LA LETTRE BRÛLEE D’ALEXANDRE POUCHKINE (1825) СОЖЖЕННОЕ ПИСЬМО

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ALEXANDRE POUCHKINE POEME

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1825
 

Alexandre Pouchkine
русский поэт- Poète Russe
русская литература
Littérature Russe

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ALEXANDRE POUCHKINE  1825
pushkin poems
стихотворение  – Poésie
 Пушкин 

 

 

POUCHKINE – Пу́шкин
Алекса́ндр Серге́евич Пу́шкин
1799-1837

[создатель современного русского литературного языка]

TRADUCTION JACKY LAVAUZELLE

 

LA POESIE DE POUCHKINE

СТИХИ АЛЕКСАНДРА СЕРГЕЕВИЧА ПУШКИНА
Пушкин 


СОЖЖЕННОЕ ПИСЬМО 
1825

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LA LETTRE BRÛLEE
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Прощай, письмо любви! прощай: она велела.
Adieu, lettre d’amour ! adieu : elle le veut ainsi.
Как долго медлил я! как долго не хотела
J’ai tant attendu ! tout ce temps, ma main
Рука предать огню все радости мои!..
Refusait de mettre au feu toute ma joie !…
Но полно, час настал. Гори, письмо любви.
Mais assez ! L’heure est arrivée. Brûle désormais, lettre d’amour.
Готов я; ничему душа моя не внемлет.
Je suis prêt ; mon âme restera sourde.
Уж пламя жадное листы твои приемлет…
Déjà les flammes avides lèchent le papier…
Минуту!.. вспыхнули! пылают — легкий дым
Minute !…elles exultent ! Illuminent – une fumée
Виясь, теряется с молением моим.
S’exhausse, emporte mes suppliques.
Уж перстня верного утратя впечатленье,
L’impression de son fidèle sceau s’évanouit,
Растопленный сургуч кипит… О провиденье!
La cire du secret s’étale et fond… Ô providence !
Свершилось! Темные свернулися листы;
C’est fini ! La page s’assombrit et gondole ;
На легком пепле их заветные черты
Sur la lumineuse cendre, les tendres mots
Белеют… Грудь моя стеснилась. Пепел милый,
Résistent…Ma poitrine suffoque. Cendre chérie,
Отрада бедная в судьбе моей унылой,
Pauvre joie dans ma sombre destinée,
Останься век со мной на горестной груди…
Reste pour toujours avec moi sur ma triste poitrine…

 

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POUCHKINE
СОЖЖЕННОЕ ПИСЬМО
 1825  

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LES JUGEMENTS DE Tolstoï
SUR LES POEMES DE POUCHKINE

Ayons donc pleine confiance dans le jugement du comte Tolstoï sur les poèmes de Pouchkine, son compatriote ! Croyons-le, encore, quand il nous parle d’écrivains allemands, anglais, et scandinaves : il a les mêmes droits que nous à se tromper sur eux. Mais ne nous trompons pas avec lui sur des œuvres françaises dont le vrai sens, forcément, lui échappe, comme il échappera toujours à quiconque n’a pas, dès l’enfance, l’habitude de penser et de sentir en français ! Je ne connais rien de plus ridicule que l’admiration des jeunes esthètes anglais ou allemands pour tel poète français. Verlaine, par exemple, ou Villiers de l’Isle-Adam. Ces poètes ne peuvent être compris qu’en France, et ceux qui les admirent à l’étranger les admirent sans pouvoir les comprendre. Mais il ne résulte pas de là, comme le croit le comte Tolstoï, qu’ils soient absolument incompréhensibles. Ils ne le sont que pour lui, comme pour nous Lermontof et Pouchkine. Ce sont des artistes : la valeur artistique de leurs œuvres résulte de l’harmonie de la forme et du fond : et si lettré que soit un lecteur russe, si parfaite que soit sa connaissance de la langue française, la forme de cette langue lui échappe toujours.

Léon Tolstoï
Qu’est-ce que l’art ?
Traduction par T. de Wyzewa.
 Perrin, 1918
pp. i-XII

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ALEXANDRE POUCHKINE POEME

 LA LETTRE BRÛLEE
1825
Пушкин