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LA POÉSIE DE VIATCHESLAV IVANOV – Поэзия Вячеслава Иванова

Sergueï Svetoslavski,  Сергей Иванович Светославский , Vue de la fenêtre de l’Académie des Beaux-Arts de Moscou, 1878

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LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
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VIATCHESLAV IVANOV
Вячеслав Иванович Иванов

16 février 1866 Moscou – 16 juillet 1949 Rome
16 февраля 1866 г. Москва – 16 июля 1949 г. Рим

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Poésie de Viatcheslav Ivanov

Поэзия Вячеслава Иванова

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1890

L’ESPRIT RUSSE
Русский ум

Своеначальный, жадный ум, —
L’esprit russe puissant et avide,
Как пламень, русский ум опасен
Dangereux comme une flamme

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Ivan Aïvazovski, Иван Айвазовский, Chaîne du Caucase vue de la mer,Кавказская цепь с моря, 1894

1891

VAGABONDS ET STATUES
Странник и Статуи

« Дети Красоты невинной!
« Enfants à l’innocente beauté !
В снежной Скифии, у нас,
Dans la Scythie enneigée, avec nous,

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Peigne gréco-scythe en or
Kourgane de Soloha
IVe siècle avant J.-C.
Musée de l’Ermitage

**

Панацея
PANACÉE

Кто — скорбит по езуите,
Qui pleurent un Ésus ,
Кто — зовет в страну царей:
Qui appellent le pays des rois :

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Taranis avec roue et foudre
Musée d’Archéologie nationale
Saint-Germain en Laye

1901

Любовь
AMOUR

Мы — два грозой зажженные ствола,
Nous sommes deux troncs éclairés par l’orage,
Два пламени полуночного бора;
Au cœur de la forêt, deux flammes de minuit ;

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1902

L’ESPRIT
Дух

Над бездной ночи Дух, горя,
L’Esprit, au-dessus de l’abîme misérable de la nuit,
Миры водил Любви кормилом;
Sur les mondes laisse conduire l’Amour ;

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1906

LA PÊCHE
Улов

Обнищало листье златое.
Dorée se trouvait la feuille mendiante et appauvrie.
Просквозило в сенях осенних
A travers la canopée d’automne

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Arkhip Kouïndji, Архип Куинджи, Coucher de soleil rouge, Красный закат ou Красный закат на Днепре, 1908

1909

APOLLON
APOLLINI

Когда вспоит ваш корень гробовой
Quand ta racine s’est nourrie
Ключами слез Любовь, и мрак суровый,
De lourdes larmes d’Amour et de sombres ténèbres,

Apollon et Daphné, Piero Pollaiuolo, 1470, 1480, National Gallery, Londre
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Вячеслав Иванов с Лидией Зиновьевой-Аннибал. Фото из Римского архива Вяч. Иванова
Ivanov avec Lydia Zinovieva-Annibal
Photo de l’archive romaine Vyach. Ivanova
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L’ESPRIT – Poème de Viatcheslav Ivanov – 1902 -Дух – Поэзия Вячеслава Иванова

Léon Bakst, Лев Самойлович Бакст, L’Oiseau de feu, Жар-птица, 1910, Costume de Cléopâtre pour Ida Rubinstein, Ида Рубинштейн

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Русская поэзия
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Poésie de Viatcheslav Ivanov
Поэзия Вячеслава Иванова


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VIATCHESLAV IVANOV
Вячеслав Иванович Иванов

16 février 1866 Moscou – 16 juillet 1949 Rome
16 февраля 1866 г. Москва – 16 июля 1949 г. Рим

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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L’ESPRIT
1902
Дух

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L’Amor che muove il Sole e l’altre stelle.
L’Amour qui meut le Soleil et les autres étoiles
Dante, Le Paradis XXXIII

CHANT TRENTE-TROISIÈME

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Над бездной ночи Дух, горя,
L’Esprit, au-dessus de l’abîme misérable de la nuit,
Миры водил Любви кормилом;
Sur les mondes laisse conduire l’Amour ;
Мой дух, ширяясь и паря,
Mon esprit, croissant et mouvant,
Летел во сретенье светилам.
Vole vers des amas d’étoiles.

*

И бездне — бездной отвечал;
Et à l’abîme, l’abîme répond ;
И твердь держал безбрежным лоном;
Et il se tient dans le firmament sans limite ;
И разгорался, и звучал
Et il éclate et résonne
С огнеоружным легионом.
Au cœur des constellations.

*

Любовь, как атом огневой,
L’Amour, comme un atome enflammé,
Его в пожар миров метнула;
Le projette dans le feu des mondes.
В нем на себя Она взглянула —
Dans mon âme, il se regarde –
И в Ней узнал он пламень свой.
Et en elle, il reconnaît sa propre flamme.

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1902

Вячеслав Иванов с Лидией Зиновьевой-Аннибал. Фото из Римского архива Вяч. Иванова
Ivanov avec Lydia Zinovieva-Annibal
Photo de l’archive romaine Vyach. Ivanova
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AMOUR – 1901 – Poème de Viatcheslav Ivanov – Поэзия Вячеслава Иванова – Любовь

Bonaparte devant le Sphinx ,Jean-Léon Gérôme, 1868 – détail

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Poésie de Viatcheslav Ivanov
Поэзия Вячеслава Иванова


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VIATCHESLAV IVANOV
Вячеслав Иванович Иванов

16 février 1866 Moscou – 16 juillet 1949 Rome
16 февраля 1866 г. Москва – 16 июля 1949 г. Рим

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Любовь
AMOUR
1901

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Мы — два грозой зажженные ствола,
Nous sommes deux troncs éclairés par l’orage,
Два пламени полуночного бора;
Au cœur de la forêt, deux flammes de minuit ;
Мы — два в ночи летящих метеора,
Nous sommes deux météores planant dans la nuit,
Одной судьбы двужалая стрела!
Un destin avec une double flèche !

*

Мы — два коня, чьи держит удила
Nous sommes deux chevaux aux rênes
Одна рука, — одна язвит их шпора;
Dans une seule main tenues, saignés par un unique éperon ;
Два ока мы единственного взора,
Les deux yeux d’un même regard,
Мечты одной два трепетных крыла.
D’une unique rêverie deux ailes vibrantes.

*

Мы — двух теней скорбящая чета
Nous sommes deux ombres d’un couple en deuil
Над мрамором божественного гроба,
Au-dessus du marbre du tombeau divin
Где древняя почиет Красота.
Où l’ancienne Beauté repose.

*

Единых тайн двугласные уста,
Nous sommes le mystère d’une bouche à deux voix,
Себе самим мы — Сфинкс единый оба.
Pour nous-mêmes, nous sommes le Sphinx, à nous deux.
Мы — две руки единого креста.
Nous sommes les deux mains d’une même croix.


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1901

Вячеслав Иванов с Лидией Зиновьевой-Аннибал. Фото из Римского архива Вяч. Иванова
Ivanov avec Lydia Zinovieva-Annibal
Photo de l’archive romaine Vyach. Ivanova
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VAGABONDS ET STATUES – 1891 – Poème de Viatcheslav Ivanov – Поэзия Вячеслава Иванова – Странник и Статуи

Peigne gréco-scythe en or
Kourgane de Soloha
IVe siècle avant J.-C.
Musée de l’Ermitage

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Poésie de Viatcheslav Ivanov
Поэзия Вячеслава Иванова


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VIATCHESLAV IVANOV
Вячеслав Иванович Иванов

16 février 1866 Moscou – 16 juillet 1949 Rome
16 февраля 1866 г. Москва – 16 июля 1949 г. Рим

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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VAGABONDS ET STATUES
1891
Странник и Статуи

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Из цикла «Парижские Эпиграммы»
Dans la série « Épigrammes de Paris »

Ивану Михайловичу Гревсу
A Ivan Mikhailovich Grevs

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« Дети Красоты невинной!
« Enfants à l’innocente beauté !
В снежной Скифии, у нас,
Dans la Scythie enneigée, avec nous,
Только вьюги ночи длинной
Seuls les blizzards de la nuit
Долго, долго рушат вас.
Longtemps, longtemps vous épuisent.
Здесь на вас, — бегите Галлов! —
Ici sur vous – courez ô Gaulois ! –
В бунте новом опьянев,
Ivres dans une nouvelle émeute,
Чернь рушителей-вандалов
Les vaillants et mobiles Vandales
Изливает буйный гнев.»
Éliminent leur puissante et violente colère.« 
— «Славны, странник, эти раны:
«Glorieuses, vagabond, sont ces blessures :
На живых то гнев живых!
Sur le vivant s’abat la colère du vivant !
Ах! мы вечно бездыханны
Ah ! Mais nous, nous sommes pour toujours sans vie
В саркофагах снеговых!« 
Dans des sarcophages de neige ! »



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1891

Вячеслав Иванов с Лидией Зиновьевой-Аннибал. Фото из Римского архива Вяч. Иванова
Ivanov avec Lydia Zinovieva-Annibal
Photo de l’archive romaine Vyach. Ivanova
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PANACÉE -Poème de Viatcheslav Ivanov – 1891- Вячеслав Иванов- Панацея

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Русская поэзия
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Poésie de Viatcheslav Ivanov
Поэзия Вячеслава Иванова


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Вячеслав Иванов

VIATCHESLAV IVANOV
Вячеслав Иванович Иванов

16 février 1866 Moscou – 16 juillet 1949 Rome
16 февраля 1866 г. Москва – 16 июля 1949 г. Рим

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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Панацея
PANACEA
PANACÉE
1891

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Taranis avec roue et foudre
Musée d’Archéologie nationale
Saint-Germain en Laye

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Панацея
PANACÉE
Из цикла «Парижские Эпиграммы»
De la série « Épigrammes de Paris »

Кто — скорбит по езуите,
Qui pleurent un Ésus ,
Кто — зовет в страну царей:
Qui appellent le pays des rois :
Галлы, Галлы, призовите
Ô Gaulois, Gaulois, appelez
Чужеземных матерей!
Ces mères étranges !


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1891

Вячеслав Иванов с Лидией Зиновьевой-Аннибал. Фото из Римского архива Вяч. Иванова
Ivanov avec Lydia Zinovieva-Annibal
Photo de l’archive romaine Vyach. Ivanova
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L’ESPRIT RUSSE – Poème de Viatcheslav Ivanov – 1890 – Поэзия Вячеслава Иванова – Русский ум

Ivan Aïvazovski, Иван Айвазовский, Chaîne du Caucase vue de la mer,Кавказская цепь с моря, 1894

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POÉSIE RUSSE
Русская литература
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Poésie de Viatcheslav Ivanov
Поэзия Вячеслава Иванова


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VIATCHESLAV IVANOV
Вячеслав Иванович Иванов

16 février 1866 Moscou – 16 juillet 1949 Rome
16 февраля 1866 г. Москва – 16 июля 1949 г. Рим

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TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
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L’ESPRIT RUSSE
1890
Русский ум

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Своеначальный, жадный ум, —
L’esprit russe puissant et avide,
Как пламень, русский ум опасен
Dangereux comme une flamme
Так он неудержим, так ясен,
Si fougueux et si clair,
Так весел он — и так угрюм.
Si joyeux – et pourtant si sombre.

*

Подобный стрелке неуклонной,
Comme une stable flèche compacte
Он видит полюс в зыбь и муть,
Il voit le pôle dans la houle et la lie,
Он в жизнь от грезы отвлеченной
A travers des rêves abstraits
Пугливой воле кажет путь.
D’une ferme volonté il trace sa route.

*

Как чрез туманы взор орлиный
Comme un aigle à travers les brumes
Обслеживает прах долины,
Sondant la poussière des vallées,
Он здраво мыслит о земле,
Scrutant avec raison la terre,
В мистической купаясь мгле.
Dans un épais brouillard mystique.

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1890

Вячеслав Иванов с Лидией Зиновьевой-Аннибал. Фото из Римского архива Вяч. Иванова
Ivanov avec Lydia Zinovieva-Annibal
Photo de l’archive romaine Vyach. Ivanova
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SUR LA MORT – Poème d’Alexandre Blok -1907- О смерти – Алекса́ндр Алекса́ндрович Блок

Edgard Degas, Эдгар Дега, Le Champ de courses,
entre 1876 et 1887

*

 

русский поэт- Poète Russe
русская литература -Littérature Russe

 

 

ALEXANDRE BLOK
Алекса́ндр Алекса́ндрович Блок
1880-1921

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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SUR LA MORT
1907
О смерти

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Всё чаще я по городу брожу.
De plus en plus, je me promène en ville.
Всё чаще вижу смерть — и улыбаюсь
Je vois de plus en plus la mort – et je souris
Улыбкой рассудительной. Ну, что же?
D’un sourire judicieux. Eh bien quoi alors ?
Так я хочу. Так свойственно мне знать,
C’est ce que je veux ! C’est ma manière à moi de savoir
Что и ко мне придет она в свой час.
Qu’elle viendra en son heure.

*

Я проходил вдоль скачек по шоссе.
Je marchais le long de la route.
День золотой дремал на грудах щебня,
Jour doré assoupi sur des piles de gravats
А за глухим забором — ипподром
Et derrière une clôture, un hippodrome
Под солнцем зеленел. Там стебли злаков
Si vert sous ce grand soleil. Des longues tiges de céréales
И одуванчики, раздутые весной,
Et les pissenlits gonflés du printemps
В ласкающих лучах дремали. А вдали
S’assoupissaient sous les rayons caressants. Et au loin
Трибуна придавила плоской крышей
Une tribune aplatie par un toit plat accueillaient
Толпу зевак и модниц. Маленькие флаги
Une foule de spectateurs et de dames. Des petits drapeaux
Пестрели там и здесь. А на заборе
Se balançaient ici et là. Et sur la clôture
Прохожие сидели и глазели.
Les passants s’étaient assis et regardaient.

*

Я шел и слышал быстрый гон коней
J’ai marché et entendu la course de chevaux rapides
По грунту легкому. И быстрый топот
Sur ce sol baigné de lumière. Et les piétinements rapides
Копыт. Потом — внезапный крик:
Des sabots. Puis – un cri soudain :
« Упал! Упал! » — кричали на заборе,
« Il est tombé ! Il est tombé ! » – criait-on sur la clôture,
И я, вскочив на маленький пенёк,
Et moi, sautant sur une petite souche,
Увидел всё зараз: вдали летели
Je voyais tout : se sont envolés
Жокеи в пестром — к тонкому столбу.
Les jockeys dans un mélange hétéroclite de couleurs- vers un mince pilier.
Чуть-чуть отстав от них, скакала лошадь
Derrière eux, un cheval galopait encore
Без седока, взметая стремена.
Sans cavalier, balançant ses étriers.
А за листвой кудрявеньких березок,
Et derrière le feuillage des bouleaux frisés,
Так близко от меня — лежал жокей,
Si près de moi, un jockey étendu,
Весь в желтом, в зеленях весенних злаков,
Tout de jaune vêtu, dans ce vert printanier,
Упавший навзничь, обратив лицо
Tombé face contre terre
В глубокое ласкающее небо.
Sous ce ciel profond et caressant.
Как будто век лежал, раскинув руки
Comme si depuis des siècles il reposait les bras étendus,
И ногу подогнув. Так хорошо лежал.
La jambe pliée. Il semblait si bien.
К нему уже бежали люди. Издали,
Les gens couraient déjà vers lui. De loin
Поблескивая медленными спицами, ландо
Brillant comme des aiguilles à tricoter, un landau
Катилось мягко. Люди подбежали
S’approchait doucement. Les gens couraient
И подняли его…
Et le soulevèrent …

*

И вот повисла
Et puis se balançait dans l’air
Беспомощная желтая нога
Une jambe jaune sans défense
В обтянутой рейтузе. Завалилась
Dans son pantalon ajusté. Elle retomba
Им на плечи куда-то голова…
Sa tête sur leurs épaules quelque part …
Ландо подъехало. К его подушкам
Le landau se leva. Sur un oreiller
Так бережно и нежно приложили
Soigneusement et doucement on reposa
Цыплячью желтизну жокея. Человек
La tête du jockey en jaune. Un homme
Вскочил неловко на подножку, замер,
Maladroitement, avec ce landau en marche, tentait
Поддерживая голову и ногу,
De soutenir tant la tête que la jambe
И важный кучер повернул назад.
Et le cocher fit ensuite demi-tour.
И так же медленно вертелись спицы,
Et les rayons tournaient toujours aussi lentement
Поблескивали козла, оси, крылья…
Et faisaient briller cet aréopage …

*

Так хорошо и вольно умереть.
Comme elle semble douce et libre cette mort.
Всю жизнь скакал — с одной упорной мыслью,
J’ai couru toute ma vie – avec une pensée obstinée,
Чтоб первым доскакать. И на скаку
Être le premier. Et au grand galop
Запнулась запыхавшаяся лошадь,
Son cheval essoufflé a trébuché
Уж силой ног не удержать седла,
Ne lui permettant plus de rester sur sa selle avec la force de ses jambes
И утлые взмахнулись стремена,
Et les étriers agités fragiles sont devenus fuyants,
И полетел, отброшенный толчком…
Et s’envolèrent, rejetés par la poussée …
Ударился затылком о родную,
Par l’arrière sa tête vint frapper le sol,
Весеннюю, приветливую землю,
Sous cette journée printanière, sur cette terre amie
И в этот миг — в мозгу прошли все мысли,
Et à ce moment-là, toutes les pensées s’agitèrent en lui,
Единственные нужные. Прошли —
Les seules nécessaires. Et elles sont parties-
И умерли. И умерли глаза.
Et elles sont mortes. Et ses yeux sont morts.
И труп мечтательно глядит наверх.
Et le cadavre regarde rêveusement les cieux.
Так хорошо и вольно.
Comme elle est douce et libre.

*

Однажды брел по набережной я.
Une fois, je me promenais le long des berges.
Рабочие возили с барок в тачках
Des ouvriers sortaient des brouettes
Дрова, кирпич и уголь. И река
Remplies de bois, de briques et de charbon. Et la rivière
Была еще синей от белой пены.
Semblait encore plus bleue avec sa blanche écume.
В отстегнутые вороты рубах
Sous les cols de chemise se détachaient
Глядели загорелые тела,
La masse des corps bronzés,
И светлые глаза привольной Руси
Et les yeux brillants de la Russie libre
Блестели строго с почерневших лиц.
Brillaient puissamment au milieu des visages noircis.
И тут же дети голыми ногами
Et puis les enfants pieds nus
Месили груды желтого песку,
Qui pétrissaient des piles de sable jaune
Таскали — то кирпичик, то полено,
Venaient subtilisant ici une brique, puis une bûche,
То бревнышко. И прятались. А там
Et un rondin de bois. Puis se cachaient. Et là, fuyant,
Уже сверкали грязные их пятки,
On apercevait leurs talons sales et scintillants
И матери — с отвислыми грудями
Et ces mères aux seins affaissés
Под грязным платьем — ждали их, ругались
Sous des robes crasseuses- qui les attendaient, tout en maudissant
И, надавав затрещин, отбирали
Et, les ayant sermonnés, emportaient à leur tour
Дрова, кирпичики, бревёшки. И тащили,
Bois de chauffage, briques et bûches. Et à leur tour, elles traînaient
Согнувшись под тяжелой ношей, вдаль.
Se pliant sous ce lourd fardeau, sur le chemin.
И снова, воротясь гурьбой веселой,
Et à nouveau, faisant demi-tour, joyeusement,
Ребятки начинали воровать:
Les garnements recommencèrent à voler :
Тот бревнышко, другой — кирпичик…
L’un un rondin, l’autre une brique …

*

И вдруг раздался всплеск воды и крик:
Et soudain, il y eut une éclaboussure d’eau et un cri :
« Упал! Упал! » — опять кричали с барки.
« Il est tombé! Il est tombé ! » – a-t-on encore crié de la péniche.
Рабочий, ручку тачки отпустив,
Un travailleur, lâchant la poignée de la brouette,
Показывал рукой куда-то в воду,
Montrait de sa main quelque part dans l’eau,
И пестрая толпа рубах неслась
Et une foule hétéroclite de chemises se précipitait
Туда, где на траве, в камнях булыжных,
Là-bas, sur l’herbe au milieu des pierres de pavés,
На самом берегу — лежала сотка.
A quelques mètres du rivage même.
Один тащил багор.
Quelqu’un tirait un crochet.

*

А между свай,
Et entre les pilotis,
Забитых возле набережной в воду,
près de la promenade, enfoncés dans l’eau,
Легко покачивался человек
Un homme flottait
В рубахе и в разорванных портках.
En chemise et pantalon déchirés.
Один схватил его. Другой помог,
Ils l’attrapèrent. Un autre le hissa
И длинное растянутое тело,
Et ce corps allongé,
С которого ручьем лилась вода,
D’où l’eau coulait comme un ruisseau,
Втащили на берег и положили.
Fut traîné à terre et posé.
Городовой, гремя о камни шашкой,
Un policier, avec son sabre qui heurtait le pavé,
Зачем-то щеку приложил к груди
Pour une raison incertaine, posa sa joue contre la poitrine
Намокшей, и прилежно слушал,
Humide, et écoutait avec diligence,
Должно быть, сердце. Собрался народ,
Ce qui devait être le cœur. Les personnes continuaient à s’amasser,
И каждый вновь пришедший задавал
Et chaque nouveau venu posait
Одни и те же глупые вопросы:
Les mêmes questions stupides :
Когда упал, да сколько пролежал
Quand était-il tombé, depuis combien de temps
В воде, да сколько выпил?
Était-il resté dans l’eau, combien en avait-il bu ?
Потом все стали тихо отходить,
Puis tout le monde commença à s’éloigner doucement,
И я пошел своим путем, и слушал,
Et moi aussi je repris ma route, écoutant encore
Как истовый, но выпивший рабочий
Un travailleur passionné mais ivre
Авторитетно говорил другим,
Qui, avec autorité, apostrophait les autres
Что губит каждый день людей вино.
Sur les ravages quotidiens du vin.

*

Пойду еще бродить. Покуда солнце,
Je vais encore continuer à errer. Tant que le soleil,
Покуда жар, покуда голова
Tant que la chaleur, tant que ma tête
Тупа, и мысли вялы…
Stupide, tant que mes pensées sont apathiques …

*

Сердце!
Ô mon cœur !
Ты будь вожатаем моим. И смерть
Tu es mon chef. Et la mort,
С улыбкой наблюдай. Само устанешь,
Regarde-là avec un sourire. Fatigué
Не вынесешь такой веселой жизни,
De ne pouvoir supporter une vie aussi amusante
Какую я веду. Такой любви
Que celle que je mène. Un tel amour
И ненависти люди не выносят,
Et une telle haine, les gens ne peuvent pas supporter
Какую я в себе ношу.
Ce que je porte en moi.

*

Хочу,
Je veux
Всегда хочу смотреть в глаза людские,
Je veux toujours regarder dans les yeux des gens,
И пить вино, и женщин целовать,
Et boire du vin et embrasser les femmes
И яростью желаний полнить вечер,
Et remplir ma soirée de la fureur des désirs
Когда жара мешает днем мечтать
Quand la chaleur d’une journée empêche de rêver
И песни петь! И слушать в мире ветер!
Et empêche de chanter ! Et écouter le vent du monde !


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1907

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LA POÉSIE D’ALEXANDRE BLOK – ПОЭЗИЯ АЛЕКСАНДРА БЛОКА

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По берегу Александр блок стихи

русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

Alexandre Blok
Алекса́ндр Алекса́ндрович Блок

 

ALEXANDRE BLOK
Алекса́ндр Алекса́ндрович Блок
1880-1921

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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LA POÉSIE D’ALEXANDRE BLOK
ПОЭЗИЯ АЛЕКСАНДРА БЛОКА

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1898

EN MER
В МОРЕ

В море одна лишь  волна — быстротечная.
En mer, une ondulation simple – éphémère.
В небе одна лишь звезда — бесконечная.
Dans le ciel, une étoile seule – infinie.

**

1902

LE CRÉPUSCULE BLEU
Я, отрок, зажигаю свечи

Я, отрок, зажигаю свечи,
Moi, jeune homme, j’allume des bougies
Огонь кадильный берегу.
Et j’entretiens l’encens qui brûle.

**

1903

SUR LA RIVE
По берегу

По берегу плелся больной человек.
Sur le rivage, se traînait une personne malade.
С ним рядом ползла вереница телег.
A côté de lui rampait une file de chariots.

**

1905

ELLE CHANTE DANS LE CHŒUR DE L’EGLISE
Девушка пела в церковном хоре

Девушка пела в церковном хоре
Elle chante dans la chœur de l’église
О всех усталых в чужом краю,
Sur tous ceux qui sont fatigués dans les pays étrangers,

**

1907

SUR LA MORT
О смерти

Всё чаще я по городу брожу.
De plus en plus, je me promène en ville.
Всё чаще вижу смерть — и улыбаюсь
Je vois de plus en plus la mort – et je souris

Edgard Degas, Эдгар Дега, Le Champ de courses,
entre 1876 et 1887

**

1918

LES SCYTHES
скифы

Мильоны – вас. Нас – тьмы, и тьмы, и тьмы.
Des millions : vous êtes. Nous nous sommes les ténèbres, les ténèbres, et encore les ténèbres !
Попробуйте, сразитесь с нами!
Essayez et vous verrez !

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LE CRÉPUSCULE BLEU – Poème d’Alexandre BLOK – 1902 – Алекса́ндр Алекса́ндрович Блок – Я, отрок, зажигаю свечи

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По берегу Александр блок стихи

русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

Alexandre Blok
Алекса́ндр Алекса́ндрович Блок

 

ALEXANDRE BLOK
Алекса́ндр Алекса́ндрович Блок
1880-1921

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

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Я, отрок, зажигаю свечи
7 Juillet 1902

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Имеющий невесту есть жених;
Celui à qui appartient une épouse c’est l’époux ;

а друг жениха,
et l’ami de l’époux

стоящий и внимающий ему,
qui est debout et à l’écoute

радостью радуется,
se réjouit grandement

слыша голос жениха.
d’entendre la voix de l’époux.
От Иоанна III, 29
Jean, 3:29

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Я, отрок, зажигаю свечи,
Moi, jeune homme, j’allume des bougies
Огонь кадильный берегу.
Et j’entretiens l’encens qui brûle.
Она без мысли и без речи
Elle, sans un mot, sans une parole
На том смеется берегу.
Sur ce rivage se met à rire.

*

Люблю вечернее моленье
J’aime la prière du soir
У белой церкви над рекой,
Dans la blanche blanche au bord de la rivière
Передзакатное селенье
Dans ce village perdu
И сумрак мутно-голубой.
Dans ce crépuscule bleu terne.

*

Покорный ласковому взгляду,
Soumis aux regards affectueux,
Любуюсь тайной красоты,
J’admire le secret de la beauté
И за церковную ограду
Et par la clôture de l’église
Бросаю белые цветы.
Je jette des fleurs blanches.

*

Падет туманная завеса.
Un rideau de brouillard va tomber.
Жених сойдет из алтаря.
Le marié descendra de l’autel.
И от вершин зубчатых леса
Et des cimes des forêts déchiquetées
Забрезжит брачная заря.
L’aube du mariage brillera.


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7 июля 1902
7 juillet 1902


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BAGNARDS DE SIBÉRIE – ALEXANDRE POUCHKINE POÈMES (1927) Во глубине сибирских руд

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ALEXANDRE POUCHKINE POÈMES

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1827

Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

poemes-de-alexandre-pouchkine-artgitatopushkin-alexander

ALEXANDRE POUCHKINE  1827
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POÉSIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


Во глубине сибирских руд
1827

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BAGNARDS DE SIBÉRIE
****

 

*

Во глубине сибирских руд
Dans les profondeurs des mines de Sibérie
Храните гордое терпенье,
Restez fier, soyez patient,
Не пропадет ваш скорбный труд
Vous n’avez pas disparu dans vos tristes tâches
 И дум высокое стремленье.
Vos hautes aspirations ne s’y sont pas dissoutes.

*

Несчастью верная сестра,
Fidèle compagnon, du malheur,
 Надежда в мрачном подземелье
L’espoir dans votre sombre citadelle
Разбудит бодрость и веселье,
Réveillera la vigueur et la joie,
Придет желанная пора:
Car viendra le temps des retrouvailles :

*

 

Любовь и дружество до вас
L’amour et la communion
Дойдут сквозь мрачные затворы,
Traverseront les portes sombres
Как в ваши каторжные норы
Du bagne et atteindront vos terriers
 Доходит мой свободный глас.
A travers ma libre voix.

*

Оковы тяжкие падут,
Que tombent vos lourdes chaînes,
Темницы рухнут — и свобода
Que s’effondrent vos citadelles- et que la liberté
  Вас примет радостно у входа,
Vous attende gaiement sur le seuil,
И братья меч вам отдадут.
Là où vos frères vous donneront l’épée.

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POUCHKINE

 1827 

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POÈMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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ALEXANDRE POUCHKINE POÈMES