Archives par mot-clé : 1806

ANASTASIUS GRÜN Poème DIR ALLEIN ! A TOI SEULE !

LITTERATURE ALLEMANDE
Deutsch Literatur

Dir allein ! Anastasius Grün

Anastasius Grün
Anton Alexander Graf von Auersperg
Anton Alexander comte d’Auersperg
1806-1876

 

 

Traduction Jacky Lavauzelle

——–

die Gedichte
Les Poèmes


A toi seule !
Dir Allein !
Anastasius Grün

**

Möchte jedem gern die Stelle zeigen,
Je pourrais montrer à chacun le lieu,
Wo mein Herz so schwer verwundet worden;
Où mon cœur si grièvement a été blessé ;
Aber dir möcht’ ich mein Leid verschweigen,
Mais à toi, je cacherai mon chagrin,
Doch nur dir! denn du allein
Seulement à toi ! Car toi seule
  Hast den Dolch, der mich vermag zu morden.
Tiens la dague qui peut me faire disparaître.

*

Möchte keinem meine Leiden klagen,
Je préfère ne pas me plaindre de mes souffrances
Aber dir enthüllen alle Wunden,
Mais te révéler toutes ces blessures
Die gar tief mein Herz sich hat geschlagen;
Profondes dans mon cœur qui me tuent ;
Doch nur dir! denn du allein
Seulement à toi ! car toi seule
 Hast den Balsam, der mich macht gesunden.
As le baume pour me guérir.

********

ANASTASIUS GRÜN

*************************

SUR ANASTASIUS GRÜN

SAINT-RENE TAILLANDIER
1844

Avant cette émeute dont j’ai à m’occuper aujourd’hui, avant cet avènement hautain de la poésie politique, il y a eu, dans l’histoire de ces vingt dernières années, une tentative assez semblable. Un esprit d’opposition, plein de jeunesse, de nouveauté, et animé d’une légitime audace, s’est produit avec éclat dans des vers que l’Allemagne n’a pas oubliés.
UNE NOUVELLE DIRECTION, UN NOUVEAU MOUVEMENT
La poésie, la vraie poésie, offensée trop souvent par les prétentions orgueilleuses de la nouvelle école, était toujours respectée hautement par ce chaste écrivain, et jamais, au plus fort de sa colère et de ses véhémentes apostrophes, jamais il n’avait laissé s’altérer le noble langage auquel il confiait l’expression de sa pensée. M. Anastasius Grün, car c’est de lui que je parle, a véritablement ouvert la direction nouvelle, le nouveau mouvement poétique qui, depuis quelques années, a transformé les lettres allemandes ; mais il a toujours évité les écueils où plus d’un, parmi ceux qui l’ont suivi, ont donné tête baissée.
L’ECOLE DE SOUABE
La langue que parle M. Grün est toujours la belle langue poétique d’Uhland ; il se rattache à cette charmante école de Souabe, si vraiment nationale, si bien parée de toutes les grâces de la nature germanique ; seulement il y fait apparaître un élément nouveau. Tandis qu’Uhland chante la patrie, tandis qu’il vit sur un fonds d’idées générales, M. Grün introduit dans l’école de Souabe quelque chose de plus particulier, il descend aux applications directes, aux problèmes les plus rapprochés, aux questions de chaque jour, et il appelle Rollet un fripon. Les Promenades d’un poète viennois sont le premier témoignage de la poésie politique si accréditée en ce moment, et on peut dire qu’elles en sont demeurées le modèle. Sans doute il y a dans Uhland plus d’une pièce qui semble aussi appartenir à cette direction ; le poète qui a chanté le bon vieux droit avec tant d’amour, le doux chanteur qui a réveillé dans l’esprit de son peuple tous les bons instincts, qui y a entretenu comme une défense le souvenir des anciennes vertus, ce poète peut être nommé parmi ceux qui ont essayé de créer une poésie politique. Toutefois, chez Uhland, cette poésie n’existe pas encore, et de ce fonds d’idées plus général, M. Grün, le premier, a fait sortir la vive et libre audace qui tente aujourd’hui tant de jeunes écrivains. On a remarqué que Béranger étudiait beaucoup La Fontaine ; on a dit qu’il était facile de retrouver dans son style et dans sa pensée maintes traces de la fine et franche tradition gauloise. Eh bien ! le rapport qui existe entre le chantre du roi d’Yvetot et la muse insouciante et hardie qui osait écrire, sous Louis XIV :

Notre ennemi c’est notre maître,
Je vous le dis en bon français ;

ce même rapport est celui qui, toute proportion gardée, unit M. Grün à Uhland. Je tiens à établir nettement cette idée : si M. Anastasius Grün a conservé, selon moi, une supériorité incontestable sur ses jeunes et ardents successeurs, c’est en grande partie à cette position littéraire qu’il en est redevable. Cette filiation poétique, ces relations avec l’école d’Uhland et de Justin Kerner, l’ont préservé de bien des écarts. En conduisant sa muse dans les routes périlleuses, il a pris soin que ses pieds ne fussent pas déchirés par les ronces et qu’elle gardât toujours son chaste vêtement.
UNE CHASTETE D’IDEAL, UN RESPECT RELIGIEUX DE LA FORME
Peut-être même a-t-il poussé trop loin la tendresse de ses scrupules ; il a redoublé d’attention et de vigilance, il a surveillé sa pensée et son langage avec une pudeur inquiète, tant il apercevait les périls de la carrière où il s’engageait ! On lui a reproché, et avec raison, une certaine afféterie, un soin trop minutieux des parures de la muse ; mais la langue souvent un peu grossière de ses successeurs est venue justifier ses craintes et absoudre ses fautes. Une grande chasteté d’idéal, un respect religieux de la forme, n’étaient pas un grand mal pour celui qui ouvrait une route où les erreurs contraires sont si fréquentes. M. Grün prenait ses précautions avec une louable intention d’artiste. J’oserais le comparer à l’auteur de Stello pour ce soin exquis et pur, et je m’assure que M. de Vigny, s’il eût hasardé sa muse dans cette direction dangereuse, n’aurait pas eu pour elle moins de respect et de sollicitude. Ce souci de M. Grün s’explique très bien et par son amour de l’art, par son attachement filial à l’école d’Uhland, et aussi peut-être par un sentiment élevé qui est propre à sa nature et au nom qu’il porte.
LES HARDIESSES DU LIBRE PENSEUR PROTEGEES PAR CETTE FORME PURE
On sait, en effet, qu’Anastasius Grün est un pseudonyme, et que le poète chaste et hardi qui a donné à l’Allemagne la poésie politique est un gentilhomme autrichien, M. le comte d’Auersperg. Le succès des Promenades d’un poète viennois fut immense. L’audace inattendue des idées saisit énergiquement les âmes ; en même temps, comme il y avait là un sentiment exquis de l’art, comme ce n’étaient point des dissertations rimées, mais bien de la vraie poésie, toutes les hardiesses du libre penseur, protégées par cette forme pure, pénétrèrent partout avec une merveilleuse promptitude. Je ne crains pas d’affirmer que la publication de ce livre fut un événement pour l’Allemagne. On eut beau le proscrire et le défendre, le coup était porté ; l’expérience avait réussi ; la muse allemande, si dédaigneuse autrefois du monde réel, savait désormais qu’elle pouvait se hasarder dans les rues de la ville, et quitter l’empyrée pour la terre.

LONGTEMPS LE SEUL REPRESENTANT DE LA POESIE POLITIQUE
Pendant longtemps M. Anastasius Grün fut le seul représentant de la poésie politique. Il y a quatre ans seulement qu’une jeune et active phalange s’est formée tout à coup, les uns pleins de gaieté, les autres plus sévères, ceux-ci agitant leurs grelots, ceux-là sonnant des fanfares. Les bruits de guerre que provoqua le traité du 15 juillet 1840, et l’hostilité passagère ranimée un instant entre la France et l’Allemagne, en furent la première occasion. Tant que M. Grün avait été seul, comme la direction de sa pensée était le produit d’une réflexion austère, d’une étude calme et désintéressée, l’art sérieux l’avait adoptée sans réserve. Au contraire, la poésie, chez les écrivains dont je vais parler, se ressentira de la commotion brusque et rapide d’où elle est née. Lors même qu’ils n’auraient pas renié insolemment leur habile devancier, il eût été facile de voir qu’ils ne suivaient pas la même route, et que bien des différences littéraires les séparaient. Ils n’ont d’ailleurs voulu nous laisser aucun doute à cet égard, et M. Grün a été plus d’une fois traité par eux avec un incroyable dédain. C’est donc une chose bien entendue : nos nouveau-venus ne relèvent que d’eux-mêmes ; ils sont seuls responsables de leurs œuvres ; soit, nous ne demandons pas mieux si l’arrogance de leur début et le talent même dont ils ont fait preuve nous autorisent à les juger avec une entière franchise…

Saint-René Taillandier
LA POESIE ET LES POETES DEMOCRATIQUES
De la littérature politique en Allemagne
Revue des Deux Mondes
Période Initiale
Tome 6
1844

Théâtre Arriaga BILBAO – Teatro Arriaga Arriaga Antzokia Bilbon

Théâtre Arriaga
Teatro Arriaga
Arriaga Antzokia Bilbon
Euskal Herria




Pays Basque
EUSKADI

BILBAO
毕尔巴鄂
ビルバオ
билбао
——

Visite de BILBAO
Visita a Bilbao
Визит в Бильбао
参观毕尔巴鄂
ビルバオをご覧ください

Photos Jacky Lavauzelle
*

  TEATRO ARRIAGA
Théâtre Arriaga
Arriaga Antzokia Bilbon

*********

teatro-arriaga-bilbao-espagne-artgitato-1

teatro-arriaga-bilbao-espagne-artgitato-2

teatro-arriaga-bilbao-espagne-artgitato-3

*************

Teatro Arriaga

**********************

Juan Crisóstomo Arriaga
1806 Bilbao -1826 Paris
Konpositoreak
Compositeur
Compositor
juan-de-arriaga-juan-crisostomo-arriaga

Guarneri Quartet plays Arriaga Quartet No. 1 in D minor: I. Allegro

Sonnets traduits du portugais XV Sonnets from the Portuguese XV (Elizabeth Barrett Browning) Sonette aus dem Portugiesischen XV (RILKE) Sonnets du Portugais XV

Sonnets traduits du Portugais

Rainer Maria Rilke
1875-1926
Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906

Elizabeth Barrett Browning
1806-1861

 

 

Elizabeth Barrett Browning

*




Sonnets from the Portuguese
1850

XV


Rainer Maria Rilke
Sonette aus dem Portugiesischen
1908
XV

Traduction Française
Jacky Lavauzelle
Sonnets Portugais
Sonnets traduits du Portugais
XV

 

*

Elizabeth-Barrett-Browning Sonnets from the Portuguese Elizabeth Barrett Browning Sonette aus dem Portugiesischen RILKE

XV
Quinzième Sonnet

***




XV Sonnets traduits du portugais XV Sonnets from the Portuguese XV (Elizabeth Barrett Browning) Sonette aus dem Portugiesischen V. Kandinsky Automne en Bavière 1908

Vassily Kandinsky Automne en Bavière 1908

***

Accuse me not, beseech thee, that I wear
Klag mich nicht dessen an, daß ich dem deinen
Ne m’accuse pas, je t’en prie, de porter
Too calm and sad a face in front of thine;
mein Antlitz traurig still entgegentrage.
Un trop calme et triste visage devant toi ;
For we two look two ways, and cannot shine
Wir sehen so verschieden in die Tage,
Nous regardons de deux façons, et nous ne pouvons pas éclairer
With the same sunlight on our brow and hair.
daß Haar und Stirne nicht bei beiden scheinen.
Par la même lumière nos fronts et nos cheveux.

*

On me thou lookest with no doubting care,
Du kannst um mich so ruhig sein wie um
Tu peux me regarder sans douter,
As on a bee shut in a crystalline;
die Biene, die in ein Kristall geriet,
Comme sur une abeille enfermée dans un cristallin ;
Since sorrow hath shut me safe in love’s divine,
seit deine Liebe meinen Schmerz ringsum
Depuis que la tristesse qui m’enferme dans le divin amour,
And to spread wing and fly in the outer air
umschlossen hat mit Herrlichkeit. Mich zieht
Qui agite mon aile et qui vole dans les airs

*

Were most impossible failure, if I strove
nach draußen nichts, und wenn mich etwas riefe,
Serait impossible  si je ne persévérais
To fail so. But I look on thee—on thee—
so wär es Wahnsinn. Doch, in dich verloren,
Sans cesse. Mais je te regarde … toi…
Beholding, besides love, the end of love,
seh ich die Liebe und der Liebe Ende.
Contemplant, outre l’amour, la fin de l’amour,

*

Hearing oblivion beyond memory;
Und das Vergessen rauscht in meine Ohren.
Entendant l’oubli au-delà de la mémoire ;
As one who sits and gazes from above,
So sieht, wer hoch sitzt, aller Ströme Wende
Comme celui qui est assis et regarde en haut,
Over the rivers to the bitter sea.
und Ausgang in des Meeres bittre Tiefe.
Les rivières qui cheminent  jusqu’à la mer amère. 

****************

Sonnets de la Portugaise

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning
Sonnets Traduits du Portugais

Elizabeth Barrett Browning Robert Browning 1865 photogravure Julia Margaret Cameron

Robert Browning
photogravure de 1865
De Julia Margaret CameronAlbert Chevallier Tayler Elizabeth Barrett Browning 1909
Peinture d’Elizabeth Barrett Browning
Par Albert Chevalier Tayler
1909

***********************************

SONNETS DE LA PORTUGAISE XIV Sonnets from the Portuguese XIV (Elizabeth Barrett Browning) Sonette aus dem Portugiesischen XIV (RILKE) Sonnets du Portugais XIV

SONNETS DE LA PORTUGAISE

Rainer Maria Rilke
1875-1926
Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906

Elizabeth Barrett Browning
1806-1861
Elizabeth Barrett Browning

 

 

Elizabeth Barrett Browning

*

Sonnets from the Portuguese
1850

XIV


Rainer Maria Rilke
Sonette aus dem Portugiesischen
1908
XIV




Traduction Française
Jacky Lavauzelle
Sonnets de la Portugaise
Sonnets Portugais
XIV

 

*

Elizabeth-Barrett-Browning Sonnets from the Portuguese Elizabeth Barrett Browning Sonette aus dem Portugiesischen RILKE

XIV
Quatorzième Sonnet
Sonnet de la Portugaise

*
Sonnets from the Portuguese XIV Elizabeth Barrett Browning Artgitato Sonette aus dem Portugiesischen Vassily Kandinsky Composition n° 4

В. Кандинский Композиция IV».
1911
Vassily Kandinsky Composition n°4

*******

Sonnets de la Portugaise
XIV

If thou must love me, let it be for nought
Wenn du mich lieben mußt, so soll es nur
Si tu dois m’aimer, que ce soit pour rien
Except for love’s sake only. Do not say
der Liebe wergen sein. Sag nicht im stillen:
Sauf par amour de l’amour seulement. Ne dis pas
‘I love her for her smile—her look—her way
»Ich liebe sie um ihres Lächelns willen,
«Je l’aime pour son sourire — son regard — sa manière
Of speaking gently,—for a trick of thought
für ihren Blick, ihr Mildsein, für die Spur,
De parler délicate, — pour son tour d’esprit

*

That falls in well with mine, and certes brought
die ihres Denkens leichter Griff in mir
Qui correspond bien au mien, et qui apporte
A sense of pleasant ease on such a day’—
zurückläßt, solche Tage zu umrändern«. –
Ce sentiment d’aisance agréable un instant.
For these things in themselves, Beloved, may
Denn diese Dinge wechseln leicht in dir,
Voilà des choses en elles-mêmes, Bien-Aimé, qui peuvent
Be changed, or change for thee,—and love, so wrought,
Geliebter, wenn sie nicht sich selbst verändern.
Être changées ou te changer, — et l’amour, ainsi forgé, 

*

May be unwrought so. Neither love me for
Wer also nährt, der weiß auch, wie man trennt.
Peut-être sous une forme brute. Ne m’aime pas pour
Thine own dear pity’s wiping my cheeks dry,—
Leg auch dein Mitleid nicht zu Grund, womit
Cette chère pitié qui assécha mes larmes,
A creature might forget to weep, who bore
du meine Wangen trocknest; wer den Schritt
Une créature peut oublier de pleurer et plonger

*

Thy comfort long, and lose thy love thereby!
aus deinem Trost heraus nicht tut, verkennt
Dans ton aisance et perdre ainsi ton amour!
But love me for love’s sake, that evermore
die Tränen schließlich und verliert mit ihnen
Mais aime-moi par amour de l’amour, qu’éternellement
Thou mayst love on, through love’s eternity.
der Liebe Ewigkeit: ihr sollst du dienen.
Tu puisses aimer à travers l’éternité de l’amour.  

****************




Sonnets de la Portugaise

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning

Elizabeth Barrett Browning Robert Browning 1865 photogravure Julia Margaret Cameron

Robert Browning
photogravure de 1865
De Julia Margaret CameronAlbert Chevallier Tayler Elizabeth Barrett Browning 1909
Peinture d’Elizabeth Barrett Browning
Par Albert Chevalier Tayler
1909

 

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning 42 Sonnets Portugais – Rainer Maria Rilke

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning

Rainer Maria Rilke
1875-1926
Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906

Elizabeth Barrett Browning
1806-1861

 

 

Elizabeth Barrett Browning

*

Sonnets from the Portuguese
1850

XLII


Rainer Maria Rilke
Sonette aus dem Portugiesischen
1908
XLII

Traduction Française
Jacky Lavauzelle
Sonnets Portugais
XLII

 

*

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning





Elizabeth-Barrett-Browning Sonnets from the Portuguese Elizabeth Barrett Browning Sonette aus dem Portugiesischen RILKE

XLII
Douzième Sonnet

********

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning

**************

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning 42 Sonnets Portugais - Rainer Maria Rilke Artgitato Vassily Kandinsky Composition n° 217

Vassily Kandinsky – Composition n°217
В.В. Кандинский. Композиция № 217
1917

******************




‘My future will not copy fair my past’—
Nicht eine Reinschrift von Gewesenem wird
«Mon avenir ne copiera pas seulement mon passé ‘—
I wrote that once; and thinking at my side
mir meine Zukunft sein, so schrieb ich, glaubend
Je l’ai déjà écrit ; et à mes côtés
My ministering life-angel justified
der Engel stünde da, mir dies erlaubend
Mon ange-gardien a justifié
The word by his appealing look upcast
durch sein zu Gott unendlich unbeirrt
Ce mot par son séduisant regard

*

To the white throne of God, I turned at last,
gewandtes Antlitz. Aber schließlich wandte
Vers le trône blanc de Dieu, je me suis retourné enfin,
And there, instead, saw thee, not unallied
ich mich und fand an seiner Stelle dich,
Et là, à sa place je t’ai vu, l’allié
To angels in thy soul! Then I, long tried
der Umgang hat mit Engeln. Plätzlich wich
Des anges en ton âme ! Alors j’ai, moi qui longtemps ai essayé
By natural ills, received the comfort fast,
Siechtum von mir, da ich den Trost erkannte;
Par de mauvaise voies, reçu un réconfort rapide,

*

While budding, at thy sight, my pilgrim’s staff
mein Pilgerstab schlug aus in deinem Blick
Tandis que bourgeonnent, à tes yeux, les bienfaits de mon pèlerinage
Gave out green leaves with morning dews impearled.
und stand im Morgentau. Und mein Geschick
et perlent les feuilles vertes dans les rosées matinales.
I seek no copy now of life’s first half:
wird künftig nicht des alten Abschrift werden:
Je ne cherche plus à copier  maintenant la première moitié de ma vie :

*

Leave here the pages with long musing curled,
laß das zerlesene Buch, das mich betrifft,
Laisse ici les pages de cette longue rêverie,
And write me new my future’s epigraph,
und schreib mir meiner Zukunft Überschrift,
Et écris-moi la nouvelle épigraphe de mon avenir,
New angel mine, unhoped for in the world!
mein neuer Engel, unverhofft auf Erden.
Mon nouvel ange inespéré de ce monde !

*********

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning

Elizabeth Barrett Browning Robert Browning 1865 photogravure Julia Margaret Cameron

Robert Browning
photogravure de 1865
De Julia Margaret CameronAlbert Chevallier Tayler Elizabeth Barrett Browning 1909
Peinture d’Elizabeth Barrett Browning
Par Albert Chevalier Tayler
1909

44 et Dernier Sonnet Portugais Elizabeth Browning Sonette aus dem Portugiesischen Rilke 44 Sonnets from the Portuguese

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning
Sonette aus dem Portugiesischen Rilke
Dernier Sonnet Portugais
44

Rainer Maria Rilke
1875-1926
Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906

Elizabeth Barrett Browning
1806-1861

 

 

Elizabeth Barrett Browning

*

Sonnets from the Portuguese
1850

XLIV


Rainer Maria Rilke
Sonette aus dem Portugiesischen Rilke
1908
XLIV

Traduction Française
Jacky Lavauzelle
Sonnets Portugais
XLIV

Dernier Sonnet Portugais

*

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning
sonette aus dem portugiesischen Rilke
Dernier Sonnet Portugais

Elizabeth-Barrett-Browning Sonnets from the Portuguese Elizabeth Barrett Browning Sonette aus dem Portugiesischen RILKE

XLIV
Quarante-Quatrième Sonnet

********

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning
sonette aus dem portugiesischen Rilke
Dernier Sonnet Portugais

**************

 Elizabeth Browning Sonette aus dem Portugiesischen Rilke 44 Sonnets from the Portuguese Vassily Kandinsky Amazona 1911


Vassily
Kandinsky – Amazone – 1911

 

*********




 Beloved, thou hast brought me many flowers
Du hast gewußt mir, mein Geliebter, immer
Bien-Aimé, tu m’as apporté beaucoup de fleurs
Plucked in the garden, all the summer through
zu allen Zeiten Blumen herzulegen;
Cueillies dans le jardin, tant en été 
And winter, and it seemed as if they grew
als brauchten sie nicht Sonne und nicht Regen,
Qu’en hiver, et il semblait qu’elles croissaient
In this close room, nor missed the sun and showers.
gediehen sie in meinem engen Zimmer.
Dans cette salle étroite, sans soleil ni pluies.

*

So, in the like name of that love of ours,
Nun laß mich dir unter dem gleichen Zeichen
Ainsi, au nom d’un amour comme le nôtre,
Take back these thoughts which here unfolded too,
die hier erwachsenen Gedanken reichen,
Reprends  ces pensées qui ont ici éclos,
And which on warm and cold days I withdrew
die ich in meines Herzens Jahreszeiten
Et que, les jours chauds comme les jours froids, je retirai
From my heart’s ground. Indeed, those beds and bowers
aufzog und pflückte. In den Beeten streiten
De la terre de mon cœur. En effet, ces lits et tonnelles  

*

Be overgrown with bitter weeds and rue,
Unkraut und Raute. Du hast viel zu jäten;
Sont envahis par les mauvaises herbes amères et sans valeurs,
And wait thy weeding; yet here’s eglantine,
doch hier ist Efeu, hier sind wilde Rosen.
Qui attendent que tu les arrachent ; encore voici l’églantine,
Here’s ivy!—take them, as I used to do
Nimm sie, wie ich die deinen nahm, als bäten
Voici le lierre ! — Prends-les, comme j’ai l’habitude de faire   

*




Thy flowers, and keep them where they shall not pine.
sie dich, in deine Augen sie zu schließen.
Avec tes fleurs, et garde-les où elles ne flétriront pas.
 Instruct thine eyes to keep their colours true,
Und sage deiner Seele, daß die losen
Que tes yeux conservent leurs vraies couleurs,
And tell thy soul, their roots are left in mine. 
in meiner Seele ihre Wurzeln ließen.
Et dis à ton âme que leurs racines sont dans la mienne. 

***********

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning

sonette aus dem portugiesischen Rilke

Elizabeth Barrett Browning Robert Browning 1865 photogravure Julia Margaret Cameron

Robert Browning
photogravure de 1865
De Julia Margaret CameronAlbert Chevallier Tayler Elizabeth Barrett Browning 1909
Peinture d’Elizabeth Barrett Browning
Par Albert Chevalier Tayler
1909

*******

sonette aus dem portugiesischen Rilke
Dernier Sonnet Portugais

43 Sonnets from the Portuguese – 43ème sonnet Portugais Elizabeth Browning – Sonette aus dem Portugiesischen Rilke

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning
Sonette aus dem Portugiesischen Rilke

Rainer Maria Rilke
1875-1926
Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906

Elizabeth Barrett Browning
1806-1861

 

 

Elizabeth Barrett Browning

*

Sonnets from the Portuguese
1850

XLIII


Rainer Maria Rilke
Sonette aus dem Portugiesischen Rilke
1908
XLIII

Traduction Française
Jacky Lavauzelle
Sonnets Portugais
XLIII

 

*

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning
sonette aus dem portugiesischen Rilke

Elizabeth-Barrett-Browning Sonnets from the Portuguese Elizabeth Barrett Browning Sonette aus dem Portugiesischen RILKE

XLIII
Quarante-Troizième Sonnet

********

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning
sonette aus dem portugiesischen Rilke

**************

sonette aus dem portugiesischen Rilke Elizabeth Barrett Browning Artgitato Vassily Kandinsky 1910 the Cow La Vache

Vassily Kandinsky La Vache 1910

*********

How do I love thee? Let me count the ways.
Wie ich dich liebe? Laß mich zählen wie.
Comment puis-je t’aimer ? Permets-moi d’en compter les façons.
I love thee to the depth and breadth and height
Ich liebe dich so tief, so hoch, so weit,
Je t’aime en profondeur, en largeur et en hauteur
My soul can reach, when feeling out of sight
als meine Seele blindlings reicht, wenn sie
Mon âme aspire, quand elle est hors de la vue,
For the ends of Being and ideal Grace.
ihr Dasein abfühlt und die Ewigkeit.
Aux extrémités de l’Être et de la Grâce idéale.

*

I love thee to the level of everyday’s
Ich liebe dich bis zu dem stillsten Stand,
Je t’aime d’une affection quotidienne
Most quiet need, by sun and candle-light.
den jeder Tag erreicht im Lampenschein
Sereine, au soleil et à la chandelle.
I love thee freely, as men strive for Right;
oder in Sonne. Frei, im Recht, und rein
Je t’aime librement, comme on aspire à la Justice ;
 I love thee purely, as they turn from Praise.
wie jene, die vom Ruhm sich abgewandt.
Je t’aime purement, me détournant des Louanges.  

*

I love thee with a passion put to use
Mit aller Leidenschaft der Leidenszeit
Je t’aime avec la passion
In my old griefs, and with my childhood’s faith.
und mit der Kindheit Kraft, die fort war, seit
De mes chagrins anciens, et avec la foi de mon enfance.
I love thee with a love I seemed to lose
ich meine Heiligen nicht mehr geliebt.
Je t’aime d’un amour qui me semblait perdu    

*

With my lost saints, — I love thee with the breath,
Mit allem Lächeln, aller Tränennot
Avec mes saints perdus,  je t’aime avec le souffle,
Smiles, tears, of all my life! — and, if God choose,
und allem Atem. Und wenn Gott es giebt,
 Les sourires, les larmes de toute ma vie ! — Et, si Dieu le veut,
I shall but love thee better after death.
will ich dich besser lieben nach dem Tod.
Je t’aimerai mieux après la mort.  

***********

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning

sonette aus dem portugiesischen Rilke

Elizabeth Barrett Browning Robert Browning 1865 photogravure Julia Margaret Cameron

Robert Browning
photogravure de 1865
De Julia Margaret CameronAlbert Chevallier Tayler Elizabeth Barrett Browning 1909
Peinture d’Elizabeth Barrett Browning
Par Albert Chevalier Tayler
1909

*******

sonette aus dem portugiesischen Rilke

XII Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning Sonette aus dem Portugiesischen XII (RILKE) Sonnets du Portugais XII

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning

Rainer Maria Rilke
1875-1926
Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906

Elizabeth Barrett Browning
1806-1861

 

 

Elizabeth Barrett Browning

*

Sonnets from the Portuguese
1850

XII


Rainer Maria Rilke
Sonette aus dem Portugiesischen
1908
XII

Traduction Française
Jacky Lavauzelle
Sonnets Portugais
XII

 

*

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning

Elizabeth-Barrett-Browning Sonnets from the Portuguese Elizabeth Barrett Browning Sonette aus dem Portugiesischen RILKE

XII
Douzième Sonnet

********

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning

**************

Sonette aus dem Portugiesischen Rilke Elizabeth Browning Artgitato Vassily Kandinsky 1908 Houses in Munich Maisons de Munich

Vassily Kandinsky 1908 Houses in Munich Maisons de Munich

***************

Indeed this very love which is my boast,
Doch die mein Stolz ist, diese Liebe, die,
En effet, cet amour qui est mon orgueil,
And which, when rising up from breast to brow,
aufsteigend aus der Brust zu meinen Brauen,
Et qui, lorsqu’il se lève du cœur au front,
Doth crown me with a ruby large enow
die Menschen nötigt, nach mir her zu schauen,
Me couronne avec de purs rubis
To draw men’s eyes and prove the inner cost,—
wie ein Rubin, dem man es ansieht, wie
Dessine les yeux des hommes et révèle mon trésor intérieur,

*

This love even, all my worth, to the uttermost,
kostbar er ist, – mein Köstlichstes: auch sie
Cet amour même, avec toute ma peine ; à l’extrême,
I should not love withal, unless that thou
hätt ich nicht lieben können, wäre nicht
Je ne devrais pas aimer, à moins que tu fasses
Hadst set me an example, shown me how,
dein Beispiel vor mir: hätte dein Gesicht
De moi ton exemple, me montre comment,
When first thine earnest eyes with mine were crossed,
sich mir nicht zugekehrt, ernst wie noch nie
Quand tes premiers yeux ardents avec les miens se sont croisés,

*

And love called love. And thus, I cannot speak
Liebe begehrend. So daß ich die meine
L’amour appelle l’amour. Et ainsi, je ne peux pas parler
Of love even, as a good thing of my own:
nicht nennen darf wie mir entstammt und mein.
De l’amour même, comme une bonne chose pour moi :
Thy soul hath snatched up mine all faint and weak,
Denn deine Seele hob mich auf als eine
Ton âme a arraché la mienne alors blessée et faible,

*

And placed it by thee on a golden throne,—
Hinschwindende zu deinem Thron. Und daß
Et tu la plaças sur un trône d’or, —
And that I love (O soul, we must be meek!)
ich liebe den ich liebe (Seele laß
Et ce que j’aime (Ô âme, ce que nous devons être doux !)
Is by thee only, whom I love alone.
uns Demut lernen) kommt von dir allein.
C’est par toi, seulement par toi.

***************************

Elizabeth Barrett Browning with her son Pen avec son fils 1860 Elizabeth Barrett Browning Robert Browning 1865 photogravure Julia Margaret Cameron

***************

Sonnets from the Portuguese Elizabeth Browning

Sonette aus dem Portugiesischen RILKE Sonnets from the Portuguese XI (Elizabeth Barrett Browning) Sonnets du Portugais XI

Sonette aus dem Portugiesischen Rilke

Rainer Maria Rilke
1875-1926
Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906

Elizabeth Barrett Browning
1806-1861

 

 

Elizabeth Browning
Elizabeth Barrett Browning

*

Sonnets from the Portuguese
1850

XI


Sonette aus dem Portugiesischen Rilke
1908
XI

Traduction Française
Jacky Lavauzelle
Sonnets Portugais
XI

 

*

Elizabeth-Barrett-Browning Sonnets from the Portuguese Elizabeth Barrett Browning Sonette aus dem Portugiesischen RILKE

XI
Onzième Sonnet

**

Elizabeth Browning Rainer Maria Rilke Vassily Kandinsky 1901 Akhtyrka
Vassily Kandinsky Akhtyrka, 1901

*******************

And therefore if to love can be desert,
Darum wenns möglich ist, daß man verdient
Et si l’amour peut être désert,
I am not all unworthy. Cheeks as pale
zu lieben, bin ich nicht ganz unwert. Schient
Je n’en suis pas tout à fait indigne. Les joues pâles
As these you see, and trembling knees that fail
ihr nicht vor Blässe, blasse Wangen? Knie,
Comme celles que tu vois, et les genoux tremblants 
To bear the burden of a heavy heart,—
versagtet ihr nicht schon, kaum wissend wie
Qui ne supportent pas la charge d’un cœur si lourd,

*

This weary minstrel-life that once was girt
dies schwere Herz hier tragen? Dieses Leben,
Ce ménestrel fatigué qui avait jadis
To climb Aornus, and can scarce avail
das für sein Singen Gipfel träumte, wo
Gravi l’Aornos, en ne pouvant sortir
To pipe now ‘gainst the valley nightingale
kein Vogel singt, genügt nun eben,
 De sa flûte dans la vallée où chante le rossignol
A melancholy music,—why advert
um eine Nachtigall im Tale so
Qu’une musique mélancolique, — pourquoi annoncer 

*

To these things? O Belovèd, it is plain
traurig zu übertönen. Doch wozu
Ces choses ? Ô Bien-Aimé, il est clair
 I am not of thy worth nor for thy place!
daran erinnern? Das ist klar, daß du
Je n’ai ni ta valeur, ni ton rang !
And yet, because I love thee, I obtain
unendlich mehr bist. Weil ich liebe, giebt
Et pourtant, parce que je t’aime, j’obtiens    

*

From that same love this vindicating grace,
mir diese Liebe Recht, sie weitertragend
De ce même amour la grâce rédemptrice,
To live on still in love, and yet in vain,—
zu lieben wie ich dich bisher geliebt -:
Pour vivre toujours dans l’amour, et pourtant toujours en vain…
To bless thee, yet renounce thee to thy face.
dich segnend, dir ins Angesicht entsagend.
Pour te bénir en renonçant à ton visage.

**************

Sonette aus dem Portugiesischen Rilke

******************

Robert Browning 1865 photogravure Julia Margaret Cameron

Elizabeth Barrett Browning with her son Pen avec son fils 1860

Elizabeth Barrett Browning

ELIZABETH BROWNING Sonnets from the Portuguese X Sonette aus dem Portugiesischen X (RILKE) Sonnets du Portugais X

Elizabeth Browning – Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke
1875-1926
Rainer Maria Rilke Portrait de Paula Modersohn-Becker 1906

Elizabeth Barrett Browning
1806-1861
Elizabeth Barrett Browning

 

 

Elizabeth Browning

*

Sonnets from the Portuguese
1850

X


Rainer Maria Rilke
Sonette aus dem Portugiesischen
1908
X

Traduction Française
Jacky Lavauzelle
Sonnets Portugais
X

 

*

Elizabeth Browning

Elizabeth-Barrett-Browning Sonnets from the Portuguese Elizabeth Barrett Browning Sonette aus dem Portugiesischen RILKE

X
Dixième Sonnet

**

Elizabeth Browning Sonnets Portugais Rainer Maria Rilke Kandinsky Dame mit Fächer Femme avec un éventail 1903Vassily Kandinsky
Dame à l’Eventail – Dame mit Fächer – Lady with fan
1903

*

Yet, love, mere love, is beautiful indeed
Doch Liebe, einfach Liebe, ist sie nicht
Pourtant, l’amour, le simple amour, est vraiment magnifique
And worthy of acceptation. Fire is bright,
schön und des Nehmens wert? Es strahlt die Flamme
Et digne d’acceptation. Le feu est lumineux ;
Let temple burn, or flax; and equal light
ob Tempel brennen oder Werg. Es bricht
Laisse le temple ou le lin brûler : la lumière est la même
Leaps in the flame from cedar-plank or weed:
Licht aus dem Abfall und dem Zedernstamme.
Qu’elle émane d’un cèdre planche ou de simples herbes :

*

Elizabeth Barrett Browning with her son Pen avec son fils 1860

And love is fire. And when I say at need
Liebe ist Feuer. Und: ich liebe dich –
L’amour est feu. Et quand je dis 
I love thee … mark! … I love thee—in thy sight
– gib acht -: ich liebe dich – wenn ich das sage,
Je t’aime … point ! … Je t’aime — à tes yeux
I stand transfigured, glorified aright,
steh ich verwandelt nicht mit einem Schlage
Je reste transfigurée, glorifiée,
With conscience of the new rays that proceed
verklärt vor dir? Ich fühle selbst, wie ich
Avec la conscience des nouveaux rayons qui émanent

*

Albert Chevallier Tayler Elizabeth Barrett Browning 1909

Out of my face toward thine. There’s nothing low
anscheine dein Gesicht. Wo Liebe je
De mon visage vers toi. Il n’y a rien de faible
In love, when love the lowest: meanest creatures
sich niedrig macht, kann sie nicht niedrig werden:
En amour, même dans l’amour le plus humble : des créatures les plus vils
Who love God, God acceps while loving so.
Gott nimmt Geringe an, die sich gebärden
Qui aiment Dieu, Dieu les accepte tout autant.

*

And what I feel, across the inferior features
so wie sie sind. Das, was ich fühle, blendet,
Et ce que je ressens, à travers les faibles caractéristiques 
Of what I am, doth flash itself, and show
über dem Dunkeln, das ich bin: ich seh
De ce que je suis, illumine et démontre
How that great work of Love enhances Nature’s.
wie Liebe wirkend die Natur vollendet.
Combien l’Amour ennoblit la Nature

 

*******

Elizabeth Browning

*************

Robert Browning
Photogravure de 1865
Par Julia Margaret Cameron

Robert Browning 1865 photogravure Julia Margaret Cameron

Elizabeth Barrett Browning