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L’AMOUR EST UN – POEME DE ZINAÏDA HIPPIUS – Поэзия Зинаиды Гиппиус – ЛЮБОВЬ – ОДНА – 1896

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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Poésie de Zinaïda Hippius
Поэзия Зинаиды Гиппиус
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Zinaïda Nicolaïevna Hippius
Зинаи́да Никола́евна Ги́ппиус

8 novembre 1869 Beliov Russie – 9 septembre 1945 Paris,
8 ноября 1869 Белёв, Российская империя — 9 сентября 1945 Париж Франция

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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L’AMOUR EST UN
1896
ЛЮБОВЬ – ОДНА 
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Единый раз вскипает пеной
Elle bouillonne dans sa glaciale écume
И рассыпается волна.
La vague qui se brise.
Не может сердце жить изменой,
Le cœur ne peut pas vivre en trompant,
Измены нет: любовь – одна.
Il ne peut y avoir de trahison : l’amour est un.

*

Мы негодуем иль играем,
Nous sommes parfois indignés, parfois nous jouons,
Иль лжем – но в сердце тишина.
Parfois nous mentons – mais dans le cœur, quel silence.
Мы никогда не изменяем:
Nous ne changeons jamais :
Душа одна – любовь одна.
L’âme est une – l’amour est un.

*

Однообразно и пустынно,
Monotonie et vide,
Однообразием сильна,
La monotonie est puissante,
Проходит жизнь… И в жизни длинной
La vie passe … Et dans notre longue vie
Любовь одна, всегда одна.
L’amour est un, toujours un.

*

Лишь в неизменном – бесконечность,
L’infini n’est que dans l’immuable,
Лишь в постоянном – глубина.
Uniquement dans une constante profondeur.
И дальше путь, и ближе вечность,
Et plus loin est le chemin, et plus l’éternité est proche,
И всё ясней: любовь одна.
Et tout est plus clair : l’amour est un.

*

Любви мы платим нашей кровью,
L’amour nous le payons avec notre sang
Но верная душа – верна,
Mais l’âme est fidèle – fidèle
И любим мы одной любовью…
Et nous aimons d’un amour unique …
Любовь одна, как смерть одна.
L’amour est un, comme la mort.

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*

MA RIVALE – POÈME DE MIRRA LOKHVITSKAÏA – Мирра Лохвицкая- 1898 – Сопернице

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия
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Poésie de Mirra Lokhvitskaïa
Поэзия Мирры Лохвицкой
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Mirra Lokhvitskaïa
Мирра Лохвицкая

Maria Alexandrovna Lokhvitskaïa
Мария Александровна Лохвицкая
19 novembre 1869 Saint-Pétersbourg – 27 août 1905 Saint-Pétersbourg

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MA RIVALE
1896-1898
Сопернице
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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Да, верю я, она прекрасна,
Oui, je crois qu’elle est belle,
Но и с небесной красотой
Mais même avec cette beauté céleste
Она пыталась бы напрасно
Elle essaierait en vain
Затмить венец мой золотой.
D’éclipser ma couronne d’or.

*

Многоколонен и обширен
Soutenu par de nombreuses et puissantes colonnes
Стоит сияющий мой храм;
Mon temple éclatant se dresse ;
Там в благовонии кумирен
Dans le parfum des idoles
Не угасает фимиам.
Ne s’évapore pas l’encens.

*

Там я царица! Я владею
Là je suis une reine ! Je possède
Толпою рифм, моих рабов;
Une foule de rimes, mes esclaves ;
Мой стих, как бич, висит над нею
Mon vers est comme un fléau suspendu sur elle
И беспощаден, и суров.
Sans pitié et sévère.

*

Певучий дактиль плеском знойным
Ma vibrante métrique dactyle qui chante
Сменяет ямб мой огневой;
Remplace mon iambe incandescent ;
За анапестом беспокойным
Derrière mon anapeste agité
Я шлю хореев светлый рой.
J’envoie un lumineux essaim de trochées.

*

И строфы звучною волною
Strophes dans une onde sonore
Бегут послушны и легки,
Courez, obéissez
Свивая избранному мною
Composez pour mon élu
Благоуханные венки…
Des couronnes parfumées …

*

Так проходи же! Прочь с дороги!
Puis passez ! Sortez du chemin !
Рассудку слабому внемли:
Attention à la faiblesse de la raison :
Где свой алтарь воздвигли боги,
Où les dieux ont érigé leur autel,
Не место призракам земли!
Aucune place n’existe pour les fantômes de la terre !

*

О, пусть зовут тебя прекрасной,
Ô, laisse-les t’appeler belle,
Но красота — цветок земной —
Mais la beauté – fleur de la terre –
Померкнет бледной и безгласной
Se fanera pâle et muette
Пред зазвучавшею струной!
Avant que la corde ne résonne !



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1896-1898

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Poésie de Mirra Lokhvitskaïa
Поэзия Мирры Лохвицкой
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LES FAUSSES VISIONS – POÈME DE MIRRA LOKHVITSKAÏA – Мирра Лохвицкая- Кто — счастья ждет, кто — просит славы

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия
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Poésie de Mirra Lokhvitskaïa
Поэзия Мирры Лохвицкой
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Mirra Lokhvitskaïa
Мирра Лохвицкая

Maria Alexandrovna Lokhvitskaïa
Мария Александровна Лохвицкая
19 novembre 1869 Saint-Pétersbourg – 27 août 1905 Saint-Pétersbourg

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LES FAUSSES VISIONS
1896-1898
Кто — счастья ждет, кто — просит славы
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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Кто — счастья ждет, кто — просит славы,
Qui attend le bonheur, qui demande la gloire,
Кто — ищет почестей и битв,
Qui cherche les honneurs et les batailles
Кто — жаждет бешеной забавы,
Qui a soif de plaisir fou,
Кто — умиления молитв.
Qui tendrement prie.

*

А я — все ложные виденья,
Pour moi – ce sont des fausses visions,
Как вздорный бред угасших дней,
Comme le délire absurde de jours passés,
Отдам за негу пробужденья,
Je donnerai tout pour le bonheur de l’éveil,
О друг мой, на груди твоей.
Ô mon ami, sur ta poitrine.


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1896—1898

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Poésie de Mirra Lokhvitskaïa
Поэзия Мирры Лохвицкой
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CETTE TENDRESSE – Poème de Marina TSVETAÏEVA – Откуда такая нежность?- 1916

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия


TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE


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Marina Tsvétaïeva – photo de Pierre Choumoff ( Пётр Ива́нович Шу́мов )

Marina Ivanovna Tsvetaïeva
Марина Ивановна Цветаева

poétesse russe
русская поэтесса
Moscou 26 septembre 1892 – Ielabouga 31 août 1941
26 сентября 1892, Москва — 31 августа 1941, Елабуга

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CETTE TENDRESSE
1916
Откуда такая нежность?
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Mikhaïl Vroubel, Михаил Александрович Врубель, La Princesse Grioza, 1896, Galerie Tretiakov, Государственная Третьяковская галерея, Moscou – détail



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Откуда такая нежность?
D’où vient cette tendresse ?
Не первые – эти кудри
Ce ne sont pas les premières – ces boucles
Разглаживаю, и губы
Que j’ai caressées et ce ne sont pas les lèvres
Знавала темней твоих.
les plus sombres que j’ai embrassées.

*

Всходили и гасли звёзды,
Les étoiles se lèvent et partent,
Откуда такая нежность? –
D’où vient cette tendresse ? –
Всходили и гасли очи
Des yeux se sont éclairés et se sont assombris
У самых моих очей.
En regardant dans les yeux.

*

Ещё не такие гимны
Jamais de tels chants
Я слушала ночью тёмной,
Je n’ai écouté dans une si sombre nuit,
Венчаемая – о нежность! –
Ma tête – ô tendresse ! –
На самой груди певца.
Sur ta poitrine chantante.

*

Откуда такая нежность,
D’où vient cette tendresse
И что с нею делать, отрок
Et que vais-je faire de tout ça, dis-moi jeune
Лукавый, певец захожий,
chanteur joueur et rusé,
С ресницами – нет длинней?
Avec tes cils – les plus longs cils de la terre ?



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18 февраля 1916
18 février 1916

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Marina Tsvétaïeva en 1924

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Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

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João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

BOUCHE DE COLÈRE – Poème de Miguel Fernandez – BOCAS DE IRA – 1939/1941

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Miguel Hernández
(30 octobre 1910 Orihuela, province d’Alicante – 28 mars 1942 Alicante)
(Orihuela, 30 de octubre de 1910-Alicante, 28 de marzo de 1942)
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Cancionero y romancero de ausencias
CHANSONS & BALLADE SUR L’ABSENCE
(1938-1941)

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BOCAS DE IRA
BOUCHE DE COLERE


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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Isidre Nonell
Coucher de soleil
Al Atardecer, Sant Martí de Provençals ,1896

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Bocas de ira.
Bouche de colère.
Ojos de acecho.
Yeux traqués.
Perros aullando.
Les chiens hurlent.
Perros y perros.
Des chiens et des chiens.
Todo baldío.
Tout vide.
Todo reseco.
Tout sec.
Cuerpos y campos,
Corps et champs,
cuerpos y cuerpos.
corps et corps.

¡Qué mal camino,
Quel mauvais chemin
qué ceniciento
quelle cendre
 corazón tuyo,
ton cœur
fértil y tierno!
fertile et tendre !

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POEMES DE MIGUEL HERNANDEZ
POEMAS DE MIGUEL HERNANDEZ

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В казематі III – 1847 – Peu m’importe ! Eu não me importo!- Poème de de Taras Chevtchenko – Тарас Григорович Шевченко

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Taras Chevtchenko
Тарас Григорович Шевченко
JAN HUS L'HERETIQUE de Taras Chevtchenko - Trad Jacky Lavauzelle

 


 TRADUCTION FRANCAISE & PORTUGAISE
Tradução Francês e Português
JACKY LAVAUZELLE

 
 Тарас Григорович Шевченко
TARAS CHEVTCHENKO
25 février 1814 Moryntsi (près de Tcherkassy) – 26 février 1861 Saint-Pétersbourg

Тарас Григорович Шевченко Taras Chevtchenko Тарас Григорович Шевченко Taras Chevtchenko


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Poème – Poema – вірш

 В казематі III
PEU M’IMPORTE !
Eu não me importo!
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Між 17 квітня і 19 травня 1847
Entre le 17 avril et le 19 mai 1847
Entre 17 de abril e 19 de maio de 1847
*

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Traduction Jacky Lavauzelle
Konstantin Kryzhitsky Ozero Le Lac 1896 – Константин Яковлевич Крыжицкий

Мені однаково, чи буду
Peu m’importe
Eu não me importo
 Я жить в Україні, чи ні.
De vivre ou non en Ukraine.
Para viver ou não na Ucrânia.
Чи хто згадає, чи забуде
Que l’on se souvienne de moi ou que l’on m’oublie,
Lembre-se de mim ou me esqueça
 Мене в снігу на чужині –
De moi dans ces neiges étrangères.
De mim nessas neves estrangeiras.
Однаковісінько мені.
Cela m’importe peu.
Isso realmente não importa para mim.
В неволі виріс меж чужими,
En captivité, j’ai grandi avec des étrangers,
Em cativeiro, cresci com estranhos,
І, не оплаканий своїми,
Sans que les miens ne me pleurent,
Sem chorar minha ausência
В неволі, плачучи, умру,
En captivité, en pleurant, je mourrai
Em cativeiro, chorando, vou morrer
І все з собою заберу,
Et j’emporterai tout avec toi
E eu vou levar tudo com você
 Малого сліду не покину
Ne laissant même pas une seule petite trace
Não deixando nem um pequeno traço
На нашій славній Україні,
Dans notre glorieuse Ukraine,
Na nossa gloriosa Ucrânia,
На нашій – не своїй землі.
La nôtre – qui n’est plus notre propre terre.
Nossa – que não é mais nossa própria terra.
І не пом’яне батько з сином,
Et le père dans ses souvenirs,
E o pai em suas memórias
 Не скаже синові: “Молись,
Le père ne dira pas à son fils : « Prie,
Não dirá a seu filho: « Ora,
Молися, сину: за Вкраїну
Prie, mon fils : pour l’Ukraine
Ore, meu filho: para a Ucrânia
 Його замучили колись”.
Il fut torturé jadis.  »
Ele foi torturado uma vez. « 
Мені однаково, чи буде
Peu m’importe, si demain,
Eu não me importo, se amanhã,
Той син молитися, чи ні…
Si ce fils priera, ou non…
Se esse filho vai orar, ou não …
 Та не однаково мені,
Mais ce qui m’importe réellement
Mas o que realmente importa para mim
Як Україну злії люде
C’est de constater qu’un ennemi ignoble
É notar que um inimigo ignóbil
Присплять, лукаві, і в огні
Endort, dérobe et consume l’Ukraine
Endortar, roubar e consumir a Ucrânia
 Її, окраденую, збудять…
La volant et la violant …
O volante e o violador …
 Ох, не однаково мені.
Ô, comme cela m’importe !
Oh, como isso importa para mim!

С.-Петербург
Saint-Pétersbourg

**

Taras Chevtchenko
Тарас Григорович Шевченко
JAN HUS L'HERETIQUE de Taras Chevtchenko - Trad Jacky Lavauzelle

 


 TRADUCTION FRANCAISE & PORTUGAISE
Tradução Francês e Português
JACKY LAVAUZELLE

À MILLE LIEUES À LA RONDE Poème de A. E. Housman (1896) Oh when I was in love with you

LITTERATURE ANGLAISE
A. E. Housman 

HOUSMAN POÈME

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A. E. Housman

26 mars 1859 Bromsgrove – 30 avril 1936 Cambridge

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

Traduction Jacky Lavauzelle
Photographie d’Emil Otto Hoppé d’Alfred Edward Housman

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


LES POEMES
DE Alfred Edward HOUSMAN

Housman’s poems
A. E. Housman Poésie

A SHROPSHIRE LAD
Un Gars du Shropshire
1896

XVIII
À MILLE LIEUES À LA RONDE

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Oh, when I was in love with you,    
O quand amoureux de toi je me trouvais,
  Then I was clean and brave,    
J’étais parfait et courageux,
And miles around the wonder grew    
Et à mille lieues à la ronde, on s’émerveillait
 How well did I behave.
De tant d’agissements valeureux.

*

And now the fancy passes by,
Et maintenant, passe l’éblouissement,
  And nothing will remain,    
Et rien n’en restera,
And miles around they ’ll say that I    
Et à mille lieues à la ronde, on dira
  Am quite myself again.
Que je suis redevenu comme avant.

*

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A. E. Housman
HOUSMAN POÈME

LE MIROIR DE MES YEUX Poème de A. E. Housman (1896) Look not in my eyes, for fear

LITTERATURE ANGLAISE
A. E. HOUSMAN POÈME

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Alfred Edward Housman

26 mars 1859 Bromsgrove – 30 avril 1936 Cambridge

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

Traduction Jacky Lavauzelle
Photographie d’Emil Otto Hoppé d’Alfred Edward Housman


LES POEMES
DE Alfred Edward HOUSMAN

Housman’s poems

A SHROPSHIRE LAD
Un Gars du Shropshire
1896

XV
LE MIROIR DE MES YEUX

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 Look not in my eyes, for fear
Ne me regarde pas dans les yeux, de peur
They mirror true the sight I see,
Qu’ils ne reflètent ce que réellement je vois,
  And there you find your face too clear
Et, y admirant ton beau visage,
And love it and be lost like me.
Ne te retrouves à l’aimer et ne sois perdue tout comme moi.
One the long nights through must lie
Passe de longues nuits
  Spent in star-defeated sighs,
A soupirer, le regard dans les étoiles,
But why should you as well as I
Mais pourquoi devrais-tu comme moi
Perish? gaze not in my eyes.
Périr ? Ne regarde pas dans les yeux.

*

A Grecian lad, as I hear tell,
Un éphèbe Grec, il est dit,
 One that many loved in vain,
Qu’en vain beaucoup de gens aimaient,
 Looked into a forest well
Regarda dans un lac de la forêt
 And never looked away again.
Et jamais ne revint.
There, when the turf in springtime flowers,
Là, quand l’herbe fleurit au printemps,
With downward eye and gazes sad,
Avec l’œil abattu et le regard triste,
 Stands amid the glancing showers
Se tient au milieu des pluies
A jonquil, not a Grecian lad.
Une jonquille et non ce jeune éphèbe.

*

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HOUSMAN POÈME

LE SOLDAT Poème de Alfred Edward Housman (1896) THE STREET SOUNDS TO THE SOLDIER’S TREAD

LITTÉRATURE ANGLAISE
HOUSMAN POÈME

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Alfred Edward Housman

26 mars 1859 Bromsgrove – 30 avril 1936 Cambridge

Traduction Jacky Lavauzelle
Photographie d’Emil Otto Hoppé d’Alfred Edward Housman

Traduction – Translation

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

French and English text
texte bilingue français-anglais

 


LES POEMES
DE Alfred Edward HOUSMAN

Housman’s poems

A SHROPSHIRE LAD
Un Gars du Shropshire
1896

 XXII
LE SOLDAT

****************

The street sounds to the soldiers’ tread,    
La rue résonne du roulement des soldats,
And out we troop to see:    
Et nous sortons pour les voir :
A single redcoat turns his head,    
Un seul manteau rouge tourne la tête,
 He turns and looks at me.    
Il se tourne et me regarde.

*

My man, from sky to sky’s so far,
Mon ami, du ciel au ciel il y a une éternité,
We never crossed before;    
Nous ne nous sommes avant jamais croisés ;
 Such leagues apart the world’s ends are,  
Les extrémités du monde sont si écartées,
We ’re like to meet no more;    
Nous n’allons plus nous rencontrer ;

*

What thoughts at heart have you and I    
Quelles pensées avez-vous et quelles pensées ai-je ?
We cannot stop to tell;
Nous ne pouvons pas nous arrêter pour en parler ;
But dead or living, drunk or dry,    
Mais mort ou vivant, ivre ou non,
Soldier, I wish you well.
Soldat, je te souhaite bonne chance.

 

*

 

**************************

HOUSMAN POÈMES

Mi último adiós JOSE RIZAL Mon dernier adieu

LITTERATURE PHILIPPINE

José Rizal
1861-1896

 

 


José Rizal
Mi último adiós
Mon dernier adieu

*

Adiós, Patria adorada, región del sol querida,
Adieu, chère Patrie, région au soleil généreux
perla del Mar de Oriente, nuestro perdido edén,
perle de la Mer d’Orient, notre Eden perdu,
a darte voy, alegre, la triste, mustia vida;
je te donnerais, heureux, ma triste vie fanée ;
y fuera más brillante, más fresca, más florida,
et fût-elle encore plus lumineuse, plus fraîche, plus fleurie,
también por ti la diera, la diera por tu bien.
que je te la donnerais aussi, pour ton bien.

*

En campos de batalla, luchando con delirio,
Sur les champs de bataille, au cœur des luttes,
otros te dan sus vidas, sin dudas, sin pesar.
d’autres te donnent leur vie, sans aucun remords ni regrets.
El sitio nada importa: ciprés, laurel o lirio,
L’endroit n’a nulle importance : cyprès, lauriers ou lys,
cadalso o campo abierto, combate o cruel martirio.
échafaud ou campagne désolée, combat ou cruel martyre.
Lo mismo es si lo piden la Patria y el hogar.
La maison et la Patrie ont la même exigence.

*

Yo muero, cuando veo que el cielo se colora
Je meurs quand je vois que le ciel se colorer
y al fin anuncia el día, tras lóbrego capuz;
et annoncer enfin le jour dans ce manteau d’obscurité ;
si grana necesitas, para teñir tu aurora,
si tu as besoin d’écarlate pour teinter ton aurore,
  ¡vierte la sangre mía, derrámala en buen hora,
tu as mon sang versé, verse-le donc en temps utile,
y dórela un reflejo de su naciente luz!
qu’il soit doré par un reflet de sa nouvelle lumière !








*

Mis sueños, cuando apenas muchacho adolescente,
Mes rêves, à peine adolescent,
 
mis sueños cuando joven, ya lleno de vigor,
mes rêves de jeunesse, une jeunesse déjà pleine de vigueur,
fueron el verte un día, joya del Mar de Oriente,
furent de voir un jour, joyau de la Mer d’Orient,
 secos los negros ojos, alta la tersa frente,
tes noirs yeux secs, ton haut front
 sin ceño, sin arrugas, sin manchas de rubor.
sans larmes ni rides, sans trace d’une seule tache de honte.

*

Ensueño de mi vida, mi ardiente vivo anhelo.
Mon rêve, mon profond et ardent désir.
¡Salud! te grita el alma que pronto va a partir;
Salut ! crie l’âme qui va bientôt partir ;
    ¡salud! ¡Ah, que es hermoso caer por darte vuelo,
salut ! Ah, la beauté de tomber pour te donner cette chute,
 morir por darte vida, morir bajo tu cielo,
mourir pour te donner la vie, mourir sous ton ciel,
  y en tu encantada tierra la eternidad dormir!
et dans ta terre enchantée dormir éternellement !

*

Si sobre mi sepulcro vieres brotar, un día,
Si sur ma tombe pousse, un jour,
entre la espesa yerba, sencilla humilde flor,
entre les herbes épaisses, une humble et simple fleur,
acércala a tus labios y besa el alma mía,
que tes lèvres la frôlent, embrasse alors mon âme,
  y sienta yo en mi frente, bajo la tumba fría,
et que je sente sur mon front dans cette tombe froide,
de tu ternura el soplo, de tu hálito el calor.
le souffle de ta tendresse, la chaleur de ton souffle.

*

Deja a la luna verme, con luz tranquila y suave;
Que la lune me plonge dans une lumière calme et douce ;
deja que el alba envíe su resplandor fugaz;
Que l’aube m’envoie son éclat éphémère ;
deja gemir al viento, con su murmullo grave;
Laisse gémir le grave murmure du vent ;
y si desciende y posa sobre mi cruz un ave,
et si descend et se pose sur ma croix un oiseau,
deja que el ave entone su cántico de paz.
laisse-le chanter son cantique de paix.








*

Deja que el sol, ardiendo, las lluvias evapore
Laisse le soleil brûlant évaporer les pluies,
 
y al cielo tornen puras, con mi clamor en pos;
qu’elles retournent vers le ciel pur avec ma clameur ;
deja que un ser amigo mi fin temprano llore;
Laisse un ami pleurer ma mort prématurée ;
y en las serenas tardes, cuando por mí alguien ore,
Et l’après-midi serein, quand quelqu’un priera pour moi,
ora también, oh patria, por mi descanso a Dios.
prie aussi, ô Patrie, pour mon repos, prie Dieu.

*

Ora por todos cuantos murieron sin ventura;
Prie pour tous ceux qui sont morts sans fortune ;
por cuantos padecieron tormentos sin igual;
pour ceux qui ont souffert des tourments sans égal ;
por nuestras pobres madres, que gimen su amargura;
pour nos pauvres mères pauvres, qui gémissent d’amertume;
por huérfanos y viudas, por presos en tortura,
pour les orphelins, pour les veuves, pour les prisonniers torturés,
y ora por ti, que veas tu redención final.
et prie pour toi, qui vas vers ta rédemption finale.

*

Y cuando, en noche oscura, se envuelva el cementerio,
Et quand la nuit noire enveloppera le cimetière,
Y solos sólo muertos queden velando allí,
que seuls les morts veilleront là-bas,
 no turbes su reposo, no turbes el misterio:
Ne dérange pas leur repos, ni ne trouble le mystère :
tal vez acordes oigas de cítara o salterio;
si parfois un accord de cithare te parvient,
soy yo, querida Patria, yo que te canto a ti.
c’est moi, Patrie bien-aimée, moi qui te chanterai.








*

Y cuando ya mi tumba, de todos olvidada,
Et quand ma tombe, par tous oubliée,
 
no tenga cruz ni piedra que marquen su lugar,
sans croix ni pierre pour marquer le lieu,
deja que la are el hombre, la esparza con la azada,
que l’homme y trace son sillon avec la houe,
 y mis cenizas, antes que vuelvan a la nada,
et avant que mes cendres ne retournent au néant,
en polvo de tu alfombra que vayan a formar.
qu’elles se mêlent à la terre et fécondent ta prairie.

*

Entonces nada importa me pongas en olvido;
Alors peu n’importe que tu me jettes dans l’oubli ;
 
tu atmósfera, tu espacio, tus valles cruzaré;
ton atmosphère, ton espace, tes vallées je traverserai ;
vibrante y limpia nota seré para tu oído:
Je serai une note dynamique et claire à tes oreilles :
aroma, luz, colores, rumor, canto, gemido,
l’arôme, la lumière, la couleur, le son, le chant,
 constante repitiendo la esencia de mi fe.
répétant sans cesse l’essence de ma foi.

*

Mi patria idolatrada, dolor de mis dolores,
Ma Patrie idolâtrée, la douleur de mes douleurs,
querida Filipinas, oye el postrer adiós.
chères Philippines, entend le dernier adieu.
Ahí, te dejo todo: mis padres, mis amores.
Ici, je laisse tout : mes parents, mes amours.
Voy donde no hay esclavos, verdugos ni opresores;
Je vais là où il n’y a ni esclaves, ni bourreaux tyranniques ;
donde la fe no mata, donde el que reina es Dios.
Là où la foi ne tue pas, où celui qui règne est Dieu.

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Adiós, padres y hermanos, trozos del alma mía,
Adieu, parents, frères, fragments de mon âme,
 
amigos de la infancia, en el perdido hogar;
amis d’enfance dans une maison perdue ;
dad gracias, que descanso del fatigoso día;
désormais, je me repose de la journée fatigante ;
adiós, dulce extranjera, mi amiga, mi alegría;
adieu, douce étrangère, mon amie, ma joie ;
adiós, queridos seres. Morir es descansar.
adieu mes amis. Mourir est un repos.

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José Rizal
Mi último adiós
Mon dernier adieu

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JOSE RIZAL