Archives par mot-clé : Alte Pinakothek

MA TRISTE MÉMOIRE -Sonnet de FERNANDO DE HERRERA – Si a mi triste memoria en hondo olvido

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato-2-10-1.gif.

Littérature espagnole
Literatura española
Poésie espagnole
Poesía española
Soneto
Sonnet

FERNANDO DE HERRERA
Séville 1534 – Séville 1597

**************
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
*************************

MA TRISTE MÉMOIRE
SI A MI TRISTE MEMORIA EN HONDO OLVIDO


************************

Francisco de Zurbarán, Saint François en extase,1658, Alte Pinakothek, Munich

********

Si a mi triste memoria en hondo olvido
Si, dans un oubli profond, ma triste mémoire
desierta sepultase sombra oscura,
avait enterré la déserte ombre noire,
  jamás yo ausente en mísera figura
Je n’aurai dans l’absence cette figure misérable
 lamentaría el daño no debido;
regrettant à l’envi des dommages injustifiables ;

mas preséntela llevo, y voy perdido
mais cette ombre est là et je suis perdu
por cierto error a estrecha desventura,
 par cette erreur certaine qui me réduit au malheur,
y es muerte fiera él, ya de mi ventura
 et quelle mort féroce, déjà ma fortune
rico despojo al corazón caído.
 généreuse dans mon cœur est tombée.

De mi gloria me acuerdo para pena,
 De ma gloire, le souvenir me peine,
del mal para dolor, y nunca veo
 et de ce mal je souffre, et jamais ne vois
 o pienso cosa ajena de mi engaño.
ou ne pense quelque chose d’étranger à mon illusion.

Pobre de bien mi suerte, y de afán llena
 Mon triste sort de plein d’affliction
fue; y aunque no, bastara mi deseo
s’est retrouvé ; mais si mon sort eût été différent, mon désir eût suffi
para no dar lugar al desengaño.
 à me diriger vers une inéluctable déception.

***********************

*************************

LA POÉSIE DE FERNANDO DE HERRERA – LA POESIA DE FERNANDO DE HERRERA

**********************************

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato-2-10-1.gif.

LA POÉSIE DE FERNANDO DE HERRERA – LA POESIA DE FERNANDO DE HERRERA

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato-2-10-1.gif.

Littérature espagnole
Literatura española
Poésie espagnole
Poesía española
Soneto
Sonnet

FERNANDO DE HERRERA
Séville 1534 – Séville 1597

**************
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
********************************************
LA POESIA DE FERNANDO DE HERRERA
LA POÉSIE DE FERNANDO DE HERRERA

*********************************************

LES VAGUES DE LA MER
DEL MAR LAS ONDAS QUEBRANTARSE VIA

William Turner, Le Naufrage du Minotaure, 1810

Del mar las ondas quebrantarse vía
Je voyais les vagues de la mer se briser
en las desnudas peñas, desde el puerto;
 sur les rochers dénudés, depuis le port

****

DANS UN PROFOND DÉTROIT
AL MAR DESIERTO EN EL PROFUNDO ESTRECHO

William Turner, Pêcheurs en mer, 1796

Al mar desierto en el profundo estrecho
Vers la mer désertique, dans un profond détroit
entre las duras rocas, con mi nave
entre les sévères rochers, avec mon navire

****

BLANC
Ahora, que cubrió de blanco hielo

Kasimir Malevitch, Carré blanc sur fond blanc, White on White, 1918


Ahora, que cubrió de blanco hielo
Maintenant, la blanche glace couvre
el oro la hermosa aurora mía,
l’or de la belle mine de l’aurore

****

MA PURE LUMIERE
MI PURA LUZ

Caspar David Friedrich, Lever de lune sur la mer, 1821
Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg

Mi pura Luz, si olvida el fértil suelo
Ma pure Lumière, si tu oublies le sol fertile
que Betis enriquece en Occidente,
 que le Guadalquivir enrichit à l’Ouest,

****

SOLEIL ROUGE
Rojo sol que con hacha luminosa

(Sonnet – Soneto)

Fernando de Herrera Artgitato Soleil Rouge Rojo Sol que scarlet-sunset-1830 Turner

Rojo sol que con hacha luminosa
Soleil rouge qui, d’une torche flamboyante,
coloras el purpúreo alto cielo,
colore d’une couleur pourpre les hauteurs des cimes,

*****

AQUI YO VI EL LUCIENTE Y PURO VELO
LE VOILE

Antonio Palomino, Alegoría del aire, Musée du Prado, Madrid

Aquí yo vi el luciente y puro velo
Ici j’ai vu le voile brillant et pur
por los hermosos hombros esparcido,
par de belles épaules dispersé,

*****

LAS HEBRAS DE ORO PURO
LES BRINS D’OR PUR

Santiago Rusiñol, Le patio bleu

Las hebras de oro puro que la frente
Les brins d’or pur, ton front
cercan en ricas vueltas, do el tirano
les abrite en abondantes volutes, le tyran

****

POR ESTRECHO CAMINO
PAR UN CHEMIN ÉTROIT

Albert Bierstadt, Estes Park, Colorado, Whyte’s Lake, 1877

Por estrecho camino, al sol abierto
Par un chemin étroit, offert au soleil,
de espinas y de abrojos mal sembrado,
d’épines et des ronciers parsemé,

*****

LA FORCE DU DESIR
¿Quién rompe mi reposo?

August Macke, Arbre dans un champ de blé, 1907

¿Quién rompe mi reposo? ¿Quién desata
Qui brise mon repos ? Qui délie
el dulce sueño al corazón cansado?
Le doux rêve de mon cœur fatigué ?

****

GUADALQUIVIR
Alegre, fértil, vario, fresco prado

Alegre, fértil, vario, fresco prado,
Joyeuse, fertile, variée, fraîche prairie,
tú monte, y bosque d’ árboles hermoso,
toi, la montagne, toi, la forêt d’arbres jolis

****

MA TRISTE MEMOIRE
Si a mi triste memoria en hondo olvido

Francisco de Zurbarán, Saint François en extase,1658, Alte Pinakothek, Munich

Si a mi triste memoria en hondo olvido
Si, dans un oubli profond, ma triste mémoire
desierta sepultase sombra oscura,
avait enterré la déserte ombre noire,

****

LE TRAVAIL DE PHIDIAS
un capitán valeroso

(El trabajo de Fidia ingenioso)
(Le travail de l’ingénieux Phidias)

Statue chryséléphantine de Zeus à Olympie
Le Jupiter olympien ou l’art de la sculpture antique, Gravure, Quatremère de Quincy, 1815

El trabajo de Fidia ingenioso,
Le travail de l’ingénieux Phidias,
que a Júpiter Olimpio dio la gloria,
que le Jupiter Olympien a rendu célèbre,

*****

LÀ OÙ LA BEAUTÉ FLEURIT
Aquí donde florece la belleza

Cupidon, William Adolphe Bouguereau

Aquí donde florece la belleza,
Là où la beauté fleurit,
en cuyo dulce fuego el Amor prueba
dans le feu où l’amour éprouve

*****
LA CRUAUTÉ DE L’AMOUR
Después que en mí tentaron su crudeza

Joaquín Sorolla
Joaquín Sorolla y Bastida
Académie d’homme, musée des beaux-arts de Valence, Espagne

1887
Academia de los Hombres, Museo de Bellas Artes de Valencia, España

Después que en mí tentaron su crudeza
Après qu’en moi j’ai subi la cruauté
de Amor y vos las flechas y los ojos,
 de l’Amour et ses flèches et ses yeux,

*****************
LA POESIA DE FERNANDO DE HERRERA
LA POÉSIE DE FERNANDO DE HERRERA

**********************

****************

L’AMITIÉ ENTRE CERVANTÈS ET FERNANDO DE HERRERA

Au milieu d’occupations si peu dignes de lui, Cervantès cependant n’avait pas dit aux muses le dernier adieu ; il leur conservait un culte secret, et entretenait soigneusement le feu sacré de son génie. La maison du célèbre peintre Francisco Pacheco, maître et beau-père du grand Velazquez, s’ouvrait alors à tous les genres de mérites ; l’atelier de ce peintre, qui cultivait aussi la poésie, était, au dire de Rodrigo Caro, l’académie ordinaire de tous les beaux-esprits de Séville. Cervantès comptait parmi les plus assidus visiteurs, et son portrait figura dans cette précieuse galerie de plus de cent personnages distingués qu’avait tracés et réunis le pinceau du maître. Il se lia d’amitié, dans cette académie, avec l’illustre poëte lyrique Fernando de Herrera, dont ses compatriotes ont presque laissé périr la mémoire, puisqu’on ne connaît ni la date de sa naissance, ni celle de sa mort, ni aucune particularité de sa vie, et dont les œuvres, ou plutôt celles qui restent, furent trouvées par fragments dans les portefeuilles de ses amis. Cervantès, qui fit un sonnet sur la mort d’Herrera, était également l’ami d’un autre poëte, Juan de Jauregui, l’élégant traducteur de l’Aminta du Tasse, dont la copie, égalant l’original, a le rare privilége d’être aussi comptée parmi les œuvres classiques. Le peintre Pacheco cultivait la poésie ; le poëte Jauregui cultivait la peinture, et fit également le portrait de son ami Cervantès.

Miguel de Cervantes Saavedra
L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche
Notice sur la vie et les ouvrages de Cervantès
Traduction par Louis Viardot
J.-J. Dubochet
1836 Tome 1


***********************************

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato-2-10-1.gif.

Reviczky Gyula LA MORT DE PAN Pán halála Poème Hongrois

 

LA MORT DE PAN
Reviczky Gyula
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

 

Reviczky Gyula
Vitkóc, 1855. április 9. – Budapest, 1889. július 11.
19 avril 1855 – 11 juillet 1889
magyar költő, író
Poète et écrivain hongrois




——–


Hongrie- Magyarországon
Szöveggyûjtemény
A magyar irodalom








Traduction – Texte Bilingue
Fordítás –  Kétnyelvű szöveget

Traduction Jacky Lavauzelle


LITTERATURE HONGROISE
POESIE HONGROISE

A Magyar Irodalom
Magyar Költészet

Flag_of_Hungary_(1920–1946)_svg

 

Magyar Költő
Poète Hongrois








Pán halála  

La Mort de Pan

Jacob Jordaens
Le Satyre et le Paysan
Munich Alte Pinakothek

**

 

Alkonybiborban úszik a hajó.
Le pourpre nocturne flotte autour du bateau,
A tenger keble álmodón piheg.
Que soulèvent les rêves intimes de la mer.
Csélcsap Zefír, az arra illanó,
Le coquet Zéphyr volatile,
Hableplét pajkosan lebbenti meg.
Le frôle malicieusement.
Langyos párázat rezg a légben;
De tièdes vapeurs vibrent dans l’azur ;
A holdtányér az alkonyégen
La lune dans le ciel crépusculaire
Bágyadt szinéből lángba olvad át…
Jette à travers des languissantes flammes…
Köröskörül merengő némaság.
Tout autour le silence couve.

*

Lent a hajóba’
Au fond du navire
  Pattog a nóta.
Chavire la chanson.
Durva hajósnak
Les marins rugueux
Víg lakomátul
Joyeusement gueuletonnent
Keble kitágul;
Les poitrines s’entrouvrent ;
Szűk nyaku korsók összekoczódnak.
Les cruches au col étroit sensuellement se choquent.
Perdül a koczka, csalfa szerencse
Les dés se frôlent, la fortune trompeuse
 Pörgeti arra, pörgeti erre.
Passe par ici, passe par là.
Ölben a lányok,
Autour des filles
Ing a ruhájok,
Frissonnent les tuniques,
  Szív az ajak hiblájai mézet.
Aux lèvres au goût du miel d’Hybla.
« Lezbia, csókolj! éljen az élet!
« Lesbie, embrasse-moi ! Vive la vie !
 Éljen a kedvnek mámora, gőze
Vive le frisson vaporeux de mon désir,
Éljen a vágy, mely minden időbe’
Vive le désir qui tout le temps s’abreuve 
 Inni mohón kéjserleget unszol.
Goulûment à la fontaine des voluptés.
Nincs zene, bor, lány, hol Koczitusz foly! »
Plus de musique, de vin, plus de fille, où continue le Cocyte ! « 

*

S még hangosabb lesz a hajófenék.
Des huées plus fortes encore dans le fond du navire.
Szitok, kurjantás röpköd szerteszét.
Le vacarme partout dans l’espace.
Padlóra öntik a caecubumit,
Du vin sur le sol se verse,
  Tiberiust, a császárt így köszöntve.
Tibère l’empereur est salué.
Egy ifju pár függöny mögé buvik;
Derrière le rideau se caresse un jeune couple ;
 Pajkos manó incselkedik körötte.
Un malicieux elfe autour d’eux s’affaire.
  Mások szilaj cordaxot lejtenek,
D’autres s’inclinent dans une sauvage ronde,
S a gondtalan, a dévaj istenek
Et les dieux, au milieu des plaisirs insouciantes
 Látatlanul vegyülnek el e körbe.
S’introduisent invisibles dans le cercle.








*

És hallga, a hajó kormányosa
Et le commandant entend
Hangot hall, mely nevén szólítja zordul.
Une voix l’appelant sinistrement.
« Thamus! »… Ki az? Ki volna! Nem csoda.
« Thamus! » … Qui est-ce ? Qui sait ! Rien d’étonnant.
Csak feje zúg, csak füle cseng a bortul.
Seule la clameur dans sa tête, où le vin chante encore.
  De ni! Nem volt ez az előbbi hang?
Une voix à nouveau ! Différente de la première voix ?
  « Thamus! »… No várj, nem tréfálsz meg, bitang!
« Thamus! « … Non, attends, je ne plaisante plus, maraud !
 S fölmegy, hogy lássa. Gyönyörű az éj:
Il remonte sur le pont. Une belle nuit :
Ezüstszegélyü a hullámkarély.
Lumineux scintillement des vagues.
A tengerből lágyan kirezgenek
La mer doucement redessine
A csillagok, vagy tán najád-szemek?
Les étoiles, ou peut-être les yeux des naïades ?
S távol, hová a szem sötétben ér,
Et au loin, là où l’œil atteint l’obscurité,
Etóliának partja feketél.
Les côtes d’Étolie se cachent.

*

Thamus körültekint figyelmesen.
Thamus regarde tout autour.
Lélek se. Minden néma, nesztelen.
Personne. Tout est silencieux, calme.
Csalódott mégis; s már indulna vissza.
Encore déçu, il redescend.
  Lent koczka várja, bor s tüzes Melissza.
Le vin est là et la chaude Mélissa.
De ím, a titkos hang az éjhomályba’
Mais la voix secrète énigmatique
Harmadszor is Thamus nevét kiáltja.
Souffle une troisième fois le nom de Thamus.
  « A földi hang embertől jő; ez égi.
  « Toi, la voix qui provient pas de la terre, voix céleste,
Ki vagy? Mi kell? » – Thamus szepegve kérdi.
Qui es-tu ? Que veux-tu ? »- Demande Thamus agacé.
Harsány szózat zúg erre át a légen;
La voix forte traverse alors les airs ;
Meghallják lent is, a hajófenéken.
Et s’entend même au fond du navire.
  S ez íge hallik: « Thamus, vén hajós,
Et dit : « Thamus, vieux marin,
Légy tudtodon kivűl ma jós.
 Tu deviendras oracle aujourd’hui.
Elérve Palodesz magaslatot,
 En atteignant le haut lieu de Pallentès,
Add hírűl: « A nagy Pán halott! »
Et tu proclameras alors : Le grand Pan est mort! »

*

S elnémul a duhajkodó csapat.
L’équipage se tut.
Nem kell a korty, nem izlik a falat.
Plus aucunes gorgées, plus rien ne passe.
Thamusnak nem jön álom a szemére;
Les rêves pénètreront les yeux de Thamus ;
Magába száll, merengő, meghatott;
Troublé et perdu ;
S midőn Palodeszt a hajó elérte:
Le navire atteignit Pallentès :
A part felé
S’approchant de la côte
Kiáltja, mint a szózat rendelé:
Il cria à pleins poumons :
« Meghalt a nagy Pán! A nagy Pán halott! »
  « Le grand Pan est mort ! Le grand Pan est mort ! » 

*

S egyszerre – ily csodát ugyan ki látott? –
Et soudain- a-t-on vu déjà un tel miracle ? –
Megindulnak fák, bokrok és kövek.
Les arbres se pliant, des buissons et des rochers.
Halk zokogás kél; elhaló sirámot
Sanglots silencieux ; sombres lamentations
Kinos nyöszörgés, jajgatás követ.
Gémissements, rochers en pleurs.
Velőt rázó, mély sóhajok keringnek,
Des secousses et des valses de profonds soupirs,
Sirás hangzik fel, csukló, szakgatott.
Des sons déchirants, des sanglots frémissants.
De kétségb’esve túlzokogja mindet:
Mais cette voix encore les dépasse :
« Meghalt a nagy Pán! A nagy Pán halott! »
  « Le grand Pan est mort ! Le grand Pan est mort ! » 

*








Némán hever hétcsővü fuvolája,
La flûte aux sept tuyaux sonores s’est éteinte,
A mellyel nimfákat rémítgetett.
Celle qui effarouchait les nymphes.
A föld mátul rideg, zord, néma, árva;
La terre est froide, sombre, orpheline muette ;
Nem élnek rajt’ a játszi istenek.
Ils ne vivent pas ici les dieux rieurs.
A szatirok, szilvánok és najádok
Les satyres, les sylvains et les naïades
– Minden bokorban istenség lakott –
– Chaque divinité habitait dans les buissons –
Ott hagytak fát, füvet, forrást, virágot…
Il ont déserté désormais les arbres, les herbes et les fleurs…
Meghalt a nagy Pán! A nagy Pán halott!
Le grand Pan est mort ! Le grand Pan est mort !

*

A természetből elszállott a lélek.
L’âme de la nature s’est envolée :
Eztán a földön isten nem mulat.
La terre n’amuse plus les dieux.
Nem lesznek többé gondtalan kedélyek;
Elle n’a plus la même insouciance ;
Jön a szivet fásító öntudat.
La conscience dans le cœur s’est installée.
Egyhanguság, elmélkedés unalma…
Uniforme, la pensée ennuie …
Óh Thamus, ezt jelenti jóslatod!
Oh Thamus, voilà ta prédiction !
Megszünt az istenek pogány uralma.
Les dieux païens ont cessé de régner.
Meghalt a nagy Pán! A nagy Pán halott!
Le grand Pan est mort ! Le grand Pan est mort !

*

Hallják ezt a hajósok, de nem értik.
Les marins entendent, mais ne comprennent pas.
« Meghalt a nagy Pán? » Álmélkodva kérdik.
« Il est mort le grand Pan ? » demandent-ils étonnés.
Ki fejti meg e százhangú siralmat?…
S’expliquent-ils ce deuil unanime ? …
Ti embersorsot intéző hatalmak,
Vous les puissances souveraines,
Óh, küldjetek fényjelt e vak homályba,
Oh ! envoyez un signal lumineux dans cette aveugle obscurité,
Hogy mit jelent a természet siráma.
Expliquez-nous d’où proviennent ces lamentations.

*

És zúg az erdő, hűs szellőcske támad,
Et un murmure frissonne dans la forêt, un vent passe,
Az éj sötétje szürkeségre bágyad.
L’obscurité de la nuit devient gris doré.
A lejtőn fínom ködburok lapul,
Une fine nuée tombe
S titkos szózat kél íme válaszul:
Et une voix secrète donna la réponse suivante :

*

« Pán és családja meghalt. Él az Isten:
 « Pan et sa famille sont morts dans le Dieu vivant :
Nem fűben, fában, kőben, de a szivben.
Il ne se trouve ni dans les herbes, ni dans les bois, ni dans la pierre, mais dans le cœur.
A kicsapongó istenek halottak,
Les dieux paillards sont morts,
Kora lejárt a dölyfös boldogoknak,
  L’ère heureuse des gens arrogants est terminée,
A szenvedők birják eztán a földet.
  Maintenant, la terre s’ouvre désormais à la souffrance.
  Édes gyönyör leszen hullatni könnyet.
Il y aura un doux plaisir versé de larmes.
  Az erdő hallgatag, szelid magánya
La calme forêt, la solitude douce
A búsulóknak lesz vigasztalása.
Consoleront les peines.
  Ki szomorú nem volt, az mind pogány,
 Ceux qui n’éprouvent pas de tristesse sont païens,
Ő rendelé ezt így a Golgothán.
Voici Ses révélations des hauteurs du Golgotha.
Ő, a ki jámbor, irgalmas, szelid
 Lui, saint, miséricordieux, doux
 S elvette a világnak bűneit. »
Qui enleva les péchés du monde « .

*

És ím kelet felől, a hol pirosra
Et de l’Est, où le rouge
Leget, párát a hajnal fénye fest:
Teinte le brouillard aux premières lueurs de l’aube :
Az ég alján, a földdel összefolyva
Du fond du ciel au plus profond de la terre
Feltűnik a kereszt.
Apparaît la croix.

****

Reviczky Gyula
LA MORT DE PAN