Пушкин Poème de Pouchkine – Я вас любил- JE VOUS AIMAIS

Я вас любил Пушкин 1829

Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

 

POUCHKINE – Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]


Я вас любил
стихотворение
Je vous aimais
[Poème]

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LA POESIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Я вас любил

1829

Я вас любил : любовь еще, быть может,
Je vous aimais : cet amour, peut-être,
В душе моей угасла не совсем;
Dans mon cœur, n’est pas tout à fait encore éteint ;
Но пусть она вас больше не тревожит;
Mais plus jamais ne redoutez sa flamme
Mais ne craignez plus son ardeur ;
Я не хочу печалить вас ничем.
Je ne veux pas vous attrister.
Я вас любил безмолвно, безнадежно,
Je vous aimais en silence, désespérément,
То робостью, то ревностью томим;
Avec timidité, avec jalousie aussi ;
Я вас любил так искренно, так нежно,
Je vous aimais si sincèrement, si tendrement,
Как дай вам бог любимой быть другим.
Qu’à Dieu ne plaise qu’un autre vous aime tout autant.

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Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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PUSHKIN POEMS 1829

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-xii