er mai, après avoir jusqu’au dernier moment fait feu de toutes leurs batteries, les carlistes se décidèrent à lever le siège. Le même jour, les deux généraux libérateurs faisaient ; leur entrée dans la ville : ce triomphe coïncidait avec une des fêtes nationales les plus populaires de l’Espagne, celle du Dos de mayo ; l’enthousiasme fut immense dans le pays.

J’avais fait la connaissance à Bilbao d’un des hommes les plus distingués et les plus instruits de la ville. Imprimeur de son état, don Juan Delmas avait compris le métier à la façon des grands travailleurs du XVIe siècle, les Alde, les Estienne, Il était fou d’antiquités, ami de tous les arts, très curieux surtout des choses de son pays, sur lequel il avait réuni des documens fort précieux qu’il se proposait de mettre en œuvre. Il avait même publié déjà un Guide pittoresque de la Vizcaye, livre intéressant et fort bien écrit. Après trente ans de persévérance et d’efforts, sa fortune faite, il allait se retirer des affaires quand la guerre civile était venue renverser l’édifice laborieusement élevé de toute sa vie. Dès le premier jour, il m’avait témoigné une confiance dont je ne saurais lui être trop reconnaissant, et comme je l’interrogeais : « C’est une douloureuse histoire que vous me demandez là, dit-il, hésitant à s’engager sur la pente de ses souvenirs. J’ai dans ma jeunesse vécu à Paris ; je suivais les cours de la Sorbonne, précisément avec Valdespina, un peu plus âgé que moi ; nous étions tous deux des auditeurs assidus de M. Villemain ; en même temps j’étudiais dans les ateliers de vos peintres les plus connus. Plus tard je voyageai beaucoup pour mes affaires, je visitai la plus grande partie de l’Europe, mais, toujours fidèle aux beaux-arts et à l’amour du sol natal ; je pus réunir ainsi, dans les Flandres principalement, outre une collection complète d’œuvres des maîtres de l’école espagnole, une foule de livres et d’objets intéressant l’histoire de l’Espagne ou du pays basque. Avec cela, mon commerce prospérait, l’âge et la fortune m’étaient venus à la fois ; je résolus de me faire construire un château ; est-ce bien pour moi qu’il faut dire ? Moi-même j’en dessinai le plan ; toutes mes collections y trouvaient place dans des salles aménagées, ornées, ajourées tout exprès. Ici les bijoux et les médailles, plus loin les aquarelles et les dessins ; ailleurs encore les tableaux. Bien des musées eussent fait triste figure à côté du mien ; mais ma bibliothèque était mon plus beau joyau ; pensez donc : 6,000 volumes, tous rares et longuement cherchés ; là-dessus 142 incunables ; les Décrétates de Venise, avec la date de 1477, sorties des presses de Jenson ; les 53 chroniques d’Espagne, imprimées en lettres gothiques à deux couleurs par Juan del Cano, à Médina del Campo, sur l’ordre de la grande Isabelle ; le Très heureux voyage du roi Philippe II dans les terres basses d’Allemagne, par le père Estrella ; le récit de l’expédition d’El Cano, par un de ses compagnons, volume écrit en espagnol et imprimé à La Rochelle en 1507. Combien d’autres encore ! Puis un grand nombre de manuscrits inédits : le Livre de Lope Garcia de Salazar, la Chronique de la maison de Vizcaye, par Padilla, une Chronique du Guipuzcoa, par le bachelier Zaldivia… Mon rêve était de me retirer définitivement du commerce, d’aller jouir en paix de mes trésors ; je m’étais promis de publier plus de trente volumes de documens curieux sur le Señorio, avec des notes de ma main auxquelles j’avais travaillé toute ma vie ; c’eût été mon œuvre à moi, un hommage rendu à mes concitoyens, en même temps qu’une marque durable de mon passage ici-bas. En attendant, j’étais heureux, je ne me connaissais que des amis : on se disputait bien un peu entre antiquaires sur quelque point douteux d’histoire, sur une étymologie, sur un mot, mais cela si courtoisement, et toujours à la plus grande gloire de la nationalité euskarienne !

Revue des Deux Mondes
 tome 22
 1877
L. Louis-Lande
Trois mois de voyage dans le pays basque

Bizkaia Delegation Palace – Palais du Conseil général – El palacio de la Diputación Provincial de Bilbao

Euskal Herria
Pays Basque
EUSKADI

BILBAO
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Photos Jacky Lavauzelle
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Bizkaia Delegation Palace
El palacio de la Diputación Provincial de Bilbao
Le Palais du Conseil général
Palacio de la Diputación Foral de Vizcaya

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Bizkaia Delegation Palace

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Construit entre 1890 et 1900
Avenue Gran Vía de Don Diego López de Haro

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Architecte Luis Aladren
Arquitecto
Nacido en Zaragoza en 1852 y fallecido en 1902
1852-1902

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Bizkaia Delegation Palace

VOYAGE EN ESPAGNE – Viajar a España – 西班牙 – Испания – スペイン

Photo Jacky Lavauzelle

Viajar a España
Voyage en Espagne




 

 ESPAGNE – ESPAÑA
西班牙
スペイン
Испания

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 Espagne – España

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A CORUÑA
LA COROGNE
科伦纳
コラナ
Corunna
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Bilbao
ビルバオ – 毕尔巴鄂
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Bilbo
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VISITE DE BURGOS 
Visita a Burgos
Тур Бургос
布尔戈斯
ブルゴス
Бургос

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OÑA
provincia de Burgos
Province de Burgos
Castilla la Vieja
comunidad autónoma de Castilla y León

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Caceres
La Perle de l’Estrémadure

Caceres Artgitato Espagne 9

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Guadalajara
Le Palais de l’Infantado
Palacio del Infantado

Guadalajara Palais de l'Infantado Artgitato Palacio del Infantado 1

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Huesca
La cathédrale
Catedral de Santa María

Catedral de Santa María de Huesca Cathédrale de Huesca Artgitato 2




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Madrid – Мадрид  马德里
Visite de Madrid
Visita a Madrid
Визит в Мадрид
观光马德里

Paseo del Prado Museo del Prado Velasquez artgitato 0*

Salamanca
Salamanque 萨拉曼卡 –  サラマンカ
Quod natura non dat, Salmantica non præstat 
Plaza de Toros

Salamanca Artgitato 30

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CANTABRIE – CANTABRIA
SANTANDER
サンタンデル
桑坦德
Сантандер
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CANTABRIE – CANTABRIA
SANTILLANA DEL MAR
Сантильяна-дель-Мар 
サンティジャーナデルマル
桑蒂拉納大海

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Sevilla – Séville
Севилья – 塞维利亚
セビリア
Plaza de
España – Place d’Espagne
Les Bancs des Provinces Espagnoles

Sevilla Plaza de España Artgitato 00

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TOLEDE – TOLEDO
トレド – 托莱多
Толедо

Senda Ecologica Toledo Tolède Chemin Ecologique du Tage Artgitato 2

 

 

Val d’Aran
Bossost – Église de l’Assomption de Bossòst
Vielha
 – Saint Michel – Sant Miquel
Salardú Capitale du Naut Aran – Val d’Aran – L’église Sant Andreu – XIIIe siècle
Salardú Capitale du Naut Aran Val d'Aran Artgitato Pyrénées Espagne 10

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Espagne – España

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Le
Voyage en Espagne
de Téophile Gautier
Chapitre III
La moitié du pont de la Bidassoa appartient à la France, l’autre moitié à l’Espagne, vous pouvez avoir un pied sur chaque royaume, ce qui est fort majestueux : ici, le gendarme grave, honnête, sérieux, le gendarme épanoui d’avoir été réhabilité, dans Les Français de Curmer, par Édouard Ourliac ; là, le soldat espagnol, habillé de vert, et savourant dans l’herbe verte les douceurs et les mollesses du repos avec une bienheureuse nonchalance. Au bout du pont, vous entrez de plain-pied dans la vie espagnole et la couleur locale : Irun ne ressemble en aucune manière à un bourg français ; les toits des maisons s’avancent en éventail ; les tuiles, alternativement rondes et creuses, forment une espèce de crénelage d’un aspect bizarre et moresque. Les balcons très saillants sont d’une serrurerie ancienne, ouvrée avec un soin qui étonne dans un village perdu comme Irun, et qui suppose une grande opulence évanouie. Les femmes passent leur vie sur ces balcons ombragés par une toile à bandes de couleurs, et qui sont comme autant de chambres aériennes appliquées au corps de l’édifice ; les deux côtés restent libres et donnent passage à la brise fraîche et aux regards ardents ; du reste, ne cherchez pas là les teintes fauves et culottées (pardon du terme), les nuances de bistre et de vieille pipe qu’un peintre pourrait espérer : tout est blanchi à la chaux selon l’usage arabe ; mais le contraste de ce ton crayeux avec la couleur brune et foncée des poutres, des toits et du balcon, ne laisse pas que de produire un bon effet.

Les chevaux nous abandonnèrent à Irun. On attela à la voiture dix mules rasées jusqu’au milieu du corps, mi-partie cuir, mi-partie poil, comme ces costumes du Moyen Age qui ont l’air de deux moitiés d’habits différents recousues par hasard ; ces bêtes ainsi rasées ont une étrange mine et paraissent d’une maigreur effrayante ; car cette dénudation permet d’étudier à fond leur anatomie, les os, les muscles et jusqu’aux moindres veines ; avec leur queue pelée et leurs oreilles pointues, elles ont l’air d’énormes souris. Outre les dix mules, notre personnel s’augmenta d’un zagal et de deux escopeteros ornés de leur trabuco (tromblon). Le zagal est une espèce de coureur, de sous-mayoral ; qui enraye les roues dans les descentes périlleuses, qui surveille les harnais et les ressorts, qui presse les relais et joue autour de la voiture le rôle de la mouche du coche, mais avec bien plus d’efficacité. Le costume du zagal est charmant, d’une élégance et d’une légèreté extrêmes ; il porte un chapeau pointu enjolivé de bandes de velours et de pompons de soie, une veste marron ou tabac, avec des dessous de manches et un collet fait de morceaux de diverses couleurs, bleu, blanc et rouge ordinairement, et une grande arabesque épanouie au milieu du dos, des culottes constellées de boutons de filigrane, et pour chaussure des alpargatas, sandales attachées par des cordelettes ; ajoutez à cela une ceinture rouge et une cravate bariolée, et vous aurez une tournure tout à fait caractéristique. Les escopeteros sont des gardiens, des miqueletes destinés à escorter la voiture et à effrayer les rateros (on appelle ainsi les petits voleurs), qui ne résisteraient pas à la tentation de détrousser un voyageur isolé, mais que la vue édifiante du trabuco suffit à tenir en respect, et qui passent en vous saluant du sacramentel : Vaya usted con Dios ; allez avec Dieu. L’habit des escopeteros est à peu près semblable à celui du zagal, mais moins coquet, moins enjolivé. Ils se placent sur l’impériale à l’arrière de la voiture, et dominent ainsi la campagne. Dans la description de notre caravane, nous avons oublié de mentionner un petit postillon monté sur un cheval, qui se tient en tête du convoi et donne l’impulsion à toute la file.

Avant de partir, il fallut encore faire viser nos passeports, déjà passablement chamarrés. Pendant cette importante opération, nous eûmes le temps de jeter un coup d’œil sur la population d’Irun qui n’a rien de particulier, sinon que les femmes portent leurs cheveux, remarquablement longs, réunis en une seule tresse qui leur pend jusqu’aux reins ; les souliers y sont rares et les bas encore davantage.

Un bruit étrange, inexplicable, enroué, effrayant et risible, me préoccupait l’oreille depuis quelque temps ; on eût dit une multitude de geais plumés vifs, d’enfants fouettés, de chats en amour, de scies s’agaçant les dents sur une pierre dure, de chaudrons raclés, de gonds de prison roulant sur la rouille et forcés de lâcher leur prisonnier ; je croyais tout au moins que c’était une princesse égorgée par un nécromant farouche ; ce n’était rien qu’un char à bœufs qui montait la rue d’Irun, et dont les roues miaulaient affreusement faute d’être suiffées, le conducteur aimant mieux sans doute mettre la graisse dans sa soupe. Ce char n’avait assurément rien que de fort primitif ; les roues étaient pleines et tournaient avec l’essieu, comme dans les petits chariots que font les enfants avec de l’écorce de potiron. Ce bruit s’entend d’une demi-lieue, et ne déplaît pas aux naturels du pays. Ils ont ainsi un instrument de musique qui ne leur coûte rien et qui joue de lui-même, tout seul, tant que la roue dure. Cela leur semble aussi harmonieux qu’à nous des exercices de violoniste sur la quatrième corde. Un paysan ne voudrait pas d’un char qui ne chanterait pas : ce véhicule doit dater du déluge.

Sur un ancien palais transformé en maison commune, nous vîmes pour la première fois le placard de plâtre blanc qui déshonore beaucoup d’autres vieux palais avec l’inscription : Plaza de la Constitucion. Il faut bien que ce qui est dans les choses en sorte par quelque côté : l’on ne saurait choisir un meilleur symbole pour représenter l’état actuel du pays. Une Constitution sur l’Espagne, c’est une poignée de plâtre sur du granit.

Comme la montée est rude, j’allai jusqu’à la porte de la ville, et, me retournant, je jetai un regard d’adieu à la France ; c’était un spectacle vraiment magnifique : la chaîne des Pyrénées s’abaissait en ondulations harmonieuses vers la nappe bleue de la mer, coupée çà et là par quelques barres d’argent, et grâce à l’extrême limpidité de l’air, on apercevait loin, bien loin, une faible ligne couleur saumon pâle, qui s’avançait dans l’incommensurable azur et formait une vaste échancrure au flanc de la côte. Bayonne et sa sentinelle avancée, Biarritz, occupait le bout de cette pointe, et le golfe de Gascogne se dessinait aussi nettement que sur une carte de géographie ; à partir de là, nous ne verrons plus la mer que lorsque nous serons en Andalousie. Bonsoir, brave Océan !

La voiture montait et descendait au grand galop des pentes d’une rapidité extrême ; exercices sans balancier sur le chemin roide, qui ne peuvent s’exécuter que grâce à la prodigieuse adresse des conducteurs et à l’extraordinaire sûreté du pied des mules. Malgré cette vélocité, il nous tombait de temps en temps sur les genoux une branche de laurier, un petit bouquet de fleurs sauvages, un collier de fraises de montagnes, perles roses enfilées dans un brin d’herbe. Ces bouquets étaient lancés par de petits mendiants, filles et garçons, qui suivaient la voiture en courant pieds nus sur les pierres tranchantes : cette manière de demander l’aumône en faisant d’abord un cadeau soi-même a quelque chose de noble et de poétique.

Le paysage était charmant, un peu suisse peut-être, et d’une grande variété d’aspect. Des croupes de montagnes dont les interstices laissaient voir des chaînes plus élevées, s’arrondissaient de chaque côté de la route ; leurs flancs gaufrés de différentes cultures, boisés de chênes verts, formaient un vigoureux repoussoir pour les cimes éloignées et vaporeuses ; des villages avec leurs toits de tuiles rouges s’épanouissaient au pied des montagnes dans des massifs d’arbres, et je m’attendais à chaque instant à voir sortir Kettly ou Gretly de ces nouveaux chalets. Heureusement, l’Espagne ne pousse pas l’opéra-comique jusque-là.

Des torrents capricieux comme des femmes vont et viennent, forment des cascatelles, se divisent, se rejoignent à travers les rochers et les cailloux de la manière la plus divertissante, et servent de prétexte à une multitude de ponts les plus pittoresques du monde. Ces ponts multipliés à l’infini ont un caractère singulier ; les arches sont échancrées presque jusqu’au garde-fou, en sorte que la chaussée sur laquelle passe la voiture semble ne pas avoir plus de six pouces d’épaisseur ; une espèce de pile triangulaire et formant bastion occupe ordinairement le milieu. Ce n’est pas un état bien fatigant que celui de pont espagnol, il n’y a pas de sinécure plus parfaite : on peut se promener dessous les trois quarts de l’année ; ils restent là avec un flegme imperturbable et une patience digne d’un meilleur sort, attendant une rivière, un filet d’eau, un peu d’humidité seulement ; car ils sentent bien que leurs arches ne sont que des arcades, et que leur titre de pont est une pure flatterie. Les torrents dont j’ai parlé tout à l’heure ont tout au plus quatre à cinq pouces d’eau ; mais ils suffisent pour faire beaucoup de bruit et servent à donner de la vie aux solitudes qu’ils parcourent. De loin en loin, ils font tourner quelque moulin ou quelque usine au moyen d’écluses bâties à souhait pour les paysagistes ; les maisons, dispersées dans la campagne par petits groupes, ont une couleur étrange ; elles ne sont ni noires, ni blanches, ni jaunes, elles sont couleur de dindes rôties : cette définition, pour être triviale et culinaire, n’en est pas moins d’une vérité frappante. Des bouquets d’arbres et des plaques de chênes verts relèvent heureusement les grandes lignes et les teintes vaporeusement sévères des montagnes. Nous insistons beaucoup sur ces arbres, parce que rien n’est plus rare en Espagne, et que désormais nous n’aurons guère occasion d’en décrire.

Nous changeâmes de mules à Oyarzun, et nous arrivâmes à la tombée de la nuit au village d’Astigarraga, où nous devions coucher. Nous n’avions pas encore tâté de l’auberge espagnole ; les descriptions picaresques et fourmillantes de Don Quichotte et de Lazarille de Tormes nous revenaient en mémoire, et tout le corps nous démangeait rien que d’y songer. Nous nous attendions à des omelettes ornées de cheveux mérovingiens, entremêlées de plumes et de pattes, à des quartiers de lard rance avec toutes leurs soies, également propres à faire la soupe et à brosser les souliers, à du vin dans des outres de bouc, comme celles que le bon chevalier de la Manche tailladait si furieusement, et même nous nous attendions à rien du tout, ce qui est bien pis, et nous tremblions de n’avoir rien autre chose à prendre que le frais du soir, et de souper, comme le valeureux don Sanche, d’un air de mandoline tout sec.

Profitant du peu de jour qui nous restait, nous allâmes visiter l’église qui, à vrai dire, avait plutôt l’air d’une forteresse que d’un temple : la petitesse des fenêtres percées en meurtrières, l’épaisseur des murs, la solidité des contre-forts lui donnaient une attitude robuste et carrée, plus guerrière que pensive. Cette forme se reproduit souvent dans les églises d’Espagne. Tout autour régnait une espèce de cloître ouvert, dans lequel était suspendue une cloche d’une forte dimension qu’on fait sonner en agitant le battant avec une corde, au lieu de donner la volée à l’énorme capsule de métal.

Quand on nous mena dans nos chambres, nous fûmes éblouis de la blancheur des rideaux du lit et des fenêtres, de la propreté hollandaise des planchers, et du soin parfait de tous les détails. De belles grandes filles bien découplées, avec leurs magnifiques tresses tombant sur les épaules, parfaitement habillées, et ne ressemblant en rien aux maritornes promises, allaient et venaient avec une activité de bon augure pour le souper qui ne se fit pas attendre ; il était excellent et fort bien servi. Au risque de paraître minutieux, nous allons en faire la description ; car la différence d’un peuple à un autre se compose précisément de ces mille petits détails que les voyageurs négligent pour de grandes considérations poétiques et politiques que l’on peut très bien écrire sans aller dans le pays.

L’on sert d’abord une soupe grasse, qui diffère de la nôtre en ce qu’elle a une teinte rougeâtre qu’elle doit au safran, dont on la saupoudre pour lui donner du ton. Voilà, pour le coup, de la couleur locale, de la soupe rouge ! Le pain est très blanc, très serré, avec une croûte lisse et légèrement dorée ; il est salé d’une manière sensible aux palais parisiens. Les fourchettes ont la queue renversée en arrière, les pointes plates et taillées en dents de peigne ; les cuillers ont aussi une apparence de spatule que n’a pas notre argenterie. Le linge est une espèce de damas à gros grains. Quant au vin, nous devons avouer qu’il était du plus beau violet d’évêque qu’on puisse voir, épais à couper au couteau, et les carafes où il était renfermé ne lui donnaient aucune transparence.

Après la soupe, l’on apporta le puchero, mets éminemment espagnol, ou plutôt l’unique mets espagnol car on en mange tous les jours d’Irun à Cadix, et réciproquement. Il entre dans la composition d’un puchero confortable un quartier de vache, un morceau de mouton, un poulet, quelques bouts d’un saucisson nommé chorizo, bourré de poivre, de piment et autres épices, des tranches de lard et de jambon, et par là-dessus une sauce véhémente aux tomates et au safran ; voici pour la partie animale. La partie végétale, appelée verdura, varie selon les saisons ; mais les choux et les garbanzos servent toujours de fond ; le garbanzo n’est guère connu à Paris, et nous ne pouvons mieux le définir qu’en disant : C’est un pois qui a l’ambition d’être un haricot, et qui y réussit trop bien. Tout cela est servi dans des plats différents, mais on mêle ces ingrédients sur son assiette de manière à produire une mayonnaise très compliquée et d’un fort bon goût. Cette mixture paraîtra tant soit peu sauvage aux gourmets qui lisent Carême, Brillat-Savarin, Grimod de La Reynière et M. de Cussy ; cependant, elle a bien son charme et doit plaire aux éclectiques et aux panthéistes. Ensuite viennent les poulets à l’huile, car le beurre est une chose inconnue en Espagne, le poisson frit, truite ou merluche, l’agneau rôti, les asperges, la salade, et, pour dessert, des petits biscuits-macarons, des amandes passées à la poêle et d’un goût exquis, du fromage de lait de chèvre, queso de Burgos, qui a une grande réputation qu’il mérite quelquefois. Pour finir, on apporte un cabaret avec du vin de Malaga, de Jeres et de l’eau-de-vie, aguardiente, qui ressemble à de l’anisette de France, et une petite coupe (fuego) remplie de braise pour allumer les cigarettes. Ce repas, avec quelques variantes peu importantes, se reproduit invariablement dans toutes les Espagnes…

Nous partîmes d’Astigarraga au milieu de la nuit ; comme il ne faisait pas clair de lune, il se trouve naturellement une lacune dans notre récit. Nous passâmes à Ernani, bourg dont le nom éveille les souvenirs les plus romantiques, sans y rien apercevoir que des tas de masures et de décombres vaguement ébauchés dans l’obscurité. Nous traversâmes, sans nous y arrêter, Tolosa, où nous remarquâmes des maisons ornées de fresques et de gigantesques blasons sculptés en pierre : c’était jour de marché, et la place était couverte d’ânes, de mulets pittoresquement harnachés, et de paysans à mines singulières et farouches.

À force de monter et de descendre, de passer des torrents sur des ponts de pierre sèche, nous arrivâmes enfin à Vergara, lieu de la dînée, avec une satisfaction intime, car nous n’avions plus souvenir de la jicara de chocolate avalée, moitié en dormant, à l’auberge d’Astigarraga.

Théophile Gautier
Voyage en Espagne
charpentier, 1859
Chapitre III

pp. 17-25

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