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LE LAC BAZALETI – POÈME DE ILIA TCHAVTCHAVADZE – 1883 ილია ჭავჭავაძე – ბაზალეთის ტბა

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POÈME DE ILIA TCHAVTCHAVADZE
ილია ჭავჭავაძე
LITTÉRATURE GÉORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POÉSIE GÉORGIENNE
ქართული პოეზია

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Géorgie
საქართველო

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

Poème de Ilia Tchavtchavadze

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POÉSIE GÉORGIENNE
ქართული პოეზია

ILIA TCHAVTCHAVADZE
Saint Élie le Juste
ილია ჭავჭავაძე

27 ოქტომბერი, 1837 – 30 აგვისტო, 1907
27 octobre 1837 – 30 août 1907

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LE LAC BAZALETI
ბაზალეთის ტბა

1883

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ბაზალეთისა ტბის ძირას
Au pied du lac Bazaleti
ოქროს აკვანი არისო,
Le berceau d’or se trouve,
და მის გარშემო, წყლის ქვეშე,
Et tout autour, au cœur de toute cette étendue,
უცხო წალკოტი ჰყვავისო.
Une ardente nature le recouvre.

*

მწვანეა მუდამ წალკოტი,
Le vert est ici éternel,
არასდროს, თურმე, არ სჭკნება,
Jamais il ne pâlit
ქვეყნისა დროთა ტრიალსა
Et, rebelle aux saisons,
იგი არ ემორჩილება.
Il n’obéit qu’à sa propre nature.

*

ვერ ერჩის, თურმე, მის მწვანეს
Rien ne l’atteint
ვერც სიცხე, ვერცა ზამთარი,
Ni l’ardent été ni le glacial hiver,
და იმის მზიან ჩრდილებში
Et dans cette douce ombre
მუდამ გაზაფხული არი.
Toujours vainc le printemps.

*

წალკოტის შუაგულშია
C’est au milieu de cette exubérante nature
ის აკვანი ასვენია,
Que le berceau repose,
და ჯერ კაცთაგანს იქ ჩასვლა
Et l’atteindre pour l’heure
არავის გაუბედნია.
Personne n’a jamais pu.

*

მარტო ერთნი სირინოზნი
Les sirènes seules
იმ აკვანს გარს ეხვევიან,
Entourent le berceau,
მარტო იგინი გრძნეულნი
Seules elles s’inclinent
დასტრფიან და დამღერიან…
En chantant en chœur …

*

ამბობენ, — თამარ დედოფალს
Certains disent que c’est la Reine Tamar
ის აკვანი იქ ჩაუდგამს,
Qui le posa un jour en ces lieux,
და ერს თვისთა ცრემლთ ნადენით
Et le peuple par d’inconsolables pleurs
ტბა კარვად ზედ გადუხურავს.
Créa le lac actuel.

*

ამას კი აღარ ამბობენ —
Mais personne n’a jamais su dire
აკვანში ვინ ჩააწვინა,
Qui fut mis dans le berceau,
ან თვით ერმა თვისი ცრემლი
Ni pourquoi tant de larmes
ზედ ტბად რისთვის დაადინა…
Furent versées dans ce lac …

*

იქნებ, აკვანში ის ყრმა წევს,
Dans ce berceau dort
ვისიც არ ითქმის სახელი,
Celui dont on ne dit pas le nom ;
ვისაც დღე-და-ღამ ჰნატრულობს

N’attendons-nous pas tous qu’un jour il soit remonté
ჩუმის ნატვრითა ქართველი?
Par un Géorgien au cœur silencieux ?

*

თუ ესე არის, ნეტა მას,
Que soit béni
ვაჟკაცსა სახელოვანსა,
Cet homme courageux,
ვისიცა ხელი პირველად
Qui posera sa main pour la première fois
დასწვდება იმა აკვანსა!
Brûlante sur le berceau !

*

თუ ესე არის, ნეტა მას,
Que soit bénie
დედასა სახელდებულსა,
Cette mère
ვინც იმ ყრმას პირველ მიაწვდის
Qui a donné à cet enfant en premier
თვის ძუძუს მადლით ცხებულსა!
La grâce de son sein !


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14 ივლისი, 1883 წ.
14 juillet 1883

Reine Tamar ou Reine Thamar
თამარ მეფე
1160–18 janvier 1213

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POÈME DE ILIA TCHAVTCHAVADZE
ილია ჭავჭავაძე
LITTÉRATURE GÉORGIENNE
ქართული ლიტერატურა
POÉSIE GÉORGIENNE
ქართული პოეზია

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Géorgie
საქართველო

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MA YUAN 马远 Le chant des premières pousses printanières foulées au pied

Le Chant des Premières Pouces Printanières Foulées au pied

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Malaysia
Voyage en Malaisie
PHOTO DE JACKY LAVAUZELLE




 

 




Chineses Paintings
中国画

  MALACCA
MELAKA

 

 Zheng He Duo Yun Xuan Art Gallery
郑和朵云轩
MALACCA – MELAKA 马六甲
MUSEE D’ART 艺术馆  

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CHINESES PAINTINGS
PEINTURES CHINOISES
EXHIBITION OF CHINESE FAMOUS PAINTING
MALACCA – MELAKA
中国画

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Ma Yuan
Qinsshan
1160 – 1225
马远
1160年-1225年
——–
DYNASTIE DES SONG DU SUD
1127–1279


《踏歌图》
Le Chant des Premières Pouces Printanières Foulées au pied
北京故宫博物院藏
Le Musée national du Palais
Gúolì Gùgōng Bówùyùan
Cité Interdite

 

Début du XIIIe siècle
Rouleau vertical
Encre et Couleurs sur Soie

Le Chant des Premières Pouces Printanières
Poème de Jacky Lavauzelle

Pointes de gris et impassibles vides
Lignes au-dessus des pierres
Dents acérées
Mâchoires d’ombres
Calme confus fracassé sur des mers de rochers
Une étendue sommeille dans le creux d’une feuille
L’homme naufragé
Dans l’immensité des gouffres
Dans une sourde mêlée d’insectes et de souffles
Surnage.
Pointes au-dedans du vide
Flots de pierres au-dessus des têtes
Bouches ouvertes en armures
Brisants dans l’attente des fracas
L’homme dans le large
S’écrase
Passe
Etranger
A quelques ondes des vides.

 

*
L’ODEUR DE LA MONTAGNE
de Renée Vivien

Le soir, désaltérant la soif de la campagne,
Coule, froidement vert comme un fleuve du Nord,
Et voici que descend l’odeur de la montagne.

Consolant la tristesse et ranimant l’effort,
La fraîcheur des sommets se répand dans la plaine.

On voit de loin, jetant des flammes sur les fleurs,
Le ver luisant et la luciole incertaine ;
Et la bruine déferle, éteignant les couleurs
Et noyant d’infini les pâles paysages.
L’or du couchant jaillit, tel le vin du pressoir,
Et s’attarde, empourpré, sur les divins visages

De l’Ombre et de la Mort, qui passent dans le soir…

Renée Vivien
L’Odeur de la Montagne
Évocations, Alphonse Lemerre, éditeur-  

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MAÎTRISE LOGIQUE DE SONG

La scène est pleine d’expression et déborde d’enseignement : L’Empereur, à demi étendu sur ce lit de repos, montre une bouche grave, un sourcil lourd de pensers philosophiques. Il admoneste le Prince Héritier debout, par déférence, à quelques pas de Lui.

Mais la leçon de chaque jour dépasse l’enseignement d’un Père à son fils. Des deux côtés, recueillant les deux flots du manteau de paroles, voyez le Grand Protecteur civil et le Général d’Armée. Comme s’éduque l’enfant, s’instruisent les Ministres et, par eux, le peuple entier.

L’Empereur explique :
« Que l’Univers, et tous les êtres qu’il contient, sont issus de deux Principes, coéternels, infinis, distingués, mais inséparables, norme et matière.
« Qu’il n’y a pas, entre ces deux Principes, antécédence ou postériorité d’origine, mais de Raison, — et une dignité. (La Norme ne tombant point sous les sens, la Matière les supportant.)
« Que l’une et l’autre, sans âme ni contour, s’individualisent dans la chair dont chacun de nous est fait, et qui, pour un temps, limite une portion de Norme, laquelle, à son heure, s’en retourne à l’infini quand le fini dans la chair se dissout, se décompose.

L’Empereur examine :
« S’il faut nier le Néant primordial, — et, certain de l’Éternité de Norme et Matière, décerner à celle-ci un titre tel : « Grande Raréfaction », ou bien « Grande Harmonie », afin de conférer à l’union de l’une et l’autre ce rang suprême : « Grande Unité », « Grand Commencement », « Grande Mutation », « Grand Être Réalisé ».

L’Empereur daigne commenter :
« Norme et Matière ont existé de tous les temps. Tout être est donc fait de Norme et Matière. Norme ne fut pas avant Matière. Norme, plus noble que Matière, ne peut exister sans elle ; et pourtant unique, se dénombre en la diversité. Norme éternelle s’incarne dans l’éphémère. Norme et Matière étaient avant que Ciel et Sol ne fussent. Ciel et Sol sont Norme et Matière. Norme et Matière sont autres que Ciel et Sol.

Et l’Empereur décide enfin :
« Que le Monde est vraiment un tourbillon, rare dans son noyau central, — de plus en plus dense, compact et formel à sa périphérie ; concrété comme la coquille autour de l’œuf mou. »

Dès lors,
« Que l’on n’enseigne point, par une méprise absurde, que les neuf sphères dans les cieux s’enveloppent comme les écailles concentriques de l’oignon, — mais bien qu’elles forment, en se déroulant du centre à l’étendue et dans tous les plans à la fois, les Neuf Volutes enspiralées du tourbillon de l’Univers, — et il n’y a pas de rayon. »

Et c’est ainsi que, négligeant l’odeur des festins, souriant de loin aux concours d’hommes et de femmes, l’Empereur s’enivre de sa seule pensée, et jouit du pur embrassement de ses concepts : pénétré, mieux qu’un Général d’Armée, des trente-deux principes de Bataille, il les emploie à la défense ou à l’assaut de ses seuls Palais de Logique.
Il gagnera la question de savoir si la Raison est antérieure aux sentiments, ou ceux-ci à la Raison. Il résoudra si le Grand Vide au bout du monde est dur en fonction de sa vitesse ou de sa définition.

Le Ministre civil, bien éduqué, s’incline, vaincu par la logomachie du Maître qui vient précisément de le complimenter sur son zèle intelligent. Le Guerrier, un peu à l’écart, tremble de tous ses gros membres. Plus forts que les béliers de sièges, les Mots frappent à lui crever le front.
Il n’ose point approuver trop haut. Il n’oserait surtout contredire. Mais, tandis que le Philosophe mène au combat ses idées bien rangées, le Militaire, inquiet malgré lui, se souvient que les Hordes Nord tiennent déjà les provinces du froid ; qu’ils sont là-bas plus d’un million, menaçants et mobiles. Il sait que depuis deux cents ans la Dynastie recule et se dérobe vers le Sud, abandonnant les villes, les canaux, les rivières et les champs dont les sillons transverses, disposés contre les chars antiques, n’ont pas pu retarder les foulées du galop Mongol…

Et que l’on s’en ira bientôt finir parmi les sauvages tout crus !

Mais telle est la vertu logique et l’imposante majesté des Mots, que le soudard renfrogne son inquiétude, écoute plus fort, feint de comprendre et se tient toujours coi.

Victor Segalen
Peintures
Georges Crès et Cie – 1916

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MA YUAN