Archives par mot-clé : Денис Иванович Фонвизин

TRADUCTION RUSSE Jacky Lavauzelle Французский перевод текстов на русском языке

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Traduction Russe Jacky Lavauzelle
Жаки Лавозель
ARTGITATO
Французский перевод текстов на русском языке
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TRADUCTION RUSSE

Французский перевод текстов на русском языке

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 Анна Ахматова
Anna Akhmatova

Тихо льется тихий Дон Coule tranquillement le calme Don
Любовь – L’Amour (1911)
Музыка – La Musique (1958)

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Alexandre Blok
Алекса́ндр Алекса́ндрович Блок

В море – En Mer (1898)
Девушка пела в церковном хоре – Elle chante dans le chœur de l’Eglise (1905)
По берегу – Sur le Rive (1903)
скифы – les Scythes (1918)

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 Prince Alexandre Chakhovskoy

Le Cosaque poète
Saint-Pétersbourg – 1812

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Sergueï Essénine
Сергей Александрович Есенин

LA POESIE de Sergueï Essénine
поэзия есенина  

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Ivan Krylov

le Magasin à la mode

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Mikhaïl Lermontov
Михаил Юрьевич Лермонтов

La Poésie de Lermontov
Стихи Лермонтова

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Vladimir Maïakovski
Владимир Владимирович Маяковский

Poèmes
Поэмы

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Ossip Mandelstam
О́сип Эми́льевич Мандельшта́м

стихи о сталине
Poème sur Staline
novembre 1933





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B Okoudjava & V Kikabidze

  LES PEPINS DE RAISIN
Виноградную косточку

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Alexandre Pouchkine
Александр Сергеевич Пушкин

Poésie – Поэзия А. С. Пушкина
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 Anton Tchekhov
Антон Павлович Чехов

Les pièces de Théâtre – Театр

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Fiodor Tiouttchev
Федор Тютчев

La poésie de Fiodor Tiouttchev
стихи федор тютчев

Fiodor Tiouttchev Poèmes Poésie Artgitato Les poèmes de Fiodor Tiouttchev

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Ivan Tourgueniev
Иван Сергеевич Тургенев

Собака – Mon Chien (février 1878)
русский язык – La Langue Russe (juin 1882)

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Vladimir Vyssotski
Владимир Семёнович Высоцкий

Les Coupoles – Купола

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Boulat Okoudjova
Булат Шалвович Окуджава

Tant que la terre continue de tourner

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Vladislav Ozerov
Владислав Александрович Озеров

Fingal
Tragédie en trois actes
1805

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 Denis Fonvizine
Денис Иванович Фонвизин

Le Dadais ou l’Enfant gâté
1782

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Французский перевод текстов на русском языке

TRADUCTION RUSSE

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DE L’ART DE TRADUIRE LE RUSSE

Je viens d’indiquer la double valeur des écrits de Pouchkine : l’auteur de Poltava a renouvelé, comme prosateur, la langue russe, en même temps qu’il ouvrait à ses contemporains, comme poète, des sources nouvelles d’inspiration. On sait aussi quel accueil la Russie a fait à cet interprète de la pensée nationale. Quant à l’Europe, il faut le dire, elle est restée trop indifférente au rôle que Pouchkine a joué dans son pays. La France surtout n’a eu longtemps qu’une idée vague de ce grand mouvement littéraire commencé et dirigé par un seul homme. Ici même cependant, une étude biographique sur Pouchkine avait déjà indiqué l’importance de ses travaux. Pendant longtemps, on a pu s’étonner qu’une plume française ne cherchât point à le traduire. Aujourd’hui cette tâche a été abordée ; mais peut-on la regarder comme remplie ? L’auteur de la traduction française de Pouchkine qui vient d’être publiée n’a point paru se douter des difficultés que présentait un pareil travail. Il y avait là des écueils et des obstacles qui imposaient au traducteur un redoublement d’efforts. L’art de traduire, surtout lorsqu’il s’applique à la poésie, suppose une sorte d’initiation qui ne s’achète qu’au prix de veilles laborieuses. Les vulgaires esprits seuls peuvent s’imaginer qu’il suffit, pour traduire un poète, de rendre ses vers dans un autre idiome, sans s’inquiéter d’ailleurs de la physionomie, du mouvement, des nuances infinies de la pensée, des mille finesses du style. Or, ce ne sont point-là des choses qui aient leur vocabulaire écrit et ce sont pourtant des choses qu’il faut traduire, ou du moins indiquer : elles demandent une intelligence vive et délicate pour les saisir, une plume habile et souple pour les rendre. Pour transporter d’ailleurs dans son propre idiome les richesses d’une langue étrangère, il y a une première condition à remplir ; est-il besoin de la rappeler ? C’est la connaissance parfaite de la langue dont on veut révéler à son pays les richesses littéraires. Qu’on y songe, l’idiome russe est le plus difficile des idiomes européens, il est difficile même pour les Russes qui n’en ont pas fait l’objet d’une étude sérieuse. C’est une langue dont le sens positif varie à l’infini et dont le sens poétique varie encore davantage : langue souple et rude, abondante et imagée, dont l’origine, les accidents, l’esprit, l’allure, les procédés, n’offrent aucune analogie avec nos langues d’Occident. Le traducteur français des œuvres de Pouchkine a échoué pour n’avoir point compris les exigences de sa tâche. Il importe qu’on ne l’oublie pas, une traduction de ce poète exige une connaissance intime et approfondie, non-seulement de la grammaire et du vocabulaire russes, mais des finesses et des bizarreries de la langue ; elle exige aussi un long commerce avec ce génie si original, si en dehors de toute tradition européenne. Tant que cette double condition n’aura pas été remplie, notre pays, nous le disons à regret, ne connaîtra qu’imparfaitement la valeur et l’originalité du poète russe.

Pouchkine et le mouvement littéraire en Russie depuis 40 ans
Charles de Saint-Julien
Revue des Deux Mondes
Œuvres choisies de Pouchkine, traduites par M. H. Dupont
T.20 1847

Denis Fonvizine : Le Dadais – texte russe et français

Denis Fonvizine
Денис Иванович Фонвизин
Le Dadais
ou l’Enfant gâté
Недоросль
1782

Denis Fonvizin 1782 Le Dadais ou L'enfant Gâte Artgitato Traduction Française

Comédie en 5 actes
(Traduit ici jusqu’à la scène 4 du premier Acte)

ACTE I

Scène 1

Г-жа Простакова, Митрофан, Еремеевна.
Madame Prostakof, Nicodème et Pétronille

Г-жа Простакова
Madame Prostakof
(осматривая кафтан на Митрофане)
(regardant le manteau de Nicodème)

Кафтан весь испорчен. Еремеевна, введи сюда мошенника Тришку.
Cet habit est tout gâché ! Pétronille, fais venir ce bandit de Trichka. (Еремеевна отходит)
(Pétronille sort) 
Он, вор, везде его обузил. Митрофанушка, друг мой! Я чаю, тебя жмет до смерти. Позови сюда отца.
Ô, quel voleur! Nicodème, mon ami! Cet habit doit te gêner. Va chercher ton père.

(Митрофан отходит. )

(Nicodème sort)

Явление II
 Scène 2

Г-жа Простакова, Еремеевна, Тришка.
Madame Prostakof, Pétronille, Trichka

Г-жа Простакова
Madame Prostakof
(Тришке)
(à Trichka)
А ты, скот, подойди поближе. Не говорила ль я тебе, воровская харя, чтоб ты кафтан пустил шире. Дитя, первое, растет; другое, дитя и без узкого кафтана деликатного сложения. Скажи, болван, чем ты оправдаешься?
Et toi, l’animal, viens de plus près ! Ne t’avais je pas demandé, concentré de voleurs, de faire en sorte que ce manteau soit plus large. Mon enfant est en pleine croissance ! Dis-moi comment tu comptes te justifier, pendard ?

Тришка
Trichka
Да ведь я, сударыня, учился самоучкой. Я тогда же вам докладывал: ну, да извольте отдавать портному.
Pourquoi serait-ce ma faute, madame ? Ce que j’ai appris, je l’ai appris en autodidacte ! Je vous ai souvent demandé de m’envoyer apprendre le métier chez un tailleur.

Г-жа Простакова
Madame Prostakof
Так разве необходимо надобно быть портным, чтобы уметь сшить кафтан хорошенько. Экое скотское рассуждение!
Tu as donc besoin d’aller chez un tailleur pour être en mesure de faire un bon manteau. Quel raisonnement primaire !

Тришка
Trichka
Да вить портной-то учился, сударыня, а я нет.
Oui, un tailleur a étudié, madame, mais pas moi !

Г-жа Простакова
Madame Prostakof
Ища он же и спорит. Портной учился у другого, другой у третьего, да первоет портной у кого же учился?
Говори, скот.
Il raisonne ! Le tailleur a appris d’un autre, et celui-ci d’un troisième, mais le tout premier tailleur de qui a-t-il appris ? Parle, animal !

Тришка
Trichka
Да первоет портной, может быть, шил хуже и моего.
Oui peut-être que ce premier ne taillait pas mieux que moi !

 Митрофан
Nicodème
(вбегает)
(il accourt )
 Звал батюшку. Изволил сказать: тотчас.
J’ai appelé mon père. Il a dit : J’arrive !

 Г-жа Простакова
Madame Prostakof
Так поди же вытащи его, коли добром не дозовешься.
Va le chercher en le bousculant un peu, s’il tarde à venir.

Митрофан
Nicodème
Да вот и батюшка.
Oui, voilà mon père !

Явление III
Scène 3

Те же и Простаков
Les mêmes avec M. Prostakof

Г-жа Простакова
Madame Prostakof
Что, что ты от меня прятаться изволишь? Вот, сударь, до чего я дожила с твоим потворством. Какова сыну обновка к дядину сговору? Каков кафтанец Тришка сшить изволил?
Pourquoi te caches-tu donc ? Regarde, cher mari, le résultat de ta faiblesse ! Regarde le nouvel habit que portera ton fils pour les fiançailles de son oncle? Regarde ce que Trichka a cousu-là?

Простаков
Prostakof
(от робости запинаясь)
(Timide, il bégaie)
Ме… мешковат немного.
Il me… me semble un peu ample.

 Г-жа Простакова
Madame Prostakof
Сам ты мешковат, умная голова.
Tu en bégaies, tête pensante !

  Простаков
Prostakof
Да я думал, матушка, что тебе так кажется.
Oui, je pensais, ma chère, que cela te convenait.

Г-жа Простакова
Madame Prostakof
А ты сам разве ослеп?
Et en plus tu es aveugle?

Простаков
Prostakof
При твоих глазах мои ничего не видят.
Mais tes yeux voient tout de notre personnel.

Г-жа Простакова
Madame Prostakof
 Вот каким муженьком наградил меня господь: не смыслит сам разобрать, что широко, что узко.
Voici donc le mari que m’a donné le Seigneur! Il ne voit même pas la différence entre ce qui est large et ce qui est trop petit.

Простаков
Prostakof
В этом я тебе, матушка, и верил и верю.
Je crois tout ce que tu dis, ma chère.

Г-жа Простакова
Madame Prostakof
Так верь же и тому, что я холопям потакать не намерена. Поди, сударь, и теперь же накажи…
Ainsi, je ne cherche pas à me laisser gruger par un laquais. Allons, Monsieur, va maintenant le punir …

Явление IV
Scène 4

 Те же и Скотинин.
Les mêmes avec Skotinine (l’oncle de Nicodème)

Скотинин
Skotinine
Кого? За что? В день моего сговора! Я прощу тебя, сестрица, для такого праздника отложить наказание до завтрева; а завтра, коль изволишь, я и сам охотно помогу. Не будь я Тарас Скотинин, если у теня не всякая вина виновата. У меня в этом, сестрица, один обычай с тобою. Да за что ж ты так прогневалась?
Qui? Quoi? Le jour de mes fiançailles ! Pardon, ma sœur, reportez cette punition ; demain, si tu veux, je t’y aiderai volontiers. Que je perde mon nom, si je faillis à ma promesse. J’ai, ma sœur, sur ce point, la même intransigeance que vous. Alors, dites-moi, qu’est-ce qui vous irrite ?

Г-жа Простакова
Madame Prostakof
Да вот, братец, на твои глаза пошлюсь. Митрофанушка, подойди сюда. Мешковат ли этот кафтан?
, mon frère, je prends tes yeux à témoin. Nicodème, viens ici. Ce manteau ne ressemble-t-il pas à un sac ?

Скотинин
Skotinine
Нет.
Non !

Простаков
Prostakof
Да я и сам уже вижу, матушка, что он узок.
Je vois en effet, mon cher, qu’il semble un peu étroit.

Скотинин
Skotinine
 Я и этого не вижу. Кафтанец, брат, сшит изряднехонько.
Je ne le vois pas. Mon frère, il est cousu maladroitement.

Г-жа Простакова
Madame Prostakof
(Тришке)
(à Trichka)
Выйди вон, скот.
Sors d’ici, animal !
(Еремеевне)
(à Pétronille)
 Поди ж, Еремеевна, дай позавтракать робенку. Вить, я чаю, скоро и учители придут.
Allez ! Eh bien, Pétronille, va faire manger le petit. Donne-lui un peu de thé, les enseignants ne tarderont pas à venir.

Еремеевна
Pétronille
Он уже и так, матушка, пять булочек скушать изволил.
Il a déjà, Madame, dévoré cinq pains.

Г-жа Простакова
Madame Prostakof
Так тебе жаль шестой, бестия? Вот какое усердие! Изволь смотреть.
Alors qu’il en mange un sixième ? Quelle peine ! Ecoute-moi plutôt.

Еремеевна
Pétronille
Да во здравие, матушка. Я вить сказала это для Митрофана же Терентьевича. Протосковал до самого утра.
Oui, je dis ça pour sa santé, Madame! Je ne le dis que pour Monsieur Nicodème. Il a été malade toute la nuit et jusqu’au matin.

Г-жа Простакова
Madame Prostakof
 Ах, мати божия! Что с тобою сделалось, Митрофанушка?
Oh, Mère de Dieu! Qu’as-tu donc, mon Nico ?

Митрофан
Nicodème
Так, матушка. Вчера после ужина схватило.
Oui, maman. Hier, je ne me suis pas senti bien après le dîner.

Скотинин
Skotinine
Да видно, брат, поужинал ты плотно.
Oui, tu peux me croire, mon frère, il a dîné simplement.

Митрофан
Nicodème
А я, дядюшка, почти и вовсе не ужинал.
Et moi, mon oncle, et. je n’ai presque rien mangé

Простаков
Prostakof
Помнится, друг мой, ты что-то скушать изволил.
Te souviens-tu, mon ami, les choses que tu as prises. 

Митрофан

Да что! Солонины ломтика три, да подовых, не помню, пять, не помню, шесть.
 Quoi! Trois tranches de corned-beef, et quelques gâteaux.

Еремеевна
Pétronille
Ночью то и дело испить просил. Квасу целый кувшинец выкушать изволил.
La nuit il a demandé à boire. Si tant est qu’une bouteille de cidre y est passée.

 Митрофан
Nicodème
И теперь как шальной хожу. Ночь всю така дрянь в глаза лезла.
Et maintenant, je suis encore un peu secoué. J’ai vu des choses affreuses cette nuit.

 Г-жа Простакова
Madame Prostakof
Какая ж дрянь, Митрофанушка?
 Comment ça, Nicodème ?

 Митрофан
Nicodème
Да то ты, матушка, то батюшка.
Oui c’était vous, maman, et puis papa.

жа Простакова
Madame Prostakof
Как же это?
Comment donc ?

Митрофан
Nicodème
Лишь стану засыпать, то и вижу, будто ты, матушка, изволишь бить батюшку.
Seulement, je commençais à m’endormir, et soudain je vous ai vue battre papa.

Простаков
Prostakof
(в сторону)
(se parlant à lui-même)
Ну, беда моя! Сон в руку!
Eh bien, pour mon malheur! J’ai bien dormi dans sa main! 

Митрофан
Nicodème
(разнежасъ)
(prend un air désolé)
Так мне и жаль стало.
Et moi j’étais si triste.

 Г-жа Простакова
Madame Prostakof
 (с досадою)
(impatiente)
Кого, Митрофанушка?
Qui ? Nico ? 

Митрофан
Nicodème
Тебя, матушка: ты так устала, колотя батюшку.
Vous, maman : vous étiez tellement fatiguée de battre papa.

Г-жа Простакова
Madame Prostakof
Обойми меня, друг мой сердечный! Вот сынок, одно мое утешение.
Viens mon petit cœur ! Tu es ma seule consolation !

 Скотинин
Skotinine
Ну, Митрофанушка, ты, я вижу, матушкин сынок, а не батюшкин!

Eh bien, mon Nico, je vois que c’est le fils de sa mère ! Il a moins pris de son père ! 

Простаков
Prostakof
По крайней мере я люблю его, как надлежит родителю, то-то умное дитя, то-то разумное, забавник, затейник; иногда я от него вне себя и от радости сам истинно не верю, что он мой сын.

Au moins, je l’aime comme un parent devrait le faire ! C’est un enfant intelligent ! Il a de l’esprit et de l’à-propos ; parfois quand il m’épate j’ai du mal à croire que c’est mon fils ! 

Скотинин
Skotinine
Только теперь забавник наш стоит что-то нахмурясь
.
Pourquoi maintenant notre ami fronce-t-il les sourcils ?

Г-жа Простакова
Madame Prostakof
Уж не послать ли за доктором в город?
Je vais envoyer chercher un médecin en ville ? 

Митрофан
Nicodème
Нет, нет, матушка. Я уж лучше сам выздоровлю. Побегу-тка теперь на голубятню, так авось-либо…

Non, non, maman. Je préfère me soigner tout seul. Je vais maintenant au pigeonnier, alors peut-être

 Так авось-либо господь милостив. Поди, порезвись, Митрофанушка.
Seigneur miséricordieux ! Va, pars batifoler, Mon Nico !

 Митрофан с Еремеевною отходят.
Pétronille sort avec Nicodème
 

Явление V
Scène 5

Те же и Скотинин.
Les mêmes et Skotinine

Traduction Jacky Lavauzelle