POUCHKINE (1824) L’AQUILON – АКВИЛОН

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Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

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ALEXANDRE POUCHKINE 1824
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POESIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


1824
L’AQUILON
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  АКВИЛОН
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La Neuvième Vague
Девятый вал
1850
Ivan Aïvazovski
 Иван Константинович Айвазовский 
Санкт-Петербург, Государственный Русский музей
Musée Russe de Saint-Pétersbourg

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Зачем ты, грозный аквилон,
Pourquoi, aquilon menaçant,
Тростник прибрежный долу клонишь?
Fouetter les roseaux de la terre ?
Зачем на дальний небосклон
Pourquoi longer l’horizon, effrayant,
  Ты облачко столь гневно гонишь?
Et persécuter ce nuage avec tant de colère ?

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Недавно чёрных туч грядой
A présent, des crêtes de noirs nuages abondants
Свод неба глухо облекался,
Chargent la voûte céleste,
Недавно дуб над высотой
A présent, le chêne altier et sauvage
  В красе надменной величался…
Domine la plaine, triomphant…

*

 

Но ты поднялся, ты взыграл,
Mais tu t’es levé, mais tu as bondi
Ты прошумел грозой и славой —
En gémissant dans toute ta gloire, tu t’es déchaîné-
И бурны тучи разогнал,
Et les nuages orageux se sont évanouis,
И дуб низвергнул величавый.
Et le chêne majestueux s’est fracassé.

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Пускай же солнца ясный лик
Désormais le soleil offre son lumineux visage,
Отныне радостью блистает,
Désormais il s’épanouit sereinement
И облачком зефир играет,
Pendant que le doux zéphyr taquine le nuage,
И тихо зыблется тростник.
Et les roseaux bruissent calmement.

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ALEXANDRE POUCHKINE
1824  

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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