Archives par mot-clé : Зима

LA TERRE DES PENSÉES PURES – Poème de AFANASSI FET – 1878 – Поэзия Афанасси Фета – Какая грусть! Конец аллеи

*

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est salamandre-1024x536.jpg.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

__________________________________
LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература
Русская поэзия
___________________________________
___________________________________

Poésie d’Afanassi Fet
Поэзия Афанасси Фета


___________________________________

 

AFANASSI FET
Афана́сий Афана́сьевич Шенши́н
Афана́сий Афана́сьевич Фет

5 décembre 1820 Novosselki, près de Mtsensk – 3 décembre 1892 Moscou
5 декабря 1820 г. Новоселки под Мценском – 3 декабря 1892 г. Москва

__________________________________
TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE
__________________________________

_______________________________________________

LA TERRE DES PENSÉES PURES
1862
Какая грусть! Конец аллеи

*

_________________________________________________

 

*

Ivan Chichkine, Hiver, Иван Шишкин, Зима, 1890

************


Какая грусть! Конец аллеи
Quelle tristesse! La ruelle là-bas
Опять с утра исчез в пыли,
Encore ce matin a disparu dans la neige,
Опять серебряные змеи
Les serpents d’argent encore
Через сугробы поползли.
À travers les congères rampent.

*

На небе ни клочка лазури,
Il n’y a plus de bleu dans le ciel,
В степи все гладко, все бело,
Tout est lisse dans la steppe, tout est blanc,
Один лишь ворон против бури
Seul le corbeau contre la tempête
Крылами машет тяжело.
Bat des ailes lourdement.

*

И на душе не рассветает,
Et mon âme ne s’élève plus,
В ней тот же холод, что кругом,
Il y fait le même froid qu’alentour,
Лениво дума засыпает
Mon esprit s’endort engourdit
Над умирающим трудом.
Sur la fin de mon ouvrage moribond.

*

А все надежда в сердце тлеет,
Mais un espoir subsiste dans mon cœur,
Что, может быть, хоть невзначай,
Peut-être par hasard,
Опять душа помолодеет,
A nouveau mon âme devienne plus jeune
Опять родной увидит край,
A nouveau, qu’elle retrouve sa terre,

*

Где бури пролетают мимо,
Là où les tempêtes s’envolent
Где дума страстная чиста, —
Où la pensée est passionnée et pure
И посвященным только зримо
Et où quelques initiés seulement peuvent voir
Цветет весна и красота.
S’ouvrir les fleurs de printemps et s’épanouir la beauté.

******************************

1862

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Symbole-Artgitato.jpg.

LES GOUTTELETTES DE TEMPS – Poème de Marina Tsvétaïeva – 1916 – Я бы хотела жить с Вами

Traduction Jacky Lavauzelle João da Cruz e Sousa
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

LITTÉRATURE RUSSE
POÉSIE RUSSE
Русская литература

Русская поэзия


TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE


L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Par-Pierre-Choumoff.jpg.
Marina Tsvétaïeva – photo de Pierre Choumoff ( Пётр Ива́нович Шу́мов )

Marina Ivanovna Tsvetaïeva
Марина Ивановна Цветаева

poétesse russe
русская поэтесса
Moscou 26 septembre 1892 – Ielabouga 31 août 1941
26 сентября 1892, Москва — 31 августа 1941, Елабуга

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 1911-Photo-de-Maximilian-Voloshin-801x1024.jpeg.

*************************

____________________________________________

LES GOUTTELETTES DE TEMPS
1916
Я бы хотела жить с Вами
____________________________________________

Ivan Chichkine, Иван Иванович Шишкин, Hiver, Зима

******


…Я бы хотела жить с Вами
… j’aimerais vivre avec toi
В маленьком городе,
Dans une petite ville,
Где вечные сумерки

Où le crépuscule est éternel
И вечные колокола.
Et éternelles sont les cloches.
И в маленькой деревенской гостинице —
Et dans une petite auberge de campagne –
Тонкий звон
Sonnerie subtile
Старинных часов — как капельки времени.
D’une vieille pendule – telles des gouttelettes de temps.
И иногда, по вечерам, из какой-нибудь мансарды —
Et parfois, le soir, du grenier –
Флейта,
Une flûte,
И сам флейтист в окне.
Et le flûtiste lui-même à la fenêtre.
И большие тюльпаны на окнах.
Et de grosses tulipes aux fenêtres.
И может быть, Вы бы даже меня любили…
Et peut-être ne m’aimerais-tu pas quand même …


****

Посреди комнаты — огромная изразцовая печка,
Au milieu de la pièce, un énorme poêle en faïence,
На каждом изразце — картинка:
Sur chaque carreau – une image :
Роза — сердце — корабль. —
Une rose – un cœur – un navire. –
А в единственном окне —
Et à l’unique fenêtre –
Снег, снег, снег.
Neige, neige, neige.

*

Вы бы лежали — каким я Вас люблю: ленивый,
Couché – comment je t’aime : paresseux,
Равнодушный, беспечный.
Indifférent, insouciant.
Изредка резкий треск
Crépitement parfois fort
Спички.
D’une allumette.

*

Папироса горит и гаснет,
La cigarette brûle et s’éteint,
И долго-долго дрожит на ее краю
Et longtemps, longtemps tremble sur le bout
Серым коротким столбиком — пепел.
Une courte colonne grise – de cendres.
Вам даже лень его стряхивать —
Tu es encore trop paresseux pour t’en débarrasser –
И вся папироса летит в огонь.
Et toute la cigarette vole dans le feu.

****************

10 декабря 1916
10 décembre 1916


L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Signature-2.png.

__________________________________________
Poésie de Marina Tsvétaïéva
Поэзия Марины Чветаевой

__________________________________________

*****************

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est En-1924.jpg.
Marina Tsvétaïeva en 1924
João da Cruz e Sousa Traduction Jacky Lavauzelle

ARKHIP KOUÏNDJI ou LA SENTINELLE DES RÊVES poème de Jacky Lavauzelle

PEINTURE UKRAINIENNE

Arkhip Kouïndji
Куїнджі Архип Іванович
Архип Иванович Куинджи
1842-1910

arkhip-kouindji-poeme-jacky-lavauzelle-portrait-de-viktor-vasnetsov-1869-la-sentinelle-des-reves

LA PEINTURE D’ARKHIP KOUÏNDJI

LA SENTINELLE DES RÊVES
poème de Jacky Lavauzelle




**

arkhip-kouindji-nuit-de-lune-1890-1895-elbrus
Эльбрус. Лунная ночь L’Elbrouz
(1890—1895)

La mort a fait son lit
Ce matin
Sans lumières
J’ai vu l’Elbrouz apparaître
disparaître
Le mont comme un baiser recevait la mort
Il est temps de partir
A la recherche des neiges
En quête de couleurs et de rien
Une ombre m’a suivi ce matin
Je ne lui demandais rien

Un matin
Dans la ville
Frappé dans un cœur vide
Au seuil de la ville
Je quittais à galop
Les bruits sourds de ces pâles couleurs
Qui partout nous frappent
Un matin
La valise à la main
Jeté dans le silence des routes
Tristement je vais

arkhip-kouindji-vue-sur-le-pont-de-la-moskova-moskvoretsky-1882
ARKHIP KOUÏNDJI
Vue sur le pont de la Moskova (Moskvoretsky) (1882)

Une voix inconnue et paisible vide les rêves
A la sortie de la ville
Le pont de la Moskova si fin
On entend et les vagues et les vies
Des deux rives de la ville
En attendant l’orage du monde
En attendant la lune n’est plus
Sans lutte dans le bas du ciel aux portes du cœur
Elle est partie

Moscou au loin brillait
Un nouveau désert dans le monde
Moscou résigné s’effaçait
A chaque seconde une éternité de plus

arkhip-kouindji-moscou-vue-depuis-les-monts-des-moineaux
Moscou vue depuis les monts des moineaux

Le ciel est devenu noir
jusqu’aux os
Le vert saisit son moment de grâce
Les muses en cercle s’affairent
L’enfer dans l’attente ne se voit plus
La lune a-t-elle été ?

arkhip-kouindji-apres-la-pluie-1879ARKHIP KOUÏNDJI  Після дощу – После дождя
Après la pluie
1879

Une corde se tend dans la chair du ciel
Des tonnes de cantiques
Et le mal se dénoue sur les lacs et les êtres
Les choses sont dans l’ordre
Et la maison et le ciel et les arbres
Le noir encore dévore
Un soleil s’étend et la clairière s’enchante
Au bord des morts
Qui s’aiment encore
Comme ces bleus sont trompeurs
Pourquoi la terre ne gronde-t-elle plus

arkhip-kouindji-nuit-de-lune-les-gorges-daryal-1890-1895
ARKHIP KOUÏNDJI  Дарьяльська ущелина. Місячна ніч
Дарьяльское ущелье. Лунная ночь
Nuit de pleine lune
(1890—1895)

Le blanc et le noir s’affrontent
ça se sent
Le vent balaye les premiers réveils et le premier bruit
ça s’entend
La visite des anges et le retour du jour
La planète semble avoir changé de mains
vraiment
La lune signe encore sa place éternelle
Sur le monde en béquilles
Qui prend l’eau
vainement







arkhip-kouindji-nuit-de-lune-sur-le-dniepr-1880
Лунная ночь на Днепре
Nuit de lune sur le Dniepr
(1880)

Le noir est au-dessus et en-dedans
Une vague rivière semble serpenter
Et la lune…
Elle souffle siffle ou se sauve
La noir ou la folie
Tout s’éteint
Une ombre encore se promène
Derrière la mort
Et la lune

arkhip-kouindji-une-soiree-en-ukraine-1878
Вечір на Україні
Вечер на Украине
Nuit en Ukraine
1878

S’aspergent les feux et les fleuves de feuilles
Pas une couleur ne s’étale et toutes glissent
Le point du temps se met à table et s’endort
La nature a vécu
En oubliant ses luttes

Plus de vœux de salut plus de vie en attente
Se délasse et se traîne un rêve
Puis un autre
Puis un autre
Encore

Le noir est superflu
Une chose simple
Indivisible
Le noir s’est pendu
Les couleurs ne peuvent plus partir

Derrière le soleil
Au loin
On l’a jeté à la mer
Avec le noir avec la nuit
Avec les faubourgs et les passants

Le noir n’est plus

arkhip-kouindji-automne-1890
«Осінь», до
Automne
1890

L’infini s’est montré pour se faire oublier
Et des pages et des clartés se sont perdues
Sans bruit
Un drame a marché
Ne l’entendez-vous bramer

Là le troupeau des hivers a bousculé la paix
Et du gris au noir c’est le noir qui dévore
Tout étouffe sans un bruit sans un seul
Et des peuples et des vies à jamais disparus

Le noir en force
Revient

arkhip-kouindji-clair-de-lune-dans-une-foret-en-hiver-1898-1908
Плями місячного сяйва у лісі. Зима
Пятна лунного света в лесу. Зима
 Clair de lune dans une forêt, en hiver

Du gris du blanc au blanc du bleu
Se donne et se jette du haut des falaises
Qui s’arrêtent dans la fuite
J’entends un cri qui monte du rivage
Dans le blanc qui s’efface
Le ciel n’est jamais si tendre
Les dieux se jouent de nous
Sur l’instant

arkhip-kouindji-reflets-de-soleil-sur-givre-1876-1890
ARKHIP KOUÏNDJI  Reflets de soleil sur givre (1876-1890) мороз

Dans le blanc qui revient
Un salut nous répond
Sur la pierre qui se casse
Une réponse se livre
Des pas dans la neige
Une femme une flamme
Un duvet sur le cœur des neiges
Un duvet sourd
Avide

Le bleu semble vaincre
Les vieillards sont couchés
Le jour a faim
Du haut de la falaise
Le jour dévore tout

arkhip-kouindji-falaise-1898-1908стрімчак – утес
 Falaise
1898-1908

Au-delà
Une route se dessine
Sans rien
Sans appel
Une ombre nous prend la main
Pour une visite lascive
Des rois sont passés par ici
Je crois

arkhip-kouindji-la-volga
La Volga [Musée national de l’Azerbaïdjan à Bakou]
Волга [Национальный музей искусств Азербайджана, Баку]

Une voie
Une autre encore
Au bout
Nous commande de marcher
Et nous marchons
Mon ombre
Et moi

arkhip-kouindji-le-dniepr-au-petit-matin-1881
Днепр утром (1881 г.)  Дніпро вранці 
Le Dniepr au petit matin

arkhip-kouindji-lac-ladoga-1873

La route s’achève
Affamés debout
Encore
Un sentiment rêvé
Est-ce la lueur au loin
Près du but
Au-dessus des taches de fleurs
Le point entre et ne veut plus sortir
J’ai perdu mon ombre
Je crois

arkhip-kouindji-foret-1887 ліс – Forêt – лес
1887

Le bleu
Plus menaçant encore
Un bateau nous attend
Qui répond à nos premiers désirs
C’est là que les âmes s’échangent
Venues du fond de la mer
La mer est dans le ciel
C’est là qu’elles se vengent aussi
Et la terre s’est oubliée
Le bleu nage
Dans des restes d’Enfer
Le bleu se noie
Nous ne le reverrons plus

arkhip-kouindji-la-cathedrale-saint-isaac-1869 Исаакиевский собор
Ісаакіївський собор
La Cathédrale Saint-Isaac
1869

La terre ne nous fait plus peur
Le regard se promène
Dans l’ordre des lumières
Les couleurs n’en peuvent plus
De tant toucher de ténèbres
Les odeurs sont de retour
Pleines de moisis et de pourritures passagères
La terre ne nous fait plus peur
Dans le vert éternel
Tout s’est arrêté
Tombe une écorce des peupliers en ligne
Tombe un cri Tombe un instant
Que personne ne peut entendre

arkhip-kouindji-la-foret-de-bouleau-1901 Les peupliers – Берёзовая роща -1901 – Березовий гай

arkhip-kouindji-les-bouleaux-1879

Des pierres comme des os
Nul ici n’échappe
Les rêves sont trop fins et nous pensons courir
Qu’importe le temps
Qu’importe l’océan
Qu’importe le désir
Les nuages sont trop grands
Des lames dans le ciel
Nous tailladerons en pièces
Des flammes et des orages
Se sont-ils perdus

 

 

  arkhip-kouindji-mer-1898-1908  arkhip-kouindji-nuit-1905-1908    arkhip-kouindji-paysage-de-crimee-1885-1890

Au loin
Qui y a-t-il
Au loin
Un point plus loin que l’horizon

   arkhip-kouindji-voilier-en-mer-1876-1890 парусник в море- Voilier en mer  – парусник в море
(1876-1890)

Il n’y a que l’horizon

arkhip-kouindji-steppe-1890-1895

Sans ombre