MA MEILLEURE PART – SONNET 74 SONNET LXXIV – SONNETS DE SHAKESPEARE – SHAKESPEARE’S SONNETS – But be contented when that fell arrest

SONNET SHAKESPEARE
THE SONNETS
THE SONNETS – LES SONNETS

Rembrandt, Rembrandt Harmenszoon van Rijn, Philosophe en méditation, 1632
Sonnet shakespeare
sonnet shakespeare
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SONNET 74
SONNET LXXIV
ou SONNET 147 – SONNET CXLVII

The Sonnets SHAKESPEARE
Les Sonnets de SHAKESPEARE



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But be contented when that fell arrest
Mais sois satisfait quand cet arrêt tombera
Without all bail shall carry me away,
Sans préavis, et qu’il m’emportera,
My life hath in this line some interest,
Ma vie dans ces lignes se retrouvera,
Which for memorial still with thee shall stay.
Qui pour toi tel un mémorial restera.

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When thou reviewest this, thou dost review
Quand tu les reliras, tu y verras
The very part was consecrate to thee:
La part qui t’y était consacrée :
The earth can have but earth, which is his due;
La terre ne peut avoir de la terre que ce qui lui est dû ;
My spirit is thine, the better part of me:
Mon esprit est à toi, et c’est ma meilleure part :

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So then thou hast but lost the dregs of life,
Ainsi tu n’as perdu que la lie de ma vie,
The prey of worms, my body being dead;
La proie des vers de mon corps mort ;
The coward conquest of a wretch’s knife,
La lâche conquête du couteau d’un misérable,

*

Too base of thee to be remembered.
Trop vile pour toi pour qu’on s’en souvienne.
The worth of that is that which it contains,
    Son unique valeur est dans ce qu’il contient,
   And that is this, and this with thee remains.
Et ça, c’est ce qui te restera à jamais.

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L’ENIGME DES SONNETS DE SHAKESPEARE

Les sonnets de Shakespeare sont encore aujourd’hui une énigme pour les historiens et pour les critiques. La dédicace mystérieuse qui les accompagnait dans la première édition, le désordre involontaire ou préconçu dans lequel ils parurent, l’obscurité de certains passages ont donné lieu à mille interprétations diverses. Les uns ont déclaré que ces sonnets étaient uniquement adressés à une femme ; les autres, qu’ils étaient adressés uniquement à un homme ; ceux-ci en ont attribué l’inspiration à un personnage bizarre qui n’aurait été ni homme, ni femme, ou plutôt qui aurait été l’un et l’autre ; ceux-là y ont vu autant de petits poëmes séparés, adressés à diverses personnes ; d’autres enfin, et ce sont les plus nombreux, ont soutenu qu’ils étaient dédiés à des créatures imaginaires, n’ayant jamais existé que dans le cerveau du poëte. Déroutée par tant de contradictions, la postérité, si curieuse pourtant de tout ce qui porte le nom de Shakespeare, a fini par perdre patience : ne pouvant résoudre l’énigme, elle a donné sa langue aux chiens et jeté par dépit ce livre impertinent qu’elle ne comprenait pas. C’est ainsi que les sonnets qui, au temps d’Élisabeth, étaient plus celèbres que les drames même de Shakespeare, sont aujourd’hui tombés dans un oubli complet. Un écrivain distingué de l’Angleterre nous disait dernièrement qu’il n’y avait peut-être pas cent de ses compatriotes qui les eussent lus en entier…

Nous l’avouons, en lisant ces admirables poésies où le plus grand poëte du moyen âge a, suivant l’expression de Wordsworth, donné la clef de son cœur, nous nous sommes indigné de cet oubli de la postérité, et nous aurions cru manquer à un devoir si nous n’avions pas au moins essayé de réparer ce qui nous semblait presque une ingratitude. D’ailleurs, nous nous sentions attiré vers cette œuvre étrange par le mystère même qui avait rebuté tant d’autres.

À force de relire ces poëmes, en apparence décousus, nous finîmes par y retrouver les traces de je ne sais quelle unité perdue. Il nous sembla que les sonnets avaient été jetés pêle-mêle dans l’édition de 1609, comme ces cartes des jeux de patience dont les enfants s’amusent à remettre en ordre les fragments. Nous fîmes comme les enfants : nous nous mîmes patiemment à rapprocher, dans ces poésies, les morceaux en apparence les plus éloignés, et nous réunîmes ensemble tous ceux que le sens adaptait les uns aux autres. Tel sonnet, par exemple, marqué le xxie dans l’édition de 1609 et dans toutes les éditions modernes, nous parut faire suite à un autre marqué le cxxxe ; tel autre qui, dans ces mêmes éditions, n’avait aucun sens après le xxxiie sonnet, devenait parfaitement intelligible après le cxlive. Nous n’avons pas hésité à faire presque partout ces transpositions nécessaires. Ainsi restitués à leur unité logique et rationnelle, les sonnets, tout en conservant chacun son charme lyrique intrinsèque, auront pour le lecteur un intérêt nouveau, l’intérêt dramatique.

Les sonnets de Shakespeare contiennent en effet tout un drame. Exposition, complications, péripéties, dénoûment, rien ne manque à ce drame intime où figurent trois personnages : le poëte, sa maîtresse et son ami. Là le poëte paraît, non sous le nom que le genre humain lui donne, mais sous celui qu’il recevait dans la vie privée : ce n’est plus William Shakespeare, c’est Will que nous voyons. Ce n`est plus ]’auteur dramatique qui parle, c’est l’ami, c’est l’amant. Ce n’est plus l’homme public, c’est l’homme. Quant aux deux autres personnages, ils restent anonymes. Comment s’appelle cette femme, cette brune aux yeux noirs que Shakespeare honore de son amour ? Comment s’appelle ce jeune homme qu’il glorifie de son amitié ? L’auteur n’a pas voulu dire leurs noms…

Introduction au William Shakespeare de François-Victor Hugo
William Shakespeare
Introduction
Traduction par François-Victor Hugo
Œuvres complètes de Shakespeare, Pagnerre, 1872, 15

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SONNET 74 – SONNET LXXIV

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