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LE DIEU GERMAIN NOUVEAU POEME

LE DIEU GERMAIN NOUVEAU
LITTERATURE FRANCAISE
SYMBOLISME

germain-nouveau-poemes-poesie-artgitato

Germain Nouveau

31 juillet 1851 Pourrières (Var) – 4 avril 1920 Pourrières

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POEMES
VALENTINES ET AUTRES VERS

LA POESIE DE
GERMAIN NOUVEAU
LE DIEU

Valentines et autres vers

Texte établi par Ernest Delahaye
Albert Messein, 1922
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le-dieu-germain-nouveau-artgitato-desnudo-de-mujer-1902-joaquin-sorollaJoaquin Sorolla
Desnudo de mujer

1902
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GERMAIN NOUVEAU

LE DIEU

N’est pas athée qui veut.

Napoléon

Je vous dis un soir une chose
Dont vous fûtes peut-être cause :
J’ai découvert un nouveau Dieu.
« Nous irons le prêcher ensemble »,
Me répondîtes-vous ; j’en tremble
Car… vous vous avanciez un peu.

Puisque, jusqu’à preuve apportée,
Je ne veux être qu’un athée
Qui ne peux croire qu’en l’Amour,
Quel Dieu, répondez-moi, quel diable
De Dieu né mort ou né viable
Avais-je bien pu mettre au jour ?

Mais… j’avais dit vrai… sans blasphème,
Vous allez voir… cherchez vous-même…
Vous ne trouvez pas ? non ? vraiment !
Je vais vous mettre sur la route :
C’est un Dieu bon… alors… nul doute
Que ce ne soit un Dieu charmant ;

Voyons !… le mot du… théorème,
C’est ?… c’est ?… mais c’est Vous, Vous que j’aime,
Que j’aime avec âme, avec feu ;
Mais c’est ton corps, mais c’est ton âme,
Mais c’est Toi, ma petite femme,
Toi, cet adoré petit Dieu ;

C’est ta raison et ton ivresse,
C’est ton esprit et ta caresse ;
Mais c’est Toi, c’est Toi, c’est Toi, Toi,
Toi… ce n’est pas une autre femme,
Toi… mais… pardonnez-moi, Madame,
J’ai l’air… d’un grand effronté, moi.

Depuis qu’en Vous j’ai voulu vivre,
L’amour de sagesse m’enivre,
De sagesse ?… tiens !… c’est curieux !
C’est la sagesse qui m’enflamme !
Mais, c’est assez causé, Madame,
Maintenant, soyons sérieux !

Nous allons arpenter le globe,
Dépêchons ! Mettez votre robe
Et votre chapeau préféré…
J’ai votre parole, il me semble ?
Nous allons vous prêcher ensemble,
Vous-même Vous Vous prêcherez !

*

Le Dieu Germain Nouveau

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ARTHUR RIMBAUD POESIES

POESIE FRANCAISE

Arthur Rimbaud poésies artgitato

ARTHUR RIMBAUD
1854-1891

 

Arthur Rimbaud Poésies Oeuvre Poèmes Poésie Artgitato

 

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Œuvres d’Arthur RIMBAUD
 


Arthur Rimbaud Poésies

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Le Bateau Ivre

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs ;

Arthur Rimbaud bateau ivre Joseph Mallord William Turner Tempête de neige en mer 1842 Londres Tate Britain

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Le Dormeur du Val

C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons

Le Dormeur du Val Arthur Rimbaud Edouard Manet l'homme mort 1864 1865 National Gallery of Art

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Le Mal

Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l’infini du ciel bleu ;

Le Mal Arthur Rimbaud La Bataille de Waterloo Clément-Auguste Andrieux

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Les Assis

Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues
Vertes, leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs,

Les Assis Arthur Rimbaud Artgitato Quentin Metsys Les usuriers 1520

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Les Chercheuses de poux

Quand le front de l’enfant, plein de rouges tourmentes,
Implore l’essaim blanc des rêves indistincts,

Les Chercheuses de poux Arthur Rimbaud Artgitato charles Lefèbvre 1670

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Les effarés

Noirs dans la neige et dans la brume,
Au grand soupirail qui s’allume,

20 septembre 1870

Les effarés Arthur Rimbaud Artgitato John George Brown Coming up Short 1884

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Ophélie

Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles,
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,

Ophélie Arthur Rimbaud John Everett Millais Ophelia La Mort d'Ophélie 1852

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Oraison du soir

Je vis assis, tel qu’un ange aux mains d’un barbier,
Empoignant une chope à fortes cannelures,

Oraison du soir Arthur Rimbaud Maxime Dethomas au Bal de l'Opéra Toulouse Lautrec

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UNE SAISON EN ENFER

Jadis, si je me souviens bien… – Mauvais sang – Nuit de l’enfer –  Délires I  Vierge folle – Délires II Alchimie du verbe – L’Impossible – L’Éclair – Matin – Adieu

Une saison en enfer Arthur Rimbaud Artgitato Jérôme Bosch L'ascension des élus

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Voyelles

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu, voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes.
Voyelles Arthur Rimbaud Artgitato

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ARTHUR RIMBAUD
Une plume fiévreuse
1856

Arthur Rimbaud avait quinze ans environ lorsque, présenté à Victor Hugo, il fut accueilli par lui avec ces mots : Shakespeare enfant. » Novateur et entreprenant, Rimbaud, qui, à cet âge-là, avait lu toutes les littératures, quitta les routes frayées, cherchant des rythmes inconnus, des images irréalisées, des sensations non éprouvées. Il s’y est perdu, de même qu’un aventureux et capricieux voyageur. Après avoir parcouru successivement la Belgique, l’Angleterre, l’Allemagne et l’Italie, il quitta l’Europe pour d’autres continents et disparut sans laisser de traces ni jamais donner signe de vie.

Arthur Rimbaud, qui, avec Paul Verlaine, Stéphane Maillarmé et Tristan Corbière, a été dans sa dernière manière largement imité par les décadents, ne publia qu’un seul recueil, une plaquette intitulée : Une Saison en Enfer (Bruxelles, 1873), sorte de prodigieuse autobiographie poétique, au dire de Paul Verlaine. Son œuvre est cependant assez considérable pour le peu d’années qu’elle embrasse ; elle comprend de nombreux vers parus dans des Revues et dans l’étude des « Poètes maudits, » puis les Illuminations, mélange de vers et de prose, ébauches écrites au courant d’une plume fiévreuse…

Arthur Rimbaud
Anthologie des poètes français du XIXème siècle
Alphonse Lemerre, éditeur, 1888
1852 à 1866
pp. 104-107
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Arthur Rimbaud Poésies
Arthur Rimbaud Poésies