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CHANSONS GEORGIENNES – LES PLUS BELLES CHANSONS DE GEORGIE – საქართველოს ულამაზესი სიმღერები –

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Chansons Géorgiennes chansons de géorgie
Géorgie
საქართველო

LES PLUS BELLES CHANSONS DE GEORGIE
CHANSONS GEORGIENNES

Chansons géorgiennes Les plus belles chansons de Géorgie

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საქართველოს ულამაზესი სიმღერები


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CHANSONS GEORGIENNES

 Dato Kenchiashvili
დათო კენჭიაშვილი
ისევ და ისევ
isev da isev
Encore et encore

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Tiflisi Soundtrack
ნიაზ დიასამიძე 33ა
Niaz Diasamidze 33a
ნამი ველს
Nami Vels

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სალი ბეთლი
Sali Betli
და მე შენთან მოვალ ისევ ბავშვივით
Je viendrai à toi comme un enfant

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სოსო მიქელაძე – მიყვარხარ
Soso Mikeladze
Miyvarxar
Je t’aime

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gigi gegelashvili გიგი გეგელაშვილი
&
inga beradze ინგა ბერაძე
საბრძოლო
Sabrdzolo
Se battre

 

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თამარ გვერდწითელი
Tamar Gverdtsiteli
მრავალჟამიერ

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ჯგუფი ბანი
jgufi bani
აჭარული
 Acharuli

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Gigi Gegelashvili
გიგი გეგელაშვილი
ჰერიო ბიჭებო

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ინგა ბერაძე
Inga Beradze
მინდა 
Je veux 

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ქართული ხმები
Voix Géorgiennes
ჰერიო ბიჭებო

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Dato Kenchiashvili
დათო კენჭიაშვილი 
მიყვარხარ
Miyvarxar
Je t’aime

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თამარ გვერდწითელი
Tamar Gverdtsiteli
საქართველო
Géorgie


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თამარ გვერდწითელი
Tamar Gverdtsiteli
სიყვარული დაფრინავს

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ჯანსუღ კახიძე
Jansug Kakhidze
შენ დაგეძებ დილაა თუ ბინდია

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ჯანსუღ კახიძე
Jansug Kakhidze
ოღონდ შენთან მამყოფინა

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Nino Katamadze & Insight
ნინო ქათამაძე
სილამაზის
Silamazis
Beauté

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Giya Kancheli
სად მიდიხარ

***

ჯანსუღ კახიძე 
ოღონდ შენთან მამყოფინა
Jansug Kakhidze
Seulement toi

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Ana Malazonia
ანა მალაზონია
Magnolia
მაგნოლია  

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გოგიტა გოგიძე
GOGITA GOGIDZE
არ წახვიდე
Ar Thachvada
ça ne va pas

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Géorgie
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LES PLUS BELLES CHANSONS DE GEORGIE
CHANSONS GEORGIENNES

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საქართველოს ულამაზესი სიმღერები

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Scènes de la vie Géorgienne
CHANTS ET MUSIQUES
EN 1863

Cette bataille sauvage, ces luttes étranges durent environ deux heures, et se terminent au signal du chef de la fête, élu parmi le peuple géorgien. A sa voix, la scène change soudain. La foule se forme par groupes inégaux dans la plaine ardente, les plus riches sous des tentes, les autres sous de larges ombrelles en toile écrue ; hommes et femmes s’accroupissent autour de petites tables basses, et le festin commence. La musique orientale, bruyante, folle, éveille les échos de la Montagne-Rouge. Les femmes, vêtues de leurs plus éclatans costumes, pieds nus ou chaussés de babouches à hauts talons, se dépouillent de leurs tchadras, et leurs voiles écartés laissent voir des visages frais comme ces roses qu’aimait le poète Hafiz. Égayée par la variété des costumes étincelans, la plaine ressemble de loin à un vaste champ de blé mouvant tout étoile de marguerites, de bluets et de coquelicots. Les jeunes filles dansent au son de la zourna (fifre) et de la dahira (tambourin), et les mélodies populaires du Caucase se croisent dans l’air, pareilles aux fusées d’un feu d’artifice. La danse et les chansons alternent. Les azarpèches, les koulas (vases à boire), les cornes de buffle circulent à la ronde, et les outres se vident au milieu des cris, des quolibets lancés d’un groupe à l’autre. Les moins bruyans se racontent des légendes du pays, jouent aux cartes ou au loto; les plus graves, comme des fakirs indiens, fument en silence et agitent machinalement entre leurs doigts des chapelets d’ambre ou d’anthracite. Si quelque chanteur en renom assiste à la fête, on se presse autour de lui, et il chante à pleine voix une de ces romances de guerre ou d’amour qui expriment si fidèlement la fière mélancolie propre au caractère géorgien, celle-ci par exemple :

« Toutes les fois que la nuit, sous mon bourka (manteau), je dors sans me réveiller jusqu’à l’étoile matinale,

« Trois visions du paradis descendent vers moi, et je vois dans mon rêve trois merveilleuses beautés.

« Les yeux de la première beauté brillent d’un éclat qui fait pâlir les étoiles de la nuit.

«Quand la deuxième lève ses cils, son regard a la pénétration des yeux du serpent.

« Jamais la nuit, dans les montagnes, n’est aussi sombre que chez la troisième le noir profond de ses yeux.

«Et quand à l’aurore mon sommeil s’envole, sans me lever encore, je regarde dans le vide du firmament.

« Je regarde sans cesse, et je rêve en silence : si j’avais de l’argent, de l’argent, je construirais une maison;

«Je l’entourerais de hautes murailles, et je m’y enfermerais avec mes visions.

«Du matin au matin, je leur chanterais des chansons ; de l’aurore à l’aurore, mes regards plongeraient dans leurs yeux. »

….

Héraklé, scènes de la vie géorgienne
Henri Cantel
Revue des Deux Mondes
Tome 46
1863

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Géorgie
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LES PLUS BELLES CHANSONS DE GEORGIE
CHANSONS GEORGIENNES

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the best western movies of all time – LES PLUS BEAUX WESTERNS – « Kill as many as you can! »

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the best western movies of all time
LES PLUS BEAUX FILMS DE WESTERN

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 « Kill as many as you can! »
« l was lucky in the order. l’m always lucky when it comes to killing folks. »
« The hunt is on« 

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Rio Bravo
1959
De Howard Hawks
Avec John Wayne, Dean Martin, Angie Dickinson, Ricky Nelson, Walter Brennan
« If he were to change, that would worry me. »

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La Chevauchée fantastique
Stagecoach
1939
De John Ford
Avec Claire Trevor, John Wayne, Andy Devine,John Carradine
« Why don’t you escape, Kid? Why don’t  you escape? »

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Impitoyable
Unforgiven
1992
De Clint Eastwood
Avec Clint Eastwood, Gene Hackman, Morgan Freeman, Richard Harris
« l was lucky in the order. l’m always lucky when it comes to killing folks. « 

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La Poursuite Infernale
My Darling Clementine
1946
De John Ford
Avec Henry Fonda, Linda Darnell? Victor Mature, Walter Brennan, Tim Holt, Ward Bond
« Ma’am, I sure like that name. Clementine. »

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La Prisonnière du désert
The Searchers
1956
de John Ford
Avec John Wayne, Jeffrey Hunter,Natalie Wood
« What’s the matter, sir…You wounded ?  What is it, Sergeant — a bullet or an Arrow ? »




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El Dorado
1966
De Howard Hawks
Avec John Wayne, Robert Mitchum, James Caan, Charlene Holt
« Milt, but it can’t beat a faster draw. There’s only three men I know with his kind of speed. »

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Deadwood
2004-2006
Sérié créée par David Milch
Avec Timothy Olyphant, Ian McShane, Molly Parker, John Hawkes, Paula Malcomson, Robin Weigert

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L’Homme qui tua Liberty Valance
The Man who shot Liberty Valance
1962
John Ford
Avec John Wayne, James Stewart, Vera Miles, Lee Marvin,Edmond O’Brien
« Why don’t you get yourself a fresh steak on me? Show’s over for now. »

« You talk too much, think too much. Besides, you didn’t kill Liberty Valance. »

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La Horde Sauvage
The Wild bunch
1969
Sam Peckinpah
Avec William Holden,Ernest Borgnine, Robert Ryan,Edmond O’Brien,Warren Oates,Jaime Sánchez, Ben Johnson
« …got work to do. Want to come? Ain’t like it used to be, but… …it’ll do. »

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Le train sifflera trois fois
High Noon
1952
De Fred Zinnemann
Avec Gary Cooper,Grace Kelly
« No reason, but it’s mighty interesting. Now me, I wouldn’t leave this town at noon for all the tea in China. »

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Johnny Guitare
Johnny Guitar
1954
De Nicholas Ray
Avec Joan Crawford, Sterling Hayden, Mercedes McCambridge, Scott Brady
« –Play something for me, Mr. Guitar. -Anything special?  -Just put a lot of love in it. »

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Je suis un aventurier
The Far Country
1954
D’Anthony Mann
Avec James Stewart, Walter Brennan

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La Conquête de l’Ouest
How the West Was Won
1962
De Henry Hathaway, John Ford et George Marshall
Avec  James Stewart, John Wayne, Henry Fonda, Carroll Baker, Debbie Reynolds, Gregory Peck, George Peppard
« This land has a name today and is marked on maps. But the names and the marks and the land all had to be won. Won from nature and from primitive man. Five generations ago, a mere 125 years back… … this land was known only as the West. Known only to a handful of white men… « 

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Dead Man
1995
De Jim Jarmusch
Avec Johnny Depp, Gary Farmer, Lance Henriksen, Iggy Pop
« The hunt is on« 

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Little Big Man
1970
d’Arthur Penn
Avec Dustin Hoffman, Faye Dunaway,Chief Dan George, Martin Balsam, Richard Mulligan, Cal Bellini
« You think the Battle of Little Bighorn was an adventure? »

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Butch Cassidy et le Kid
Butch Cassidy and the Sundance Kid
1970
De George Roy Hill
Avec Paul Newman, Robert Redford, Katharine Ross, Strother Martin, Jeff Corey, Henry Jones
« What’s Bolivia? Bolivia… that’s a country, stupid. Central or South America. One or the other. Let’s go to Mexico instead. »
« For a moment there, I thought we were in trouble. »
« Australia’s no better than here. Aw, that’s all you know. Name me one thing. They speak English in Australia. They do? That’s right, smart guy. So we wouldn’t be foreigners. They got horses in Australia. »

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L’Étrange Incident
The Ox-Bow Incident
1943
De William A. Wellman
Avec Henry Fonda, Dana Andrews, Mary Beth Hughes
« – Somebody lend me a knife. I’ll take it out myself. – Don’t give him no knife. He can throw a knife better than most men can shoot. Better than any of you, no doubt. But if you’re afraid, I promise to give the knife back… handle first. I’ll do it. »

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Il était une fois dans l’Ouest
Once upon a time in the west
1969
De Sergio Leone
Avec Claudia Cardinale, Henry Fonda, Jason Robards, Charles Bronson, Gabriele Ferzetti
 » Once you’ve killed four, it’s easy to make it five. »

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Alamo
The Alamo

1960
De John Wayne
Avec John Wayne, Richard Widmark, Laurence Harvey, Frankie Avalon, Patrick Wayne, Linda Cristal
« – Kill as many as you can! »

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Jeremiah Johnson
1972
De Sydney Pollack
Avec Robert Redford, Will Geer, Stefan Gierasch
« They say he wanted to be a mountain man.The story goes that he was a man of proper wit and adventurous spirit… »

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La Charge Fantastique
They died with their boots on
1
941
De Raoul Walsh
Avec  Errol Flynn, Olivia de Havilland
« You’ll see men who aren’t afraid to look death in the face with pride. Not for $ 13 a month, but because they’ve got pride in their regiment. Go take the salute. »

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La Charge héroïque
She wore a yellow ribbon
1949
De John Ford
Avec John Wayne, Joanne Dru, John Agar, Ben Johnson,Harry Carey, Jr
«  It’s a big concentration. Arapahos, IKiowas, Comanches and Cheyenne Dog Soldiers. About 900 of them, and they’re ready to strike. We gotta strike first. « 

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La Captive aux Yeux Clairs
The Big sky
1952
De Howard Hawks
Avec Kirk Douglas, Dewey Martin, Elizabeth Threatt, Arthur Hunnicutt, Buddy Baer, Steven Geray

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Le Bon, la Brute et le Truand
Il bono, il brutto, cattivo
1966
De Sergio Leone
Avec Clint Eastwood, Lee Van Cleef, Eli Wallach

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Winchester 73
1950
D’Anthony Mann
Avec James Stewart, Shelley Winters,Rock Hudson
« Boy, oh, boy, a Winchester ’73! What I’d give to have that gun! One of a Thousand? First one I ever seen! But mister, that’s a real gun! »

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Rio Grande
1951
De John Ford
Avec John Wayne, Maureen O’Hara, Ben , Claude Jarman Jr., Harry Carey Jr., Chill Wills. Carrol Naish
« Aren’t you going to kiss me goodbye? I never wanna kiss you goodbye, »

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La Porte du Paradis
Heaven’s gate
1980
De Michael Cimino
Avec  Kris Kristofferson, Christopher Walken, Isabelle Huppert, Jeff Bridges,John Hurt
« I wish you could see into my heart, James, and know that, this very night… I am going to repent of all my sins. »

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Danse avec les loups
Dances with Wolves
1990
De Kevin Costner

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La Rivière rouge
Red River
1948
De Howard Hawks et Arthur Rosson

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La Kermesse de l’Ouest
Paint Your Wagon
1969
de Joshua Logan
Avec Lee Marvin – Clint Eastwood -Jean Seberg
« – You a doctor? – Horse doctor. But bones is bones. Also a blacksmith. »

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Les Sept mercenaires
The Magnificent seven
1
960
De John Sturges
Avec Yul Brynner, Eli Wallach, Steve McQueen, Charles Bronson, Robert Vaughn, James Coburn, Brad Dexter,Horst Buchholz
« No, a woman’s a woman, a gun’s a gun, in the Lord’s eye. They’re just dreams, Goody. You talk about guns, you talk about women, you talk about ’em separately. It ain’t right. Sure it is. Sure it is, my friend. I had a wife once. Had a family. Had some children, too. One time. Now the stitching’ll outlast you, I imagine. That’s... « 

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Josey Wales, Hors-la-loi
he Outlaw Josey Whales
1976
Clint Eastwood

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L’Homme de la plaine
The Man from Laramie
1955
D’Anthony Mann
Avec James Stewart, Arthur Kennedy, Donald Crisp,Cathy O’donnell
« When you go East, you’ll pass through Laramie. If you should ask for a Captain Lockhart, anyone will tell you where to find me. I’ll remember that.« 

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Duel au soleil
Duel in the sun
1946
De King Vidor
Avec Jennifer Jones, Joseph Cotten, Gregory Peck
« For when the sun is low… and the cold wind blows across the desert… there are those of Indian blood… who still speak of Pearl Chavez… the half-breed girl from down along the border… and of the laughing outlaw… with whom she here kept a final rendezvous… never to be seen again. And this is what the legend says… A flower known nowhere else… grows from out of the desperate crags… where Pearl vanished… Pearl, who was herself a wild flower... »

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Pour une poignée de dollars
Per un pugno di dollari
A Fistful of Dollars
1966
De Sergio Leone
Avec Clint Eastwood, Marianne Koch, Gian Maria Volontè
« Somebody has to run the place. Every town has a boss. »

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Pat Garrett et Billy the Kid
Pat Garrett and Billy the Kid
1973
De Sam Peckinpah
Avec James Coburn, Kris Kristofferson, Bob Dylan, Slim Pickens, Jason Robards
« – I don’t allow the law would agree to that. – What law is that? Santa Fe Ring law? »

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La Dernière Caravane
The Last Wagon
1956
De Delmer Daves
Avec Richard Widmark, Felicia Farr
« – The sky can be a roof. Like now.
– But in winter- You ever been in a wickiup?
… – with windmills in the doorway to catch the night breeze
– It’s just not practical.
– The boy would see his first big buffalo herd. All the little calves half grown now… playin’ like puppies
– He needs schooling.
… Never having a real home?
– Home’s wherever we’d be. We’d make it real.
– It’s not what I’d planned. I planned … I didn’t know Comanches kissed like this. « 

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Tombstone
1993
De George Pan Cosmatos
Avec Kurt Russell, Val Kilmer,Michael Biehn,Dana Delany,Sam Elliott,Powers Boothe,Bill Paxton

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Le Banni
The Outlaw
1943
De
Howard Hughes
Avec Jack Buetel, Jane Russell, Thomas Mitchell, Walter Huston
« There’s a rock under here. – Let me fix it. Let me go! Hold still, lady, or you won’t have much dress left. Let me go! « 

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Le Grand Silence
Il Grande Silenzio
1968
De Sergio Corbucci
Avec Jean-Louis Trintignant, Klaus Kinski, Frank Wolff

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LES PLUS BEAUX WESTERNS
the best western movies of all time

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LA VALSE BRUNE Chanson de Georges Villard et Georges Krier

SELECTION ARTGITATO

CHANSON FRANCAISE
LA VALSE BRUNE CHANSON


 

PAROLES de Georges VILLARD (18xx-1927)
MUSIQUE de Georges KRIER (1872-1946)
   

 

 
LA VALSE BRUNE
1909

Paroles de Georges Villard
Musique de Georges Krier
 Valse

PREMIER COUPLET
Ils ne sont pas des gens à valse lente
Les bons rôdeurs qui glissent dans la nuit
Ils lui préfèrent la valse entraînante
Souple, rapide où l’on tourne sans bruit
Silencieux ils enlacent leurs belles
Mêlant la colle avec le cotillon
Légers, légers ils partent avec elle
Dans un gai tourbillon.

REFRAIN
C’est la valse brune
Des chevaliers de la lune
Que la lumière importune
Et qui recherchent un coin noir.
C’est la valse brune
Des chevaliers de la lune,
Chacun avec sa chacune
La danse le soir.

SECOND COUPLET
Ils ne sont pas tendres pour leurs épouses
Et, quand il faut, savent les corriger,
Un seul soupçon de leurs âmes jalouses,
Et les rôdeurs sont prêts à se venger.
Tandis qu’ils font à Berthe, à Léonore
Un madrigal en vers de leur façon
Un brave agent de son talon sonore
Souligne la chanson.

REFRAIN
C’est la valse brune
Des chevaliers de la lune
Que la lumière importune
Et qui recherchent un coin noir.
C’est la valse brune
Des chevaliers de la lune,
Chacun avec sa chacune
La danse le soir.

TROISIEME COUPLET
Quand le rôdeur, dans la nuit, part en chasse
Et qu’à la gorge il saisit un passant,
Les bons amis, pour que tout bruit s’efface,
Non loin de lui chantent en s’enlaçant.
Tandis qu’il pille un logis magnifique,
Où d’un combat qu’il sait sortir vainqueur,
Les bons bourgeois grisés par la musique
Murmurent tous en chœur :

REFRAIN
C’est la valse brune
Des chevaliers de la lune
Que la lumière importune
Et qui recherchent un coin noir.
C’est la valse brune
Des chevaliers de la lune,
Chacun avec sa chacune
La danse le soir.

JULES ROY – LE NAVIGATEUR

Jules Roy

Le Navigateur
1954
Ed. Gallimard

Le Navigateur Jules Roy Artgitato

LES BATTEMENTS D’UN CŒUR
AU MILIEU DES TENEBRES

 

En 1946, juste après la fin de la guerre, un des premiers romans de Jules Roy, la Vallée perdue, commence par une description d’avions dans le ciel, puis décrit une collision d’avions de chasse pendant la seconde guerre mondiale. La collision a été évitée, mais le choc est là. Chevrier sauf retrouve son ami Morin sur la base. Jules Roy part sur la même base avec le Navigateur, sorti en 1954. Là, la collision tourne mal et détruira l’engin. Mais le héros en sortira indemne.

Les descriptions des équipes et des missions reflètent ce que Jules Roy a vécu à partir de 1943 dans la Royal Air Force, la R.A.F. Il effectuera trente-trois missions contre vingt-deux pour le héros du Navigateur. La vingt-troisième sera l’ultime mission.

A chaque fois, le risque maximum et la vie au bout, si fragile. Un rien, une hélice, une friction, un tir, une panne, un rien et tout peut basculer de l’autre côté. Juste des bonheurs simples et fugaces : le bonheur de se sentir vivant ; une amitié rare mais solide ; un sens du devoir mais aussi un sens de l’enjeu et le calcul du risque. Le risque c’est Weser qui sera abattu, ce que tout le monde prédisait. Weser est une menace. Et la vie est bien trop importante pour la laisser à une tête brûlée.

« Quand le navigateur vit arriver la terre, il était trop tard. » Une collision. Une urgence. La nuit. Par automatisme, un navigateur français de la R.A.F ., Alfred Ripault, de retour de mission, se retrouve dans un champ de betteraves. Sans comprendre. Il « était trop tard », mais il est sauf. Pour les autres qui arriveront sur terre, ils seront retrouvés calcinés ; pour eux, il est vraiment trop tard. Lui est là, vivant, n’ayant perdu que son étui à cigarettes en argent ! Son esprit s’est vidé par la peur, intégralement. L’instinct de survie est le plus fort. « Le navigateur plia le genou sur son parachute compromettant, l’esprit vide, et, sur le moment, c’était le sentiment majeur qu’il éprouvait : une sûreté de soi, une confiance débordante et gratuite, un triomphe intérieur qui lui donnait une joie qu’il n’avait jamais connue. » Ne sachant plus s’il se trouve en Allemagne ou ailleurs, il marche. Il trouve une maison isolée où une femme en peignoir l’accueille. De nouvelles sensations l’assaillent : « Toute pensée l’avait quitté. Il était devenu semblable à une bête qui vient d’échapper au coup de fusil du chasseur et reprend son souffle dans un terrier. Les battements de son cœur ne l’assourdissaient plus, mais il était plongé  au sein d’un profond étonnement, un peu comme s’il venait de renaître à la vie et qu’il eût à refaire connaissance avec le monde. » Rien ne se passe et pourtant. Le corps est à l’écoute. « Une légère ivresse le berçait de se sentir ainsi, dans une maison inconnue, près d’une femme à peine éveillée, après son accident. ‘C’est ce silence… ‘, pensa-t-il. Sa vie n’était qu’une longue clameur qui n’aurait de terme qu’à sa mort. » Une voiture, suite à son appel, arrive pour le ramener à la base. Il part sans même connaître son nom.

Le retour. La découverte qu’il est le seul survivant. L’enterrement. Il repense à l’anglaise. « L’étrangère lui avait pourtant dit ‘à bientôt…’ d’une façon qui ressemblait à une prière, mais l’idée qu’il se faisait de  cette femme n’avait plus rien de commun avec sa réalité, et c’était de la réalité qu’il avait peur, alors qu’il recomposait à son gré les images de la nuit. » Il se décide une semaine après devant la porte. Elle le reçoit avec plaisir. Elle se nomme Rosica. Tout se passe pour le mieux. Mais soudain, « une grande tristesse le recouvrit soudain. ‘Des mots, se dit-il, des mots pour nous mentir et nous blesser… ‘ Une tristesse bête et inutile dont il se sentait responsable puisqu’il ne faisait rien pour conquérir la jeune femme. » Ce vide qui l’envahit, le submerge et noie sa personnalité. Il ne se sent plus humain. « Il se sentait devenu aussi dur qu’un bloc de pierre. »

De retour à la base, il reçoit un ordre pour le lendemain pour redécoller. Alfred se déclare malade. Arrive le médecin du camp qui ne lui trouve rien, sinon une dépression nerveuse qui le rendra indisponible pour une semaine. A son copain, l’Amiral, il avoue ne pas vouloir sortir avec  la tête brûlée de Raumer. Malheureusement, ce Raumer, le lendemain, n’est toujours pas rentré, le commandant d’Escadre, dans son bureau, accuse Alfred d’en être responsable. Avec lui, Raumer s’en serait tiré. Avec un novice, il n’avait pas autant de chances : « Vous êtes moralement responsable de la perte de l’équipage Raumer. » Le commandant le met aux arrêts, sans savoir véritablement quel en sera le motif. Il retrouve au mess son ami, l’amiral. Il lui fait part de son incompréhension. « Il (Le commandant) ne peut pas supposer qu’on ait de temps en temps envie de limiter la casse pour sauver quelqu’un d’autre en soi ? Moi qui n’ai presque personne, je le sens. »

Le navigateur Alfred reste seul dans sa chambre au milieu du bruit des décollages et des atterrissages. La colère est partie, reste la tristesse. « Il ne lui restait rien de sa rage de l’autre soir au moment où l’escadre s’était envolée avec Raumer vers l’usine d’essence synthétique, mais seulement une vague tristesse qui ressemblait à celle qu’on éprouve devant l’inaccompli. »  Alfred est déboussolé. Il perd ses quelques repères peu à peu. « C’était cela que le navigateur n’avait pas compris. Depuis ce moment où il avait accepté de tout quitter sans regret, il n’avait pas renoué avec la terre. Ni avec la jeune femme, ni avec l’amiral, ni avec le commandant d’escadre, et il ne savait plus comment s’y prendre. » Il a perdu le mode d’emploi. Il flotte ; « le navigateur demeurait comme hors du temps. » Des douleurs inexpliquées le contraignent à réduire sa nourriture, jusqu’à ne plus vouloir s’alimenter. « Alors il refusa toute nourriture et se contenta de boire de l’eau. En quelques mois depuis l’apparition de la maladie, il s’était résigné à mourir avec une facilité qui l’avait beaucoup étonné. C’était plus simple qu’il ne l’avait cru. Plus il s’affaiblissait et moins il avait le goût de renouer avec la vie. » Les contacts avec la terre, avec la vie, avec les autres sont rompus. Comme cette lettre écrite à maintes reprises à Rosica et qui n’arrivent pas à être finalisée. Il se décide enfin à retourner, malgré sa grande faiblesse, voir Rosica.

Le lendemain, il refuse de signer sa punition au motif que celle-ci est incomplète et ne relate pas les événements de la collision. Il en parle à son ami l’Amiral, qui, connaissant bien le commandant, va plaider pour son ami. Il lui propose de prendre Ripault avec lui comme navigateur dans sa prochaine mission. De son côté, Ripault souhaite voler avec un pilote qui « ne voit plus les lumières du terrain» et qui donc est dangereux. Le commandant accepte que le vol se fasse dans les conditions de Ripault. De retour chez le pilote, il lui annonce la nouvelle : « Personne d’autre que moi n’a pensé à t’aider, voilà tout. Dès que j’ai su qu’on te laissait tomber, je suis allé à toi pour ne pas me sentir seul. C’est toi qui me sauves et mon histoire s’arrange en même temps parce que l’amiral est intervenu. »

Le voici parti dans l’avion avec le pilote Weser. « Les dés roulaient et personne ne pouvait les arrêter. » Destination : les usines de Würzburg. Mais cependant quelque chose ne va pas. « Ce soir-là, un malaise le gagnait. Il n’avait plus du tout de curiosité. Il retournait les images de l’amiral grattant la terre et de la jeune femme sous la lampe, ses yeux de colchiques à demi clos. » L’avion est touché pendant la manœuvre. Tous doivent sauter. Ce sera leur dernière mission.

Jules Roy ne reprend pas la description de l’avion explosé. Simplement, « le navigateur inclina la tête. Et soudain, l’aile se détacha, et l’avion désemparé bascula. » Les êtres avec. Tous basculèrent vers l’autre rive.

Le dernier mot du pilote sera la « faute », « ce n’est pas ma faute ». Non, bien sûr. Retour à la base, avec l’amiral qui attend, puis qui comprend. Qui comprend sans comprendre ; « l’amiral se sentit soudain vulnérable. Le monde devenait trop compliqué pour lui. » Les avions rentrent les uns après les autres. Les derniers ne rentreront plus.  Des lettres s’affichent, B, T, A, J, C…Le V de Ripault n’est pas rentré. L’amiral va dans la chambre de Ripault et il y trouve un petit paquet de celle qui l’accueillit après la collision, « c’était un étui à cigarettes en argent uni, aux initiales A.R. entremêlées, qu’il avait souvent vu dans les mains du navigateur, et qui avait maintenant un angle bossué… »