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LA DANSE DE PAN – SCULPTURE DE JACKY LAVAUZELLE – A dança do deus Pan -ESCULTURA DE JACKY LAVAUZELLE

Art
*Jacky Lavauzelle LES FEUX DE VULCAIN - Sculpture Jacky Lavauzelle





Sculpture Jacky Lavauzelle

 La Série des divinités
A série das deidades


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La Danse de Pan
A dança do deus Pan

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Sculpture

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Béton, métal et cornes
Concreto, metal e chiffres

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Sculpture Jacky Lavauzelle
« De deux cornes, bruyant, et des pasteurs aimé, Emplit les verts roseaux d’une amoureuse haleine. » Leconte de Lisle

Pan d’Arcadie, aux pieds de chèvre, au front armé
De deux cornes, bruyant, et des pasteurs aimé,
Emplit les verts roseaux d’une amoureuse haleine.
Dès que l’aube a doré la montagne et la plaine,
Vagabond, il se plaît aux jeux, aux chœurs dansants
Des Nymphes, sur la mousse et les gazons naissants.
La peau du lynx revêt son dos ; sa tête est ceinte
De l’agreste safran, de la molle hyacinthe ;
Et d’un rire sonore il éveille les bois.
Les Nymphes aux pieds nus accourent à sa voix,
Et légères, auprès des fontaines limpides,
Elles entourent Pan de leurs rondes rapides.

Leconte de Lisle
Poèmes antiques
Alphonse Lemerre, éditeur, s.d.

Sculpture Jacky Lavauzelle
« Le Dieu fuit de midi les ardeurs radieuses ; Il s’endort ; et les bois, respectant son sommeil.. » Leconte de Lisle

Le Dieu fuit de midi les ardeurs radieuses ;
Il s’endort ; et les bois, respectant son sommeil,
Gardent le divin Pan des flèches du Soleil.
Mais sitôt que la Nuit, calme et ceinte d’étoiles,
Déploie aux cieux muets les longs plis de ses voiles,
Pan, d’amour enflammé, dans les bois familiers
Poursuit la vierge errante à l’ombre des halliers,
La saisit au passage ; et, transporté de joie,
Aux clartés de la lune, il emporte sa proie.
Leconte de Lisle
Poèmes antiques
Alphonse Lemerre, éditeur, s.d.

Sculpture Jacky Lavauzelle
« Où j’ai su, d’une lame insinuante et dure Sculpter habilement la feuille du raisin Avec son pli, ses nœuds, sa vrille et sa frisure, » Anna de Noailles

Cette tasse de bois, noire comme un pépin,
Où j’ai su, d’une lame insinuante et dure
Sculpter habilement la feuille du raisin
Avec son pli, ses nœuds, sa vrille et sa frisure,

Je la consacre à Pan, en souvenir du jour
Où le berger Damis m’arrachant cette tasse
Après que j’y eus bu vint y boire à son tour
En riant de me voir rougir de son audace.

Anna de Noailles
Le Cœur innombrable
Calmann Lévy, 1901

Sculpture Jacky Lavauzelle
Ne sachant où trouver l’autel du dieu cornu, Je laisse mon offrande au creux de cette roche… » Anna de Noailles

Ne sachant où trouver l’autel du dieu cornu,
Je laisse mon offrande au creux de cette roche,
— Mais maintenant mon cœur a le goût continu
D’un baiser plus profond, plus durable et plus proche…

Anna de Noailles
Le Cœur innombrable
Calmann Lévy, 1901

SCulpture Jacky Lavauzelle
« Quand le soleil, que cache à demi la forêt, Montrant sur l’horizon sa rondeur échancrée… » Victor Hugo

Contemplez du matin la pureté divine,
Quand la brume en flocons inonde la ravine,
Quand le soleil, que cache à demi la forêt,
Montrant sur l’horizon sa rondeur échancrée,
Grandit, comme ferait la coupole dorée
D’un palais d’Orient dont on approcherait !

PAN
de Victor Hugo
Les Feuilles d’automne
XXXVIII
Œuvres complètes
Ollendorf, 1909

Sculpture Jacky Lavauzelle
« C’était au temps Où les grands Dieux de marbre et d’or Ne vivaient plus qu’en leurs statues … » Henri de Régnier

C’était au temps
Où les grands Dieux de marbre et d’or
Ne vivaient plus qu’en leurs statues ;
On les voyait encor,
Debout et nues,
Au seuil des temples clairs
A tuiles d’or,
Avec la mer
Derrière eux, éclatante, innombrable et sereine,
A l’horizon…

PAN
Henri de Régnier
La Cité des Eaux
Mercure de France, s.d.

Sculpture Jacky Lavauzelle
« Et, tandis que les dieux ont quitté leurs statues, Lui seul est demeuré quand les autres sont morts… » Henri de Régnier

Et, tandis que les dieux ont quitté leurs statues,
Lui seul est demeuré quand les autres sont morts,
Et sa forme multiple, éparse et jamais vue
Subsiste universelle et vit partout encor.

PAN
Henri de Régnier
La Cité des Eaux
Mercure de France, s.d.

Sculpture Jacky Lavauzelle
« Le Chèvre-pied divin, chasseur de nymphes nues, Se glisse, l’œil en feu, sous les hautes forêts… » José-Maria de Heredua

A travers les halliers, par les chemins secrets
Qui se perdent au fond des vertes avenues,
Le Chèvre-pied divin, chasseur de nymphes nues,
Se glisse, l’œil en feu, sous les hautes forêts.

Il est doux d’écouter les soupirs, les bruits frais
Qui montent à midi des sources inconnues,
Quand le soleil, vainqueur étincelant des nues,
Dans la mouvante nuit darde l’or de ses traits.

José-Maria de Heredia
Pan
1876

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LA DANSE DE PAN
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Art
*Jacky Lavauzelle LES FEUX DE VULCAIN - Sculpture Jacky Lavauzelle



LES MOTS RARES DE LA LANGUE FRANCAISE

La Langue Française

LES MOTS RARES DE LA LANGUE FRANCAISE

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Abscons

(mystérieux – difficile à comprendre)

« La nature déhiscente n’était plus la Nature
Un lieu abscons tout au plus
Une misère impéritique
La nature avait désormais
Le cul à l’envers. »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« Il doit y avoir quelque chose d’occulte au fond de tous, je crois décidément à quelque chose d’abscons, signifiant fermé et caché, qui habite le commun : car, sitôt cette masse jetée vers quelque trace que c’est une réalité, existant, par exemple, sur une feuille de papier, dans tel écrit — pas en soi — cela qui est obscur : elle s’agite, ouragan jaloux d’attribuer les ténèbres à quoi que ce soit, profusément, flagramment. »
Le Mystère dans les lettres – Stéphane Mallarmé -Divagations – Bibliothèque-Charpentier – Eugène Fasquelle, éditeur-

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Adamantin

(très dur – dureté du diamant)

« Le sexe violacé adamantin
Pouvant défoncer n’importe quelle défense »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« Unis par le plus fort et le plus cher lien,
Et d’ailleurs, possédant l’armure adamantine,
Nous sourirons à tous et n’aurons peur de rien. »
Paul Verlaine – La Bonne chanson – Editions Vanier – -Œuvres complètes – Tome I

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Aigrefin

(brelandier – escroc -homme habile et rusé)

« D’un revers se détacha de la squalide
L’aigrefin s’en alla plein d’hubris
Avec l’inanité dans ses poches
Et poussant un rot à faire vomir un crapeau »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« Arlequin aussi,
Cet aigrefin si
        Fantasque
Aux costumes fous,
Ses yeux luisants sous
        Son masque… »
Colombine – Paul Verlaine – Fêtes galantes – Œuvres Complètes – Tome 1 – Ed. Vanier – 1902

« Comme un aigrefin méditant ses crimes,
Sans perdre un moment, j’apprête, en sournois,
Un beau trébuchet fait avec des rimes ;
Et j’attends, ― caché dans le fond des bois. »
L’Oiseleur – Louis Brouilhet – Ed. Michel Lévy Frères –

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Alliciant

(séducteur)

« L’alliciant lâcha la purée incoercible
L’être devenu chair lui montra des purs gestes hypocoristiques »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Anoure

(animal sans queue)

« La belle n’était plus sylphide
Ni belle ni nitide
Le vent n’était plus zéphyr
L’anoure n’était plus poney »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« Les animaux, qui pour les zoologistes forment le sous-ordre des batraciens anoures, ont entre eux des traits de ressemblance si nombreux et si manifestes, que le peuple, bien longtemps avant les savants, avait pour eux des noms collectifs… »
Les Pluies de crapauds – Désiré Roulin – La Revue des Deux Mondes -1835 – Tome IV

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Antédiluvien

(ancien)

« On attribue à Caïnan, fils d’Arphaxad, la conservation d’un traité d’Astronomie qu’il trouva gravé sur deux colonnes par les enfants de Seth, ouvrage antédiluvien qu’il transcrivit. »
Collin de Plancy  -Dictionnaire infernal Henri Plon –

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Brelandier

(aigrefin fréquentant les tripots)

« – Ce serait, lui répondit Mangogul, de tourner mon anneau sur la plus effrénée de ces brelandières, de questionner son bijou, de transmettre par cet organe un bon avis à tous ces maris imbéciles qui laissent risquer à leurs femmes l’honneur et la fortune de leur maison sur une carte ou sur un dé. »
Denis Diderot – Les Bijoux indiscrets – Chapitre XII –Œuvres complètes de Diderot, Texte établi par J. Assézat et M. Tourneux, Garnier, IV – Paris

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Caligineux

(peu clair – relatif au brouillard – embrumé)

« Et l’homme brave artisan
Mondant l’ariane
S’appliquait dans le caligineux inlassablement »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

 » depuis, dis-je, que cet orgueilleux eust mesuré la distance du ciel en terre, et qu’au lieu de voltiger sur les orbes célestes, il s’est veu garotté des liens eternels au lac caligineux des enfers, l’homme, son successeur aux siéges du paradis, a eu beaucoup à souffrir. Cet enragé, se voyant forclos de l’heritage qui luy appartenoit comme au fils aisné, et se voyant exilé et vagabond par le monde, n’a cessé de dresser des embuches à son cadet. »
Variétés historiques et littéraires -1624-  Tome 1 – Examen sur l’inconnue et nouvelle caballe des frères de la Rozée-Croix

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Callipyge

(dame avec un imposant postérieur – une Vénus Callipyge)

« Dans les durs entrelacs d’une étrange thébaïde
La brouette callipyge
N’en demandait pas tant
La dame clamait tant et tant
De profondes objurgations
N’étant pas une péronnelle de l’année
En en voulant pour son compte »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« Le corsage si bien rempli
Qu’il bombe aux deux endroits, sans pli,
Cotillon clair moulant énormes
Le callipyge de ses formes. »
Maurice Rollinat – Paysages et paysans – Editions Fasquelle –

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Cauteleux

(qui n’est pas franc – hypocrite)

« Dans le simple acide
Cauteleux
Dans l’un turbide
Une rambleur forlignait l’horizon »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Contadin

(le paysan – en rapport avec le paysan)

« Le contadin mussant
Dans le revers d’une feuille
en restait coi »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« c’est un livre qui a pour titre le Memorie d’un Contadino ; l’auteur est Mme Luigia Codemo-Gerstenbrandt. Un roman qui paraît à Venise, c’est déjà un attrait ; l’œuvre elle-même d’ailleurs laisse voir un talent ferme et gracieux, qui conduit avec aisance une fiction aux mille détours. « Tout est vrai, » dit l’auteur en commençant, et en effet il y a de la vérité dans ce récit, qui a pour premier mérite de n’être point la simple traduction ou l’imitation d’un roman français. C’est un contadin qui raconte sa propre histoire. Il s’appelle Domenico Narcisi... »
Charles de MAZADE – Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire – 14 décembre 1857 – Revue des Deux Mondes
Seconde
période- Tome 12, 

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Déhiscence

(séparation – libération)

« La nature déhiscente n’était plus la Nature
Un lieu abscons tout au plus
Une misère impéritique
La nature avait désormais
Le cul à l’envers. »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« — Jouant la partie, gratuitement soit pour un intérêt mineur : exposant notre Dame et Patronne à montrer sa déhiscence ou sa lacune, à l’égard de quelques rêves, comme la mesure à quoi tout se réduit. »
Le Mystère dans les lettres – Stéphane Mallarmé -Divagations – Bibliothèque-Charpentier – Eugène Fasquelle, éditeur-

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Désinence

(inflexion – nuance – terminaison)

« Pas un son sucré
Pas une seule désinence »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« DESINENCE, s. f. (Gramm.) il est synonyme à terminaison, & ils se disent l’un & l’autre de la dernière syllabe d’un mot. »
Première Encyclopédie – Ed. Garnier -1777

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Dès potron-minet

(se lever tôt, à la Diane)

« car la tête est bonne, certes, meilleure que celle du freluquet sempiternellement penché sur un ruisseau, et, à poils, le chinois de paravent, la graine de propre à rien, à poils, dehors, dès potron-minet, à se regarder, va donc chochotte, les yeux, le nombril et toute la boutique, tant et si bien qu’il a fini par choir dans la flotte, d’où on l’a repêché mort et nu, plus nu que la main… »
René Crevel – Êtes-vous fous ? – Gallimard, 

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Diane

(tôt – se lever à la diane  = se lever tôt, dès potron-minet)

« De lettres
Se levant à la diane »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« Les coqs ont sonné la diane. »
Gabriel Vicaire

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Diaphane

(transparent)

« Ilotes des eaux, cocottes des mers
Salopes des profondeurs
Diaphanes et salées
Poivrées et hyalines »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Empyrée

(céleste – espace céleste et infini)

« Le foutre vulnéraire girandole effaça les brûlures
En entrant dans l’empyrée écuissée
Diaprant les attributs de la douce alanguie en se lénifiant
D’un revers se détacha de la squalide »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

 » Il va même jusqu’à se demander si, comme beaucoup de savants le croyaient jadis, il n’y aurait pas au delà de la sphère des étoiles les plus éloignées, une région entièrement lumineuse, un ciel empyrée, et si les nébuleuses ne seraient pas cette région éclatante, vue à travers une ouverture, une brèche (chasm) de la sphère (probablement cristalline) du premier ciel mobile. »
François Arago – Astronomie populaire (Arago) – Ed. Gide & J. Baudry – 1854 – Tome 1

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Etique

(rachitique- extrême maigreur)

« Ma secco è il pruno, e le stecchite piante
Mais le prunier est sec et les arbres étiques

di nere trame segnano il sereno,
Des lignes noires seules soulignent cette sérénité, »
Novembre – Giovanni Pascoli – Trad. Jacky Lavauzelle

« Pauvre débris humain ! Spectre ratatiné !
À voir son corps étique et son visage glabre
On dirait qu’elle vient d’une danse macabre,
Poussive et lasse encor d’un sabbat effréné !… »
La vieille Guitariste  – Georges Rodenbach – La Mer élégante – Alphonse Lemerre, éditeur-

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Grigner

(plisser – froisser – rider -onduler)

« La queue grignait de plus belle
Ne cherchant qu’une route
Sans la foule »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Hyalin (e)

(qui possède la transparence du verre)

« Ilotes des eaux, cocottes des mers
Salopes des profondeurs
Diaphanes et salées
Poivrées et hyalines »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Flavescent (e)




(doré)

« E vós também, ó terras Transtaganas,
« Et vous aussi, ô terres au-delà du Tage,
 Afamadas co’o dom da flava Ceres,
Réputées comme un don de la flavescente Cérès, »
Luis de Camoes – Os Lusiadas – Les Lusiades III-62 – Trad. Jacky Lavauzelle

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Forligner

(s’écarter de la voie droite)

« Dans le simple acide
Cauteleux
Dans l’un turbide
Une rambleur forlignait l’horizon »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Gambit

(aux échecs – sacrifice volontaire du pion pour favoriser une attaque)

« Poivrées et hyalines
Dans le duo des vases smaragdines
La vie déjà jouait son gambit »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Girandole

(Gerbe de fusées – Jets d’eau)

« Le foutre vulnéraire girandole effaça les brûlures
En entrant dans l’empyrée écuissée
Diaprant les attributs de la douce alanguie en se lénifiant
D’un revers se détacha de la squalide »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« Brune à la lèvre rose et couverte de fards,
La fille, l’œil luisant comme une girandole,
Sur la hanche roulant ainsi qu’une gondole,
Hideusement s’en va sous les flots blafards. »
Rêve de Paul Valéry

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Hapax

(un unique exemplaire – original)

« Dans cette ocelle précautionneuse
Un hapax unique et fondamental
La belle tintinnabulait et brinquebalait
D’un avant et d’un arrière »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Hâve

(blafard – livide – blême – amaigri)

« D’où émergent parfois quelques Arabes lents,
Squalides et hautains avec des mines hâves,
Si rares ? Vrais fétus « in gurgite vasto » »
John-Antoine Nau – Vers la Fée Viviane -Éd. de la Phalange –

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Hiémal

(qui appartient à l’hiver)

« Une fenaison de mots hiémaux
Pas un son sucré »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Hypocoristique

(avec une douce attention caressante)

« L’alliciant lâcha la purée incoercible
L’être devenu chair lui montra des purs gestes hypocoristiques
Quasi christiques »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Igné

(qui est en feu)

« Renouvelant des nouvelles attaques obsidionales
Des battements ignés »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« Bien des siècles depuis les siècles du Chaos,
La flamme par torrents jaillit de ce cratère,
Et le panache igné du volcan solitaire
Flamba plus haut encor que les Chimborazos. »
José-Maria de Heredia – Les Trophées – Ed. Alphonse Lemerre – 

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Ilote

(esclave – servile)

« Ilotes des eaux, cocottes des mers
Salopes des profondeurs
Diaphanes et salées
Poivrées et hyalines »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Immarcescible  – Immarcessible

(que l’on ne peut flétrir)

« Tels des taureaux avant l’accouplement
Pénétrant
Et l’esprit immarcescible et la grâce nivéale
N’en ayant que faire
Du monde et des hommes »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« Le bon démon déposa enfin la tendre mère
 sur le sommet du monde à la cime idéale,
 où tout ce qu’il y a de lumière divine
 et de beauté immarcescible,
 tout ce que l’infini peut contenir de Dieu,
 plane éternellement. »
La Mère – Giovanni Pascoli – Traduction Filippo Tommaso Marinetti

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Impéritie

(incapacité – inaptitude)

« Les lois Romaines voulaient que les médecins pussent être punis pour leur négligence ou pour leur impéritie. Dans ces cas, elles condamnaient à la déportation le médecin d’une condition un peu relevée, & à la mort celui qui était d’une condition plus basse. »
De l’Esprit des Lois  – Montesquieu – Livre XXIV – Chapitre XIX -Ed Garnier – 1777

Inanité

(vide- inutile – sans aucune réalité – sans intérêt)

« D’un revers se détacha de la squalide
L’aigrefin s’en alla plein d’hubris
Avec l’inanité dans ses poches
Et poussant un rot à faire vomir un crapeau »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« Dans les yeux de l’Humanité
La Douleur va mirer ses charmes.
Tous nos rires, tous nos vacarmes
Sanglotent leur inanité ! »
Les Larmes du monde – Maurice Rollinat – Les Névroses Fasquelle, 1917

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Incoercible

(qu’on ne peut contenir, maîtriser)

« L’alliciant lâcha la purée incoercible
L’être devenu chair lui montra des purs gestes hypocoristiques »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« Incoercible élan d’un visage vers l’autre,
Chaude haleine créant un humain paradis,
Sainte présomption d’être ces deux apôtres
Graves, dont l’un s’abreuve à ce que l’autre dit… »
Anna de Noailles – Poème de l’amour – CLXX

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Labile

(fragile – faible)

Stupisce le placide vene
 Stupéfiant les placides veines
quel flutto soave e straniero,
Quel étranger flux suave,
quel rivolo, labile, lene,
Quel léger filet labile,
Giovanni Pascoli – LE RÊVE DE LA VIERGE -II- Il sogno della vergine (Canti di Castelvecchio) – Trad. Jacky Lavauzelle

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Monder

(enlever les écorces, les pépins – se monder = se purifier)

« Et l’homme brave artisan
Mondant l’ariane
S’appliquait dans le caligineux inlassablement »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Nitescence

(éclatant, lumineux)

« Roulant inutilement la nitescence des rouleaux
La terre voisine s’obrombait
Lentement »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Nitide

(éclatant – brillant – resplandissant)

« La belle n’était plus sylphide
Ni belle ni nitide
Le vent n’était plus zéphyr
L’anoure n’était plus poney »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

 »    Ô Télèphe, ton front nitide,
Comme Vesper ton œil étincelant
     Captent Rhodé, mûre pour Gnide :
Glycère, moi, me brûle d’un feu lent. »
À TÉLÈPHE- XIX- Horace –
Odes et Épodes et Chants séculaires – Traduction par M. le Comte de Séguier -A. Quantin –

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Nivéal

(en rapport avec la neige – qui évoque la neige)

« Tels des taureaux avant l’accouplement
Pénétrant
Et l’esprit immarcescible et la grâce nivéale
N’en ayant que faire
Du monde et des hommes »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Obromber

(se couvrir d’une ombre)

« Roulant inutilement la nitescence des rouleaux
La terre voisine s’obrombait
Lentement »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Objurgations

(supplications – demandes pressantes)

« Dans les durs entrelacs d’une étrange thébaïde
La brouette callipyge
N’en demandait pas tant
La dame clamait tant et tant
De profondes objurgations
N’étant pas une péronnelle de l’année
En en voulant pour son compte »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Obséquieux

(flatteur – cajoleur – adulateur)

« How many a holy and obsequious tear
Combien de pleurs saints et obséquieux »
Sonnet 31 de Shakespeare – Trad. Jacky Lavauzelle

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Obsidional

(siège – relatif à une ville attaquée et assiégée – délirant – victime de persécution)

« Renouvelant des nouvelles attaques obsidionales
Des battements ignés »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« Il est vrai que, pour en juger, il avait un autre critérium que les malfaisants gobeurs du boniment anticlérical. Mais il voyait bien que, sur ce point, l’instinct obsidional de la haine avait été aussi discernant que la plus jalouse sollicitude. »
Léon Bloy – Le Désespéré – Ed. A. Soirat – 

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Ocelle

(tache colorée de forme arrondie)

« Dans cette ocelle précautionneuse
Un hapax unique et fondamental
La belle tintinnabulait et brinquebalait
D’un avant et d’un arrière »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Perclus

(paralysé)

« Perclus, paralysé de tant de coups démontés »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« Il existoit deux malheureux,
L’un perclus, l’autre aveugle, & pauvres tous les deux.
Ils demandoient au Ciel de terminer leur vie »
Jean-Pierre Claris de Florian – Fables de Florian – Louis Fauche-Borel – (Volume 9)

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Péronnelle

(jeune fille bavarde et écervelée)

« Dans les durs entrelacs d’une étrange thébaïde
La brouette callipyge
N’en demandait pas tant
La dame clamait tant et tant
De profondes objurgations
N’étant pas une péronnelle de l’année
En en voulant pour son compte »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Petrichor

(odeur de la terre qui, sèche, reçoit une forte pluie)

« Une odeur petrichor rentrait dans nos narines en fusion
Tels des taureaux avant l’accouplement »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Pusillanime

(timide – réservé – peureux- qui manque de courage)

« Ô cœur pusillanime, ô cœur confus et triste,
Cœur de paresse, cœur de froideur, cœur d’ennui,
Cœur mort comme une étoile éteinte dans la nuit,
Vide comme un sépulcre où plus rien ne subsiste ! »
Lâcheté – Albert Lozeau – Le Miroir des jours (1912) -Montréal

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Rambleur

(Lueur dans le ciel la nuit)

« Dans le simple acide
Cauteleux
Dans l’un turbide
Une rambleur forlignait l’horizon »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Smaragdine

(d’un vert émeraude)

« Poivrées et hyalines
Dans le duo des vases smaragdines
La vie déjà jouait son gambit »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Squalide

(rugueux – dégoûtant -malpropre)

« Diaprant les attributs de la douce alanguie en se lénifiant
D’un revers se détacha de la squalide
L’aigrefin s’en alla plein d’hubris »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« Les Tritons font sonner leurs trompes en nageant ;
Et de leurs bras la nymphe en vain se dégageant,
Sent ses beaux seins piqués par leurs barbes squalides. »
Albert Samain – Le Cortège d’Amphitrite – Œuvres de Albert Samain, Mercure de France,   – Le Chariot d’or

« D’où émergent parfois quelques Arabes lents,
Squalides et hautains avec des mines hâves,
Si rares ? Vrais fétus « in gurgite vasto » »
John-Antoine Nau – Vers la Fée Viviane -Éd. de la Phalange –

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Sybarite

(Efféminé)

Cinaede Thalle, mollior cuniculi capillo
Sybarite Tellus, plus mou que la poil du lapin
vel anseris medullula vel imula oricilla
Plus flottant que le duvet de l’oie, que le lobe de l’oreille
Catullus – Catulle – XXV – Trad.  Jacky Lavauzelle

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Sylphide

(femme svelte et agile)

« La belle n’était plus sylphide
Ni belle ni nitide
Le vent n’était plus zéphyr
L’anoure n’était plus poney
 »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« Vous épurez l’azur des cieux :
J’en crois ma sylphide et ses charmes.
Sylphes légers, soyez mes dieux. »
Pierre-Jean de Béranger – Œuvres complètes de Béranger –
H. Fournier-

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Thébaïde

(lieu isolé et sauvage)

« Dans les durs entrelacs d’une étrange thébaïde
La brouette callipyge
N’en demandait pas tant
La dame clamait tant et tant
De profondes objurgations
N’étant pas une péronnelle de l’année
En en voulant pour son compte »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Tintinnabuler

(faire des sons de clochettes, de timbales, produire des sons aigus)

« Dans cette ocelle précautionneuse
Un hapax unique et fondamental
La belle tintinnabulait et brinquebalait
D’un avant et d’un arrière »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« Autour, partout, de-ci, de-là, les filles se hâtaient, inquiètes de trouver un souper et le reste. Des sots faisaient semblant de rire. Ici, une bohémienne faisait tintinnabuler sur ses hanches, en un roulement lascif de danse du ventre, une ceinture de sequins. »
Félicien Champsaur – Pierrot et sa Conscience – Ed. Dentu –

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Turbide

(qui n’est pas limpide)

« Dans le simple acide
Cauteleux
Dans l’un turbide
Une rambleur forlignait l’horizon »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

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Vulnéraire

(qui permet de guérir les blessures)

« Le foutre vulnéraire girandole effaça les brûlures
En entrant dans l’empyrée écuissée
Diaprant les attributs de la douce alanguie en se lénifiant
D’un revers se détacha de la squalide »
Complexité Sucrée – Jacky Lavauzelle

« Les feuilles de sanicle entrent dans l’eau vulnéraire, le baume vulnéraire & le baume oppodeltoch, & son suc dans l’emplâtre oppodeltoch. »
Gabriel François Venel – Première Encyclopédie  –  1751 – Tome 14

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LES MOTS RARES DE LA LANGUE FRANCAISE

JEFF KOONS TULIPES BILBAO – Les Tulipes du Musée Guggenheim – Tulips 1995-2004 LE BOUQUET DU MUSEE

TULIPS JEFF KOONS TULIPES BILBAO
Euskal Herria




Pays Basque
EUSKADI

BILBAO
毕尔巴鄂
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——

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Photos Jacky Lavauzelle
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  TULIPS
LES TULIPES
JEFF KOONS
Le Bouquet du Musée Guggenheim

 

Jeff Koons Tulipes
1995–2004

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Jeff Koons
21 janvier 1955
York en Pennsylvanie

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tulips-jeff-koons-tulipes-bilbao-espagne-artgitato-6

 Tu penses à tes sœurs des grands parcs, et tu peux
Regretter le gazon des boulingrins pompeux,
La fraîcheur du jet d’eau, l’ombrage du platane ;

François Coppée

tulips-jeff-koons-tulipes-bilbao-espagne-artgitato-5

Et dans la serre chaude, ainsi qu’en un harem,
S’exhalent sans parfum tes ennuis de sultane.

François Coppée

tulips-jeff-koons-tulipes-bilbao-espagne-artgitato-4

Sous la loupe d’un vieux, inutile trésor,
Tu t’alanguis dans une atmosphère étouffante.

François Coppée

tulips-jeff-koons-tulipes-bilbao-espagne-artgitato-3

Ô rare fleur, ô fleur de luxe et de décor,
Sur ta tige toujours dressée et triomphante,
Le Velasquez eût mis à la main d’une infante
Ton calice lamé d’argent, de pourpre et d’or.

François Coppée

tulips-jeff-koons-tulipes-bilbao-espagne-artgitato-2

« — Ainsi, pour longtemps en jouir,
La Hollande, en ses vastes serres,
Par des blocs de glace resserre
Les tulipes qui vont s’ouvrir… »

Anna de Noailles
Poèmes de l’Amour
XXV
Extrait

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Extraits du poème
À une tulipe
d’Anna de Noailles

À une tulipe

Ô rare fleur, ô fleur de luxe et de décor,
Sur ta tige toujours dressée et triomphante,
Le Velasquez eût mis à la main d’une infante
Ton calice lamé d’argent, de pourpre et d’or.

Mais, détestant l’amour que ta splendeur enfante,
Maîtresse esclave, ainsi que la veuve d’Hector,
Sous la loupe d’un vieux, inutile trésor,
Tu t’alanguis dans une atmosphère étouffante.

 Tu penses à tes sœurs des grands parcs, et tu peux
Regretter le gazon des boulingrins pompeux,
La fraîcheur du jet d’eau, l’ombrage du platane ;

Car tu n’as pour amant qu’un bourgeois de Harlem,
Et dans la serre chaude, ainsi qu’en un harem,
S’exhalent sans parfum tes ennuis de sultane.

François Coppée
(1842-1908)
A une tulipe
Poèmes divers
Œuvres complètes de François Coppée
L. Hébert

Libraire 1885,
Poésies, tome I
pp. 53-54

Hans-Michael Kissel – Blätterphantasie – Ladenburg – Feuillage Fantaisie – 2002

Allemagne
Deutschland
Германия – 德国 – ドイツ

LADENBURG
Blätterphantasie

—-
Sculptures Allemandes
Deutsch Bildhauer
Hans-Michael Kissel

né en 1942 à Worms
Er wohnt in Ladenburg
Habite à Ladenburg

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Photo Jacky Lavauzelle

*

 


Blätterphantasie
Feuillage Fantaisie
Hans-Michael Kissel
2002

Hans-Michael Kissel - Blätterphantasie - Ladenburg - Feuillage Fantaisie Artgitato (1)

« Je n’attends pas de la Nature
Qu’elle ajoute à mon cœur fougueux
Par sa lumière et sa verdure,
Et pourtant le printemps m’émeut :

Ces mille petits paysages
Que forment les arbres légers
Gonflés d’un transparent feuillage
M’arrêtent et me font songer… »

Anna de Noailles
Poème de l’amour
XXIII

Hans-Michael Kissel - Blätterphantasie - Ladenburg - Feuillage Fantaisie Artgitato (2) Hans-Michael Kissel - Blätterphantasie - Ladenburg - Feuillage Fantaisie Artgitato (3)

« Je suis la riante couronne,
Le voile frais et parfumé
Dont le front des bois s’environne
Aux rayons du soleil de mai.

Je suis la verte chevelure
Qui, sur les branchages mouvants,
Se joue, ondoyante parure,
Aux caprices ailés des vents

Avec moins de charme et de grâce
Flottent, sur un cou virginal,
Les longues tresses où s’enlace
La fleur de l’hymen ou du bal

Dans mes roseaux, lyre sonore
Qui s’anime au souffle des airs
Les voix du soir et de l’aurore
S’exhalent en divins concerts

Qu’ils sont enchanteurs les murmures
Que je chuchote à petit bruit,
Alors qu’à travers les ramures
La brise voltige et s’enfuit !… »

Gabriel Monavon
La Muse des familles – 1857
La Chanson du feuillage

Hans-Michael Kissel - Blätterphantasie - Ladenburg - Feuillage Fantaisie Artgitato (4) Hans-Michael Kissel - Blätterphantasie - Ladenburg - Feuillage Fantaisie Artgitato (5) Hans-Michael Kissel - Blätterphantasie - Ladenburg - Feuillage Fantaisie Artgitato (6) Hans-Michael Kissel - Blätterphantasie - Ladenburg - Feuillage Fantaisie Artgitato (7) Hans-Michael Kissel - Blätterphantasie - Ladenburg - Feuillage Fantaisie Artgitato (8)

« La pluie est cette nuit d’été
 En marche à travers le feuillage ;
 On perçoit son léger tapage
 Pointu, dansant et velouté.

— Mon cœur rêve avec fixité,
 Et déborde de ton image !

 J’entends, sur mon balcon étroit,
 Tomber par groupe deux et trois
 De ces belles larmes timides.
— Ainsi rouleraient de mes yeux
 Des perles de cristal humide,
 Si soudain bon, silencieux,
 Dissipant la vive tristesse
 Que me causent l’âme et le corps,
 Tu me livrais avec paresse
 (Car j’accepte tes maladresses,
 Ô toi pour qui tout est effort !)
 Ce baiser par quoi je m’endors… »

Anna de Noailles
Poème de l’amour
XIX

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Hans-Michael Kissel