Ramon Casas, Madeleine au moulin de la galette, 1892, musée de Montserrat
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Este inferno de amar – como eu amo! – Cet enfer d’aimer – comme je l’aime ! – Quem mo pôs aqui n’alma… quem foi? Qui m’a mis ça dans l’âme … qui ? Esta chama que alenta e consome, Cette flamme qui encourage et consume, Que é a vida – e que a vida destrói – Qui est la vie – et que cette vie détruit – Como é que se veio a atear, Comment tout cela a commencé, Quando – ai quando se há-de ela apagar? Et quand, quand cela finira-t-il ? * Eu não sei, não me lembra: o passado, Je ne sais ! je ne m’en souviens pas ! le passé, A outra vida que dantes vivi L’autre vie que j’ai vécue avant, Era um sonho talvez… – foi um sonho – Tout cela n’était peut-être qu’un rêve ? … – c’était un rêve !- Em que paz tão serena a dormi! Dans quelle sereine paix j’ai dormi ! Oh! que doce era aquele sonhar… Oh ! comme ce rêve était doux… Quem me veio, ai de mim! despertar? Qui est venu, hélas ! me réveiller ? *
Só me lembra que um dia formoso Ça me rappelle juste une belle journée… Eu passei… dava o sol tanta luz! Je passais … le soleil intensément brillait ! E os meus olhos, que vagos giravam, Et mes yeux nonchalants, Em seus olhos ardentes os pus. Sont venus se poser sur ses yeux ardents. Que fez ela? eu que fiz? – Não no sei; Qu’a-t-elle fait ? qu’ai-je fait ? – Je ne sais… Mas nessa hora a viver comecei… Mais à cette heure, j’ai commencé à vivre …
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Passos Manuel, Almeida Garrett, Alexandre Herculano, José Estêvão de Magalhães nos Passos Perdidos, Assembleia da República Portuguesa.
Pierre Puvis de Chavannes, Le Rêve,1883, Paris, musée d’Orsay
********** Quando eu sonhava, era assim Quand je rêvais, c’était ainsi Que nos meus sonhos a via; Que dans mes rêves je la vis ; E era assim que me fugia, Et c’est ainsi que je m’enfuyais, Apenas eu despertava, Seulement, en m’éveillant, Essa imagem fugidia Cette image insaisissable Que nunca pude alcançar. Je ne pouvais plus la saisir. Agora, que estou desperto, Maintenant que je suis réveillé, Agora a vejo fixar… Maintenant je la vois se fixer… Para quê? – Quando era vaga, Pourquoi ? – Quand c’était vague, Uma ideia, um pensamento, Une idée, une pensée, Um raio de estrela incerto Un rayon d’étoile incertain No imenso firmamento, Dans l’immense firmament, Uma quimera, um vão sonho, Une chimère, un vain rêve, Eu sonhava – mas vivia: Je rêvais – mais je vivais : Prazer não sabia o que era, Le plaisir ne savait pas ce que c’était, Mas dor, não na conhecia … Mais la douleur, je ne la connaissais pas…
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Passos Manuel, Almeida Garrett, Alexandre Herculano, José Estêvão de Magalhães nos Passos Perdidos, Assembleia da República Portuguesa.
Não te amo, quero-te: o amar vem d’alma. Je ne t’aime pas, je te veux ! l’amour vient de l’âme. E eu n’alma – tenho a calma, Et moi dans l’âme – quel calme, A calma – do jazigo. Le calme – du caveau. Ai!, não te amo, não. Ah, non ! je ne t’aime pas ! * Não te amo, quero-te: o amor é vida. Je ne t’aime pas, je te veux ! l’amour, c’est la vie. E a vida – nem sentida Et la vie – je ne la sens pas, A trago eu já comigo. Je l’ai déjà en moi. Ai!, não te amo, não. Ah, non ! je ne t’aime pas ! * Ai!, não te amo, não; e só te quero Ah, non ! je ne t’aime pas ! je te veux seulement De um querer bruto e fero D’un désir brutal et féroce Que o sangue me devora, Qui me dévore le sang, Não chega ao coração. Sans atteindre le cœur. * Não te amo. És bela, e eu não te amo, ó bela. Je ne t’aime pas ! Tu es belle, et je ne t’aime pas, ô belle ! Quem ama a aziaga estrela Qui aime l’étoile de mauvaise augure Que lhe luz na má hora Qui éclaire la mauvaise heure Da sua perdição? De son destin ? * E quero-te, e não te amo, que é forçado, Et je te veux, et je ne t’aime pas ! comme elle est scellée, De mau feitiço azado D’un âpre sort Este indigno furor. Cette fureur indigne. Mas oh!, não te amo, não. Mais non ! non, je ne t’aime pas ! * E infame sou, porque te quero; e tanto Et je suis infâme, car je te veux ! et tant Que de mim tenho espanto, Que je m’effraie moi-même, De ti medo e terror … Que de toi, j’ai peur et suis terrifié … Mas amar… não te amo, não. Mais aimer ?… non ! non, je ne t’aime pas !
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Passos Manuel, Almeida Garrett, Alexandre Herculano, José Estêvão de Magalhães nos Passos Perdidos, Assembleia da República Portuguesa.
João Baptista da Silva Leitão vicomte de Almeida Garrett
Porto, 4 février 1799 – Lisbonne, 9 décembre 1854 Porto, 4 de fevereiro de 1799 – Lisboa, 9 de dezembro de 1854
Almeida Garrett par Pedro Augusto Guglielmi
Portrait de Garrett, daté de 1843, avec les insignes de Commandeur de l’Ordre de Notre-Dame de la Conception de Vila Viçosa
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Traduction Jacky Lavauzelle
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LA BELLE BARQUE BARCA BELA _______________________________________
Recueil « Les Feuilles mortes » ‘Folhas Caídas’ Livro segundo Recueil publié à Lisbonne en 1853
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Le pêcheur, Charles Napier Hemy, 1888
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Pescador da barca bela, Pêcheur de la belle barque, Onde vás pescar com ela, Où pars-tu pêcher avec elle, Que é tão bela, Qui est si belle, Ó pescador? Ô pêcheur ?
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Não vês que a última estrela Ne vois-tu pas que la dernière étoile No céu nublado se vela? Dans le ciel nuage disparaît ? Colhe a vela, Replie donc ta voile, Ó pescador! Ô pêcheur !
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Deita o lanço com cautela, Lance ta ligne avec soin, Que a sereia canta bela … Comme la sirène chante divinement. Mas cautela, Mais attention ! Ó pescador! Ô pêcheur !
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Não se enrede a rede nela, Ne perd pas ton filet avec elle, Que perdido é remo e vela Tu y perdrais et tes rames et ta voile Só de vê-la, Rien qu’à la voir, Ó pescador. Ô pêcheur !
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Pescador da barca bela, Pêcheur à la belle barque, Inda é tempo, foge dela, Il est encore temps ! Fuis-là ! Foge dela, Fuis-là ! Ó pescador! Ô pêcheur !
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Passos Manuel, Almeida Garrett, Alexandre Herculano, José Estêvão de Magalhães nos Passos Perdidos, Assembleia da República Portuguesa.
São belas – bem o sei, essas estrelas, Qu’elles sont belles ! je sais bien, ces étoiles, Mil cores – divinais têm essas flores; Aux mille couleurs et les divines couleurs de ces fleurs ;
Hans Makart, 1872-1879, collection Österreichische Galerie Belvedere, Palais du Belvédère, Vienne
Não te amo, quero-te: o amar vem d’alma. Je ne t’aime pas, je te veux ! l’amour vient de l’âme. E eu n’alma – tenho a calma, Et moi dans l’âme – quel calme,
João Baptista da Silva Leitão vicomte de Almeida Garrett
Porto, 4 février 1799 – Lisbonne, 9 décembre 1854 Porto, 4 de fevereiro de 1799 – Lisboa, 9 de dezembro de 1854
Almeida Garrett par Pedro Augusto Guglielmi
Portrait de Garrett, daté de 1843, avec les insignes de Commandeur de l’Ordre de Notre-Dame de la Conception de Vila Viçosa
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Traduction Jacky Lavauzelle
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Os Cinco Sentidos LES CINQ SENS _______________________________________
Recueil « Les Feuilles mortes » ‘Folhas Caídas’ Livro primeiro Recueil publié à Lisbonne en 1853 ____________________________________________________
Hans Makart, 1872-1879, collection Österreichische Galerie Belvedere, Palais du Belvédère, Vienne
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São belas – bem o sei, essas estrelas, Qu’elles sont belles ! je sais bien, ces étoiles, Mil cores – divinais têm essas flores; Aux mille couleurs et les divines couleurs de ces fleurs ; Mas eu não tenho, amor, olhos para elas: Mais je n’ai pas d’amour pour elles : Em toda a natureza Dans toute cette nature Não vejo outra beleza Je ne vois pas d’autre beauté Senão a ti – a ti! Que la tienne – la tienne ! * Divina – ai! sim, será a voz que afina Divine – Oh, oui ! sera la voix tendrement Saudosa – na ramagem densa, umbrosa. Nostalgique- dans les branchages denses et ombragés. será; mas eu do rouxinol que trina Oui, elle sera ; mais moi du chant du rossignol Não oiço a melodia, Je n’entends pas la mélodie, Nem sinto outra harmonia Je ne ressens même pas d’autre harmonie Senão a ti – a ti! Que la tienne – la tienne !
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Respira – n’aura que entre as flores gira, Respire – dans cet air qui flotte parmi les fleurs, Celeste – incenso de perfume agreste, Céleste – encens d’un sauvage parfum, Sei… não sinto: minha alma não aspira, Je sais … je ne le sens pas : mon âme n’aspire, Não percebe, não toma Ne perçoit, ne saisit Senão o doce aroma Que le doux arôme Que vem de ti – de ti! Qui vient de toi – de toi ! * Formosos – são os pomos saborosos, Magnifiques – sont les pommes savoureuses, É um mimo – de néctar o racimo: Véritable régal ! du divin nectar : E eu tenho fome e sede… sequiosos, Et j’ai faim et soif … avides, Famintos meus desejos Affamés, mes désirs Estão… mas é de beijos, Le sont … mais n’attendent des baisers, É só de ti – de ti! Que de toi – de toi !
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Macia – deve a relva luzidia Que douce soit l’herbe étincelante Do leito – ser por certo em que me deito. Du lit – pour être sûr que je m’allonge. Mas quem, ao pé de ti, quem poderia Mais qui, à côté de toi, qui pourrait Sentir outras carícias, Recevoir d’autres caresses, Tocar noutras delícias Eprouver d’autres délices Senão em ti! – em ti! Sinon toi! – toi ! * A ti! ai, a ti só os meus sentidos A toi ! là, à toi seulement mes sens Todos num confundidos, Tous réunis en un seul, Sentem, ouvem, respiram; Le toucher, l’ouïe, l’odorat ; Em ti, por ti deliram. En toi, pour toi délirant. Em ti a minha sorte, En toi ma chance, A minha vida em ti; Ma vie en toi ; E quando venha a morte, Et quand viendra la mort, Será morrer por ti. Que je meurs pour toi.
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Passos Manuel, Almeida Garrett, Alexandre Herculano e José Estêvão de Magalhães nos Passos Perdidos, Assembleia da República Portuguesa.
Recueil « Les Feuilles mortes » ‘Folhas Caídas’ Livro segundo Recueil publié à Lisbonne en 1853 ____________________________________________________
Ramon Casas, Jeune Décadente,1899, musée de Montserrat
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É lei do tempo, Senhora, C’est la loi du moment, Madame, Que ninguém domine agora Que personne ne domine maintenant E todos queiram reinar. Mais tout le monde veut régner. Quanto vale nesta hora Combien à cette heure Um vassalo bem sujeito, Un vassal bien assujetti, Leal de homenage e preito Loyal en hommage et en honneur E fácil de governar Est-il aisé à gouverner ?
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Pois o tal sou eu, Senhora: C’est mon cas, Madame : E aqui juro e firmo agora Et ici je le jure et signe maintenant Que a um despótico reinar Qu’à un règne despotique Me rendo todo nesta hora, J’abandonne tout à cette heure, Que a liberdade sujeito… Et que je soumets ma liberté … Não a reis! – outro é meu preito: Pas à des rois ! – un autre a mon respect : Anjos me hão-de governar. Les anges me dirigeront.
LISBOA – LISBONNE
CAMPO GRANDE
MUSEU DA CIDADE Palácio Pimenta
Photo Jacky Lavauzelle
LE TREMBLEMENT DE TERRE
DU
1er novembre 1755
entre 50 000 et 80 000 victimes
9h36
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
–
O TERREMOTO
de 1 de novembro de 1755
entre 50 000 e 80 000 vítimas
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Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
« LISBONNE ETAIT, ELLE N’EST PLUS«
« Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants Sur le sein maternel écrasés et sanglants ? Lisbonne, qui n’est plus, eut-elle plus de vices Que Londres, que Paris, plongés dans les délices : Lisbonne est abîmée, et l’on danse a Paris. » Voltaire
Poème sur le désastre de Lisbonne
1756
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
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25 JOURS DE SECOUSSES SUCCESSIVES
DU 1er NOVEMBRE 9h36 AU 25 NOVEMBRE
« Le 1er novembre 1755. les premières secousses commencèrent à Lisbonne à 9 heures 36 minutes du matin. Elles furent d’abord très-fortes & très-pressées, pendant près de deux minutes. Durant l’espace de 3 à 4 minutes les secousses diminuèrent. Puis elles recommencèrent avec plus de force & durèrent 3 à 4 minutes. Il y eut alors un intervalle de près d’un quart d’heure de repos, pendant lequel on n’aperçut que quelques légères commotions. Il survint après ce tems un troisième tremblement, qui fut moins violent, que les deux précédents, mais qui renversa encore bien des bâtiments ébranlés. Il se fit dans ce moment des fentes à la terre soulevée. D’intervalle en intervalle il revint des secousses plus légères, pendant tout le jour & le lendemain. Le troisième jour, les secousses furent encore moindres. Le 6 & le 7. les secousses furent un peu plus violentes. Le 8 à 5 heures du matin il y eut quelques secousses assez fortes pour renverser encore quelques bâtiments. Il y eut quelques secousses jusqu’au 12. que la terre fut tranquille. Le vent changea : de Nord-Nord-Est, qu’il avait été, il tourna au Nord. Le 13, 14, 15, retour de secousses sur le matin. Le 16, les balancements revinrent sur les trois heures après midi. Les plus violentes commotions, après celles du 1. & du 8 novembre, ont été le 11 & le 15 décembre. Le 21, deux secousses à la même heure que le 1er novembre. Le 25, nouvelles secousses à deux heures du matin. Mon dessein n’est pas de poursuivre ce journal. Ce que j’en ai dit n’est que pour faire voir qu’on ne saurait apercevoir des périodes fixes pour les jours. Seulement un retour plus ordinaire dans les heures de la matinée. » Élie Bertrand
Mémoires historiques et physiques sur les tremblemens de terre
Les divers phénomènes des tremblemens de Terre
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Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
LE TREMBLEMENT DE TERRE DE LISBONNE
VU PAR VOLTAIRE
« Voilà, monsieur, une physique bien cruelle. On sera bien embarrassé à deviner comment les lois du mouvement opèrent des désastres si effroyables dans le meilleur des mondes possibles ; cent mille fourmis, notre prochain, écrasées tout d’un coup dans notre fourmilière, et la moitié périssant sans doute dans des angoisses inexprimables, au milieu des débris dont on ne peut les tirer, des familles ruinées aux bouts de l’Europe, la fortune de cent commerçants de votre patrie abîmée dans les ruines de Lisbonne. Quel triste jeu de hasard que le jeu de la vie humaine ! Que diront les prédicateurs, surtout si le palais de l’inquisition est resté debout ? Je me flatte qu’au moins les révérends pères inquisiteurs auront été écrasés comme les autres. Cela devrait apprendre aux hommes à ne point persécuter les hommes : car, tandis que quelques sacrés coquins brûlent quelques fanatiques, la terre engloutit les uns et les autres. Je crois que nos montagnes nous sauvent des tremblements de terre. » Voltaire
Correspondance – année 1755
Editions Garnier
(Œuvres complètes de Voltaire, tome 38, p. 511).
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Praça da Patriarchal
Place de la Patriachale
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
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« Vous êtes, messieurs, trop bons chrétiens, et vous avez malheureusement trop de part à l’aventure de Lisbonne pour n’avoir pas imprimé au plus vite le sermon qui désarmera la vengeance divine, et après lequel il n’y aura jamais de tremblement de terre. Je me flatte que vous aurez eu la bonté d’envoyer les premiers exemplaires au prédicateur ; je vous prie de vouloir bien m’en donner avis, afin que je puisse me vanter à lui d’avoir coopéré à cette œuvre pieuse. S’il vous manque encore quelque chapitre profane pour compléter certains mélanges, vous n’avez qu’à écrire à un profane, à Monrion, et il sera votre manufacturier. » Voltaire
Correspondance : année 1755
Ed. Garnier – Œuvres complètes de Voltaire
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Igreja de São Paulo
Eglise Saint Paul
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
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« Depois de muito procurar acha emfim o auctor a egreja de Sancta-Maria d’Alcaçova.–Stylo da architectura nacional perdido.–O terremoto de 1755, o marquez de Pombal e o chafariz do Passeio-publico de Lisboa. » Almeida Garrett
Viagens na Minha Terra
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Igreja de São Nicolau
Eglise de Saint Nicolas
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
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« LISBONNE ETAIT, ELLE N’EST PLUS«
« « Lisbonne était ; elle n’est plus », dit une lettre qui nous apprit qu’un tremblement de terre arrivé le premier novembre 1755, en avoit fait une seconde Héraclée ; mais puisqu’on espere aujourd’hui de la tirer de ses ruines, & même de lui rendre sa premiere splendeur, nous laisserons un moment le rideau sur l’affreuse perspective qui l’avoit détruite, pour dire un mot de son ancienneté & des diverses révolutions qu’elle a souffertes, jusqu’à la derniere catastrophe, dont on vient d’indiquer l’époque trop mémorable. » Charles de Jaucourt Première Edition de L’Encyclopédie
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Casa da Opera
La Maison de l’Opéra
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
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UN TREMBLEMENT DE TERRE
QUI DETRUIRA LE PORT DE SETUBAL
à 10 lieues au sud-est de Lisbonne
« Sétubal s’était accrue par la commodité de son port, par la fertilité de son terroir, par la richesse de sa pêche, & par la fécondité de ses salines. Enfin, son commerce florissant avait rendu depuis deux siècles cette ville considérable, lorsqu’elle a été détruite par ce terrible tremblement de terre, du premier novembre 1755, qui a si prodigieusement endommagé Lisbonne. » Charles de Jaucourt
Première Edition de L’Encyclopédie
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JOSEPH Ier
fait reconstruire LISBONNE
Après le tremblement de terre de 1755 José I
(Lisboa, 6 de junho de 1714 – Sintra, 24 de fevereiro de 1777) reconstrói Lisboa após o terremoto
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
Joseph Ier de Portugal dit Le Réformateur 6 juin 1714-24 février 1777
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Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
LA QUESTION DE
L’ORIGINE DU MAL
« Dans le poème sur le Désastre de Lisbonne M. de Voltaire attaque l’opinion que tout est bien, opinion très répandue au commencement de ce siècle, parmi les philosophes d’Angleterre et d’Allemagne. La question de l’origine du mal a été insoluble jusqu’ici, et le sera toujours. En effet le mal, tel qu’il existe à notre égard, est une suite nécessaire de l’ordre du monde ; mais pour savoir si un autre ordre était possible, il faudrait connaître le système entier de celui qui existe. D’ailleurs, en réfléchissant sur la manière dont nous acquérons nos idées, il est aisé de voir que nous ne pouvons en avoir aucune de la possibilité prise en général, puisque notre idée de possibilité, relative à des objets réels, ne se forme que d’après l’observation des faits existants… Il convient d’abord que nous n’avons aucun moyen d’expliquer l’origine du mal ; et il ajoute qu’il ne croit le système de l’optimisme que parce qu’il trouve ce système très consolant, et qu’il pense qu’on doit déduire de l’existence d’un Dieu juste que tout est bien, et non déduire de la perfection de l’ordre du monde l’existence d’un Dieu juste… » Avertissement pour les poèmes sur la Loi naturelle et sur le Désastre de Lisbonne de Voltaire
Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
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Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755
« ALLEZ INTERROGER LES RIVAGES DU TAGE«
« C’est l’orgueil, dites-vous, l’orgueil séditieux, Qui prétend qu’étant mal, nous pouvions être mieux. Allez interroger les rivages du Tage ; Fouillez dans les débris de ce sanglant ravage ; Demandez aux mourants, dans ce séjour d’effroi, Si c’est l’orgueil qui crie : « O ciel, secourez-moi ! O ciel, ayez pitié de l’humaine misère ! » « Tout est bien, dites-vous, et tout est nécessaire. » Quoi ! l’univers entier, sans ce gouffre infernal, Sans engloutir Lisbonne, eût-il été plus mal ? » Voltaire Poème sur le désastre de Lisbonne
1756
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Tremblement de Terre LISBONNE de 1755 – LISBOA O Terremoto de 1 de novembro de 1755