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CATULLE CATULLUS XV Ad Aurelium A AURELIUS

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CATULLE CATULLUS XV

litterarumLittérature Latine
Catulle

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

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CATULLE – CATULLUS
84 av J.-C. – 54 av J.-C.

POESIE XV

Ad Aurelium

A AURELIUS

***

Commendo tibi me ac meos amores,
Je te confie mes amours en Juventius,
 Aureli. veniam peto pudentem,
Aurélius. Je te demande seulement une faveur ;
ut, si quicquam animo tuo cupisti,
Si ton âme veux conquérir
quod castum expeteres et integellum,
Le pur et le vrai,
conserves puerum mihi pudice,
Qu’elle se garde modestement de mon enfant ;
non dico a populo—nihil veremur
Je ne dis pas les gens, nullement je ne crains
istos, qui in platea modo huc modo illuc
Ceux-ci, qui dans la rue, cherchent tantôt ici, tantôt là,
 
in re praetereunt sua occupati—
Tout occupés à leurs affaires-
verum a te metuo tuoque pene
Ce que je crains, c’est ton pénis
infesto pueris bonis malisque.
A la recherche d’enfants bons ou mauvais.
quem tu qua lubet, ut lubet moveto
Qu’il aille où il veut, comme il lui plaît,

quantum vis, ubi erit foris paratum:
Tant qu’il veut, quand il sera prêt pour les plaisirs extérieurs :
hunc unum excipio, ut puto, pudenter.
Je te fais cette simple demande :
quod si te mala mens furorque vecors
Si de mauvaises pensées et une insensée
in tantam impulerit, sceleste, culpam,
Pulsion te pousse, scélérat, à la faute,
ut nostrum insidiis caput lacessas.
Jusqu’à me trahir,
a tum te miserum malique fati!
Dans ce cas, que tu sois damné et misérable !
quem attractis pedibus patente porta
Avec les pieds attaché à la porte
percurrent raphanique mugilesque.
Tu seras traversé par les radis et les muges.  

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Ad Aurelium

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO












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Catulle – Catullus
XV

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LA CANAILLE & LES DELICATS
par Ferdinand Brunetière
1882

On a voulu faire de Catulle, sans arguments bien solides, un poète aristocratique, un poète du grand monde, comme de sa Lesbie, sur des inductions plutôt que sur des preuves, ce que Brantôme appelait « une grande et honnête dame. » Je persiste à ne pas croire, pour ma part, que Lesbie fût la célèbre Clodia, mais je crois que bon nombre des fréquentations de Catulle furent parmi la bohème littéraire de Rome. Au surplus, la conciliation n’est pas si difficile. Ce que nous savons, en effet, c’est que, lorsque l’adolescent de Vérone arriva de sa province dans la capitale, il y subsistait, sous le raffinement de quelques habitudes, sous l’étalage du luxe et sous l’apparence de la civilisation, un grand fonds d’antique brutalité romaine. Si nous en pouvions douter, nous rapprendrions au moins de certaines épigrammes de Catulle lui-même, plus grossières que mordantes, et dont l’outrageuse crudité passe tout. C’est bien fait à M. Rostand de nous les avoir traduites. On ne peut pas juger d’un poète en commençant par faire exception de toute une partie de son œuvre, qui peut-être est celle que les contemporains en ont presque le plus goûtée. Là où Catulle est bon, il va jusqu’à l’exquis, et c’est bien de lui que l’on peut dire aussi justement que de personne qu’il est alors le mets des délicats ; mais là où il est grossier, il l’est sans mesure, et c’est bien encore de lui que l’on peut dire qu’il est le charme de la canaille. Or, à Rome, en ce temps-là, dans le sens littéraire de l’un et l’autre mot, la canaille et les délicats, c’était presque tout un. On ne distinguait pas encore, selon le mot d’Horace, la plaisanterie spirituelle de l’insolente rusticité. La curiosité de l’intelligence, vivement éveillée, capable de goûter les finesses de l’alexandrinisme, était en avance, pour ainsi dire, sur la rudesse des mœurs et la vulgarité des habitudes mondaines. Quand on grattait ces soupeurs qui savaient apprécier les jolies bagatelles du poète, on retrouvait le paysan du Latium, qui s’égayait, au moment du vin, à faire le mouchoir. La raillerie, comme à la campagne, s’attaquait surtout aux défauts ou disgrâces physiques. Je sais bien que, jusque dans Horace, la grossièreté du vieux temps continuera de s’étaler, mais ce ne sera plus de la même manière naïvement impudente. Au temps de Catulle, la délicatesse n’avait pas encore passé de l’esprit dans les manières. Quand il s’élevait seulement un nuage sur les amours du poète et de sa Lesbie, le docte traducteur de Callimaque s’échappait en injures de corps de garde. Cette société très corrompue ne s’était pas encore assimilé la civilisation grecque. Elle s’essayait à la politesse, elle n’y touchait pas encore. Et sous son élégance toute superficielle, elle manquait étrangement de goût. — Il me paraît que, si l’on examinée quel moment de notre histoire la plupart de ces traits conviennent, on trouvera que c’est au XVIe siècle, dans le temps précis que le contact des mœurs italiennes opérait sur la cour des Valois le même effet qu’à Rome, sur les contemporains de César, le contact des mœurs de la Grèce.

Ferdinand Brunetière
Revue littéraire
À propos d’une traduction de Catulle
Revue des Deux Mondes
Troisième période
Tome 54 –  1882

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CATULLE CATULLUS XIV ad Calvum poetam AU POETE LICINIUS CALVUS

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CATULLE CATULLUS XIV

litterarumLittérature Latine
Catulle

Poeticam Latinam

Traduction Jacky Lavauzelle

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CATULLE – CATULLUS
84 av J.-C. – 54 av J.-C.

POESIE XIV

Ad Calvum poetam

Au poète Licinius Calvus
Caius Licinius Macer Calvus
Poète et Orateur Romain
(-82- -47)

***

Ni te plus oculis meis amarem,
Si plus que mes yeux je ne t’aimais,
 iucundissime Calve, munere isto
Charmant Calvus, de ce cadeau
odissem te odio Vatiniano:
Je te détesterais plus que ne te déteste Publius Vatinius :
nam quid feci ego quidve sum locutus,
Qu’ai-je fait, qu’ai-je dit,
cur me tot male perderes poetis?
Pour qu’avec de si vils poètes tu me tourmentes ?
isti di mala multa dent clienti,
Que les dieux foudroient tes clients,
qui tantum tibi misit impiorum.
Qui t’envoyèrent de si maudits recueils.
quod si, ut suspicor, hoc novum ac repertum
Mais si, comme je le soupçonne, ce nouveau choix
munus dat tibi Sulla litterator,
Te vient du grammairien Sylla en présent,
non est mi male, sed bene ac beate,
Il n’y a pas de mal, mais c’est une chance et une bénédiction,
quod non dispereunt tui labores.
Tes travaux étant ainsi récompensés.
di magni, horribilem et sacrum libellum!
Mais par tous les dieux, quel désordre et quelle confusion !
quem tu scilicet ad tuum Catullum
Ce que tu envoyas à ton infortuné Catulle,
misti, continuo ut die periret,
Qu’il allait un peu plus mourir ce jour-là,
Saturnalibus, optimo dierum!
Jour des Saturnales, un si grand jour !
non non hoc tibi, false, sic abibit.
Mais je n’en resterai pas là, coquin.
 nam si luxerit ad librariorum
A l’aube, les étagères des libraires
curram scrinia, Caesios, Aquinos,
Je renverserai les Césius, les Aquinus,
Suffenum, omnia colligam venena.
Les Suffénus, et tant d’autres poisons.
 ac te his suppliciis remunerabor.
et je me rembourserai de mon supplice.
vos hinc interea valete abite
Pendant ce temps, je leur dis adieu
 illuc, unde malum pedem attulistis,
Surtout, repartez d’où vous venez !
saecli incommoda, pessimi poetae. 
Calamités du siècle, poètes fétides.

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ad Calvum poetam

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO












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Catulle – Catullus
XIV

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LA CANAILLE & LES DELICATS
par Ferdinand Brunetière
1882

On a voulu faire de Catulle, sans arguments bien solides, un poète aristocratique, un poète du grand monde, comme de sa Lesbie, sur des inductions plutôt que sur des preuves, ce que Brantôme appelait « une grande et honnête dame. » Je persiste à ne pas croire, pour ma part, que Lesbie fût la célèbre Clodia, mais je crois que bon nombre des fréquentations de Catulle furent parmi la bohème littéraire de Rome. Au surplus, la conciliation n’est pas si difficile. Ce que nous savons, en effet, c’est que, lorsque l’adolescent de Vérone arriva de sa province dans la capitale, il y subsistait, sous le raffinement de quelques habitudes, sous l’étalage du luxe et sous l’apparence de la civilisation, un grand fonds d’antique brutalité romaine. Si nous en pouvions douter, nous rapprendrions au moins de certaines épigrammes de Catulle lui-même, plus grossières que mordantes, et dont l’outrageuse crudité passe tout. C’est bien fait à M. Rostand de nous les avoir traduites. On ne peut pas juger d’un poète en commençant par faire exception de toute une partie de son œuvre, qui peut-être est celle que les contemporains en ont presque le plus goûtée. Là où Catulle est bon, il va jusqu’à l’exquis, et c’est bien de lui que l’on peut dire aussi justement que de personne qu’il est alors le mets des délicats ; mais là où il est grossier, il l’est sans mesure, et c’est bien encore de lui que l’on peut dire qu’il est le charme de la canaille. Or, à Rome, en ce temps-là, dans le sens littéraire de l’un et l’autre mot, la canaille et les délicats, c’était presque tout un. On ne distinguait pas encore, selon le mot d’Horace, la plaisanterie spirituelle de l’insolente rusticité. La curiosité de l’intelligence, vivement éveillée, capable de goûter les finesses de l’alexandrinisme, était en avance, pour ainsi dire, sur la rudesse des mœurs et la vulgarité des habitudes mondaines. Quand on grattait ces soupeurs qui savaient apprécier les jolies bagatelles du poète, on retrouvait le paysan du Latium, qui s’égayait, au moment du vin, à faire le mouchoir. La raillerie, comme à la campagne, s’attaquait surtout aux défauts ou disgrâces physiques. Je sais bien que, jusque dans Horace, la grossièreté du vieux temps continuera de s’étaler, mais ce ne sera plus de la même manière naïvement impudente. Au temps de Catulle, la délicatesse n’avait pas encore passé de l’esprit dans les manières. Quand il s’élevait seulement un nuage sur les amours du poète et de sa Lesbie, le docte traducteur de Callimaque s’échappait en injures de corps de garde. Cette société très corrompue ne s’était pas encore assimilé la civilisation grecque. Elle s’essayait à la politesse, elle n’y touchait pas encore. Et sous son élégance toute superficielle, elle manquait étrangement de goût. — Il me paraît que, si l’on examinée quel moment de notre histoire la plupart de ces traits conviennent, on trouvera que c’est au XVIe siècle, dans le temps précis que le contact des mœurs italiennes opérait sur la cour des Valois le même effet qu’à Rome, sur les contemporains de César, le contact des mœurs de la Grèce.

Ferdinand Brunetière
Revue littéraire
À propos d’une traduction de Catulle
Revue des Deux Mondes
Troisième période
Tome 54 –  1882

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Canzoniere Poet – LE CHANSONNIER Pétrarque Sonnet 82-CANZONIERE PETRARCA Sonetto 82

CANZONIERE POET
TRECENTO
dolce stil novo
Traduction – Texte Bilingue
Le Chansonnier PETRARQUE 82
LITTERATURE ITALIENNE

Dante Boccace Petrarque Guido Cavalvanti Cino da Pistoia Guittone dArezzo Trecento Italien 1544 Giorgio Vasari

Letteratura Italiana

PETRARQUE

Francesco PETRARCA
1304 – 1374

Traduction Jacky Lavauzelle

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Canzoniere Petrarca  Sonetto 82

LE CHANSONNIER PETRARQUE Sonnet 82

Rerum vulgarium fragmenta

Fragments composés en vulgaire

Rime In vita di Madonna Laura

PRIMA PARTE
Première Partie

82/263

Io non fu’ d’amar voi lassato unquancho,
Je ne suis pas, de vous aimer, lassé,
madonna, né sarò mentre ch’io viva;
madame, et ne le serai tant que je vivrai ;
ma d’odiar me medesmo giunto a riva,
mais me haïr moi-même, je n’en puis plus,
et del continuo lagrimar so’ stancho;
et pleurant sans cesse, j’en suis fatigué ;

**

Et voglio anzi un sepolcro bello et biancho,
Et veux en effet un beau tombeau et blanc,
che ’l vostro nome a mio danno si scriva
que votre nom soit écrit contre moi
in alcun marmo, ove di spirto priva
en  un quelconque marbre, l’esprit libre
sia la mia carne, che pò star seco ancho.
serait ma chair, qui peut avec lui rester encore.

**

Però, s’un cor pien d’amorosa fede
Cependant, si un cœur plein de foi amoureuse
 può contentarve senza farne stracio,
pouvait vous contenter sans le faire souffrir,
piacciavi omai di questo aver mercede.
désormais qu’il vous plaise d’avoir merci de lui.

**

Se ’n altro modo cerca d’esser sacio,
Si autrement cherchez d’autres façons,
vostro sdegno erra, et non fia quel che crede:
votre dédain errera, et ne doit pas être ce qu’il croit :
di che Amor et me stesso assai ringracio.
de ce qu’à Amour et à moi-même je rends grâce.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Ritratto_di_francesco_petrarca,_altichiero,_1376_circa,_padova

canzoniere Petrarca 82
le chansonnier Pétrarque 82
canzoniere poet

LES LUSIADES – OS LUSIADAS -Traduction du Poème de Luis de Camões – Livre I – Canto Primeiro – strophe 82- Verso 82

LES LUSIADES – OS LUSIADAS
LITTERATURE PORTUGAISE

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES

OS LUSIADAS

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT I
Canto Primeiro

Traduction Jacky Lavauzelle

verso  82
Strophe 82

I-82

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

Vasco da Gama signature almirante.svg

Tanto que estas palavras acabou,
Dès ces mots terminés,
 
O Mouro, nos tais casos sábio e velho,
Le Mauresage et avisé,
Os braços pelo colo lhe lançou,
Lui enlaça le cou de ses bras,
Agradecendo muito o tal conselho;
très reconnaissant à de tels conseils ;
E logo nesse instante concertou
Et puis, dès ce moment,  se prépare
Para a guerra o belígero aparelho,
A  la guerre et au montage du stratagème,
Para que ao Português se lhe tornasse
Et chercher les Portugais qui feront tourner
Em roxo sangue a água, que buscasse.
L’eau en sang pourpre

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane