OS LUSIADAS II-35 LES LUSIADES

OS LUSIADAS II-35 LES LUSIADES II-35
LITTERATURE PORTUGAISE

Luis de Camoes Oeuvres obras Artgitato

literatura português

Luis de Camões
[1525-1580]

Tradução – Traduction
texto bilingue

Luis de Camoes Les Lusiades

 

Obra Poética

(1556)

LES LUSIADES II-35

OS LUSIADAS II-35

A Epopeia Portuguesa

 

CHANT II
Canto Segundo

Traduction Jacky Lavauzelle

verso  35
Strophe 35

II-35

Image illustrative de l'article Vasco de Gama

Vasco de Gama

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LES LUSIADES II-35
OS LUSIADAS II-35

E por mais namorar o soberano
Et afin de plaire au souverain
 Padre, de quem foi sempre amada e eriça,
Père, qui l’a toujours aimée et hérissée,
Se lhe apresenta assim como ao Troiano,
Elle se présente comme à Troie,
Na selva Idea*, já se apresentara.
Dans la forêt de l’Ida*, elle était apparue.
 Se a vira o caçador, que o vulto humano
Si le chasseur Actéon** l’avait vue, à la figure humaine
Perdeu, vendo Diana na água clara,
Perdue, en voyant Diana dans l’eau claire,
 Nunca os famintos galgos o mataram,
Jamais les lévriers affamés ne l’auraient tué,
Que primeiro desejos o acabaram.
Car la force du désir aurait été plus fort.


 

*IDA
ARTICLE DE L’ENCYCLOPEDIE SUR LE MONT IDA

IDA, s. m. (Géog. anc.) il y a deux montagnes de ce nom également célebres dans les écrits des anciens, l’une dans la Troade, & l’autre dans l’île de Crete.

Le mont Ida en Troade, pris dans toute son étendue, peut être regardé comme un de ces grands réservoirs d’eau, que la nature a formé pour fournir & entretenir les rivieres ; de celles-là, quelques-unes tombent dans la Propontide, comme l’Æsepe & le Granique ; d’autres dans l’Hellespont, comme les deux entre lesquelles la ville d’Abidos étoit située ; j’entends le Ximois, & le Xante qui se joint avec l’Andrius : d’autres enfin vont se perdre au midi dans le Golphe d’Adramyte, entre le Satniœis & le Cilée. Ainsi Horace, liv. III. ode 20, a eu raison d’appeller l’Ida de la Troade, aquatique, lorsqu’il dit de Ganymede,

Raptus ab aquosâ Idâ.

Diodore de Sicile ajoute que cette montagne est la plus haute de tout l’Hellespont, & qu’elle a au milieu d’elle un antre qui semble fait exprès pour y recevoir des divinités ; c’est là où l’on prétend que Paris jugea les trois déesses, qui disputoient le prix de la beauté. On croit encore que dans ce même endroit, étoient nés les Dactyles d’Ida, qui furent les premiers à forger le fer, ce secret si utile aux hommes, & qu’ils tenoient de la mere des dieux ; ce qui est plus sûr, c’est que le mont Ida s’avance par plusieurs branches vers la mer, & de là vient qu’Homere se sert souvent de cette expression, les montagnes d’Ida. Virgile, Æneid. liv. III. v. 5. parle de même.

Classemque sub ipsâ
Antandro & Phrygiâ molimur montibus Ida.

En un mot, Homere, Virgile, Strabon, Diodore de Sicile, ne s’expriment guere autrement. En effet le mont Ida qui, comme on sait, est dans cette partie de la Natolie occidentale nommée Aidinzic, ou la petite Aidine, pousse plusieurs branches, dont les unes aboutissent au golphe d’Aidine ou de Booa dans la mer de Marmora ; les autres s’étendent vers l’Archipel à l’ouest, & quelques-unes s’avancent au sud, jusque au golphe de Gueresto, vis-à-vis de l’île de Mételin ; l’ancienne Troade étoit entre ces trois mers.

Parlons à présent du mont Ida de Crete, situé au milieu de cette île. Virgile, Æneid. liv. III. v. 104. l’appelle mons Idæus.

Creta Jovis magni medio jacet insula ponto,
Mons Idæus ubi, & gentis cunabula nostræ.

L’Ida de Crete étoit fameux, non-seulement par les belles villes qui l’environnoient, mais sur-tout parce que selon la tradition populaire, le souverain maître des dieux & des hommes, Jupiter lui-même, y avoit pris naissance. Aussi l’appelle-t-on encore aujourd’hui Monte-Giove, ou Psiloriti.

Cependant cet Ida de Crete n’a rien de beau que son illustre nom ; cette montagne si célebre dans la Poésie, ne présente aux yeux qu’un vilain dos d’âne tout pelé ; on n’y voit ni paysage ni solitude agréable, ni fontaine, ni ruisseau ; à peine s’y trouve-t-il un méchant puits, dont il faut tirer l’eau à force de bras, pour empêcher les moutons & les chevaux du lieu d’y mourir de soif. On n’y nourrit que des haridelles, quelques brebis & de méchantes chevres, que la faim oblige de brouter jusques à la Tragacantha, si hérissée de piquans, que les Grecs l’ont appellé épine de bouc. Ceux donc qui ont avancé que les hauteurs du mont Ida de Candie étoient toutes chauves, & que les plantes n’y pouvoient pas vivre parmi la neige & les glaces, ont eu raison de ne nous point tromper, & de nous en donner un récit très-fidele.

Au reste le nom Ida dérive du grec Ἴδη, qui vient lui-même d’ἰδεῖν, qui signifie voir, parce que de dessus ces montagnes, qui sont très-élevées, la vue s’étend fort loin, tant de dessus le mont Ida de la Troade, que dessus le mont Ida de Crete. (D. J.)

Jaucourt
L’Encyclopédie, 1re édition
Briasson, David l’aîné, Le Breton, Durand
1766
Tome 8, pp. 488-489

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**ACTEON
dans
LE DICTIONNAIRE DE 1771

ACTÉON. s. m. C’est le nom d’un grand Chasseur, petit-fils de Cadmus, & fils d’Aristée & d’Autonoé. Etant à la chasse dans le territoire de Mégare, il surprit Diane dans le bain, & l’ayant contemplée pendant qu’elle étoit toute nue, il en devint épris, & selon Hygin, il la voulut violer. La Déesse le métamorphosa en Cerf, & ses chiens l’ayant méconnu sous ce déguisement, le déchirèrent en morceaux, & le dévorèrent. Les Orchoniens lui faisoient tous les ans des sacrifices par ordre d’Apollon.

Actéon. s. m. C’est le nom d’un des chevaux qui conduisoient le char du Soleil dans la chute de Phaëton, selon Fulgence le Mythologue. Actéon signifie lumineux : d’ἀϰτίν, ίνος, rayon du Soleil. Ovide le nomme Æton.

Jésuites et imprimeurs de Trévoux
Dictionnaire universel françois et latin
6e édition
1771
Tome 1, p. 99

Vasco de Gama par Gregorio Lopes

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LES LUSIADES II-35
OS LUSIADAS II-35

Traduction Jacky Lavauzelle
ARTGITATO
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White_Fawn_Drawing Faon Diane

LA VIE DE LUIS DE CAMOES
par Charles Magnin

( Extrait )
Par En cherchant à montrer la différence qui sépare la vie aventureuse et active des écrivains portugais, notamment celle de Camoens, de la vie casanière et posée de la plupart de nos gens de lettres, je ne prétends pas élever par-là les œuvres des uns, ni déprimer les productions des autres. Je n’en crois pas les élégies de Camoens plus touchantes parce qu’elles sont datées d’Afrique, de la Chine et de l’Inde ; je n’en estime pas Polyeucte et Cinna moins admirables, parce que le grand Corneille n’a guère fait de plus longues pérégrinations que le voyage de Paris à Rouen. Je ne conseille à personne de louer un cabinet d’étude à Macao ; mais je crois que, généralement, si les ouvrages écrits au milieu des traverses et au feu des périls ne sont pas plus beaux, les vies de leurs auteurs sont plus belles. Indépendamment de la variété des aventures, on y trouve plus d’enseignements. J’admire et j’honore infiniment La Fontaine et Molière, mais j’honore et j’admire encore plus, comme hommes, Cervantès et Camoens. A mérite de rédaction égal, une histoire littéraire du Portugal serait un meilleur et plus beau livre qu’une histoire littéraire de notre dix-septième ou dix-huitième siècle. C’est une chose bonne et sainte que la lecture de ces vies d’épreuves, que ces passions douloureuses des hommes de génie, Je ne sache rien de plus capable de retremper le cœur. C’est pour cela que dans ce temps de souffrances oisives, de désappointements frivoles, de molles contrariétés et de petites douleurs, j’ai cru bon d’écrire l’étude suivante sur la vie de Luiz de Camoens.
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