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Jan Vítězslav Dušek – Výstava v Táboře – Exposition 2016 à Tabor – Выставка в Таборе – 展览泰伯

TCHEQUIE
Česká republika
捷克共和国
République tchèque
Sculptures Tchèques
Jan Vítězslav Dušek
Sochař J.V.Dušek
Jan Vítezslav Dušek Tabor

 

——

 

 

Photo Jacky Lavauzelle

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Jan Vítězslav Dušek
1891-1966
Exposition de Tábor
Výstava v Táboře
2016
Exhibition in Tábor
Выставка в Таборе
展览泰伯

ženský akt bez paži
Nue sans bras
Jan Vítězslav Dušek

Jan Vítezslav Dušek Tabor Artgitato ženský akt bez paži

ženský akt – Polopostava
Nue – Buste
Jan Vítězslav Dušek

Jan Vítezslav Dušek Tabor Artgitato ženský akt Polopostava

Zármutek
Douleur
1917
Jan Vítězslav Dušek
Jan Vítezslav Dušek Tabor Artgitato Zármutek Douleur 1917

Poslední brázda
Le dernier sillon

Jan Vítezslav Dušek Tabor Artgitato Poslední brázda Le dernier sillon 2 Jan Vítezslav Dušek Tabor Artgitato Poslední brázda Le dernier sillon

T.G. Masaryk s dětetem
Mazaryk avec un enfant
(1)

Jan Vítezslav Dušek Tabor Artgitato T.G. Masaryk s detetem Masaryk avec enfant

Lakomství
L’Avarice

Jan Vítezslav Dušek Tabor Artgitato Lakomství L'avarice

Torzo ženy
Torse de femme

Jan Vítezslav Dušek Tabor Artgitato Torzo ženy Torse de femme

Jihočeská stráž – Návrh na Pomník pádlým v Jistebnici
Bronz 1926
Garde Bohème du Sud
Proposition Monument aux Morts de Jistebnice


Jan Vítezslav Dušek Tabor Artgitato Jihoceská stráž 1926

Obránce lidu
Le défenseur du peuple
diorit – diorite – 1956
Jan Vítezslav Dušek Tabor Artgitato Obránce lidu Défenseur du peuple 1956 3 Jan Vítezslav Dušek Tabor Artgitato Obránce lidu Défenseur du peuple 1956 2 Jan Vítezslav Dušek Tabor Artgitato Obránce lidu Défenseur du peuple 1956český Betlém
Bethléem tchèque
Jan Vítězslav Dušek
patínovaná sádra
plâtre patiné

Jan Vítezslav Dušek Tabor Artgitato ceský Betlém Béthléem tchèque 3 Jan Vítezslav Dušek Tabor Artgitato ceský Betlém Béthléem tchèque 2 Jan Vítezslav Dušek Tabor Artgitato ceský Betlém Béthléem tchèque 1

Jan Amos Komensky
Comenius
1927
patínovaná sádra
plâtre patiné
(2)

Jan Vítezslav Dušek Tabor Artgitato Jan Amos Komensky Comenius 1927
Madona s ditětem
Vierge à l’enfant
Jan Vítezslav Dušek Madona s ditetem vierge à l'enfantMistr Jan Hus
(vers 1373 –
sádra – plâtre
1922-1923
Jan Vítezslav Dušek Tabor Artgitato Mistr Jan HusHus a Žižka
Jan Hus et Jan Žižka
bronz, nedatováno
bronze non daté
Jan Žižka
(1370-1424)
Chef de guerre des hussites
(3)

Jan Vítezslav Dušek Tabor Jan Hus et Jan Zizka

Cepník
sádra – plâtre
nedatováno- non daté
Jan Vítezslav Dušek Tabor Artgitato Cepnik

Jan Žižka
sádra – plâtre
nedatováno- non daté
(3)
Jan Vítezslav Dušek Tabor Jan Zizka

Tábor 1420 – 1920
Jan Vítezslav Dušek Tabor 1420 1920 Artgitato

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(1)
MASARYK
DANS LA REVUE DES DEUX MONDES
EN 1918

« A Prague, naît et s’organise l’État tchéco-slovaque, qui, lui, s’oriente vers la république, avec le docteur Masaryk pour président et le docteur Kramarcz pour premier ministre; sa juridiction s’étend sur les populations tchèques et slovaques de la Bohême, de la Moravie, de la Silésie (couronne d’Autriche) et du Tatra (couronne de Hongrie). Celui-là a déjà l’aspect d’un État régulier : il a ou va avoir un gouvernement; il a l’embryon d’une armée; il a une politique extérieure, il est belligérant. »

Charles BENOIST
Chronique de la quinzaine, histoire politique – 14 novembre 1918
Revue des Deux Mondes, 6e période, tome 48, 1918
pp. 469-480

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(2)
COMENIUS PAR DIDEROT

Voici un homme qui s’est fait un nom au tems où les esprits voulaient ramener tout à la révélation. C’est Jean Amos Comenius. Il naquit en Moravie l’an 1592. Il étudia à Herborn. Sa patrie était alors le théâtre de la guerre. Il perdit ses biens, ses ouvrages & presque sa liberté. Il alla chercher un asile en Pologne. Ce fut-là qu’il publia son Janua linguarum referata, qui fut traduit dans toutes les langues. Cette premiere production fut suivie du Synopsis physicæ ad lumen divinum reformatæ. On l’appela en Suisse & en Angleterre. Il fit ces deux voyages. Le comte d’Oxenstiern le protégea, ce qui ne l’empêcha pas de mener une vie errante & malheureuse. Allant de province en province & de ville en ville, & rencontrant la peine partout, il arriva à Amsterdam. Il aurait pu y demeurer tranquille ; mais il se mit à faire le prophète, & l’on sait bien que ce métier ne s’accorde guère avec le repos. Il annonçait des pertes, des guerres, des malheurs de toute espèce, la fin du monde, qui durait encore, à son grand étonnement, lorsqu’il mourut en 1671. Ce fut un des plus ardents défenseurs de la physique de Moïse. Il ne pouvait souffrir qu’on la décriât, surtout en public & dans les écoles. Cependant il n’était pas ennemi de la liberté de penser. Il disait du chancelier Bacon, qu’il avait trouvé la clef du sanctuaire de la nature ; mais qu’il avait laissé à d’autres le soin d’ouvrir. Il regardait la doctrine d’Aristote comme pernicieuse ; & il n’aurait pas tenu à lui qu’on ne brûlât tous les livres de ce philosophe, parce qu’il n’avait été ni circoncis ni baptisé.

Diderot
L’Encyclopédie, 1re éd.
1751 – Tome 10, pp. 741-745

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(3)
JAN ZIZKA

VI.

Les habitants des villes de Prague s’intitulaient, pour la plupart, Calixtins ; à Rome on les appelait par dérision Hussites clochants, parce qu’ils avaient abandonné Jean Huss en plusieurs choses ; à Tabor on les appelait faux Hussites, parce qu’ils se tenaient à la lettre de Jean Huss et de Wickleff plus qu’à l’esprit de leur prédication. Quant à eux, Calixtins, ils s’intitulaient Hussites purs. En 1420 ils avaient formulé leur doctrine en quatre articles : 1° la communion sous les deux espèces ; 2° la libre prédication de la parole de Dieu ; 3° la punition des péchés publics ; 4° la confiscation des biens du clergé, et l’abrogation de tous ses pouvoirs et privilèges.
Ils envoyèrent une députation à Tabor pour aviser aux moyens de se débarrasser de la reine qui, avec quelques troupes, tenait encore le Petit-Côté de Prague. On a conservé textuellement la réponse des Taborites à cette députation. « Nous vous plaignons de n’avoir pas la liberté de communier sous les deux espèces, parce que vous êtes commandés par deux forteresses. Si vous voulez sincèrement accepter notre secours, nous irons les démolir, nous abolirons le gouvernement monarchique, et nous ferons de la Bohême une république. » Il me semble qu’il ne faut pas commenter longuement cette réponse pour voir que le rétablissement de la coupe n’était pas une vaine subtilité, ni le stupide engouement d’un fanatisme barbare, comme on le croit communément, mais le signe et la formule d’une révolution fondamentale dans la société constituée.
La proposition fut acceptée. Le fort de Wishrad fut emporté d’assaut. De là, commandés par Ziska, les Praguois et les Taborites allèrent assiéger le Petit-Côté. Il y avait peu de temps qu’on faisait usage en Bohême des bombardes. Les assiégés portaient, à l’aide de ces machines de guerre, la terreur dans les rangs des Hussites. Mais les Taborites avaient appris à compter sur leurs bras et sur leur audace. Ils forcèrent le pont qui était défendu par un fort appelé la Maison de Saxe (Saxen Hausen) et posèrent le siège, au milieu de la nuit, devant le fort de Saint-Wenceslas. La reine prit la fuite. Un renfort d’Impériaux, qui était arrivé secrètement, défendit la forteresse. Le combat fut acharné. Les Hussites étaient maîtres de toute la ville ; encore un peu, et la dernière force de Sigismond dans Prague, le fort de Saint Wenceslas, allait lui échapper. Mais les grands du royaume intervinrent, et, usant de leur ascendant accoutumé sur les Hussites de Prague, les firent consentir à une trêve de quatre mois. Il fut convenu que pendant cet armistice les cultes seraient libres de part et d’autre, le clergé e les propriétés respectés, enfin que Ziska restituerai Pilsen et ses autres conquêtes.
Ziska quitta la ville avec ses Taborites, résolu à ne point observer ce traité insensé. Le sénat de Prague reprit ses fonctions ; mais les catholiques qui s’étaient enfuis durant le combat n’osèrent rentrer, craignant la haine du peuple. Sigismond écrivit des menaces ; Ziska reprit ses courses et ses ravages dans les provinces.
La reine ayant rejoint son beau-frère Sigismond à Brunn en Moravie, ils convoquèrent une diète des prélats et des seigneurs, et écrivirent aux Praguois de venir traiter. La noblesse morave avait reçu l’empereur avec acclamations. Les députés hussites arrivèrent et communiérent ostensiblement sous les deux espèces, dans la ville, qui fut mise en interdit, c’est-à-dire privée de sacrements tout le temps qu’ils y demeurèrent, étant considérée par le clergé papiste comme souillée et empestée. Puis ils présentèrent leur requête, c’est-à-dire leurs quatre articles, à Sigismond qui se moqua d’eux. Mes chers Bohémiens, leur dit-il, laissez cela à part, ce n’est point ici un concile. Puis il leur donna ses conditions par écrit : qu’ils eussent à ôter les chaînes et les barricades des rues de Prague, et à porter les barres et les colonnes dans la forteresse ; qu’ils abattissent tous les retranchements qu’ils avaient dressés devant Saint-Wenceslas ; qu’ils reçussent ses troupes et ses gouverneurs ; enfin qu’ils fissent une soumission complète, moyennant quoi il leur accorderait amnistie générale et les gouvernerait à la façon de l’empereur son père, et non autrement.
Les députés rentrèrent tristement à Prague et lurent cette sommation au sénat. Les esprits étaient abattus, Ziska n’était plus là. Les catholiques s’agitaient et menaçaient. On exécuta de point en point les ordres de Sigismond. Les chanoines, curés, moines et prêtres rentrèrent en triomphe, protégés par les soldats impériaux.
Ceux des Hussites qui n’avaient pas pris part à ces làchetés sortirent de Prague, et se rendirent tous à Tabor. Ils furent attaqués en chemin par quelques seigneurs royalistes, et sortirent vainqueurs de leurs mains après un rude combat. Une partie alla trouver Nicolas de Hussinetz à Sudomirtz, l’autre Ziska à Tabor. Ces chefs les conduisirent à la guerre, et leur firent détruire plusieurs places fortes, ravager quelques villes hostiles. Sigismond écrivit aux Praguois pour les remercier de leur soumission et pour intimer aux catholiques l’ordre d’exterminer absolument tous les Wicklefistes, Hussites et Taborites. Les papistes ne se firent pas prier, exercèrent d’abominables cruautés, et la Bohême fut un champ de carnage.
Cependant nul n’osa attaquer Ziska avant l’arrivée de l’empereur. Sigismond n’osait pas encore se montrer en Bohême. Il alla en Silésie punir une ancienne sédition, faire trancher la tête à douze des révoltés, et tirer à quatre chevaux dans les rues de Breslaw Jean de Crasa, prédicateur hussite, que l’on compte parmi les martyrs de Bohême ; car l’hérésie a ses listes de saints et de victimes comme l’Église primitive, et à d’aussi bons titres.
L’empereur fit afficher la Croisade de Martin V contre les Hussites. Ces folles rigueurs produisirent en Bohême l’effet qu’on devait en attendre. Le moine prémontré Jean, que nous avons déjà vu dans les premiers mouvements de Prague, revint, à la faveur du trouble, y prêcher le carême. Il déclama vigoureusement contre l’empereur et le baptisa d’un nom qui lui resta en Bohême, le cheval roux de l’Apocalypse. « Mes chers Praguois, disait-il, souvenez-vous de ceux de Breslaw et de Jean de Crasa. » Le peuple assembla la bourgeoisie et l’université, et jura entre leurs mains de ne jamais recevoir Sigismond, et de défendre la nouvelle communion jusqu’à la dernière goutte de son sang. Les hostilités recommencèrent à la ville et à la campagne. On écrivit des lettres circulaires dans tout le royaume. Partout le même serment fut proféré et monta vers le ciel.
Sigismond se décida enfin pour la guerre ouverte. Il leva des troupes en Hongrie, en Silésie, dans la Lusace, dans tout l’Empire.
Albert, archiduc d’Autriche, à la tête de quatre mille chevaux, renforcé par d’autres troupes considérables et par le capitaine de Moravie, fut le premier des Impériaux qui affronta le redoutable aveugle. Ziska les battit entre Prague et Tabor ; puis, sans s’attarder à leur poursuite, il alla détruire un riche monastère que nous mentionnons dans le nombre à cause d’un épisode. De l’armée de vassaux qui le défendaient il ne resta que six hommes, lesquels se battirent jusqu’à la fin comme des lions. Ziska, émerveillé de leur bravoure, promit la vie à celui des six qui tuerait les cinq autres. Aussitôt ils se jetèrent comme des dogues les uns sur les autres. Il n’en resta qu’un qui, s’étant déclaré Taborite, se retira à Tabor et y communia sous les deux espèces en témoignage de fidélité.

Cependant les Hussites de Prague assiégeaient la forteresse de Saint-Wenceslas. Le gouverneur feignit de la leur rendre, pilla et emporta tout ce qu’il put dans le château, et se retira en laissant la place à son collègue Plawen ; de sorte qu’au moment où les assiégeants s’y jetaient avec confiance, ils furent battus et repoussés. Cependant Ziska arrivait. Il s’arrêta le lendemain non loin de Prague pour regarder quelques Hussites qui détruisaient un couvent et insultaient les moines. « Frère Jean, lui dirent-ils, comment te plaît le régal que nous faisons à ces comédiens sacrés ? » Mais Ziska, qui ne se plaisait à rien d’inutile, leur répondit en leur montrant la forteresse de Saint-Wenceslas : « Pourquoi avez-vous épargné cette boutique de chauve (calvitia officina) ? — Hélas ! dirent-ils, nous en fûmes honteusement chassés hier. — Venez donc, » reprit Ziska.
Ziska n’avait avec lui que trente chevaux. Il entre ; et à peine a-t-on aperçu sa grosse tête rasée, sa longue moustache polonaise et ses yeux à jamais éteints, qui, dit-on, le rendaient plus terrible que la mort en personne, que les Praguois se raniment et se sentent exaltés d’une rage et d’une force nouvelles. Saint-Wenceslas est emporté, et Ziska s’en retourne à Tabor en leur recommandant de l’appeler toujours dans le danger.
A peine a-t-il disparu, qu’un renfort d’Impériaux arrive et reprend la forteresse. Ziska avait réellement une puissance surhumaine. Là où il était avec une poignée de Taborites, là était la victoire, et quand il partait il semblait qu’elle le suivît en croupe. C’est que l’âme et le nerf de cette révolution étaient en lui, ou plutôt à Tabor ; car il semblait qu’il eût toujours besoin, après chaque action, d’aller s’y retremper ; c’est que chez les Calixtins il n’y avait qu’une foi chancelante, des intentions vagues, un sentiment d’intérêt personnel toujours prêt à céder à la peur ou à la séduction, une politique de juste-milieu.
Un chef taborite, convoqué à la guerre sans quartier par les circulaires de Ziska, vint attaquer Wisrhad que les Impériaux, avaient repris. Il fut repoussé et aurait péri avec tous les siens si Ziska ne se fût montré. Les Impériaux, qui avaient fait une vigoureuse sortie, rentrèrent aussitôt. Ziska fut reçu cette fois à bras ouverts dans la ville. Le clergé, le sénat et la bourgeoisie accouraient au-devant de lui, et emmenaient les femmes et les enfants taborites dans leurs maisons pour les héberger et les régaler. Ses soldats couraient les rues, décoiffant les dames catholiques et coupant les moustaches à leurs maris. Plusieurs villes se déclarèrent taborites, et envoyèrent leurs hommes à Prague pour offrir leurs services à l’aveugle. Un nouveau renfort était arrivé à Wisrhad, et l’empereur s’avançait à grandes journées.

 George Sand
Jean Ziska
Jean Ziska, Michel Lévy frères, 1867
pp. 72-77

LA MUSIQUE – Poème d’ANNA AKHMATOVA – Музыка Ахматова

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Poésie d’Anna Akhmatova
Поэзия Анны Ахматовой
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anna akhmatova artgitato poésie russe

русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

Anna AKHMATOVA
Анна Ахматова

Анна Ахматова
1889-1966

Музыка
стихотворение
La Musique
 Poème

В ней что-то чудотворное горит,
Elle a quelque chose des lumières miraculeuses,
И на глазах ее края гранятся.
Et dans ses yeux de vastes espaces.
Она одна со мною говорит,
Elle se lie avec moi,
Когда другие подойти боятся.
Quand d’autres ont peur de m’approcher.
Когда последний друг отвел глаза,
Lorsque le dernier ami s’en est allé,
Она была со мной одна в могиле
Elle m’accompagne seule dans la tombe
И пела словно первая гроза
Et elle chante comme une première tempête
 Иль будто все цветы заговорили. 
Comme si toutes les fleurs se mettaient à parler.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Музыка Анна Ахматова
La Musique Anna Akhmatova

Любовь Ахматова Anna AKHMATOVA Poème – L’AMOUR – 1911


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Poésie d’Anna Akhmatova
Поэзия Анны Ахматовой
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L'Amour Akhmatova anna akhmatova artgitato poésie russe

русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

Anna AKHMATOVA
Анна Ахматова

Anna Akhmatova
Анна Ахматова

11 juin 1889 Odessa – 5 mars 1966 Moscou
11 июня 1889 Одесса – 5 марта 1966, Домодедово, Московская область, СССР

*****

Любовь
стихотворение
L’AMOUR
 Poème
1911

То змейкой, свернувшись клубком,
Ce serpent, enchevêtré,
У самого сердца колдует,
Enroulé contre ton cœur,
То целые дни голубком
Cette colombe en plein jour
На белом окошке воркует,
Roucoule sous la blanche fenêtre,

*

То в инее ярком блеснет,
Cet éclair dans le gel,
Почудится в дреме левкоя…
Le cœur d’une  giroflée
Но верно и тайно ведет
Mais vraiment se dirige secrètement
 От радости и от покоя.
Loin de la joie et de la paix.

*

Умеет так сладко рыдать
Doucement, capable de pleurer
 В молитве тоскующей скрипки,
Dans la prière, la nostalgie du violon,
И страшно ее угадать
Et qu’il est terrible de le deviner
  В еще незнакомой улыбке.
Dans un autre sourire étrange.

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Traduction Jacky Lavauzelle
Artgitato
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Любовь  Любовь Ахматова 1911
L’Amour Anna Akhmatova 1911

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Poésie d’Anna Akhmatova
Поэзия Анны Ахматовой
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LE CALME DON – Poème Anna Akhmatova – Тихо льется тихий Дон – Ахматова

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Poésie d’Anna Akhmatova
Поэзия Анны Ахматовой
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anna akhmatova artgitato poésie russe

русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

Anna Akhmatova
Анна Ахматова

11 juin 1889 Odessa – 5 mars 1966 Moscou
11 июня 1889 Одесса – 5 марта 1966, Домодедово, Московская область, СССР

Тихо льется тихий Дон
стихотворение
LE CALME DON
 Poème

Тихо льется тихий Дон,
Coule tranquillement le calme Don,
Желтый месяц входит в дом.
La lune jaune entre dans la maison.
Входит в шапке набекрень –
Le bonnet sur la tête
Видит желтый месяц тень.
La lune jaune aperçoit une ombre.

*

Эта женщина больна,
Cette femme est malade,
Эта женщина одна,
Cette femme est seule,
Муж в могиле, сын в тюрьме,
Le mari dans la tombe, le fils en prison
Помолитесь обо мне.
Priez pour moi !

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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Тихо льется тихий Дон
LE CALME DON

BOLLYWOOD MOVIES SIXTIES SONGS & MOVIE – Evolution 1960-1969

 BOLLYWOOD MOVIES SIXTIES
बॉलीवुड
Songs & Movie
गाने  – फ़िल्म
Les années 60 : 1960-1969 -Sixties

L’EVOLUTION DES CHANSONS INDIENNES
DANS LE CINEMA DES ANNEES 60

1960

Mughal-E-Azam de Kamuddin Asif Mughal
Avec Madhubala, Dilip Kumar, Prithviraj Kapoor, Durga Khote, Nigar Sultana
« Pyar Kiya To Darna Kya » chanté par Lata Mangeshkar

 

1961

Jhumroo de Shankar Mukherjee
« Koi Humdam Na Raha »
Avec Kishore Kumar, Madhubala, Chanchal

1962

Bees Saal Baad de Biren Nag
« Aye Mohabat Meri » chanté par Lata Mangeshkar
Avec Biswajeet, Waheeda Rehman, Manmohan Krishna, madan puri, asit sen

1963

Sehra (Flower-Decked Veil) de Shantaram Rajaram Vankudre (1901 – 1990)
Taqdeer Ka Fasana chanté par Lata Mangeshkar
Avec Sandhya, Prashant, Manmohan Krishna, Lalita Kumari, Lalita Pawar, Babloo, Ulhas, Keshavrao Date

1964

Woh Kaun Thi ?  वो कौन थी, Who Was She?
Chanson « Lag Ja Gale » लग जा गले chantée par Lata Mangeskhar
Avec Manoj Kumar, Sadhana (Sadhana Shivdasani साधना), Helen, Prem Chopra, Parveen Chaudhary, K N Singh, Mohan Choti, Dhumal

Dosti  de Satyen Bose
Avec Sushil Kumar, Sudhir Kumar, Baby Farida, Sanjay Khan, Leela Mishra, Leela Chitnis
« Chahunga Main Tujhe Saanjh Savere » chanté par Mohammad Rafi

1965

Gumnaam (Unknown or Anonymous) de  Raja Nawathe
Avec Manoj Kumar, Nanda, Pran, Helen, Mehmood
« Is Duniya Mein Jeena Ho To » Chanté par Lata Mangeshkar

1966

Sawan Ki Ghata de Shakti Samanta শক্তি সামন্ত (1926-2009)
Chansons écrites  par S.H. Bihari
« Aaj Koi Pyar Se »
Avec  Manoj Kumar, Sharmila Tagore, Mumtaz, Pran, Madan Puri.

1967

Hamraaz (Confidant) de Baldev Raj Chopra (B. R. Chopra) (1914 – 2008)
Chanson « Neele gagan ke tale » par Mahendra Kapoor
Avec Vimi, Anwar Hussain, Iftekhar, Raaj Kumar, Madan Puri, balraj Sahni, Sarika

1968

Do Kaliyan de R. Krishnan (1909–1997)  et S. Panju (1915–1984)
Avec Bishwajeet, Mala Sinha, Lalita Pawar, Mehmood, Om Prakash, Baby Neetu Singh
« Bachche Man Ke Sachche »

Padosan  पड़ोसन de Jyoti Swaroop
Sunil Dutt – Saira Banu – Mehmood – Kishore Kumar

1969

Jigri Dost de Ravikant Nagaich
Chanson « Raat Suhani Jaag Rahi Hai » par  Mohammad Rafi et Suman Kalyanpur
Avec Jeetendra, Mumtaz, K N Singh, Prem Kumar, Jagdeep, Aruna Irani, Nirupa Roy, Poonam Sinha

 

L’INCOMPRIS (INCOMPRESO) : PAR-DESSUS LA MORT

LUIGI COMENCINI
L’INCOMPRIS – INCOMPRESO
1966

L'Incompris Incompreso Luigi Comencini 1966 Artgitato

PAR-DESSUS
LA MORT

La voiture noire qui pénètre dans la cour du château est lourde d’un secret. La caméra la contourne comme étrangère, apeurée pour en attraper, pour en comprendre des bribes. Être à l’affût. Quel est ce terrible mystère que gardent ces deux hommes à l’arrière. La caméra se rapproche et se fixe sur un homme, sir Duncombe,  Anthony Quayle. Sa femme vient de mourir. L’homme est abattu.

IL EST COMME SA MERE
Le silence doit être gardé afin de préserver, croit-il, ses enfants. « Ils ne sont au courant de rien. Il faudra pourtant que je le dise à Jonathan (Stefano Colagrande). Il peut comprendre et il doit savoir la vérité. Je ne sais comment je lui dirais, mais il faut que j’en trouve la force. Matthew (Simone Giannozzi),lui, nous essaierons de le distraire. Il est encore si jeune, il croit qu’elle est partie, qu’elle est en voyage… Matthew est un enfant si jeune, si délicat et si fragile, il a besoin de soins et de tendresse. Il est comme sa mère… » Mais celui qui montre sa fragilité, c‘est Duncombe lui-même, malgré son titre, malgré sa fonction de consul. Il pleure. Il est brisé et il comprend que la tâche qui lui incombe sera difficile, voire douloureuse. Comment dire l’indicible. Il l’a profondément aimée, lui aussi.

« Entendant des sanglots, je poussai cette porte
Les quatre enfants pleuraient et la mère était morte
Sur le grabat gisait le cadavre hagard ;
C’était déjà la tombe et déjà le fantôme.
 »

(Victor Hugo, Les Contemplations, XVII, Chose vue un jour de printemps)

ENTRE DEUX EAUX
Le film partira sur cette relation quadripartite entre le père, trop souvent absent par son travail, la mère, décédée précocement, et ses deux enfants, Jonathan et Matthew. Comencini par touches évoque les blessures, les fêlures, les attentes et les désirs. Il prend les yeux de l’enfant et de l’enfance. A cette hauteur où les rêves sont possibles et les désillusions aussi. Il prend la peau de Jonathan entre deux âges. Fort de ses envies et de ce bouillonnement. Faible de ne pas tout comprendre du monde des adultes. Il est entre deux eaux et, pour cela, se sent si bien pendu dans les airs au-dessus de l’étang.

L’ENFER, C’EST L’ABSENCE ETERNELLE
Comencini nous parle de l’absence de la mère. Cette origine qui n’est plus. Comment parler de ce qui nous lie, de ce qui englobe la famille et qui n’est plus ? « L’enfer c’est l’absence éternelle » (Victor Hugo, Hors de la terre).  Que dire de l’absence éternelle maternelle ? Tout s’écroule. Comment ne pas sombrer ? A quoi se raccrocher ? Une autre histoire reste à écrire. Le cadre est solide socialement. Les enfants ont tout : jeux, gouvernantes (dont la superbe Adriana Facchetti), l’argent, l’espace. Mais il manque l’essentiel : une véritable présence. Seulement une simple présence.

TROP GRAND ET TROP FROID
Car ici tout est grand, immense aux yeux d’enfants si jeunes,  et tout nous rappelle le passé, proche ou lointain. Florence, l’éternelle, le château, l’immensité des pièces et du jardin. Il manque la chaleur. Les pièces sont trop froides, comme le jardin trop soigné. Comment rendre le tout humain, vivable, chaleureux. Des gouvernantes se succèdent afin de rendre un peu d’une présence maternelle, sans succès.

ELLE ETAIT COMME CA
La présence de la mère est partout pourtant. Mais elle s’estompe. Le temps fait son affaire, irrémédiablement. « –Tu ne t’en souviens pas ? (Jonathan) – Plus tellement, et maintenant moins qu’avant ! (Matthew) – Tu te rappelles bien le portrait d’elle qui était dans le salon ? – Oui ! – L’été, elle était comme ça. L’hiver, elle était plus pâle. Mais quand elle courait, elle avait les joues toutes rouges, et elle riait. – ça je me rappelle quand elle riait ! – Elle était toujours très gaie ; elle trichait quand elle jouait aux cartes avec papa… »

NE PAS TOMBER
Jonathan, lui a trouvé des précieuses reliques maternelles : Il reste un brin de voix sur un magnétophone conservé comme une relique, la chambre de la mère, véritable ventre maternelle, le tableau de la chambre, un papier de sa main dans l’armoire à pharmacie, « Andrea, Non toccare, la mamma. » Ce sont autant de galets qu’il pose pour retarder le grand oubli. Il s’accroche à eux comme il s’accroche à la branche. Pour ne pas tomber. Pour avancer.

 « A vingt ans, deuil et solitude !
Mes yeux, baissés par le gazon,
Perdirent la douce habitude
De voir ma mère à la maison.
Elle nous quitta pour la tombe ;
Et vous savez bien qu’aujourd’hui
Je cherche, en cette nuit qui tombe,
Un autre ange qui s’est enfui ! 
»

(Victor Hugo, Les Contemplations, Livre Quatrième, Trois ans après)

La nuit tombe sur Jonathan qui recherche cet autre ange. Il veut se rapprocher de ce père si statuaire et fort. Mais toutes ses tentatives se retournent contre lui. La raison à son jeune frère qui le colle comme une mère. Il n’a plus que lui. Quand Jonathan est puni par sa faute, il ne lui en veut pas. Il continue à le porter sur son dos, sur son vélo.

Incompris par son père, il imagine une nouvelle action qui le fera remonter dans son estime, une nouvelle preuve d’amour. A chaque fois, elles finiront en catastrophe. Il doit être plus responsable, mais ce n’est qu’un enfant. Il s’il se réfugie dans la chambre maternelle pour son moment d’intimité, il court vers l’étang afin de se prouver à lui-même qu’il existe. La branche qui se couche sur l’eau crante son évolution vers le statut d’homme. Pendu entre le ciel et l’eau, il avance sur son « audaciomètre ». Toujours un peu plus loin. Un craquement. Puis deux. Puis trois…Jusqu’à la chute que le poids de son jeune frère accélère. Au craquement de la branche celui des vertèbres, puis les certitudes de son père.

IL FAUT APPRENDRE A PERDRE
Il reconnaîtra ses erreurs. Derrière des airs de guerriers et de bagarreurs, Jonathan n’est pas un enfant fragile, c’est un enfant simplement. Il ne comprend pas l’injustice et l’incompréhension des grands. Comme dans le tournoi de judo, où la présence du père fait perdre l’enfant décontenancé. « – Tu m’avais dit que tu ne viendrais sans doute pas, alors je ne t’attendais plus, mais quand je t’ai vu dans la salle, j’étais surpris… – ça t’ennuie donc tellement d’avoir été vaincu ?…Il faut aussi apprendre à perdre. Tu prendras ta revanche une autre fois, quand je ne serai pas là pour te faire perdre. » Il est dérouté sans savoir comment faire le bien, comme le cadeau acheté à Florence qui tourne au drame ou le lavage de voiture où son jeune frère attrape froid.

Le seul qui le comprend vraiment est l’oncle William (John Sharp) ; Derrière une apparente rigueur, il lit toute la complexité du jeune enfant et son désarroi. Jonathan aime profondément son père, il l’idéalise, à remplir des feuilles du seul mot de papa. La caméra passe du regard de cet oncle, qui « n’aime pas les enfants », et pour qui « le droit de cuite de chacun est sacré ! », ours mal léché, à Jonathan qui déambule dans le cimetière en connaissant l’histoire de chacun,  « tu es comme chez toi ici ». Jonathan est un enfant perdu qui cherche un maître, à la recherche de repère et de sens.

Sir Duncombe reste dans son passé, intelligent mais qui ne comprend pas les pierres que Jonathan pose sur sa route : « des bleuets encore ! Je ne comprends pas qui peut les apporter ! » Il reste dans ce passé qui le tourmente sans voir que ses enfants sont là qui l’attendent. 

Notre diplomate le comprend mais un peu tard, « j’ai commis une erreur et maintenant il me juge ! » L’audaciomètre a cédé. Le dos aussi. La vie va se retirer malgré la présence des meilleurs spécialistes. Ces premiers mots sont pour Matthew. Il tient avant tout à rassurer son père. « Je savais que c’était très dangereux. C’est une façon pour moi de me calmer les nerfs. » L’audaciomètre a rompu mais un pont s’est créé entre eux deux.

T’AIDER, AU MOINS UNE FOIS
« Je sais bien que tu n’aimes que Matthew. Toi, tu ne me prends jamais dans tes bras. » Lâche-t-il à son père abasourdi. Il veut profiter des dernières minutes avec son fils et ensemble finir la rédaction dont parle Jonathan dans le délire de la fièvre. Finir et faire ensemble quelque chose jusqu’au bout. La musique s’arrête. Les mains se tiennent. Il faut rattraper le temps perdu. « J’aurai voulu t’aider Johnny, au moins une fois. »

« Pour moi, sans aucun doute, mon meilleur ami est mon père. Bien entendu, il est beaucoup plus âgé que moi, mais ça n’a réellement aucune importance. Il est très grand et il a une force énorme ; il peut facilement me soulever d’une seule main et il parle couramment plusieurs langues. Non seulement, il est mon père, mais mon ami aussi. Notre amitié a pour base une quantité de choses. Par exemple, nous jouons fréquemment tous les deux et nous n’avons pas de secret l’un pour l’autre. Lorsque ce qui m’arrive est un peu triste, il le voit et le comprend sans que j’aie eu à parler. Alors il me sert contre lui, et il me dit tendrement : … » a commencé Jonathan.

IL A FALLU TROP DE TEMPS
Et le père de continuer, avec l’accord de Jonathan : « il me sert contre lui et me dit alors : pardonne-moi, Johnny chéri, car tu sais ce n’est pas vrai que ton père t’a toujours compris. La douleur l’aveuglait à tel point qu’il n’a pas su voir que tu souffrais, et peut-être encore plus que lui. C’est bien cela ? Hein ! Il a fallu trop de temps à ton père pour le comprendre, bien trop de temps. Et cela c’est triste et impardonnable. Mais désormais nous allons être de vrais amis, parce que c’est ton père qui te le demande et il est fier de le demander, car tu es le fils que chaque père, que chaque père aimerait avoir. ».

                « Soudain l’enfant bénie, ange au regard de femme,
Dont je tenais la main et qui tenait mon âme,
Me parla, douce voix,
Et me montrant l’eau sombre et la vie âpre et brune,
Et deux points lumineux qui tremblaient sur la dune :
– Père, dit-elle, vois,
Vois donc, là-bas, où l’ombre aux flancs des coteaux rampe,
Ces feux jumeaux briller comme une double lampe
Qui remuerait au vent !
Quels sont ces deux foyers qu’au loin la brume voile ?
– L’un est un feu de pâtre et l’autre est une étoile ;
Deux mondes, mon enfant ! »
                (Victor Hugo, Les Contemplations, Les Luttes et les Rêves, XXX Magnitudo Parvi)

 Jacky Lavauzelle